Les vieux fourneaux tome 1 Ceux qui restent de LUPANO et CAUUET

Publié le par Hélène

                            

♥ ♥ ♥ ♥

"Ca brûle encore dans ce vieux fourneau !"

 

Ce que j'ai aimé :

Emile, Antoine et Pierrot ont beau être septuagénaires, ils en ont encore sous le capot !

Ils se retrouvent à l'occasion de la mort de Lucette, la femme d'Antoine, et en profitent pour se remémorer les bons ou moins bons moments des années 50...

Ils n'ont pas perdu leur mordant et leur alan, poussant même Antoine sur les routes de Toscane à la rencontre d'un ancien rival ! Les deux autres vont le rejoindre accompagnés par Sophie, la fille de Lucette et Antoine. Parce qu'ils ne sont pas du genre à se laisser faire ces p'tits vieux. Tous ont fait des choix à contre-courant, comme Lucette qui a "préféré miser sur le local : quitter la grosse boîte capitaliste pour monter un petit théâtre itinérant, créer du lien social." Théâtre que reprend aujourd'hui sa fille Sophie, enceinte et peu encline à mettre au monde un nouvel être dans ce monde qu'elle juge peu merveilleux... A cause justement des vieux "Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d'air !"

Pierrot lui est un  ancien syndicaliste impliqué qui continue d'oeuvrer dans un groupe d'action "Ni yeux ni maîtres", "A nos âges, il n'y a plus guère que le système qu'on peut encore besogner. Du coup, ma libido s'est reportée sur la subversion."

Bref, tous sont prêts à combattre les maux de l'époque : mondialisatation, ultralibéralisme, pollution, surexploitation, agriculture extensive, paradis fiscaux, communication... Mais toujours dans la bonne humeur, comme des "tontons flingueurs" qui se respectent !

Ce que j'ai moins aimé :

J'attends avec impatience le tome 2 attendu pour octobre !

Vous aimerez aussi :

Le singe de Hartlepool

D'autres avis :

Babélio 

 

Les vieux fourneaux, 1, Ceux qui restent, Lupano et Cauuet, Dargaud, 2014, 11.99 euros

 

Déniché à la bibliothèque !

 

L’île du Point Némo de Jean-Marie BLAS DE ROBLES

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥ ♥ ♥ 

« C’est cela le Grand Art, une façon d’impliquer sa vie tout entière pour arriver à l’excellence. »

Ce que j’ai aimé :

Un roman d’aventures foisonnant et passionnant ! 

Aux côtés de Canterel, riche opiomane, Grimod son majordome, Lady MacRae et sa fille Verity qui converse avec les baleines, Miss Sherrington gouvernante de Martial Canterel, Reutlinger, Holmes, nous partons sur la piste du diamant  Anankè, convoité également par l’enjambeur Nô prêt à tout pour doubler ses rivaux. L'inspecteur Litterbag, personnage trouble est aussi du voyage. 

Ainsi la joyeuse bande, lancée dans une course folle ponctuée d'énigmes digne de Conan Doyle, use de tous les moyens de transports possibles et imaginables pour avancer vers leur but. Tels les héros de Jules Verne, ils montent à bord du transsibérien, d’un ptéronave puis d’un dirigeable, le Médiator qui part faire son premier tour du monde. Ils reviendront ensuite à des transports plus classiques comme le bateau pour arriver au point Némo : « pôle maritime d’inaccessibilité » endroit de l’océan les plus éloigné de toute terre émergée » situé dans le Pacifique. 

Parallèlement toute une arborescence d'intrigues secondaires voient le jour : Carmen qui s'ingénue à trouver des solutions pour combattre l'impuissance de son mari, Charlotte et sa voisine envahissante, secrètement attirée par Fabrice, à la recherche de sa mère. 

Il sera ausi question d'une fabrique de cigares dans le Périgord noir qui perpétue la tradition de la lecture à voix haute comme à Cuba, fabrique qui sera rachetée par Monsieur Wang, gérant d’une entreprise de liseuses électroniques, et amoureux des pigeons voyageurs. 

"L'important ce n'était pas même pas qu'ils achètent des livres numériques récemment parus, mais qu'ils achètent encore et encore la possibilité de les acheter. Le même système que partout ailleurs, et qui fonctionnait à vide, comme le reste de l'économie. La bibliothèque numérique n'était qu'une variation moderne du péché d'orgueil, celui de parvenus pressés d'exhiber leur prospérité, s'entourant de livres tape-à-l'oeil -voire de simples reliures vides - qu'ils n'avaient jamais lus et ne liraient jamais."

L'auteur entremêle savamment personnages réels comme le musée Barnum et son fondateur Phineas Taylor Barnum et personnages imaginaires hauts en couleurs. Ainsi dans ce roman hybride nous pourrons trouver aussi bien des considérations sur les fonds marins que des réflexions plus politiques ou philosophiques. 

« Peut-être ne comprendrons-nous quelque chose à l’ordre secret du monde qu’après une sincère et patiente mansuétude pour ses incohérences ? »

Sous l’égide de Jules Verne et de son capitaine du Nautilus, Roblès nous invite à réfléchir aux liens ténus unissant réalité et littérature :

« Toute phrase écrite est un présage. Si les évènements sont des répliques, des recompositions plus ou moins fidèles d’histoires déjà rêvées par d’autres, de quel livre oublié, de quel papyrus, de quelle tablette d’argile nos propres vies sont-elles le calque grimaçant ? » p332

La littérature permet incidemment de changer le monde et la conception que nous en avons et « Le jour où vous comprendrez qu’il vaut mieux mourir en essayant de changer le monde, plutôt que de vieillir en le regardant agoniser, vous me rejoindrez. » p ; 178

Il imagine ainsi une cité utopique dans laquelle chacun userait de ses compétences pour agir pour le bien de la cité et pour une amélioration de la société et du genre humain. Chaque petite geste compterait « Il n’y a aucun complot, aucune conspiration, juste des hommes et des femmes qui essayent de reconquérir leur espace, leur énergie, leur alimentation… Leur existence. » p ; 416 Il crée également une île de déchets aux accents futuristes.

Des inidividus luttent contre l'inertie contre les règles absurdes d'un monde régi par des concepts liés au rendement, à l'argent, règles qui aliènent l'être irrémédiablement..

« Mille et une révoltes se bousculent derrière ses yeux en brouillards changeants. Il voudrait (…) Vivre sans le souci d’avoir à payer le simple fait de vivre, se chauffer avec le bois de sa forêt, manger les légumes et les fruits de son jardin, brancher son ordi aux forces du vent, de l’eau ou du soleil. Vivre dans les bois, s’il le faut, pour ne plus avoir à trembler devant une enveloppe frappée au sceau du Trésor Public. Respirer. Gonfler ses poumons de la beauté du monde, être prêt, tendu, héroïque. (…) Redonner du sens à chacun de ses gestes. Sortir de la sidération. » p. 346

Des touches d’humour noir dans des chapitres intitulés « Derniers télégrammes de la nuit » entrecoupent les aventures des protagonistes :

« Choses qui militent contre l’usage du biberon

Lorsque l’enfant a fini de téter, il faut le dévisser et e mettre dans un endroit frais, cave ou réfrigérateur. 

Choses qui troublent un instant le calme de la campagne

Il éternue, son tracteur explose. »

Un roman protéiforme extraordinaire qui marquera durablement les esprits ! 

Ce que j’ai moins aimé :

Les scènes érotiques auxquelles je ne vois pas d’intérêt pour le roman.

Présentation de l’éditeur :

Zulma 

Premières phrases :

« Le Tigre à droite, désormais invisible, à gauche les hauteurs pelées des monts Gordiens ; entre les deux, la plaine ressemblait à un désert fourmillant de carabes à reflets d’or. C’était à Gaugamèles, moins de trois ans après la cent douzième Olympiade. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Là où les tigres sont chez eux

D’autres avis :

Le point 

 

L’île du Point Némo, Jean-Marie Roblès, Zulma, août 2014, 464 pages, 22.50 euros

 

Merci à l'éditeur pour cette incroyable découverte !

 

Les diaboliques de Jules BARBEY D'AUREVILLY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

L'atout principal de ces récits tient dans la capacité de l'auteur à créer des univers, un mystère, un suspens en quelques mots, quelques scènes. Un rideau cramoisi qui se soulève pour laisser entrevoir la silhouette d'une jeune femme, un couple au comportement fusionnel et égocentrique qui se promène au jardin des plantes, un instant volé, un souvenir qui revient et le véritable récit s'amorce. Récit qui ne lève pas non plus toutes les zones d'ombre, les personnages restent dans l'opacité de leurs contradictions et passions.

Eprouvent-ils du remords ? des regrets pour leurs actes ? Sont-ils réellement heureux ?

"On ne peint pas plus le bonheur, cette infusion d'une vie supérieure  dans la vie, qu'on ne saurait peindre la circulation du sang dans les veines."

L'amour, le meurtre, la vengeance par passion, le désir sont au coeur des nouvelles et au coeur des relations tumultueuses des personnages. Ce recueil a valu à son auteur un procés pour immoralité en 1874. L'ouvrage ne reparaîtra qu'en 1882. Les femmes sont considérées comme "diaboliques", façon pour l'auteur de dénoncer les passions horribles pour ensuite les repousser plus vivement. Il s'est défendu de ces accusations en soulignant que son projet était avant tout moralisateur. Si les passions font partie de la nature humaine, les montrer peut provoquer chez le lecteur le désir de les fuir.

Ce que j'ai moins aimé :

Les deux nouvelles Un dîner d'athées, relatant la liaison d'un soldat avec la femme d'un autre soldat et Le dessous de cartes d'une partie de whist m'ont moins plu.

Quelquefois la mise en place est un peu longue avant d'en arriver au vif du sujet comme dans Un dîner d'athées. De longuescirconvolutions autour de la religion s'amorcent avant d'écouter le récit proprement dit.

Premières phrases :

"Il y a terriblement d'années, je m'en allais chasser le gibier d'eau dans les marais de l'ouest, - et comme il n'y avait pas alors de chemins de fer dans le pays où il me fallait voyager, je prenais la diligence de *** qui passait à la patte d'oie de Rueil et qui, pour le moment, n'avait dans son coupé qu'une seule personne."

Vous aimerez aussi :

Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie FLAGG

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Tant qu'on respire, on a une longueur d'avance."

Ce que j'ai aimé :

A 60 ans, Maggie décide d'en finir avec la vie, préférant se passer des soucis inhérents à la vie pour conquérir une paix éternelle. Ancienne Miss Alabama elle court après la perfection, si bien que son départ est planifié jusque dans les détails. Le jour J approche. Sauf que rien ne se passe comme prévu et qu'elle se voit obligée de remettre au jour suivant ses funestes projets. 

Chez Maggie, tout est calibré, pensé, anticipé. Elle est un modèle pour Brenda, son amie et collègue, beaucoup plus encline au lâcher prise, notamment devant des glaces à la menthe et pépites de chocolat. Boulimique inconditionnelle, elle aimerait régler aussi sa vie, son poids et son apparence, mais sans succés. Toutes les deux vont apprendre à conquérir leur liberté, loin des carcans que chacun s'impose ou que la société assène. Aux côtés de Ethel, 88 ans, blasée, elles luttent contre la transformation immobilière de leur ville, Birmingham. Leur agence immobilière est en effet concurrencée par celle de Babs, qui a des méthodes bien peu recommandables...

Lecture agréable, sans prétention, Miss Alabama offre une galerie de personnages attachants au coeur d'une ville en pleine transformation. Un livre léger parfait pour l'été !

                

@http://blog.al.com/ 

Ce que j'ai moins aimé :

Le mystère autour de l'ancien propriétaire de Crestview m'a semblé superflu, déconnecté de l'intrigue principale. De fait la deuxième partie du roman est moins attirante que son début !

Je cherche encore les secrets annoncés par le titre... 

Présentation de l'éditeur :

Cherche Midi

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Beignets de tomates vertes

D'autres avis :

Caroline ; CathuluKarineKeishaClara ; Sandrine ; Stephie ; Karine

 

Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg, traduit par Jean-Luc Piningre, Cherche Midi, mai 2014, 21 euros

 

Pioché à la bibliothèque

La vie de Lillian, mode d'emploi de Alison Jean LESTER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Lillian est une femme célibataire de 57 ans pour qui les hommes, la séduction, le plaisir, ont toujours compté. Et c'est avec tendresse et plaisir qu'elle se souvient des hommes importants qui ont marqué sa vie jusqu'à aujourd'hui. Des hommes seuls, des hommes mariés, des hommes enfants, des hommes virils, des hommes faibles ou fort, une galerie que Lillian se plaît à revisiter les soirs de solitude. Pour peut-être approcher le mystère du sentiment, et enfin, comprendre pourquoi on aime, puis tout à coup pourquoi l'amour s'en va...

Le style fluide dénote des facilités d'écriture évidente pour ce premier roman prometteur. Les chapitres sont brefs, dépassant rarement cinq pages, évoquant des rencontres, des scènes marquantes, des ruptures décevantes...

"Si je regrette une chose, rétrospectivement, ce sont toutes les fois où j'ai autorisé de gens à penser ce qu'ils voulaient penser. J'aurais dû les arrêter tout de suite. J'aurais dû me moquer de leurs suppositions. J'aurais dû éclater de rire, "Ha ha ha !" et enchaîner avec un sourire malicieux et pétillant, uniquement pour les déstabiliser, pour qu'ils continuent à s'interroger. Le problème, c'est qu'ils observent ce que vous faites, qui vous aimez, comment vous cuisinez ce que vous lisez et ce que vous ne lisez pas, et ils décident ce que ça signifie, et parfois vous n'êtes pas là pour les arrêter, ou vous choisissez mal le moment. Je me suis toujours demandé pourquoi les gens cherchent du sens dans les actes. Quand une personne vous raconte une histoire, une chose qui lui est arrivée, une chose importante, ne lui demandez pas ce qu'elle a fiat. Demandez-lui ce qu'elle voulait faire. Ce qu'elle veut faire, c'ets ce qu'elle est. Les actes sont des murmures comparés aux rêves."

Ce que j'ai moins aimé :

Le fait de résumer la vie de Lillian à une suite d'évocations de sa vie sentimentale est finalement assez réducteur, et peut créer une certaine lassitude liée à un manque de consistance dans l'intrigue.

Pour résumer, c'est un roman plaisant à lire, au charme mélancolique. Je suivrai néanmoins le prochain roman de l'auteur avec plaisir !

Premières phrases :

"Chaque fois que je me réveille à côté d'un homme, avant d'être totalement éveillée, je crois que c'est Ted. Evidemment, ce n'est jamais lui.

Tant pis. Ce matin, j'ai regardé Pandora marcher su rle corps nu de Michael. Alors qu'elle remontait le long de sa cuisse, il a commencé à avoir la chair de poule."

Informations sur le livre :

Chez Autrement

Vous aimerez aussi :

L'histoire d'un mariage de ANdrew Sean Greer 

 

La vie de Lillian, mode d'emploi de Alison Jean Lester, traduit de l'anglais EU) par Jean ESCH, Autrement, août 2014, 17 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

L'ange sur le toit de Russell BANKS

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥

"Le temps est venu, le temps est passé, le temps ne reviendra jamais, voilà ce que je me dis. Et je conclus  que ce qui est devant moi, là, c'est tout ce que j'ai."

 

Mon avis :

Le point commun qui relient les nouvelles de ce recueil tient dans le fait que les personnages vont tous connaître un évènement qui constituera un point de non-retour, un bouleversement subtil ou évident qui changera à jamais leur existence. Ce tsunami intérieur peut avoir sa source dans le passé, et la prise de conscience ne survient alors que bien plus tard :

"Ca aurait pu se produire n'importe quel soir. Ca s'est même peut-être produit il y a longtemps, ais nous ne nous en sommes pas aperçus sur le coup. Comme une de ces étoiles qui s'embrasent et qui meurent, et on ne s'en rend compte que bien des années plus tard tellement elles sont loin.

- Il vaut peut-être mieux que nous ne l'ayons pas vu quand ça s'est produit, a dit Larry. Peut-être que comme ça on a davantage de paix." (Juste une vache)

Issu bien souvent su hasard des coïncidences, la vie prend sa revanche et ce qu'on croyait acquis, stable s'écroule. "Une chose en entraîne une autre, faut croire." dit un des personnages de "Juste une vache" au seuil d'une rupture du couple. Ce changement soudain de trajectoire est souvent rédempteur, même si sur le moment il est source de douleur. Synonyme de lâcher prise comme dans "Juste une vache" ou "Djinn", il permet ausssi une remise en question intérieure. Dans "Moments privilégiés", un père et sa fille constatent soudain le vide qui s'est installé entre eux : 

"Il voit qu'il a été quelqu'un de tout à fait à l'opposé de ceui qu'il avait cru être."

Mais d'autres évènements restent ancrés dans la souffrance, particulièrement quand ils ont eu lieu dans l'enfance. "La visite" est celle d'un homme à la maison de son enfance, prétexte pour se remémorer des souvenirs peu heureux en raison d'un conflit latent qui perdurait entre sa mère et son père, conflit dont les enfants payaient les conséquences. 

Les hommes sont souvent responsables, alcooliques, infidèles, ils font souffrir leur entourage et remettent en question insidieusement les relations fragiles qui existent entre les êtres. 

"L'une des choses les plus difficiles à dire à quelqu'un est celle-ci : j'espère que vous m'aimerez sans raison particulière. C'est pourtant ce que nous voulons tous dire les uns aux autres - à nos enfants, à nos parents, à nos copagnons, à nos amis et à des inconnus - en ne l'osant que rarement."

Les êtres se manquent, la vie passe et les éloigne irrémédiablement, les laissant sur le seuil de leur vie, dans une solitude désoeuvrée. Tout choix inclut un renoncement, et à l'aune de la vieillesse, les regrets ou les remords refont surface. Si nous pouvions réécrire le passé, agirions-nous à l'identique ? Vaut-il mieux tout savoir de son passé et des choix qui ont conditionnés notre existence, ou rester dans l'illusion qui nous a tenu debout jusqu'ici ? 

Le temps qui passe, la vieillesse, la recherche du bonheur souvent avortée avant l'heure, sont les thèmes inhérents à ce petit recueil comme à la vie...

Premières pages :

"Il y a quelques années, avant que je me marie et prenne un poste das une société dépourvue de succursale étrangère (avant que je rentre à la maison, en somme), j'étais employé par une entreprise de Hopewell, dans le New Jersey, laquelle appartenait à un consortium multinational dont le siège était à Amsterdam."

Infos sur le livre :

Actes sud 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : De beaux lendemains

 

L'ange sur le toit, Russell Banks, J'ai Lu (Actes Sud pour la première édition), traduit de l'anglais (EU) par Pierre Furlan, 156 p. 4.50 euros

 

Pioché chez Gibert Joseph

La tétine de Nina de Christine NAUMANN-VILLEMIN

Publié le par Hélène

         

♥ ♥ ♥ ♥

Mon avis : 

Nina est une petite fille qui refuse de quitter sa tétine, elle est prête à la garder jusqu'à la nuit des temps, malgré l'insistance de sa maman qui aimerait qu'elle s'en sépare. De plus, quand elle a sa tétine dans sa bouche, ses propos sont déformés, on ne la comprend pas toujours très bien,.

 

Aussi, quand elle rencontre en chemin un loup qui veut la croquer, celui-ci ne saisit pas du tout la réponse de la fillette. Pour une fois, Nina va accepter de retirer la tétine de sa bouche pour se faire comprendre. Mais elle est un peu trop bien comprise par le loup...

La Tétine de Nina est un petit album très simple, mais très intelligent. Il traite avec humour du thème de la tétine à laquelle s'accrochent certains enfants. Il permettra aux parents et aux enfants d'aborder la question avec finesse. La petite Nina finira en effet par donner sa tétine à quelqu'un qui en a bien plus besoin qu'elle... Les dessins sont eux aussi très drôles, l'ensemble offre un petit album destiné au 3-6 ans très réussi.

Informations sur l'album :

Ecole des loisirs 

D'autres avis :

Babélio

 

L'histoire d'un mariage de Andrew Sean GREER

Publié le par Hélène

                                

♥ ♥ ♥

"Aussi déconcerté par mes mystères que je l'étais par les tiens, aussi disposé à me les pardonner : deux personnes voilées se guidant l'une l'autre, main dans la main. C'est peut-être cela, un mariage." p. 107

Ce que j'ai aimé :

Pearlie est mariée à Holland Cook depuis plusieurs années, vivant un bonheur calme et paisible avec leur fils Sonny. Jusqu'à ce que surgisse un beau jour un homme trouble, nommé Charles Drumer, tout droit sorti du passé de Holland. Les certitudes de Pearlie oscillent alors dangeureusement...

Andrew Sean Greer fait preuve d'une analyse pointue du couple, de ce qu'on se dit, de ce qu'on ne dit pas, de la dificulté de communiquer, puis finalement de l'importance de s'aimer.

"Car l'être aimé n'existe qu'en fragments, une douzaine au début de l'idylle un millier si nous l'avons épousé, et le coeur construit à partir de ces fragments une personne entière. Ce que nous créons chacun, puisque notre imagination compense les lacunes, cest la personne que nous souhaitons. moins nous connaissons l'être réel, plus nous l'aimons." p. 93

"Nous hésitons jusqu'à ce qu'un jour nous voyions clair : les chances sont rares, et la mort approche vite. Saisis le ravissement s'il est à ta portée ; saisis l'amour si tu peux l'atteindre." p. 264

L'histoire se déroule en 1953, à San Francisco, période trouble qui suit la guerre de Corée. S'amorce ainsi une réflexion sur ceux qui n'ont pas fait la guerre, qui sont restés dans l'ombre , ceux qui n'ont pas voulu faire la guerre : "Ils sont éliminés de l'Histoire, car rien n'est plus corrosif que la honte." Souvent oubliés des récits, ils sont ici mis en avant. La ségrégation raciale, l'affaire Rosenberg sont aussi des éléments intrinsèques à ces années mentionnées ici avec subtilité et intelligence.

Ce que j'ai moins aimé :

- Un peu statique.

Premières phrases :

"Nous croyons connaître ceux que nous aimons.

Nos maris, nos femmes. Nous les connaisons, nous nous identifions à eux, parfois ; séparés lors d'une soirée en bonne compagnie, nous nous surpenons à exprimer leurs opinions, leurs goûts culinaires ou littéraires, à raconter une anecdote sui ne sort pas de notre mémoire, mais de la leur."

Présentation de l'éditeur :

http://www.editionsdelolivier.fr/catalogue/9782879296258-l-histoire-d-un-mariage

Vous aimerez aussi :

Drôle de temps pour un mariage de Julia STRACHEY

D'autres avis :

Babélio ; Télérama ; France Culture

ManuPapillonCathulu ; Dasola

 

L'histoire d'un mariage, ANdrew Sean Greer, traduit de l'anglais (EU) par Suzanne V. Mayoux, Points, 2009, 263 p., 7 euros

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