Tours et détours de la vilaine fille de Mario VARGAS LLOSA

Publié le par Hélène

                                                  tours et détours

 ♥ ♥

  L’auteur :

 Né en 1936 au Pérou, Mario Vargas passe une partie de son enfance en Bolivie. Dès l’âge de quatorze ans, il est placé à l’Académie militaire Leoncio Prado de Lima qui lui laisse un sinistre souvenir. Parallèlement à ses études universitaires, il collabore à plusieurs revues littéraires et, lors d’un bref passage au Parti communiste, découvre l’autre visage du Pérou. En 1959, il publie un recueil de nouvelles très remarqué, Les caïds, et s’installe à Paris. Il publie de nombreux romans, couronnés par des prix littéraires prestigieux. Devenu libéral après la révolution cubaine, il fonde un mouvement de droite démocratique et se présente aux élections présidentielles de 1990, mais il est battu au second tour. Romancier, critique, essayiste lucide et polémique (L’utopie archaïque) Mario Vargas Llosa est considéré comme l’un des chefs de file de la littérature latino-américaine. Source : Gallimard

 L’histoire :

Que de tours et de malices chez cette " vilaine fille ", toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le " bon garçon ".

Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante en pleine adolescence, dans l'un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d'une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d'autre souci que les chagrins d'amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu'on appelait à Miraflores " la petite Chilienne " allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans la Cuba de Cassa, puis l'épouse d'un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London.
D'une époque, d'un pays à l'autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher. Mario Vargas Llosa nous offre un cadeau inattendu : une superbe tragi-comédie où éros et thanatos finissent par dessiner une autre Carte de Tendre entre Lima, Paris, Londres et Madrid. Car Tours et détours de la vilaine fille est bien cela : la géographie moderne d'un amour fou. (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Les aventures de cette vilaine fille prête à tout pour trouver un mari riche qui puisse lui fournir protection et argent sont divertissantes. Amoureuse du pouvoir avant tout, elle recherche les portefeuilles fournis avant le bonheur :

 « L’argent te donne de la sécurité, te défend, te permet de jouir à fond de la vie sans te soucier du lendemain. Le seul bonheur qu’on puisse toucher. » (p. 87)

Elle se lasse vite de ses maris, et repart alors en chasse d’un nouveau pigeon prêt à succomber à ses charmes. Elle s’enfuit alors, laissant sur le carreau des hommes furieux et meurtris, poursuivie par la police, ce qui l’oblige à mettre à chaque fois le pied dans un nouveau pays ou continent. Ricardo la retrouve régulièrement sur son chemin, et se laissant prendre dans ses rets, il vit à chaque fois une passion tumultueuse avec elle, jusqu’à sa prochaine fuite… Leurs périples permettent de découvrir l’atmosphère de ce début de siècle dans différents pays, en France, à Londres, à Madrid, Tokyo… Ricardo connaît ainsi des amitiés très fortes avec des personnages marquants dont l’histoire étoffe la lecture.

 Ce roman peint avec facilité la « géographie moderne d’un amour fou ».

 miraflores.jpg

                     Lima, Miraflorès

 Ce que j’ai moins aimé :

Au milieu du roman, j’ai trouvé les épisodes quelque peu répétitifs, mais un rebondissement a par la suite –miraculeusement- relancé l’action.

 Les « cucuteries » du narrateur ont eu tendance à m’agacer, ce n’est pas un personnage que j’ai trouvé sympathique, sa faiblesse et son amour inconditionnel pour une femme qui s’obstine à le faire souffrir ont fini par m’exaspérer. Peut-on être à ce point être hanté par une personne, perdre sa dignité, tout lui sacrifier, sans avoir un sursaut de dignité pour s’abstraire de ce sentiment néfaste ?

 « Je ne suis ni ne serai jamais ton ami. Tu ne t'en es pas encore aperçue? Je suis ton amant, ton amoureux, quelqu'un qui depuis tout gosse est fou de sa petite Chilienne (...). Ton pitchounet qui ne vit que pour te désirer et penser à toi. À Tokyo je ne veux pas vivre de nos souvenirs. Je veux te tenir dans mes bras, t'embrasser, respirer ton odeur, te mordre, te faire l'amour ». (p. 182)

 Premières phrases :

« Ce fut un fabuleux été. Pérez Prado vint à Lima avec son orchestre de douze musiciens pour animer les bals de carnaval au Club Terrazas de Miraflores et au Lawn tenis, et un championnat national de mambo fut organisé aux arènes d’Acho, avec grand succès malgré le cardinal Juan Gualberto Guevara, archevêque de la ville, qui menaça d’excommunier tous les couples de danseurs ; et puis mes copains du quartier Alegre à Miraflores, des rues Diego Ferré, Juan Fanning et Colon, disputèrent les olympiades de football, cyclisme, athlétisme et natation contre la bande de la rue San Martin : on remporta toutes les médailles, bien sûr. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La tante Julia et le scribouillard

 

D’autres avis :

Gangoueus  

 

Tours et détours de la vilaine fille, Mario Vargas Llosa, Gallimard, 404 p., 21 euros

POCHE : Tours et détours de la vilaine fille, Mario Vargas Llosa, Folio, 2008, 4.79 euros

  12 d'Ys

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Commenter cet article

Lounima 20/03/2012 21:51


Lu il y a quelques années, je garde un bon souvenir de ce roman mais je suis assez d'accord avec toi concernant le narrateur...

Hélène 21/03/2012 08:43



Enervant ce choupinet n'est-ce pas ?



Choupynette 16/03/2012 11:55


je viens d'emprunter à la bibli Le rêve du celte du même auteur...

Hélène 16/03/2012 16:39



J'ai hâte de voir ton avis



Alex-Mot-à-Mots 13/03/2012 15:56


J'aime beaucoup ton terme de "cucuteries", on sent que tu as été vraiment agaçée.

Hélène 14/03/2012 08:53



En fait c'est le terme utilisé par l'auteur...



Nadael 13/03/2012 14:29


Voilà encore un auteur que je n'ai jamais lu... il nous faudra vraiment plusieurs vies... apparemment ce roman n'est pas le meilleur.

Hélène 14/03/2012 08:54



Plusieurs vies, ou bien ne plus dormir...



claudialucia ma librairie 12/03/2012 23:38


Ps : je comprends que ce genre de personnage qui n'a aucune dignité en amour et se laisse mener par le bout du nez, t'énerve  (que ce soit un homme ou une femme). J'ai un peu éprouvé la même
chose pour l'amoureuse de "Folie d'une  femme séduite" . Mais pourtant ces personnes existent! Ce n'est pas une faiblesse  d'analyse de la part de l'auteur, Non?. C'est nous, lecteurs,
qui n'aimons pas les personnages.

Hélène 13/03/2012 09:14



Certainement, mais de fait il est difficile de s'attacher à un personnage si éloigné de nos réalités psychologiques... Cela a dû te faire le même effet avec la femme séduite non ?



claudialucia ma librairie 12/03/2012 23:31


Dans le cadre des 12 d'Ys, je vais en lire un aussi mais ce ne sera pas celui-ci.  Ton avis mitigé me fait hésiter. J'ai trouvé à la bibliothèque un livre de lui à partir de Lazarillo de
Tormes/ Je vais voir si ça me plaît.

Hélène 13/03/2012 09:15



j'ai lu "le paradis un peu plus loin" sur Gauguin que j'avais bien apprécié (avant blog)



Manu 12/03/2012 20:50


Il est dans ma PAL, de même que La tante Julia. A découvrir. 

Hélène 13/03/2012 09:15



J'ai hâte de lire ton avis



Ys 12/03/2012 14:44


Je ne l'ai pas lu celui-là, et il me semble que cette héroïne pourrait me plaire, de même que l'amour (ingénu) de cet homme-là !

Hélène 13/03/2012 09:16



L'héroïne oui, l'homme ingénu bof bof...



kathel 12/03/2012 13:35


J'ai bien aimé ce livre, lu avant blog, et ne me souviens plus trop des "cucuteries" ! 

Hélène 12/03/2012 13:47



Comme quoi, les cucuteries sont volatiles...



Caroline 12/03/2012 12:15


Jamais rien lu de l'auteur, j'étais tentée par eclui-là, je le suis moins maintenant !!


peut-être la Tante Julia, en effet... A suivre !

Hélène 12/03/2012 13:47



A suivre...



clara 12/03/2012 10:24


Une de mes libraires aime beaucoup cet auteur ! Il va falloir que je le lise!

Hélène 12/03/2012 12:10



Je me laisserais bien tenter par "la tante Julia", le plus connu semble-t-il.



Hélène Choco 12/03/2012 09:39


J'ai hésité des dizaines de fis à l'acheter. la couverture est très belle... mais ton avis mitigé me conforte dans le fait que... je ne pense pa sle lire. A moins que la Vargas Llosa quie je vais
lire prochainement ne déclenche une "période Vargas Llosa" et que je décide de lire tous se slivres à la suite!!
(pas du tout extrême, comme lectrice...)

Hélène 12/03/2012 09:45



C'est une lecture divertissante mais qui souffre tout de même de quelques défauts..;



keisha 12/03/2012 09:05


Marrant! je suis en période vargas Llosa et ai un bilelt sur La tante Julia (un jour, un jour...), puis prévu de lire son derneir paru. vraiment bien, non, cet auteur?


Sauf les "cucuteries" comme tu le dis!

Hélène 12/03/2012 09:34



Je dois avouer que je m'attendais à quelque chose de plus profond, plus intellectuel, plus... nobel quoi ! Ce roman se lit facilement, le style est fluide, l'histoire bien menée, mais de fait, il
m'a manqué ce petit quelque chose qui en ferait un roman profond incontournable ou, à tout le moins, coup de coeur...