L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa KONATE

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Kita au Mali, des mendiants se retrouvent sans tête. Serait-ce la faute de l'esprit rouge qui erre la nuit sur la colline et qui se vengerait ainsi des dérives de al société ? Trop de laisser-aller aurait-il provoquer la colère des dieux ? Selon certains, les habitants s'éloignent de l'honneur et de la dignité et reçoivent ici un juste châtiment. 

"Tout le monde ne parle que d'argent, tout le monde ne pense qu'à l'argent. L'argent achète tout désormais et nos filles vendent leur corps. Nos ancêtres n'ont-ils pas raison? Ne sommes-nous pas devenus indignes d'eux? Alors, ils sont décidés à nous tourner le dos et à nous laisser aux mains de mauvais génies tant que nous n'aurons pas retrouvé le droit chemin. Nous souffririons beaucoup et longtemps si leur colère ne s'apaise pas. Il faut donc d'ici trois jours nous reconnaissons nos torts et que nous leurs présentions nos excuses." p. 27

Ce n'est pourtant pas la thèse retenue par Habib et le jeune Sosso venus seconder le commissaire Dembélé et son adjoint Sy rapidement dépassés par les évènements. Chacun suit sa méthode et navigue dans la ville qui se divise entre tradition et modernité.

Avec humour, Moussa Konaté décrit le village où il a passé son enfance, s'amusant au passage des luttes factices entre les malinkés et les bambaras. 

Néanmoins, l'ensemble est un peu rapide, l'écriture semble quelque peu artificielle, et ne sonne pas toujours juste, quelquefois l'auteur explique trop là où le sous entendu aurait suffit. Si bien que cette "affaire des coupeurs de têtes" est moins abouti que le premier roman de l'auteur Meurtre à Tombouctou. Cela s'explique quand on sait que Moussa Konaté n'a pas eu le temps de faire des modifications sur son premier jet car il est entré à l'hôpital juste après avoir remis son manuscrit et il est mort quelques jours plus tard. D'où cette écriture quelquefois maladroite.

 

source : http://hovawart-en-afrique.pagesperso-orange.fr/carnets-route-mali7.html

 

Présentation de l'éditeur : Métailié 

Du même auteur : Meurtre à Tombouctou 

 

L'affaire des coupeurs de têtes, Moussa Konaté, Métailié, mai 2015, 160 p., 16 euros 

 

Merci à l'éditeur.

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dasola 13/10/2015 20:52

Bonsoir Hélène, je compte bien lire Meurtre à Tombouctou pour me faire une idée sur l'écrivain, pour ce tome qui suit, j'attendrai. Bonne soirée.

Hélène 14/10/2015 07:54

Un roman policier malien c'est tellement rare qu'il faut tenter l'aventure !

monpetitchapitre 12/10/2015 13:25

Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir car il réussit, tout comme dans Meurtre à Tombouctou, à nous montrer la société malienne et ses contradictions. En revanche, je n,'avais pas perçu ce côté inabouti, mais tu as raison quand j'y repense.

Hélène 12/10/2015 13:34

Certaines formulations semblent artificielles je trouve et les explications auraient gagnées à être plus succinctes, plus suggérées à mesyeux...

jerome 11/10/2015 22:22

Il m'attend, je verrai ce que ça donne.

Hélène 12/10/2015 08:00

je lirai ton avis avec intérêt !

Electra 11/10/2015 17:36

oh quelle fin triste à ton billet ! Je note son nom (il doit être à la bibli). Je lis très peu de romans africains ... je vais me rattraper !

Hélène 12/10/2015 07:58

oui il faut !

Yv 10/10/2015 18:08

J'aime bien cette série avec Habib, quelle dommage que cette mort de cet auteur un peu injustement ignoré. Dans le style polar africain, il y a aussi Janis Otsiemi qui est excellent

Hélène 11/10/2015 11:05

Oui j'ai découvert Otsiemi grâce à toi, je t'en remercie, je le préfère même à Konaté je crois.

Sandrine 10/10/2015 13:46

J'ai raté ton billet sur le premier tome, merci du rappel. Pas beaucoup d'Africains sur mon blog, j'en ai pourtant dans ma PAL au moins un. Le polar peut être une bonne entrée...

Hélène 11/10/2015 11:04

Il y a de très bons auteurs, côté policier celui ci effectivement peut être un bon début

Jeanmi 10/10/2015 11:37

Voilà une littérature que nous connaissons peu en France. En revanche, il est u cœur de celui qui est sur mon métier...

Hélène 11/10/2015 11:04

Comme le dit Yves nous avons aussi Otsiemi de connu en France, mais ils sont rares !