A la lumière d'hiver de Philippe JACCOTTET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce recueil regroupe "A la lumière d'hiver", "Chants d'en bas", "Pensées sous les nuages", et « Leçons ». Une note de Jaccottet lui-même précise que « Leçons » et « Chants d’en bas » sont deux livres de deuil. On n’apprendra qu’en 1994 dans un petit volume intitulé Tout n’est pas dit que le disparu était Louis Haestler, beau-père de Jaccottet, « un homme simple et droit » et dont la droiture même l’a inspiré pour dire « la douleur de sa fin ».

Cette tonalité mélancolique, réflexion sur la perte, se fond dans un lyrisme qui chante aussi la beauté du monde et l'immense pouvoir de transfiguration du réel de la poésie. 

 

"Plus aucun souffle.

Comme quand le vent du matin

a eu raison

de la dernière bougie.

Il y a en nous un si profond silence

qu'une comète

en route vers la nuit des filles de nos filles

nous l'entendrions." (Leçons)

 

"Plutôt, le congé dit, n'ai-je plus eu qu'un seul désir :

m'adosser à ce mur pour ne plus regarder à l'opposé que le jour,

pour mieux aider les eaux qui prennent source en ces montagnes

à creuser le berceau des herbes,

à porter sous les branches basses des figuiers,

à travers la nuit d'août,

les barques pleines de brûlants soupirs." ( Leçons)

 

"Ce matin, il y avait un miroir rond dans la brume,

un disque argenté près de virer à l'or,

il eût suffi d'yeux plus ardents pour y voir

le visage de celle qui en efface avec un tendre soin

les marques de la nuit...

 

Et dans le jour encore gris

courent ici et là comme la crête d'un feu pâle

les branchages neufs des tilleuls..." (Le mot joie)

 

"Cette montagne a son double dans mon coeur.

Je m'adosse à son ombre,

je recueille dans mes mains son silence

afin qu'il gagne en moi et hors de moi,

qu'il s'étende, qu'il apaise et purifie.

Me voici vêtu d'elle comme d'un manteau.

Mais plus puissante, dirait-on, que les montagnes

et toute lame blanche sortie de leur forge,

la frêle clef du sourire." (Le mot joie)

 

"Tu es assis

devant le métier haut dressé de cette harpe.

Même invisible, je t'ai reconnu,

tisserand des ruisseaux surnaturels." (A Henry Purcell)

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

 

A la lumière d'hiver, suivi de Pensées sous les nuages, Philippe Jaccottet, Poésie Gallimard, 1977-1994, 7.20 euros

Publié dans Poésie française

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zarline 31/05/2016 16:43

Je t'avoue que le nom de Jaccottet me donne encore des poussées de fièvre, souvenir du lycée. Je devrais peut-être lui redonner une chance. Peut-être qu'en n'ayant pas besoin de décortiquer son oeuvre ligne par ligne, ses poèmes passeraient mieux?

Hélène 01/06/2016 08:41

Je te comprends, certains auteur me font le même effet;..

Folavril 31/05/2016 14:49

Je n'ai jamais rien lu de ce poète, merci pour ces extraits... cela me donne envie d'en lire davantage.

Hélène 01/06/2016 08:40

Je t e le conseille !

Violette 30/05/2016 22:23

je n'arrive toujours pas à lire de la poésie (sauf quelques classiques, Baudelaire, Verlaine, ... très ponctuellement)!!!

Hélène 01/06/2016 08:39

Un jour viendra...

Electra 30/05/2016 11:31

Je ne vois pas la couverture ! quand tu cliques sur afficher, il t'envoie sur un autre site ..sinon très joli, je ne connais pas ce poète - Quai des Proses le connaît sans doute ! bonne journée

Hélène 01/06/2016 08:39

J'ai rectifié ! merci !

Dominique 29/05/2016 11:29

Jaccottet est un de mes poètes préférés que je lis et relis au fil du temps

Hélène 30/05/2016 08:10

Je pense continuer dans son oeuvre..;

Luocine 29/05/2016 08:55

Quel poète merci pour cette lecture
Luocine

Hélène 30/05/2016 08:10

Un essentiel !