Martini shoot de F. G. HAGHENBECK

Publié le par Hélène

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♥ ♥

L’auteur :

 Francisco G. Haghenbeck (Mexique, 1965) est écrivain et auteur de B.D., notamment de la série conçue pour le gouvernement mexicain : Los 7 pecados capitales. On lui doit également les romans : El codigo nazi et Aliento a Muerte. Il a reçu le prix du récit court de Oaxaca ; le prix La Bisagra de Puerto Vallarta et le Prix National de Roman au Mexique pour le roman Ttago Amatgo en 2006. Martini Shoot (2011) chez Denoël.

Il a travaillé dans les musées et à la télévision en tant que réalisateur et producteur. (Source : Babélio)

 L’histoire :

Sunny Pascal, amateur de tequila et de planches de surf, gagne sa vie en lavant les grands d'Hollywood des scandales les plus incroyables. En cette année 1963, un nouveau contrat l'emmène à Puerto Vallarta, dans son Mexique natal, sur le tournage du nouveau film de John Huston, La Nuit de l'iguane, qui réunit sur une même plage le sulfureux couple d'Elizabeth Taylor et Richard Burton, la sublime Ava Gardner, la capricieuse Sue Lyon et tout un staff haut en couleur. Entre deux cocktails bien corsés, Sunny devra veiller à ce que ce casting de marque ne s'entre-tue pas avant le clap de fin. Une gageure lorsque l'on sait que le réalisateur a offert à chacun un pistolet en or muni de balles en argent gravées à leur nom... Un polar noir et glamour campé sur le mythique tournage de La nuit de l'iguane de John Huston. (Source : Babélio)

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Ce que j’ai aimé :

Haghenbeck s’est appuyé sur les anecdotes liées à ce tournage resté célèbre pour la tension qui régnait sur le plateau : dans son livre de souvenirs (publié chez Pygmalion),  John Huston raconte :

 "Les rapports personnels entre les protagonistes de La Nuit de l'Iguane étaient passablement embrouillés. Richard Burton  était accompagné d'Elizabeth Taylor, encore légalement mariée à Eddie Fisher. Michael Wilding, ex-époux de Liz, nous rejoint en tant qu'agent de publicité de Burton. Peter Viertel, second mari de Deborah, avait été l'amant d’Ava Gardner qui s'était attaché les services de deux maîtres-nageurs, tandis que tous les "machos" de la ville recherchaient les bonnes grâces de Sue Lyon, malheureusement pour eux étroitement surveillée par sa mère et son fiancé. Tout le monde se demandait ce qui allait arriver.

 Qui ? Avec qui ? Pourquoi, quand, comment ? Avant de commencer à tourner, j'achetai cinq revolvers plaqués or, que j'offris solennellement à Burton, Elizabeth, Ava, Deborah et Sue. Chaque revolver était accompagné de quatre balles dorées, sur lesquelles j'avais fait graver le nom des quatre partenaires de chacune de mes vedettes. Les journalistes arrivaient en foule. Il y eût bientôt plus d'envoyés spéciaux que d'iguanes, un flot incessant de reporters et de photographes guettant l'instant où les revolvers entreraient en action. Ils attendirent en vain. Il n'y eu pas de feu d'artifice. Nos vedettes filaient le parfait amour. Le travail terminé, chacun retrouvait sa chacune. »

L’auteur part donc de cette situation initiale explosive pour construire un récit qui souhaite s’inscrire dans la droite ligne des romans de Chandler. Il met en scène son détective Sunny Pascal, personnage mi-looser mi-détective, étonnant quand il se met à ruer dans les brancards. Celui-ci est chargé de surveiller le tournage dans le petit village de Puerta Vallara –devenu suite au tournage une station balnéaire très prisés des américains- afin « d’arranger les choses en cas de pépin ».  Il s’imagine qu’il pourra tranquillement siroter sa margarita, faire du surf tout en flirtant avec les filles du coin. Malheureusement ses plans vont être légèrement perturbés par une balle perdue malencontreusement dans le corps d’un homme mort. Une balle en argent comme celles données par John Huston à ses acteurs. Entre dessous d’Hollywood peu reluisants et charme fatal des actrices, Sunny aura fort à faire pour aplanir la situation…

 A chaque début de chapitre nous est présenté un cocktail, sa recette et une anecdote sur ses origines. Le procédé a le mérite d’être original, même s’il a tendance à ralentir l’action, transformant le roman en livre de cocktails.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 En effet, il s’agit plus d’un roman d’ambiance que d’un roman avec une réelle intrigue policière, il flirte entre le genre policier seulement, mais sans l’assumer totalement.

Il manque un petit quelque chose, une étincelle pour que les dialogues sonnent vraiment juste et que l’on retrouve totalement l’ambiance des romans noirs à la Chandler…

Un bon roman, mais pas encore totalement abouti…


Premières phrases :

 « Martini Dry

6 mesures de gin

1 mesure de vermouth blanc sec

Olives à cocktail

Glaçons

Verser alcools et glaçons dans le verre à mélange, agiter afin de bien répartir la glace. Servir dans un verre à cocktail. Garnir d’olives piquées d’un cure-dents. Savourer en écoutant Frank Sinatra chanter Witchcraft. »

 D’autres avis :

 

L’express ; Cannibales lecteurs

 

Martini shoot, Une enquête de Sunny Pascal, F. G. Haghenbeck, traduit de l’espagnol (Mexique) par Juliette Ponce, Folio policier, 8 euros

 

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jerome 23/06/2013 09:26


J'adore Chandler mais je préfèrerais toujours l'original à des copies comme celle-là.

Hélène 23/06/2013 14:24



effectivement, cela vaut mieux



cristie 22/06/2013 08:53


Le pas totalement abouti me retient !