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L'incendie de Antoine CHOPLIN et Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

L'incendie réunit deux auteurs qui se connaissent depuis longtemps et ont eu envie de partager une aventure littéraire en écrivant à deux. 

De retour de Belgrade, où il a revu son ami Jovan, Pavle éprouve le besoin impétueux de prolonger l'échange en lui écrivant. Pavle et Jovan sont serbes et ont subi de plein fouet la guerre qui a secoué l'ex-Yougoslavie au début des années 90. Si Jovan est resté dans leur pays, Pavle a préféré émigrer en Argentine. Néanmoins, il ressent maintenant le besoin d'amoindrir la distance qui s'est installée entre eux. Commence alors une relation épistolaire durant laquelle l'un et l'autre, à pas feutrés, revient sur un passé trouble. 

Par touches subtiles, les deux amis se dévoilent, s'arrangeant avec leurs mensonges, avec la réalité perçue quelquefois différemment. La culpabilité semblent les ronger, mais peu à peu l'ombre qui pèse sur leur passé se lève sur un nouveau jour, les non dits de l'un et de l'autre s'estompent pour dévoiler une toute autre histoire. Lettre après lettre, les hommes gagnent en humanité. 

L'incendie témoigne d'une foi en l'homme capable du pire comme du meilleur, la guerre exacerbant son humanité ou son animalité. Un très beau texte.

Ce que j'ai moins aimé :

J'aurais aimé un style plus lyrique, plus éclatant, il était un peu trop banal à mon goût.

Vous aimerez aussi :

De Choplin :  La nuit tombée Le héron de Guernica  ;  Radeau

De Mingarelli : Une rivière verte et silencieuse

D'autres avis :

Valérie ; Jérôme  ; Noukette  ; Aifelle ; Luocine

 

Merci à l'éditeur.

 

L'incendie, Antoine Choplin, Hubert Mingarelli, La fosse aux ours, janvier 2015, 86 p., 13 euros

Toute la terre qui nous possède de Rick BASS

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

Dans un style lyrique, Rick Bass chante la terre en observant les abords du lac salé Juan Cordona à 20 km de Castle Gap dans le désert texan. Il fait vivre ce lieu mythique sur plusieurs générations : Max et Marie Omo s'installe au bords des rives du lac dans années 30, puis dans les années 60, Richard, géologue chargé de forer les sols pétrolifères, s'y intéresse à son tour. Il y emmène Clarissa, une jeune femme à la pâleur surnaturelle. Tous se penchent sur cette terre millénaire, que ce soit pour y chercher des fossiles, des traces du passé, des richesses avec ce sel exploité par Max Omo, des animaux, que ce soit pour s'implanter, y planter ses racines ou juste l'effleurer au passage...

"Malgré son jeune âge, Richard avait l'intuition qu'il n'y avait en ce monde qu'un souffle, d'un type unique, qui se répétait encore et encore, aussi régulier et réfléchi que la respiration d'un animal endormi - et pourtant le monde, pas seulement le monde vivant mais le vieux monde en dessous, paraissait avoir son mot à dire dans le choix des histoires qui devaient évoluer, être modelées et remodelées, et de celles qui disparaissaient dans l'abysse ainsi que du combustible et du carburant dans la gueule de quelque machine cruelle, avançant avec un bruit sec et métallique." p. 100

Chacun va tenter de trouver sa place dans un environnement à la fois fascinant et hostile. Mais le paysage parviendra-t-il à combler le vide abyssal qui perdure en eux ?

Ce que j'ai moins aimé :

Plusieurs couches de sédiments se superposent pour atteindre le coeur du roman, et il faut avoir la patience et la concentration nécessaire pour y parvenir. Cette lenteur alliée à l'atmosphère étrange sont assez déconcertantes...

Présentation de l'éditeur :

Christian Bourgois

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Winter

D'autres avis :

TéléramaLibérationPage 

 

Toute la terre qui nous possède, Rick Bass, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie Tronchet, Christian Bourgois éditeur, 2014, 448 p., 22 euros

 

Mon salon du livre 2015

Publié le par Hélène

Comme je veux rendre ce qui est à César à César, je rends mon mode d'écriture de ce compte-rendu à Moka dont le "Mois après mois" m'a inspirée !

Jeudi 19 mars : Soirée d'inauguration du Salon :

Faire le salon du livre avec Sophie, c'est s'arrêter tous les mètres pour saluer quelqu'un et rencontrer de fait des tas de gens passionnants. Connus ou pas. Enfin surtout pas connus de moi... Mais passionnants.

Stand Ecole des Loisirs. Du bienfait du yoga. Si tu veux vivre sur une île va à Ibiza

Croisé Jaeneda. Lu une fois. Pas aimé.  Il s'en souvient encore. 

Stand Robert Laffont. La foule. Attirée par le fait que les entrées soient filtrées ? Ou par le buffet ? Caroline et ses bracelets bleus. Goûte les macarons. Stephie et sa spontanéité-gentillesse-bonne humeur. Je ne sais plus où j'ai garé ma voiture. Tamara  et ses bientôt presque 10 ans de blog. Pousse-toi t'es devant les millefeuilles. Noukette. Qui s'appelle Anne. L'histoire est trop longue à raconter. Y'a plus d'champagne. Caroline et Didier. Mais il t'a envoyé un SMS ? 

Tiens y'a Tonie Behar ! Lue ! Un amour de fille. Just do it ! Mais ils sont où Lattès ?Tiens si on appelait Anne ?

Stand Gallimard. Tiens y'a Serge. Qui ? Serge Joncour. Pas lu. Attends avant je salue Eric Reinhardt. Pas lu. Attends on fait un selfie. Celle qui ressemblait à Rosanna Arquette. 

Mon salon du livre 2015

Je cherche Michel Lafon. Y'a pas. Mais y'a Robert. Et des macarons à mourir. 

Tiens Ian Manook ! Lu ! Ah non c'était sa photo...

Stand storylab. Mais pourquoi ça s'appelle Iggybook ? Ca a l'air bien, ça me donnerait presque envie de devenir auteur. De l'intérêt de fréquenter les salons de province. Le train du cholestérol. Il fait froid ici, viens on s'en va.

Paul Vacca. Pas lu. Avec Yann Suty. Pas lu mais connu. Et sinon tu lis quoi Yann ? Paul Auster ? Lu !  Tu publies bientôt autre chose ? Allez, je le lirai... Ceux qui se croient au-dessus des lois et fument. Des bobos parisiens...

Pierre et Guillaume de Babélio. Ah bon y'a une rencontre Babélio dimanche ? Le gorille récalcitrant. La sécurité vacillante. Qui éteint les cigarettes mais ne te fouille pas à l'entrée. 

Tout le monde dehors. J'aime pas les gens. On ne sait jamais comment peut finir ta soirée...

Les blogueurs, une grande famille. L'an prochain, promis je lirai plus de romans français. 

 

Journée du samedi 21 mars :

Une journée placée sous le signe des blogueurs et des conseils de lecture.

Espace Presse 11h petit déjeuner Métailié entre blogueurs.

Anne-Charlotte et son sourire éclatant. Des livres de Sepulveda, Indridason, Lidia Jorge, Moussa Konaté, Galsan Tschinag... L'impression d'être chez soi. Sandy, Cryssilda avec qui j'ai tant de goûts communs. Lisez Books les filles ! Jostein, Valérie et son intérêt pour l'itinérance, Marjorie, Laurie, Noukette, Jérôme, Sara ... Framboise Lavabo. Pourquoi Lavabo ? Comme ça. Enfin mettre des visages sur des liens virtuels. Les blogueuses écrivent mal. Rencontre avec une anti-blog. Qui préfère les webzines. Qui venait carotter les pains au chocolat. Qui n'est pas restée longtemps parmi nous... Il faut que tu lises Dominic Cooper. Ah bon vous non plus vous n'aimez pas Thorarinsson...

12h30 Rencontre avec Phili et Une comète

J'adore les crêpes. Une gentillesse débordante. Parcours de vie. De la difficulté de s'échapper de sa zone de confort. Souvenirs heureux de fac. Tour de stands. Rester stoïque devant Transboréal et ses titres tentants. Viviane Hamy et sa libraire enthousiaste. Il faut lire :  Fleur et sang de Vallejo, Le coeur du pélican de Cécile Coulon et L'archange du chaos de Dominique Sylvain. Zulma. Tiens mais j'aime TOUT chez eux ! Rivages poche. Lire Westlake. Rencontre avec un fan de Sjöwall et Wahloo. Celle qui photographiait les couvertures de livres. Verdier. Mon enthousiasme pour Toledo. L'enthousiasme d'un lecteur pour Pierre Silvain. Faisons confiance. Je prends. J'aime l'enthousiasme. Si ça se trouve c'était l'auteur. Non les filles, j'crois pas...

14h Rencontre blogueurs

Des blogueurs que je connais. D'autres non. Ne surtout pas lire le dernier de Lionel Duroy. Nina et son humour. N'envoyez surtout pas vos filles à Gisors. Laure et sa vivacité. Du danger d'être prof et blogueuse. Lire Le principe de Ferrari. Lire Kamel Daoud et son Meursault.

15h Chacun reprend sa route

La leçon d'allemand ou les conseils unanimes : Lionel Duroy, un lecteur l'Express, ma nièce Clémentine, le gars aux yeux bleus qui tenait le stand. Je prends. A cause du gars aux yeux bleus, bien sûr... Lecture commune prévue en 2017... Et sinon après 5 ans de blog tu ne te lasses pas ? Du bon usage des SP. Faire un blog qui nous ressemble. Le Tripode. Celle qui voulait un livre pas plombant. J'adore ce livre. Je te fais confiance. J'aime l'enthousiasme. Tu crois qu'ils attendent Marc Lavoine ? La solitude de Nancy Huston / L'engouement pour Marc Lévy. Quand le monde littéraire ne tourne pas rond.

Bref :

Ma récolte :

Mon salon du livre 2015

Des supers rencontres qui montrent l'adéquation entre vie virtuelle et vie réelle. Merci Phili, notre rayon de soleil de la journée, qui est à l'initiative de cette rencontre de blogueurs ! Merci à Sylvain Bontoux du service com' du salon pour l'invitation du jeudi soir et à Anne-Charlotte Ullmann, du service presse de Métailié pour celle du samedi.

 

D'autres billets sur le salon du livre : Chez Caroline, Laurie,

Un parfum d'herbe coupée de Nicolas DELESALLE

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

Que laisse-t-on à notre famille ? Aux générations futures ? Quel souvenir de nous aura notre arrière-petite-fille ? Le narrateur Kolia décide d'écrire à cette arrière-petite-fille qu'il prénomme Anna pour ne pas rompre le fil, pour exister encore, au-delà du temps et des années. Vient alors l'heure de faire du tri dans les souvenirs, de choisir ceux qui méritent d'émerger des affres du temps, et ceux qu'il vaut mieux laisser périr. Mais choisit-on réellement ? Pourquoi gardons-nous de notre enfance tel souvenir plutôt que tel autre ? La mémoire demeure un mystère insondable...

"Pourquoi un souvenir qui n'avait aucune aspérité, un moment minuscule qui aurait dû rejoindre l'immense cimetière des minutes oubliées, s'impose à nous ? Il doit y avoir une sorte de magie neuronale qui fait que cetains instants restent cramponnée là, sous le front, comme des grenouilles sur d'autres grenouilles, à la saison des amours." p. 120

Quelques scènes sonnent très juste, comme cette amitié magnifique avec un mort au cimetière du Père Lachaise.  Malheureusement, d'autres pages tombent à plat...

Ce que j'ai moins aimé :

Les scènes choisies ne sont pas toujours réussies, comme la terreur du lycée, le professeur de physique, la mort de son chien, qui frôlent la banalité.

L'absence d'ordre chronologique est assez déroutante. 

Le style, dés les premières lignes, m'a déplu : des phrases simples qui se veulent peut-être un effet de style mais peuvent aussi passer pour une absence d'inspiration. Au détour de quelques phrases la poésie pointe son nez mais elle s'évanouit ensuite rapidement pour faire retomber le texte dans la platitude d'un matin de pluie.

N'est pas Proust qui veut... Le thème du souvenir cher à Proust est ici traité avec modernité certes, mais tombe aussi souvent à coté... 

Présentation de l'éditeur :

Préludes 

Vous aimerez aussi :

 

D'autres avis :

Séverine JosteinAlfie's mecCaroline ; KeishaClara Laure ; Valérie

A noter que les avis sont tous positifs (à part  Antigone), je dois être la seule à être restée sur le bord de la route et à ne pas avoir entendu la "petite musique" de l'auteur. Il faut dire que je n'ai jamais été mélomane...

Clin d'oeil :

"Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir." 

 

Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle, Préludes, 13.60 euros

Printemps des poètes - 6

Publié le par Hélène

Or, pour moi, la culture, c’est tout ce qui refuse les similitudes, l’immobilisme des racines, les miroirs de la mémoire close, tout ce qui refuse ou écarte le semblable ou le similaire pour rechercher ce qui est différent, ce qui est dissemblable. Etre cultivé aujourd’hui, ce n’es pas lire Tacite ou Homère dans le texte (ça c’est l’érudition), ce n’est pas non plus connaître par cœur les composantes chimiques du sol de Mars ou de Saturne, c’est simplement admettre jusqu’en sa propre création la culture des autres, c’est même au besoin se mêler à elle et la mêler en soi. Etre cultivé aujourd’hui, c’est porter en soi à sa mort des mondes plus nombreux que ceux de sa naissance. C’est s’enrichir et s’agrandir en se tissant, se métissant de la culture des autres.

Jacques Lacarrière

Extrait de « Nous ne sommes plus des paramécies »
Texte publié dans la revue Gulliver (93)

A l'orient de tout. Oeuvres poétiques de François CHENG

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"La beauté est une rencontre" 

 

"Quand se tait soudain le chant du loriot

L'espace est empli de choses qui meurent

Tombant en cascade un long filet d'eau

Ouve les rochers de la profondeur

Le vallon s'écoute et entend l'écho

D'immémoriaux battements de coeur."

 

"Vers le soir

Abandonne-toi

à ton double destin :

Habiter le coeur du paysage 

Et faire signe

aux filantes étoiles."

 

Le lac Suwa dans la province de Shinano, (c) Hokusai

 

"Céder à l'invite du tronc couché

Céder à l'antique blessure

guérie par la résine du temps

Au sortilège d'un après-midi

en vierge forêt

Aux murmures ininterrompues de l'été

A la félicité de l'attente, à l'arrivée

inattendue d'une amante de rêve

Au bourdonnement autour des mûres

que les renards ont crachées

Aux écailles de serpent muées en papillons

A la soif qu'étanchent seules les larmes

A l'irrépressible nostalgie renée

de l'éternel instant

 

Céder à l'invite du héron debout

Qui, près de l'étang, là-bas

Tend le miroir d'un soir doré

au coeur de la mémoire terrestre."

 

"Réduit au plus ténu du souffle

Etre pure ouïe

Et faire écho en silence

Au respir des sycomores

Quand l'automne les pénètre

De son haleine d'humus et de brume

A la saveur de sel après larmes

 

Réduit au plus ténu du souffle

Abandonné au rien

Et au change

A rine de moins qu'échange

Là où voix est voie

Et voie voix

Là est"

Shiro Kasamatsu – Pin sous la pluie, Kinokunizaka, in Tokyo, 1938

 

"Ne laisse en ce lieu, passant

Ni les trésors de ton corps

Ni les dons de ton esprit

Mais quelques traces de pas

 

Afin qu'un jour le vent fort

A ton rythme s'initie

A ton silence à ton cri

Et fixe enfin ton chemin"

 

"Au bout de la nuit un seuil éclairé

Nous attire encore vers son doux mystère

Les grillons chantant l'éternel été

Quelque part la vie vécue reste entière"

 

Kawase Hasui (1883-1957), "Lune d'hiver à Toyamagahara" (ukiyo-e, c. 1931)

 

"Accorde-nous de boire l'eau céleste

Aussi pure que les perles de crapaud

sous l'éclair de la lune

 

De surgir une fois encore du sol

Des chairs meurtries au gré de la tige

du bambou réduite aux os

 

De ne pas oublier le cou de cygne

Plus tendre u'un rêve de paradis

au coeur de la foule en perdition

 

De perpétuer les mots non dits à jamais

Lèvres d'iris effleurées par la brise

émanant du volcan d'origine

 

"Nous reverrons-nous un jour ?" 

"Mais..."

 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

 

A l'orient de tout. Oeuvres poétiques, François Cheng, Préface d'André Velter, Poésie/Gallimard, septembre 2005, 7.10 euros

De haute lutte de AMBAI

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

De haute lutte est un recueil de nouvelles mettant en scène la femme indienne, et plus particulièrement la culture tamoule.

"Le manuscrit" : Chentamarai vit avec sa mère qui s'est battue pour vivre comme elle l'entendait, loin d'un mari poète violent.

"Les ailes brisées" : Châyâ est l'épouse d'un homme avare. Elle se rend compte peu à peu que l'aigreur de vivre près d'un homme qu'elle n'aime pas la transforme elle aussi...

"Pour que la femme jouisse d'une image positive aux yeux de la société, il fallait qu'elle se consume et se comporte en victime consentante plut^to que de se révolter et de chercher son plaisir. Mais en se conduisant ainsi, elle ne faisait que tricher et retourner son hostilité contre elle-même." p. 82

"De haute lutte" : Cempakan est une musicienne qui a épousé le fils de son maître de musique. Mais une rivalité s'installe entre elle et son mari également musicien. 

"La forêt" : récit onirique, mystique, beaucoup plus complexe.

L'originalité du recueil tient principalement par la place centrale prise par la musique, l'importance du chant traditionnel dans cette culture, art également pratiquée par ces femmes qui souvent doivent sacrifier leur passion pour devenir une parfaite épouse s'occupant de la maison et des enfants. Dans ces nouvelles, peu à peu, les femmes provoquent leur émancipation, mais la complexité de leur statut aujourd'hui reste entière.

Ce que j'ai moins aimé :

D'autres titres chez Zulma ayant le même sujet m'ont semblé plus forts, notamment les romans et nouvelles de Anjana Appachana, ou encore ceux de Bulbul Sharma, au caractère original. Je n'ai pu m'empêcher de comparer, et de fait, ce recueil-ci m'a moins plu. 

Présentation de l'éditeur :

Zulma 

Vous aimerez aussi :

La colère des aubergines de Bulbul SHARMA  ; Mangue amère de Bulbul SHARMA  Quand viennent les cyclones de Anita NAIR ; Une étrange et sublime adresse de Amit CHAUDHURI ; Pondichéry, à l’aurore de Aliette ARMEL ; Le tigre blanc de Aravind ADIGA ; Une bonne épouse indienne de Anne CHERIAN ; Les ombres de Kittur de Aravind ADIGA ; L’année des secrets d’Anjana APPACHANA  ; Mes seuls dieux d'Anjana APPACHANA ;  La vie troublée d'un tailleur pour dames de Bulbul Sharma

D'autres avis :

Jostein ; Yves

 

De haute lutte, Ambai, nouvelles traduites du tamoul (Inde) par Dominique Vitalyos et Krishna Nagarathinam, Zulma éditions, février 2015, 224 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur.

Printemps des poètes - 5

Publié le par Hélène

  « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre » pensait Ulysse. Aussi son chant écarta six reines et écueils ainsi sut-il revenir vers Pénélope : qu’à son exemple chacun cherche son Ithaque qui en lui demeure – sans doute lui sera-t-il accordé d’y aborder lumen de lumine.

Combien de temps faut-il pour comprendre qu’il n’y a ni passé no future on a tout le temps pour apprendre qu’y a rien à apprendre sinon le présent (é)mouvant ce curseur qui dévoile une seconde l’éternité. Que je devienne mon maître et son serviteur intérieurs que je n’aie pas d’autre héros que moi m’aime.

Le ciel est bleu ou gris et la mer son miroir va ma vie vogue après vague ma nave voyage. Ulysse des banlieues j’aime êtres et hêtres la belle et la bête elle et l’aile le clair et la chair mi-di comme minuit mon cri et mon silence le crépuscule des matins avec celui des soirs j’aime l’obscur et le clair et par l’éclair je vois dans la nuit jour de colère de tendresse ;

pas résigné pas rampant pas rebut pas à consommer condamné pas denrée mais vivant comme le corps beau délicieux croâ je crois et croîs en moi niant les saigneurs de guerre les assassins du seigneur moi-M niant les prophéties de Mal-heure les religieux du Mal-aise désobéissant aux politiques de Mal-être – n’oubliant pas qu’à l’an vert du monde rit le vers lent du démon ;

simple comme un caillou sage comme un arbre vif comme une pie inquiet comme un homme mon pays : le monde – ma patrie : la terre où la femme égale l’homme d’aucun parti mais de la totalité où les humains vont égaux en tous sous le soleil exactement embrassant seule religion la Vie Vraie (la guerre étroite celle des détroits de Toi n’aura pas lieu) n’y a rien d’autre qu’être moi toi soi notre Odyssée ludique dans l’Univers lieu unique :
être homme humus d’humanité !


Daniel Biga

Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

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