Le mardi c’est permis

Publié le par Hélène

 

mardi tout est permis 

Ce mois-ci, point de billet sulfureux, en effet, j’ai croisé la route de Carrie Pilby qui m’a tout à coup ouvert les yeux :

  « Le monde est tellement obsédé par le sexe qu’il faut être asexuel en pratique pour réaliser à quel point la sexualité est omniprésente et extrême. C’est la motivation principale derrière les agissements des gens, le sujet numéro un de leurs plaisanteries et la force motrice qui anime leur créativité artistique. Et si vous n’avez pas la même libido, vous finissez par vous interroger sur la légitimité de votre existence. Si le sexe fait tourner le monde, le  monde doit-il s’arrêter pour ceux qui sont asexuels ?» (p. 10)

 vie-pas-tres-cool.jpgEh oui, Carrie ne plaisante pas avec ça, elle préfère philosopher, faire des listes improbables sur les choses qu’elle aime, chercher des mots  compliqués dans le dictionnaire, et surtout, surtout  DORMIR. Là j’ai commencé à me détendre et à  apprécier davantage cette drôle de fille qui voue un culte aux sodas à la cerise, puisque nous nous sommes enfin trouvés un point commun (la philosophie bien sûr…)

 Je la rejoins aussi quand elle  évoque l’hypocrisie généralisée devenue un code de bonne conduite :

  « Je pense que tout le monde triche au travail, dis-je. Cela fait tellement partie du système que c’est implicite. Je n’ai pas vu un seul lieu de travail où les gens ne passaient pas le maximum  de temps à boire du café et lire le New York Post. » (p. 181)

 Et là vous aurez enfin la réponse à LA question  « Mais comment fais-tu pour lire autant ? » : c’est grâce à ce système astucieux d’hypocrisie tolérée que je peux assurer  la lecture et le compte–rendu de quinze livres par mois tout en sirotant mon café… Comme ça quand je rentre chez moi,  je peux dormir philosopher…

 Bref pour en revenir à cette chère Carrie, je dois avouer que ses questionnements sans fin sur la moralité, l’honnêteté, m’ont fait douter de son parcours universitaire sans faille et de sa  passion pour la philosophie :

 « Et qu’en est-il des mensonges des parents ? Quid de tous ces parents qui parlent du Père Noël à leurs enfants ? Est-ce qu’ils ne mentent pas, et même, ne commettent-ils pas un péché ? Quatre-vingt neuf pour cent de Chrétiens ne sont-ils donc pas de pécheurs ? » (p. 218)

 Et sa conclusion est à l’aune de ses interrogations :

 « On ne doit jamais renoncer à un principe qui est logique, solide, important et nécessaire à sa constitution, même si le monde entier est contre. » (p. 531)

  Yeahh baby… Retourne dormir Carrie, cela vaudra mieux…

 Comme vous l'aurez compris, si j'ai trouvé Carrie attachante par certains côtés, elle m'a aussi souvent horripilée.

 De plus, il faudrait qu'elle revoie son style car si je conseille à certains de mes élèves de se cantonner à la phrase simple pour éviter les phrases surréalistes, (exemple : "Carrie Pilby est seule pour cause que parce que elle est surdouée, donc que personne la comprend.") (c'était le pitch du bouquin...),  je pense qu'une élève d'Harvard  peut s'aventurer aux abords de la phrase complexe sans risquer de basculer dans le surréel...

 "J'enfile mon imperméable et un chapeau. J'attrape mon parapluie et dévale l'escalier.

Le trottoir est plein de flaques. Je marche dans quelques-unes. Je fais ça tout le long de la rue. Si les flaques sont inévitables, autant en profiter." (p. 370)

 Je vous laisse sur ces mots, le temps file, il est l'heure pour moi de retourner à mon café travail et puis j'avoue ne pas être téméraire, je crains les foudres de Juliette qui s'est prise pour Gustave en lançant "Carrie Pilby, c'est moi" (et c'était avant son traumatisme crânien...) I love you honey, n'oublie pas...

 

La vie (pas) très cool de Carrie Pilby de Caren LISSNER, traduction de l’américain par Géraldine BRETAULT, éditions Harlequin, Darkiss, 2010, 531 p., 11.50 euros

 

Publié dans Chick-lit

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Sara 11/08/2011 10:20



Bon, ça a l'air quand même assez drole! Même si je pense aussi avoir passé l'âge



Hélène 11/08/2011 10:46



Drôle et pathétique à la fois... Ca rappelle nos souvenirs de jeunesse...



Lystig 08/08/2011 06:39



malgré que ton billet, je vais pallier à cette lecture !!!


 


(pétard des guettes, rien que de l'écrire, mes doigts s'gitent vers la touche "suppr" !!!)



Hélène 08/08/2011 08:31



si bien que avec impatience  j'attends que je voie ton billet... (tu as vu j'ai quand même mis du subjonctif, les vieux réflexes...)



Noukette 02/08/2011 13:24



Comment dire... Les réflexions de cette chère Cassie me laissent pantoise !



Hélène 02/08/2011 15:40



N'est ce pas... Nous aussi pouvons prétendre sortir de Harvard non ?



Yv 02/08/2011 10:35



Beau billet qui me fait sourire même si je sais dès le départ que je ne lirai pas ce livre. Je préfère un bon café, ce que je suis en train de boire en te lisant et en t'écrivant.



Hélène 02/08/2011 11:07



C'est l'avantage des mardis de stéphie de pouvoir lire des livres qu'on ne lirait pas autrement. J'apprécie beaucoup l'exercice et je trouve intéressant d'explorer les coulisses de la
littérature qui se vend... Du moment que ce n'est qu'une fois par mois...



cathulu 02/08/2011 09:42



Il me tentait (because Juliette) mais là du coup, je crois que 'jai atteint la limite d'âge pour ce type de livre!:)



Hélène 02/08/2011 09:54



Juliette réussirait à nous faire lire n'importe quoi je crois... Je l'ai lu de bout en bout mais pour le coup je peux dire "carrie pilby, ce n'est pas moi.."