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Roman policier africain

Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 09:00

 

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♥ ♥

Un roman policier gabonais truculent.

 

 

 

L’auteur :

 

Janis OTSIEMI est un écrivain gabonais. Il est actuellement secrétaire général adjoint de l’Union des écrivains gabonais, après un bref passage au gouvernorat de l’Estuaire. Il a publié son premier roman Tous les chemins mènent à l’Autre en 2001.

 

L’histoire :

 

Quand Solo sort de prison, il s’adresse à son cousin Tito pour chercher une affaire qui pourrait lui rapporter de l’argent pour se refaire. Tito lui demande alors de jouer le chauffeur dans une sombre affaire d’enlèvements d’enfants. Certains politiciens gabonais  n’hésitent pas en effet à faire tuer de jeunes enfants dont les attributs sont utilisés par des marabouts dans des rituels visant à les maintenir au pouvoir… Les policiers Koumba et Owoula sont rapidement sur les traces de Tito…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans le pays : le lecteur déambule aux côtés des protagonistes dans la capitale gabonaise, de Louis au Cap Esterias, accompagnant Solo et les autres dans leurs tribulations hasardeuses et découvrant avec horreur tous les dessous de la ville, plutôt glauques…

 

Les expressions renforcent cette immersion : « On n’est pas des cousins à plaisanteries », « Tu cherches toujours la bouche des gens » (tu provoques) « un type qui a bouffé des guêpes » (être surexcité) « kala-kala » (longtemps)…

 

-          Les personnages sont bien campés : les petits truands toujours plus avides d’argent pour « ambiancer », les policiers corrompus qui laissent souvent filer les bandits en contrepartie de quelque pécule, les politiciens superstitieux prêt à tout pour rester au pouvoir…

 

« La police de Libreville n’était pas celle de New York avec sa section scientifique et ses médecins légistes. Ici, il fallait faire avec les moyens du bord. Et les différentes enquêtes avaient le même mode d’emploi : « pas besoin d’être à la recherche d’éventuels témoins. On descend dans les quartiers populaires, on bouscule des indics. Le premier indigène que la rumeur soupçonne, les flics le ferrent et lui filent une torture qui ferait pâlir un nazi. Si l’indigène y est pour quelque chose, il videra son sac et vous conduira sur les lieux de son forfait. S’il n’y est pour rien après une petite vérification, on enchriste un autre indigène jusqu’à ce qu’on tombe sur le bon bougnoule. » (p.116)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’auteur crée plusieurs intrigues policières (braquages, vol de voitures, crimes rituels, fabrication de faux-billets, chantages, et j'en passe...) sans les exploiter de bout en bout, les menant rapidement dans des ruelles sombres dans lesquelles elles se perdent. Par exemple le sujet principal du roman autour des crimes rituels aurait mérité plus d’approfondissement. L’atmosphère prime sur le suspens quand les deux auraient pu être savamment imbriqués…

 

Premières phrases :

 

« 20 heures. Quartier La Campagne.

Solo descendit d’un taxi reconnaissable à ses larges bandes rouges et blanches. Il se dirigea vers un groupe de jeunes hommes paumés qui bavardaient sous un lampadaire sur le capot d’une voiture posée sur des cales de bois. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mma Ramotswe détective d’Alexander MC CALL SMITH

 

 

La bouche qui ne parle pas, Janis OTSIEMI, Editions Jigal Polar, septembre 2010, 160 p., 15 euros

 

 

Merci à Yves pour le prêt. Jean-Marc en parle également.

 

Par Hélène - Publié dans : Roman policier africain
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 21:56

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♥ ♥ ♥

Un roman policier haletant au coeur de l'Afrique du Sud

    

 

L’auteur :

Déon MEYER est un auteur de romans policiers originaire d’Afrique du Sud. Ses romans ont été traduits dans plus de 20 langues.

L’histoire :

L’inspecteur Benny Griessel va devoir jouer une course contre la montre : une jeune américaine est retrouvée morte égorgée et sa jeune amie s’est enfuie, poursuivie par ses assassins. Qui retrouvera en premier la jeune fille ?

Ce que j’ai aimé :

-          Le suspense lié à la course haletante que mènent les inspecteurs pour reconstituer le puzzle qui leur permettra peut-être de retrouver la jeune Rachel avant ses poursuivants.

-          L’intrigue secondaire mise en place autour du meurtre d’un mari un peu trop riche et surtout trop volage apporte un intérêt supplémentaire au roman et permet de souffler entre deux poursuites…

-          Les personnages bien travaillés, avec leurs failles et leurs faiblesses à l’image de Griessel, ancien alcoolique, père quelquefois dépassé de deux adolescents, peut-être encore amoureux de sa femme qui s’éloigne…

Ce que j’ai moins aimé :

-          Même si quelques allusions liées à l’Afrique du Sud post-apartheid  parsèment le roman, le thème est à mes yeux trop peu exploité par rapport à d’autres romans du même auteur.

-          Un tout petit peu trop de personnages à mon goût…

Premières phrases :

« Cinq heures trente-six : une fille gravit en courant la pente escarpée de Lion’s Head. Sur le gravier du sentier large, le bruit de ses chaussures de course dit l’urgence. »

Vous aimerez aussi :

Le guerrier solitaire d’Henning MANKELL

 

13 heures, Deon MEYER, Seuil Policiers, février 2010, 462 pages, 25 euros

Par Hélène - Publié dans : Roman policier africain
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A méditer

"- Tu te rappelles, le reptile préhistorique qui est sorti pour la première fois de la vase, au début du primaire ? Il s'est mis à vivre à l'air libre, à respirer sans poumons, en attendant qu'il lui en vienne ?

- Je ne me rappelle pas, mais je l'ai lu quelque part.

- Bon... Eh bien ! Le gars-là, il était fou, lui aussi... complètement loufdingue. C'est pour ça qu'il a essayé. C'est notre ancêtre à tous, il ne faudrait tout de même pas l'oublier. On serait pas là sans lui. Il était gonflé, il n'y a pas de doute. Il faut essayer, nous aussi, c'est ça, le progrès. A force d'essayer, comme lui, peut-être, qu'on aura à la fin les organes nécessaires, par exemple, l'organe de la dignité, ou de la fraternité..."

(Les racines du ciel, Roman GARY)

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