Pour un oui ou pour un non de Nathalie SARRAUTE

Publié le par Hélène

 

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 L’auteur :

 

Nathalie Sarraute (Nathalie Tcherniak) est née en juillet 1900 en Russie (à Ivanovo).
La jeune Nathalie, à l’âge de huit ans, arrive à Paris avec sa mère. Régulièrement, la jeune fille se rend en Russie pour voir son père.
Au début des années 20, elle étudie la chimie et l’histoire à Oxford, la sociologie à Berlin et commence des études de droit à Paris, dès 1922, où elle rencontre Raymond Sarraute avec qui elle se marie en 1925. Elle devient avocate au barreau de Paris.

Tropismes paraît en 1939, après avoir été refusé par Gallimard et Grasset.
En 1941, elle est
radiée du barreau« La guerre venue, Nathalie Sarraute — qui, en application des lois antisémites de Vichy, fut radiée du barreau — dut se réfugier à Janvry, dans la vallée de Chevreuse, où elle hébergea un moment Samuel Beckett et sa femme. Dénoncée par un commerçant du village — elle avait refusé de porter l’étoile jaune —, elle échappa de peu à l’arrestation et vécut sous l’identité de Nicole Sauvage — initiales identiques à celles de son identité réelle — à Parmain (Val-d’Oise), se faisant passer pour l’institutrice de ses filles. »
(
Le Robert des grands écrivains de langue française) ; elle se réfugie à Janvry puis à Parmain.
1948 est l’année de parution de
Portrait d’un inconnu avec une préface de Jean-Paul Sartre. En 1953, Martereau a plus de succès, tout comme Le Planétarium (1959).
En 1956, c’est la parution de
L’Ère du soupçon, qui est un ensemble d’essais contre le roman traditionnel. En 1959, Le Planétarium remporte un grand succès. Viennent ensuite Les Fruits d’or (1963), Le Silence (1964), Entre la vie et la mort (1968), Vous les entendez (1972), C’est beau (1975), Enfance (1983), Tu ne t’aimes pas (1988), Ici (1995).
Nathalie Sarraute meurt en 1999 à Paris.


L’histoire :

 

Dans une action concentrée, où tout ce qui compte est ce qui n'est pas dit, deux hommes s'affrontent, prennent à tour de rôle la position du dominant ou du dominé, deux amis se brouillent - peut-être - "pour un oui ou pour un non". La tension qui existe sous les mots les plus simples, les mouvements physiologiques et psychiques souterrains communiquent au public une sensation de malaise, en même temps qu'ils le fascinent. Car cette dispute est la nôtre, ces mots, nous les avons prononcés, ces silences, nous les avons entendus. Tout un passé refoulé se représente, une profondeur inconsciente, des pulsions agressives. Par les mots, nous nous déchirons nous-mêmes, et nous déchirons les autres. Mais le silence est pire. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le rôle des mots, figés, rarement innocents, souvent meurtriers est ici au coeur du conflit qui règnent soudain entre les deux hommes.  Ici les mots condamnent une relation amicale d’un revers, avec seulement quelques syllabes « C’est bien…ça », parce que le ton était condescendant, de vieilles querelles et distorsions de points de vue refont surface et balaient la relation établie finalement sur des bases fragiles. Nathalie Sarraute pointe du doigt avec talent les « tropismes », ces émotions infimes, ces petits malaises innommables, « cause de la déflagration souterraine ».

 

L’opposition qui naît alors entre les deux hommes en scène s’avèrera insurmontable :

 

« Cette opposition est celle, somme toute classique, entre l’homme public et la personne privée, celui qui vit dans le siècle et celui qui vit dehors, celui qui accepte la société et celui qui la refuse au profit d’une vie intérieure riche, d’une existence d’artiste pauvre et méconnu. L’originalité de la pièce consiste à confronter dramatiquement ces deux tendances en montrant comment chaque monde aspire aussi à s’approprier l’autre. H1 veut percer le secret de son ami, avoir accès à l’art, aux sensations ; H2 cherche à nommer, à apprivoiser le monde social extérieur, en mettant un peu d’ordre dans son monde intérieur. Mais ni la mondanité superficielle, ni le retrait du monde ne sont satisfaisants ou possibles ; ils sont plutôt – et telle est la leçon de leur combat – complémentaires comme le oui et le non, comme les deux plateaux de la balance ou les deux côtés d’un tourniquet. » Le théâtre contemporain, Patrice Pavis, Armand Colin 2011

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières répliques :

 

« H.1 : Ecoute, je voulais te demander… C’est un peu pour ça que je suis venu… je voudrais savoir… que s’est-il passé ? Qu’est-ce que tu as contre moi ?

H.2 : Mais rien… Pourquoi ?

H.1 : Oh, je ne sais pas… Il me semble que tu t’éloignes… tu ne fais plus jamais signe… il faut toujours que ce soit moi… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Enfance

Autre : Art de Yasmina REZA

 

Pour un oui ou pour un non, Nathalie Sarraute, Folio Théâtre, 1999, 5.10 euros 

 

 

Publié dans Théâtre

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Compagnie Pourquoi 25/06/2012 23:02


Venez découvrir du 7 au 28 Juillet 2012 Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute au Théâtre du Vieux Balancier, 2 rue d'Amphoux à 11h00
!


«Dans une mise en scène inspirée d’un univers à la «Miró», à la fois décalée et absurde, deux amis proches, pour une expression maladroitement employée, déclenchent une guerre qui remet en cause leur amitié. Les mots se chargent de ridicule et d’absurde pour aboutir à un échange verbal qui fait de ce texte une tragi-comédie contemporaine unique.
Choisir de mettre ce texte en scène, c’est moins vouloir « exprimer l’inexprimable» que montrer la cruelle complexité des êtres révélée sous l’apparente banalité du langage quotidien.»

Hélène 26/06/2012 09:11



Merci pour l'information !



Nadael 01/03/2012 19:14


J'ai Enfance dans ma pal... tu me donnes envie de le mettre en haut de la pile!

Hélène 02/03/2012 08:27



"Enfance" est assez différent, mais abordable et fort. J'ai quand même une préférence pour "pour un oui ou pour un non"...



Aifelle 27/02/2012 07:36


Je dois dire que le seul texte de Nathalie Sarraute que j'ai envie de lire est "enfance". Je m'en fais l'idée d'une auteure assez hermétique.

Hélène 27/02/2012 09:11



Cette pièce là est tout à fait accessible, même plus que "Enfance"


 



clara 27/02/2012 05:07


il faut absolument que je la lise amis peut-être avec un autre titre...

Hélène 27/02/2012 09:11



Oui, il faut !



Alex-Mot-à-Mots 26/02/2012 20:48


Pas sûre d'avoir envie de lire Nathalie Sarraute en ce moment...

Hélène 27/02/2012 09:11



Tant pis, plu stard alors