L’hibiscus pourpre de Chimamanda NGOZI ADICHIE

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 Chimamanda Ngozi Adichie a grandi au Nigeria. Ses nouvelles ont été plusieurs fois sélectionnées dans le prestigieux prix littéraires américains ou anglais. L'Hibiscus pourpre est son premier roman. Elle a aujourd'hui 25 ans et partage son temps entre le Nigeria et les Etats-Unis.

 

L’histoire :

Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d'Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique (il possède le seul journal indépendant du pays) en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l'éducation de ses enfants comme une chasse au péché où les plus terribles punitions trouvent leur justification dans la foi. Quand un coup d'Etat vient secouer le Nigeria, Eugène, très impliqué dans la crise politique, est obligé d'envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, qu'ils croyaient dangereuse et païenne, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable et la maison se transforme en champ de bataille où les enfants vont se révolter pour gagner leur liberté.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Le point de vue adopté est celui de la jeune Kambili, et ses propos sont pesés, retenus, bridés par l’autorité d’un père tyrannique pour qui tout écart à la religion est source de réprimande souvent violente. La violence domestique est évoquée avec tact mais sans nous en épargner sa dureté incohérente. Kambili ne comprend pas toutes les scènes qui se déroulent sous ses yeux endoctrinés, mais le lecteur à la conscience aiguisée emplit les vides et prend en pitié cette famille au quotidien assombri par l’ombre intolérante de la figure paternelle.

 -          De la même façon que Kambili éprouve un savant mélange de fascination et de répulsion pour ce père qui reste sa seule référence dans son univers, le lecteur s’interroge sur ce personnage ambivalent qui répand la terreur dans son foyer mais défend par ailleurs des idées progressistes pour son pays le Nigéria en dirigeant le seul journal indépendant du pays :

  « Je voulais faire  la fierté de papa, réussir aussi bien que lui. J’avais besoin qu’il me mette la main sur la nuque en me disant que je réalisais le dessein de Dieu. J’avais besoin qu’il me serre contre lui et me dise qu’à celui à qui on donne beaucoup, on demande aussi beaucoup. J’avais besoin qu’il me sourie, de ce sourire qui illuminait son visage et réchauffait quelque chose au fond de moi. Mais j’étais deuxième. J’étais souillée par l’échec. » (p. 49)

 -          Le goût de la liberté va s’instiller insidieusement dans l’esprit formaté de Kambili, jusqu’à ce qu’elle éclate en mille éclats irisés qui bouleverseront sa vie :

 « Cette nuit-là, je rêvai que je riais, mais ça ne ressemblait pas à mon rire, même si je ne savais pas à quoi ressemblait mon rire. C’était un rire saccadé, rauque et enthousiaste, comme celui de tatie Ifeoma. » (p. 105)

 -          La fin du roman est tout à fait remarquable, offrant un retournement de situation hautement étonnant…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          La bluette sentimentale n’était peut-être pas nécessaire…

 

Premières phrases :

 « A la maison la débâcle a commencé lorsque Jaja, mon frère, n’est pas allé communier et que Papa a lancé son gros missel en travers de la pièce et cassé les figurines des étagères en verre. Nous venions de rentrer de l’église. Mama plaça les palmes fraîches, mouillées d’eau bénite, sur la table de la salle à manger. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L’autre moitié du soleil

Autre : Au pays des hommes de Hisham MATAR

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio , Kathel 

L’Hibiscus pourpre,  Chimamanda Ngozi Adichie, traduit de l’anglais (Nigeria) par Mona de Pracontal, Editions Anne Carrière, 2004, 416 p., 20,99 euros

 POCHE : L’hibiscus pourpre, Chimamanda NGOZI ADICHIE, Le livre de poche, 2004, 350 p., 6.50 euros

 

defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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Oloruntoba 11/12/2014 16:39

Comment avez-vous compris les mots étrangers dans le livre, parce qu'ils ne sont pas tous dans le lexique?

hélène 11/12/2014 17:42

Je n'ai pas souvenirs de mots difficiles à comprendre...

Manu 06/08/2011 11:57



J'avais déjà noté L'autre moitié du soleil. Bon, je note aussi celui-ci !



Hélène 08/08/2011 08:28



Je trouve celui-ci plus puissant que "l'autre moitié du soleil"...



clara 05/08/2011 06:56



j'ai peur de la bluette sentimentale... 



Hélène 05/08/2011 08:56



Elle est là pour adoucir un peu l'histoire je pense. Et puis l'héroïne est une ado donc cela tombe un peu sous le sens qu'elle tombe amoureuse...



Papillon 04/08/2011 18:46



ça fait un moment qu'il est sur ma LAL, celui-ci ! (depuis que j'ai lu "L'autre moitié du soleil", en fait) et là tu me fais vriament envie !



Hélène 05/08/2011 08:56



j'ai moins aimé "l'autre partie du soleil", tu verras, celui-ci est bien meilleur



Kathel 04/08/2011 12:45



Je l'ai lu il y a quelques années et ai été très touchée aussi...


http://lettres-expres.over-blog.com/article-18709059.html


 



Hélène 05/08/2011 08:59



c'est un beau récit...



cathulu 04/08/2011 12:11



très phallique la couv'!:))



Hélène 05/08/2011 08:59



roooo... C'est un (une ?) hibiscus...