La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

Grand Prix des Lectrices de Elle 2011.

 

L’auteur :

 

Kathryn Stockett a grandi à jackson. Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et sa fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

 

L’histoire :

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La couleur des sentiments est un roman qui se lit très facilement avec sa juste dose de mystères (la disparition de Constantine, la léthargie de Célia…), d’injustices (envers les Noirs bien sûr, mais aussi envers les enfants), une violence sous-jacente qui n’éclate qu’à peine comme pour épargner le lecteur sensible, une histoire sentimentale compliquée … Ainsi l’ensemble fonctionne à merveille et nous emporte facilement dans cette lecture colorée.

 

-          Ce roman constitue de surcoit une bonne approche de la question raciale aux Etats-Unis à cette période :

 

«  Je lis rapidement quatre pages, stupéfaite par le nombre de lois qui n’existent que pour nous séparer. Les Noirs et les Blancs n’ont pas le droit de boire aux mêmes fontaines, de fréquenter les mêmes salles de cinéma, les mêmes toilettes publiques, les mêmes terrains de jeux, les mêmes cabines téléphoniques, les mêmes spectacles de cirque. Les Noirs n’ont pas le droit d’entrer dans la même pharmacie que moi ou d’acheter des timbres au même guichet. » (p. 208)

 

-          L’auteur nous offre de beaux portraits de femmes dans ces pages, en effet :

 

« N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. » (p. 526)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai rencontré quelques clichés en ces pages « Tout ce que je dis, c’est que la bonté, c’est sans limite. » (p. 369) Tout le roman reste en retenue dans la volonté de contenter tout le monde pour se cantonner dans le bien-pensant : on y croise des Blanches cruelles, mais aussi des Blanches tolérantes, des mères indignes, mais aussi des mères exemplaires, des hommes mufles et violents, puis des hommes compréhensifs…

 

-          Je n’ai pas appris grand-chose en ces pages : l’histoire est bien romancée, bien construite, mais je m’attendais à un roman plus puissant que cela sur cette question cruciale du racisme encore prégnant même aujourd'hui. Peut-être a-t-il souffert du fait que j’en ai beaucoup entendu parler en termes plus qu’élogieux si bien que je m’attendais à un véritable chef d’œuvre. Ma lecture s’est sans doute révélé être plus exigeante que d’ordinaire…

 

Premières phrases :

 

«  Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio, vous trouverez de nombreux avis positifs.

 

 

Ys est plus réservée et ClaudiaLucia nous conseille de relire Faulkner et Caldwell …

 

La couleur des sentiments, Kathryn STOCKETT, Traduit de l’anglais (EU) par Pierre Girard, Editions Jacqueline Chambon, 2010, 525 p., 23.80 euros

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FondantGrignote 23/09/2015 13:14

Je comprends ce que tu veux dire sur l'aspect bien pensant... mais malgré tout, j'ai adoré ce roman très positif ! :-)

Hélène 24/09/2015 09:11

De nombreux avis positifs se rassemblent autour de ce bouquin !

mishelle 10/04/2013 21:24


j'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai choisi par hasard, sans en avoir entendu parler.Il me semblait voir un film se dérouler sous mes yeux, et , ayant cotoyé des collègues africaines,(
presque...) tout me semblait véridique.

Hélène 11/04/2013 09:13



Un beau roman effectivement..



zarline 22/06/2011 23:11



J'ai entendu tellement de louanges sur ce livre... Du coup, je pense que, comme toi, je ne laisserais rien passer et je préfère donc attendre avant de me lancer dans cette lecture, histoire
d'être un peu plus tolérante. 



Hélène 23/06/2011 08:36



J'aurais dû faire ça aussi...



Miss Alfie 22/06/2011 15:27



Lecture commune pour le 21 juillet, je pense le lire ce week-end ou le week-end prochain, on verra bien. J'avais été très marquée par "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" qui aborde également la
question de la différence de couleurs aux USA, Stockett va-t-elle me convaincre tout autant ?...



Hélène 23/06/2011 08:37



J'ai hâte de connaitre ton avis !



Kathel 22/06/2011 11:56



Avec ce livre, je danse une véritable valse-hésitation : un jour j'ai envie de le lire, un autre non... Aujourd'hui, plus vraiment...



Hélène 23/06/2011 08:35



Tu peux le lire, c'est un bon livre, mais ne t'attends pas à un chef d'oeuvre...



keisha 22/06/2011 09:55



Je note Faulknet et caldwell, c'est prévu d'ailleurs. Mais bon, je n'ai pas boudé mon plaisir, et en VO, ça ne fait pas de mal!



Hélène 22/06/2011 11:50



J'ai été déçue donc vite énervée..



Alex-Mot-à-Mots 22/06/2011 09:13



Tout de même, la fameuse tarte ?!



Hélène 22/06/2011 11:51



Oui, bon, voilà quoi...



Brize 22/06/2011 09:02



Entièrement d'accord avec toi : compte tenu de l'enthousiasme qu'il a suscité, oui, je m'attendais à quelque chose de plus puissant. Un roman qui ne me marquera pas, je pense.



Hélène 22/06/2011 11:51



Je suis heureuse de trouver enfin quelqu'un qui partage mes réticences...