Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes de Olivier BLEYS

Publié le par Hélène

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Entre affrontement entre modernité et ancestralité, la famille Zhang vit pauvrement au milieu d'un quartier désafffecté. Les usines et entrepôts ont été laissés à l'abandon et les Zhang vivent dans des conditions précaires dans un vieille maison qui menace de s'écrouler. Mais ils restent unis autour du vieil arbre de la cour, au pied duquel leurs parents sont enterrés. Ils restent fidèles à leurs parents et à leurs valeurs. Wei tient son rôle de chef de famille au sérieux, son épouse Yun le seconde pour élever leur fille Meifen, et prendre soin du beau père Hou Chi attaché à son écran de télé et de la belle mère la vieille Cui. Mas un projet immobilier fleurit dans le quartier, mettant en danger leur fragile équilibre. 

Olivier Bleys s'est inspiré pour ce récit des photographies des "maisons-clou", ces maisons que refusent de quitter leurs propriétaires et qui, décalées, perdurent dans un environnement hostile.  En vingt ans l'expropriation est devenu un problème majeur en Chine et l'auteur a souhaité ainsi mettre en scène des "irréductibles petits chinois" (dit-il) face à la puissance de la bureaucratie chinoise. 

Les propriétaires de cette "maison clou" de Nanning, ville du sud de la Chine, refusent sa destruction et bloquent l'achèvement de la route.  (REUTERS)

@france info

Mes réserves

Si le projet est intéressant, malheureusement des longueurs pèsent sur le récit. Puis, clou du spectacle, tout finit joyeusement dans des clichés qui frisent le Marc Lévy :

"Au fond je suis un homme comme les autres ! Les hommes bâtissent des maisons, labourent des champs, ils tracent des routes et amassent des trésors. Et un jour, ils découvrent que tout cela n'est pas grand-chose, que la vraie valeur de la vie, ce sont d'autres êtres humains, une femme ou un enfant à leurs côtés... Cela, même le plus borné des hommes finit par le comprendre. Il est souvent trop tard." p. 285

Bilan : Un début intéressant, puis la débrouile de Wei devient pathétique voire glauque pour finir par un discours lénifiant sur l'importance des rapports humains. What else ? comme dirait Georges...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

Du même auteur  Concerto pour la main morte

D'autres avis : Nadael 

Sur les maisons clou : Voyager Loin 

 

Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes, Olivier Bleys, Albin Michel, 2015, 292 p., 20 euros

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Noukette 29/11/2015 20:14

Il m'attend, je retiens tes réserves mais il me tente toujours autant !

Hélène 01/12/2015 07:53

Je pense qu'il te plaira !

maréchal 23/11/2015 13:12

La langue d'Olivier BLEYS est belle et attachante parce qu'elle invite à PENSER, ce qui est rare aujourd'hui ; Elle sait décrire LE DEDANS ET LE DEHORS d'un ETRE , c'est une des forces de cette écriture pleine de poésie .. délicate, subtile ou féroce .. chaque comportement est un "arrêt sur image" qui questionne NOTRE IMAGINAIRE ..

"page 37 "Wei restait la main tendue vers le stylo confisqué mais, vu la tournure que prenait la discussion, son bras se replia et prit l'alignement du corps..."

"page 67 " la cigarette finie, Wei n'en trouva pas d'autre et talonna la neige avec humeur. Il y avait du bon, toutefois, dans cette pénurie de tabac. La fumée se dissipa et des odeurs neuves montèrent à ses narines : celle fade et marneuse des planches de la brouette, celle laiteuse de la neige sur ses épaules, celle de la transpiration qui l'enveloppait comme un nimbe et, les dominant toutes, celle du charbon..."

"page 80 .. Monsieur Zhang visita encore les poches du pantalon, jusqu'à repêcher un bout d'emballage de biscuit où logeaient, pliés et repliés comme ces sachets de sucre qu'on chiffonne par désoeuvrement, trois billets de cent yuans. Jeté sans façon sur la table, le papier-monnaie s'y épanouit. Trois fleurs de coton se défroissèrent lentement, douées d'une vie si manifeste que Yun et madame Cui s'écartèrent, troublées......"

"page 236 "tant de volonté chez l'un, d'emportement chez l'autre donnait un spectacle sauvage comme en offre peut être, de nuit sur les plages tropicales, la querelle de tortues pondeuses et d'oiseaux mangeurs d'œufs"

"le millionnaire laissa échapper un hoquet, puis sa physionomie afficha un étonnement incrédule. Ce n'était pas souvent qu'en sa présence un subalterne formulait une requête sans trembler ni rougir. Il tendit le cou vers cette curiosité, comme l'amateur de fleurs s'incline sur un spécimen exotique.

"page 227 Monsieur Zhang palpa son biceps, naguère bien rond et qui maintenant, diminué, flapi, avait l'air d'un piment chi-Chien glissé sous la peau.."

page 223 .. Tu vois ce menu fretin tout en bas de la chaîne alimentaire, dont les gros font leur pitance ? ces bancs onduleux de petites créatures comestibles que les requins, les mérous, les dauphins, les orques, à peu près tout le monde, siphonnent par centaines au petit déjeuner ? Des maîtres, nous ? Tu parles ! on frétille au bout d'une ligne mais l'hameçon est bien enfoncé et nous déchire la gueule !"

"page 152 "Exprès, Monsieur Zhang prit une grande bouffée du gaz noir et huileux que vomissait le pot d'échappement . Il eut un haut le cœur. Sa colère retomba comme s'aplatit le lait bouillant , sitôt coupé le gaz..."

"page 149 "tu dis vrai, l'ancêtre mais tu as tort quand même. - Comprends pas. Tes paroles sont des buissons à l'ombre, et leur sens tarde à fleurir...."

Page 118 "Meifen tira la grille dans son dos, jusqu'au clic u pêne entrant dans la serrure. Des années plus tôt, ce bruit qui rappelait l'éclatement d'une coquille entre les mandibules d'un casse-noix la raidissait d'épouvante. Elle se trouvait dehors, seule et sans défense, livrée aux maraudeurs que sa chair tendre mettait en appétit : voilà ce qu'annonçait le clic du portillon...."

"page 226 L'arbre avait une peau d'écorce que doublait à présent un nouvel épiderme, moitié toison d'animal moitié nuée bleuâtre, tissé mèche à mèche par la consomption de l'encens. Cela conférait au sumac une présence étrange, comme si son âme exhalée hors de son corps avait pris forme et couleur aux yeux humains...."

Pour moi, c'est de la vraie littérature qui me charme et m'enrichit.

A lire aussi: PASTEL - SEMPER AUGUSTUS - L'EPITRE A LOTI .. etc ..

Hélène 24/11/2015 08:26

Je n'ai pas lu "pastel semper augustus et l'épitre à Loti" peut-être me plairaient-ils davantage. J'ai trouvé cet opus un peu longuet je n'ai pas trouvé la force de l'imaginaire sont vous parlez...

Yv 17/11/2015 11:26

J'ai lu Le colonel désaccordé et Concerto pour la main morte qui m'ont plu tous les deux; ce dernier m'intéressait moins, j'ai sans doute bien fait

Hélène 18/11/2015 08:07

Je suis moins fan que toi..

Electra 13/11/2015 16:53

et pourtant tu l'as fini ! Mes félicitations, car voir le livre perdre peu à peu de son aura, c'est dur !

Hélène 16/11/2015 08:00

J'ai espéré, jusqu'au bout...

Alex-Mot-à-Mots 13/11/2015 14:08

Ceci dit, il est d'actualité.

Hélène 16/11/2015 07:59

oui, malheureusement..

jerome 13/11/2015 12:35

J'ai lu les cinquante premières sans accrocher vraiment. Dommage parce que j'adore cet auteur.

Hélène 16/11/2015 07:59

J'ai adoré "le fantôme de la tour eiffel", après j'ai été souvent déçue...

Aifelle 13/11/2015 10:58

Bizarre cette conclusion. Garder son toit sur sa tête c'est important aussi dans une vie ! Se faire éjecter pour une question de gros sous n'a rien d'un happy end.

Hélène 16/11/2015 07:59

Oui c'est un peu réducteur...

luocine 13/11/2015 07:55

La photo est étonnante, quel courage ! Pour résister à la puissance de la Chine qui ecrase tout pour réussir. Je garde ce roman en mémoire malgré la fin.

Hélène 16/11/2015 07:58

J'ai été déçue car autant le sujet était prometteur autant l'auteur s'essouffle en cours de route !