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Forum Fnac Livres

Publié le par Hélène

Du 2 au 4 septembre 2016, la Fnac organise la première édition du Forum Fnac Livres, un rendez-vous auquel seront présents plus de cent écrivains incontournables et des figures de la rentrée littéraire 2016.

Cet évènement entièrement gratuit et ouvert à tous se déroulera au carreau du Temple à Paris.

Au programme rencontres, débats, dialogues croisés, questionnaires mystère et séances de dédicaces. En parallèle, quatre balades littéraires à bord d'un bus des années 30, seront organisées samedi 3 septembre aux côtés de Olivier Bourdeaut, Sorj Chalandon, Timothée de Fombelle, ou encore Benoît Duteurtre...

Le programme complet est disponible ici : forumfnaclivres.com

A noter que les 6 finalistes du roman Fnac sont aussi dévoilés, il s'agit de :

Désorientale, NegarDjavadi, éd. LianaLevi
Petit pays, Gaël Faye, éd. Grasset
Le bal mécanique, Yannick Grannec, éd. Anne Carrière
Au commencement du 7e jour, Luc Lang, éd. Stock
L’archipel d'une autre vie, Andrei Makine, éd. Seuil
Continuer, Laurent Mauvignier, éd. de Minuit

Le prix sera remis jeudi 1er septembre lors de la soirée d'inauguration.

 

Forum

Le grand jeu de Céline MINARD

Publié le par Hélène

Rentrée littéraire 2016

La narratrice s'est retirée dans un refuge high tech accroché aux parois d'un massif montagneux. Elle cherche des réponses à ses questions, l'isolement étant comme une voie vers le "comment vivre" ? Si elle a tout prévu, c'est sans compter sur une nonne ermite du bout du monde qui bouleversera ses plans.
Ce personnage perché en haut de sa montagne apparaît aussi froid que les technologies mises en place pour lui permettre cette expérience du bout du monde. Aucune empathie ressentie envers cette femme dont on ne saisit pas bien les motivations profondes. Alors oui, elle se pose des questions, ô combien, mais justement, sans doute trop, peut-être mal. Ces questions perpétuelles alourdissent considérablement le récit, angoissantes, lancinantes, elles finissent par sonner creux. Artificielles plus que philosophiques. 

"On peut être en danger sans être en détresse. Dans quelles conditions ?" "Une menace est un risque précis. Et une promesse ?" "Peut-on se comprendre soi-même ? Peut-on réellement jouer seul aux échecs ?" 

"Tu acceptes qu'une forme verbale soit susceptible d'affecter ta production de glucocorticoïdes mais tu le refuses aux variations climatiques ? (...) Est-ce qu'avoir les pieds trempés quinze jours de long c'est une expérience enrichissante . En quoi ? En matière de champignon ? Est-ce que parler aux geais ça m'avance beaucoup sur le chemin de la paix de l'âme ?"

Et pourtant le thème du rapport à l'autre, entre menace et promesse était attirant :

"Si s'éloigner des humains c'était céder à l'affolement ? Refuser de prendre le risque de la promesse, de la menace. Refuser de le calculer, de le mesurer, de s'en garder. Si la retraite (le retirement), c'était jeter le risque du côté du danger, définitivement ? Si c'était choisir la peur, la panique, se choisir un maître ? Se laisser dévorer par la promesse et la menace, sans même qu'elles s'annoncent ? Vaut-il mieux s'éloigner du danger ou tenter de le réduire ? A quelle distance une relation humaine n'est-elle qu'un risque ? A quelle distance est-elle inoffensive ?

Est-ce que la surprise est une solution ? Une sauvagerie ?" p. 124

Stylistiquement parlant, ce choix assumé de poser des questions perpétuellement noie le propos et la personnalité de la narratrice qui manque alors de subtilité, de profondeur, de contours. 

Et puis parlons de cette nonne sortie de nulle part, personnage étrange autant qu'inquiétant. Quel rôle joue-t-elle ? Métaphorique ? A vouloir trop en faire, on se perd en chemin... Une déception ! 

 

Présentation de l'éditeur : Rivages 

D'autres avis : Cathulu. Dans L'express, un pour un et un contre s'affrontent... Pour les Inrocks il sonne creux, quand Télérama l'encense

Un roman qui divise indubitablement...

Du même auteur : Faillir être flingué

 

Le grand jeu, Céline Minard, Rivages, 190 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur.

Les beaux étés de ZIDROU et Jordi LAFEBRE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ ♥

"Avant, on habitait en Belgique. Maintenant on habite en vacances !"

Le premier tome se déroule en août 1973. La  famille Faldérault part en vacances,  "Cap au Sud" une fois que le père aura rendu ses planches de Bd. Et c'est parti pour un voyage enchanté avec les chansons traditionnelles, le pique nique en chemin et son lieu attitré, les taquineries des frères et des soeurs, et surrtout, l'insouciance de ces jours suspendus ... 

En chemin, ils plantent leur tente dans le jardin d'un charmant couple trop heureux de cette visite impromptue qui leur promet des apéros épicuriens : "Les enfants, c'est le meilleur de la vie ! Les enfants... et le rosé bien frais !"

Car oui, c'est le bonheur que chante ces albums, un bonheur fragile, souvent caché dans les détails et dans les liens ténus qui relient les êtres mais un bonheur qui éclate, pur, pendant ce mois de vacances loin des aléas du quotidien. Alors peut-être que le couple bat de l'aile, que la tante est gravement malade, que le travail est difficile, mais ce qui importe avant tout, c'est de vibrer, et de retrouver l'insouciance de l'enfance et des vacances... 

"Je suis fatiguée, Tchouki, fatiguée d'attendre qu'arrive enfin la vie dont Pierre et moi rêvions quad nous avions 20 ans. Ma mère me disait toujours "à 20 ans on rêve sa vie, à 40 on l'assume." Mais moi, j'en ai marre d'assumer ! Je veux ! ... Je veux ! ... En fait je ne sais pas ce que je veux, je sais seulement que je n'ai pas envie de finir comme elle, sèche et amère."

Le deuxième tome remonte le temps, il se déroule en 1969 et relate cette fois-ci un séjour dans les calanques, avec toujours beaucoup de tendresse, de joie de vivre et de justesse dans ces planches qui fleurent bon les vacances. 

"Te raconter ? Te raconter quoi, papa ? Le bonheur ça ne se raconte pas !"

 

Présentation de l'éditeur : Dargaud 

D'autres avis : découvert chez Noukette et Jérôme ; Violette ; Moka

Bd de la semaine chez Noukette 

Le syndrome de la vitre étoilée de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Ce qu'on traverse, tout de même. Ce qu'on partage. La façon dont on se soutient les uns les autres, parfois avec maladresse, mais sans faillir. Je crois que c'est quelque chose de grand.

Ce que le corps traverse, aussi." p. 277

Stéphanie est en couple. Après dix ans à deux, Guillaume et elle aspirent à être trois, mais le troisième se fait attendre. Des jours, des mois passés à lancer des phrases optimistes "Je n'ai presque plus de tampons. J'aurai un bébé dans le ventre avant la fin de la boîte." , des mois durant lesquels l'espoir sombre peu à peu remplacé par cette obsession  : jouir pour procréer... La pression arrive, crescendo, portée par les conseils absurdes de l'entourage "il ne faut pas y penser et cela arrivera." ; ou les remarques décalées de la mère ou de la tante  "Quand on prend du poids, tomber enceinte peut s'avérer moins facile. Tu es sûre que tu veux reprendre de la tarte ?" p.59 ; "Champagne pour tout le monde ? Ou quelqu'un aurait-il quelque chose à annoncer ? Non ? Alors champagne pour tout le monde !" p.58

La narratrice parle avec à la fois gravité et humour de ce parcours du combattant vécu par un couple sur cinq. Elle évoque le désespoir qui peut  saisir la jeune femme qui voit ses copines tomber enceintes les unes après les autres, quand elle, contemple son ventre désespérément plat. Le désespoir qui prend à la gorge quand le parcours se complique, quand le corps médical commence à jouer un rôle, que ce soit par le biais des analyses poussées ou plus tard des inséminations douloureuses. Elle ne nous épargne rien de cette plongée dans un univers froid, du manque d'humanité du corps médical aux positions humiliantes, de la douleur physique, du manque d'accompagnement psychologique. Mais elle parle aussi de la suite, de la résurrection, de la libération, et sa personnalité lumineuse éclaire les pages les nimbant d'une aura singulière.

La forme même de ce drôle de journal intime, fait de fragments éclatés, d'articles, d'analyses biologiques, de statistiques,  de citations décalées ("Il va nous falloir un plus gros bateau." citation des dents de la mer), d'injonctions maternelles, de souvenirs, pose le roman comme une métaphore de l'identité éclatée et de la difficulté d'être soi dans un monde de conventions.

"La vitre étoilée, c'est celle du flipper qui, sous les coups des joueurs frustrés d'avoir laissé échapper la bille, se brise sans se disloquer. Les fissures lui confèrent un aspect céleste. C'est quand tout est brisé à l'intérieur alors qu'à l'extérieur tout semble tenir. On peut même trouver ça joli. Après généralement, ça fait tilt."

Le parcours vers soi est long dans ce roman lumineux doté de ce petit "supplément d'âme", mais la liberté retrouvée n'a pas de prix.

"La vie sait se montrer savoureuse avec ceux qui osent la laisser venir à eux." p.284

 

Présentation de l'éditeur : Fleuve éditions

D'autres avis : Lili galipette ; Caroline

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse)

Son site : http://www.sophieadriansen.fr/

 

 Merci à Sophie !

 

Le syndrome de la vitre étoilée, Sophie Adriansen, Fleuve éditions, août 2016, 352 p., 19.50 euros

 

 

Surf city de Kem NUNN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Ike Tucker vit dans le désert californien aux côtés de son oncle Gordon. Sa mère l'a laissé là un beau jour avec sa soeur Ellen, puis Ellen est partie à son tour pour fuir ce bout du monde. Ike est resté. Jusqu'à ce qu'un jeune homme vienne à lui pour lui signifier la disparition de Ellen. Ike décide alors de partir lui aussi pour les plages de Californie sur les traces de sa soeur. Muni des trois noms de types avec qui Ellen serait partie au Mexique, Ike arrive à Huntington Beach et comprend rapidement que s'il souhaite des informations il va lui falloir intégrer le monde particulier des surfeurs. Il achète alors sa première planche, conseillé alors par Preston, ancien surfeur émérite. Peu à peu il glâne des informations ici et là sur les personnes que sa soeur a fréquentées, même si le silence semble être de mise dans cet univers à la violence sous-jacente. Si la tension est palpable, le surf offre aussi à Ike des moments suspendus, en harmonie totale avec la nature : 

"La mer était sombre et tout autour de lui des rubans de lumière scintillaient puis s'évanouissaient comme des bancs de poissons. A l'horizon le soleil avait commencé à fondre, rouge au-dessus d'une mer pourpre. La marée était basse et les vagues dirigeaient leurs faces noires vers le rivage tandis que des traînées de brouillard s'élevaient de leur crête déchiquetée en de minces arcs dorés qui montaient dans le ciel, s'étiraient puis retombaient dans la mer, éparpillant leur lumière sur la surface comme des flammèches. Il y avait une qualité cyclique dans tout cela, dans les jeux de lumière et le mouvement de la houle. C'était un moment incroyable, et Ike se sentit soudain en prise avec tout ce qui l'entourait, sentit qu'il en faisait partie de façon quasiment organique. Ce sentiment lui fit prendre conscience d'une nouvelle gamme de potentialités." p. 92

http://www.meltyxtrem.fr/top-20-des-plus-belles-photos-de-tubes-en-surf-a527313.html

Ike devra aller au bout des rêves des surfers et de sa soeur pour en découvrir le revers...

"Il revit la jetée, les hordes de surfers se battant pour une vague, le zoo d'une ville tapie dans le sable, et ce qui avait jadis pu passer pour du désir et de la vitalité n'avait plus qu'un air de désespérance et d'épuisement au goût de cocaïne, oui ils avaient tous perdu et il ne restait plus qu'une grande vague qui les emportait et par-dessus laquelle il était impossible de revenir." p. 268

Kem Nunn peint un monde dans lequel les jeunes testent leurs limites, des êtres qui fuguent pensant vivre une expérience unique sur les plages de Californie, des silhouettes errantes à la recherche de la liberté mais découvrant aussi les risques inhérents à cette liberté et à ces milieux flirtant avec les interdits. Derrière les clichés édulcorés des surfeurs se tapit une vérité bien plus complexe qui préfigure le naufrage d'un rêve au goût d'infini.  

 

Présentation de l'éditeur : Folio 

D'autres avis : Yan  ; Marc Villard  ; Jean-Marc 

Repéré chez Electra 

Du même auteur : Tijuana Straits

 

Surf city, Kem Nunn, traduit de l'américain par Philippe Paringaux, folio gallimard, 1995, 336 p., 

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