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Swan peak de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Pendant toute notre vie, la violence et le sang versé avaient été notre addiction et notre fléau. Nous avions dilapidé notre jeunesse au Vietnam et en avions rapporté un héritage d'amertume et de vinaigre dont nous parvenions pas à rincer nos rêves." p. 366

Ce que j'ai aimé :

Dave Robicheaux, son épouse Molly et leur Clete Purcel ont décidé de prendre le large après l'ouragan Katrina qui a détruit la Nouelle Orléans. Ils tentent de se ressourcer dans les paysages grandioses du Montana : "La campagne était magnifique, les falaises abruptes, les sommets des tertres couverts de pins jaunes, et les pentes de fleurs sauvages précoces. Sur le bord du ruisseau, les seules traces qu'il y eut dans le gravier moelleux étaient celles de cerfs et des élans. L'air sentait le bois, la fougère humide, la pierre froide, l'humus qui reste toujours à l'ombre et la vapeur irisée dérivant sur les rochers au mileu du courant. L'odeur d'un air qui n'avait jamais été pollué par les produits chimiques de l'ère industrielle. Il sentait comme sentait la terre, sans doute, le premier jour de la Création, pensa Clete." Mais un homme va émerger soudaineement dans ce paradis terrestre et ébranler l'ordre du jour : Ridley Wellstone. Ses hommes de main semblent en avoir après Clete, puis les meurtres qui secouent la région sonnent le glas de la tranquillité bucolique des deux amis. 

"Mais un meurtre aux airs d'exécution avait été commis à portée de vue du bungalow où Molly et moi habitions, et prétendre qu'un acte aussi  monstrueux n'avait aucun lien avec nos propres vies, attendre que les autorités, avec leurs moyens limités, assurent la sécurité de notre environnement, ça rappelle la conduite de quelqu'un qui se repose sur l'homme de la météo pour le protéger des astéroïdes." p. 92

Clete a alors rendez-vous avec un fantôme issu de son passé, Sally Dio, et Dave seconde le shérif du comté de Missoula. Ils se heurtent ainsi aux frères Wellstone, à Jamie Sue, chanteuse de talent, un musicien métis en fuite, un gardien de prison qui le suit à la trace,  un prêtre peu orthodoxe. Les démons de James Lee Burke ne manquent pas à l'appel : l'alcool comme anésthésiant, la violence incontrôlée, le passé trouble qui hante les nuits, le paradis définitivement perdu... Les hommes combattent leurs propres fantômes, si bien qu'à l'orée des chemins, ils ignorent encore quels chemins ils vont prendre : celui de la violence ou celui de la rédemption ? 

"Quel genre d'homme étais-je ? avait-il demandé. La réponse que je lui avais donnée était à la fois facile et cynique. Le fait est que, dans des moments pareils, je n'avais aucune idée de qui vivait dans mon corps." p. 419

Un roman profondément lyrique dans lequel sentiments et mort s'entremêlent pour enchanter le lecteur !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Payot et rivages 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La rose du cimarron   

La série de Dave Robicheaux dans l'ordre : 

La Pluie de néon,

Prisonniers du ciel,

Black Cherry Blues

Une saison pour la peur

Une tache sur l'éternité

Dans la brume électrique avec les morts confédérés

Dixie City

Le Brasier de l'ange

Cadillac Jukebox

Sunset Limited

Purple Cane Road

Jolie Blon's Bounce

Dernier tramway pour les Champs-Elysées

L'Emblème du croisé

 La descente de Pégase

La nuit la plus longue

Swan Peak

L'Arc-en-ciel de verre

Créole belle

D'autres avis :

Lecture commune avec Electra

Pourquoi Swan Peak est le meilleur des derniers James Lee Burke ? 

Télérama

 

Swan Peak, James Lee Burke, traduit de l'anglais par Christophe Mercier, Rivages noir, 2014, 555 p., 

Week-end

Publié le par Hélène

Quatre jours pour prendre le large ... 

Quoi de plus suave que la brise estivale ? 

Quoi de plus charmeur que le subtil ronronnement 

Qui se pose une seconde sur une fleur épanouie, 

Et bourdonne gaiement de bocage en bocage ? 

Quoi de plus paisible d'une rose musquée fleurissant 

Dans une île verdoyante complètement ignorée des hommes ?

John Keats 

Champagne de Monique PROULX

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Champagne et campagne, même combat. Mêmes bulles d'allégresse. Même mot, fondamentalement. Qui sait encore qu'au Moyen-Age tout ce qui n'était pas la ville, tout ce qui était territoire sauvage s'appelait la champagne ?" p. 207

Ce que j'ai aimé :

Au bord du lac de l'Oie dans les Laurentides se cotoient des amoureux de la nature venus se réfugier loin des contingences bruyantes et aliénantes de la ville. Lila Szach est la propriétaire de ce domaine qu'elle défend jalousement. D'autres écorchés de la vie sont venus se réfugier sur ces terres préservées : Claire qui écrit des scénarios, Simon et son kayak, Jérémie le neveu de Simon, Violette qui fuit l'horreur de sa vie. Autour d'eux rôdent les Clémont, prédateurs inquiétants.

En pleine nature, l'être humain a tendance à revenir à l'essentiel, à retrouver l'accord perdu avec ce qui l'entoure. Si Lila aime se rouler dans la mousse, Simon préfère se laisser porter par l'eau sur son kayak pour que ses soucis coulent dans les tréfonds du lac. Dans l'innocence de l'enfance, Jérémie quant à lui communique avec les exprits de la nature. La forêt devient à la fois lieu de guérison et d'émerveillement pour ces êtres déracinés, perdus dans un monde trop grand pour eux. 

"C'était l'été, comment avait-elle osé douter de l'été ? c'était l'été dans son infinie luxuriance, trente degrés à l'ombre et le soleil au zénith, c'était l'aboutissement grandiose de toutes les explosions commandées par le jeune roi été, et elle Lila Szach, mortelle si incomplète, on lui permettait de se rouler dans la jeunesse parfaite de l'été aux côtés des grives solitaires, des frédérics mélodieux, des rudbeckias, des marguerites foisonnantes, de la sève ruisselant aux doigts des épinettes, des petits chevreuils sur leurs pattes de deux mois, des vanesses amiral aux robes de satin noir et blanc, des maringouins à la musique aigrelette et des chanterelles recommencées, des sublimes chanterelles..." p. 180

Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Laurentides/Panorama

La nature qui entoure les êtres est aussi source d'apprentissage, ils retrouvent leur statut animal, avec ses pulsions, ses heurts, la paix intérieure ne s'offrant pas si facilement.  Mais ils prennent aussi conscience de la beauté du monde à préserver, à observer dans un amour inconditionnel pour l'infiniment petit.

"Elle se voyait affalée sur elle-même à dorloter sa noirceur et à en redemander et ça lui faisait soudain horreur. Quitte ça, quitte ça. Elle sortait de sa tête à grands coups de respiration et elle recommençait à voir et à entendre, les fougères, les monotropes et les pyroles, et tout ce temps la cigale qui n'avait pas cessé de l'interpeller ni les frédérics et les troglodytes de s'épuiser en récital, et elle se redressait vite au risque de s'occasionner des étourdissements - quel sacrilège d'ignorer les vrais spectacles réjouissants pour s'en inventer des douloureux, quel sacrilège et quelle sottise." p. 173

Cette nature millénaire leur apprend la vie qui passe et ne revient pas, comme les saisons, la mort qui les guette au détour d'un chemin, les épreuves de la vie, faites de hasards et d'aléas... 

Lila est comme la grande prêtresse des lieux, sauvage et humaine à la fois. Elle enseigne au petit Jérémie la sagesse , en transformant par exemple son "Faites que le mois d'août n'arrive jamais." en "Faites que je traverse le mois d'août sans encombre." "Tout était dit dans cette formule en apparence anodine. Ne crois jamais que les obstacles - en l'occurence le mois d'août- vont se dissiper par miracle. Ne crois jamais que tu ne pourras pas les affronter." p. 175

Un récit magnifique aux confins du monde qui nous enjoint à ne pas perdre notre capacité d'émerveillement !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien, je suis sous le charme !

Présentation de l'éditeur :

Editions Boréal 

Vous aimerez aussi :

Un été prodigue de Barbara Kingsolver

D'autres avis :

Karine:) VeniseBiblioblogTopinambulleSuzanne et Malice

 

Champagne, Monique Proulx, Boréal, 2008, 21 euros

En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth OZEKI

Publié le par Hélène

 

 

 

♥ ♥

"Dans une fraction de seconde nous est donnée l'opportunité de choisir et d'orienter notre ligne de conduite vers la vérité ou de l'en détourner. Chaque instant est absolument crucial pour le monde entier." p. 466

Ce que j'ai aimé :

Ruth vit au bout du monde, sur une île canadienne coupée du continent. Elle tente d'avancer dans l'écriture de son roman, quand elle trouve sur la plage le journal intime d'une jeune japonaise. Comment a-t-il échoué jusqu'à elle ? Hasard ou destinée, Ruth l'ignore, mais rapidement elle se plonge dans la lecture du journal et  la jeune Nao ne quitte plus son esprit. 

Les pages du journal dessinent le destin tourmenté de la jeune adolescente, victime de harcélement à l'école, perdu à la maison entre un père suicidaire et une mère absente, ayant comme seule amie sa grand-mère, une nonne zen féministe. Pages après pages, l'angoisse étreint Ruth qui craint que Nao ne soit en danger. Mais plus elle effectue des recherches sur elle, plus la jeune femme semble se dérober. 

Ruth pourra-t-elle influer sur le destin de la jeune fille ? L'écrivain a-t-il le pouvoir de sauver et de réécrire l'histoire de personnes réelles ? Ruth brise peu à peu les barrières du temps et de l'espace pour approcher la jeune Nao.

Ce récit fluide est un puits d'érudition, abordant des sujets très variés comme le bouddhisme, le harcèlement scolaire, le suicide, ou encore la philosophie et le chat de Schrödinger, l'écologie... Méditation sur le temps, l'identité, il encourage à une nouvelle approche du monde qui nous entoure. 

"Elle dit que l'anonymat est ce qui fait maintenant la célébrité. Que la nouvelle attitude en vogue consiste à faire en sorte que personne n'obtienne de résultat en tapant votre nom sur Google. Que cette absence de résultat montre combien vous êtes méconnu, et que là réside la vraie liberté." p. 548

Le lecteur, porté par la fluidité du récit oscille entre imaginaire et réalité dans un univers foisonnant et fascinant.

Ce que j'ai moins aimé :

Malgré tout, des longueurs ralentissent le récit. De plus, la pauvre Nao accumule tellement de situations extrêmes que cela en devient peu crédible. Pour finir, le dénouement confus manque lui aussi de véracité,  comme s'i l fallait terminer sur une note positive. 

Présentation de l'éditeur :

Belfond 

10-18 

D'autres avis :

Presse 

Séverine ; LaureMeelly 

 

 

En même temps, toute la terre et tout le ciel, Ruth OZEKI, traduit de l'anglais (EU) par Sarah Tardy, 10-18, 2013, 9.10 euros

Allmen et les libellules de Martin SUTER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Allmen a connu la fortune, le luxe et même s'il croule aujourd'hui sous les dettes et est poursuivi par ses créanciers, il ne peut s'empêcher de conserver le même standing, refusant de montrer que les temps héroïques sont révolus pour lui. Comme sa situation devient de plus en plus périlleuse, la nécessité de trouver une solution durable devient vitale pour lui. Aussi, quand il rencontre Joëlle, fille d'un riche banquier collectionneur, accroc aux somnifères et souvent seule dans sa grande villa, voit-il là un signe du destin. Quand il se retrouve par hasard nez à nez avec des pièces de collection, des coupes signées Gallé, alors que la jeune femme ronfle du sommeil des bienheureux, sa décision s'affine prodigieusement... Et voilà notre Allmen déshérité transformé en gentleman cambrioleur. Mais c'est après le vol somme toute facile que tout se complique...

Source : http://www.nancy-guide.net/

Le roman possède le charme des Arsène Lupin avec un personnage outrageusement dépensier, et prêt à tout pour continuer à brasser cet argent qui file si rapidement... Le personnage a ici plus d'importance que l'intrigue, tout comme les personnages secondaires tels que Carlos, homme à tout faire tout dévoué à Allmen. 

Allmen et les libellules est le premier opus d'une série mettant en scène Allmen et son acolyte, suivront Allmen et le diamant rose et Allmen et les dahlias

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas l'impression que ce roman me laissera une impression durable. La lecture est plaisante mais pas inoubliable...

Présentation de l'éditeur :

Christian Bourgois  ; Points 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Allmen et le diamant rose ;  Allmen et les dahlias

D'autres avis :

LireLe Monde

Papillon Miss Alfie 

 

Allmen et les libellules, Martin Suter, traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, mai 2012, 168 p., 5.7 euros

Photo du mois - Flou

Publié le par Hélène

Le thème choisi par  Lyonelk : «Le flou et la vie».

Voici l'explication de son choix :

Dès son invention, la photographie est associée à la netteté absolue qui devient sa caractéristique fondamentale. Elle s’oppose en cela à la toile picturale qui, par son contact direct avec la main et le pinceau de l’artiste, ne peut aspirer à une précision aussi franche. À l’inverse, la définition de la photographie se fonde sur un présupposé de netteté parfaite. Son importance est telle que de nombreux critiques d’Art estiment que la photographie change radicalement les normes de la représentation du réel, instaurant comme principe de base une exactitude irréprochable, à laquelle les œuvres seront comparées. Il s’agissait donc, dès les débuts de la photographie, de définir la technique photographique comme un nouveau standard de la “véritable” exactitude».

Mais

« Il y a cependant une sorte de philosophie derrière cette “tendance”. Derrière le “flou”, il y a l’intuition d’une mise au point impossible sur le réel, l’impossibilité de rendre compte du monde dans sa fluidité, son éphémérité, son inexactitude et donc d’en être témoin et d’en porter témoignage. C’est le parti pris d’en saisir le mouvement, le mode d’apparition, dans une sorte d’anamorphose et d’improvisation. » De Jean Baudrillard (Sociologue et philosophe français, 1929-2007)
Source :
http://blog.fnac.ch/…/la-notion-de-flou-en-photographie-un…/

Sur le flou en photographie :
- le flou artistique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Flou_artistique

- Le bokeh (se prononce comme « beau-quai ») désigne un flou artistique d'arrière-plan permettant de détacher le sujet de son environnement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bokeh

- Le terme flou cinétique désigne le flou visible sur une photographie dû à un mouvement du sujet photographié et non à l'instabilité de l'appareil : http://fr.wikipedia.org/wiki/Flou_cinétique

 

Mon choix s'est portée sur cette photo des moutons de pré-salé, prise dans la baie du Mont Saint Michel le mois dernier :

Photo du mois - Flou

Monologues de la boue de Colette MAZABRARD

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Humilité ? Devenir humus." 

Mon avis :

Une femme part sur les chemins, de Boulogne-sur-Mer à la Belgique, du nord de la France au Jura, des Ardennes à la Suisse, puis plein ouest, vers une fin de terre, au-delà de Saint-Jacques de Compostelle. Elle marche, seule, plus attentive à ses pas, à ses rencontres, au présent qu'à un but prédeterminé. 

"Pour toi, non, l'essentiel n'est pas d'arriver à Compostelle, mais de t'oublier et de te remplir de chemin, de transformer le temps devant toi en chemin, de te faire traverser par le chemin, le paysage, les visages, les lumières, les paroles du chemin. Pour toi le but est de faire chemin, d'être en chemin, d'être chemin." p. 78

Peut-être est-elle à la recherche d'elle-même dans sa volonté de se fondre dans le paysage, dans une double quête d'oubli de soi et d'accord avec son être profond. 

"Reviennent des images du chemin qui, déjà, te manque : une pie guide son enfant, les eucalyptus sentent fort. Une femme s'assoit dans le petit kiosque duduel tu observes les clochers de la ville et te salue. Il va pleuvoir sur Santiago? Les arbres pèlent, les arbres penchent, les pas dictent les phrases. Tu courbes le temps de ta vie à l'espace de tes pas. Le temps de ta vie épouse le chemin." 

Le projet initial de l'auteur était d'écrire un texte qui accompagnerait des photos. Puis au fil de l'écriture, il est apparu que le texte pouvait se suffire à lui-même et l'intention a changé. De fait, ce changement se ressent : plus travaillée, plus littéraire, la deuxième partie se suffit davantage à elle-même que la première partie destinée à l'origine à être mise en regard des photographies. Le début de ses pas est assez banal, au rythme des marches, des nuits, des rencontres avec les villageois, des personnes qui hantent les bars... Du déjà lu que les photographies auraient sans doute densifié. 

La deuxième partie résonne de façon plus personnelle, plus intime.

"Travailler, oui, mais travailler à ce que nous estimons beau et juste, en dépit de la naïveté, en dépit de l'enfance, en dépit du regard des autres ou de l'autre en nous.

Ne pas écraser les fourmis. Fourmi, hormiga." p. 70

Un avis en demi-teinte donc pour ce récit que j'aurais aimé voir illustré de photographies...

Présentation de l'éditeur :

Editions Verdier 

Vous aimerez aussi :

sur compostelle :

D'autres avis :

Clara ; Aifelle ; Cathulu

Télérama 

 

Monologues de la boue, Colette Mazabrard, Verdier, 96 p., 13 euros

 

Merci à l'éditeur. 

La belle amour humaine de Lyonel TROUILLOT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"La vie n'est jamais rien qu'un ouvrage collectif." 

Ce que j'ai aimé :

Dans un taxi, la jeune Anaïse se dirige vers un village côtier d'haItien, Anse-à-Fôleur sur les traces de son père qu'elle a à peine connu. Elle cherche aussi à comprendre certaines pages opaques de son histoire familiale liées à son grand-père, Robert Montès qui a péri dans l'incendie de sa villa. Pour l'accompagner dans son voyage, Thomas, lui-même issu du petit village. Thomas qui va monologuer pendant ce voyage pour présenter à Anaïse ce qu'elle doit savoir, ou ne pas savoir du passé du village, de son pays... 

S'il commence par critiquer de la condescendance des pays riches, l'arrogance des riches touristes et des profiteurs en tous genres, il va amener la jeune femme à s'interroger plus largement sur le sens de la vie, sur sa présence au monde. A travers son monologue, il demande une écoute, un partage. Comment  en effet vivre ensemble, quel sens donner à sa présence au monde sinon celui de la solidarité, de l'amour du prochain ?

"Laissez les choses à leur mystère. Maintenant que je ne vois plus, je ne trouve pas meilleur usage de ma présence au monde que de regarder par le fenêtre. Oui, deux hommes sont morts, deux maisons ont brûlé. Mas est-ce là le plus important ! Un jour, vous aussi vous mourrez. Quand viendra l'heure, posez-vous la question qui compte : "Ai-je fait un bel usage de ma présence au monde ?" Si la réponse est non,  ce sera trop tard, pour vous plaindre comme pour changer. Alors n'attendez pas. Les circonstances de la mort n'offrent pas de clé pour commprendre. La mort demeure pour le vivant la plus banale des occurences, la seule qui soit inévitable. La mort ne nos appartient pas, puisqu'elle nous précède. Mais la vie..." p. 25

"Mais je pense que le problème avec les causes et les motivations, ce n'est pas de n'en avoir adopté aucune quand on avait vingt ans, c'est de les perdre à quarante." p. 140

Lyonel trouillot fait preuve ici d'un art du conteur alliant lyrisme et puissance de l'écriture. A la question de l'utilité de sa présence au monde, il alui-même répondu : "Essayer d'être utile, un peu. J'aime cette idée de l'individu devenant un "aide-bonheur" pour les autres, à charge de réciprocité." (source : Mandor)

Ce que j'ai moins aimé :

- Le style est quelque peu déroutant au début puisqu'il s'agit d'un long monologue, mais une fois entré en ces pages, on ne peut qu'être envoûté...

Présentation de l'éditeur :

Actes Sud 

Vous aimerez aussi :

Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain

D'autres avis :

Babélio

 

La belle amour humaine, Lyonel Trouillot, Actes Sud, 2011, 169 p., 17 euros

 

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