Les trois saisons de la rage de Victor COHEN HADRIA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Un roman plaisant qui nous emporte sur les traces d'un médecin de campagne au XIXème siècle.

  

L’auteur :

 

Victor COHEN HADRIA est producteur et réalisateur de fictions et de documentaires et romancier.

 

L’histoire :

 

La première partie du roman est constitué d’un échange épistolaire entre le docteur Le Cœur, médecin de campagne en Normandie, et le docteur Rochambaud, médecin militaire. L’action se passe en 1859 sous le règne de Napoléon III. La deuxième partie du roman s’attache au docteur Le Cœur en nous livrant son journal intime. Dans cette partie, il raconte son quotidien de médecin, mais aussi ses aventures galantes…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La construction originale, en creux, le prologue trouvant écho en l’épilogue. L’échange épistolaire de la première partie suscite l’intérêt et permet de se lancer facilement dans la lecture. De plus, la fin est cohérente et relie l’ensemble.

-          L’évocation de ces paysans et bourgeois du XIXème siècle : le docteur Le Cœur plonge dans leur intimité et nous offre des portraits très fins et vivants de ces hommes et ces femmes reflets d’une époque. Il aborde des sujets très variés les concernant : les mariages arrangés, la religion et les superstitions omniprésentes, les tromperies nombreuses et variées…

- Les réflexions des médecins : la confrontation entre la science –encore lapidaire- de ces hommes et la réalité qu’ils rencontrent est l’objet de réflexions qui ont finalement un caractère universel. La science aura beau progresser, resteront des zones d’ombre inhérentes à la vie.

 

 « Je me reproche de n’avoir pas vu la détresse de Pierre Daubois, j’espérais qu’il trouverait la ressource de surmonter son état. Mais il en est des conformations humaines comme des mystères de la Nature, les mêmes causes ne donnent pas toujours les mêmes effets. Il nous manque la science pleine des choses pour déchiffrer pourquoi elles surviennent. Nous sommes des aveugles qui n’éprouvons le monde que lorsqu’ils s’y cognent, tout le reste n’est que le fruit de notre imaginaire. » (p.227)

 

- Le personnage de Le Cœur, pris soudain dans des tourments érotiques qui lui permettent d’oublier un instant les duretés qu’ils côtoient.

-          Le talent de conteur de l’auteur pour finir : pas un instant il n’ennuie le lecteur tant sa verve est communicative…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai trouvé quelques longueurs dans le journal de Le Cœur (le roman fait quand même 458 pages…) Certains passages auraient mérités d’être allégés. Néanmoins, c’est une lecture agréable qui file.

 

Première phrases :

 

« Elle a demandé à Madame Maurasse d’ouvrir les volets et les fenêtres de façon à chasser les miasmes de l’hiver. La demeure paraît vivante, comme ressuscitée, tout juste si elle ne perçoit pas les parfums de rôtis et de confitures flottant dans le couloir. Le carrelage en damier du vestibule est légèrement terni, abrasé par les pieds des malades qui l’ont piétiné pendant trois générations pour rejoindre l’antichambre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La maladie de Sachs de Martin WINCKLER

 

Merci à Judith OTT des Editions Albin Michel pour cette belle découverte.

 

Les trois saisons de la rage, Victor COHEN HADRIA, Albin Michel, août 2010, 458 p., 22 euros

 

1pourcent

Commenter cet article

Anis 18/06/2012 07:32


J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre ! Les réflexions philosohiques aussi...

Hélène 18/06/2012 10:32



J'en garde un bon souvenir malgré quelques longueurs...



Isa 13/05/2012 12:35


Malheureusement je suis passée à côté de ce roman qui avait, pourtant, tout pour me plaire.

Hélène 13/05/2012 12:37



Il connait quelques longueurs effectivement, mais je l'avais bien apprécié.



patte 03/09/2010 14:19



Je réussi à tourner autour quand il ne s'agit pas d'un livre au format de poche...Question de finances et de places dans mes bibliothèques !



Hélène 03/09/2010 14:42



Oui, j'ai le même souci... Mais il faut bien faire vivre les librairies..... (ou comment se fabriquer des
prétextes fallacieux...)



patte 02/09/2010 22:32



Un roman autour duquel  je tourne depuis une dizaine de jours...Je crois bien que je ne vais pas résister à l'acheter.


Merci pour ton avis très clair et argumenté



Hélène 03/09/2010 10:46



Je ne sais pas comment tu fais pour tourner autour d'un livre sans craquer, moi je n'y parviens pas...


Celui-ci le mérite, il est bien mené, enrichissant, prenant...


Ne résiste plus...


 



Ys 25/08/2010 16:49



L'édition 2010 n'est pas finie, mais je note ce livre pour la prochaine édition du prix des lecteurs que j'organise dans ma bibliothèque : le sujet plaira, le cadre historique aussi, et la
construction par lettres me semble originale.



Hélène 25/08/2010 21:59



Oui, ce fut une belle découverte, je pense que ce roman plaira à tes lecteurs.



keisha 25/08/2010 11:13



Inconnu! mais Winkler sait me passionner habituellement, et le thème semble être dans mon "créneau" a priori.


Si j'ai bien compris, l'éditeur pourrait se laisser convaincre d'en envoyer un exemplaire?



Hélène 25/08/2010 11:43



Ce fut une lecture vraiment agréable...


Je me suis adressée à Judith OTT au service presse, qui m'a répondu fort gentiment, tu peux la contacter, tu verras...