Eros dans un train chinois de René DEPESTRE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Que nous ont-ils donc fait, ces organes, pour qu’on n’en puisse parler simplement ? » Jean Paulhan

 

L’auteur :

 

René Depestre est un écrivain haïtien.  À dix-neuf ans, il publie «Étincelles», son premier recueil, qui lui vaut un succès immédiat et lui permet de rencontrer de grands intellectuels, parmi lesquels André Breton et Aimé Césaire. Il publie aussi plusieurs romans, obtient le prix Goncourt de la nouvelle en 1982, puis le prix Renaudot en 1988 pour «Hadriana dans tous mes rêves», ainsi que de nombreuses distinctions dans le domaine de la poésie, dont le prix Apollinaire pour son «Anthologie personnelle» parue aux Éditions Actes Sud en 1993.

 

L’histoire :

 

Ce divertissement pourrait s'appeler "neuf histoires d'amour".  Le narrateur de ces fictions libertines a assez d'esprit et de malice pour commencer par le récit non d'un fiasco mais d'un échec : la jolie guide qui lui fait parcourir la Chine ne veut rien savoir. Toutes les autres rencontres se terminent à la joie contagieuse des deux participants. Il y a aussi la Haute-Savoie et les sports d'hiver, l'express Paris-Prague, la Yougoslavie, un Japon de rêve, et Cristina, ardente Brésilienne infidèle. La fête de l'érotisme solaire se termine à perte de vie en Haïti, comme il se doit, par le "conte de sorcier", feu d'artifice final. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-        -   J’ai apprécié la façon dont l’érotisme était conté dans ces pages enflammées : point de scènes crues et bestiales,  tout est suggéré au moyen de termes minutieusement choisis.

 

« Elle me laissa aussi lui mordiller la saignée des bras, le bout de chacun des dix doigts, le velours sans fin des cuisses jusqu’à la royale motte noire de drue. Sa racine en amande tenait du prodige, au toucher et au goûter, comme tout la mystère ensorcelant de sa beauté. Il fallait, avant toute cérémonie, célébrer sa galerie de fête. » (p. 161)

 

-          - Les histoires sont bien souvent cocasses, mais non exemptes de réflexions plus sérieuses sur le racisme, l’absolutisme, les guerres…

 

- -     -     Des nouvelles plaisantes, qui divertiront agréablement les lecteurs souvent habitués à plus de noirceur…

 

Ce que j’’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« A sept heures chaque matin, à deux heures l’après-midi, à six heures le soir, avec la ponctualité  d’un train en Suisse, elle me téléphonait du hall de l’hôtel.

-          Illustre hôte, bonjour. C’est votre interprète. Etes-vous prêt ?

-          Bonjour, Xiluan. Je descends. »

 

Eros dans un train chinois, Neuf histoires d’amour et un conte de sorcier, René DEPESTRE, Folio, 210 p.,  5.70 euros

Publié dans Littérature érotique

Commenter cet article

keisha 29/03/2011 09:18



Le passage p 161, désolé, mais moi ça me fait doucement ricaner... Je suis allergique à l'érotisme, même finement suggéré...



Hélène 29/03/2011 09:26



Ricane, ricane...


J'ai voulu découvrir cet auteur qui faisait partie des auteurs phares du printemps des poètes, et j'ai été agréablement surprise, la façon dont il aborde l'érotisme est drôle volontairement,
intelligente. De ces textes qui donnent le sourire 



Yv 28/03/2011 15:10



Moi quand je parle de littérature haïtienne, je parle de séisme, de racisme, de vaudou. Et toi, tranquillement d'érotisme. Oh Hélène, quand même !



Hélène 28/03/2011 15:25



Tu connais ma préférence pour les romans joyeux...