Le paradis des animaux de David James POISSANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les personnages qui hantent ces nouvelles sont tous à un tournant de leur vie, tous chancelants, risquant à tous moments de basculer vers une décision marquante. Qu'ils soient au bord du suicide dans "100% coton", vraiment bordelines dans "La fin d'Aaron", Aaron prédisant la fin du monde, au bord de l'implosion dans "les derniers des mammifères terrestres", au bord de la rupture dans "Remboursement", tous hésitent face à la complexité du monde qui les entoure et surtout face aux difficultés créées par les relations humaines. Il est si simple de baisser les bras devant l'incompréhension que représente l'autre ! C'est ce qu'a fait le narrateur de  en reniant son fils homosexuel, c'est ce qu'envisage de faire le narrateur de "Remboursement" quand il comprend que sa femme et lui sont diamétralement opposés face à leur fils surdoué, c'est aussi la solution envisagée par les parents de "La géométrie du désespoir" après la mort subite de leur bébé. Et pourtant, au moment où tout semblait sombrer dans une noirceur pessimiste, l'espoir renaît et les êtres se relèvent, plus forts d'avoir vacillés. SI la mort et le désamour rôdent, la rédemption et le pardon sont toujours possibles : après un road movie concluant, le père retournera vers son fils homosexuel dans la suite de "L'homme lézard", "Le paradis des animaux". 

Quand ces nouvelles pourraient être glauques, noires, déprimantes au vu des thèmes abordés, elles sont simplement puissantes. Les situations décalées rafraîchissent des univers trop réalistes :  dans "L'homme lézard" Crystal et le narrateur transportent un alligator dans le coffre, Arnie quant à lui se retrouve face à un bison dans "les derniers des mammifères terrestres" et le narrateur de "Ce que veut le loup" face à un loup qui réclame de surcroît ses mocassins !

La parfaite maîtrise de cet exercice difficile de la nouvelle alliant concision et précision dans l'écriture en font des nouvelles percutantes qui font toutes mouche ! 

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

D'autres avis : Caroline ; Augustin Trapenard  ; Valérie ; Cathulu 

Interview chez Lecturama 

 

Le paradis des animaux, David James Poissant, traduit de l'anglais (EU) par Michel Lederer, Albin Michel, terres d'Amérique, mai 2015, 352 p., 25 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

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G
j'ai été bluffé par ces nouvelles qui me donnent envie d'en lire plus souvent !
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H
Oui c'est un vrai plaisir !
A
J'adore les nouvelles, et celui-ci me tente vraiment beaucoup.
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H
Des nouvelles très réussies !
V
Je en suis pas fan de nouvelles mais j'ai trouvé ce recueil réussi.
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H
Je suis d'accord !
C
Une filiation avec Carver? Cela donne envie de le découvrir!
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H
Il te plaira !
T
Je n'avais pas entendu parler de ces nouvelles et en lisant ton billet, je me dis qu'il y a peut-être un lien avec Raymond Carver. Du coup, je suis tentée!!!
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H
Effectivement on sent sa filiation !
T
Déjà repéré, il me fait de l'oeil.
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H
Laisse toi tenter !
V
si puissance il y a, moi je signe!
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H
Signe !
L
Je n'arrête pas de le croiser ce livre, et je m'arrête bêtement à la couverture ...
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H
Je l'ai beaucoup apprécié, je te le conseille !
M
Très beau billet, ma chère.
J'avais des attentes immenses. Même si j'ai beaucoup aimé, j'ai été légèrement déçue. Je suis très curieuse de lire ce qu'il va publier ensuite.
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H
Je suis curieuse tout comme toi !
J
Des nouvelles américaines, forcément ça fait envie ;)
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H
je savais que ça te plairait !
A
Déjà repéré chez Cathulu ; je surligne :-)
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H
oui surligne !
A
Quel surprise, après avoir lu le titre, de voir un ado affalé en couverture !
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H
Oui la couverture n'est pas franchement appropriée...
L
Je suis très fière que tu m'ais mise à côté d'Augustin ;-) Blaue à part, oui, c'est un superbe recueil, très fort !
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H
En le faisant, je savais que tu dirais ça ;-) mais tu le mérite !
S
Bon, l'Amérique va mal... beaucoup l'ont déjà écrit mais il semblerait que David James Poissant le dise vraiment bien...
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H
Il a un talent indéniable pour brosser des personnages perdus dans un monde qui les dépasse !