Marina Bellezza de Silvia AVALLONE

Publié le par Hélène

                         

♥ ♥ ♥ 

"Devenir adulte, c'est gérer le désir et la violence."

Ce que j'ai aimé :

Au coeur de la vallée de Biella, les villages sont abandonnés, les volets fermés, les enseignes éteintes.

"C'était un spectacle amer, celui du temps qui se retirait et fissurait les villages, les rues. Restait le travail incessant des ronces, et celui, implacable, du torrent. L'obstination des arbres à résister et se régénérer." 

La crise est passée par là, laissant les jeunes nés dans ce cocon désoeuvrés. Certains sont partis, comme Ermanno, d'autres sont restés, comme Luca, Sebastiano et Andrea.

La première scéne du roman illustre parfaitement cette hésitation entre un départ vers un ailleurs peut-être plus glorieux - choix incarné par Marina - et la décision de rester implanté dans sa terre comme Andrea. Lors de cette scène, les garçons hésitent à sortir en ville puis finalement se dirigent vers la montagne, vers une lueur scintillant au loin, "voilée par l'humidité de la nuit". D'emblée l'écart entre Andrea et Marina est posé. Car Marina aimerait partir, attirée par les lumières de la ville et de la célébrité, tel un papillon qui court vers les flashs. Chanteuse de talent, son ascension promet d'être fulgurante. Mais cette célébrité rendra-t-elle son père plus présent ? Sa mère moins attachée à l'alcool ? Andrea ferait plutôt partie de ces jeunes qui reviennent depuis quelques années peupler la vallée, occupant les vieilles demeures délabrées que leurs parents ont abandonnées dans les années 60. Bradées, ces maisons constituent pour ces jeunes sans travail ni demeure un dernier recours. Certains réhabilitent même le métier le plus ancien de ces vallées, celui des ancêtres, des paysans. accord des hommes et de la montagne, hommage à cette vallée. 

"Une sorte de miracle. Une des raisons pour laquelle on choisit ce genre de vie. Le vrai gain, c'est voir les clients revenir parce que votre beurre, votre tomme, les produits que vous avez fabriqués de vos mains sont meilleurs que les autres ; attendre la naissance d'un veau ; apprendre à lire dans l'étendue du ciel même les signes les plus imperceptibles des saisons, et accorder le rythme de son corps à celui de la terre, sa liberté à la sienne."

La relation entre les deux jeunes gens, irrésistiblement attirés l'un vers l'autre promet d'être compliquée...

"Devenir adulte, c'est savoir distinguer la réalité du désir, se dit Andrea ; savoir renoncer, s'il le faut, au désir. Savoir le nommer, lui donner une autre dimension." 

Dans un style aussi foudroyant que ses personnages, Marina Bellezza chante l'amour de sa vallée, le paradis perdu, mais qui peut être reconquis à force de persévérance et d'amour. 

"Une journée sans rien d'extraordinaire, où tes parents ont l'air heureux, et l'endroit où tu es nées est baigné de lumière, l'air a quelque chose de sauvage, de ferreux, chaque chose est exactement à sa place. Et qu'importe ce qui arrivera ensuite, ou ce qui est déjà arrivé. Qu'importent les souffrances, la fatigue, les trahisosn qu'il faudra endurer. Ca vaut la peine, malgré tout. Pour cette seule perfection d'une journée, à quatre ans avec ta famille au bord e la Balma, ça vaut la peine." 

Dans le passé, dans les moments forts de l'existence, dans ses racines, chacun puise la force pour construire l'avenir et aller de l'avant.

Village de Piedicavallo (Source Wikipédia)

Village de Piedicavallo (Source Wikipédia)

Ce que j'ai moins aimé :

Quelques clichés, centrée autour du personnage de Marina "Elle était un apparition, elle le savait. Elle aimait exercer son pouvoir, laisser bouche bée des hordes entières de pères de famille, passer à côté d'eux avec un demi-sourire et se venger ainsi sur de parfaits inconnus de sa frustration de n'avoir jamais réussi à attirer l'attention de son propre père." 

Les prolepses, fuite en avant du narrateur qui nous prévient avant l'heure qu'un danger guettant les protagonistes, sont lassantes.

"Ils creusaient eux-mêmes leur fosse. Entraient d'un pas décidé dans la tanière du loup."

Il n'en reste pas moins un vrai plaisir de lecture

Premières phrases :

"Une clarté diffuse brillait quelque part au milieu des bois, à une dizaine de kilomètres de la départementale 100 encastrée entre deux colossales montagnes noires. Seul signe qu'une forme de vie habitait encore cette vallée, à la frontière nue et oubliée de la province."

Présentation de l'éditeur :

Liana Levi

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : D'acier,  Le lynx

Autre : Une part du ciel   de Claudie Gallay

D'autres avis :

Clara ;

Page 

 

Marina Bellezza, Silvia Avallone, traduit de l'italien par Françoise Brun,  Liana Levi, août 2014, 544 p., 23 euros

 

tous les livres sur Babelio.com

 Challenge rentrée littéraire

Morteparole de Jean VEDRINES

Publié le par Hélène

                                    

Ce que j'ai aimé :

Deux hommes, Paul, universitaire rompu à l'exercice de l'oral, tant et plus que les mots finissent par ne plus rien signifier pour ces universitaires devenus des "spectres" années après années. Et Giovan, fils d'immigrés italiens cancre de la classe plus révolutionnaire que bon élève. Ils se retrouvent à l'occasion d'une cérémonie officielle de Paul, dans un grand lycée parisien, sur les bancs d'école qui ont eux aussi perdu leur âme. L'occasion pour Giovan de se souvenir de leur enfance et la foi qu'ils avaient l'un et l'autre dans les mots et dans leur pouvoir de création du monde. Il chante son amour de la parole avant qu'elle ne devienne morte, assujettie par des termes techniques qui ont peu à peu tué sa magie. 

A eux de retrouver le pouvoir des mots...

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement j'ai trouvé que le propos s'essouflait en balayant les souvenirs des rencontres amoureuses des deux hommes. Je me suis ennuyée en cours de lecture alors que le sujet et l'auteur m'intéressait grandement. Je retenterai ma chance avec un autre titre de lui...

Premières phrases :

"Il élève la voix, Paul.

Il crie.

Lui qui d'habitude parle voilé, assourdi, tellement bas qu'on doit touours faire silence, tendre l'oreille pour saisir ce qu'il murmure. Comme si c'était précieux, sacré. Comme s'il était prêtre, devin."

Informations sur le livre :

Fayard 

D'autres avis :

Repéré chez Cathulu 

 

Morteparole, Jean Védrines, Fayard, août 2014, 256 p., 18 euros

 

La mort du roi Tsongor de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥ 

"Il était comme un survivant stupide qui voit toute une génération d'hommes mourir et reste seul, hébété, au milieu d'un monde sans nom."

Ce que j'ai aimé :

Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massala, doit marier sa fille Samilia à Kouame, Aux côtés de son fidèle Katabolonga, le roi n'aspire qu'à du repos après avoir mené tant de campagnes sanguinaires laissant sur son chemin multitude de cadavres. Malheureusement, la paix va être de courte durée puisque surgit un ancien prétendant de Samilia et que le vieux roi doit à nouveau se heurter à des dilemnes inextricables. La guerre est à sa porte...

Faut-il honorer ses promesses même si pour ce faire une guerre va décimer famille et patrie ? Samilia et sa famille sont pris entre deux feux et le vieux Tsongor ne pourra guère les aider à résoudre ce cruel dilemne. Mais les personnages de cette tragédie sont des êtres faillibles, qui font des erreurs humaines qui coûtent des vies. La guerre semble inévitable, voulue par tous, même par ceux qui ont les moyens de la stopper. La nature humaine serait-elle foncièrement belliqueuse ? 

Marchant sur les traces de son père, Souba, le fils du roi Tsongor va être le seul à devenir plus humain, il va connaître la honte qui lui permettra d'accéder à l'humilité qui rend les hommes plus vrais.

« Souba, même s’il n’a pas compris le sens de cette route longue et difficile que son père lui a offerte en héritage, a obéi. Il a pressenti que la vie est un voyage, une longue errance jamais terminée. Cette route était sagesse et pauvreté matérielle qui seules, pouvaient le sauver. Ainsi Souba sans s’en apercevoir, a transformé sa vie en offrande et en don de soi. Contre toutes les apparences, il est le seul à avoir réussi." 

Porté par un souffle épique hors du commun, digne des plus grandes tragédies grecques, Laurent Gaudé fait montre en ces pages d'un talent extraordinaire pour nous parler de sacrifice, de fierté, de l'envie de vivre qui quelquefois supplante la raison, de fidélité, d'identité. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"D'ordinaire, Katabolonga était le premier à se lever dans le palais. Il arpentait les couloirs vides tandis qu'au-dehors la nuit pesait encore de tout son poids sur les collines Pas un bruit n'accompagnait sa marche? Il avançait sans croiser personne, de sa chambre à la salle du tabouret d'or. Sa silhouette était celle d'un petre vaporeux qui glissait le long des murs. C'était ainsi. Il s'acquittait de sa tâche, en sience, avant que le jour ne se lève."

Présentation de l'éditeur :

Actes sud 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Ouragan  Le soleil des Scorta ;  Pour seul cortège 

Autre : Antigone de Henry BAUCHAU

D'autres avis :

LilibaKathel Val 

 

La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud, Babel, janvier 2005, 6.60 euros

 

Alaska de Melinda MOUSTAKIS

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥

Ce que j'ai aimé : 

Ce premier recueil de nouvelles de Melinda Moustakis nous présente des histoires originales reliées entre elles par cet amour des grands espaces, de la pêche, et des anecdotes savoureuses. Souvent les récits de pêche sont masculins, ici le point de vue féminin apporte un bol d'air frais dans cet exercice. Les femmes occupent en effet une place centrale dans ces nouvelles évoquant trois générations de femmes de poigne, devant lutter contre la dérive des hommes, contre les éléments naturels, contre la solitude, contre le grand froid d'Alaska, contre elles-mêmes. 

L'auteur établit ainsi un lien entre la pêche et les relations humaines : 

"Fishing and fishing stories taught me how to structure tension and anticipation." (Interview à lire ici)

Pour surmonter les épreuves, chacun doit s'attacher à des relations familiales fortes, comme les liens fraternels qui unissent Gracie et Jack, cette entraide qui pousse Gracie à rouler vers son frère en difficulté au milieu de la nuit même si la route est enneigée, parce que c'est le rôle des frères et des soeurs de veiller les uns sur les autres, surtout quand les parents font défaut. L'art d'éduquer les enfants est en effet difficile, et préserver les liens subtils qui courent entre les êtres l'est encore davantage... Certaines mères douées de clairvoyance savent prévenir leurs filles qu'à l'adolescence elle risque de les haïr, tout en leur précisant que cette période passera, parce que tout passe. D'autres restent démunies devant le laxisme de leurs enfants : 

"La colère, les hormones, la sensation d'être impuissant et jeune. Ils ont besoin d'un tel exercice, ou d'un tel exorcisme. Construisez un pont, as-tu envie de leur dire. Construisez quelque chose. Arrêtez de faire les gros yeux et de courber le dos. Construisez un monument à la grandeur de votre malheur. Sculptez une main géante qui lèverait le majeur en direction du ciel. Mais faites quelque chose."

L'enfance de Kitty et des autres est bercée par l'innocence, le bonheur de courir dans la neige avec cousins et cousines, mais aussi par les gifles, l'alcool, les angoisses devant des parents dépassés par la vie... D'où la nécessité de devenir un battant, pour conjurer le froid ambiant et réchauffer son propre coeur et celui des siens. 

Mélinda Moustakis écrit ici un premier recueil qui allie subtilement art de la pêche et des relations humaines...

Ce que j'ai moins aimé :

L'abondance de personnages et les changements d'époque permanents sont quelquefois déstabilisants.

Premières phrases :

"Tu as été conçue dans un mirador de chasse, disent-ils. 

Ce qui signifie : Nous n'avions pas d'autre endroit.

La cabane est envahie par les frères et soeurs de ma mère. Sur la cuisinière, une marmite de potée de pommes de terre en quantité suffisante pour nourrir vingt personnes. Voyez ma mère, le dos malmené contre la plate-forme en bois au mileiur des arbres. Voyez mon père, le doigt sur la détente -au cas où."

Informations sur le livre :

Gallmeister

Vous aimerez aussi :

Le site de l'auteur 

David VANN Désolations

 

Alaska, Melinda Moustakis, traduction de l'américain par Laura Derajinski, Gallmeister, octobre 2014, 216 p., 22.50 euros

 

Merci à l'éditeur

 

Ingrédients pour une vie de passions formidables de Luis SEPULVEDA

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥

"Narrer...résister"

Ce que j'ai aimé :

Au gré de courts chapitres, Luis Sepulveda évoque ici ses souvenirs d'enfance, ses luttes pour les travailleurs, son amour pour la littérature, pour son pays, ses désillusions...

Il témoigne notamment de son admiration pour Salvator Allende, pour son pays natal le Chili, pour son pays d'adoption l'Espagne, bref de son amour inconditionnel pour le Sud. Il dénonce les dérives financières avant la crise, les spéculateurs, et fait preuve d'un engagement qui fait partie de lui-même, pour lui qui ne comprend pas ses amis qui se désintéressent de la politique. Il convoque à ses côtés les personnes qu'il admire : Pablo Neruda, Gabriel Garcia Marquez (Gabo), Tonino Guerra grand scénariste italien et mondial, et nous livre les déambulations de ses réflexions au fil du temps et des pages.

"Il m'est particulièrement difficile d'imaginer une littérature où le conflit entre l'homme et ce qui l'empêche d'être heureux serait absent. Je ne pourrais m'attaquer à la littérature, à l'écriture, sans la conscience d'être la mémoire de mon pays, de mon continent et de l'humanité." p. 21

Il veut témoigner à tout prix, pour ceux qui ne peuvent pas, pour les faibles, pour les muets, pour les morts... Quand il visite le camp de concentration de Bergen-Belsen il lit ces mots :

"Dans un coin de Bergen-Belsen, près des fours crématoires, quelqu'un, je ne sais qui ni quand, a écrit des mots qui sont la pierre angulaire de mon moi d'écrivain, l'oriigne de tout ce que j'écris. Ces mots disaient, disent et diront tant qu'existeront ceux qui s'obstinent à bafouer la mémoire : "J'étais ici et personne ne racontera mon histoire."

Je me suis agenouillé devant ces mots et j'ai juré à celui ou celle qui les avait écrits que je raconterais son histoire, que je lui donnerais ma voix pour que son silence ne soit plus une lourde pierre tombale, celle du plus infâme des oublis. Voilà pourquoi j'écris." p. 22

Certains textes sont plus comiques, comme "La première cigarette" racontant son expérience avec une jeune fille qui refuse de l'embrasser sous prétexte que ce n'est guère hygiénique...

"Tout en tirant sur ma cigarette, j'ai compris que la vie était complexe, que tout était complexe, même l'amour et les bactéries." (p. 105)

En filigrane apparaît l'homme Sepulveda, page après page, anecdote après anecdote, se profile un homme généreux, profondément humain, engagé, passionné jusqu'au bout de ses expériences...

Ce que j'ai moins aimé :

- Un peu décousu, nous passons de considérations politiques, économiques à des souvenirs d'enfance. Il manque une cohérence pour moi, un fil conducteur que ne fournit malheureusement pas le titre (en sachant que le titre original était "Escrituras en tiempos de crisis ")

Premières phrases :

"J'ai six enfants, cinq enfants et une fille, tous adultes, ils m'ont fait cinq fois grand-père et, quand je parviens à réunir toute la famille autour de la table, j'aime qu'ils m'appellent viejo."

Présentation de l'éditeur :

Metailié 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le vieux qui lisait des romans d'amour ; Dernières nouvelles du Sud

D'autres avis :

Marilyne

 

Ingrédients pour une vie de passions formidables, Luis Sépulveda, traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, Métailié, avril 2014, 144 p., 16 euros

La survivance de Claudie HUNZINGER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"C'était la vie de pionniers." 

Ce que j'ai aimé :

Nils et Jenny sont deux libraires passionnés qui ont toujours suivi le vent de la liberté. Aussi, quand ils se retrouvent contraints de mettre la clef sous la porte de leur librairie, décdent-ils de se réfugier dans leur fief des Vosges, une vieille grange défraîchie. La vie, la liberté les attend, ils ont de quoi vivre quelques années en cultivant leur jardin potager et en élevant des poules. Sauf que la bergerie est dans un état de délabrement avancé : "C'était une chose déglinguée, une ancienne métairie à flanc d'une croupe sauvage, à plus de 900 mètres au-dessus de Kayserberg. Il fallait être fou pour penser y vivre, je le reconnais." 

Pas de chauffage sauf un vieux poêle, pas d'électricité, un toit crevé, tel est leur nouveau lieu de vie. Ils y ont vécu quelques mois quand ils avaient 20 ans (expérience que l'auteur évoque dans Bambois, la vie verte) Mais cette fois-ci le froid, la pluie risquent de les rattraper. Accompagné de Betty leur chien et d'Avanie leur âne et lovés aux côtés de leurs livres,  leurs compagnons de toujours, ils vont vivre des heures intenses.

"Il nous arrivait de penser que nous n'allions survivre ni à la montagne ni à la décomposition globale dès qu'on écoutait les nouvelles à la radio. Si, si, je murmurais, c'était juste avant le sommeil, si, on y arrivera, c'est la seule bataille qui compte, la seule qui justifie la peine de vivre : ne pas se laisser attraper." p. 90

Jenny raconte cette expérience hors du commun en mentionnant les joies et les angoisses, les peurs, les rencontres improbables comme leurs nouveaux voisins les cerfs, les renards, les ornithologues... Le couple s'épaule jour et nuit, beaucoup de douceur transparaît dans leurs rapports, entraide, caresses permettent aussi d'assumer ce choix de vivre à part, dans un monde préservé, au sein d'un cocon naturel. Dans leur univers la culture est omniprésente avec notamment cette peinture de Grünewald "le retable d'Issenheim" du XVIème siècle : selon la légende, le peintre venait souvent dans ce massif vosgien réputé pour ses mines d'argent, afin de collecter des minéraux pour fabriquer ses pigments de couleurs. 

"Je me répétais cette définition en forme de grandhuit d'un belge (Robert Filliou) que j'adorais : L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art." p. 131

La vie est bien là, palpitante en eux, nue sous les néons de la nature qui n'autorise aucun fard.

"Si nous voulions nous en sortir, il fallait sortir de nous. Plonger direct dans les sensations, dans la peur, dans la joie, être aux aguets, se transformer en une boule de présence au monde prête à jaillir. Il y a quelque chose d'excitant, de suffocant dans la lutte pour la vie : plus d'écran entre elle et nous. On devient la vie. Tous les hommes descendent de Darwin, me soufflait Sils qui avait lu Jules Renard." p. 186 

Claudie Hunzinger nous offre en ces pages une ode à la vie, à la nature loin de la société consumériste, un bijou indispensable pour rejoindre de vraies valeurs !

                        

http://www.randoalsacevosges.com/article-le-grand-et-le-petit-brezouard-119149274.html

Ce que j'ai moins aimé :

- La fin est un peu lapidaire.

Premières phrases :

"Avanie savait que nous avions perdu : ses longues oreilles captaient au loi les présages. Dès la nuit tombée, elle nous attendait, mélancolique, de tout son pelage gris.

Il fllait rendre les clés le 1er mai au matin et nous n'avions nulle part où aller. Deux semaines avant l'explosion, Sils et moi, en compagnie de Betty, nous cherchions encore, mais tout loyer était devenu hors de nos prix."

Informations sur le livre :

Grasset

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Bambois, la vie verte (http://www.bambois.net/)

D'autres avis :

DominiqueKeishaClaraAifelleCathulu

Lire 

 

La survivance, Claudie Hunzinger, J'ai lu, août 2014, 7.10 euros

Seton le naturaliste qui voyage tome 1, Lobo le roi des loups de Jirô TANIGUCHI et Yoshiharu IMAIZUMI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

1893, Nouveau-Mexique. Un loup surnommé Lobo décime les troupeaux des éleveurs de la vallée de Currumpaw, et ce depuis des années. De nombreux wolfers se sont mesurés sans succés à ce loup hors du commun qui semble doté d'une intelligence quasi humaine. Certains disent même qu'il a des accointances avec le diable tant son comportement dépasse l'entendement.

                       

Ernest Thompson Seton, peintre naturaliste, entend parler de ce loup hors du commun et décide de l'affronter à son tour. Spécialiste des animaux, il emploie les méthodes les plus avancées pour traquer le loup qui semble le provoquer en passant au travers des pièges les plus acérés. Seton en perd le sommeil, hanté par ce Lobo qui défend seulement son territoire. La lutte entre l'homme et l'animal promet d'être fascinante... Seton en narrant par la suite son aventure participe à la réhabilitation du loup dans ses contrées naturelles. 

La place de l'homme et de l'animal dans la nature est au coeur de ce récit palpitant dans lequel la question de l'âme des animaux retrouve sa place et sa légitimité. 

   

Ce premier tome d"une série qui en compte quatre s'attache avec intelligence aux pas de ce célèbre naturaliste de la fin du XIXème, aussi amoureux de la nature et de ses merveilles que peut l'être Taniguchi. 

Ce que j'ai moins aimé :

 J'avoue ne pas avoir été totalement conquise...

Informations sur la BD :

Kana

Sur la série : Coin BD

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L’homme qui marche  ;  L’orme du Caucase ; Les années douces ; Un zoo en hiver Furari 

Sur le même thème : Le film de 1962

D'autres avis :

Babélio

 

Seton, Le naturaliste qui voyage, Lobo le roi des loups, Jiro Taniguchi et 

 

La nuit la plus longue de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥

"Comme le dit Clete, qu'on monte ou qu'on descende, it's only rock'n'roll."

Ce que j'ai aimé :

Cette nuit est la 17ème aventure de Dave Robicheaux. La tempête se lève sur la Nouvelle Orléans, puis passe en un éclair pour anéantir la ville. La ville est sans dessus dessous, les criminels courent les rues, les bons pères de famille deviennent troubles face aux menaces qui pèsent sur leur famille et leur maison.

Dans ce contexte tourmenté, Dave enquête aux côtés d'un Clete Purcell désoeuvré, perdu dans un monde qu'il ne comprend pas. Deux jeunes noirs sont assassinés dans un quartier blanc alors qu'ils pillaient des maisons laissées à l'abandon, Dave se lance sur les traces de leur meurtrier, bien décidé à croire encore à la justice malgré les sinistres généralisés.

Mais le véritable personnage reste la ville dévastée, abandonnée par le gouvernement, les habitants délaissés par les compagnies d'assurance... La ville est à la merci des pilleurs, des violeurs, des meurtres impunis. Une page se tourne irrémédiablement.

«Robicheaux dit que la Nouvelle-Orléans a été assassinée à trois reprises. La première par l’invasion des drogues dures dans les rues, au début des années 80. Tout a changé alors. On croisait des types complètement défoncés, aux yeux de verre et au teint de cire fondue, qui pouvaient passer sans vous voir, vous braquer ou vous tuer avec la même indifférence. La deuxième, par l’ouragan. Et la troisième fois, quand le gouvernement américain n’a pas répondu aux besoins d’urgence des gens de Louisiane.» (Interview Libération)

La sécurité devient  illusoire dans un monde dévasté.

"La plupart des gens auxquels j'ai affaire n'ont pas choisi le monde dans lequel ils vivent. Certains essaient de lui échapper, certains y adhèrent, la plupart sont dépassés et submergés par lui."

Ce que j'ai moins aimé :

Le fondu entre l'intrigue et la tempête n'est pas totalement réussi, persiste l'impression que l'auteur n'a pas suffisamment réussi à allier les deux. 

Premières phrases :

"Mes plus mauvais rêves comportent toujours des images d'eaux brunes et de champs d'elephant grass, le courant d'air descendant de pales d'helicoptère. Ces rêves sont en couleurs, mais dépourvus de son, ni celui des voix noyées dans la rivière, ni celui des explosions sous les chautes dans le village que nous avons brûlés, ni le vrombissement du Jolly Green et des hélicopères armés qui rasent la canopée, comme des insectes collés contre un soleil en fusion."

Présentation de l'éditeur :

Payot rivages

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La rose du cimarron  Dernier tramway pour les Champs-Elysées  ;  La descente de Pégase 

Autre : GAUDE Laurent Ouragan   sur le même thème

D'autres avis :

Télarama LireLibérationLe point

Jean-Marc 

 

La nuit la plus longue, James Lee Burke, traduit de l'anglais (EU) par Christophe Mercier, Rivages noir, 2013, 10.65 euros

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