Les nuits de Reykjavik de Arnaldur INDRIDASON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Retour sur les premières heures d'Erlendur, 28 ans, entré récemment dans la police. Affecté au service de nuit il arpente les rues de la capitale islandaise aux côtés de ses deux acolytes. Accidents de la circulation, violences conjugales, et vols sont son lot quotidien. Le jeune Erlendur se laisse charmer par ce rythme décalé permettant de découvrir la capitale isalndaise sous un autre angle.

"Il pensait aux nuits de Reykjavik, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. Nuit après nuit, ils sillonnaient la ville à bord d'une voiture de police et voyaient ce qui était caché aux autres : ils voyaient ceux que la nuit agitait et attirait, ceux qu'elle blessait et terrifiait. (...) C'était plutôt la nuit que la ville lui plaisait. Quand, dans les rues enfin désertes et silencieuses, on n'entendait plus que le vent et le moteur de leur voiture." (p. 59)

Il cotoie de près également les clochards de la ville et s'intéresse à la disparition de l'un d'eux, Hannibal dont le corps a été retrouvé noyé. L'enquête trop brève a conclu à un accident mais Erlendur reste persuadé que le mystère est plus épais qu'il n'y paraît. Il va mener sa propre enquête. Les disparitions mystérieuses le hantent irrémédiablement, les fantômes des disparus errants inlassablement dans son esprit, résurgence de sa propre expérience traumatisante :

"Il était évident qu'il s'intéressait aux disparitions. Au phénomène en soi, mais aussi au sort de ceux qu'on ne revoyait jamais et à ceux qui restaient. Il avait conscience que cette obsession plongeait ses racines dans le drame qu'il avait vécu dans sa chair sur les hautes landes des fjords de l'Est et dans ses lectures sur les gens qui se perdaient dans la nautre et les épreuves qu'ils enduraient en sillonnant ce pays âpre et impitoyable." p. 206

Une mélancolie lancinante émane de ces nuits à arpenter la ville et de ces êtres pour qui l'alcool fait souvent office d'anésthésiant pour circonscrire une réalité et un passé tonitruant.

Un très beau récit en clair obscur.

Ce que j'ai moins aimé :

Toujours cette atmosphère profondément triste.

Présentation de l'éditeur :

Métailié

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Du même auteur : Le duel ; La rivière noire

Autre : Romans policiers nordiques

D'autres avis :

ClaraLeiloona ; Athalie; Valérie ; Kathel ​ ; Cathulu ; Dasola

 

 

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, traduit de l'islandais par Eric Boury, Métailié, février 2015, 260 p., 20 euros

 

Merci à Anne-Charlotte !

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A
Ce dernier opus paru ressasse les thèmes de prédilection de la série, noirceur, nuit, pertes, disparition, vies brisées .... Et pourtant, je l'ai bien apprécié, il a quelque chose de presque poétique par moment .... Ou alors, c'est moi qui deviens moins exigeante avec cet auteur, même si les derniers, dont "Duel" m'avaient quelque peu déçue ... Merci pour le lien !
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H
Exactement, une belle poésie nostalgique se dégage de ces pages. J'ai aussi apprécié malgré la noirceur.
C
Je n'ai pas encore lu celui-ci, c'est vrai que l'atmosphère est toujours triste, même si j'aime beaucoup les polars d'Indridason.
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H
Cela fait partie de son charme
V
J'ai aimé ce roman mais j'avoue préférer ceux dans lequel Erlendur est plus vieux.
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H
C'est un grand auteur, quoi qu'il en soit !
A
On sait, en ouvrant un roman de cet auteur, que le ton ne sera pas spécialement gai.
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H
Eh oui c'est un peu pour cela que j'avais stoppé un temps, mais je ne regrette pas d'y être retournée !
A
J'ai commencé la série Erlendur mais j'ai arrêté, sans trop savoir pourquoi, au 3ème. Il faudrait que je reprenne il y en a 3 dans ma PAL.
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J
Tu sais quoi, c'est un polar qui attend sur ma pal. Si, si, je te jure !
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H
Sans blague ?
L
Bien aimé, tout, même l'ambiance triste qui donne son cachet à ce roman, je trouve ... j'ai du mal avec les policiers glauques et poussifs, là ce n'est pas le cas. :)
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H
C'est vrai que si mon premier réflexe quand je l'ai refermé a été de dire "c'est glauque", après je lui ai trouvé plutôt une mélancolie profondément belle !
L
je ne suis pas trop polar et "duel" m'a déçue alors ... je passe .
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H
il est beaucoup mieux que "duel" ...
E
Un de mes deux gros coups de cœur de l'année ! Bon, je suis ce cher Erlendur depuis le tout début (ça commence à faire loin...) aussi je suis habituée à cette atmosphère pesante et triste.

Contente que tu aies aimé !
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H
Un très beau roman effectivement!
A
Si ce n'était pas triste ce ne serait pas Erlandur ;-) J'ai beaucoup aimé ces débuts, j'espère que l'auteur nous prépare une suite.
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H
j'espère aussi !
C
j'ai tout aimé !
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H
je te comprends !
N
Toujours pas lu l'auteur, je sais, c'est mal... Je commence par quoi madame...?
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H
Pourquoi pas celui-ci ?