Errance en mer rouge de Joël ALESSANDRA

Publié le par Hélène

                 

♥ ♥ ♥

"N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée..." (dernières paraoles de Henry de Monfreid)

Ce que j'ai aimé :

Tom erre sans but depuis que son épouse est récemment décédée. Professeur d'arts plastiques, il finti par accepter un poste à Djibouti, pensant ainsi tourner une page douloureuse de sa vie. Là-bas, il marche sur les traces des grands voyageurs comme Henry de Monfreid, mais aussi Conrad, Rimbaud...

"Henry de Monfreid, un écrivain voyageur, un explorateur, un trafiquant rebelle, un homme à la mer ! Je découvrais ses romans, ses récits, influencés par une vie ressemblant à un conte oriental."

Il se laisse porter par ses lectures, ses dessins, ses photos et par ses rencontres. C'est ainsi qu'il rencontre Fred, un baroudeur qui lui offre une aventure moderne ancrée dans les considérations géopolitiques de notre siècle.  

Les dessins magnifiques rendent hommage à cette Afrique qui a su fasciner tant de voyageurs. L'insertion de photos noir et blanc des enfants rencontrés renforce cette volonté de naviguer entre récit de voyage et aventure moderne. 

  

De fait, le mélange des questions géopolitiques plutôt sanglantes et de la poésie des carnets de voyage est assez troublant, on oscille sans cesse entre une Afrique fantasmée et un pays violent gangréné les trafics et la contrebande. Sauf que cette aventure-là n'est nullement édulcorée et heurte Tom de plein fouet !

"Surfer sur les ombres de Monfreid, découvrir ce monde fictif qui lie les hommes rêveurs à une actualité tellement présente." tel est le propos.

Loin des idéaux littéraires, l'aventure a aussi ses revers sordides...

                      

Ce que j'ai moins aimé :

 Le contraste entre une première partie douce et mélancolique et une deuxième partie sanguinaire régie par les armes à feu peut déranger. 

             

Infos sur le livre :

Casterman 

Vous aimerez aussi :

Pawnee de Patrick PRUGNE

D'autres avis :

Libération 

 

Errance en mer rouge, Joël Alessandra, Casterman, mars 2014, 22.5 euros

 

Pioché à la médiathèque.

 

La fiancée américaine de Eric DUPONT

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥ ♥ ♥

Prix des librairies du Québec 2013

Ce que j'ai aimé :

Tout commence avec une Madeleine : Madeleine-la-mère qui, pour perpétuer une tradition cherche une femme nommée Madeleine pour marier son fils Louis-Benjamin. Et cette jeune financée viendra d'Amérique pour s'établir auprès de son époux dans le petit village de Rivière-aux-loups, et lui offrir un fils, Louis, surnommé par la suite Louis cheval en raison de sa force herculéenne. Adulte, Louis se mariera avec une Irène qui donnera le jour à une nouvelle Madeleine... Louis est doué d'un talent de conteur qui ne se démentira pas et charmera la petite Madeleine, fascinée par l'histoire de son père et de sa famille.

Saga familiale peuplée d'enfants aux yeux sarcelle, de religieuses gardant jalousement les secrets, de petites croix voyageuses, de clé de fa comme une clé du secret familial, La fiancée américaine est un roman hybride passionnant, parce que comme dans toutes les familles, l'histoire est jalonnée de secrets, de jalousies, d'incompréhension, de non-dits qui créent années après années une symphonie digne de l'opéra La Tosca...  

Pas un instant d'ennui durant la lecture de ces 750 pages, le lecteur est happé dans cet univers peuplé d'histoires, auprés de ces personnages hauts en couleur. Il traverse les années et n'épargne pas une autre histoire plus noire, qui est celle de notre humanité hantée par des épisodes plus sombres comme l'extremination des juifs.

Réflexion sur l'art, sur la musique, sur la création, Eric Dupont nous livre ici un récit digne des plus grands conteurs !

Ce que j'ai moins aimé :

- La lecture rendue malaisée en raison du poids du livre et de ses 800 pages, et de l'écriture petite.

- La fin laisse des zones d'ombre et change de rythme, s'accélérant là où le lézardage était plutôt de mise

Présentation de l'éditeur :

Editions du Toucan 

Premières phrases :

"Quelques années avant d'être forcée par sa mère à monter dans un autobus pour New-York en plein blizzard de décembre, Madeleine Lamontagne avait été une petite fille qui aimait par-dessus tout les lapins de Pâques, les sapins de Noël et les histoires de Louis Lamontagne, son papa."

D'autres avis :

Lecture commune dans le cadre de Québec en septembre 

RichardElle

 

La fiancée américaine, Eric Dupont, Editions du Toucan, avril 2014, 750 p., 25 euros

 

Volkswagen blues de Jacques POULIN

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥

"Je me sens parfois comme une feuille sur un torrent. Elle peut tournoyer, tourbillonner et se retourner, mais elle va toujours de l'avant." Daniel Boone

Ce que j'ai aimé :

L'écrivian Jack Waterman est un homme qui aime les chats et les écrivains comme Brautigan, Gabrielle Roy, Boris Vian, Hemingway. Entre deux livres. il décide de partir à la recherche de son frère Théo dont il a perdu la trace depuis dix ans, entraînant dans son road-movie une jeune femme métisse indienne, surnommée "La grande sauterelle". L'un et l'autre vont s'apprivoiser au fil du voyage, se découvrir, se disputer. Chacun a ses manies, celle de Jack étant de ne pouvoir s'empêcher de parler aux vieils hommes au bord des fleuves ou des rivières. Ensemble ils écoutent des ballades  comme "No roots in rambling" de Jerry Jeff Walker.

 

Mais c'est aussi leur pays qu'ils explorent en faisant des haltes dans tous les musées consacrés à l'histoire du Canada et aux conflits entre blancs et indiens. La jeune femme veut explorer ses origines, à l'affût de son identité perdue dans un pays métissé. 

La quête est ainsi au coeur du roman : quête de Théo, mais aussi quête des émigrants, des voyageurs comme Théo, de l'identité, du passé, et même si cette quête est vouée bien souvent à être déçue, elle permet la liberté et permet d'avancer.

"Ils étaient partis de Gaspé, où Jacques Cartier avait découvert le Canada, et ils avaient suivi le fleuve Saint Laurent et les Grands Lacs, et ensuite le vieux Mississippi, le Père des eaux, jusqu'à Saint Louis, et puis ils avaient emprunté la Piste de l'Oregon et, sur la trace des émigrants du XIXè sicècle qui avaient formé des caravanes pour se metrre à la recherche du Paradis Perdu avec leurs chariots tirés par des boeufs, ils avaient parcouru les grandes plaines, franchi la ligne d epartage des eaux et les montagnes Rocheuses, traversé les rivières et le désert et encore d'autres montagnes, et voilà qu'ils arriviaent à San Francisco." p. 280

Ce que j'ai moins aimé :

- Disons surtout que j'ai moins aimé que "Le vieux chagrin" et "La tournée d'automne", aux thèmes plus poétiques. Ici, le voyage est un peu lassant quelquefois.

Premières phrases :

"Il fut réveillé par le miaulement d'un chat.

Se redressant dans son sac de couchage, il écarta le rideau qui obstruait la fenêtre arrière du minibus Volkswagen : il vit une grande fille maigre qui était vêtue d'une robe de nuit blanche et marchait pieds nus dans l'herbe en dépit du froid ; un petit chat noir courait derrière elle."

Présentation du livre :

Actes sud 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La tournée d'automne, Le vieux chagrin

D'autres avis :

Papillon Karine :) ; Petit Sachem

 

Volkswagen blues, Jacques Poulin, Actes sud, Babel, 1998, 

 

Le vieux chagrin de Jacques POULIN

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥ ♥ ♥

"Dans les livres, il n'y a rien ou presque rien d'important : tout est dans la tête de la personne qui lit."

Ce que j'ai aimé :

Le narrateur est un écrivain retiré dans une vieille maison en bois au milieu de la baie. Son seul compagnon est son chat, Le vieux Chagrin. Aussi quand il découvre des traces de pas sur la plage, puis un exemplaire des Mille et une nuits et quelques autres objets dans une caverne avoisinante, ainsi qu'un voilier mouillant dans une anse du fleuve, son esprit s'emballe. Il aperçoit la silhouette d'une jeune femme, et il n'en faut pas plus à son imagination gourmande pour partir à la recherche. 

Il essaie alors d'écrire une histoire d'amour mais bien souvent se fait doubler par ses personnages qui ne vont pas nécessairement là où il souhaite les conduire. Partant du principe qu'il faut parler dans ses romans de ce qu'il vit, sous l'influence d'Hemingway, il essaie d'aimer, maladroitement, malhabilement. 

"Hemingway énonçait une règle très simple : l'écrivain devait toujours s'en tenir aux sujets qu'il connaissait le mieux."

Ce n'est pas un hasard si sa chanson préférée est "Il n'y a pas d'amour heureux" portée par les divines paroles d'Aragon. Les jours se suivent entre promenades, rencontres déconcertantes, réflexions sur l'écriture, lectures...

"En dépit de mes craintes infantiles, je nourrissais l'ambition naïve et démesurée de contribuer, par l'écriture, à l'évènement d'un monde nouveau, un monde où il n'y aurait plus aucune violence, aucune guerre entre les pays, aucune querelle entre les gens, aucune concurrence ou compétition dans le travail, un monde où l'agressivité, entendue non pas comme l'expression d'une hostilité à l'égard d'autrui, mais plutôt comme un goût de vivre, allait être au service de l'amour." 

Le charme infini de ce récit tout en douceur est rassurant, les heures s'étirent comme le vieux chat au soleil, entre imagination et rencontres.

   

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien 

Premières phrases :

"Le printemps était arrivé.

L'air était si doux que je descendis du grenier plus tôt que d'habitude. Je sortis sur la grève avec le vieux Chagrin et je marchai jusqu'à l'extrémité de la baie. Je me reposais un moment, assis sur une roche en face du fleuve, quand tout à coup je vis des traces de pas dan sle sable."

Présentation du roman :

Actes Sud

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La tournée d'automne

D'autres avis : 

Karine 

 

Le vieux chagrin, Jacques Poulin, Actes sud Babel, 1995, 

 

Lu dans le cadre du mois du Québec chez Karine

Sylire vous parle de Volswagen blues du même auteur ; Enna et  AIfelle de La tournée d'automne

Fanny Hill, la fille de joie de John CLELAND

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥

"S'il est vrai que l'on meurt quelquefois de joie, c'est un miracle que je n'aie point expiré dans de si délicieuses agonies."

Mon avis :

Fanny Hill est un texte du XVIIIème siècle, on dit que Cleland voulut en l'écrivant introduire l'élégance et la douceur du libertinage français dans son pays. Il fut découvert en 1751 à Paris. la traduction ici présentée est une version "quintessenciée de l'anglais" : il faut attendre 1887 pour que paraisse une traduction intégrale de l'oeuvre. 

Fanny Hill est une jeune fille orpheline à 16 ans, qui rencontre alors des femmes enclines à vendre sa virginité ou son innocence. Elle va se placer sous leur égide, profitant de cet éveil sensuel tellement nouveau pour elle. 

Malheureusement, les pages érotiques ne laissent pas d'impression de plaisir, retenant plutôt la douleur que certains assauts ont pu provoquer chez la jeune fille. Il ne s'agit pas d'un libertinage consenti, mais imposé. son dépucelage semble durer à l'infini, comme si chaque fois était une première fois provoquant souffrances et même évanouissement ! Et pourtant elle rencontre un charmant qui a tous les charmes nécessaires. 

Les personnages sont dotés de peu d'épaisseur psychologique : une distance s'impose, qui provoque l'impression que la jeune fille doit subir sa vie et son destin.

Il n'en reste pas moins que l'écriture est magnifique, elle mène le lecteur vers une jouissance intellectuelle à défaut d'une jouissance physique !

Premières phrases :

"Tu veux,ma chère amie, que je retrace à tes yeux les égarements de ma première jeunesse, quelque désagréable qu'en puisse être le tableau. tes désirs sont pour moi des ordres absolus. Je ne te cacherai rien, et sans te faire languir par un exorde ennuyeux, je vais te révéler jusqu'aux moindres circonstances du libertinage horrible où j'ai été plongée autrefois."

Présentation du livre :

Actes sud 

D'autres avis :

LC avec MIna Berteuil

Jérôme 

Vous aimerez aussi :

Crebillon Les égarements du coeur et de l'esprit

 

Fanny Hill, fille de joie, John Cleland, récit quintessencié de l'anglais par Fougeret de Montbron Lecture d'Elsa Grasso et Guillaume Badoual, Actes sud, 1993, 5.50 euros

 

La part des nuages de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥

« Nous sommes la consistance des nuages. Et nos fragiles petites brumes deviennent du givre qui fond »

Ce que j'ai aimé :

Le temps de quelques semaines, Josseph se retrouve livré à lui-même. Son fils Noé est parti en vacances chez sa mère, alors qu'il rythmait les journées de son père. Joseph doit s'inventer de nouvelles activités, il doit remplir la béance laissée par l'absence de son fils. Il décide de prendre de la hauteur en s'installant dans la cabane perchée dans les arbres. Appelle la bibliothèque où il travaille pour se faire porter pâle. Et regarde les nuages, écoute le temps passer. 

"Quand on s'intéresse un peu objectivement  la question, le champ des possibles donne le vertige. Des castors qui arrêtent des fleuves. L'eau qui peut fragmenter la roche. Gandhi qui libère un continent sans prendre les armes. La transplantation d'un coeur humain. Ca, ç'a de la gueule. Mais pour ce qui est parfois d'atteindre le soir, ou le lendemain. Ou de trouver une raison de sourire. Ou un moyen de sendormir un peu. Juste s'endormir un peu. Tranquillement. Paisiblement. Là, y a plus personne."

Avec comme sa compagne la tortue, Joseph se laisse porter par les heures, lâche prise, noue des liens fébriles avec sa jeune voisine joueuse de flûte traversière...

"Il en faut peu parfois pour se sentir libre. Il y a des instants, des éclats, qui vous sauvent en un quart de seconde de la putréfaction spontanée. Allumer un feu. Atteindre le sommet d'une colline. Libérer un cerf-volant. Les dernières minutes d'un marathon. Le fruit cueilli en haut de l'arbre. La première clope. Toucher la main de celle qui. Une fuite effrénée dans les rues. Sécher les cours. Tenir tête à un gros bras. Esquiver la piscine. Frauder. Résister. Arriver en haut de l'arbre. L'aube après une nuit blanche. (...) Il en faut peu parfois pour se sentir libre." p. 84

La vie s'immisce dans les interstices, dans la rencontre avec un marginal, dans la visite d'une cathédrale, et peu à peu, simplement, naturellement, la grâce s'installe. 

Ce que j'ai moins aimé :

 Il faut se laisser porter par la charme du roman. 

Premières phrases :

"Ce jour-là ne fut le jour de rien. Justement. Pourtant il n'étiat pas pire que les autres. Pas de changement notable. Pas d'évènement. Aucune surprise naissante. Aucun début. Aucune fin. Aucun rebondissement. Rien de flagrant, si ce n'était sa concordance tiède avec hier et demain."

Présentation de l'éditeur :

Alma Editeur 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Nos cheveux blanchiront avec nos yeux  ; Ici ça va  ; Bric à brac hopperien  ; Juste après la pluie 

D'autres avis :

PagesSéverineAifelle  ; Leiloona Nadael Jostein 

 

Merci à l'éditeur.

 

La part des nuages, Thomas Vinau, Alma éditeur, août 2014, 132 p., 16 euros

 

 

L'ours brun qui voulait être blanc de Jean LEROY et Bérengère DELAPORTE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Un ours brun décide de partir à l'aventure. Au terme de son voyage, il arrive au pôle nord là où tout est blanc... même les ourses. Et c'est bien dommage car notre ours brun est charmé par ces ourses blanches mais sa différence le rend timide...

 

L'ours brun qui voulait être blanc de Jean LEROY et Bérengère DELAPORTE

Avec l'aide de ses amis les pingouins, notre ours brun va apprendre à s'accepter comme il est et va comprendre que la différence n'est nullement un obstacle aux sentiments...

Un bel album qui aborde avec intelligence le thème de la différence et de l'acceptation de soi. Une réussite québécoise !

 

L'ours brun qui voulait être blanc de Jean LEROY et Bérengère DELAPORTE

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Un peu court

Infos sur le livre :

Les 400 coups 

 

L'ours brun qui voulait être blanc, Jean Leroy, Bérengère Demlaporte, Les 400 coups, 2012, 8 euros

 

Déniché par ma libraire jeunesse...

 

 

L'ours brun qui voulait être blanc de Jean LEROY et Bérengère DELAPORTE

Des pépites venues du Québec

Publié le par Hélène

Karine lance un défi Québec ô trésors

                                               

Étape 1 – la chasse aux trésors de la littérature québécoise

Nous avons tous jusqu'au 15 octobre pour dénicher 5 pépites québecoise, aussi bien BDs, nouvelles, poèmes, essais...

Tout le monde peut participer, blogueur ou non, il suffit de laisser un commentaire avec vos propositions ICI ou dans les commentaires à la suite de ce billet, je relaierai l'information.

 

Étape 2 – La découverte des trésors

Le premier novembre, sera publiée la liste chez Grominou et Karine, si bien qu'ensuite nous pourrons lire quelques-uns  ou tous...- de ces trésors d'ici le 30 septembre 2015

Tous les détails sont chez Karine

 

Voici ma propre liste :

Jacques POULIN La tournée d'automne 

Jaques POULIN Le vieux chagrin (billet prévu le 26/09/2014)

Eric DUPONT la fiancée américaine (je vous en parle le 29/09/2014)

Louise PENNY  Nature morte

Jocelyne SAUCIER Il pleuvait des oiseaux

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