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Show devant de Lily BRETT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Une belle surprise pour ce roman décalé.

Ruth, new-yorkaise, dirige une entreprise atypique de cartes de correspondance. Son père l'aide occasionnellement et maladroitement en réapprovisionnant ses stocks en objets inutiles et futiles. Mais du jour au lendemain Edek ne vient plus au bureau et fait des mystères à sa fille. Cela aurait-il un lien avec les deux polonaises qu'il a décidé d'accueillir chez lui ?

Show devant aborde avec intelligence un sujet peu usité : la passion amoureuse après 80 ans. Edek est touchant, toujours de bonne humeur, optimiste quoi qu'il arrive, restant persuadé que les êtres autour de lui ne lui veulent que du bien et que ses projets aboutiront, aussi farfelus soient-ils. Ruth est une femme bien plus angoissée, new-yorkaise dans l'âme, elle incarne la femme active, méfiante mais aussi attachante dans sa froideur. Au contact de Edek et de ses amies extravagantes, elle s'ouvre peu à peu à l'inconnu et à la folie. Elle accepte l'imprévu et lâche prise devant l'entrain de cette drôle de bande aux projets extravagants.

Les recettes finales proposées constituent l'ultime bonne surprise de ce roman revigorant.

 

Présentation de l'éditeur : 10-18

D'autres avis : Conseillé par Des pages et des îles ; Libération

 

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A perdre haleine de Aga LESIEWICZ

Publié le par Hélène

Anna Wright vient de rompre avec son petit ami, et elle semble décidée à passer un temps seule. En faisant son jogging dans le parc de Hampstead Heath, elle ressent une attirance irrépressible pour un bel inconnu et n'hésite pas à lui faire comprendre son désir brûlant. S'ensuivent quelques rencontres passionnées ponctuées d'ébats dans les fourrés. Mais bientôt la rumeur enfle : un violeur sévit dans le parc, s'attaquant aux joggeuses solitaires. S'agirait-il du même homme ?

D'une efficacité redoutable, ce roman se plaît à nous tenir en haleine -d'où le titre-, en semant le parcours de Anna de rencontres masculines qui pourraient toutes être louches. On connaît si peu les personnes que l'on croise... Qui est ce mystérieux violeur ?

Ce que j'ai moins aimé : Les passages durant lesquels Anna gère la restructuration de la société de production dans laquelle elle travaille, sonnent faux, comme des prétextes pour combler le temps et l'intrigue entre deux joggings dans le parc...

La psychologie reste sommaire, le style est basique, mais l'efficacité est là.

 

Présentation de l'éditeur : Belfond

 

A perdre haleine, Aga Lesiewicz, traduit de l'anglais par Claire-Marie Clévy, Belfond noir, 2017, 376 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

Publié dans Roman policier Europe

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Sélection lectures de l'été

Publié le par Hélène

Voici quelques idées pour égayer votre été

 

Tout d'abord, c'est le moment où jamais d'investir dans une liseuse, personnellement j'ai choisi la Kobo et j'en suis très satisfaite !

 

Mes meilleurs souvenirs :

Quand j'avais 20 ans j'ai passé un merveilleux été à lire toute La Recherche de Proust, j'en garde un souvenir touchant.

Un autre été j'ai lu tous les Agatha Christie.

Et l'été dernier je me suis plongée avec délices dans Le comte de Monte Cristo

 

Sinon, je vous conseille :

 

Des sagas qu'on ne peut pas lâcher :

Vilhelm Moberg La saga des émigrants

Charles Lewinsky Melnitz

Fletcher Un bûcher sous la neige 

Larry McMurtry Lonesome dove

Dupont La fiancée américaine 

Karitas de Kristin Marja Baldursdottir 

 

Des récits pour illuminer votre été :

Gaudé Le soleil Scorta

Giono Que ma joie demeure

Carole Martinez Coeur cousu

Pascal Quignard Des solidarités mystérieuses

Audur Ava Olafsdottir Rosa candida 

A noter que vient de sortir en poche l'excellent En attendant Bojangles

 

Des policiers prenants  :

Niel Ce qui reste en forêt

Stone Tonton clarinette

Tapply Casco bay

 

Et quelques idées de voyage -ou de repos ...- :

L'été solitaire d'Elisabeth Von Arnim 

Voyage vers le nord de Karel Capek

 

En fonction de votre destination n'hésitez pas à consulter les titres chroniqués ici par pays

 

Mes futures lectures de l'été :

Cet été j'ai décidé de me tourner vers un autre classique incontournable  Les misérables, ainsi que vers quelques textes du Moyen-Age comme Lancelot du lac et Perceval... Si vous souhaitez me rejoindre...

 

Mes autres sélections estivales :

2015 ; 2013 ; 2012 ; 2011

 

Vous pouvez aussi piocher dans mon top 100 et mes coups de coeur en toute saison...

 

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Le monde des hommes - Buru Quartet 1 de Pramoedya Ananta Toer

Publié le par Hélène

"Mourir sans avoir donné un sens à sa vie, c'était avoir vécu en vain. Mon esprit et mon corps étaient le seul fondement que je possédais où ancrer ma vie." p. 264

Minke est un jeune journaliste brillant, javanais, il est idéaliste et ambitieux. Il croise la route de la jeune Annelies, la fille d'un riche colon hollandais et de sa "nyai", sa concubine. Minke tombe tout d'abord sous le charme de la jeune fille et petit à petit il intègre le monde de ces femmes fascinantes... En tant qu'indigènes, Nyai et Minke se reconnaissent et ils vont conjuguer leurs expériences et leur vécu. Tous deux rêvent d’une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. La lutte sera longue mais l'important reste de ne "pas déroger aux principes de l'honneur" ...

Premier tome traduit de la tétralogie Buru Quartet, Le monde des hommes présente un monde impitoyable régi par l'injustice et le racisme. Selon l'auteur, javanais également, la culture traditionnelle javanaise est à l'origine de la dictature imposée ensuite par Soeharto, javanais également. A force de respecter les hiérarchies, les hommes favorisent l'émergence de régimes autoritaires. A travers le personnage de Minke, il peint un homme inflexible face à ses engagements jusqu'au sacrifice de sa vie. Il s'est inspiré de la personnalité d'un précurseur de la presse en malais, Raden Mas Tirto Adhi Soerjo, pour créer Minke.

L'histoire même du roman est significative : son auteur l'a écrit lors de son incarcération sous le régime de Suharto sur l'île de Buru à l'est de l'Indonésie de 1965 à 1979. Malheureusement, jusqu'en 1975, Toer en prison n'avait pas de quoi écrire, si bien qu'il apprenait ses romans par cœur et les récitait à ses codétenus, se reposant en partie sur leur mémoire. Il a pu les retranscrire ensuite mais a été censuré de nombreuses fois par le gouvernement. Ce roman a été interdit en Indonésie jusqu'en septembre 2005.

 Ce que j'ai moins aimé : Malgré quelques longueurs la force romanesque de ce roman est incontestable. 

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

D'autres avis : Télérama

 

Le monde des hommes - Buru Quartet 1 de Pramoedva Ananta Toer, Traduction de l’indonésien par Dominique Vitalyos d’après la traduction initiale de Michèle Albaret-Maatsch, Zulma, janvier 2017, 512 p., 24.50 euros

 

Merci à l'éditeur

http://yspaddaden.com/lire-le-monde/

Publié dans Littérature Asie

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Le diable boiteux de LESAGE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce roman picaresque raconte l'histoire d'un jeune homme nommé don Cléofas Léandro Zambullo qui libère un diable enfermé dans une fiole. "C'est moi qui introduit dans le monde le luxe, la débauche, les jeux de hasard et la chimie" déclare Asmodée, prénommé le diable boiteux, lors de sa libération. Quand Don Cléofas le délivre, en échange le diable propose de l'instruire : il va lui apprendre tout ce qu'il veut savoir, et lui montrera tout ce qui se passe dans le monde, en mettant l'accent plus particulièrement les défauts des hommes. S'ensuivent diverses aventures car aux côtés du diable, Don Cléofas pénètre les maisons, les prisons, les asiles, des tombeaux, il soulève les toits et raconte les histoires et secrets de chaque habitant

"J'admire Messieurs les hommes : leurs propres défauts leur paraissent des minuties au lieu qu'ils regardent ceux d'autrui avec un microscope.."

Lesage a voulu montrer les "sottises humaines" ces vices inévitables de la nature humaine naturellement encline au mal. Le diable ne méprise pas forcément le genre humain mais il apprend à aller au-delà des apparences et à ne pas en être dupe. Il est lui-même ambigu, caractéristique même du mal.

Ce récit plutôt plaisant a connu beaucoup de succès à sa parution en 1707 grâce à la multiplicité et à la vivacité des aventures. Il peut être vu comme une métaphore de l'écrivain qui offre à ses lecteurs une exploration des âmes humaines...

 

Présentation de l'éditeur : Folio

 

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Assurance sur la mort de James M. CAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Le monde n'est pas assez grand pour deux personnes une fois qu'elles détiennent un tel secret l'une sur l'autre."

L'agent d'assurance Walter Neff rencontre dans le cadre de son travail la belle Phyllis Dietrichson qui, l'homme d'expérience le comprend rapidement, envisage de tuer son mari. Fasciné par la jeune femme et par le gain potentiel, Walter décide de s'allier à elle pour élaborer le crime parfait.

"Il y a trois éléments essentiels pour réussir un meurtre ... Le premier, c'est l'aide. Une personne seule ne peut pas s'en tirer, à moins d'avouer et de plaider la loi tacite ou quelque chose dans ce genre. Le deuxième, c'est l'heure, le lieu, la méthode qui doivent tous être connus à l'avance - de nous mais pas de lui. Le troisième, c'est l'audace. Voilà l'élément que tous les meurtriers amateurs oublient. Vient un moment au cours de chaque meurtre où la seule chose qui peut conduire au succès, c'est l'audace, et je ne saurais pas te dire pourquoi."

Ce roman, surtout connu pour son adaptation au cinéma en 1944 par Billy Wilder avec un scénario de Raymond Chandler, bénéficie ici d'une nouvelle traduction inédite. Il est considéré par Woody Allen comme « le plus grand film jamais tourné ». Le roman publié dans le série Noire, puis réédité chez folio policier en 2003, était depuis plusieurs années indisponible.

Sa lecture est fascinante tant le meurtre comme l'intrigue sont calibrés au détail prés. Les personnages sont glaçants de maîtrise dans ce classique du roman noir qu'on ne peut lâcher avant la fin ! Du grand art !

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : Le Facteur sonne toujours deux fois

 

Assurance sur la mort, James M. Cain, Gallmeister, mars 2017, 160 p., 8.60 euros

Merci à l'éditeur.

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Le piéton de Paris de Léon-Paul FARGUE

Publié le par Hélène

♥ ♥

"O vie, dans ce moment qui passe

et que nous voudrions pour toujours

ressaisir,

Cesse de dérober le secret de nos jours." Plainte

Léon-Paul Fargue, poète piéton se promène dans le Paris d'avant guerre, et chante sa ville ses quartiers, les cafés, les hôtels, et ses lieux emblématiques, quartiers par quartiers. Il agrémente son récit de rencontres, d'anecdotes qui illustrent cette vision nostalgique d'une ville qui s'évanouit peu à peu, toujours changeante sous les feux de l'histoire qui couve.

"Si j'avais quelque jeune disciple à former, je me contenterais probablement de lui murmurer ces seuls mots : sensible, s'acharner à être sensible, infiniment sensible, infiniment réceptif. Toujours en état d'osmose. Arriver à n'avoir plus besoin de regarder pour voir. Discerner le murmure des mémoires, le murmure de l'herbe, le murmure des gonds, le murmure des morts. Il s'agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies, douleur pour que les douleurs se glissent jusqu'à nous, attente pour que l'attente fasse enfin jouer ses ressorts. Ecrire, c'est savoir dérober des secrets qu'il faut encore savoir transformer en diamants. Piste longuement loin, s'il le faut" p. 11

"Au-delà du halo des grands boulevards, l'éventail de vitres de la gare de l'Est commence à rougir. Et, par les soirs de fête, les arbres se garnissent à perte de vue d'oranges sanguines, dont la lumière en chemise à plis peint en bras nus les branches poudreuses..." Suite de la rêverie

"J'ai bu le lait divin que versent les nuits blanches." Suite de la rêverie

"Nous pourchassions l'immense variété de vivre. Nous déchirions l'album des rues et des boutiques. Nous courions dans les fêtes en voleurs d'images." Talus

Le titre de ce livre est devenu le nom que l'on donne à Fargue. C'est lui qui est à jamais "le piéton de Paris".

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

 

Publié dans Poésie française

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La promenade au phare de Virginia WOOLF

Publié le par Hélène

♥ ♥

"La vie, à force d'être faite de ces petits incidents distincts que l'on vit un à un, finit par faire un tout qui s'incurve comme une vague, vous emporte, et, retombant, vous jette violemment sur la grève."

En ce soir d'été sur une île au large de l'Ecosse, Mrs Ramsay promet à son fils James que le lendemain ils tenteront une excursion jusqu'au phare qui illumine leurs soirées de sa lumière intermittente. Mais selon son mari, l'excursion sera compromise en raison du mauvais temps. cette simple scène met en lumière les rapports humains qui régissent cette famille : entre la mère aimante et dévouée Mrs Ramsay, cette femme souple qui essaie toujours de faire le bonheur de son entourage et son mari, beaucoup plus dur et rigide, le contraste est saisissant.

Dans ce roman, Virginia Woolf évoque son père, avec qui elle a toujours rencontré un problème relationnel, ce dernier la brimant dans son acte de création. Grâce à son roman et à sa fonction cathartique, elle se débarrasse du fantôme de ce père aux allures tyranniques. Son roman est construit autour d'une image-contraste, entre le lyrisme de l'écriture, de la création et un quotidien beaucoup plus banal englué dans des considérations triviales. 

Après sa mort, Lily, une peintre qui a elle aussi séjourné sur l'île comprendra que Mrs Ramsay influait du sens dans l'existence naturellement dépourvue d'un quelconque sens : en créant  un environnement propice, en se souciant de l'atmosphère, de l'harmonie des choses, de façon à ce que chacun se sente hors du commun, Mrs Ramsay est l'artiste par excellence dans cet art d'arranger des choses, et de procurer le bonheur, de faire de l'instant présent quelque chose de permanent en parvenant à stopper l'instant.

"La grande révélation n'était jamais venue. La grande révélation ne vient peut-être jamais. Elle est remplacée par de petits miracles quotidiens, des révélations, des allumettes inopinément frottées dans le noir."

@PhilipPlisson

Par le grossissement des détails, l'auteur nous montre que chaque détail vaut pour le tout, dans une esthétique dite du fragment assez particulière. Chaque évènement ne vaut que comme le reflet d'une conscience, le rendu de la conscience étant au centre de l'oeuvre de Virginia Woolf. Les autres sont difficilement compréhensibles, les relations humaines ne souffrant pas l'examen de cette conscience singulière :

"Comme jugeait-on les autres, comment pensait-on à eux ? Comment ajoutait-on un tel trait à tel autre et concluait-on que c'était en définitive de la sympathie ou de l'antipathie que l'on éprouvait ? "

 

Les mots n'atteignent jamais leur but, trop rapides, ils tombent souvent à plat et "La moitié des notions que nous nous formons que les gens sont en somme grotesques. Elles servent nos propres buts."

Seule la conscience prévaut et cette capacité à se lover en soi-même :

"Ils devaient sentir que ce qui de nous apparait aux autres, ce par quoi ils nous connaissent, ne représente qu'une puérile réalité. Sous cette apparence tout est sombre, tout s'étend, tout a d'insondables profondeurs. Mais de temps en temps nous montons à la surface et c'est cela qu'on aperçoit de nous."

Par l'acte de création, l'être se sauve et sauve la réalité vide qui se laisse difficilement saisir...

"Chose étrange, pensait-elle, que, lorsqu'on est seul, on se sente ainsi attiré vers les choses, les objets inanimés, les arbres, les ruisseaux, les fleurs ; il semble qu'ils vous expriment ; qu'ils deviennent vous-même ; qu'ils vous connaissent, et, en un certain sens, sont vous-même ; on éprouve ainsi pour eux (elle regardait cette longue lumière calme) une irrationnelle tendresse semblable à celle que l'on éprouverait envers soi-même. Du sol de l'esprit (elle regardait, regardait toujours ses aiguilles levées), de ce lac qu'est l'être montent en volutes une vapeur, une fiancée allant à la rencontre de l'aimé."
 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Violette

Du même auteur : Les vagues

 

Le mois anglais est consacré aujourd'hui à Virginia Woolf.

Publié dans Littérature Europe

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Les filles au lion de Jessie BURTON

Publié le par Hélène

1967 Odelle originaire des Caraïbes vit à Londres en colocation avec son amie. Après avoir travaillé plusieurs années dans un magasin de chaussures, elle accepte un nouveau poste dans une galerie d'art dirigée par l'énigmatique Marjorie Quick et simultanément elle rencontre Lawrie Scott. Elle tombe sous son charme et quand il lui dit détenir un tableau qu'il aimerait faire expertiser, tout naturellement, il s'adresse à la galerie d'art de Marjorie. Mais la réaction de cette dernière à la vue du tableau est assez surprenante. Que cache ce mystérieux tableau à l'auteur indéterminé ? Odelle, intriguée par tant de mystères se plonge alors dans l'histoire de ce tableau.

Parallèlement nous suivons le destin de la famille de Harold marchand d'art viennois installé en Espagne dans les années 30 avec sa femme Sarah et sa fille Olive, jeune peintre. La famille rencontre Teresa et Isaac, deux jeunes gens du village, avec qui chacun va lier des relations particulières...

Ce que j'ai moins aimé : J'avais tellement aimé Miniaturiste, que j'attendais cette lecture avec impatience, mais malheureusement je n'ai pas retrouvé l'enthousiasme de ma première lecture de l'auteur. Jsalle'ai trouvé ce roman-ci beaucoup plus poussif, j'ai rapidement compris les tenants et les aboutissants, et le manque de surprise a aussi terni ma lecture.

Certaines pistes comme l'acte de création, à l'oeuvre chez Odelle qui écrit des nouvelles et chez Olive qui peint, auraient pu être davantage exploitées.

Bilan : Une lecture agréable sans être inoubliable...

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Télérama

Du même auteur : Miniaturiste

 

Les filles au lion, Jessie Burton, traduit de l'anglais par Jean Esch, Gallimard, mars 2017, 496 p., 22.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le dimanche des mères de Graham SWIFT

Publié le par Hélène

♥ ♥

En ce dimanche des mères de 1924., la coutume veut que les aristocrates donnent congés à leurs bonnes pour que ces dernières rendent visite à leurs mères. Jane, jeune femme de chambre orpheline ne sait pas vers où vont diriger ses pas quand son amant Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille lui demande de le rejoindre dans sa demeure désertée. Le jeune homme doit prochainement se marier, et leur longue liaison risque alors de prendre fin. Elle le rejoint alors, et les heures s'étirent délicieusement jusqu'au départ de Paul qui doit rejoindre sa fiancée. 

Portait d'une âme en errance qui se construit au fil des pages, ce roman magnifique chante les miracles de la création. Jane a grandi dans un orphelinat puis a été placée comme domestique dans une famille qui lui ouvre par chance les portes de la bibliothèque familiale. Les livres sont une découverte pour elle, elle n'aura de cesse de se plonger dans les romans d'aventure, puis par la suite, elle transmuera ses expériences en oeuvre littéraire, comme une évidence. Les frontières entre récit et réalité s'estompent alors :

"Pouvait-elle faire la part des choses et séparer ce qu'elle avait vu en imagination de ce qu'elle avait réellement vécu ? (...) Le propre de l'écrivain n'était-il pas de saisir la vie à bras-le-corps ? N'était-ce pas là tout l'intérêt de la vie ?" p. 63

Jane fait "commerce des vérités" et transforme dans sa mémoire littéraire l'après-midi passé aux côtés de Paul en bijou parfait aux contours ciselés. Là est la force de la création, inscrire ces quelques heures dans l'éternité pour que cet instant résonne dans l'âme et bouleverse à jamais l'ordre des choses.

Une petite oeuvre d'art !

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : repéré dans Télérama ; Nadael ; Cathulu

 

Le dimanche des mères, Graham Swift, traduit de l'anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Gallimard, janvier 2017, 144 p., 14.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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