Ciseaux de Stéphane MICHAKA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Les braves gens courent les rues, mais l’alcool les rattrape.

L’alcool et les jolies filles. »

 

L’auteur :

 Après des études de lettres à l'Université de Cambridge (Royaume-Uni), Stéphane Michaka enseigne le français en Afrique du Sud. De retour en France, il travaille comme script-editor pour la télévision et écrit ses premiers textes pour la scène.
Ses pièces Le Cinquième archet, La Fille de Carnegie (lauréate du concours Beaumarchais/France Culture en 2005) sont publiées par l’Avant-Scène Théâtre (collection des "Quatre-Vents"). Il est l’auteur de plusieurs pièces jeunesse dont Les Enfants du docteur Mistletoe (Éditions Espaces 34). Il a écrit des fictions radiophoniques pour France Culture, dont une adaptation remarquée du Château de Kafka diffusée en 2010.
Sur la suggestion de François Guérif, il adapte sa propre pièce La Fille de Carnegie et en tire un roman publié chez Rivages/Noir sous le numéro 700 de la collection. La Fille de Carnegie a été sélectionné pour plusieurs prix littéraires : Prix du Polar SNCF, Prix BibliObs du roman noir, Grand prix des lectrices de Elle, Grand Prix du roman noir au festival de Beaune, Prix Senghor du premier roman francophone, Grand Prix de littérature policière.
Stéphane Michaka est également traducteur : Pour toujours... jusqu’à demain de Sarah Dessen chez Pocket Jeunesse, Je suis le dernier Juif debout de Michael Simon chez Rivages/Noir.
Stéphane Michaka reçoit le prix Révélation 2012 pour Ciseaux dans le cadre des Prix Les Lauriers Verts de La Forêt des Livres organisée par Gonzague Saint-Bris. (Babélio)

 L’histoire :

À quinze ans, Raymond décide qu'il sera Hemingway ou rien. Et la nouvelle, avec ses silences têtus et ses fins en lame de rasoir, son genre de prédilection. Il a des envies d'ailleurs et la vie devant lui. On est à Yakima, dans le nord-ouest des États-Unis. Autant dire nulle part. Son ambition donne le tournis à Marianne, la petite serveuse de la boutique de donuts. « C'était le truc le plus excitant que j'avais jamais entendu. Pleine d'assurance, je lui ai dit : Tu peux compter sur moi, Ray. » 

Les deux adolescents se marient quelques mois plus tard. Marianne est enceinte. Raymond n'a pas commencé à boire. 

Douglas, lui, vient d'obtenir le job de ses rêves : directeur littéraire d'un magazine prestigieux. Les nouvelles qu'il reçoit l'irritent comme un vilain psoriasis. Pour calmer ses démangeaisons, il coupe, réécrit, sculpte avec ses ciseaux.
« C’est leur voix. Leur voix, tu m’entends ? Mais c’est ma signature. » 

Quand il le rencontre, Ray peaufine son art dans l'alcool depuis près de dix ans et Marianne subvient aux besoins du ménage. Douglas va changer leur vie. Raymond Carver, Maryann Burk-Carver, Gordon Lish et la poétesse Tess Gallagher qui attend son heure en coulisses... 
Ciseaux raconte leur histoire : dans l'Amérique des années soixante à quatre-vingt, l'accomplissement de deux hommes en proie à une dépendance réciproque, un écrivain et son éditeur qui coupe ses textes au point de les dénaturer. (Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

Ciseaux est une œuvre de fiction librement inspirée de la relation entre Raymod Carver et son éditeur Gordon Lish. Pour Raymond Carver, vivre c’est écrire, et son écriture est sa vie, sa vie est dans son écriture. Les êtres qui gravitent autour de lui deviennent des êtres de fiction qui lui permettent d’aborder les thèmes chers à son âme : la passion, l’alcool, son autre amour, ses difficultés à créer, puis les femmes, la tentation de dévier du droit chemin… Il est ici à son tout mis en scène, par l'entremise du talentueux Stéphane Michaka.

Il est au centre du roman, bien sûr, écrivain émérite, mais il partage la vedette avec son éditeur surnommé Ciseaux en raison des coupes excessives qu’il effectue dans les nouvelles de ses poulains. A ses côtés gravitent également sa femme Marianne, ses enfants, puis sa deuxième femme, Joanne.

 

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Par un subtil agencement des points de vue des différents protagonistes, un portait en creux se dessine. Ces différentes voix densifient les personnages, leur apportant épaisseur et profondeur. De plus, cela permet de densifier également les thèmes : le couple, sa déliquescence, l'alcool, le manque d'argent sui devient chronophage et empêche à la création de pleinement se libérer, la rédemption, l'honneur...

Ciseaux est un roman plaisant qui nous rappelle que tout n’est que littérature…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Je ne saurais pas dire précisément pourquoi, mais je ne suis pas plus enthousiasmée que cela… Question de goût probablement .

 

Premières phrases :

 « C’est un peu effrayant, cette chose qui nous arrive. Elle s’empare de nous sans crier gare. Même quand rien ne se passe, elle est là. Elle attend. Une attaque, c’est précisément cela : une bombe à retardement. 

L’horloge interne des alcooliques, on est tous ici pour s’en débarrasser. »

 

D’autres avis :

Lu sur les conseils de Marilyne

Babélio

 

Ciseaux, Stéphane Michaka, Pocket, septembre 2013, 6.70 euros

 

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Commenter cet article

jerome 06/12/2013 20:40

Je crois que je vais en rester à l'oeuvre de Carver, un de mes auteurs préférés.

Hélène 09/12/2013 08:13



SI tu aimes Carver, tu pourrais aimer celui-ci...



Noukette 06/12/2013 16:15


Pas plus tentée que cela je dois dire...

Hélène 09/12/2013 08:13



Marilyne a adoré, je suis moins enthousiaste...



Alex-Mot-à-Mots 06/12/2013 11:13


J'aime bien ta conclusion : tout n'est que littérature....

Hélène 06/12/2013 12:40







Yv 06/12/2013 11:01


J'ai hésité plusieurs fois, mais je craignais un peu ce que tu dis, un manque d'enthousiasme, et puis je n'ai jamais lu Carver

Hélène 06/12/2013 12:40



Je ne sais pas à quoi cela tient. J'ai aussi dû lire un recueil de Carver, cela ne m'a pas marqué....