Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Finalement la liste est longue des superbes insignifiances qui me tiennent debout. » (p. 57)

 

L’auteur :

Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est son premier roman.
Son blog : http://etc-iste.blogspot.com

 

L’histoire :

Le voyage géographique et intime d’un jeune homme qui devient père. Walther quitte la femme qu’il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu’à l’Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener, presque par hasard à l’essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d’instantanés d’une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d’errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l’art des petits riens.

 

Ce que j’ai aimé :

En quelques mots, se souvenir qu’on est vivant. Que la vie est là, maintenant, tout de suite, et pas dans nos souvenirs malheureux ou dans nos espoirs insensés. « Ne regarde pas devant. Ne regarde pas derrière. Reste là. » (p. 67) nous dit l’auteur, et ces quelques mots épicuriens résonnent en moi et flottent, insouciants, comme évidents au dessus de mon âme empesée. Je ne peux qu’aimer un auteur qui me susurre ce que je sais intimement au fond de moi mais que j’oublie trop souvent happée par le quotidien. Alors j’écoute, religieusement, admirativement, amoureusement :

« Il y a toutes ces choses qui nous remplissent. Tous ces gens croisés, tous ces paysages. Ils infusent tout doucement en nous comme un sachet de thé dans un verre d’eau tiède. Nous ne nous rendons compte de rien. » (p. 30)

 « Je m’occuperai de vous en essayant de ne pas trop penser à Billie. En essayant de ne pas trop penser à ce monde dans lequel des femmes belles et tristes doivent chanter des chansons d’amour tout en prenant des poings dans la gueule. En essayant de ne pas trop penser aux nègres pendus qui se balancent dans l’air des soirs de juin. On se serrera tous les trois. Je respirerai dans son cou. Je me dirai qu’il y a des matins où es magnolias sentent bon, qu’il y a des musiques, qu’il y a des Billie, qu’il y a des demains. » (p. 47)

 « J’écris à ras de terre. Je ne parle que de ce que je  vis. C’est pour ça que c’est peu.  C’est pour ça que c’est tout. Je ne parle pas d’Iran, je n’y ai jamais foutu les pieds. Je parle du vieux qui siffle le générique d’Indiana Johns un matin à huit heures en jetant ses bouteilles dans le récupérateur de verre. (…) » (p. 60)

  « Ces heures de rien-

Ces jours de rien qui passent sans faire de bruit. Ces heures comme des courants d’air dans la pièce  entrouverte. La lumière sur le carrelage propre. L’inclinaison de l’ombre du tilleul sur l’herbe. Ces heures de paix à regarder les premières abeilles butiner les pissenlits. A montrer les fleurs qui poussent à un nourrisson ? Les escargots. A lui dire des bêtises du genre : « Tu vois, on peut survivre en butinant. » A finir presque par s’en convaincre. A se demander lequel de ces instants anodins restera gravé dans sa mémoire d’enfant. La langue du chien. Le lézard. Mes bisous mal rasés. Le goût d’une fraise. Peut être rien. Peut être la laideur de mon visage quand je crie. Qu’en retiendra –t-il de tout ce qu’il m’a appris à apprendre. De ces heures d’avril à semer des radis. De ces heures de rien qui remplissent ma vie. Qui me débordent. Qui me sauvent. » (p. 71)

Pour prolonger le délice, le site de l’éditeur propose une play-list de l’auteur : http://www.alma-editeur.fr/images/stories/Alma/Catalogue/la-playlist-de-nos-cheveux-blanchiront-avec-nos-yeux.pdf

Conclusion : je suis aussi amoureuse de l’éditeur maintenant !

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Premières phrases :

« L’idée-

L’idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. AU bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s’éteindraient pas d’elles-mêmes. »

 

Vous aimerez aussi :

Christian Bobin

Le retour à la terre de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri (BD)

 

D’autres avis :

Revue de presse  

 

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau, Alma, août 2011,  111 p., 12.8 euros ou 8.96 en livre numérique

challenge 1% littéraire

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Hélène Choco 12/10/2011



Comme quoi les extraits sont importants (en ce qui me concerne) : là, je n'adhère pas à l'écriture (phrases courtes, nominales, presque de la poésie). Dommage, le thème m'intéressait. Peut-être
essayerai-je quand même si je le trouve en bibli...



Ys 12/10/2011



Le titre est très beau, poétique, à l'image du reste du livre d'après ton billet.



Griotte 12/10/2011



Je le vois tous les jours et je n'y ai même pas jeté un coup d'oeil ! Mais là je crois que je vais le lire !



Alex-Mot-à-Mots 13/10/2011



Toutes ces citations si belles, je comprends que tu ai aimé.



Isa 14/10/2011



Je ne réussis pas à trouver une explication cohérente mais j'étais en extase pendant toute la première partie et pouf la magie s'est évanouie pendant la deuxième. Mais j'ai bien retenu le nom de
cet auteur qui m'a vraiment enchantée.



cathulu 17/10/2011



Je ne devais pas être dans le bon étét d'esprit car je n'ai rien ressenti, snif!



Marie 18/10/2011



Là, c'est clair, tu me tentes !!!


 



attila 19/10/2011



je suis en plein dedans et je te remercie !!


je profite de cette occasion pour te remercier toi, et tous les blogeurs fous de livres, et moins fainéants que moi, qui ont l'envie et le courage de nous faire partager leurs lectures, leur
amours et leurs désamours.


depuis que je fréquente cette blogosphère ( ton blog, celui d'hélène-choco, celui de Yves, d'Yspaddeden, les trois petits bouquins, clara, Keisha et les autres ...... pardon pour ceux que je n'ai
pas cité ....ce serait trop long ..), j'ai l'impression de lire des bouquins que je n'aurais jamais ouvert (ou connu) sans vous et vos billets.


merci à vous tous et ......... ENCORE !!! 



orchidee 26/12/2011


récemment reperéen lisant rock and folk (un vieux numéro), tu confirmes