Printemps des poètes - 120 nuances d'Afrique

Publié le par Hélène

L'éphémère et la silhouette de Mariem Mint Derwich

 

Je te danserai l'éphémère sur la dune endormie

L'imperceptible de la trace

Le vent qui efface, caresse chuchotée,

Les notes envolées, fugitives des histoires d'antan

 

Je te danserai la lumière de la lune

La lumière tremblotante

Au feu assoupie,

Ce que murmure l'homme quand il rêve

 

Je te danserai les palmiers au ciel découpés

Le nuage dans le regard des bergers,

Les gestes esquissés et qui s'en sont allés,

La paume au sol posée, disparue

 

Je te danserai l'entre souffle,

Les crépuscules, l'instant parfait,

La plénitude d'ici

Quand d'autres parlent de demain

 

Je te danserai l'ailleurs, l'horizon en renaissance,

Le lieu secret de l'homme qui s'expire,

Il y aura cet à peine visible,

Silence

 

Je te danserai les pistes et les déserts,

Un mot balbutié sur la paupière de la nuit,

Que tout s'enfuit, que tout reste,

Qu'il n'est de battement que celui que l'on porte

 

Je te danserai la flamboyance de la mer,

La goutte d'eau puisée,

La vague qui fait les mondes,

L'empreinte de ton pied sur le sable mouillé

 

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,

Les silences des choses, les chants des mondes,

Les animaux de l'aube et les premiers frisson,

La beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

 

Je te danserai les couleurs à peine rencontrées,les livres qu'on n'écrira jamais,

La poésie enfermée dans la main,

Les mots,et les oiseaux la trace et le rien

 

Et, au milieu de la nuit du monde,

L'heure bleue, celle des hommes en prières,

L'immensité de ce qui s'écoute,

 

Je te danserai l'éphémère et la silhouette...

 

Mariem Mint Derwich L'éphémère et la silhouette, texte inédit, 2016

 

Poésie tirée de 120 nuances d'Afrique

 

 

 

 

Publié dans Poésie étrangère

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Didi 15/03/2017 14:20

Merci pour toutes les découvertes de poésies et celle-ci me plaît beaucoup.
Vive le printemps des poètes

Hélène 17/03/2017 10:36

Oui vive le printemps des poètes !