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Littérature Amérique du Nord

Jeudi 4 avril 2013 4 04 /04 /Avr /2013 08:00

contree-indienne.jpg

 

♥ ♥ ♥ ♥

 

Cap sur le western !


 



L’auteure :

 

DOROTHY M. JOHNSON est née en 1905 dans l’Iowa et a passé son enfance dans le Montana. Rédactrice pour des magazines féminins, puis professeur à l’université du Montana, elle publiera une quinzaine de livres et plus de 50 nouvelles dont plusieurs seront adaptées au cinéma (L’Homme qui tua Liberty Valance, Un homme nommé cheval, La Colline des potences). En 1959, elle est faite membre honoraire de la tribu blackfoot. Elle meurt en 1984. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans l’intimité de loges indiennes ou celle de ranches à peine construits, à travers les plaines, derrière les murs des forts militaires ou dans les rues de villes nouvelles, pionniers, Indiens et cow-boys sont confrontés à la dure loi de l’Ouest. Dotés d’un formidable instinct de survie, ces hommes et ces femmes résistent à la destruction de leurs foyers, de leurs croyances et de leurs rêves. Ces onze nouvelles – dont deux restaient inédites en français – racontent les incidents devenus légendaires et les paysages encore sauvages de cette terre de frontières. On retrouve parmi elles L’Homme qui tua Liberty Valance et Un homme nommé Cheval qui inspirèrent deux grands westerns de John Ford et Elliot Silverstein.

Avec Contrée indienne, Dorothy Johnson, grande dame de la littérature américaine, ressuscite le mythe de l’Ouest américain. (Présentation de l’éditeur)

 

Première publication chez JC Lattès en 1986 et chez 10/18 en 1993.

Ce recueil est présenté pour la première fois dans son intégralité, deux nouvelles “L’incroyant” et “Cicatrices d’honneur” étant jusqu’à présent restées inédites en français.

 

Deux nouvelles ont été adaptées au cinéma : L’Homme qui tua Liberty Valance par John Ford en 1962, avec James Stewart et John Wayne ; Un homme nommé Cheval par Elliot Silverstein en 1970.

 

Ce que j’ai aimé :


Les cow-boys… et les indiens !!! Ils me manquaient…

 

Les nouvelles sont variées : il est question d'enlèvements de femmes colons dans « Flamme sur la plaine », « Retour au fort », d'hommes blancs qui ont été des indiens ou le sont toujours dans « L’incroyant », « La tunique de guerre », « Un homme nommé cheval », de colons confrontés aux attaques d'indiens dans « Prairie kid », « Après la plaine », d'indiens et de leurs rituels dans « L’exil d’un guerrier », de vrais cow boys dans « L’homme qui tua Liberty Valance »... Dorothy m Johnson en conteuse exemplaire ne prend pas partie pour l'un ou l'autre camp, elle palpite aux cotés des colons traqués, comme elle respire avec le souffle des indiens et de leurs coutumes. Elle nous explique par exemple ce rituel pour que les jeunes indiens découvrent leur totem : 

« Seul dans un endroit élevé pendant quatre jours et quatre nuits, sans eau ni nourriture ? Certains rêvent d’une bonne médecine, d’autres d’une mauvaise médecine, d’autres encore ne font pas de rêve. » (p. 192)

 

Elle s'interroge sur la limite entre la sauvagerie et la civilisation et représente intelligemment les deux peuples. Ainsi, ses nouvelles mettent en scène des personnages forts, marquants, confrontés à la violence, mais aussi humains qui vont apprendre la tolérance, l'ouverture, dans un enrichissement mutuel des cultures.

 

Un incontournable du genre !

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 

  - Rien 


Premières phrases :

 

«Le dimanche matin, le chef sioux nommé Little Crow, portant les vêtements sobres d’un homme blanc, assista au service religieux de la Lower Sioux Agency et serra la main du pasteur après la cérémonie. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Lonesome Dove de Larry McMURTRY

Le tireur de Glendon SWARTHOUT

Mille femmes blanches de Jim Fergus

 

D’autres avis :


Folfaerie ; Télérama 

 

 Contrée indienne, Dorothy Johnson, traduit de l’américain par Lili Sztajn, mars 2013, 256 p., 10.00 euros

 

Par Hélène - Publié dans : Littérature Amérique du Nord
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Dimanche 27 janvier 2013 7 27 /01 /Jan /2013 08:00

oiseau-canadeche

 

 

 

♥ ♥

 

 « - Nous refusons tout ce qui sort de l’ordinaire.

- Eh ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non ? »

 

L’auteur :

 

Né en 1945, Jim Dodge est une figure atypique de la littérature américaine, à la fibre nettement écologiste et libertaire. Peu prolifique, auteur de quatre livres, trois romans et un recueil de poésie, l’homme a pris le temps de vivre, a partagé durant quelques années l’expérience d’une communauté autonome de Californie, exercé divers métiers, entre autres bûcheron, berger, joueur professionnel, etc. Il oeuvre aujourd’hui pour la préservation de l’environnement dans un ranch de la région de Sonoma. Après Stone Junction, L’Oiseau Canadèche a rencontré un accueil très enthousiaste.

 

L’histoire :

 

À près de 80 ans, Jake envisage sereinement l’avenir : c’est qu’un vieil indien lui a révélé le secret de l’immortalité, la recette d’un tord-boyau carabiné, le « Râle d’agonie », qu’il est a peu près le seul à pouvoir avaler : « Bois ça, tiens-toi peinard et tu seras immortel » lui a affirmé Johnny Sept-Lunes, avant de rendre son dernier souffle.

 

À la mort de sa fille qu’il a à peine connue, Jake se bat pour gagner le droit de recueillir son petit-fils : c’est que l’administration rechigne un peu à confier l’enfant à un vieux solitaire excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôt en premier lieu. Écumant avec une chance insolente les tables de poker de tout l’Ouest, il gagne de quoi se racheter une moralité aux yeux de l’état américain, et le droit conséquent d’élever son petit-fils. Quelques divergences de caractère semblent éloigner le jeune Titou de son grand-père, en particulier sa passion pour les clôtures ainsi qu’une relative sobriété, alors que toute forme de barrière répugne son alcoolique de grand-père. Mais le duo fonctionne pourtant bien, et mieux encore du jour où Titou découvre Canadèche, canard boulimique et fort sympathique, qui devient le compagnon préféré. La vie s’écoule à peu près totalement peinarde, à peine perturbée par la présence sur leur domaine d’un antique et monstrueux sanglier... En lequel Pepe Jake croit reconnaître la réincarnation de son vieil ami indien, alors que Titou le chasse comme son pire ennemi…

 

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Traversé d‘un agréable souffle libertaire, L’Oiseau Canadèche est un délicieux conte naturaliste moderne, un trésor de malice et de tendresse brillant comme un coeur de canard… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Canadèche est un conte assez délirant, cocasse et certaines scènes restent gravés dans nos mémoires. Celle du cinéma par exemple, où l’on apprend les goûts cinématographiques très sûrs de Canadèche, ou encore celle durant laquelle le grand-père décide d’apprendre au volatile à voler, sans prendre en compte la loi de l’attractivité terrestre…

 

Les personnages sont profondément humains, inspirés, hors-normes et nous permettent d’évoluer dans un monde parallèle bienheureux, simple dans lequel ennemis et amis sont clairement identifiés. Tout coule dans l’univers de cette drôle de famille.

 

« On pense à Richard Brautigan et son Général sudiste de Big Sur  pour les divagations pacifistes, au James Crumley de La danse de l’Ours pour mille raisons, au Denis Johnson de Déjà mort pour les vies d’aventure remontées au petit bonheur, à Will Oldham de Palace Music pour le trémolo dans la voix, à Sherman Alexie pour l’eau de feu, les visions… à tous ces tendres déconneurs qui dans le effluves matutinaux de café remettent leur casquette, leur épaisse chemise à CARREAUX, et remontent dans le pick-up intersidéral de leurs vies cabossées. » ( Postface de Nicolas Richard)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Trop court, je suis restée sur ma faim, surtout que j’en avais énormément entendu parler par la blogosphère.

 

Pour moi, ce court roman souffre d’un problème de construction : les premiers chapitres mettant en place l’action sont trop  longs par rapport au court nombre de pages du roman : « Brève histoire de famille » présentant la famille des personnages court de la page 11 à 55, soit près de la moitié du roman, « Canadèche » centré sur le canard, partie plus drôle et intéressante à mon goût, de la page 59 à 105.

Les ellipses temporelles sont des tunnels  occultant  tout un pan de l’histoire des personnages, puisque l’on passe de Titou enfant à Titou adulte de vingt ans en quelques pages à peine.

 

Le tout aurait pu être plus fluide en étant plus travaillé à mon sens.

 

Premières phrases :

 

« Elle avait dix-sept ans ; elle s’appelait Gabrielle Santee ; elle était enceinte de trois mois quand elle se maria avec Johnny Makhurst, dit le Supersonique. Lui, il était pilote d’essai chez Boeing et venait de faire un héritage ; il lui était échu la modeste fortune d’un quincaillier de l’Etat de d’Ohio. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Stone Junction

Autre : souvent cité dans le Challenge Rire et Humour.  

  canard.jpg

 

D’autres avis unanimes :

 

Presse et libraires :

 

« Cela faisait un petit paquet d’années qu’on rêvait de voir ça, histoire que soit enfin rendu un hommage public et massif au plus formidable des livres courts découvert ces 10 dernières années. » Benjamin Berton, Fluctuat

« Quel excellent petit remontant. J’ai adoré. » Librairie A livre Ouvert à Bruxelles

« Un court roman sur la Liberté comme seuls les Américains savent les faire ! 106 pages de pur bonheur, de folie, de Grand Ouest Américain, de clôtures, d’échecs, de whisky qui rend immortel, de canard chasseur de sangliers… Les aventures de trois personnages, un orphelin, un vieux grincheux et un canard, dont le but principal est de vivre tranquillement, loin de toute contrainte quotidienne. Bref, les 106 meilleurs pages publiées depuis bien longtemps. » François, Librairie des Halles à Niort

« Jim Dodge appartient à sa manière à la communauté des poètes du grand Ouest américain tels que Brautigan, James Crumley ou Denis Johnson. Un écrivain à découvrir de façon idéale avec L’Oiseau Canadèche. » Florence, Librairie Atout Livre

« Un petit roman folk bienfaisant, comme une chanson de Neil Young ou de Greg Brown. Pastorale hors la loi, conte spirituel et spiritueux, eau de vie de bouilleur de cru, petit élixir du grand Ouest américain  ! Santé  ! » Julien de la Panneterie, Librairie Millepages

« C’est une fable absolument incroyable, totalement décalée, réjouissante. Un livre à lire, à relire et à faire lire sans modération. » Télématin, France2, Linda Cassou, libraire à Antipodes

« Vif, mordant et malicieux. » Elle

« Réjouissant et constamment surprenant. Un conte de fée vient de se poser sur terre. » Daily Telegraph

« Un conte moral moitié Zen moitié Punk. Intensément drôle et bizarrement profond. » Herald

« Un canardage sauvage. » The Times

« Vous allez l’adorer. » Independent on Sunday

« Incroyable...Un joyau, une pépite, un diamant dans la gadoue. » San Francisco Chronicle

« Une fable californienne contemporaine au charme transcendant, sagesse et beauté. » Los Angeles Time

« L’Oiseau Canadèche est une petite praline bourrée de tendresse, un improbable conte anarcho-onirique de la plus belle eau (de vie). » Sophie Creuz, L’Echo

« Si le distillat obtenu par Pépé Jake, le Vieux Râle d’Agonie (…) est effectivement “à 97 % pur”, alors le petit livre tout aussi spirituel que spiritueux présentement ouvert entre vos mains est à 97 % un coup de génie. Les 3 % qui restent pouvant, selon l’appréciation de chacun, relever du délire animalier, de l’apologie de la clôture, du manifeste anarchiste, de l’éloge de la vieillesse, du manuel de siphonage à contre-pente, du souvenir de la balle de golf aspirée au bout de 25 m de tuyau d’arrosage, du traité d’échec sous les séquoias, etc. » Nicolas Richard

« 100 pages stylistiquement trempées dans le Vieux Râle, un whisky indien qui aurait le pouvoir de rendre immortel, et traversées de visions célestes façon Steinbeck on acid. (…) Ça pourrait être niais, naturaliste emmerdant, c’est mortel. » Blog Discipline in disorder

 

Blogs :

Aifelle ; Cathulu ; Dominique ; Clara  ; Theoma Chaplum, ChocoKathel, Keisha, Mango

 

L’oiseau canadèche, Jim Dodge, Traduit de l’américain par Jean-Pierre Carasso, Cambourakis, 112 pages, 10.20 euros

Par Hélène - Publié dans : Littérature Amérique du Nord
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Vendredi 18 janvier 2013 5 18 /01 /Jan /2013 08:00

arrive-un-vagabond.jpg

 

 

♥ ♥ ♥

 

 « Et pour elle, pour Sylvan, il est Hollywood. » (p.138)

 

L’auteur :

 

Robert Goolrick vit dans une petite ville Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge. Son roman Une femme simple et honnête, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs. Son nouveau roman, Arrive un vagabond, est déjà retenu dans les sélections de rentrée littéraire de la Fnac, du Virgin, des Furets du Nord et de Cultura. (Source : editeur)

 

L’histoire :

 

C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent.

Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg.

La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

 

Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au cœur de la passion. Il y dépeint les membres d’une communauté face à une tragédie en marche. Des hommes et des femmes ordinaires, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu’il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

(Source : Editeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Robert Goolrick a ce talent des conteurs intemporels, qui, avec quelques mots quelques phrases vous rivent aux pages, aux lèvres de l’auteur et vous transportent dans un autre univers aux plaisirs et aux dangers innombrables. Ces simples mots « Arrive un vagabond » sont comme un sésame qui ouvre la porte de tous les possibles, de toutes les tragédies. Un simple mouvement, et le monde bouge, les êtres changent irrémédiablement, et le monde n’est plus le même. L’arrivée de Charlie bouleversera à jamais les vies de ce calme village de Virginie. Les pages nous plongent dans l’intensité d’une perdition, d’une lente descente aux enfers d’un homme pris dans les rets de la passion. Charlie succombera au charme de Sylvan, Emma Bovary américaine, subjuguée par les films de Hollywood, par ces superbes actrices aux robes chatoyantes qui rencontrent des hommes charismatiques et vivent une vie passionnante, bien loin de celle de Sylvan… Charlie, contrairement aux habitants de la petite bourgade, ne craint pas les foudres de l'Enfer promis à celui qui trahira, et c'est à corps et coeur perdu qu'il va se jeter dans cette liaison adultère...

 

Témoin de leur liaison, le jeune Sam sera garant de leur secret, même si le poids de son silence résonnera à jamais dans sa vie future.

 

 « L'enfance est l'endroit le plus dangereux qui soit.  Personne n'en sort indemne. »(p.133)

 

Dans un style lyrique inoubliable, Robert Goolrick nous parle de la vie qui coule non sans heurts et laisse sur le chemin des êtres laminés par les sentiments, ou transportés par la pureté de ce qu’ils ont éprouvés.

 

« Puis ils restèrent  assis là en silence, à se balancer, le petit calme et fatigué sur les genoux de sa mère, et la fumée blanche de la Lucky Strike de Charlie planant comme un fantôme. La belle sérénité simple de la campagne, la rue douce et sombre aux porches éclairés, avec les derniers papillons de nuit de l’été qui voletaient dans le halo de lumière vive au-dessus de leurs têtes, et les habitants de la ville qui se balançaient en fumant, en somnolant ou en discutant à voix basse. 

Quand il fit noir, les libellules apparurent dans le jardinet de Charlie et des chauves-souris se mirent à voltiger tout autour de sa maison, dans l’obscurité des lourdes branches de ses arbres. » (p. 112)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Féroces de Robert GOOLRICK 

Autre : Au lieu-dit Noir-Etang… de Thomas H. COOK

 

D’autres avis :

 

 

Clara  ;

Vallit 

 

Arrive un vagabond, Robert Goolrick, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville, Anne Carrière, août 2012, 320 p., 21.50 euros

 

 grand prix lectrices de elle

Par Hélène - Publié dans : Littérature Amérique du Nord
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Samedi 12 janvier 2013 6 12 /01 /Jan /2013 08:00

 

tireur.jpg

 

 

 

♥ ♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

GLENDON SWARTHOUT (1918-1992) est un auteur prolifique qui s’est illustré dans divers genres littéraires, mais qui était surtout reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Ouest américain et du western. Plusieurs de ses romans ont été des best-sellers et sept

d’entre eux ont été portés à l’écran. Parmi ceux-là, Le Tireur a été mis en scène par Don Siegel en 1976 sous le titre Le Dernier des géants, avec John Wayne dans son dernier grand rôle au cinéma. Ce roman est publié dans une nouvelle traduction intégrale.

 

L’histoire :

 

Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far-West, il apprend qu’'l est atteint d’un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même l’ultime chapitre de sa propre légende.
À l'instar de Larry McMurtry avec Lonesome Dove, Glendon Swarthout signe avec Le Tireur un western incontournable. Il a été porté à l’écran par Don Siegel en 1976, avec John Wayne dans son dernier grand rôle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le tireur est un homme de légende qui a marqué son siècle. As de la gâchette, il a tué un nombre infini d’hommes si bien que quand il revient dans la petite ville de El Paso, il est observé, craint, envié, adulé. Il s’installe dans la pension de la veuve Rogers, sans savoir qu’il va vivre là ses derniers jours…

 

Au fil des pages, cet homme cruel s’humanise, les lois de l’Ouest l’ont sans doute contraint à tuer plus que de raison, mais il reste un homme meurtri, seul, qui, à l’heure du bilan, se découvre des sentiments…

 

« J'ai eu de bons moments. Mais les meilleurs instants étaient toujours après, juste après, le revolver chaud dans la main, la morsure de la fumée dans mes narines, le goût de la mort sur ma langue, le cœur haut dans la gorge, le danger derrière moi, et puis la sueur soudaine et le néant, et la sensation douce et fraîche d'être né. » (p.162)

 

Les vautours ne vont pas tarder à tourner autour de lui, attiré par l’odeur de l’argent et de la mort d’un homme légendaire. Un à un, Books va les repousser pour s’éteindre dignement…

 

La scène finale tonitruante va marquer à jamais la légende de cet homme fin tireur…

 

Le jeune fils de Bond Rogers, Gillom, est à la fois fasciné et déçu par cet homme aux colts fumants, et il va s’attacher à ses pas, le filant comme une ombre…

 

Un western original, crépusculaire

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Rien.

 

Premières phrases :

 

« Il pensa : Quand j’arriverai là-bas, personne ne croira jamais que j’ai réussi un tel voyage à cheval et, Dieu m’en est témoin, je n’y croirai pas non plus.

Il était midi en cette journée maussade. Le soleil était pareil à un oeil injecté de sang dans la poussière. Son cheval souffrait d’une fistule. Une friction entre la selle et la couverture, une

épine, un caillou ou un noeud de fi celle avait créé un abcès au niveau du garrot, profond et purulent, et l’unique traitement, il le savait, aurait été de cautériser la plaie et de la laisser sécher à l’air libre sans remonter sur l’animal, mais il ne pouvait pas s’arrêter. Si le cheval souffrait, l’homme souffrait davantage encore. C’était son neuvième jour de voyage, et le dernier. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

 

Jérôme

 Jean- Marc 

 

Le tireur, Glendon Swarthout, Gallmeister totem, novembre 2012, 208 p., 9.50 euros

 

Merci à Marie-Anne des éditions Gallmeister.

Par Hélène - Publié dans : Littérature Amérique du Nord
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Jeudi 3 janvier 2013 4 03 /01 /Jan /2013 08:00

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♥ ♥ ♥

 

Prix fémina étranger 2012 

 

L’auteur :

 

Née en 1962 en Californie, où elle passé toute son enfance, Julie Otsuka, petite-fille d'immigrés japonais, a étudié les beaux-arts à l'Université de Yale et entamé une carrière de peintre. La trentaine venue, elle a décidé de se consacrer pleinement à l'écriture et publié en 2002 un premier roman très remarqué, Quand l'empereur était un dieu, paru deux ans plus tard en France : un livre inspiré par l'histoire de son grand-père, suspecté de trahison après l'attaque de Pearl Harbor en 1941 et interné dans un camp de l'Utah pendant trois ans. Julie Otsuka vit actuellement à New York.

 

L’histoire : 

 

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.


C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

 

 À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

 

PRIX FEMINA ÉTRANGER 2012 (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

 

Julie Otsuka a choisi un mode narratif particulier pour faire parler ces femmes japonaises au destin atypique : elle a opté pour un « nous » qui permet de donner une voix ample et puissante à ces femmes qui chantent en chœur leur douleur :

 

« La nuit nous rêvions de nos maris. De nouvelles sandales de bois, d'infinis rouleaux de soie indigo, de vivre dans une maison avec une cheminée. Nous rêvions que nous étions grandes et belles. Que nous étions de retour dans les rizières que nous voulions si désespérément fuir. Ces rêves de rizières étaient toujours des cauchemars. Nous rêvions aussi de nos soeurs, plus âgées, plus jolies, que nos pères avaient vendues comme geishas pour nourrir le reste de la famille, et nous nous réveillions en suffoquant. Pendant un instant, j'ai cru que j'étais à sa place. »

 

Le récit fait fi du pathos, et se contente de nous décrire froidement la vie filiforme de ces femmes arrachées à leur pays natal avec des rêves pleins la tête, et finalement vouées à trimer aux champs aux côtés d’un mari bien éloigné des photos et des lettres initiales… Les enfants qu’elles vont mettre au monde ne seront qu’une maigre consolation, élevés dans la pauvreté, ils n’en seront pas moins américains, et s’éloigneront peu à peu de ces mères japonaises si peu intégrées.

 

 

Mais l’horreur de leur destin ne s’arrête pas là puisque Julie Otsuka aborde également ce sujet souvent passé sous silence : le déplacement et l'internement de quelque 120 000 Japonais, en 1942, après l'attaque, le 7 décembre 1941, par l'aéronavale japonaise, de la base américaine de Pearl Harbor. Un à un ces visages japonais disparaîtront, emportés dans un gouffre qui va les broyer et les mener vers l’oubli. 

 

« Un garçon de Parlier a emporté une couverture de flanelle bleue qui conservait l’odeur de sa chambre. Une fille aux longues couettes venant de la petite ville de Tulare a emporté une épaisse craie rose. Elle s’est arrêtée un instant pur dire au revoir aux gens immobiles sur le trottoir et, d’une petit geste rapide, elle leur a fait signe de s’en aller et s’est mise à sauter à la corde. Elle est partie en riant. Elle est partie sans se retourner. » (p. 214)

 

Heureusement, la littérature est là pour nous rappeler le souvenir de ces destins malheureux et pour offrir à ces femmes un écrin de mémoire…

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

La froideur du ton et du style fait que quelquefois on reste en dehors du récit, avec l’impression de lire une liste dépourvue d’humanité.

 

 

 

Premières phrases :

 

« Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n’étions pas très grandes. Certaines d’entre nous n’avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n’avaient que quatorze ans et c’étaient encore des petites filles. »

 

Vous aimerez aussi : 

 

 

Littérature Asie de l'Est  

 

 

 

D’autres avis :

 

 

Lecture commune avec Valérie , Mirontaine, Jeneen, Monpetitchapitre, Mélo et Sandrine.

Presse : Le Figaro ; Le Monde ; Télérama

 

Blogs : Canel ; Théoma ; Kathel, Yv, Aproposdelivres, Canel, Jérôme, Philisine Cave,

 

 Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka, traduit de l’anglais (américain) par Carine Chichereau, Phébus,  août 2012, 144 p., 15 euros

 

grand prix lectrices de elle

Par Hélène - Publié dans : Littérature Amérique du Nord
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Présentation

A méditer

"- Tu te rappelles, le reptile préhistorique qui est sorti pour la première fois de la vase, au début du primaire ? Il s'est mis à vivre à l'air libre, à respirer sans poumons, en attendant qu'il lui en vienne ?

- Je ne me rappelle pas, mais je l'ai lu quelque part.

- Bon... Eh bien ! Le gars-là, il était fou, lui aussi... complètement loufdingue. C'est pour ça qu'il a essayé. C'est notre ancêtre à tous, il ne faudrait tout de même pas l'oublier. On serait pas là sans lui. Il était gonflé, il n'y a pas de doute. Il faut essayer, nous aussi, c'est ça, le progrès. A force d'essayer, comme lui, peut-être, qu'on aura à la fin les organes nécessaires, par exemple, l'organe de la dignité, ou de la fraternité..."

(Les racines du ciel, Roman GARY)

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