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L'art de perdre de Alice ZENITER

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

"Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître." Elisabeth Bishop

Pour Naïma l'Algérie dont est originaire sa famille n'est qu'une toile de fond à laquelle elle s'est peu intéressée. Son grand-père Ali, kabyle, a été taxé de "harki" mais il est mort avant de pouvoir livrer son histoire à la jeune fille. Hamid, son père est arrivé enfant à l'été 1962 et il refuse de parler de ce passé qui l'empêche de remettre les pieds sur son territoire. Sa mère, française, n'en sait pas beaucoup plus. Naïma comble peu à peu les lacunes de son histoire.

"C'est pour cela aussi que la fiction tout comme les recherches sont nécessaires, parce qu'elles sont tout ce qui reste pour combler les silences transmis entre les vignettes d'une génération à l'autre." p. 19

La première partie du roman se déroule en Algérie dans les années 30 à 50. Le jeune Ali assiste à l'arrivée progressive du FLN, aux choix des uns et des autres, puis à la violence qui peu à peu s'invite, la brutalité du conflit, les tribunaux improvisés dans les villages, les embuscades sur les routes, les "veuves de la libération" qui fleurissent. Ali et sa famille doivent fuir pour la France et rejoindre dans un premier temps un camp de transit, puis un hameau de forestage, avant d'être parqués dans une cité HLM en Normandie.

"L'Algérie les appellera des rats. Des traîtres. Des chiens. Des apostats. Des bandits. Des impurs. La France ne les appellera pas, ou si peu. La France se coud la bouche en entourant de barbelés les camps d'accueil"

L'écriture s'incarne parfaitement avec les personnages, permet de vivre pleinement cette tranche de l'histoire et amène à une réflexion profonde. Réflexion pesée sur ce qui fonde l'identité, sur le rapport à nos origines, sur ce qui nous construit. Sur les femmes qui ne choisissent pas :

"- J'en veux aussi à mon mari parce que si ce n'était que moi, je serais restée là-bas. c'est lui qui a voulu fuir. Nous, jamais on nous demande notre avis. On nous trimballe. Ils font des conneries entre hommes et après, c'est nous qui payons.

- Pauvres de nous...

Et elles soupirent en broyant les amandes sur le pays perdu par la faute des hommes." p.211

Sur les enfants qui ne comprennent pas ce passé qui s'échappe et meurt avec chaque ancêtre qui s'éteint.

"Tu peux venir d'un pays sans lui appartenir. Il y a des choses qui se perdent... On peut perdre un pays. (...) Personne ne t'a transmis l'Algérie. Qu'est-ce tu croyais ? Qu'un pays, ça passe dans le sang ? Que tu avais la langue kabyle enfouie quelque part dans tes chromosomes et qu'elles se réveillerait quand tu toucherais le sol ?" p. 432

"Un pays n'est jamais une seule chose à la fois : il est souvenirs tendres de l'enfance tout autant que guerre civile, il est peuple comme il est tribus, campagnes et villes, vagues d'immigration et d'émigration, il est son passé, son présent et son futur, il est ce qui est advenu et la somme de ses possibilités." p. 441

Sur ces émigrés perdus dans un monde qu'ils ne reconnaissent pas. 

L'art de perdre c'est celui de perdre un pays, une langue, des illusions, des biens minuscules mais essentiels, perdre pour avancer, et fonder une nouvelle vie, une nouvelle oeuvre, un nouveau monde, pour, enfin, peut-être, se libérer.

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion

D'autres avis : Télérama ; Babélio

 

L'art de perdre, Alice Zeniter, Flammarion, 16 août 2017, 22 euros

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Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 2017 (1)

Publié le par Hélène

Un vif succés

Après plusieurs semaines de lecture des romans en compétition, les lycées participants ont l'opportunité d'échanger et de débattre avec les auteurs en lice pour le Prix lors de 7 rencontres régionales, organisées du 9 au 18 octobre au sein de plusieurs Ateliers Canopé. Après Nancy, Rennes et Paris, les auteurs se rendaient donc vendredi dernier à Lille à la rencontre des classes suivantes : 

- la 1ère gestion administration du lycée Hurle-Vent au Tréport

- la 2nde du lycée du Val de Lys à Estaires

- la 1ere L du lycée Pierre de Coubertin à Calais

- la Terminale Bac pro commerce du lycée professionnel Louis Armand de Jeumont

- la seconde du lycée Louis Thuillier à Amiens

Les auteurs étaient nombreux à avoir répondu à l'appel : Patrick Deville, Véronique Olmi,, Philippe Jaenada, Brigitte Giraud, Monica Sabolo, Frédéric Verger, Alexis Ragougneau, François-Henri Désérable, Olivier Guez, Alice Zeniter, Kaouther Adimi.

Des questions variées

Le processus d'écriture

Les élèves étaient curieux de connaître les origines de la vocation des auteurs et leurs habitudes d'écriture. François-Henri Désérable avait ce rêve fou de pouvoir rester sur son canapé à lire et qu'autour de lui dans un silence feutré les autres murmurent "Chut !... il travaille". Les autres auteurs également avaient toujours en eux cette envie et ce besoin pressant de lire et écrire toute la journée. Kaouther Adimi souligne qu'en 1994 en Algérie, elle n'avait pas accès à une grande offre en terme de lecture, et de fait, elle s'est décidée à écrire elle-même des histoires qu'elles pourraient ensuite lire.

Frédéric Verger est venu plus tard à l'écriture, mais il écrivait tôt. Il est professeur en parallèle. Kaouther Adimi éprouve aussi ce besoin d'avoir aussi un autre emploi, elle travaille du lundi au jeudi pour ensuite pourvoir se libérer par l'écriture. Philippe Jaenada a un travail très lucratif quelques jours par semaine pour ensuite se concentrer sur l'écriture, puisqu'il serait vain de penser pouvoir gagner beaucoup d'argent grâce à l'écriture... Pour tous, l'écriture et la lecture sont l'air qu'ils respirent, un besoin vital avant d'être une obligation.

Alice Zeniter a commencé par des études et théâtre et elle a gardé de cet amour du théâtre l'habitude de lire à haute voix ses romans parce que "L'écriture s'éprouve sur la page mais aussi dans la bouche et à l'oreille, elle passe par le corps tout entier." Monica Sabolo aime aussi déclamer les phrases, et quand la phrase déclamée sonne comme une bande-annonce de film américain, par son rythme et son intensité, elle la garde.

L'écriture ne coule pas toujours, Véronique Olmi a réécrit quatre fois son roman avec des narrateurs différents, jusqu'à trouver la note juste. Ecrire demande une concentration, un travail, des réécritures multiples, pour enfin, parvenir au but visé.

Aux lycéens qui souhaiteraient faire ce métier, François-Henri Désérable suggére de "Lire, lire et lire encore". Il rappelle qu'il existe le Prix des jeunes écrivains qu'il a lui-même reçu en 2011, tout comme Kaouther Adimi en 2007 et 2009.

De la porosité entre le réel et la fiction

 

De nombreux romans de la sélection s'inspirent de personnages réels, car pour les auteurs l'équilibre entre l'intime et la réalité historique reste discret.

"Etre écrivain c'est se soustraire au monde pour créer son propre monde" François-Henri Désérable

Olivier Guez se demande s'il est le marionnetiste ou la marionnette de ses personnages.

Pour Véronique Olmi, écrire c'est se décoller du réel, partir dans la marge, respirer un peu plus loin.

L'heure des dédicaces

Après la rencontre, les lycéens ont pu se faire dédicacer leurs livres.

Et après ?

À l'issue de l'étude des livres, les classes élisent un délégué pour présenter leur tiercé de livres gagnants et défendre leurs choix lors de délibérations régionales. Elles ont lieu dans 6 villes en simultanée (Lyon, Nantes, Metz, Paris, Marseille, Rennes).

Chaque région choisit ses deux représentants et son tiercé de livres gagnants. Une finale se tient ensuite à Rennes, berceau du Prix. À l’issue des délibérations, le Prix Goncourt des lycéens est proclamé et rendu public.

Le jury constitué par les délégués régionaux et étrangers réunis à huis clos à Rennes, élisent le 30e Prix Goncourt des Lycéens, le 16 novembre 2017.

Sur Lecturissime

Prochainement je vous livrerai les impressions des auteurs, des lycéens, des professeurs sur ces rencontres et leur ressenti sur le prix. Et je continue bien sûr mes lectures des romans sélectionnés pour pouvoir vous en parler !

Retrouvez en ces pages :

La présentation du prix

Nos richesses de Kaouther Adimi

Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel

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Tiens ferme ta couronne de Yannick HAENEL

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

"Il faudrait enfoncer un couteau dans la matière des journées, trancher le gras, y découper ce qui seul vous éblouit : a-t-on besoin d'autre chose que de vertige ?"

Incompris, le narrateur-écrivain a écrit un scénario sur Herman Melville intitulé The Great Melville. Malheureusement aucun producteur ne l'accepte. Sur les conseils d'un ami, il décide alors de s'adresser à Michael Cimino. Cimino accepte de le rencontrer à New-York et notre homme fait donc l'aller-retour pour passer une journée aux côtés du célèbre réalisateur de Voyage au bout de l'enfer et de La Porte du paradis. Il lui laisse son manuscrit, confiant, et revient à Paris pour se terrer dans son appartement à visionner encore et encore des films mythiques comme Apocalyspe now. A côtoyer des oeuvres marquantes du cinéma, il espère qu'une étincelle s'allumera et donnera tout à coup un sens profond à sa vie.

"Les ténèbres attendent que nous perdions la lumière ; mais il suffit d'une lueur, même la plus infime, la pauvre étincelle d'une tête d'allumette pour que le chemin s'ouvre : alors, le courant s'inverse, vous remontez la mort."

Il recherche une forme de vérité, obsédé par cette phrase de Melville : « En ce monde de mensonges, la vérité est forcée de fuir dans les bois comme un daim blanc effarouché. » En tant qu'artiste et en tant qu'homme, il tente de trouver sa place dans un monde souvent effrayant et trop grand pour l'humain.

"Au fond, il était possible de vivre : avec les récits, avec toutes les histoires contenues à l'intérieur des récits, on avançait mine de rien d'une île à une autre, on faisait se rejoindre le commencement et la fin, on allait mieux."

Le monde s'offre à lui dans une suite d'aventures rocambolesques, il rencontrera Isabelle Huppert, sera suivi par deux moustachus à l'allure louche, s'inquiètera de la disparition de son ami Tot, perdra son dalmatien dans la ville, rencontrera la conservatrice du musée de la Chasse, pour peut-être, enfin, trouver une forme de lumière.

"A la fin, me dit-il, véritable politique consiste à garder son âme ; et plus simplement encore : à avoir une âme."

A travers cet être indécis Yannick Haenel allume une lumière dans l'obscurité de nos vie, il nous invite à découvrir le sacré sous la patine des jours, à vibrer, pour simplement, survivre digne dans un monde qui chavire.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Télérama ; Bibliobs ; Philomag

 

Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel, Gallimard, juin 2017, 352 p., 20 euros

 

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Hiver à Sokcho de Elisa SHUA DUSAPIN

Publié le par Hélène

 ♥ ♥

Prix Robert Walser 2017

A Sokcho, petite ville de Corée du sud, une jeune franco-coréenne, s'occupe du ménage, de la cuisine, de la lessive et de l'accueil dans la pension du vieux Park. Sa mère est une coréenne qui travaille au marché aux poissons et elle n'a jamais connu son père, un français de passage. La jeune fille regarde défiler les locataires et accueille ainsi un nouvel arrivant, un jeune dessinateur de bandes dessinées venu tout droit de France. En demandant à la jeune femme de lui faire découvrir le pays, il vient rompre la routine des jours qui s'étirent sans fin dans la petite ville portuaire.

Par touches subtiles, l'auteure donne à voir un paysage hivernal qui gagne peu à peu les corps et les âmes. La ville portuaire désertée à cette période de l'année est comme le reflet de leurs âmes.

"Suintant l'hiver et le poisson, Sokcho attendait.

Sokcho ne faisait qu'attendre. Les touristes, les bateaux, les hommes, le retour du printemps."

La jeune fille et le dessinateur arpentent la ville, visitent mais laissent planer un malaise entre eux, dans cette atmosphère comme suspendue, un malaise qui ne trouve pas à s'exprimer. De plus, dans cette Corée du Sud toute proche de sa consoeur, le conflit entre les deux pays couve insidueusement sous le patin des jours.

"Les plages ici attendent la fin d'une guerre qui dure depuis tellement longtemps qu'on finit par croire qu'elle n'est plus là, alors on construit des hôtels, on met des guirlandes mais tout est faux, c'est comme une corde qui s'effile entre deux falaises, on y marche en funambules sans jamais savoir quand elle se brisera, on vit dans un entre-deux, et cet hiver qui n'en finit pas !"

Leur personnalité, leur histoire, leur passé, s'exprime alors autrement, par les dessins pour lui, par la cuisine pour elle. Cette rencontre ressemble à une bulle de douceur, les êtres s'observent, se comprennent, se découvrent, se frôlent ...

Puis la vie reprend son cours, titubant vers l'infini...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

Vous aimerez aussi : Les années douces de Hiromi Kawakami

D'autres avis : Jérôme ; Kathel ; Aifelle ; Eimelle ; Clara ; Moka ; Noukette

 

Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin, Zoé éditions, août 2016, 144 p., 15.50 euros

 

Ma première participation pour Un mois un Editeur

 

Publié dans Littérature Asie

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Chez les heureux du monde de Edith WHARTON

Publié le par Hélène

 ♥ ♥

Lily Bart 29 ans issue d'un milieu modeste, aime frayer avec la haute société. Ambitieuse et belle, elle souhaite se marier avec un homme riche pour rester à l'abri des aléas de la vie. Elle pense que sa beauté lui facilitera les choses. Elle a quelques noms en vue, mais étrangement, chacun de ses projets échoue, comme si elle savait au fond d'elle qu'elle restait en inadéquation avec l'esprit de ces messieurs et de ce milieu.

Elle sympathise avec Lawrence Selden, un avocat qui tente de la diriger vers d'autres priorités :

"Selden repoussa son chapeau en arrière et la regarda de côté.
- Le succès… qu’est-ce que le succès ? Je voudrais bien connaître votre définition.
- Le succès ?… (Elle hésita.) Mais c’est tirer de la vie tout ce qu’on peut en tirer, j’imagine… C’est une qualité relative, après tout… N’est-ce pas aussi votre idée du succès ?
- Mon idée ?… à Dieu ne plaise !
Il redressa le buste avec une énergie soudaine, appuyant ses coudes sur ses genoux, et, les yeux fixés sur le paysage harmonieux :
- Mon idée du succès, - dit-il, - c’est la liberté personnelle.
- La liberté ?… être libre de soucis ?
- Libre de tout… de l’argent et de la pauvreté, de l’aisance et de l’inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l’esprit, voilà ce que j’entends par le succès.
"

Mais Lily tient à côtoyer les hautes sphères et, persévérante, elle se rapproche de personnages aux intentions troubles. Le mariage lui apparait comme la seule issue, mais, victime des ouï-dires, elle est mise à l'écart, Lawrence Selden lui-même ajoutant foi aux rumeurs.

Le portrait de cette jeune femme est troublant, elle qui tient à vivre dans le luxe et se raccroche à la "stupide cherté de la nourriture et la voyante sottise de la conversation, une liberté de langage qui n'atteignait jamais l'esprit, et une liberté d'action qui ne s'élevait jamais jusqu'au roman.", mais reste trop honnête pour monnayer sa beauté. Elle reste déchirée entre sa moralité et ses ambitions et la fin du roman offre une satire poignante de cette société étouffante du début du XXème siècle !

Un classique qu'on apparente souvent à Henry James ou Jane Austen - en plus sombre- tant la subtilité des portraits se marie à merveille avec l'intrigue ancrée dans le siècle.

 

Présentation de l'éditeur : Archipel

D'autres avis : Lily, Papillon, Babélio

 

Chez les heureux du monde, Edith Wharton, traduit par Du Bos, Charles de Anglais (EU), Arcgipel, archipoche, mars 2017, 498 p., 7.80 euros

 

Chez les heureux du monde de Edith WHARTON

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Prix SNCF du Polar 2018

Publié le par Hélène

Hier étaient dévoilées les sélections 2018 des 3 catégories du Prix SNCF du Polar : roman, bande dessinée et court métrage.

 

A l'issue de cette présentation, nous avons pu visionner en avant-première les courts-métrage.

County State USA : Après avoir braqué une banque dans une petite ville de province, un adolescent doit s'en remettre entièrement à un autochtone, un agriculteur menacé de saisie.

Assez attendu, un peu décevant.

Stand By : Gary et Jenny partagent le même bureau : les sièges avant d'une voiture de patrouille. leur relation contraste avec le défilé de voyous qui occupent le siège arrière.

Un huis clos assez répétitif et manquant de rythme.

Matices : Lors d'une partie d'échecs, deux vieillards se reconnectent avec un passé qu'ils pensaient avoir laissé derrière eux.

Speed dating : Jacques, négociateur au GIGN, a 7 minutes pour séduire une femme... Le temps de désamorcer la bombe sur laquelle elle est assise.

Répliques et gags fusent dans cette course contre la montre très drôle et bien menée.

Balcony : Dans un quartier où règnent de fortes tensions raciales, une adolescente se rapproche d'une jeune immigrée, victime de préjugés et de harcèlement.

Un coup de coeur pour cette amitié hors du commun. Le thème de la différence et des clichés est admirablement traité, mettant en valeur l'absurdité des êtres humains qui ont tendance à combler les vides de l'incompréhension ou de l'inconnu par des idées préconçues au danger latent.

Second life : Yuri emménage dans un nouvel appartement. La visite d'une voisine lui apprend que l'ancien locataire des lieux a été assassiné. Un étranger sonne alors à sa porte.

Comment boire un verre de vodka s'avère impossible quand la sonnette de la porte d'entrée n'en finit pas de retentir.

Garden Party : Poussés par leur instinct, des amphibiens explorent une villa abandonnée.

Une originalité marquante pour ce court métrage !

 

Vous aurez la possibilité de découvrir certaines oeuvres en ligne chaque mois. L'an dernier seuls les romans étaient accessibles sur SNCF e-LIVRE, cette année, vous aurez la chance de pouvoir également découvrir chaque mois une bande dessinée de la sélection.

 

Vous avez jusqu'au 31 mai 2018 pour distinguer le polar de l'année dans chaque catégorie, vous pouvez voter sur polar.sncf.com

 

Voici la sélection de l'an dernier :

 

Retrouvez en ces pages  Grossir le ciel  et Hasta que la celda nos separe

 

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Prix Goncourt des lycéens 2017

Publié le par Hélène

La nouvelle édition du Goncourt des lycéens se prépare et j'aurai le plaisir d'assister à la rencontre entre les lycéens et les auteurs à Lille, grâce au service communication de la Fnac qui m'a invitée cette année également.

Le 5 septembre dernier, l'annonce par l'Académie Goncourt de sa sélection littéraire lançait la 30ème édition du Prix Goncourt des Lycéens. Créé et organisé par le ministère de l'Éducation nationale et la Fnac, avec l'accord de l'Académie Goncourt, ce Prix donne l'opportunité à près de 2 000 lycéens de se plonger dans une lecture passionnée, et de faire entendre leur voix pour élire leur lauréat parmi les 15 auteurs sélectionnés cette année.

Les 15 romans sélectionnés

  • Nos richesses, Kaouther Adimi, Seuil
  • Taba Taba, Patrick Deville, Seuil
  • Un certain M. Piekielny, François-Henri Désérable, Gallimard
  • Un loup pour l'homme, Brigitte Giraud, Flammarion
  • La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez, Grasset
  • Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel, Gallimard
  • La serpe, Philippe Jaenada, Julliard
  • Nos vies, Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
  • Bakhita, Véronique Olmi, Albin Michel
  • Niels, Alexis Ragougneau, Viviane Hamy
  • Trois jours chez ma tante, Yves Ravey, Minuit
  • Summer, Monica Sabolo, JC Lattès
  • Les Rêveuses, Frédéric Verger, Gallimard
  • L'Ordre du jour, Eric Vuillard, Actes Sud
  • L'Art de perdre, Alice Zeniter, Flammarion

Après plusieurs semaines de lecture des romans en compétition, les lycées participants auront  l'opportunité d'échanger et de débattre avec les auteurs en lice pour le Prix lors de 7 rencontres régionales, organisées du 9 au 18 octobre prochain au sein de plusieurs Ateliers Canopé. Les jurés lycéens auront ainsi toutes les cartes en main pour mûrir leur réflexion et choisir leurs finalistes lors des délibérations en novembre.

J'assisterai donc à la rencontre des lycéens à Lille le vendredi 13 octobre.

Par la suite, le lundi 13 novembre des délibérations régionales à huis clos auront lieu et l'annonce des finalistes se fera en fin de journée.

Pour finir, le jeudi 16 novembre, après des délibérations nationales à huis clos à l'Opéra de Rennes, l'annonce du lauréat Prix Goncourt des Lycéens 2017se fera à 12h45.

Pour rappel voici les précédents lauréats :

Voici les billets consacrés au prix de l'an dernier : ICI

 

 

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Nos richesses de Kaouther ADIMI

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Abdallah pense qu'on n'habite pas vraiment les lieux, que ce sont eux qui nous habitent."

En 1935, Edmond Charlot imagine une librairie "qui vendrait du neuf et de l'ancien, ferait du prêt d'ouvrages et qui ne serait pas juste un commerce mais un lieu de rencontres et de lecture. Un lieu d'amitié en quelque sorte avec, en plus, une notion méditerranéenne : faire venir des écrivains et des lecteurs de tous les pays de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion, des gens d'ici, de cette terre, de cette mer, s'opposer surtout aux algérianistes. Aller au-delà !" Ainsi naît à Alger la librairie - maison d'édition - bibliothèque "Les vraies richesses" qui publiera et sera fréquentée par des grands noms de la littérature comme Albert Camus, Jules Roy, Max-Pol Fouchet, Emmanuel Roblès ou Kateb Yacine.

"Charlot fut un peu notre créateur à tous, tout au moins notre médecin accoucheur. Il nous a inventés (peut-être même Camus), engendrés, façonnés, cajolés, réprimandés parfois, encouragés toujours, complimentés au-delà de ce que nous valions, frottés les uns aux autres, lissés, polis, soutenus, redressés, nourris souvent, élevés, inspirés, [...]" Jules Roy sur Edmond Charlot

Mais la révolte gronde en Algérie comme ailleurs, et Edmond Charlot aura alors son rôle à jouer car il sera aussi le grand éditeur de la France libre en 1944 publiant notamment Le silence de la mer d'Henri Vercors et éditant la revue L'Arche. 

En 2017 Ryad est chargé de vider cette même librairie gardée par Abdallah, le dernier libraire des "vraies richesses",  mais les habitants du quartier font bloc pour préserver ce lieu emblématique.

Kaouther Adimi a voulu rendre hommage à cet homme emblématique de la vie culturelle algérienne, mais son roman manque de souffle, juxtaposant des carnets fictifs de Charlot et l'histoire de la librairie, mais de façon relativement lisse, presque documentaire. Le style ne s'envole pas, nous laissant déçus devant les belles promesses que laissaient présager le sujet.

Bilan : Un sujet passionnant mais traité de façon un peu trop lisse à mon goût ...

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

D'autres avis : VirginieJoëlle et de Jostein

 

Nos richesses, Kaouther Adimi, Seuil, août 2017, 224 p., 17 euros

 

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Un mois - un éditeur - Editions ZOE

Publié le par Hélène

Les éditions Zoé sont à l'honneur pour Un mois-un éditeur, rendez-vous orchestré par Ys.

Les Éditions Zoé ont été créées en 1975 par Marlyse Pietri et Xavier Comtesse à Genève. Elles ont fonctionné pendant 10 ans comme un atelier du livre où toutes les tâches d'imprimerie et d'édition étaient réunies sous un même toit. Deux associées y ont participé dès 1976 et jusqu'en 1983, Arlette Avidor et Sabina Engel. Marlyse Pietri a continué seule ensuite à développer le catalogue. La maison d'édition a déménagé à Carouge.

En 1992, les Éditions Zoé signent un contrat de diffusion en France avec Harmonia Mundi. En février 2011, Caroline Coutau prend la direction de la maison. Les Éditions Zoé font paraître des romans et des récits d’écrivains de Suisse romande, de France, de Suisse allemande, d’Afrique et d’Asie.

Vous trouverez ici Une interview de Caroline Coutau sur Libfly.

 

Voici les titres que vous trouverez sur mon blog :

Le garçon sauvage de Paolo Cognetti

 

Chroniques de l'Occident nomade de Aude SEIGNE

 

Les neiges de Damas de Aude SEIGNE

J'ai rencontré un excellent libraire à Gibert vendredi dernier, qui m'a conseillé Les étoiles s'éteignent à l'aube ou Jeu Blanc de Richard Wagamese, et Le royaume des oiseaux de Marie Gaulis. J'ai choisi également Pas d'éclairs sans tonnerre de Jérémie Gindre et Hiver à Sokcho de Elisa Shua Dusapin qu'il avait lu et aimé également.

Vaste programme ! Qui m'accompagne ?

 

Publié dans Divers

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La beauté des jours de Claudie GALLAY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Une vie ne suffit pas. Jeanne aurait voulu en avoir plusieurs, pour vivre tous les choix qu'elle n'aura pas faits, toutes les directions qu'elle n'aura pas prises."

Entre son travail à la poste, son mari Rémy et ses projets de rénovation de la cuisine, ses deux filles, Jeanne mène une vie bien réglée, bien calibrée. Ses rituels hebdomadaires ne changent pas : le lundi, piscine, le mardi macaron, le mercredi course et ménage, le jeudi bibliothèque, le vendredi cinéma, le week-end elle reçoit la visite de ses filles et le dimanche elle se rend au déjeuner dominical avec ses parents et ses soeurs.

Cet été-là, Jeanne regarde passer les trains et observe les silhouettes qui se croisent dans les wagons. Elle pense alors à la part de hasard qui régit nos existences. Et c'est par hasard qu'elle fait tomber le cadre contenant la photographie d'une artiste qu'elle admire : Marina Abramovic. Cette femme prête à prendre tous les risques la fascine profondément tant elle est à l'opposé du quotidien prévisible de Jeanne. Elle ressurgit alors dans sa vie, prenant une place de plus en plus prégnante, insufflant un brin de folie en l'esprit rationnel de Jeanne.

Marina Abramovic et Ulay sur la muraille de Chine

http://www.artwiki.fr/cours/art_video/abramovic_ulay.htm

Jeanne se replonge dans les interviews de l'artiste et lui adresse des lettres, comme une porte de sortie, comme une fenêtre qui s'ouvrirait sur un autre monde, d'autres possibles, d'autres choix.

"On devient artiste parce qu'on est sensible et parce qu'on est mal dans le monde. ce n'est pas une question de don mais d'incapacité à vivre avec les autre. Et cette incapacité à vivre crée le don." Marina Abramovic

"Etre artiste, tellement de gens veulent être cela. On veut tous... Mais l'envie de suffit pas. Il faut que ce soit une nécessité. Qu'on devienne fou si on ne le fait pas." Marina Abramovic

Et puis la beauté des jours jaillit, qu'ils soient prévisibles ou fous, ils contiennent leur îlot de beauté que l'oeil se doit de saisir. Oser, risquer le changement, loin de la peur qui fige, bousculer le monde pour que, soudain, les belles choses brillent.

"Je suis sûre qu'on n'oublie pas les belles choses quand on est de l'autre côté. Il reste forcément des trucs dans la mémoire, les abeilles qui butinent, les bêtes avec leurs petits, les chemins, tous les machins simples qu'on faisait. C'est les petits riens sans importance qui font les vies superbes. les bonnes copines aussi, hein..." p. 296

Dans ce magnifique roman, Claudie Gallay fait vibrer nos coeurs et prouve qu'il existe une utilité à l'inutile, que l'art peut transcender la réalité et toucher à l'essence du monde...

"Le premier homme de la préhistoire qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l'état animal : il comprit l'utilité de l'inutile."

 

Présentation de l'éditeur : Actes sud

Du même auteur :  Les déferlantes  ♥ ♥ ♥ ; L'amour est une île  ♥ ; Une part du ciel  ♥ ♥ ♥ ♥ ; Dans l'or du temps ♥ ♥ ♥ ; Seule Venise ♥ ♥ ♥

D'autres avis : Nadège ; Leiloona

 

La beauté des jours, Claudie Gallay, Actes Sud, août 2017, 416 p., 22 euros

 

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