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Le dévouement du suspect X de Keigo HIGASHINO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Qu'est ce qui est le plus difficile : élaborer un problème que personne ne peut résoudre, ou résoudre ce problème ?" p. 135

Ishigami, professeur de mathématiques est secrètement amoureux de sa belle voisine célibataire Yasuko. Timide, il se contente de la croiser jusqu'au jour où il va jouer un rôle déterminant dans la vie de cette jeune femme et de sa fille. l'ex-mari de Yasuko retrouve en effet sa trace et se fait un peu trop pressant, obligeant Yasuko à se montrer violente pour protéger sa fille. Ishigami vole alors à son secours en élaborant un plan minutieux pour qu'elle ne soit pas accusée. Le policier Kusanagi est chargé de l'enquête et demande de l'aide au physicien Yukawa qui l'éclaire de sa logique mathématique. Or Yugawa est un ancien ami de Ishigami avec qui il reprend alors contact...

Un duel entre deux pontes en mathématiques se jouera par la suite, telle une partie d'échecs à la logique déconcertante. 

Là réside toute l'originalité de ce roman, construit autour des raisonnements mathématiques d'Ishigami, d'une précision diabolique dans ses plans, face à ceux de Yukawa tout aussi clairvoyants !

"Savoir s'il est fondamentalement plus difficile de chercher la solution d'un problème que de vérifier sa solution." p. 97

Subtil et efficace ce roman policier a été primé à juste titre en 2005 au Japon. 

 

Présentation chez Actes Sud

Alex Keisha  Phili  ; Miss Léo  en parlent aussi.

 

 

Merci à Phili pour le prêt !

 

 

L'épuisement de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Lire pour se cultiver, c'est l'horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d'un nouvel élan, c'est la merveille." p. 66

En peu de mots, Christian Bobin offre l'essentiel : à partir d'une réflexion sur l'écriture, il nous livre la poésie du monde, nous fait prendre conscience du pouvoir des mots, nous emmène sur les ailes de l'espoir, du bonheur, du partage. 

Tout à coup, le sens de la lecture s'éclaire, la vie s'éclaircit :

"Je crois que c'est ça, un artiste. Je crois que c'est quelqu'un qui a son corps ici et son âme là-bas, et qui chercher à remplir l'espace entre les deux en y jetant de la peinture, de l'encre ou même du silence." p. 30

"L'écriture, par le rythme d'une voix, le mouvement d'une phrase, calme la conscience ordinaire, et réveille une conscience du dessous, plus fine, à vif : l'écrivain est à la fois anésthésiste et chirurgien. Il endort l'âme avant de l'ouvrir." p. 55

Il apprend à aimer les autres, à aimer le monde, à s'aimer soi pour accueillir, ensuite, dignement, les autres et le monde. 

"J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protextion contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde." p. 26

@folio

Etre solitaire, il peuple pourtant ses jours et ses phrases de rencontres confondantes : il convie des auteurs comme Maeterlink quand il parle de la substance des conversations ordinaires, Camus et son "étranger", des musiciens comme Glenn Gould qui lui apprend que "ce qui contrarie notre vie ne fait à terme que la fortifier", Jacques Tati et certaines scènes de "Mon oncle", des enfants qui dans leur innocence nous donne quelquefois des leçons de vie, une phrase d'André Dhôtel...

"La vie n'est pas une plaisanterie

Tu la prendras au sérieux,

Comme le fait l'écureuil, par exemple,

Sans rien attendre du dehors et d'au-delà,

Tu n'auras rien d'autre à faire que de vivre." Nazim Hikmet

Un texte essentiel d'une poésie et d'une beauté rare. 

 

Antigone est aussi sous le charme 

Edité chez Folio  

Il s'agit d'une réédition d'un texte datant de 1994. 

Mois anglais #Bilan

Publié le par Hélène

J'ai donc participé pour la première fois au mois anglais organisé par  CryssildaTitine et Lou, qui consistait comme son nom l'indique à éditer des billets sur des livres, films, musique, recettes de cuisine, récits de voyages britishs. 

 

J'ai donc découvert avec grand plaisir Thomas Hardy avec Les forestiers et Loin de la foule déchaînée .

Pour continuer dans les classiques je me suis intéressée à la dernière des soeurs Brontë que je n'avais pas lu : Agnès Grey de Anne Brontë. Je garde ma préférence pour Charlotte et son Jane Eyre... 

J'ai relu avec plaisir Daphné Du Maurier avec Mary Ann, mais là encore ce ne fut pas mon préféré de l'auteur, je garde un meilleur souvenir de Rebecca et L'auberge de la Jamaïque

Côté policier j'ai lu Lignes de fuite de John Harvey, j'avais largement préféré De chair et de sang Je n'ai guère été enthousiasmée par Un assassinat de qualité de Ann Granger et je suis revenue enfin avec plaisir aux valeurs sûres comme Le visage de l'ennemi de Elizabeth Georges.

 

Pour finir deux coups de coeur se sont démarqués :

Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons et L'été solitaire de Elizabeth Von Arnim

 

Voici le lien vers les autres billets du mois : chez Cryssilda 

 

Un grand merci aux organisatrices.

Loin de la foule déchaînée de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Les femmes ne cessent de déplorer l'inconstance du sexe fort ; mais elles semblent se rire de sa fidélité." 

Gabriel Oak est un jeune paysan du Wessex, propriétaire d'une bergerie. Au détour d'un chemin, il rencontre la vaniteuse Bathseba Everdene, venue s'installer dans la région avec sa tante. S'il tombe rapidement sous le charme de la belle, celle-ci n'est guère réceptive aux avances du jeune berger. Elle est courtisée par William Boldwood, prospère exploitant et par le sergent Francis Troy. Par la suite, Gabriel et Bathseba sont amenés à travailler ensemble, dans la ferme de la jeune femme. Décidera-t-elle de se marier avec l'un d'eux ?

Le destin se joue des personnages qui le prennent alors à bras le corps pour rectifier la trajectoire de leur vie. Ainsi Bathseba tente de trouver sa place dans un monde masculin. Personnage duel, femme indépendante qui ne souhaite pas se marier, elle fait preuve d'une force rare à l'époque mais est également vaniteuse, soumise aux emportements de ses nerfs et de ses sentiments. Elle se veut indépendante mais aime savoir qu'elle est aimée et admirée, ce qui retournera certains coeurs sensibles...

 

Les habitants de cette contrée, incarnation de la campagne anglaise, vivent au rythme des saisons, de l'élevage, du labourage, et leur acharnement au travail est bien souvent exemplaire. Pour Gabriel l'amour n'est pas un but en soi, il accepte de rester dans l'ombre de sa condition pour veiller sur la femme de son coeur. Sa simplicité et son dévouement le rapproche des héros emblématiques de Thomas Hardy, dont la discrétion est signe de dignité et de fidélité.   

Si le barrage des classes sociales joue un rôle prépondérant dans l'intrigue, il se perd au détriment des intrigues amoureuses, et la réflexion était, me semble-t-il, plus aboutie à ce sujet dans Les forestiers

Loin de la foule déchaînée est un beau roman d'amour, sans doute incontournable, mais qui ne sera pas un coup de coeur pour moi.

 

Un conseil : ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop ! Et je ne vous parle pas du communiqué de presse qui m'a gâché ma lecture !

Présentation ici  mais attention il présente l'argumentaire de presse en question.

 

D'autres avisDominiquePapillonMior ;  Dasola pour  le film 

 

Loin de la foule déchaînée, Thomas Hardy, traduit de l'anglais par Mathilde Zeys, postface de Thomas Vinterberg, Archi poche, mars 2015, 480 p., 7.65 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

 

La colline des potences de Dorothy M. JOHNSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Adieu Aventure ! Tu es une amante volage." 

Le grand Ouest américain au XIXème siècle. Ses paysages à couper le souffle, ses hommes affluant dans l'espoir de trouver le filon qui les enrichira, ses brigands prêts à voler au premier venu son butin, ses indiens chevauchant dans les plaines. Ses westerns inoubliables. 

Dans un style taillé au cordeau, Dorothy M. Johnson explore ces contrées hantées par les prospecteurs et les indiens. Mais au-delà du simple conflit entre cow-boys et indiens, elle nous convie surtout aux confins de l'âme humaine. Derrière le western se tapit en effet tout un réseau de questionnements profondément humains, provoquant le lecteur pour le mener vers davantage de lumière et l'amener à, peut-être, comprendre et accepter sa destinée.

Une soeur disparue racontant le retour de Bessie dans sa famille après avoir vécu plusieurs années chez les Indiens permet de s'interroger sur ce qui forge notre identité : est-ce notre naissance, de l'inné, ou est-ce l'éducation, l'acquis ? Comment devenons-nous ce que nous sommes ? N'est-ce que le hasard qui décide pour nous ? Le destin est au coeur de ce Montana mythique : le cow boy de Au réveil, j'étais un hors-la-loi a rejoint par hasard des bandits délinquants mais John Rossum dans L'homme qui connaissait le Buckskin Kid manque son rendez-vous avec une légende de l'ouest Buckskin Kid, sauvé par une femme. Dans L'histoire de Charley comme dans les autres nouvelles, les destinées humaines se séparent, se retrouvent au hasard de la vie, des trajectoires se manquent quand d'autres s'unissent. Dans un tel flou, il importe de mettre en avant la morale, ce qui fait de nous des êtres humains. 

Les relations complexes tissées entre les êtres se densifient encore davantage quand l'amour s'en mêle. Amour et dignité ne font pas bon ménage et certains s'interdisent d'aimer parce qu'ils ne se sentent pas digne de l'être, comme Caleb dans Un présent sur la piste qui aurait aimé être un héros aux yeux de la belle Fortune, et va pourtant comprendre que l'héroïsme a différentes acceptions. Comme Wolfer Joe Kennedy dans Une dernière fanfaronnade qui se souvient au moment de sa mort se souvient avoir fait une seule chose de bien dans sa vie : avoir trahie une femme. Pour son bien. Parce qu'un prospecteur suit l'or pas les femmes, parce qu'un prospecteur a peur du temps qui passe et de l'amour qui s'étiole. Parce qu'un prospecteur est un homme. Ou encore comme Steve, l'homme amoureux d'Une squaw traditionnelle.  Dans Journal d'aventure, le chercheur d'or Edward Morgan contracte une dette envers une jeune indienne, et par dignité, il l'honorera même s'il doit là encore sacrifier son amour. 

La colline des potences est évidemment la nouvelle du recueil la plus aboutie, regroupant l'ensemble de ces pistes pour mener le western à son sommet.  La relation entre la fière Elizabeth et Joe Frail dans l'atmosphère inquiétante du campement de Skumm Creek vibre de sincérité et de profondeur. Frail est hanté par la potence qui semble le guetter, par sa mort qu'il croit reconnaître dans les yeux de ceux qu'il croise, seule une femme, Elizabeth, pourra peut-être le sauver de ses démons et le pousser à accepter la vie et l'amour. 

Un magnifique recueil qui nous rappelle combien le western est un genre essentiel !

 

Présentation chez Gallmeister

 

La colline des potences, Dorothy M. Johnson, traduit de l'américain par Lili Sztajn, Gallmeister, juin 2015, Totem, 301 p., 10.00 euros

 

Adapté au cinéma par Delmer Daves en 1959 :

Un assassinat de qualité de Ann GRANGER

Publié le par Hélène

♥ ♥

"C'est pas d'être dans la rue qui est dangereux. c'est d'être une femme, un point c'est tout." 

Londres 1867. Le brouillard rôde dans les rues de la capitale, enveloppant les êtres dans une opacité inquiétante. En rentrant chez lui, l'inspecteur Ben Ross croise une jeune femme qui affirme avoir rencontré un spectre qui aurait cherché à l'étrangler. Elucubrations ou réalité ? Quand le lendemain l'inspecteur apprend qu'une jeune femme a été assassinée dans Green Park, il s'intéresse de près à ce drôle de fantôme. Il s'intéresse alors à cette belle assassinée, Allegra Benedict, riche épouse italienne d'un marchand d'art. Son épouse Lizzie se penche également sur la vie privée de la jeune femme et découvre quelques zones d'ombre...

L'atmosphère londonienne entre brouillard et éclaircies convient tout à fait à cette enquête centrée sur la vie claire-obscure d'Allegra. En filigrane s'esquissent des réflexions plus modernes sur le statut des femmes et leurs rapports aux hommes ou encore sur l'embrigadement des sectes religieuses. Ce décalage entre l'époque victorienne et ces problématiques plus contemporaines est assez troublant. De plus, la psychologie des personnages reste assez sommaire si bien qu'en résumé croman assez classique ne me laissera pas une impression durable. 

Il s'agit du troisième tome de la série consacrée aux enquêtes de Ben et Lizzie, après Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un pêché mortel. 

Présentation de l'éditeur 10/18

 

Merci à l'éditeur.

 

Lu dans le cadre de ma participation au mois anglais

5 ans de blog !

Publié le par Hélène

D'habitude je ne fais pas de billet pour mes anniversaires de blog, mais là, quand même, 5 ans, mon jeune blog réclamait une fête avec ballons et flonflons, plein de copains et copines pour danser et hurler "libérée, délivrée", et un gros gâteau au chocolat bien bourratif en forme de château de princesse. 5 ans quoi ! Dans ma grande bonté maternelle, j'ai cédé.

@lecturissime

@lecturissime

Comme j'ai loosé sur la forme de princesse du gâteau, je me suis rattrapée en organisant un petit feu d'artifice privé :

 

@lecturissime

@lecturissime

Et la chanson réclamez-vous à corps et à cris ? Allez, c'est cadeau : 

5 ans c'est aussi l'occasion de faire le point, notamment sur les orientations du blog.

Mon premier billet était sur "La patience des buffles sous la pluie" un livre peu connu de David Thomas pour lequel j'ai eu un réel coup de coeur lors de ma participation au jury du prix orange du livre. Et ce billet résumait bien ce que j'attendais de ce blog : faire connaître des artistes moins connus, partager des coups de coeur, échanger. En clin d'oeil, je publie aujourd'hui mon billet sur le dernier roman de David Thomas Hortensias.

Pendant un temps néanmoins, j'ai écouté l'appel des sirènes des services de presse en acceptant un peu tout et n'importe quoi, par euphorie sans doute. Puis je me suis rendue compte que de fait mon blog ne ressemblait plus à ce que j'avais envie d'en faire, je l'avais mal éduqué et il glissait sur la mauvaise pente ! Je retourne maintenant davantage vers mes goûts premiers : le nature writing, les romans chantant le bonheur du quotidien, les étrangers qui ouvrent l'esprit et nous font voyager. Récemment j'ai lu un billet de Sabine dans lequel elle aborde la question de la rentrée littéraire et elle résume bien la vision que j'ai de la raison d'être de mon blog :  http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2015/06/09/32191663.html

Je ne vais pas vous étourdir de chiffres, parce que comme mon bébé blog je ne sais compter que jusqu'à 10, mais je note tout de même que ce mois-ci j'ai aussi publié mon 1000 ème article !

Tous les blogueurs me rejoindront sur ce point je pense, l'intérêt premier de s'exprimer en ces pages est de pouvoir partager, vibrer avec d'autres, faire partie d'une communauté qui vous comprend et ne vous demande pas :  "Mais pourquoi tu as autant de livres chez toi ? Ca t'encombre non ? Tu les as tous lus ? Quoi ? 200 que tu n'as pas lus ? Mais pourquoi tu continues d'acheter autant alors ? Et comment tu trouves le temps de lire autant ? A quoi ça sert ?" Effectivement la lecture a un aspect égocentrique, on se retrouve isolé le temps de tourner les pages, mais ensuite, ensuite, on passe le flambeau, et l'alchimie se fait.

Puisque mon bébé blog souhaite convier copains et copines, je résumerais ce blogo-anniversaire en disant  simplement :  merci d'être là...

Hortensias de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les souvenirs ne sont pas faits pour être justes et vrais, ils sont faits pour être ces terriers dans lesquels on s'engouffre pour souffler un peu du présent."

Mon avis :

La patience des buffles sous la pluie  fut le premier titre dont j'ai parlé sur ce blog en 2010. Parce qu'il m'avait touché, parce que j'avais trouvé ses pages très justes, parce que j'avais ri, parce que j'avais été émue, parce que l'auteur était discret, parce que l'éditeur n'était pas connu... Je ne pouvais donc que revenir vers mes premières amours 5 ans après -parce que, oui, je l'affirme, je suis une femme fidèle- ! Et c'est avec un immense plaisir que j'ai retrouvé le discret David Thomas, toujours un peu dépressif, mais toujours drôle, décalé et intelligent. Cette alliance subtile entre le désespoir et la lucidité donnerait presque envie d'entamer une petite dépression tellement la lumière finit par jaillir des heures sombres, plus pure que jamais.

Il met en scène Gabriel Vialle, cinquante ans qui apprend la mort de sa mère et décide simultanément de mettre fin à une relation passionnelle aliénante. Pour ce faire, il choisit une méthode radicale visant à la fois à faire son deuil et à éviter la furie nommée Irène qui le poursuit : il s'enferme chez lui et se plonge dans ses souvenirs et son passé aux Baléares, à Formentera : "Je ne suis pas en vacances, je suis en ermitage, je suis avec mon père et ma mère, avec mes racines."

Il convie à ses côtés les êtres qu'il a aimés pour les faire revivre le temps de son exil, pour leur dire aussi un dernier adieu, mais aussi pour mieux comprendre ses propres failles, ses errances, ses folies :

"Quand on a connu ses premières années heureuses, l'enfance est un boulet rose que l'on traîne en chantant pour se convaincre que la vie n'est pas si noire." p. 19

Le passé ne s'efface pas d'un coup de crayon, il est profondément ancré en l'être humain, et Gabriel demeure un petit garçon perdu qui hurle dans un coin de sa tête d'homme mûr et adulte. Tétanisé par l'abandon de sa mère, il oscille entre l'envie d'enfouir ces années au plus profond de son esprit, mais reste assez lucide pour savoir que là n'est pas la solution.

"Voilà, au fond, c'était simple, si simple, il suffisait de décider et de ne plus réfléchir. Faire des gestes, s'en tenir aux gestes. Et si des questions angoissantes parvenaient à se glisser dans les interstices du cerveau, ne pas y répondre, faire le geste comme on empoigne une cavité sur la paroi et se hisser un peu plus haut. Penser, c'était glisser." p. 182

Il décide finalement de quitter sa chambre et de se rendre dans le village de son enfance, pour marcher sur les traces de l'enfant qu'il fut. 

"Non, ça n'allait pas me manquer, ce qui manque, c'est ce qu'on a perdu, mais moi je n'avais rien perdu, au contraire, j'avais tout récupéré. Je n'avais pas perdu mon père, ma mère, la maison, Anita, les gamins, les plages, les rochers, les hippies, Barcelone, Irène... J'étais rempli de toutes ces choses-là, composé de tout ce que j'avais vécu. rien n'est perdu quand on se souvient." p. 227

Alliant profondeur et humour, ce petit bijou d'autodérision est parfait pour fêter dignement ces 5 années de blog ! A lire !

Présentation de l'éditeur :

Stock 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La patience des buffles sous la pluie  ; Un silence de clairière Je n’ai pas fini de regarder le monde  ; On ne va pas se raconter d'histoires

D'autres avis :

 

Hortensias, David Thomas, Stock, avril 2015, 232 p., 18.50 euros

 

Merci à l'éditeur

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