La grosse femme d'à côté est enceinte de Michel TREMBLAY

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Ce tome est le premier du cycle des chroniques du plateau Mont-Royal (auxquels appartiennent 5 autres romans). Il narre la journée du 2 mai 1942 dans un quartier populaire de Mont Royal à l'est de Montréal. Ainsi nous rencontrons pour la première fois Victoire la grand-mère et ses trois enfants Albertine, Edouard et Gabriel. Le mari d'Albertine est à la guerre et elle s'occupe seule de ses deux enfants Thérèse et Marcel. Vivent avec eux Gabriel et sa femme, la grosse femme enceinte dont il est question dans le titre, et leurs deux enfants Richard et Philippe. Tout ce petit monde vit ensemble dans un petit espace qui crée un étouffement pour tous, même si leur proximité crée des liens particuliers.

Il sera aussi question de deux prostituées Mercedes et Béatrice, de Marie Sylvia et son chat Duplessis, d'autres femmes enceintes (sept dans le quartier car cela permettait aux hommes de ne pas partir à la guerre), et de trois tricoteuses et leur mère, fil conducteur du récit, sentinelles attentives du quartier.

Les personnages sont suivis au quotidien, ils deviennent attachants, comme des voisins qu'on aimerait retrouver rapidement.

La transposition du parler québécois avec ses expressions populaires témoigne d'un travail important effectué par l'auteur sur le langage atypique de sa région :

"Comme disait si bien ma grand-mère : "Y'a rien qui est assez important pou remplacer le seul show gratis que le bon Dieu nous a donné. Si t'as de sproblèmes au coucher du soleil, laisse-les tomber pis va te pâmer devant l'orgie de coulerus que ton créateur se paye tou'es soirs, ça console, ça lave, ça purifie."

Ce que j'ai moins aimé :

Il s'agit d'une écriture serrée, dense, peu aérée, d'un style particulier, il faut rentrer dedans. J'avoue avoir préféré "Le coeur découvert" lu quand j'avais 20 ans...

Présentation du livre :

Actes sud

Premières phrases :

"Rose, Violette et Mauve tricotaient. Parfois Rose (ou Violette, ou Mauve) posait son tricot sur ses genoux, jetait un coup d'oeil mi-amusé mi-sévère sur le travail de ses soeurs et disait : "Tu tricotes trop lousse." ou bien "Si moman avait donné d'la laine de c'te couleur là, j'arais été ben désappointée !" ou bien encore elle ne disait rien."

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : 

Les autres chroniques du Plateau Mont Royal :
Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges (1980) ;
La Duchesse et le roturier (1982) ;
Des nouvelles d'Édouard (1984) ;
Le Premier Quartier de la lune (1989) ;
Un objet de beauté (1997).

Autre : Le magasin général tome 1

D'autres avis

Lecture commune autour de Michel Tremblay dans le cadre du mois au Québec

Yueyin ; Karine :)

 

Pioché dans ma pal.

 

La grosse dame d'à côté est enceinte, Michel Tremblay, Actes sud, babel, 8.70

Le bonheur est une fatalité de Claude MARION

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Sous forme de chapitres très courts, Claude Marion évoque la vie au quotidien d'un type un peu looser, un peu alcoolique, qui a décidé qu'il serait écrivain, maudit, sans doute, pauvre évidemment, mais libre. Il aimerait avoir le talent d'un Rimbaud ou d'un Verlaine puisque comme eux, il suit leur trajectoire déchue.

"Tout en compactant ainsi le papier, j’essayais de me remémorer les trucs honorables – honorables en tant que poète – que j’avais pu faire dans ma vie :
- Allumer une blonde à l’envers et fumer le filtre en entier sans m’en rendre compte.
- Manger une amanite tue-mouches et faire un jogging après.
- Faire l’amour à une jeune fille pendant son sommeil (sans la réveiller).
- Me trancher les veines involontairement avec une bouteille de Château Lamothe 2006.
Et voilà.
Verlaine, lui, avait mis le feu aux cheveux de sa femme, cohabité sur le tard avec deux prostituées et avait fini très honorablement ruiné…"

Ces courts "sketchs" présentent ainsi la trajectoire d'un artiste ordinaire, d'un type qui tente un stage à l’abbaye du Champs de l’Épine à cause du frère Luc rencontré dans un PMU, qui enchaîne les parties de pêche avec son copain Sive spécialiste du "fourrage de filles", qui parle sans complaisance de ses expériences avec des "prostiputes", qui se branle à ses heures perdues en pratiquant l'auto-apitoiement, et qui pratique avec brio l'art de la chute. Un type attachant, même s'il veut se donner des allures de salaud misanthrope égocentrique. Un type qu'on aura plaisir à retrouver. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Il faudra que l'on m'explique ce titre...

- J'espère que ce n'est pas une pose et que Claude Marion a d'autres expériences à nous raconter et à inventer... Un roman doit sortir prochainement aux éditions Christophe Lucquin, j'ai hâte !

Premières phrases :

"Le banquier m’a visiblement pris au sérieux. J’ai bien fait d’orienter l’entretien sur ces questions de CDS qui polluent depuis peu le débat économique. Romuald Richard, qui ne devait pas s’imaginer que l’on puisse spéculer en pariant sur le défaut de paiement d’un pays, et donc de favoriser ce défaut de paiement en faisant galoper ainsi le taux d’intérêt (en achetant des CDS), ne put qu’être agréablement surpris par l’intérêt que manifestait un futur client pour l’économie de précision. Et cela dut bien le rassurer sur ma future solvabilité."

Présentation de l'éditeur :

Chez Storylab

 

Le bonheur est une fatalité, Claude Marion, Storylab, août 2014, 2.99 euros à télécharger

 

Le ruban de Ito OGAWA

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Ruban est le nom d'une charmante perruche calopsitte jaune que Sumire et sa petite-fille Hibari ont soigneusement couvée après avoir trouvé son oeuf tombé du nid. Leur univers se concentre alors autour de l'oiseau, pour elles, l'oiseau devient "le ruban qui nous relie pour l'éternité." Puis, un beau jour, Ruban décide de voler de ses propres ailes, et il quitte les deux femmes.

                                                

www.acoeuretacris.centerblog.net

Pour les personnes qu'il va croiser sur son chemin, il devient un signe d'espoir, de bonheur, comme pour rappeler que la beauté, la magie sont de ce monde et peuvent les sauver.

Pour Tori le travesti, pour Mihoko l'illustratrice,  pour Fû sa fidèle amie, pour Miyuki qui vient de perdre sa maman, Ruban est comme un ange descendu du ciel pour redonner vie à ceux que la tristesse guettait. Il représente l'Espoir, la volonté et la puissance de continuer d'avancer, quelques soient les circonstances, parce qu'un fil nous maintient en avant, nous fait sourire et nous relie aux autres et au monde. Et peu importe si Ruban quitte un à un les personnes qu'il croise, parce que chacune d'elle devine ensuite que dans ce monde tourmenté, les miracles existent.

Ce que j'ai moins aimé :

Un roman au charme tout japonais qui ne me semble pas inoubliable mais est doté d'une originalité certaine...

Premières phrases :

"Sumire adore les oiseaux.

Pendant que je suis à l'école, elle monopolise le balcon à l'étage, celui où l'on étend le linge chez les Nakazaro, elle y passe toute la journée à observer les oiseaux. En se balançant tranquillement, bien installée dans son rocking-chair en rotin préféré. De temps à autre, elle sirote une petite gorgée du café sucré qu'elle garde dans une gourde."

Présentation de l'éditeur :

Picquier 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le restaurant de l'amour retrouvé

D'autres avis :

Page 

 

Le ruban, Ito Ogawa, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Picquier, septembre 2014, 286 p. 19.5 euros

 

Merci à l'éditeur.

Le magasin général de Régis LOISEL et Jean-Louis TRIPP Tome 1 Marie

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Dans le petit village Notre-Dame des Lacs au Québec, dans les années 20, le Magasin Général est le point central pour ses habitants. Il est tenu par Félix Ducharme et sa femme, Marie. Mais quand son époux meurt, cette dernière hésite à continuer à tenir le magasin. Poussée par le village qui a besoin d'elle, elle décide de continuer, contre vents et marées. C'est son histoire, centrale comme son magasin, que nous suivrons au cours des 9 tomes que compte la série.

Mais c'est aussi l'histoire du quotidien d'un village québécois, entre le nouveau curé qui vient d'arriver, celui qui a décidé de construire un bateau, le jeune garçon qui se casse la jambe, les bagarres, les jalousies, les émotions, les liens, ténus, qui se tissent entre des êtres proches. 

Dans un patois québecois qui chante aux oreilles, les auteurs restituent à merveille ce qui fait le sel d'un village et d'une vie.

          

Ce que j'ai moins aimé :

Le dessin m'a moins plu.

Vous aimerez aussi :

Les autres tomes de la série

Présentation :

Chez Casterman

Le site de l'auteur 

D'autres avis :

Lecture commune organisée dans le cadre de Québec en septembre chez Karine:)

 

Pioché à la bibliothèque.

 

Le magasin général, tome 1, Marie Régis Loisel, Casterman, mars 2006, 15.50 euros

 

 

 

Le détroit du loup d'Olivier TRUC

Publié le par Hélène

                     

♥ 

"Ne peut-on accepter un peu de sacré dans ce monde ?"

Ce que j'ai aimé :

Comme les gisements de pétrole affluent dans la petite ville de Hammerfest, petite ville de l'extrême nord de la Laponie, la ville doit s'étendre pour trouver de nouvelle surfaces pour les questions logistiques, comme par exemple pour construire un aéroport. Mais une route va être au carrefour des intérêts des pétroliers et des éleveurs : celle qui permet la transhumance des rennes. Le conflit entre les éleveurs et les industries pétrolières couve...

"La lutte n'est-elle pas inégale, que pouvez-vous avec vos règles face au vent qui attire le renne sur les rives de l'été ?"

Un tiers des ressources non prouvées en pétrole et en gaz de la planète se trouve dans la zone arctique, et face à de tels chiffres, les éleveurs ont bien peu de poids..

"Tu auras beau entendre tous les plus beaux discours sur le respect des peuples indigènes, sur la minorité sami et ses droits inaliénables, quand tout ça se heurte au développement des industries, on passe à la trappe."

Parallèlement, nous découvrons le monde de la plongée dans les années 70. Au service des industries pétrolières, les plongeurs risquent leur vie pour permettre aux puissants de gagner toujours plus d'argent et de temps.  Les passionnés restent impuissants face à eux.

Les enquêteurs sont les mêmes que dans Le dernier lapon, mais Nina prend davantage d'importance en partant à la recherche de son père qui, coïncidence fortuite - difficilement justifiée - appartient au monde de la plongée. 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai eu globalement le sentiment d'une construction artificielle. Beaucoup de personnages apparaissent au fur et à mesure, ce qui crée un manque de pureté de l'intrigue. Peut-être aurait-il mieux valu n'en choisir que quelques uns comme la très belle Anneli ou Nils entre deux mondes, quelques méchants aussi, mais moins de russes, de plongeurs sortis d'on ne sait où, de nouveaux personnages au deux tiers du roman, comme le père de Nina... Un roman qui aurait pu être épuré pour gagner en intensité et en beauté.

Toutefois je précise que par la suite j'ai fait tourner mon exemplaire dans ma famille je n'ai eu que des avis positifs... A vous de vous faire votre idée !

Premières phrases :

"Depuis plus d'une heure, la plupart des hommes demeuraient invisibles.

Certains se cachaient depuis bien plus longtemps. Ils patientaient, placés stratégiquement sur les deux rives distantes de cinq cents mètres. Ceux en embuscade sur Kvaloya, l'île de la Baleine, occupaient leur poste depuis la veille au soir." 

Informations sur le livre :

Chez Métailié

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le dernier lapon

D'autres avis :

Sylire

 

Le détroit du loup, Olivier Truc, Métailié, septembre 2014, 416 p., 19 euros

 

Merci à l'éditeur

 

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que... de Davide CALI et Benjamin CHAUD

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥ ♥  

Mon avis :

Quand la maîtresse lui demande pourquoi il n'a pas fait ses devoirs, le jeune narrateur invente alors des excuses toutes plus improbables les unes que les autres.

                      

                           

Tout cancre qui se respecte devra apprendre à manier avec brio et vraisemblance lesdites excuses pour passer au-delà de la punition de la maîtresse... 

Les dessins sont tout aussi savoureux que le texte inventif et drôle. Une belle réussite !

 

 

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que... de Davide CALI et Benjamin CHAUD

Informations sur le livre :

Auteurs :

Davide Cali est auteur, illustrateur et bédéiste. Il a publié plus de quarante livres parmi lesquels J’aime t’embrasser (avec Serge Bloch, Sarbacane, 2008), Coccinelles cherchent maison (illustrations de Marc Boutavant, Sarbacane, 2011), 10 petits tanks s’en vont en guerre (Thierry Magnier, Tête de lard, 2012) et Un week-end de repos absolu (illustrations d’Alexandra Huard, Sarbacane, 2013). Il vit entre l’Italie et la France.
 
Benjamin Chaud aime les forêts de conifères des Hautes-Alpes, où il a passé son enfance. 
Après avoir perdu toutes chances de réussir un jour dans la compétition de ski, il a rejoint les Arts décoratifs de Strasbourg dont il est diplômé. Il a imaginé, aux côtés de Ramona Badescu, les Pomelo (Albin Michel jeunesse), L’ Amour ? et Monstres chéris (naïve) mais aussi illustré la série La fée coquillette (Didier Levy, Albin Michel Jeunesse).
Chez hélium, il est l’auteur illustrateur des albums Tralali, la musique des petits bruits (2009), Adieu Chaussette (2010), du très remarqué Une chanson d’ours et de son second volet Coquillage et Petit Ours (2012). Il vit à Die (26).

Présentation de l'éditeur :

Actes sud

D'autres avis :

Repéré chez Noukette 

 

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que, Davide Cali, Benjamin Chaud, traduit de l'italien par Sophie Strady, Hélium, janvier 2014, 12.50 euros

 

Pioché à la bibliothèque

Retour à Little Wing de Nickolas BUTLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Laisse la porte ouverte dans une grande ville et tu te réveilles à poil, sans un meuble. Laisse la porte ouverte ici et un coyote vient te demander l'aumône."

Ce que j'ai aimé :

Little Wing est une petite bourgade du Wisconsin, sertie de fermes et arpentées par les cerfs et les coyotes. Hank, Lee, Kip, Ronny et Beth sont nés là-bas et restent profondément attachés à leur terre. Mais tous ont fait des choix différents : Hank et Beth n'ont jamais quitté les terres familiales, Ronny ancien champion de rodéo a beaucoup voyagé, mais l'AVC qui l'a diminué l'a poussé à rester auprès des siens, tout comme Kip ancien trader à Chicago qui a choisi de revenir rénover la vieille fabrique de la petite bourgade. Lee quant à lui est devenu un musicien à la mode, le plus détaché de Little Wing mais il reste aussi irrémédiablement attiré par sa ville natale. 

"Quand je n'avais nulle part d'autre où aller, je revenais ici. (...) C'est ici que j'entends tout : le monde qui palpite différemment, le silence qui résonne comme un accord joué il y a une éternité, la musique dans les trembles, les sapins, les chênes et même les champs de maïs desséchés." (p. 77)

Le mariage de l'un d'eux leur permet de se retrouver. 

Un charme infini s'échappe de ces pages apaisées et lumineuses. 

"Ici, le temps s'écoule lentement, divisé en moments à savourer, comme de délicieuses parts de dessert : mariages, naissances, réussites aux examens, inaugurations, funérailles. Rien ne change beaucoup, en général. (...) Des grues blanches et des grues du Canada, grosses comme des bombardiers dans le ciel, des myriades d'autres oiseaux revenant au bercail comme par retour de courrier, faisant un boucan céleste aussi fort qu'une fête de bienvenue digne de ce nom. Puis vient l'été avec une telle profusion de verts qu'on pense que l'hiver n'a jamais existé et ne reviendra jamais." (p. 199)

L'un après l'autre, les personnages évoquent leur vie, leur attachement profond à Little Wing, leurs valeurs, la solidarité, la confiance, l'amour et l'amitié. Ils parlent  aussi de leurs doutes, des choix que la vie amène à faire, des amours qui passent, de la vie qui coule laissant irrémédiablement son empreinte. Ce quotidien calme est réglé par les saisons, par la vie dans les champs, par les mariages, divorces des uns et des autres. Ce sont des héros ordinaires qui rayonnent par leur simplicité et leur amour. Ils résonneront longtemps après la fin de la lecture, illuminant le lecteur d'une aura particulière.

Ce que j'ai moins aimé :

La chute de l'épisode lié aux oeufs au vinaigre m'a semblé un peu exagérée.

Premières phrases :

"Nous l'invitons à tous nos mariages ; Lee était célèbre. Nous adressions les faire-part à sa maison de disques, dans un gratte-ciel new-yorkais, pour qu'elle lui transmette les enveloppes tape-à-l'oeil en papier doré lorsqu'il était en tournée à Beyrouth, Helsinki ou Tokyo."

Informations sur le livre :

Autrement

D'autres avis :

Ys

 

Retour à Little Wing, Nickolas Butler, traduit de l'anglais (EU) par Mireille Vignol, Autrement, août 2014, 22 euros

 

Merci à l'éditeur pour cette magnifique découverte qui m'a fait battre le coeur !

 

Come prima de ALFRED

Publié le par Hélène

                          

♥ ♥ ♥

Prix du meilleur album Angoulême 2014

 

Mon avis :

Début des années 60. Giovanni vient d'annoncer la mort de leur père à son frère Fabio qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Il lui demande de l'accompagner en Italie pour ramener les cendres de son père sur leur terre natale. Pressé par les circonstances, et malgré une aversion marquée pour ce passé qu'il a voulu nier, Fabio accepte et les deux frères prennent la route à bord d'une fiat 500. Le voyage se déroule entre non dits, coups de colère, tendresse sous-jacente. Les liens du passé ne peuvent pas s'effacer aussi facilement. Peu à peu kilomètre après kilomètre, les mystères se lèvent et permettent d'éclairer les comportements des deux frères.

                

Leurs personnalités se fissurent, Fabio le boxeur et Giovanni le doux petit frère vont s'avérer bien plus complexes que cela... 

Hommage au cinéma italien de l'après guerre, comédie sociale en forme de road-movie, Come prima est une BD émouvante dans le contexte de l'Italie de Mussolini.

"En Italie, aucune famille n'a échappé aux contradictions et tensions générées par cette période. Mon grand-oncle était une chemise noire, tandis que mon grand-père avait des affinités communistes. Leur histoire m'a inspiré, mais je n'avais pas envie de livrer leur biographie : je ne me sens aucune légitimité pour le faire, et il y a trop de choses de leurs rapports que j'ignore. J'ai aussi pioché dans la relation plutôt lourde que j'entretiens avec mes frères – il y eut même quelques années de silence avec l'un d'entre eux. » précise l'auteur

    

Présentation de l'éditeur :

Editions Delcourt 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Pourquoi j'ai tué Pierre 

D'autres avis :

Télérama

jérôme ; Mo ; Noukette Kathel Cristie Le petit carré jaune

 

Come prima, Alfred, collaboration aux couleurs de Maxime Derouen, octobre 2013, 224 p., 25.50 euros

 

Pioché à la bibliothèque

 

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