Les saisons de Giacomo de Mario RIGONI STERN

Publié le par Hélène

                                    saisons de giacomo

  ♥ ♥ ♥

Quelques saisons lumineuses suspendues entre guerre et paix...

 

 L’auteur :

 

Mario Rigoni Stern est un écrivain italien d’ascendance autrichienne. En septembre 1943 il a été fait prisonnier des Allemands, mais a réussi à s’évader pou rejoindre à pied son pays natal, le plateau d’Asagio. C’est de cette expérience qu’est né son premier roman Le sergent dans la neige, en 1953.

 

L’histoire :

 

Après la Seconde Guerre mondiale, un homme retourne au hameau de la montagne vénitienne où il a passé son enfance. Si les pierres et les rues en ont été remodelées pour le transformer en un village de villégiature, les stigmates de l'horreur et le souvenir de ceux qui y vécurent sont demeurés bien vivaces.

C'est d'abord celui de Giacomo, petit gamin d'une famille pauvre qui, de l'entre-deux-guerres à la campagne de Russie, traversera toutes les vicissitudes réservées aux montagnards italiens.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’histoire de Giacomo est émouvante et représentative de cette atmosphère d’entre-deux-guerres : le narrateur évoque le manque de travail et la faim qui obligent Giacomo à passer leur temps à rechercher les reliquats de la première guerre pour revendre le cuivre des obus ou la poudre des cartouches, l’exil des pères qui tentent leur chance au-delà des frontières pour nourrir leur famille, l’école qui propose sa propre version édulcorée de l’Histoire, le fascisme qui prend de l’essor au fil des jours…

 

«  [Giacomo prend son livre d’histoire] (…)

-          « A bon droit il nous faut saluer en Benito Mussolini un des éléments décisifs de notre guerre et de notre victoire. Mais il devait aussi être le sauveur de l’Italie dans la période tourmentée qui suivit la guerre. »

La grand-mère ne parla plus. Elle pensait peut-être à son homme mort sur le Kukla, aux conditions dans lesquelles ils avaient dû se sauver en abandonnant out, à leur vie de réfugiés, à la fièvre espagnole, à l’état dans lequel ils avaient retrouvé leur terre, à son gendre émigré en France bien qu’on ait gagné la guerre ; à la façon dont, en revanche, on raconte l’histoire à l’école. » (p. 59)

 

-          Les scènes sont brèves et marquantes, comme pour mieux rendre cette atmosphère comme suspendue, entre guerre et paix…

 

-          Mais Mario Rigoni Stern nous offre surtout une vision simple et heureuse de l’enfance passée au sein d’une famille aimante :

 

« A la maison, dans son lit, par-delà la petite fenêtre qui donnait à l’est, il continuait à imaginer ce ciel que le givre sur les carreaux ne permettait pas de voir, et il lui semblait qu’il naviguait dedans comme en lisant le livre De la Terre à la Lune, avec Barbicane, Nicholl et Ardan dans la fusée en aluminium lancée par le canon Columbiad. » (P. 141)

 

- Si vous ne connaissez pas encore les livres lumineux de cet auteur, je vous conseille de le découvrir sans tarder…

 

asiago.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« J’y fais un saut, et il n’y avait personne. Silence alentour comme dans les maisons. Au loin on entendait aboyer un chien et dans le ciel croasser deux corbeaux. La neige était descendue assez bas, jusque sur le Moor. Il faisait froid, mais les cheminées ne fumaient pas. Les portes étaient toutes bien closes et les volets fermés. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Hommes, bois et abeilles

Autre : Jean GIONO

 

D’autres avis : Aifelle

 

Je remercie Elisabeth Villeneuve des Editions Robert Laffont pour cette belle immersion dans l’univers lumineux de Mario Rigoni Stern

 

Les saisons de Giacomo, Mario Rigoni Stern, traduit de l’italien par Paul Ambroise, Robert Laffont, Pavillons poche, février 2011, 231 p., 7.90 euros

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Publié dans Littérature Europe

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Alex-Mot-à-Mots 11/04/2011 14:29



Un livre qui à l'air très beau, malgré la couverture un peu tristounette.



Hélène 12/04/2011 08:49



Il est vrai que cette couverture n'est pas une réussite, une façon sans doute de marquer les ravages de la guerre...



Aifelle 10/04/2011 22:57



Un très beau livre en effet, qui incite à continuer avec l'auteur



Hélène 11/04/2011 08:50



Oh oui ! j'en ai lu beaucoup de lui mais pas encore tout, heureusement !



Kathel 10/04/2011 21:00



Voilà un auteur que j'avais noté il y a pas mal de temps et que je voulais profiter de ce défi pour lire... Il me reste encore quelques mois !


HS : tu peux réduire la taille du logo du défi, si tu veux, cela ne me gêne en rien ! (il doit bien y avoir de
mauvaises langues qui pensent que je me la pète avec ce gros logo... pas toi, bien sûr !)



Hélène 10/04/2011 21:38



Mais il est tellement beau ton logo !!!


Il faut absolument que tu découvres Rigoni Stern, indispensable !!!



Yv 10/04/2011 15:02



Je ne connais que Histoire de TÖnle de ce auteur, que j'ai beaucoup aimé, sur des thèmes très proches. la guerre, la nature, la marche à pieds et me rste l'image du cerisier qui pousse sur le
toit de la maison



Hélène 10/04/2011 15:30



J'ai adoré "Hommes bois abeilles" de cet auteur, qui évoque plus la nature que dans celui-ci. mais on retrouve le charme de ses écrits.



Anne 10/04/2011 13:22



Je ne connais ni le livre, ni l'auteur mais ton article me donne envie d'en savoir davantage sur cet auteur en le lisant bien évidemment.



Hélène 10/04/2011 13:40



oui il faut absolument que tu le découvres, un grand auteur !