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Le Cas Wycherly de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Lew Archer est sollicité par un riche californien Homer Wycherly pour retrouver sa fille disparue depuis deux mois. Mais il demande expressément à Lew de ne pas chercher à contacter pour son enquête son ex-femme Catherine avec qui il semble avoir des rapports houleux, demande qui ne va guère lui faciliter la tâche puisque tout semble converger vers elle... 

Ce roman est hanté par une atmosphère de roman noir opaque avec des secrets de famille, des rapports conflictuels, et un privé au milieu qui se démène pour démêler le vrai du faux. L'intrigue est influencée par la vie privée de l'auteur qui connait aussi des vicissitudes avec sa fille ainée : en 1956, alors qu'elle n'a que dix-sept ans, elle est impliquée dans un homicide involontaire. Trois ans plus tard, alors qu'elle est en liberté conditionnelle et sous traitement psychiatrique, elle disparait pendant une semaine. De fait, les personnages acquièrent une vie propre et leur portrait psychologique sonne tragiquement vrai.

Un roman noir à découvrir !

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur :Cible mouvante ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) Noyade en eau douce ♥ ♥ ♥ (Policier) ; La côte barbare ♥ ♥ (Policier)

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Des diables et des saints de Jean-Baptiste ANDREA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Joseph joue sur les pianos publics dans les gares. Pourquoi ce virtuose s'adonne-t-il à cette activité particulière ? Il déroule alors le fil de son histoire et revient sur son adolescence dans un pensionnat religieux des Pyrénées situé au bout du monde et appelé à juste titre "les Confins". Là-bas, il connaitra les corvées, la maltraitance, mais aussi les amis, l'entraide, et Rose...

"Parce que si ça se trouve, le diable n'a rien demandé. Si ça se trouve il n'est pas né diable, c'était un bébé rose comme les autres. Peut-être qu'il a perdu ses parents, qu'on l'a envoyé dans un orphelinat, et que c'est là qu'il est devenu le diable."

La musique et son éducation portent le jeune Joseph et lui permettent de survivre dans cet univers inhospitalier, habité par des êtres peu recommandables qui profitent de la faiblesse des pensionnaires et se cachent derrière leur foi religieuse pour justifier le pire. Avec sensibilité et retenue, l'auteur place l'amitié au cœur de son roman, c'est elle qui sauve au propre comme au figuré aussi le jeune homme.

Si le manichéisme rôde à l'image du titre, ce roman n'en reste pas moins profondément touchant, fort et tendre à la fois.

Présentation de l'éditeur : Editions Iconoclaste

Grand Prix RTL LIRE 2021

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Ce qu'il advint du sauvage blanc de François GARDE

Publié le par Hélène

Le récit s'inspire d'une histoire vraie : en 1843, Narcisse Pelletier, marin français, échoue sur une île du pacifique sur laquelle il passera dix-sept ans, ses compagnons et leur bateau repartant sans lui parce qu'il s'était aventuré trop loin dans les terres.

François Garde a choisi d'inventer la suite. Contraint de vivre aux côtés d'une tribu aborigène pendant dix-sept ans, peu à peu, Narcisse perd sa propre culture et s'immerge totalement dans les mœurs aborigènes. Quand il est retrouvé et confié aux bons soins de Octave de Vallombrun, il doit faire le chemin à rebours pour retrouver sa culture, son langage, l'homme civilisé devant être soutenu par le milieu social. Octave est un scientifique qui tente de le faire parler sur son séjour, mais en vain.

Les deux récits aux formes différentes alternent : l'un est le récit des aventures de Narcisse sur l'île, l'autre se compose de lettres de Octave envoyé au président de la société de géographie pour rendre compte de ses avancées concernant l'observation de Narcisse.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai appris que François Garde n'avait pas effectué de recherches sur le peuple, ni sur Narcisse, préférant centrer sa réflexion sur la coexistence de deux cultures en soi. S'il ne caricaturait pas les sauvages, ce ne serait pas gênant en soi, mais la scène du viol notamment est choquante quand on réfléchit à cette notion essentielle de barbarie !

Voici les liens mentionnant ces réflexions : SOGIP ; Le Koala lit ; Sur mes brizées

Présentation de l'éditeur : Folio

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Ce genre de petites choses de Claire KEEGAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Bill Furlong est un marchand de bois et de charbon d'origine modeste, à la tête d'une famille de cinq filles, il a su monter sa propre entreprise. Sa mère, domestique, s'étant retrouvée enceinte à 15 ans, il fut élevé par sa patronne, généreuse femme qui a su les prendre sous son aile. Elle a ainsi pu éviter à sa mère d'être enfermée dans le couvent voisin géré par une congrégation religieuse mais cachant en réalité une sombre réalité...

Bill est chargé de livrer ce couvent, et les rencontres qu'il y fait le placent face à un dilemme... Quels choix va t-il faire pour être en paix avec sa conscience ?

"Il pensa à Mrs Wilson, à ses bontés quotidiennes, à la manière dont elle l'avait repris et encouragé, aux petites choses qu'elle avait dites et faites et avait refusé de faire et de dire et à ce qu'elle avait dû savoir, aux choses qui, quand on les totalisait, représentaient une vie."

Le roman fait ainsi allusion au scandale des Magdalen Laundries, institutions gérées par des congrégations religieuses dans lesquelles furent enfermées et maltraitées des centaines de femmes depuis le dix-neuvième siècle, et qui fait l’objet d’une attention particulière depuis les années 1990.

La transposition est plutôt réussie, les personnages suffisamment incarnés pour capter notre attention, avec un Bill attachant cherchant un sens à sa vie que le hasard va peut-être lui offrir.

Ce que j'ai moins aimé :

- La fin, abrupte, bien trop ouverte à mon goût.

Bilan :

Un court roman simple qui laisse un goût d'inachevé...

 

Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser Editeur

Du même auteur : Les trois lumières

Publié dans Littérature Europe

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Juste la fin du monde de Jean-Luc LAGARCE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« C’est comme la nuit en pleine journée, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je ne retrouve personne. »

Louis rend visite à sa famille pour la première fois depuis des années. Il retrouve sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et sa belle-sœur Catherine. Il a l'intention de leur annoncer sa maladie et sa mort prochaine irrémédiable, mais son arrivée fait ressurgir souvenirs et tensions familiales. Chacun exprime divers reproches et tout se joue alors dans les interstices, dans les silences, les répétitions. Ce qu'on dit, ce qu'on ne dit pas, ce qu'on pense que l'autre pense, ce qu'il ignore. Tout est subtil, lié aux blessures de l'enfance, au fait de se sentir aimé ou pas, rejeté, mis à l'écart, mis en valeur. Quoiqu'il arrive, rien n'est évident tant les relations familiales restent complexes et tant le langage est limité pour exprimer les vagues du conscient et de l'inconscient entremêlées étroitement.

Les êtres se frôlent certains haussent le ton comme Antoine, d'autres se taisent comme Louis, plus discret. Catherine pourrait incarner l'équilibre celle qui rassemble et comprend. Mais c'est la mère qui finalement sera clairvoyante quand elle dira : « […] la journée se terminera ainsi comme elle a commencé, / sans nécessité, sans importance. »

Mes réticences :

A la première lecture, je me suis perdue, et ce n'est qu'une fois que j'ai vu la magnifique adaptation de Xavier Dolan avec ces acteurs exceptionnels que j'ai mieux compris les enjeux de la pièce.

Bilan :

Un texte fort qui vibre longtemps ...

« Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier. / Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai. »

Publié dans Théâtre

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Le ver à soie de Robert GALBRAITH

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors que l'écrivain Owen Quine vient de terminer son dernier manuscrit et que celui-ci fait grand bruit dans le monde de l'édition qu'il peint au vitriol, il disparait mystérieusement. Cormoran Strike est chargé de l'enquête par sa femme, inquiète. Cette disparition aurait-elle un lien avec ce roman sulfureux ?

Il s'agit du deuxième tome des enquêtes de Cormoran Strike, détective privé unijambiste, fils d'une rock-star et affublé d'une jeune secrétaire ambitieuse mais aux prises avec un petit ami jaloux de ce travail trop prenant à son goût.

Après s'être intéressé au monde de la mode dans L'appel du coucou, l'auteur nous plonge ici dans monde de l'édition, tout aussi nébuleux, peuplé d'êtres torturés à l'égo démesuré.

Ce que j'ai moins aimé :

- Des longueurs.

- Des personnages toujours aussi stéréotypés.

- Une fin assez prévisible.

Bilan :

Un bon moment de lecture malgré tout.

 

Vous aimerez aussi : le premier tome L'appel du coucou

Publié dans Roman policier Europe

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Mais quand le soleil baisse, une joie confuse, une joie de tout mon corps m’envahit. Je m’éveille, je m’anime. À mesure que l’ombre grandit, je me sens tout autre, plus jeune, plus fort, plus alerte, plus heureux. Je la regarde s’épaissir, la grande ombre douce tombée du ciel : elle noie la ville, comme une onde insaisissable et impénétrable, elle cache, efface, détruit les couleurs, les formes, étreint les maisons, les êtres, les monuments de son imperceptible toucher.
Alors j’ai envie de crier de plaisir comme les chouettes, de courir sur les toits comme les chats ; et un impétueux, un invincible désir d’aimer s’allume dans mes veines.

Yves Bonnefoy
1923-2016
Poésie et photographie, Éditions Galilée, 2014.

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace !

Anna de Noailles
1876 - 1933
« La vie profonde », Le Cœur innombrable, 1901

Publié dans Poésie française

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Après les chiens de Michèle PEDINIELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En faisant son jogging sur les hauteurs de Nice, Ghjulia Boccanera découvre le cadavre d'un jeune Erythréen. L'enquête est confiée à son ex le commandant Santucci, mais comme cela n'avance pas assez vite au goût de la jeune femme, elle mène elle-même des investigations en parallèle pour retrouver la famille du jeune homme, un réfugié. De plus, elle accepte une enquête liée à la disparition de Melody une jeune lycéenne. Un autre récit se superpose à celui de Ghjulia : celui d'un jeune garçon qui à l'automne 43 fait passer des juifs de la France à l'Italie.

D'un ton décalé atypique, l'auteure nous parle de racisme, d'antisémitisme, du rapport à l'autre, mais aussi d'entraide que ce soit entre voisins, entre amis, entre membres d'un réseau... Si le personnage de Ghjulia Boccanera doit beaucoup à l'attachement immédiat que l'on ressent pour le roman, un autre personnage omniprésent a son rôle à jouer : la ville de Nice, véritable protagoniste qui insuffle définitivement à cette série un attrait original.

Une série à découvrir !

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Aube

Du même auteur : Boccanera (A noter que je n'avais pas lu le premier tome des aventures de Ghjulia mais que cela ne m'a nullement gênée. )

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Voilà
le monde reste beau
impunément
il n’a pas peur
du noir
il coule de source
toujours

Zéno Bianu
« Pérégrinations du Pierrot solaire »

Publié dans Poésie française

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