Antonia - Journal 1965-1966 de Gabriella ZALAPI

Publié le par Hélène

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Antonia est une jeune femme de 29 ans mariée à un homme qui ne l'estime pas, et des envies de liberté la parcourent : "J'ai épousé Franco aveuglée par le désir d'être aimée. je me suis trompée." dit-elle. "Franco est un homme tiède, sans courage. Sa vie s'étend sur quelques mètres carrés. Parler avec lui c'est restreindre mon horizon, restreindre mon vocabulaire, restreindre mon imaginaire."

Quand elle se confie à son père tant aimé, celui-ci la rabroue et l'enjoint à aimer son mari, "pour le meilleur et pour le pire". A la mort de sa grand-mère, Antonia reçoit une boîte de documents retraçant la vie de cette femme, elle se consacre alors à reconstituer le passé, se perdant dans la vie de son ancêtre pour oublier ses déconvenues.

Mais peu à peu, sa volonté s'affirme, elle s'affranchit des conventions sociales étouffantes et s'admoneste : "Antonia, tu dois : émerger, apparaître, sortir, te montrer, jaillir des tréfonds, manifester ta présence. Qu'attends-tu ?"

Dans ce journal intime, elle note ses pensées mais aussi les fulgurances trouvées ailleurs, comme cette réplique de Fellini dans 8 1/2 : "Est-ce que tu serais capable de tout planter là et de recommencer ta vie ? De choisir une chose, une seule chose et d'y rester fidèle ? ... De faire en sorte qu'elle devienne ta raison de vivre ? ... Une chose qui résumerait tout, qui renfermerait tout, parce que ta propre fidélité la rendrait infinie ? En serais-tu capable ?"

Gabriella Zalapi est artiste plasticienne et elle utilise ici des photographies, souvenirs ou archives issues de sa propre histoire familiale pour nous conter ce destin de femme et cette émancipation féminine peu évidente dans les années 60 en Sicile. Antonia est son premier roman, il lui permet de s'interroger sur ce qui fonde une identité. 

Ce que j'ai moins aimé : Le côté fragmenté et assez répétitif  du journal a émoussé mon intérêt en cours de lecture.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

D'autres avis : Cathulu ;  Paolina ; Télérama

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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Alex-Mot-à-Mots 19/03/2019 14:05

Plus pour les illustrations que pour le journal en lui-même, donc.

manou 19/03/2019 08:39

Dommage, j'aurai aimé me plonger dans ce journal illustré de photos anciennes...ce sujet m'intéresse, nos ancêtres ont marqué nos vies que nous les ayons connus ou pas. Merci de nous donner ton ressenti