Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps de Koffi KWAHULE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un magnifique chant aux accents jazzy

  

L’auteur :

 

Koffi KWAHULE est un écrivain ivoirien qui a obtenu en 2006 le prix Ahmadou KOUROUMA pour son roman Babyface.  Il a beaucoup écrit pour le théâtre.

  

L’histoire :

 

Le narrateur s’installe dans une chambre de bonne, rue Saint Maur à Paris.  Il y trouve une bande magnétique visiblement laissée là par le précédent locataire qui s’est jeté sous un train. Sur cette bande ce dernier s’adresse à un mystérieux Monsieur Ki et raconte des histoires qui se déroulent dans un village africain, Djimi, village voisin de celui du narrateur lui-même. Il va alors retranscrire les histoires que raconte cet étrange locataire pour essayer d’éclaircir cette coïncidence…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style : il épouse les rythmes de la rhapsodie, à la fois décousu et unitaire. Chaque personnage a droit à l’improvisation, et si chacun semble rivé dans sa solitude, l’ensemble s’assemble et devient soudain cohérent.

-          Les contes magiques et envoûtants : la sorcellerie tient une place importante et loin d’être tournée en dérision, elle est porteuse d’enseignements philosophiques éclairés :

 

« Les gens croient qu’on meurt parce qu’on est atteint du cancer ou du sida, ou parce qu’on a ceci ou parce qu’on a cela ; on meurt simplement pour la même raison que le soleil brille, que la mer fait des vagues ou que le nouveau-né sourit. On n’a rien fait pour mériter de naître et on ne fera rien pour démériter de mourir. Ne pas tricher avec elle. De toute façon, tôt ou tard, elle aura le dernier mot. Alors que nous coûte-t-il d’être honnêtes avec elle. Ceux qui se suicident sont de mauvais perdants, et on devrait les pendre ! Point à la ligne. » (p. 79)

 

- L’évocation de l’Afrique par ces africains exilés : la nostalgie les émeut et les enserre à la fois :

 

« Comme ça, de but en blanc, un matin un masque entre chez toi, rue Saint-Maur, en plein paris, et te somme de retourner au village au motif que c’est toi que les Anciens et la Confrérie de l’Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale ont choisi pour perpétuer la tradition. Au nom de quel mérite ? Au nom de quel parjure ? Au nom de quoi bon Dieu ? Personne ne sait. C’est ainsi. Ca a toujours été ainsi. Non, mais, où se croient-ils ? C’est fini, ces conneries-là ! » (p. 120)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

  

Premières phrases :

  

"Ki, l'autre signe, le premier, ç'a été cela, la mort de l'oncle Koui Gaspard. parce qu'il désirait être à ma place. Je t'en ai encore parlé l'autre jour, mais ces histoires-là, c'est comme une obsession, une bande magnétique qui se déclence toute seule dans ta tête... Mon destin. Par rapport à l'Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale."

  

Vous aimerez aussi :

 

Verre cassé d’Alain MABANCKOU

 

Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le tempsde Koffi KWAHULE, Editions Gallimard, Continents noirs, janvier 2010, 146 p., 16 euros

 

TAGS : Littérature ivoirienne- Emigration-Sorcellerie-Solitude

Publié dans Littérature Afrique

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Lapinoursinette 27/08/2010 23:20



Bonjour Hélène : après ta visite sur mon blog, je découvre le tien. Tu as raison, cet auteur n'est pas très connu. Il y a encore beaucoup à faire pour faire connaître les écrivains francophones.
(Enfin, moi-même, j'en lis bien peu...)



Hélène 28/08/2010 11:17



Les auteurs francophones et étrangers sont largement moins connus que les français -et américains-, regarde la rentrée littéraire et ses critiques, la différence est flagrante...



keisha 14/08/2010 09:42



J'ai longtemps erré à la bibli, prenant et reposant Saramago, et Soyinka : j'aurais bien lu son dernier paru, mais c'est un pavé et je voulais terminer dans les délais (résultat : kawabata
terminé, déjà!)


Mais j'ai lu Aké, les années d'enfance, TB, lu il y a longtemps.



Hélène 14/08/2010 13:02



Mon errance à moi fut plus courte, je n'ai pas vraiment eu le choix et au final ce fut MAHFOUZ... Mais je lirai Soyinka et Saramago, plus tard



keisha 13/08/2010 15:42



J'ai envoyé un mail.


je suis en train de terminer un roman de Kawabata, mais j'hésite avec Faulkner, Coatzee, et plein d'autres... d'ici à ce que j'en lise plusieurs!



Hélène 13/08/2010 20:25



J'ai essayé de tabler de mon côté dansceux que je n'ai jamais lus (j'ai déjà lu au moins un Kawabata, un Faulkner et découvert Disgrâce de COETZEE (une merveille) il y a trois mois)


Je penche pour Saramago, Asturias, ou encore moins connus Soyinka ou Lagerkvist... Je verrai ce que je trouve demain à ma BM (tu as vu ça, je résiste à l'appel de la librairie, ça mérite une
médaille...)



keisha 13/08/2010 09:38



Après un saut sur son blog : elle est en vacances tout le mois d'Aout!


Bah, tu peux lire pour le 1er septembre, et t'inscrire en même temps?


je vais aussi lui envoyer un mail, peut être le tien est -il tombé en spams, ça m'est déjà arrivé.



Hélène 13/08/2010 10:29



OK je vais voir sur qui se porte mon choix. Merci



keisha 12/08/2010 17:31



Allons bon, encore un bon roman!


Tu as lu Kourouma, au fait, puisque tu le cites? En attendant le vote des bêtes sauvages et Allah n'est pas obligé méritent ton attention.



Hélène 13/08/2010 09:35



Oui, j'ai lu Kourouma, Allah n'est pas obligé est un texte tellement fort...


Au fait, pas de nouvelles de Sylire !!!!????