Au café du rendez-vous de Ingrid WINTERBACH

Publié le par Hélène

♥ ♥

Karolina entomologiste revient dans sa ville Voorspoed en Afrique du Sud pour recenser les papillons de l'espèce Hebdomophrda crenilinea du veld. Elle arpente le veld aux côtés de Willie, rencontré par hasard au détour d'une route, et qui cherche "un peu de tout" pour concocter des remèdes. Le soir elle loge à l'hôtel et se rend dans la salle du snooker, lieu emblématique de la ville. 

"La salle du snooker était un lieu où l'on ne savait jamais à quoi s'attendre." p. 186

C'est un lieu de pulsions et de folie réprimée hanté par des hommes désoeuvrés : Pol avocat, le magistrat, homme silencieux veillant sur la salle, le lieutenant Kieliemann sergent, le capitaine Gert Els difficilement contrôlable et Jess qui médite. 

Karolina ressent à la fois attirance et répulsion pour eux, elle revient irrémadiablement en cet endroit quand elle ne va pas danser le tango. 

La nuit elle fait des rêves agités, comme si un danger latent la guettait, tapi dans l'ombre : 

"Tout peut arriver, songea Karolina. Elle pouvait être amenée à tout vivre, être exposée à n'importe quoi ; elle ne pouvait prétendre à aucune protection d'aucune nature. A aucune garantie." p. 45

A l'extérieur, le township gronde, prêt à imploser dans le silence et la chaleur poisseuse. 

"L'air était chargé de désirs indicibles, de peurs et de préjugés profondément enracinés, une hystérie latente remontait peu à pe à la surface. Elle éclaterait tôt ou tard, sous des formes différentes. Un bain de minuit, une chasse à l'homme, une séance de pillage." p. 40

Dans cette atmosphère prégnante de violence sous jacente, passion et mort s'entremêlent sensuellement.  Karolina est fascinée par un couple d'amants illicites, par ce risque, cet amour sans lendemain que la mort frôle sans cesse. Elle-même rêve de recommencer de zéro, loin des hasards de l'existence. 

 

Mes réserves : Un rythme lancinant parcourt ces pages brûlantes présentant des êtres régis par des instincts primaires. Les allusions sexuelles sont nombreuses, et quelquefois superflues, comme si l'auteur souhaitait insister lourdement sur ce point.

"Elle dansa avec le dénommé Kolyn. Il portait des tennis qui lui montaient jusqu'aux chevilles. Ses testicules étaient frais et souples." p. 153

 

Présentation de l'éditeur : Phébus 

Premières pages : Phébus 

Vous aimerez aussi : Cette vie de Karel Schoeman

 

Au café du rendez-vous, Ingrid Winterbach, traduit de l'afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, Phébus, août 2015, 240 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Afrique

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Commenter cet article

zarline 11/11/2015 11:18

J'hésitais (toujours curieuse des romans sur l'Afrique du Sud) mais pour le coup, tu ne donnes pas franchement envie. Et cette citation, vraiment bizarre!

Hélène 12/11/2015 08:07

Il y a une atmosphère particulière je n'ai pas détesté, mais il manque quand même d'aboutissement...

jerome 11/11/2015 09:20

Bon, ton manque d'enthousiasme m'incite à faire l'impasse ;)

Hélène 12/11/2015 08:06

je ne tenterai pas de te convaincre...

Aifelle 10/11/2015 06:41

Pas plus emballée que les précédentes, je passe ...

Hélène 10/11/2015 08:10

Tu peux ...

Electra 09/11/2015 19:59

Je rejoins Keisha .. Bizarre ! Bon là je passe mon chemin. Ce n'est pas mon genre de romans !

Hélène 10/11/2015 08:10

Je te comprends. Le titre et le pitch et le pays me plaisaient, mais je n'ais pas été totalement emballée...

keisha 09/11/2015 13:54

Heu, oui, drôle de dernière citation (elle sait tout ça en dansant?)

Hélène 10/11/2015 08:09

Oui elle est super forte! peut-être est ce un défaut de traduction...

sous les galets 09/11/2015 12:36

Ouh la c'est vrai que l'extrait que tu as choisi est quand même un peu surprenant, je ne suis clairement pas la cible pour ce genre de romans, alors tes réserves ne vont rien arranger je pense (je l'ai vu sur un autre blog ce roman avec des bémols aussi).

Hélène 10/11/2015 08:09

Il a une atmosphère particulière assez envoutante mais.. mais...