Petits bavardages sans importance de Elizabeth BOWEN

Publié le par Hélène

                                 

                                         petits-bavardages-sans-importance-elizabeth-bowen

 ♥ ♥ 

L’auteur :

 

 Elizabeth Bowen était une romancière irlandaise.

Elle perdit sa mère à douze ans et fit à partir de quatorze ans son éducation dans un pensionnat anglais. Son père s'étant remarié quand elle avait dix-neuf ans, elle mena à partir de ce moment une existence indépendante, vivant l'hiver à Londres, l'été en Italie. 
C'est pour tenter d'améliorer ses revenus qu'elle se décide à écrire, après avoir abandonné sa vocation première de peintre. 
Rencontres (1923), son premier livre, publié alors qu'elle n'a que vingt-quatre ans, est un recueil de nouvelles, genre dans lequel elle passera maître par la suite. 
Quatre ans plus tard, en 1927, elle compose son premier roman L'Hôtel, écrit à Bordighera, et les caractéristiques de son talent s'affirment : une pénétrante intuition, une redoutable perspicacité, un curieux mélange de sympathie et d'ironie envers les petitesses humaines, un esprit caustique, un style incisif.
Elle continuera à publier, à intervalles espacés, mais régulièrement, romans et recueils de nouvelles constituant peu à peu une œuvre abondante et originale, que l'on a parfois comparée à celles de Jane Austen ou de Virginia Woolf. 
On peut citer Septembre dernier (1929), roman dont l'action se déroule en Irlande ; Vers le nord (1932) ; Le chat saute (1934), un recueil de nouvelles ; et surtout La Maison à Paris (1935) et La Mort du cœur (1938). (Source : babélio)

 

L’histoire :

 

 Dans ces nouvelles douces-amères, Elizabeth Bowen – qui fut comparée à Jane Austen ou à Virginia Woolf –, glisse derrière le paravent des bonnes manières l’indifférence ou la cruauté d’une amie, d’une sœur, d’une jeune nièce. Sous les conversations anodines couvent des passions inavouées, où parfois s’invite l’ombre d’un fantôme…(Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Elizabeth Bowen fait montre d’une maîtrise stylistique qui sert admirablement les portraits psychologiques de ses personnages. Ces derniers sont des êtres aux multiples mystères, complexes, cachés derrière les apparences des convenances. 

La jeune Contessina laisse M. Barlow la courtiser par lassitude et ennui. Mais sa jeunesse ne se cache pas loin derrière les minauderies...

Ann Lee, une jeune modiste accueille en parfaite professionnelle deux clientes, mais un invité inopportun va compliquer la situation, révélant aux deux femmes une vie personnelle complexe.

Dans "J'ai quelque chose  à vous dire", le jeune Terry semble profiter d'un moment d'intimité agréable allongé aux côtés de la belle Joséphine. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, et la belle jeune femme étendue ne semble pas en grande forme... 

La subtilité de la psychologie des personnages met en valeur les recoins obscurs de l’âme humaine dans un éclair lucide aveuglant. Sous une conversation banale, se cachent des réflexions cruelles autour du badinage amoureux, de la découverte de la sensualité et de la séduction, de la complexité des sentiments amoureux, de la vie de famille, des rapports entre les êtres, et finalement des sombres profondeurs de l’humain.

Une poésie affleure entre les lignes :

 « Leur table se trouvait à côté d’une fenêtre ouverte ; une nuit d’un velours bleu sombre y pendait comme un rideau ; on pouvait sentir la présence endormie du lac, et sur l’eau quelqu’un se mit à chanter en s’accompagnant à la guitare. C’était une nuit de pouls enfiévrés, de battements de cœur oppressés, une nuit d’amour. Une nuit à poser les lèvres sur une peau satinée, chaude comme les grosses grappes de raisins mûrissant au soleil. Personne autour de lui, M. Barlow le savait, n’était capable ne fût-ce que d’entrevoir les possibilités d’une telle nuit. Tous ces couples mariés, ces gens nantis d’une famille – et jusqu’aux nouveaux époux – semblaient anémiques ; du reste, dès qu’une femme devenait l’épouse d’un homme, celui-ci cessai pour ainsi dire de se comporter en gentleman et se transformait en Joueur. » (p. 58)

 La comparaison avec Jane Austen n’est pas usurpée, Elizabeth Bowen est une grande romancière …

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Je ne sais s’il m’en restera grand-chose tant les nouvelles sont courtes et les conversations des protagonistes « sans importance », mais ce bref recueil m’a donné envie de découvrir plus avant l’œuvre de cette auteure.


Premières phrases :

 

 « « Votre imagination vous joue des tours. » s’écria Maurice.

Le reproche était amer. Il fourrageait dans ses cheveux, la dominant de toute sa taille, et ses mèches drues se dressaient, tremblantes, sur son cuir chevelu. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Emmeline

Autre : Orgueil et préjugés de Jane AUSTEN

  

Petits bavardages sans importance, Elizabeth Bowen, traduit de l’anglais par Françoise Brodsky, Le livre de poche, Biblio romans, mai 2013, 168 p., 5.10 euros

 

Commenter cet article

yuko 09/08/2013 14:41


Pourquoi pas si le format "nouvelles" n'en fait pas un livre trop inégal...

Hélène 10/08/2013 11:21



Non pour une fois c'est assez cohérent et égal.



jerome 09/08/2013 09:39


Des nouvelles irlandaises, forcément ça me parle. Je vais regarder ça de plus près...

Hélène 09/08/2013 10:46



C'est très féminin ai-je envie de dire, je ne sais pas si ça te plaira...



Jeanmi 09/08/2013 07:43


Je me demande toujours pourquoi les nouvelles, en France, ne se vendent pas, alors qu'aux US c'est l'inverse. Pourtant nos plus grands écrivains en ont produits, Maupassant, Mérimée ect...

Hélène 09/08/2013 08:51



J'apprécie beaucoup ce format pour ma part qui permet de grapiller quand la concentration n'est pas au rendez-vous pour x ou y raisons...



Aifelle 08/08/2013 13:14


J'ai dû en lire un il y a très longtemps, mais je ne sais même plus lequel

Hélène 09/08/2013 08:51



J'en lirai d'autres sans nul doute...



clara 08/08/2013 08:11


Ah tu m'as donnée envie !!!

Hélène 08/08/2013 10:25



Une auteure à découvrir