L’estivant de Kazimierz ORLOS

Publié le par Hélène

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 « Est-ce Dieu qui veut ça, ou est-ce l’homme qui fait lui-même sa vie ? Comment la vie se déroule-t-elle ? » (p. 120)

 

L’auteur :

Kazimierz Orlos est un écrivain, scénariste, dramaturge, journaliste et animateur de radio polonais. Il est également connu sous le pseudonyme de Maciel Jordan.

Censuré en Pologne à l'époque du communisme, il coopère avec Radio Free Europe et écrit pour Kultura, magazine littéraire et politique de l'émigration polonaise, ainsi que pour Puls. Après la chute du communisme, il travaille pour différents journaux.

 En 1970, il reçoit le prix de la Fondation Koscielski pour son ouvrage "Ciemne drzewe" (Les arbres sombres). En 2006, il reçoit deux autres prix pour un recueil de nouvelles "Dziewczyna z ganku".
En 2007, le président Lech Kaczynski lui remet la distinction de "Krzyż Komandorski Orderu Odrodzenia Polski", deuxième plus haute distinction honorifique polonaise qui récompense les mérites éminents dans le domaine des sciences, du sport, de la culture, de l'art, de l'économie, ou du service rendu au pays ainsi qu'au développement de relations avec les pays étrangers. (source babélio)

 

L’histoire :

 Un vieil homme retrouve avec émotion deux lettres écrites cinquante ans plus tôt. Comment a-t-il pu oublier Mirka, son premier amour, rencontrée pendant les vacances d'été des années 1951 et 1952 ? La jeune fille de la baie de Gdansk lui annonçait être enceinte. Il ne lui a jamais répondu.

Bouleversé par cette paternité qui resurgit dans ses vieux jours, l'homme prend la plume pour raconter son histoire à son fils et part à la recherche de son passé. Il retourne dans la maison sous les pins, au bord de la mer Baltique. Au cours de longues promenades sur la plage et dans les dunes, il s'interroge sur ses choix, sur sa lâcheté vis-à-vis de ses proches, sur ses compromissions avec le système communiste. Au fil de rencontres avec les habitants des lieux, il s'approche pas à pas de la vérité.
Son récit simple et brut, teinté de nostalgie, sonne comme une confession qui vient trop tard, une manière d'empoigner son existence pour lui donner un sens. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Premier atout de ce roman très touchant : sa couverture. Elle représente une reproduction d’un tableau de  Joseph CZAPSKI « Au bord de la mer » et nous plonge déjà dans l’atmosphère nostalgique du roman.

-          Ce vieil homme décide finalement de flirter à nouveau avec son adolescence,  non pas pour justifier ou excuser ses choix, mais plus par curiosité, il repart vers son passé comme s’il sentait qu’il lui fallait à présent boucler sa vie. Il ne remet pas en doute ses choix, peut-être parce qu’il s’adresse à son fils, et que celui-ci n’aurait sans doute pas existé s’il avait choisi de rester auprès de cette amour de jeunesse. Son errance est plus une interrogation sur le hasard, sur le poids d’une époque durant laquelle la survie importait avant tout, sur la lâcheté dont on est capable… Puis, malgré tout, la vie continue, avec ses heurts et ses joies, et il n’est pas certain qu’elle aurait été plus belle autrement.

-          Peut-être que ce qui compte avant tout est de réussir à capter la beauté des moments suspendus au-dessus du bonheur, et d’oublier ou de passer outre les scènes plus déplaisantes. Profiter de promenades sur la plage pour observer des deltaplanes, pour écouter le ressac de la mer qui rappelle que tout passe et que ne reste que l’instant présent.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Je comprends que l’on puisse être désarçonné par le rythme très lent de la narration, par la manque d’action, mais l’essentiel est ailleurs…

 

 Premières phrases :

 « J’ai mis bout à bout cette histoire de notes éparses, de feuilles de cahier arrachées, de griffonnages sur des bouts de serviettes en papier du restaurant La Frégate. Et même de coupures de journaux. J’ai commencé à rédiger en novembre et fini en décembre 2003. J’ai tout mis en ordre. Rajouté par ici, enlevé par là. Aligné les jours, les semaines. Qu’après ma mort, le destinataire reçoive un texte clair. Simple, même si l’histoire elle-même, évidemment, n’est pas simple.

Voici le texte que je destine à mon fils. »

 

Vous aimerez aussi :

 Dans les veines ce fleuve d’argent de Dario FRANCESCHINI 

 

D’autres avis :

Kathel, Delphine

 

L’estivant, Kazimierz Orlos, traduit du polonais par Erik Veaux, Les Editions Noir sur Blanc, août 2011, 120 p., 14 euros

 

Merci à Denis LEFEBVRE du groupe Libella

  

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Publié dans Littérature Europe

Commenter cet article

Yv 04/10/2011 11:06



Bon, eh bien moi, je n'ai pas réussi à trouver l'essentiel : je n'ai pas du tout accroché. tant pis !



Hélène 04/10/2011 11:17



l'essentiel est infime....



Anne(De poche en poche) 03/10/2011 19:21



Oui, tu as raison. Des fois certaines narrations exigent une certaine lenteur pour obtenir ces moments suspendus dans le temps. C'est agréable de lire des livres d'actions où l'on met un ou deux
jours pour terminer de lire le livre mais c'est aussi très agréable la lenteur, cela permet le ressourcement. Je suis ravie de faire connaissance avec ce roman que je n'avais pas du tout repéré
dans la rentrée littéraire.



Hélène 04/10/2011 08:35



Il faut juste êtr disponible au moment de la lecture pour cette lenteur...



Kathel 02/10/2011 16:08



Tu le dis très bien : l'essentiel est ailleurs ! Je suis contente que tu aies aimé aussi.



Hélène 04/10/2011 08:35



Un belle découverte...