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Quatre soeurs tome 1 et 2 de Malika FERDJOUKH et Cati BAUR

Publié le par Hélène

♥♥♥

Ce que j'ai aimé :

La famille Verdelaine est composée de cinq soeurs : Charlie l'aînée, Geneviève, la ménagère accomplie, Bettina, l'adolescente superficielle, Hortense, plus effacée et Enid la petite dernière. Les filles habitent la Vill'Hervé, une grande maison au bord de la mer, pleine de courants d'air. Malgré tout elles restent attachée à cette grande villa qui constitue leur foyer, leur refuge et point d'ancrage dans une vie marquée par la disparition brutale des parents deux ans auparavant dans un accident de voiture. Ces derniers apparaissent  sporadiquement à l'une ou l'autre des filles en détresse pour conseiller, orienter... Ces apparitions fantômatiques pallient au manque difficilement exprimable, à l'l'absence qui aspire comme un trou d'air ces filles qui ont encore besoin d'être secondée par des adultes dans leur vie. La tante Lucrèce est chargée de veiller sur elles, même si ses apparitions rocambolesques laissent dans leur sillon une amertume, un rappel de leur situation précaire d'orphelines. Mais leur cohérence et le tourbillon du quotidien les sauve. En se créant une bulle confortable, malgré la mort des parents, la pauvreté, la vivacité et la dynamique du groupe leur donne le sourire.

Dans le tome 1 les projecteurs sont braqués sur Enid, 9 ans, encore dans l'enfance. A la suite d'une tempête, elle s'inquiéte pour ses animaux "domestiques" dont une chauve-souris. De plus, des hurlements lugubres retentissent aux alentours de la villa, poussant cette jeune Enid avide d'aventures à enquêter. Les cinq soeurs accueillent également pour les vacances scolaires la jeune Colombe dont Bettina sera farouchement jalouse.  

Dans le tome 2, Hortense est mise en lumière : jeune adolescente elle peine à trouver sa place dans le monde. Son caractère est aux antipodes de celui de sa soeur Bettina, et les disputes sont monnaie courante entre elles. Hortense cherche sa vocation, elle aimerait gagner en confiance et ne plus être tétanisée par sa timidité. Elle rencontre une jeune voisine malade avec qui elle entretient des rapports privilégiés.

Cette adaptation des romans de Malika Ferdjoukh, édités initialement par l'Ecole des Loisirs, est parfaitement réussie, la grâce des dessins accompagnant avec douceur le quotidien des ces cinq soeurs. Ces deux premiers tomes font montre d'une psychologie parfaitement maîtrisée : avec humour et profondeur, l'auteur saisit parfaitement les pensées, préoccupations, rêves des adolescentes, et ce en fonction de leur âge. Enid est encore dans le monde édulcoré de l'enfance durant lequel tout est mystère et peuplé de créatures imaginaires auxquelles elle peut se confier. Hortense quant à elle quitte doucement ce monde et ses interrogations deviennent plus graves : il s'agit à présent de trouver son identité, de se faire une place dans la micro-société des copines et copains, de s'épanouir au mieux à un âge relativement ingrat. La tendresse et l'humour de leurs soeurs leur permettent de se lover au besoin au creux de la grande villa comme dans un cocon confortable. 

Le tome 3 en préparation sera consacré à Bettina, le 4 à Geneviève. De belles lectures encore en perspective !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Delcourt 

Vous aimerez aussi :

Les romans à L'Ecole des Loisirs.

D'autres avis :

AifelleAntigone  ; Saxaoul  ; StéphieEnna 

 

Quatre soeurs, Enid tome 1, Hortense tome 2, Delcourt, 2011, 7 euros le tome

 

 Chez  Yaneckcette semaine

Déception et abandon du mois de mars

Publié le par Hélène

Le blues du troglodyte de Kenneth COOK

Présentation de l'éditeur :

« Presque toute la population de Ginger Whisker habite dans des maisons troglodytes. Nous vivons comme des taupes ou plutôt comme des wombats, puisque nous sommes australiens. Mais qu'est-ce que je suis venu foutre dans ce satané trou perdu ? »
Rien ne va plus dans la vie de Simon Crown. À trente-cinq ans, il est déjà divorcé. La station de radio dont il est propriétaire est au bord de la faillite. Pas la moindre trace d'opales dans la mine où il a englouti ses dernières économies. Pire, il habite une petite ville écrasée de soleil où la seule question qui vaille est : bière ou whisky ?
Soudain pris d'une irrésistible envie d'en découdre, Simon se retrouve empêtré dans une succession de situations absurdes, dangereuses et parfaitement réjouissantes.

Mon avis :

 Le style m'a laissé au bord de la route, Simon le narrateur parle à la première personne, et je n'ai pas été sensible à son humour. Cet homme looser fauché et alcoolique n'est guère attachant.

"On frappe à la porte. Il fait encore jour dehors, je vois les rayons de soleil dans les fissures de l'épaisse porte en bois au bout de la petite galerie qui mène au salon. Je vois aussi deux zones d'ombre à l'emplacement de jambes. Elles ne m'aident pas à identifier le visiteur, car les ombres dévoilent rarement les caractéristiques de leurs propriétaires, les ombres de jambes en tout cas. C'est comme ma sale manie d'examiner les enveloppes avant de les ouvrir en essayant de deviner ce qu'il y a à l'intérieur. Il n'y a qu'une solution aux problèmes de la porte et de l'enveloppe : ouvre donc, Crown !" p. 66

"Tiens j'ai de la visite. Mon Dieu, c'est encore ce crétin de curé alcoolo. Va-t'en, crétin de curé alcoolo, c'est l'heure de mon dîner."

"Que se passera-t-il si je m'approche d'elle et l'embrasse tendrement sur le front, le nez, les lèvres ? j'ai sans doute mauvaise haleine. Allez, Crown, tente-le. Joue le gai divorcé débonnaire qui trouve parfaitement normal qu'une fille comme elle vive à la colle avec lui. Vivre à la colle ? L'expression a des connotations très attrayantes. Je bois un peu de café."

L'humour n'est pas universel, et autant j'avais apprécié Le koala tueur  et  La vengeance du wombat, ou dans un domaine plus grave Par-dessus bord, autant cette fois-ci le charme n'a pas opéré.

 

Merci à l'éditeur.

La voix du violon de Andrea CAMILLERI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le chauffeur de Montalbano, un peu trop pressé d'arriver trop tard à un enterrement, emboutit une twingo qui se trouve malencontreusement sur sa trajectoire. Son propriétaire n'a pas l'air pressé lui non plus de réparer les dégâts puisque un jour plus tard la voiture n'a pas bougé d'un pouce. Il n'en faut pas plus à Montalbano pour enquêter dans la villa devant laquelle était garée la twingo. Il rencontre ainsi la belle propriétaire de la voiture qui ne risque plus de s'indigner de l'état de sa voiture... 

Montalbano se lance alors dans cette enquête, tout en devant gérer les questionnement de Livia sur leur mariage, l'avancement de leur adoption, une attirance irrésistible pour une amie de la victime, et des supérieurs peu enclins à le voir réussir dans ses entreprises, prêts à tout pour tirer la couverture à eux, quitte à user d'un vice de prodécure... 

Cette quatrième enquête de Montalbano nous plonge à nouveau dans une atmosphère truculente avec ses personnages atypiques tel Catarella, placé au standard du commissariat car "ils l'avaient mis à répondre aux coups de fil dans la conviction erronée que là, il pourrait faire moins de dégâts qu'ailleurs." Ses formulations particulières, sa déformation des noms et mots en font un être à part : "Je vous demande votre pardonnement et votre compression, dottori.". Pour ennuyer sa hiérachie, Montalbano l'envoie en stage d'"informemathique". 

Ces personnages bien campés servent une intrigue correcte, oscillant entre argent, amour, appât du gain et rivalités policières.

La Sicile de Montalbano exhale ses parfums grâce au vocabulaire merveilleusement rendu par les traducteurs.

Ce que j'ai moins aimé :

Chez Pocket ce roman apparaît dans la collection "thriller". Ne vous y fiez pas ! Les Montalbano sont plus intéressants pour leur atmosphère que pour l'intrigue policière, qui, si elle tient la route, souffre d'un défaut de rythme : très lente au début, elle s'accélère soudain quand un vice de procédure est découvert. 

Beaucoup de personnages différents apparaissent, rendant difficile leur identification.

Présentation de l'éditeur :

PocketFleuve noir

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La concession du téléphone

 

La voix du violon, Andrea Camilleri, traduit par Serge Quadruppani et Maruzza Loria, Pocket, avril 2003, 256 p., 6.20 euros

L'incendie de Antoine CHOPLIN et Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

L'incendie réunit deux auteurs qui se connaissent depuis longtemps et ont eu envie de partager une aventure littéraire en écrivant à deux. 

De retour de Belgrade, où il a revu son ami Jovan, Pavle éprouve le besoin impétueux de prolonger l'échange en lui écrivant. Pavle et Jovan sont serbes et ont subi de plein fouet la guerre qui a secoué l'ex-Yougoslavie au début des années 90. Si Jovan est resté dans leur pays, Pavle a préféré émigrer en Argentine. Néanmoins, il ressent maintenant le besoin d'amoindrir la distance qui s'est installée entre eux. Commence alors une relation épistolaire durant laquelle l'un et l'autre, à pas feutrés, revient sur un passé trouble. 

Par touches subtiles, les deux amis se dévoilent, s'arrangeant avec leurs mensonges, avec la réalité perçue quelquefois différemment. La culpabilité semblent les ronger, mais peu à peu l'ombre qui pèse sur leur passé se lève sur un nouveau jour, les non dits de l'un et de l'autre s'estompent pour dévoiler une toute autre histoire. Lettre après lettre, les hommes gagnent en humanité. 

L'incendie témoigne d'une foi en l'homme capable du pire comme du meilleur, la guerre exacerbant son humanité ou son animalité. Un très beau texte.

Ce que j'ai moins aimé :

J'aurais aimé un style plus lyrique, plus éclatant, il était un peu trop banal à mon goût.

Vous aimerez aussi :

De Choplin :  La nuit tombée Le héron de Guernica  ;  Radeau

De Mingarelli : Une rivière verte et silencieuse

D'autres avis :

Valérie ; Jérôme  ; Noukette  ; Aifelle ; Luocine

 

Merci à l'éditeur.

 

L'incendie, Antoine Choplin, Hubert Mingarelli, La fosse aux ours, janvier 2015, 86 p., 13 euros

Toute la terre qui nous possède de Rick BASS

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

Dans un style lyrique, Rick Bass chante la terre en observant les abords du lac salé Juan Cordona à 20 km de Castle Gap dans le désert texan. Il fait vivre ce lieu mythique sur plusieurs générations : Max et Marie Omo s'installe au bords des rives du lac dans années 30, puis dans les années 60, Richard, géologue chargé de forer les sols pétrolifères, s'y intéresse à son tour. Il y emmène Clarissa, une jeune femme à la pâleur surnaturelle. Tous se penchent sur cette terre millénaire, que ce soit pour y chercher des fossiles, des traces du passé, des richesses avec ce sel exploité par Max Omo, des animaux, que ce soit pour s'implanter, y planter ses racines ou juste l'effleurer au passage...

"Malgré son jeune âge, Richard avait l'intuition qu'il n'y avait en ce monde qu'un souffle, d'un type unique, qui se répétait encore et encore, aussi régulier et réfléchi que la respiration d'un animal endormi - et pourtant le monde, pas seulement le monde vivant mais le vieux monde en dessous, paraissait avoir son mot à dire dans le choix des histoires qui devaient évoluer, être modelées et remodelées, et de celles qui disparaissaient dans l'abysse ainsi que du combustible et du carburant dans la gueule de quelque machine cruelle, avançant avec un bruit sec et métallique." p. 100

Chacun va tenter de trouver sa place dans un environnement à la fois fascinant et hostile. Mais le paysage parviendra-t-il à combler le vide abyssal qui perdure en eux ?

Ce que j'ai moins aimé :

Plusieurs couches de sédiments se superposent pour atteindre le coeur du roman, et il faut avoir la patience et la concentration nécessaire pour y parvenir. Cette lenteur alliée à l'atmosphère étrange sont assez déconcertantes...

Présentation de l'éditeur :

Christian Bourgois

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Winter

D'autres avis :

TéléramaLibérationPage 

 

Toute la terre qui nous possède, Rick Bass, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie Tronchet, Christian Bourgois éditeur, 2014, 448 p., 22 euros

 

Mon salon du livre 2015

Publié le par Hélène

Comme je veux rendre ce qui est à César à César, je rends mon mode d'écriture de ce compte-rendu à Moka dont le "Mois après mois" m'a inspirée !

Jeudi 19 mars : Soirée d'inauguration du Salon :

Faire le salon du livre avec Sophie, c'est s'arrêter tous les mètres pour saluer quelqu'un et rencontrer de fait des tas de gens passionnants. Connus ou pas. Enfin surtout pas connus de moi... Mais passionnants.

Stand Ecole des Loisirs. Du bienfait du yoga. Si tu veux vivre sur une île va à Ibiza

Croisé Jaeneda. Lu une fois. Pas aimé.  Il s'en souvient encore. 

Stand Robert Laffont. La foule. Attirée par le fait que les entrées soient filtrées ? Ou par le buffet ? Caroline et ses bracelets bleus. Goûte les macarons. Stephie et sa spontanéité-gentillesse-bonne humeur. Je ne sais plus où j'ai garé ma voiture. Tamara  et ses bientôt presque 10 ans de blog. Pousse-toi t'es devant les millefeuilles. Noukette. Qui s'appelle Anne. L'histoire est trop longue à raconter. Y'a plus d'champagne. Caroline et Didier. Mais il t'a envoyé un SMS ? 

Tiens y'a Tonie Behar ! Lue ! Un amour de fille. Just do it ! Mais ils sont où Lattès ?Tiens si on appelait Anne ?

Stand Gallimard. Tiens y'a Serge. Qui ? Serge Joncour. Pas lu. Attends avant je salue Eric Reinhardt. Pas lu. Attends on fait un selfie. Celle qui ressemblait à Rosanna Arquette. 

Mon salon du livre 2015

Je cherche Michel Lafon. Y'a pas. Mais y'a Robert. Et des macarons à mourir. 

Tiens Ian Manook ! Lu ! Ah non c'était sa photo...

Stand storylab. Mais pourquoi ça s'appelle Iggybook ? Ca a l'air bien, ça me donnerait presque envie de devenir auteur. De l'intérêt de fréquenter les salons de province. Le train du cholestérol. Il fait froid ici, viens on s'en va.

Paul Vacca. Pas lu. Avec Yann Suty. Pas lu mais connu. Et sinon tu lis quoi Yann ? Paul Auster ? Lu !  Tu publies bientôt autre chose ? Allez, je le lirai... Ceux qui se croient au-dessus des lois et fument. Des bobos parisiens...

Pierre et Guillaume de Babélio. Ah bon y'a une rencontre Babélio dimanche ? Le gorille récalcitrant. La sécurité vacillante. Qui éteint les cigarettes mais ne te fouille pas à l'entrée. 

Tout le monde dehors. J'aime pas les gens. On ne sait jamais comment peut finir ta soirée...

Les blogueurs, une grande famille. L'an prochain, promis je lirai plus de romans français. 

 

Journée du samedi 21 mars :

Une journée placée sous le signe des blogueurs et des conseils de lecture.

Espace Presse 11h petit déjeuner Métailié entre blogueurs.

Anne-Charlotte et son sourire éclatant. Des livres de Sepulveda, Indridason, Lidia Jorge, Moussa Konaté, Galsan Tschinag... L'impression d'être chez soi. Sandy, Cryssilda avec qui j'ai tant de goûts communs. Lisez Books les filles ! Jostein, Valérie et son intérêt pour l'itinérance, Marjorie, Laurie, Noukette, Jérôme, Sara ... Framboise Lavabo. Pourquoi Lavabo ? Comme ça. Enfin mettre des visages sur des liens virtuels. Les blogueuses écrivent mal. Rencontre avec une anti-blog. Qui préfère les webzines. Qui venait carotter les pains au chocolat. Qui n'est pas restée longtemps parmi nous... Il faut que tu lises Dominic Cooper. Ah bon vous non plus vous n'aimez pas Thorarinsson...

12h30 Rencontre avec Phili et Une comète

J'adore les crêpes. Une gentillesse débordante. Parcours de vie. De la difficulté de s'échapper de sa zone de confort. Souvenirs heureux de fac. Tour de stands. Rester stoïque devant Transboréal et ses titres tentants. Viviane Hamy et sa libraire enthousiaste. Il faut lire :  Fleur et sang de Vallejo, Le coeur du pélican de Cécile Coulon et L'archange du chaos de Dominique Sylvain. Zulma. Tiens mais j'aime TOUT chez eux ! Rivages poche. Lire Westlake. Rencontre avec un fan de Sjöwall et Wahloo. Celle qui photographiait les couvertures de livres. Verdier. Mon enthousiasme pour Toledo. L'enthousiasme d'un lecteur pour Pierre Silvain. Faisons confiance. Je prends. J'aime l'enthousiasme. Si ça se trouve c'était l'auteur. Non les filles, j'crois pas...

14h Rencontre blogueurs

Des blogueurs que je connais. D'autres non. Ne surtout pas lire le dernier de Lionel Duroy. Nina et son humour. N'envoyez surtout pas vos filles à Gisors. Laure et sa vivacité. Du danger d'être prof et blogueuse. Lire Le principe de Ferrari. Lire Kamel Daoud et son Meursault.

15h Chacun reprend sa route

La leçon d'allemand ou les conseils unanimes : Lionel Duroy, un lecteur l'Express, ma nièce Clémentine, le gars aux yeux bleus qui tenait le stand. Je prends. A cause du gars aux yeux bleus, bien sûr... Lecture commune prévue en 2017... Et sinon après 5 ans de blog tu ne te lasses pas ? Du bon usage des SP. Faire un blog qui nous ressemble. Le Tripode. Celle qui voulait un livre pas plombant. J'adore ce livre. Je te fais confiance. J'aime l'enthousiasme. Tu crois qu'ils attendent Marc Lavoine ? La solitude de Nancy Huston / L'engouement pour Marc Lévy. Quand le monde littéraire ne tourne pas rond.

Bref :

Ma récolte :

Mon salon du livre 2015

Des supers rencontres qui montrent l'adéquation entre vie virtuelle et vie réelle. Merci Phili, notre rayon de soleil de la journée, qui est à l'initiative de cette rencontre de blogueurs ! Merci à Sylvain Bontoux du service com' du salon pour l'invitation du jeudi soir et à Anne-Charlotte Ullmann, du service presse de Métailié pour celle du samedi.

 

D'autres billets sur le salon du livre : Chez Caroline, Laurie,

Un parfum d'herbe coupée de Nicolas DELESALLE

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

Que laisse-t-on à notre famille ? Aux générations futures ? Quel souvenir de nous aura notre arrière-petite-fille ? Le narrateur Kolia décide d'écrire à cette arrière-petite-fille qu'il prénomme Anna pour ne pas rompre le fil, pour exister encore, au-delà du temps et des années. Vient alors l'heure de faire du tri dans les souvenirs, de choisir ceux qui méritent d'émerger des affres du temps, et ceux qu'il vaut mieux laisser périr. Mais choisit-on réellement ? Pourquoi gardons-nous de notre enfance tel souvenir plutôt que tel autre ? La mémoire demeure un mystère insondable...

"Pourquoi un souvenir qui n'avait aucune aspérité, un moment minuscule qui aurait dû rejoindre l'immense cimetière des minutes oubliées, s'impose à nous ? Il doit y avoir une sorte de magie neuronale qui fait que cetains instants restent cramponnée là, sous le front, comme des grenouilles sur d'autres grenouilles, à la saison des amours." p. 120

Quelques scènes sonnent très juste, comme cette amitié magnifique avec un mort au cimetière du Père Lachaise.  Malheureusement, d'autres pages tombent à plat...

Ce que j'ai moins aimé :

Les scènes choisies ne sont pas toujours réussies, comme la terreur du lycée, le professeur de physique, la mort de son chien, qui frôlent la banalité.

L'absence d'ordre chronologique est assez déroutante. 

Le style, dés les premières lignes, m'a déplu : des phrases simples qui se veulent peut-être un effet de style mais peuvent aussi passer pour une absence d'inspiration. Au détour de quelques phrases la poésie pointe son nez mais elle s'évanouit ensuite rapidement pour faire retomber le texte dans la platitude d'un matin de pluie.

N'est pas Proust qui veut... Le thème du souvenir cher à Proust est ici traité avec modernité certes, mais tombe aussi souvent à coté... 

Présentation de l'éditeur :

Préludes 

Vous aimerez aussi :

 

D'autres avis :

Séverine JosteinAlfie's mecCaroline ; KeishaClara Laure ; Valérie

A noter que les avis sont tous positifs (à part  Antigone), je dois être la seule à être restée sur le bord de la route et à ne pas avoir entendu la "petite musique" de l'auteur. Il faut dire que je n'ai jamais été mélomane...

Clin d'oeil :

"Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir." 

 

Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle, Préludes, 13.60 euros

Printemps des poètes - 6

Publié le par Hélène

Or, pour moi, la culture, c’est tout ce qui refuse les similitudes, l’immobilisme des racines, les miroirs de la mémoire close, tout ce qui refuse ou écarte le semblable ou le similaire pour rechercher ce qui est différent, ce qui est dissemblable. Etre cultivé aujourd’hui, ce n’es pas lire Tacite ou Homère dans le texte (ça c’est l’érudition), ce n’est pas non plus connaître par cœur les composantes chimiques du sol de Mars ou de Saturne, c’est simplement admettre jusqu’en sa propre création la culture des autres, c’est même au besoin se mêler à elle et la mêler en soi. Etre cultivé aujourd’hui, c’est porter en soi à sa mort des mondes plus nombreux que ceux de sa naissance. C’est s’enrichir et s’agrandir en se tissant, se métissant de la culture des autres.

Jacques Lacarrière

Extrait de « Nous ne sommes plus des paramécies »
Texte publié dans la revue Gulliver (93)

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