Eau sauvage de Valérie MREJEN

Publié le par Hélène

                                                             eau-sauvage.jpg

♥ ♥

« On revient toujours vers ses origines. (…) Si l’on me coupe de mes racines, je dépéris. Je ne peux plus marcher. » (p. 67)

 

L’auteur :

Valérie Mréjen, née en 1969 est une romancière, une plasticienne et une vidéaste française. Connue pour ses courts métrages et ses vidéos, Valérie Mréjen expose aussi dans les galeries et les musées d'art contemporain. Elle interroge le langage, ses multiples facettes et sa vacuité, dans des productions courtes inspirées du quotidien comme Au revoir, merci, bonne journée ou Chamonix. Parmi ces autres courts figurent French courvoisier (2009) et Valvert (2010). Également auteur, la réalisatrice française prolonge sa réflexion dans plusieurs romans remarqués : Mon grand-père en 1999, L' Agrume en 2001 et Eau sauvage en 2004, publiés chez Allia.

En ville, son premier long-métrage (coréalisé avec Bertrand Schefer), a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2011. (Source : France Inter)

 

L’histoire :

 Un père adresse à sa fille, déjà adulte, des reproches, des demandes, des propositions. Dans le silence qui lui répond, on entend tout : l'exaspération, la culpabilité, le désir d'être ailleurs. Un discours à sens unique, une litanie qui pourrait lasser, mais qui apparaît peu à peu comme un écho familier. (Source : Evene)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Mréjen peint avec beaucoup de justesse et de sincérité une relation entre un père et sa fille.

 Le portait de ce père est émouvant : homme seul, il parle du fond de sa solitude à sa fille, à ses enfants qui, adultes, ont quitté le domicile parental et ont laissé un vide que rien ne comble.  Les maigres conversations qui s’échafaudent alors ensuite ne parviennent pas à rassasier ce père qui rêverait d’une famille plus unie formant bloc contre le monde extérieur.  Il soliloque, raconte ses journées, ses joies, ses peines, posent des questions pour s’intéresser à la vie de sa fille, la conseille, et répète « on ne se voit jamais… » comme une litanie qui pourrait éradiquer la distance entre les êtres… La voix des enfants ne parvient pas jusqu’à nous, flétrie par le monologue du vieil homme.

 « Non, pas très bien. J’ai beaucoup de problèmes au bureau, avec Rosine on est en froid. Elle se plaint du matin au soir. Je vais vers elle et elle m’accueille par des soupirs. Vous, vous avez vos vies, chacun fait de qu’il a à faire. » (p.56)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 La facilité a tendance à frôler la simplicité et il faut un éclairage particulier pour voir dans ce dialogue quotidien autre chose… La profondeur du texte ne se laisse pas facilement apprivoisée…

 

Premières phrases :

« Je crois que je vais prendre une décision très grave parce que maintenant ça commence à bien faire. A partir de demain, c’est terminé, je n’entendrai plus parler de vous. 

Ca n’a pas l’air d’aller ? Tu peux te confier, j’aimerais t’être utile bien que je sois maladroit. Souvent, je n’ose pas demander, j’ai peur de poser des questions. Pourtant, je sens que tu n’es pas à l’aise.»

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : L’agrume

Autre : Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

 

Eau sauvage, Valérie Mréjen, Editions Allia, janvier 2004, 92 p., 6.20 euros

Commenter cet article

gambadou 16/07/2012 10:48


ton commentaire est tentant, même si on sent une petite déception sur la profondeur du texte. Je note

Hélène 16/07/2012 12:14



C'est un texte très oral, intéressant ..



Aifelle 16/07/2012 09:57


Je l'ai lu et aimé à sa sortie. J'avais encore plus aimé "l'agrume".

Hélène 16/07/2012 12:15



Je note !