Lady Susan de Jane AUSTEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Le portrait d'une manipulatrice hors pair... 

 

L’auteur :

 

Née en 1775 dans famille anglaise modeste de l’Hampshire, Jane Austen est l’avant-dernière d’une famille qui compte huit enfants. Son père est pasteur, et laisse sa bibliothèque bien fournie à portée de ses enfants, qui s’abreuvent des romans sentimentaux caractéristiques du XVIIIe siècle.

Elevée à la campagne, très proche de sa sœur Cassandra, avec qui elle monte des pièces de théâtre, Jane Austen apprend le piano, la danse, le français et l’italien, comme toute jeune fille de son temps que l’on prépare pour un bon mariage. Elle part également faire des études à Oxford et Reading. Raison et sentiments, Orgueil et préjugés, ses deux œuvres majeures, sont rédigées dans leurs premières versions alors qu’elle a à peine plus de vingt ans, mais ne parviennent pas à convaincre les éditeurs.

Lorsque son père meurt, la famille est depuis quelques temps installée à Bath, ville qu’elle déteste profondément. Condamnée, à la suite de ce décès, à vivre dans la gêne financière et à rester vieille fille, Jane Austen décide en 1808 de s’installer dans un village près de Manchester, pour y vivre avec sa mère et sa sœur. C’est là qu’elle remanie Raison et Sentiments, avant de réussir à le faire publier – de manière anonyme, comme il était d’usage pour les ouvrages féminins de l’époque. Suite à ce succès, qui lui rapporte, de manière inespérée un peu d’argent pour vivre, elle remanie Orgueil et Préjugés, lui aussi enfin publié, et dont le succès est encore plus grand. Suivront Emma, grand succès également, et Persuasion, laissé inachevé suite à une maladie dégénérative dont elle mourra en 1817.
Son œuvre romanesque, fortement marquée par le XVIIIe siècle, est en partie autobiographique : on y voit les marivaudages amoureux de jeunes provinciaux soumis à une pression sociale et familiale constante. Loin du romantisme échevelé et du renouveau gothique d'une
Mary Shelley ou des soeurs Brontë, Jane Austen puise ses sources dans les textes de Rousseau ou de Richardson. Ses textes donneront lieu à plusieurs adaptations cinématographiques.
(source : Fluctuat)

 

L’histoire :

 

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le style incisif est en première ligne dans ce roman épistolaire :

"Si je tire vanité de quelque chose, c'est bien de mon éloquence. La considération et l'estime accompagnent aussi inévitablement la maîtrise des mots que l'admiration la beauté." ( p. 48)

Le personnage de Lady Susan, est fascinant, manipulatrice à souhait, elle en fait un jeu dans lequel elle doit être victorieuse à tout prix, même s’il faut pour cela sacrifier le bonheur de sa fille. Elle manie l’art de la séduction avec brio, en jouant de ses charmes et de sa verve et fait mouche très fréquemment, malgré une réputation sulfureuse attachée à ses pas. C'est une femme sans scrupules qui joue avec les passions des autres sans aucune considération pour les conséquences éventuelles...  

"Il y a un plaisir délicat à réduire l'insolence, à faire en sorte qu'une personne qui avait d'avance résolu de vous détester reconnaisse votre supériorité." (p. 26)

"Posséder le français, l'italien, l'allemand, la musique, le chant,le dessin, etc. vaudra quelques applaudissements à une femme mais n'ajoutera pas un seul prétendant à sa liste. La grâce et les manières, après tout, sont ce qui compte le plus." (p. 24)

Jane Austen est tellement douée qu'elle parvient à nous faire aimer cette femme fascinante car à côté d'elle tous les autres personnages semblent ternes et sans intérêt. Nous passons ainsi un agréable moment en sa compagnie.

 

Ce que j’ai moins aimé :

   

-          Trop court…

 

Premières phrases :

 

« Mon cher frère,

Je ne puis davantage me refuser le plaisir de mettre à profit l’aimable invitation que vous m’avez faite, quand nous nous sommes quittés la dernière fois, de passer quelques semaines en votre compagnie à Churchill. En conséquence, s’il n’y a pas le moindre inconvénient à ce que Mme Vernon et vous-même me receviez maintenant, je chérirai l’espoir d’être, dans peu de jours, présentée à une sœur dont j’ai depuis si longtemps désiré faire la connaissance. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Orgueil et préjugé

Autre : Les liaisons dangereuses de Choderlos de LACLOS

 

D’autres avis :

Cryssilda 

 Lu dans le cadre du Blogoclub  

Lady Susan, Jane Austen, traduit de l’anglais par Pierre Goubert, Folio, 2000, 115 p., 2 euros

blogoclub 

Publié dans Littérature Europe

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L

Comme Manu, je n'ai pas vraiment trouvé Lady Susan si fascinante... mais j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman même si ce n'est pas celui que je préfère de cette auteur... ;-)
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H


Oui, on ne peut bouder notre plaisir, c'est quand même Jane :!!!!!



M

Je n'ai pas trouvé que Lady Susan était si fascinante, je l'ai même trouvée un peu caricaturale. 
Répondre
H


Je pense qu'elle est mise en avant aussi parce que les autres sont diminués et assez ridiculement manipulables !



H

D'accord avec toi : c'était trop court! ;-)
Répondre
A

Quelle femme, cette "lady" !
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H


He oui, je prendrais bien des cours avec elle...



S

Un petit roman intéressant une première découverte de Jane Austen. Il donne envie d'en lire d'autres. 
Répondre
H


Je crois que je les ai tous lus -avant le blog-, il ne me reste plus qu'à les relire....



G

cynique et incisif. J'ai beaucoup aimé !
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H


Oui, moi aussi !



C

IL est court parce qu'en fait c'est un roman de jeunesse que J Austen n'a pas voulu publier.  A la fin, on dirait même qu'elle se débarrasse de l'histoire par un court résumé. Ce qui
n'empêche pas les qualités : ironie, critique sociale, finesse de l'analyse psychologique... Je ne crois pas que l'écrivaine ait voulu nous faire aimer lady Suzan, elle est tellement hypocite et
dure surtout envers sa fille mais... elle a tant d'intelligence et les autres (les hommes) en ont si peu!
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H


Il est vrai que dans ce roman les hommes apparaissent comme des faibles facilement manipulables !



F

C'est vrai qu'elle crève les pages cette peste de Lady Susan, elle ne laisse pas de place aux autres. Tu as raison , elle nous est presque sympathique à force de tant de cynisme!
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H


je suis facilement manipulable finalement...



C

Il n'u a pas beaucoup de coups de coeur pour ce livre. Il est agréable et sans crier gare, le point final.Et zut !
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H


Oui c'est un peu ça, il finit quelque peu abruptement



K

Trop court? Tu veux dire qu'il aurait fallu épaissir un peu tout cela? Possible...
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H


Oui, je trouve, mais il ne me reste plus qu'à aller relire les autres romans qui sont eux bien plus conséquents...