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Littérature Afrique du Nord

Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 08:00

equation africaine

 

 

 

 « Le poisson rouge ne peut ramener la complexité des océans à la quiétude de son bocal. » (p. 185)

 

 

 

L’auteur :

 

Yasmina Khadra est né en 1955 dans le Sahara algérien. Il est aujourd'hui connu et salué dans le monde entier ou ses romans, notamment À quoi rêvent les loups, L'Écrivain, L'Imposture des mots, Cousine K sont traduits dans 40 pays. L'Attentat a reçu, entre autres, le prix des libraires 2006, le prix Tropiques 2006, le grand prix des lectrices Côté Femme et est actuellement en cours d'adaptation cinématographique. Ce que le jour doit à la nuit - Meilleur livre de l'année 2008 (Lire), prix France Télévisions 2008, prix des lecteurs de Corse - sera également porté à l'écran par Alexandre Arcady.

 

L’histoire :

 

Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu'au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l'aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d'affaires versé dans l'humanitaire, lui propose de l'emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d'une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. (présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Yasmina Khadra a le mérite de s’intéresser à des problématiques actuelles complexes. Ici, il nous plonge dans une Afrique en proie à la violence, une Afrique désertique et appauvrie par des luttes de pouvoir. Il place face à cette réalité un européen issu d’un milieu aisé, médecin, un homme qui évolue dans des sphères totalement étrangères et qui va se heurter de plein fouet à un monde inconnu.

 

« - Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. De mon plein gré ou à mon insu, peu importe. Chacun fait avec ce qu'il a. Je n'en veux à personne en particulier et, par conséquent, je ne vois pas comment ne pas loger tout le monde à la même enseigne. Pour moi, Blanc ou Noir, innocent ou coupable, victime ou bourreau, c'est du pareil au même. Je suis trop daltonien pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Et puis, c'est quoi le bon grain, et c'est quoi l'ivraie ? Ce qui est bon pour les uns est mauvais pour les autres. Tout dépend de quel côté on se trouve. Nul besoin d'éprouver du regret ou du remords. Qu'est-ce que ça change lorsque le mal est fait ? Petit, j'avais peut-être un coeur, aujourd'hui il est calcifié. Quand je porte ma main à ma poitrine, je ne perçois que la colère en train de sourdre en moi. Je ne sais pas m'émouvoir puisque personne n'a eut pitié de moi. Je ne suis que le support de mon fusil, et j'ignore qui, de moi ou de mon fusil, commande l'autre. » (p. 142)

 

Si vous avez lu ce passage, vous comprendrez tout de suite ce qui ne peut pas fonctionner dans ce roman :

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Yasmina Khadra, comme dans L’olympe des Infortunes, s’échine à nous administrer une  morale, des phrases et des idées toutes faites :

 

« Il n’y a pas d’enfer sur terre, docteur Krausmann, seulement des démons, et ils ne sont pas invincibles. » ( p. 214)

 

« L’Afrique ne se voit pas, elle se sent. » (p. 217)

 

Le désir de vivre des Africains, est, bien sûr, plus fort que tout :

 

« J’ai vu des gens qui n’avaient que la peau sur les os, et d’autres qui avaient perdu le goût de la nourriture, et d’autres jetés en pâture aux chiens et aux vauriens, pas un n’était prêt à céder. Ils meurent la nuit, et au matin ils ressuscitent, nullement dissuadés par la galère qui les guette. » (p. 217)

 

Conclusion lumineuse :

 

 « L’Africain sait que sa vie est son bien le plus précieux. Le chagrin, les joies, la maladie ne sont que pédagogie. L’Africain prend les choses comme elles viennent sans leur accorder plus d’opportunité qu’elles ne le méritent. Et s’il est convaincu que les miracles existent, il ne les exige pas pour autant. Il s’autosuffit, vous comprenez ? Sa sagesse amortit ses déconvenues. » (p. 218)

 

«  Si je devais mettre un visage sur la générosité, ce serait le visage d’un Africain. Si je devais mettre un éclat sur la fraternité, il aurait celui d’un rire africain. » (p 219)

 

Le ton de ces leçons est proprement lassant, trop sentencieux, trop attendu, tout comme la fin, parfaitement prévisible…

 

Son style ampoulé et convenu enlise définitivement cette « Equation africaine »…

 

Premières phrases :

 

«  Lorsque j’ai rencontré l’amour, je m’étais dit, ça y est, je passe de l’existence à la vie et je m’étais promis de veiller à ce que ma joie demeure à jamais. Ma présence sur terre se découvrit un sens et une vocation, et moi une singularité … Avant, j’étais un médecin ordinaire entamant une carrière ordinaire. Je grignotais ma part d’actualité sans réel appétit, négociant par-ci de rares conquêtes féminines aussi dénuées de passion que de traces, me contentant par-là de copains de passage que je retrouvais certains soirs au pub et le week-end en forêt pour une gentille randonnée – bref, de la routine à perte de vue avec de temps à autre un événement aussi fugace et flou qu’une impression de déjà-vu qui ne m’apportait rien de plus qu’un banal fait divers dans un journal… En rencontrant Jessica, j’ai rencontré le monde, je dirais même que j’ai accédé à la quintessence du monde. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

 

D’autres avis :

 

Charlotte ; Jostein

Le masque et la plume  parle de « non assistance à auteur en danger » de la part de l’éditeur…

 

 

L’équation africaine, Yasmina Khadra, Julliard, août 2011, 336 p., 19 euros

 

Merci aux Editions Julliard.

 

 

challenge 1% littéraire 

 

defi Afrika Choupynette 

 

Par Hélène - Publié dans : Littérature Afrique du Nord
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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 08:00

 

rue darwin

 

 

 

 

♥ ♥

 

« Le seul véritable inconnu, c’est soi-même. » (p. 46)

 


 

L’auteur :

 

Boualem Sansal est un écrivain algérien. Boualem Sansal a une formation d'ingénieur et un doctorat d'économie.Il a été enseignant, consultant, chef d'entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien. Il est limogé en 2003 pour ses prises de positions critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l'arabisation de l'enseignement.

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995), l'encourage à écrire. Boualem Sansal publie son premier roman Le Serment des barbares en 1999 qui reçoit le prix du premier roman et le prix des Tropiques. Son livre Poste restante, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté1 mais décide de rester en Algérie. Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire est un récit épique de l'épopée berbère. Boualem Sansal est lauréat du Grand Prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand sorti en janvier 2008, roman qui est censuré en Algérie. Le 9 juin 2011, il remporte le Prix de la paix des libraires allemands.

Il habite près d'Alger.

L’histoire :

 

Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt à Alger, où il a vécu son adolescence. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.

Son passé est dominé par la figure de Lalla Sadia, dite Djéda, sa toute-puissante grand-mère adoptive, qui a fait fortune installée dans son fief villageois – fortune dont le point de départ fut le florissant bordel jouxtant la maison familiale.

Né en 1949, Yazid a été aussitôt enlevé à sa mère prostituée, elle-même expédiée à Alger. Il passe une enfance radieuse au village, dans ce phalanstère grouillant d’enfants. Mais quand il atteint ses huit ans, sa mère parvient à l’arracher à l’emprise de la grand-mère maquerelle. C’est ainsi qu’il débarque rue Darwin, dans une famille inconnue. Il fait la connaissance de sa petite sœur Souad. D’autres frères et sœurs vont arriver par la suite, qui connaîtront des destins très divers.
La guerre d’indépendance arrive, et à Alger le jeune Yazid y participe comme tant d’autres gosses, notamment en portant des messages. C’est une période tourmentée et indéchiffrable, qui va conduire ses frères et sœurs à émigrer. Ils ne pourront plus rentrer en Algérie (les garçons parce qu’ils n’ont pas fait leur service militaire, les filles parce qu’elles ont fait leurs études aux frais de l’État algérien). Le roman raconte la diaspora familiale, mais aussi l’histoire bouleversante de Daoud, un enfant de la grande maison, le préféré de Djéda, dont Yazid retrouve un jour la trace à Paris.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Rue Darwin est le récit nostalgique d’un homme qui cherche des réponses à ses questions et décident de les résoudre maintenant qu’il n’a plus à se sacrifier pour les autres. Dans un style millimétré Boualem Sansal nous offre un texte puissant sur les origines et la vérité :

 

« C’est peut-être une loi essentielle de la vie qui veut que l’homme efface son histoire première et la reconstitue de mémoire comme un puzzle impossible, dans le secret, à l’aune de son expérience et après bien des questionnements et des luttes, ainsi et seulement ainsi il peut faire le procès du bien et du mal, ces forces qui le portent dans la vie sur le chemin de son origine. Vire serait donc cela, retrouver le sens premier dans l’errance et la quête… et l’espoir qu’au bout est le fameux paradis perdu, la paix simplement. » (p. 225)

 

-          Boualem Sansal est un écrivain censuré dans son pays pour ses opinions radicales sur l’islam et ses imams :

 

« La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam. »

« Finalement, aujourd'hui, je pense que c'est aux hommes du pouvoir de partir. On a trop cédé, il ne faut plus céder. » (Entretien avec Marianne PAYOT, l’Express, 24 août 2011)


Il évoque dans son roman ses prises de position ainsi que son rapport à la guerre :

 

« La guerre qui n’apporte pas une paix meilleure n’est pas une guerre, c’est une violence faite à l’humanité et à Dieu, appelée à recommencer encore et encore avec des buts plus sombres et des moyens plus lâches, ce ci pour punir ceux qui l’ont déclenchée de n’avoir pas su la conduire et la terminer comme doit s’achever une guerre : sur une paix meilleure. Aucune réconciliation, aucune repentance, aucun traité, n’y changerait rien, la finalité des guerres n’est pas de chialer en se frappant la poitrine et de se répandre en procès au pied du totem, mais de construire une paix meilleure pour tous et de la vivre ensemble. » (p. 108)


Il décrit notamment cette scène surréaliste durant laquelle Boumediene, en 1973 annonce dans un discours « plus il y a de morts, plus la victoire est belle. »  Et en déduit : « Je découvrais que les grands criminels ne se contentent pas de tuer, comme ils s’y emploient tout le long de leur règne, ils aiment aussi se donner des raisons pressantes de tuer : elles font de leurs victimes des coupables qui méritaient leur châtiment. » (p. 117)

 

Plus qu'un simple roman familial, Rue Darwin est un roman sur l'identité d'un être dans un monde difficilement habitable.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Je ne saurais dire exactement  pourquoi je n'ai pas été emportée par ce roman, mais il m'a manqué quelque chose, peut-être tout simplement un intérêt pour le sujet évoqué, je ne sais pas, un rien sans doute, qui fait que j'ai avancé péniblement dans cette lecture et que au final je ne m'y retrouve pas.

Ce qui ne m'empêche pas d'insister sur ses qualités indéniables...

 

Premières phrases :

 

« Tout est certain dans la vie, le bien, le mal, Dieu, la mort, le temps, et tout le reste, sauf la Vérité. Maiq qu’est ce que la Vérité ? La chose au monde dont on ne doute pas, dont on ne douterait pas un instant si on la savait. Hum… Ce serait donc une chose qui s’accomplit en nous et nous accomplit en même temps ? Elle serait alors plus forte que Dieu, la mort, le bien, le mal, le temps et le reste ?... mais devenant certitude, est-elle toujours la Vérité ? N’est-elle pas alors qu’un mythe, un message indéchiffré indéchiffrable, le souvenir de quelque monde d’une vie antérieure, une voix de l’au-delà ?

C’est de cela que nous allons parler, c’est notre histoire, nous la savons sans la savoir. »

 

Vous aimerez aussi :


 

Du même auteur : Le village de l’allemand

 

 

D’autres avis :


 

L’express

 

Marianne Desroziers ; Nina

 

Rue Darwin, Boualem SANSAL, Gallimard, août 2011, 17.50 euros

 

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challenge 1% littéraire

Par Hélène - Publié dans : Littérature Afrique du Nord
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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 08:00

au pays des hommes

 

 

♥ ♥ ♥ ♥

 

 


L’auteur :

 

Hisham Matar est né de parents libyens à New York et a passé son enfance en Amérique où son père travaillait pour la délégation libyenne de l’ONU. Sa famille est rentrée à Tripoli lorsqu’il avait 3 ans, il y a alors passé le reste de son enfance. Son père fut arrêté sous le régime Khadaffi et accusé de trahison, ils furent alors obligés de quitter la Libye et de s'exiler d'abord en Egypte au Caire où lui et son frère ont terminé leurs études, puis en Angleterre où il termina ses études et devint architecte.

En 1980, son père, toujours considéré comme dissident par le régime Khadaffi, est kidnappé et rapatrié vers la Libye. Il est d'abord porté disparu, puis en 1986, la faille reçoit deux lettres de sa main qui les informe qu'il est prisonnier dans la prison Abu-Salid de Tripoli. Depuis, plus de nouvelles...

Hisham Matar a commencé par écrire de la poésie et du théâtre. Il a commencé à écrire son premier roman en 2000 'Au Pays des Hommes' qui fut dans la shortlist pour le Booker en 2006.

 

L’histoire :

Tripoli, 1979. La société libyenne étouffe sous le régime autoritaire du colonel Kadhafi mais le jeune Suleiman, neuf ans, a bien d’autres soucis : il s’ennuie sous l’écrasante chaleur estivale. Son père est absent, on le dit en voyage d’affaires. Sa mère, adorée, crainte, erre dans la demeure, de plus en plus souvent ivre, et délire jusqu’à épuisement. Tout est murmure, tout est secret, tout est hostilité.

Mais bientôt le monde du petit Suleiman bascule : en plein centre-ville, un matin, il aperçoit Baba, son père, caché derrière d’épaisses lunettes noires. Pas un signe, pas un geste, l’homme les ignore, sa mère et lui.

Subtilement, la peur et le doute s’installent dans la vie de Suleiman. Qui sont ces hommes en armes qui viennent fouiller la maison ? Pourquoi le père de Karim, son meilleur ami, est-il emmené par la police ? Comment se fait-il que sa mère brûle un à un les livres de la bibliothèque, jusqu’alors véritable trésor familial ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

J’ai repéré ce roman dans un article de Courrier International qui pointait les romans capables de nous en apprendre davantage sur un pays qu’un documentaire. Et en cela, ce roman est effectivement remarquable. En choisissant d’adopter le point de vue du jeune Suleiman, l’auteur parvient à créer une tension implicite plus forte que toutes les explications. Le lecteur adulte peut combler à sa manière les blancs inhérents à l’histoire et découvrir ainsi de multiples ramifications à ce roman qui ne parle pas seulement de la Libye de Kadhafi et des régimes totalitaires, mais qui interroge aussi le courage, la traîtrise, l’amour d’une mère. Il évite le pathos toujours grâce au point de vue de cet enfant un brin égoïste, qui aimerait être le centre du monde, mais sent qu’on lui cache des choses importantes.

 

« De la sollicitude. Je pense que c’est ce que je cherchais désespérément. Une sollicitude chaude, stable, immuable. En un temps de sang et de larmes, dans une Libye pleine d’hommes couverts d’hématomes et maculés d’urine, taraudée par le manque et désireuse de se libérer, j’étais cet enfant ridicule en quête e sollicitude. Et même si je n’y songeais pas en ces termes à l’époque, l’auto-apitoiement avait viré à la détestation de soi. » (p. 227)

 

Si bien que pages après pages, ce roman réussit le rare challenge de devenir universel, et de s’intégrer majestueusement dans la lignée des chefs d’œuvre de la littérature.

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Rien.

 

 

Premières phrases :

 

« Je me souviens à présent de ce dernier été, c’était avant que l’on ne m’envoie loin d’ici. Nous étions en 1979 et le soleil noyait tout. Tripoli s’étendait au-dessous, éclatante et immobile. Tous les humains, les animaux, les fourmis se mettaient désespérément en quête d’ombre, de ces rares taches grises et miséricordieuses sculptées dans toute cette blancheur. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Disgrâce de J.M. COETZEE

 

D’autres avis :

 

Lecture commune avec A girl from earth

RFI

 

Au pays des hommes, Hisham MATAR, traduit de l’anglais par JF HEL GUEDJ, Denoël et d’ailleurs, 2007, 329 p., 20 euros

 

defi Afrika Choupynette

Par Hélène - Publié dans : Littérature Afrique du Nord
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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 08:00

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L’auteur :

 

Hayat El Yamani est d’origine marocaine mais vit et travaille en France. La cruche cassée est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Dounia revient dans son village natal, au Maroc, pour assister aux funérailles de Yemma, l'aïeule de la famille. Elle renoue avec un univers radicalement autre, dont le deuil accentue la singularité. D'abord spectatrice, Dounia, qu'on surnomme « l'Européenne », prend conscience, à la vue du corps de la vieille dame, de l'impact que cette mort a sur elle. La distance s'amenuise. Au fil des jours et des rituels, hommes et femmes se confient à elle, comme Yemma aimait à le faire. Son sentiment de différence s'efface, facilité en cela par la promiscuité féminine permanente, de la maison au hammam. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Hayat El Yamani nous offre une peinture vivante de cette communauté marocaine au travers de courtes scènes liées au deuil de Yemma. Ses souvenirs affluent également, faisant revivre cette grand-mère aimante.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai trouvé cette histoire relativement banale. Le style est passe-partout, les scènes décrites n’ont rien d’original, et le choix même d’égrener les souvenirs sous forme de journal intime, au jour le jour, est assez facile. Je pense que quiconque qui sait un tant soit peu écrire et qui aurait vécu une expérience similaire, aurait été capable d’écrire ce roman…

 

Premières phrases :

 

« Il est minuit. Grand-mère est morte. Je suis dans ma voiture, mon micro-ordinateur sur les genoux. En l’allumant, j’ai la sensation de me raccorder à moi-même et j’ouvre mon « fichier-journal », guidée par le besoin impérieux de canaliser le flux de mes pensées. Il a pris un cours nouveau ce matin à dix heures, lorsqu’une voix que je n’ai pas us identifier au téléphone m’a présenté ses condoléances. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une si longue lettre de Mariama BA

 

 

La cruche cassée, Hayat EL YAMANI, Editions Anne Carrière, janvier 2011, 211 p., 17 euros

 

Merci à Julia Gallet des Editions Anne Carrière.

 

defi Afrika Choupynette

Par Hélène - Publié dans : Littérature Afrique du Nord
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Présentation

A méditer

"- Tu te rappelles, le reptile préhistorique qui est sorti pour la première fois de la vase, au début du primaire ? Il s'est mis à vivre à l'air libre, à respirer sans poumons, en attendant qu'il lui en vienne ?

- Je ne me rappelle pas, mais je l'ai lu quelque part.

- Bon... Eh bien ! Le gars-là, il était fou, lui aussi... complètement loufdingue. C'est pour ça qu'il a essayé. C'est notre ancêtre à tous, il ne faudrait tout de même pas l'oublier. On serait pas là sans lui. Il était gonflé, il n'y a pas de doute. Il faut essayer, nous aussi, c'est ça, le progrès. A force d'essayer, comme lui, peut-être, qu'on aura à la fin les organes nécessaires, par exemple, l'organe de la dignité, ou de la fraternité..."

(Les racines du ciel, Roman GARY)

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