Oreiller d'herbes de Natsumé SOSEKI

Publié le par Hélène

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"Un village d'eaux isolé... l'ombre de fleurs par un soir de printemps... un chant à mi-voix au clair de lune... une silhouette dans une nuit de pénombre... ce sont des thèmes de prédilection des artistes." 

Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art. Il y rencontre une jeune femme Nami, fille du patron des lieux. Son histoire recoupe le destin de la Belle de Nagara, légende de la région  : aimée par deux garçons, elle ne choisit aucun des deux, compose un poème et se noie dans la rivière. Nami quant à elle était aussi aimée de deux garçons, mais "n'a heureusement pas recouru à la solution de la rivière." Elle choisit un des hommes, mais étant malheuruese, le quitte er revient vivre chez ses parents. Elle hante les lieux et est depuis soupçonnée de s'enliser dans la folie. 

Le narrateur est envoûté par la jeune femme et cherche son inspiration dans son chant. Son esprit erre dans des brumes oniriques, entre rêve et réalité, la poésie s'installe au delà du sentiment, provoqué et reconstruit par le poète. 

"Dans un pareil moment, comment retrouver un point de vue poétique ? Eh bien, il suffit de placer devant soi un sentiment,  de reculer de quelques pas et de l'examiner avec calme comme s'il s'agissait de celui d'un autre. Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre publics les résultats de son autopsie." p. 53

Des silhouettes fantômatiques peuplent son monde, telle la belle Ophélie de Millais.

Si la peinture le fascine, le narrateur rédige aussi des haïkus, artiste complet il est happé par le besoin de créer et ressent profondément les affres et doutes de la création artistique. Ses cheminements poétiques empruntent quelquefois des méandres difficiles à suivre pour un lecteur occidental qui doit se laisser bercer par le rythme lancinant de la littérature japonaise pour être touché. 

 

D'autres avis chez Babélio 

Présentation de l'éditeur chez Payot et Rivages. 

 

Publié dans Littérature Asie

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Electra 28/07/2015 11:47

Oh là je ne te suis plus .. pourtant mon chien s'appelle Haïku !

Hélène 29/07/2015 08:16

Chouette idée !

sous les galets 27/07/2015 06:45

J'aime vraiment la littérature japonaise, mais celui-là semble vraiment à la limite de l'accessible, je ne sais pas si ma culture extrême orientale serait assez aboutie pour entrer vraiment dans ce roman...

Hélène 27/07/2015 08:00

Effectivement c'est un peu ce qui m'a gêné, cet univers onirique est assez fermé pour nous...

gambadou 26/07/2015 18:39

Pas sûr d'arriver à passer mon côté occidental !

Hélène 27/07/2015 08:00

On y prend ce qu'on peut...

Alex-Mot-à-Mots 26/07/2015 11:28

Une littérature japonaise qui parfois me perd.

Hélène 27/07/2015 08:00

Ils sont assez particuliers quelquefois

keisha 25/07/2015 10:12

Mouais bon. T'as rien en nature writing? ^_^

Hélène 25/07/2015 13:16

Si mais tu l'as lu : "lettres pour un monde sauvage" que j'ai beaucoup aimé !

Ariane 25/07/2015 09:15

Je crains que ce ne soit pas du tout pour moi !

Hélène 25/07/2015 13:16

C'est particulier !