Le voyage de l’éléphant de José SARAMAGO

Publié le par Hélène

                                             voyage de l'éléphant

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Un périple historique truculent…

  

L’auteur :

 

José Saramago était un écrivain portugais (1922-2010), lauréat du prix Nobel en 1998.

 

 

L’histoire :

 

Salomon, le magnifique éléphant d’Asie, vit depuis deux ans à Belém. Le roi Joao III décide de l’offrir à l’archiduc Maximilien d’Autriche. De Lisbonne à Vienne, en passant par les plateaux de la Castille, la Méditerranée, Gênes et la route des Alpes, Salomon traverse ainsi l’Europe, au gré des caprices royaux et des querelles militaires, soulevant sur son passage l’enthousiasme des villageois émerveillés.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce voyage d’un mastodonte à travers l’Europe est déjà en lui-même extraordinaire, mais José Saramago lui apporte une dimension supplémentaire en lui ajoutant son humour décapant ainsi que des réflexions philosophiques, sociales, historiques qui jalonnent le texte, l’enrichissant sans l’alourdir :

 

« Au fond, il faut reconnaître que l’histoire n’est pas uniquement sélective, elle est aussi discriminatoire, elle ne cueille de la vie que ce qui l’intéresse en tant que matériau socialement tenu pour historique et elle dédaigne tout le reste, précisément là où pourrait peut-être résider la vraie explication des faits, des choses, de cette putain de réalité. En vérité je vous dirai, en vérité je vous le dis, il vaut mieux être romancier, inventeur de fictions, menteur.» (p.192)

 

« On raconte beaucoup de choses qui ne sont pas toujours véridiques, mais l’être humain est ainsi fait qu’il est tout aussi capable de croire que les poils d’éléphant, après un processus de macération, font repousser les cheveux, que d’imaginer qu’il porte en lui une lumière unique qui le conduira sur les chemins de la vie, y compris dans les défilés. » (p. 201)

 

-          L’auteur n’hésite pas à venir au secours de ses personnages et de les défendre quand besoin est, commentant ce qu’il écrit parallèlement au récit :

 

« Ces observations seront peut-être jugées inutiles par des lecteurs davantage intéressés par la dynamique du texte que par des manifestations prétendument solidaires et d’une certaine façon œcuméniques, mais fritz, ainsi qu’on l’a vu, passablement découragé à la suite des derniers évènements désastreux, avait besoin que quelqu’un pose une main amie sur son épaule, et c’est exactement ce que nous avons fait, placer la main sur son épaule. » (p. 193)

 

- C’est donc un récit plaisant, vivant, érudit et dynamique que nous offre ce célèbre prix Nobel de littérature.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         La densité du texte est assez déroutante, même les dialogues sont inclus dans le paragraphe, sans tirets, sans guillemets, si bien qu’on ne respire qu’à la fin des chapitres…

 

Premières phrases :

 

« Pour incongru que cela puisse sembler à qui ne serait pas conscient de l’importance des alcôves, qu’elles soient sacralisées, laïques ou illégitimes, pour le bon fonctionnement des administrations publiques, le premier pas de l’extraordinaire voyage d’un éléphant vers l’Autriche que nous nous proposons de relater eut lieu dans les appartements royaux de la cour portugaise, plus ou moins à l’heure d’aller au lit. »

 

 

 

Le voyage d’un éléphant, José SARAMAGO, traduit du portugais par Geneviève LEIBRICH, Seuil

POCHE : Le voyage d’un éléphant, José SARAMAGO, traduit du portugais par Geneviève LEIBRICH, Points, août 2010, 6 euros

 

Un grand merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

Cryssilda en parle aussi.

 

 

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Publié dans Littérature Europe

Commenter cet article

Herisson08 20/12/2010 13:28



Ce n'est pas un livre qui me tente de prime abord mais ton commentaire donne beaucoup plus envie!



Hélène 21/12/2010 10:46



Je pense qu'il faut en lire au moins un de cet auteur de qualité.



keisha 20/12/2010 09:40



Je veux lire cet auteur, j'ai emprunté un livre, mais tu as raison, c'est écrit sans respiration (mais quel style, là n'est pas le problème!) , je suggèrerais aux éditeurs de faire les
interlignes plus larges, cela serait plus aisé pour les yeux (seul bémol, donc)



Hélène 21/12/2010 10:45



Comme tu dis, c'est quelquefois vraiment étouffant même si le style est de grande qualité !



clara 19/12/2010 16:42



C'est un livre qu'une de mes libraires avait beaucoup aimé... pour le moment, je n'ai pas cédé !



Hélène 21/12/2010 10:45



Quel courage... Je pense le faire voyager après Noël si tu veux ...



Kathel 19/12/2010 13:26



Un auteur devenu presque culte pour moi ! J'avais hésité avant de me lancer dans "L'aveuglement", à cause du style et j'ai été tellement emballée que j'ai lu ensuite sans sourciller "Les
intermittences de la mort"... Je pense revenir vers Saramago cette année !



Hélène 21/12/2010 10:44



Eh bien quel enthousiasme ! Je pense continuer aussi, ce sont des textes de qualité !



Choupynette 19/12/2010 11:48



j'ai noté de cet auteur L'aveuglement



Hélène 19/12/2010 11:55



J'ai encore "les intermittences de la mort" dans ma pal. Son style est très travaillé, et sa verve plutôt communicative !



Aifelle 19/12/2010 11:13



Un texte dense ? Je n'ai pas trop envie en ce moment, je suis un peu paresseuse.



Hélène 19/12/2010 11:53



Sa verve fait oublier cette présentation la plupart du temps. Mais attends quand même que ton courage revienne...



wictoria 19/12/2010 10:25



j'ai beaucoup aimé cette lecture moi aussi, acheté sur un coup de hasard en librairie, et j'ai d'ailleurs offert mon livre à un bon ami qui, je l'espère, l'appréciera autant que moi



Hélène 19/12/2010 11:52



Je l'ai aimé, mais pas adoré non plus, la présentation dense a eu tendance à m'étouffer quelquefois.