Le goût sucré des pommes sauvages de Wallace STEGNER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

L’auteur :

 http://wallacestegner.org/bio.html

 

L’histoire :

 « Il engagea la décapotable sur le chemin, et Margaret se laissa aller contre son dossier pour regarder le ciel se déverser sur elle en une enveloppante cascade de bleu »: un couple, ébloui par la splendeur de l'automne, sillonne les routes du Vermont. A la faveur d'une halte aux abords d'un village isolé, Ross sort pinceaux et chevalet, Margaret ramasse quelques pommes sauvages et aperçoit la silhouette fragile d'une jeune femme venant à sa rencontre. Entre rêve et mélancolie, cinq nouvelles de Wallace Stegner au sommet de son art. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Ce petit recueil de nouvelles datant des années 50 contient de véritables pépites :

Le goût sucré des pommes sauvages : Un couple découvre une région du Vermont du bout du monde, des hameaux abandonnés avec quelques habitants dont une jeune fille dans un « chemin fantôme qui se termine en cul-de-sac au milieu de nulle part. » (p. 19)

Le couple erre parmi ces fermes abadonnées, le mari peint pendant que sa femme se promène, nous conviant à une ballade hors du temps qui emmène le lecteur dans ce no man’s land.  

Une nouvelle qui nous enjoint à savourer le présent et le goût sucré des pomme sauvages...

 Jeune fille en sa tour : 

Un homme retourne sur les lieux de son adolescence, dans une maison habitée jadis par l’élue de son cœur, et aujourd’hui attribuée à un funérarium.

Entre remords et regrets, le bilan d’un homme qui se fait prendre au piège du passé  : « cela le tenaillait comme une souffrance » p. 47

« Il ne trouvait pas de consolation à se dire que l’on ne pouvait prendre aucune direction sans tourner le dos à quelque chose. » (p. 47)

Guide pratique des oiseaux de l’ouest :

Un homme de 70 ans observe les oiseaux dans une maison isolée sur la proue d’une colline californienne, quand il est sommé d’assister à un dîner mondain organisé par des voisins, dîner durant lequel un jeune pianiste doit se produire.

Une nouvelle sur les relations humaines et leurs complexités, et sur ce monde artistique : l'impression pour ce jeune pianiste d’être incompris perdurera longtemps après cette soirée.

L'auteur nous offre de très belles pages sur l’observation de la nature :

« Le soleil, très bas, commence à filtrer sous le chêne et m’aveuglede reflets intenses Du pied de notre colline deux grands eucalyptus s’élèvent au-dessus des houx et des yeuses, et els feuilles ovales et flexibles de leur cime, pas très loin en contrebas, tournoient comme autant de poissons éblouissants en papier d’aluminium. Dans le sous-bois la caille se remet à caqueter. Une hirondelle passe au-dessus de la terrasse, décrit une embardée à la poursuite d’un insecte et s’en va. » (p. 58)

Fausse perles pêchées dans la fosse de Mindanao :

Un homme va découvrir des caractère forts, téméraires, des vies de passion plus que de raison.

Génèse :

Ma nouvelle préférée de ce recueil, la plus longue aussi .

Il s'agit d'un western : un jeune anglais Rusty accompagne dans la Saskatchewan une équipe de meneurs de bétail « chargé de rassembler et ramener aux stations de fourrage des veaux que l’on ne pouvait laisser hiverner dans la prairie."

Il va connaître alors l'aventure dans toute sa splendeur mais aussi dans toute sa dureté. Il sera difficile pour lui de s’intégrer dans cette équipe de cow-boys aguerris, mais le temps et les épreuves feront leur oeuvre. Rusty ressortira grandi de cette belle aventure dans le blizzard...

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Bilan :

Un recueil avec deux nouvelles qui prennent l’ascendant sur les autres la première et la dernière et qui revèlent le grand talent de cet auteur « doyen des écrivains de l’ouest », maître pour les romanciers de l’école du Montana. 

Une très belle découverte !

 Ce que j’ai moins aimé :

  Comme dans tout recueil de nouvelles, certaines plaisent plus que d'autres...

 Premières phrases :

 « Ils roulèrent sur une chaussée égale, dont les bas-côtés avaient été creusés par la lame d’une niveleuse. Puis la route obliqua sur la doroite, et un écriteau peint cloué  à un poteau leur annonça : « Harrow. » Harrow, ils en venaient. Droit devant, en revanche, un chemin peu passant filait entre deux hauts talus pareils à des haies vives. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La vie obstinée

D’autres avis :

 Lmda 

Babélio 

 

Le goût sucré des pommes sauvages, Wallace stegner, traduit de l’anglais (EU) par Eric Chédaille, Points, 302 p., 10 euros

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La bUze 05/06/2014 15:19

complètement accroché par 'La vie obstinée', je viens de prendre ce recueil en blibliothèque, en attendant de trouver En lieu sûr ;)

bruno 12/11/2013 22:01


j'ai oublié de répondre pour R Ford


J'avais abandonné un de ses livres (week end dans le michigan) car c'était un style qui ne me convenait pas à l'époque où je l'avais débuté.


je pense que désormais, ayant vieilli, je pense que ça pourrait me plaire davantage, tout comme son dernier "Canada", qui semble très bien

Hélène 13/11/2013 08:43



JE suis assez tentée aussi par ce "Canada"...



bruno 12/11/2013 21:58


Avec plaisir:


James Salter


Wallace Stegner


Steven Milhauser


Jin Harrison première manière, car c'est avec lui que j'ai découvert cette littérature


maintenant je n'ignore pas les autres grands noms : Roth, updike, McCarthy, etc pour les hommes, Susan Minot, Jennifer Egan, L Ksischke, Lorie Moore, Oates, etc.......pour les dames

Hélène 13/11/2013 08:41



J'ai lu James Salter, "l'homme des hautes solitudes", j'avais beuacoup apprécié. pour Milhauser "l lanceur de couteaux", un bon souvenir également. Jim Harrison oui bien sûr. Les autres
parcontre, j'adhère moins, je n'ai jamais terminé un Roth, Kasischke mon expérience d'hier fut désatreuse, Egan et updike je  les ai dans ma bibliothèque, pas encore tenté, Oates, juste lu
son "Blonde", dévoré... Conclusion, il me reste de beaux livres à découvrir, merci pour ces références...



bruno 02/11/2013 19:08


Bonjour


Content de voir apparaître W Stegner dans la liste des écrivains US que vous avez fréquentés


pour ma part je le tiens pour un des 5 plus grands écrivains US du XXeme


Lisez son opus le plus connu, classé par le la presse américaine comme l'un des 100 plus grands romans du XXeme : "angle d'équilibre"


Une saga absolument extraordinaire sur la construction des Etats Unis vue au travers de la vie d'un jeune couple idéaliste rattrapé par la réalité et la dimension sordide que peut prendre parfois
l'existence, même si on a connu l'exaltation de la vie de pionniers et de bâtisseurs


Comme james Salter (écoutez un numéro de Répliques d'A Finkelkraut sur France Culture diffusé le 21/9 je crois qui lui était consacré), ces auters américains nous montrernt qu'on peut raconter
une histoire tout en étant un grand styliste !

Hélène 04/11/2013 08:54



Je note cet "angle d'quilibre" au titre évocateur...


Par curiosité quels sont les 4 autres auteurs qui font partie de vos coups de coeur des auteurs américains du XXème ? récemment un lecteur m'a conseillé Richard Ford que je n'ai jamais lu. En
fait-il partie ?



Philiisine Cave 08/10/2013 19:51


Encore un recueil de nouvelles : chouette ! La couv est frnachement belle. Bises

Hélène 09/10/2013 08:16



Il est très beau aussi à l'intérieur, je te le conseille !



Jeanmi 08/10/2013 16:23


Le problème avec l'écriture de nouvelles c'est qu'elles soient toutes d'égale qualité. En revanche les lescteurs peuvent faire un choix différent de celui de l'auteur...

Hélène 08/10/2013 19:29



C'est aussi ce que j'aime, cette inégalité, en commençant on ne sait pas encore ce qu'on va trovuer...



Manu 08/10/2013 13:06


J'ai La vie obstinée dans ma PAL mais j'ai quand même un peu peur de m'ennuyer.

Hélène 08/10/2013 13:10



Je  ne pense pas, j'ai vraiment beaucoup aimé ces nouvelles !



cristie 07/10/2013 21:10


Là j'ai envie de dire pourquoi pas !

Hélène 08/10/2013 12:45







Alex-Mot-à-Mots 07/10/2013 14:13


Rien à voir avec le goût des pépins de pomme....

Hélène 08/10/2013 12:45



oh non et heureuseument !



keisha 07/10/2013 13:44


Tu connais mon addiction pour Stegner... Dès que je mets là main sur En lieu sûr, je fonce. Mais je pourrais relire vue cavalière aussi...

Hélène 08/10/2013 12:46



Je note TOUT !



jerome 07/10/2013 11:58


Rhaaa, tu me tentes. Des nouvelles américianes des années 50, c'est le genre de référence que je garde précieusement.

Hélène 07/10/2013 13:26



oouii succombe !



Dominique 07/10/2013 10:12


je ne suis pas fan de nouvelles donc ce n'est pas le livre de l'auteur que je préfére, je te recommande Vue cavalière et surtout surtout En lieu sûr qui est à proprement parlé un chef d'oeuvre
sur l'amitié 

Hélène 07/10/2013 13:27



Je note merci 



cathulu 07/10/2013 06:36


Hum, ton billet plus une couv' craquante, tout ceci donne envie !:)

Hélène 07/10/2013 08:06



Je te le conseille, vraiment un bonmoment de lecture !