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Le goût du Grand Nord

Publié le par Hélène

                         

♥♥♥

Présentation de la collection :

Depuis 2002, cette petite collection présente des anthologies littéraires consacrées à des villes, des régions, des pays ou des thèmes variés. Cela permet de découvrir des auteurs, des oeuvres, des idées sur un thème ou un pays précis. Parmi les derniers parus par exemple : Le goût de la Russie ou encore Le goût des vaches !

Pour plus d'informations : Mercure de France 

J'ai choisi un thème de saison pour découvrir cette collection : Le goût du Grand Nord

Ce que j'ai aimé  :

Le Grand Nord comprend bien sûr les glaces de l'Arctique, mais également les terres qui l'entourent : Sibérie, Alaska, Grand Nord canadien. Les textes choisis par Anne-Marie Cousin se regroupent autour de de trois grands thèmes : 

- les Couleurs du pôle  qui prouve que le grand Nord ne se résume pas au blanc de la neige, la neige prend aussi des teintes grisâtres, et les aurores boréales peuvent se transformer en une symphonie de couleurs.

Où est le pôle ?  présente quelques expéditions légendaires vers cette terre des confins dont les noms de ville comme Vladivostok sont imprégnés d'un imaginaire collectif dense. 

- Enfin la dernière partie Vivre dans le Grand Nord s'intéresse aux habitants de ces contrées du bout du monde : les Inuits, peuple aux ressources inépuisables et inventives. Le lecteur apprend ici comment fabriquer un igloo, comment chasser le phoque, et surtout comment survivre dans des températures aussi glaciales.

Smithsonian National museul of Natural History (Washington USA) Photo @Bryan and Cherry Alexander Photography

Elément plus sordide de l'histoire du Grand Nord, il sera aussi question de la Kolyma où Staline avaient relégués les éléments hostiles au régime.

Le mélange des genres, la rencontre d'écrivains aux horizons très différents comme Vassili Golovanov, Cédric Gras, Fridtjof Nansen, Grey Owl, Gontran de Poncins, Jean Malaurie, Andreï Makine, Varlam Chalamov, Jack London, Pete Hoeg, Jorn Riel permettent d'aborder ces territoires selon différents points de vue. Ce faisceau de textes crée ainsi une image vivante et enrichissante de ces territoires du bout du monde. 

Ce que j'ai moins aimé :

Les textes sont courts, de fait le recueil est lui aussi très court (103 pages) pour un prix de 7.80 euros.

Vous aimerez aussi :

Sur le même thème :  Profondeurs glacées de Wilkie COLLINS ;  Au nord du monde de Marcel THEROUX ;Dans les forêts de Sibérie de Sylvain TESSON ;  La maison de mes pères de Jorn RIEL  ; La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL ; Imaqa de Flemming JENSEN ; Un petit détour et autres racontars de Jorn Riel

 

Le goût du Grand Nord, textes choisis et présentés par Anne-Marie Cousin, Mercure de France, avril 2014, 7.80 euros

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Le radis de cristal de MO Yan

Publié le par Hélène

♥♥

Prix Nobel de littérature 2012

Ce que j'ai aimé :

Le radis de cristal : Dans la campagne chinoise, le jeune Noiraud est livré à lui-même. Privé de paroles, il communique difficilement avec les campagnards durs et souvent violents à son égard. Il trouve du réconfort auprès de dame Nature, lové au creux des champs de chanvre ou bercé par la rivière. Ses sensations sont décuplées au contact de cette mère nourricière et il parvient alors à saisir le bruit infime des insectes, le roulement des flots de la rivière, le mouvement minuscule des poissons.

 "Sur la berge vacillaient les ombres grêles des petites bêtes en chasse. Elles produisaient un son qui avait la légèreté du duvet et qui parcourait la musique de la rivière comme un  long fil argenté." p. 87

Le chant de l'hirondelle ou le vent dans les herbes emplissent son coeur et son âme de sérénité, lui permettant d'oublier la violence omniprésente. L'enfance de Noiraud oscille sans cesse entre animalité sauvage et poésie peuplée d'instants d'éternité.

Il travaille chez un forgeron qui n'est pas tendre avec lui, et même s'il reçoit la protection d'une jeune femme nommée Chrysanthème, il reste un jeune chiot sauvage capable de mordre s'il se sent attaqué. Dans une campagne rustre, dure, il est souvent battu et blessé. Seul ce rapport harmonieux avec la nature lui permet de survivre. 

Le déluge : Le narrateur évoque la jeunesse de son grand-père, installé dans les marais avec sa femme enceinte. Alors que l'enfant va bientôt voir le jour, les eaux montent autour d'eux et charrient avec elles des créatures fantasmagoriques étranges... 

L'univers de Mo Yan est peuplé de personnages presque fantômatiques, habités par des visions rédemptrices ou inquiétantes, créant ainsi un récit au charme onirique atypique.  Le radis noir est le premier roman de l'écrivain, contenant en germe les thèmes et personnages qui constitueront son oeuvre. 

Ce que j'ai moins aimé :

Un univers atypique, souvent violent et quelquefois morbide.

Présentation de l'éditeur :

Picquier

Vous aimerez aussi :

Policiers chinois : La danseuse de Mao de Qiu XIAOLONG ; Les neuf dragons de Michael CONNELLY ; 

Romans chinois : Le goût de la pluie de Shi ZHECUN ; Quand reviennent les âmes errantes de François CHENG ; Une canne à pêche pour mon grand-père de GAO XINGJIAN ; Toutes les nuits du monde de CHI Zijian

Jeunesse :  Dragons et dragon de Marie SELLIER et Catherine LOUIS ; 

D'autres avis :

Babélio

 

Le radis de cristal, Mo Yan, récits traduits du chinois par Pascale Wei-Guinot et Wei Xiaoping, Picquier, 2000, 6.5 euros

Publié dans Littérature Asie

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Petites coupures à Shioguni de Florent CHAVOUET

Publié le par Hélène

♥♥

Prix Fauve polar SNCF au festival d'Angoulême 2015

Ce que j'ai aimé :

Dans une ville fictive nommée Shioguni, à la nuit tombée, des yakuzas viennent réclamer leur dû à un restaurateur. Une jeune fille témoin s'enfuit en taxi. Commence alors une course poursuite endiablée dans une ville japonaise tentaculaire. Les policiers enquêtent aussi sur l'agression du restaurateur, mais découvrent rapidement que la simplicité de la situation n'est qu'apparence. Les détails détonnants s'accumulant au fur des heures créent une autre réalité parallèle bien plus complexe. 

Florent Chavouet présente ici son premier récit de fiction après deux récits de voyage parfaitement réussis : Manabé Shima et Tokyo sanpo. Il reprend le graphisme utilisé dans les carnets de voyage, sorte de patchwork constitué de dessins, de documents divers et variés, de notes prises à la va-vite... Il y intègre des documents d'enquête et construit autour d'eux un enquête policière trépidante. Saturés de détails les dessins sont une mine d'informations qui permettent de rendre compte de l'atmosphère cosmopolite et vibrante de cette mégalopole japonaise. 

"Mais bon, plus rien ne me surprend maintenant. On trouve n'importe quoi dans les rues de cette ville, même des tigres !"

Un graphisme d'une grande originalité qui densifie l'aspect policier de cette bande dessinée teintée d'humour.

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut être doué en puzzle pour remettre toutes les pièces en place ! J'avoue ne pas avoir saisi à la première lecture toutes les nuances de l'intrigue...

Présentation de l'éditeur :

Picquier Editions

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Manabé Shima

Le blog de l'auteur : http://florentchavouet.blogspot.fr/

D'autres avis :

Page des libraires ; 

Jérôme ; Choco 

 

Petites couures à Shioguni, Florent Chavouet, Picquier éditions, novembre 2014, 184 p., 21.50 euros

 

Bd de la semaine que l'on retrouve cette semaine chez Stephie

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C'est dimanche et je n'y suis pour rien de Carole FIVES

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"Léonore est venue refermer les portes du passé." 

Ce que j'ai aimé :

Trois jours. Léonore se donne trois jours pour partir sur les traces de José au Portugal. Trouver sa tombe. Résoudre le passé. Laisser derrière elle les 25 ans qui l'ont anesthésiée. Trois jours pour oser vivre. Enfin.

Pendant ces jours comme en suspens dans sa vie, elle va arpenter les cimetières, rencontrer les ombres issues du passé, et se souvenir. 

"Carrés, rectangles, succession de blocs et d'angles. Je vais vers toi comme on va à la mine, dans une carrière, à la recherche de quelque trésor pierrier. Fête minérale. J'ai quitté la vallée, mes genoux ont tapé les angles de la rocaille. C'est bien fait, c'est bien fait pour moi." p. 67

Ses souvenirs l'entraîne sur la trace des émigrés portugais, venus dans les années 60 après le coup d'état de 1974 pour "s'entasser dans le plus grand bidonville de France Champigny sur Marne""La France faisait venir les Portugais pour construire des habitations, mais eux, ils n'avaient qu'à dormir dehors." ironise-t-elle. Et de constater que finalement, rien n'a changé à l'heure actuelle, et ce à cause de la crise "La nouveauté, c'est que les migrants sont tous à bac + 3 aujourd'hui..." p. 142

L'écriture de Carole Fives se teinte d'humour et de poésie pour aborder des thèmes plus graves.

Eloge de la fragilité et de la nécessité de se débarrasser des fardeaux encombrants pour avancer, ce court roman met en avant la nécessité de rayer la culpabilité de la carte mentale, d'éclairer le passé pour mieux construire l'avenir et revenir à soi, à sa vocation, à sa passion, à la vie. Un texte lumineux. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Trop court...

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Quand nous serons heureux

D'autres avis :

Charlotte ; SophieCathulu 

 

C'est dimanche et je n'y suis pour rien, Carole Fives, L'arbalète gallimard, décembre 2014, 160 p., 16.50 euros 

 

Lu dans le cadre de Masse Critique organisé par Babélio 

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Photo du mois #1

Publié le par Hélène

Je rejoins la Photo du mois : chaque mois les blogueurs qui participent publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

Le thème du mois est  Coup de Cœur, choisi par Brindille (http://brindille33.wordpress.com/)

Il s'agissait de trouver une photo dans n'importe quel domaine, photo pour laquelle nous avions un véritbale coup de coeur. Le défi était de tenter de faire venir la photo de ce mois-ci, mais il était possible également d'aller piocher dans nos archives photo. 

Je ne suis pas allée très loin, ma photo date de fin décembre, elle est une des premières prises avec mon nouvel appareil photo Nikon. Voilà pourquoi j'y tiens, j'espère qu'elle sera le début d'une longue et belle aventure à deux, entre mon Nikon et moi...

Photo du mois #1

Les autres participants :

Publié dans Photographies

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Djamilia de Tchinguiz Aitmatov

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"Oui, pour moi, c'est la plus belle histoire d'amour du monde." Louis Aragon

Ce que j'ai aimé :

Le jeune Seït vit au Kirghizistan aux confins dela montagne kirghiz et de la steppe kazakh. Il vit dans les conditions du kolkhoze aux côté de sa mère et de sa belle-soeur. Son frère est parti à la guerre. Sa belle-soeur la belle Djamilia attend un signe de ce mari lointain, en vain. Elle va alors croiser la route du mystérieux Danïar. Le jeune Seït sera témoin de leur rencontre et de la relation particulière qui s'ébauchera entre deux. 

Source : Destinaterre

Au-delà de l'histoire d'amour, ce magnifique texte loue le monde et l'art avec force et passion. Danïar est amoureux de son pays, il chante cet amour de sa terre et enchante la belle Djamilia. Le talent de Seït pour le dessin éclôt sous nos yeux, provoqué par l'envie de dire le trouble qui l'enserre, de l'extérioriser. L'art permet de magnifier le monde et les sentiments ressentis. Le lyrisme habite chaque ligne :

"Et le soir, quand nous roulions à travers le défilé, il me semblait à chaque fois que je me transportais dans un autre monde. Fermant les yeux, j'écoutais Danïar, et devant moi se dressaient des tableaux étonnamment familiers, qui m'étaient chers depuis l'enfance : tantôt, à cette hauteur où volent les grues au-dessus des yourtes, flottait le campement printanier des tendres nuages d'un bleu brumeux ; tantôt, sur la terre grondante, avec un bruit de sabots et des hennissements, c'étaient des troupeaux de chevaux sur la pâturages d'été, et de jeunes poulains, aux crinières non taillées, un sauvage feu noir dans les yeux, faisaient, fièrement et follement, en avançant, le tour de leurs juments ; tantôt sur les coteaux c'était la calme lave des troupeaux de chèvres ; c'était une cascade qui s'arrachait aux rochers, aveuglant les yeux d'une écume ébouriffée de blancheur ; tantôt, dans la steppe, par-delà la rivière, le soleil mollement descendait dans le regains d'arbrisseaux, et un lointain cavalier, à la crinière de feu, de l'horizon, on eût dit, bondissait derrière lui, pour tendre la main au soleil, et s'embourbait à son tour dans les taillis et les ténèbres." p. 88

Seït nous initie également à sa culture de l'intérieur au coeur des yourtes et de la steppe. Il plonge le lecteur dans un ravissement sans fin qui lui permet de mieux comprendre Aragon qui conclut dans sa préface  : "Merci, mon Dieu à qui je ne crois pas, pour cette nuit d'août à laquelle je crois de toute ma foi dans l'amour." 

Ce que j'ai moins aimé :

-Un peu long à démarrer.

Présentation de l'éditeur :

Folio 

D'autres avis :

Babélio 

Gangoueus 

Libération 

 

Djamilia, Tchinguiz Aitmatov, traduction de A. Dimitrieva, préface d'Aragon, Folio, 2003, 128 p., 3 euros

Publié dans Littérature Asie

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Americanah de Chimamanda Ngozi ADICHIE

Publié le par Hélène

♥♥♥

Ce que j'ai aimé :

Ifemelu a quitté très tôt son pays, dévasté par les grèves des universités ne lui permettant pas de poursuivre ses études. Elle vit depuis treize années aux Etats-Unis mais prend la décision de rentrer au pays pour retrouver son identité perdue dans un pays qui lui rappelle à chaque instant sa couleur de peau. Ce retour aux sources est prétexte à se remémorer les années passées. Son parcours met en lumière la question centrale de la race, et le racisme prégnant aux Etats-Unis, dénaturant les êtres, les dépouillant de leur identité, jour après jour,  année après année. Ifemulu retrace les difficultés pour trouver un emploi, les extrémités auxquelles les étudiants sont amenées, le quotidien témoignant de ce racisme latent, les relations mixtes, la difficulté de trouver sa place... 

Obinze, son amour de jeunesse a tenté lui aussi l'immigration, aux Etats-Unis, sans succès, puis en Angleterre, mais c'est finalement au Nigéria qu'il fera fortune. La situation au pays n'est pas vraiment plus reluisante, entre la corruption, les femmes qui se font entretenir par un homme riche, celles qui se marient par intérêt, beaucoup de souffrance transparaît dans son parcours également. 
 

Le style fluide de Chimamanda Ngozi Adichie nous emporte sur les flots mouvementés de l'émigration et de ses limites. L'auteur éclaire avec intelligence et humour le destin de ces êtres pour qui une reconstruction n'est pas toujours évidente. La fraternité, l'amitié, la famille constituent heureusement des valeurs qui leur permettront de passer outre les dificultés et d'avancer. En filigrane, l'amour, les coeurs qui battent à l'unisson malgré la distance et les obstacles constituera aussi un moteur essentiel du destin des personnages.

Ce que j'ai moins aimé :

Rien.

Présentation de l'éditeur  :

Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'hibiscus pourpre ; Autour du cou

Autre : Sourires de loup de Zadie Smith

D'autres avis :

Babélio 

Télérama  ; Page des libraires

Leiloona  ; Clara 

 

Merci à l'éditeur.

 

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, traduit de l'anglais (Nigéria) par Anne Damour, décembre 2014, Gallimard, 528 p., 24.50 euros

 

Publié dans Littérature Afrique

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Pablo de Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE

Publié le par Hélène

♥♥♥

"Un soir, j'ai assis la beauté sur mes genoux.

- Et je l'ai trouvée amère.

- Et je l'ai injuriée."

Rimbaud

Ce que j'ai aimé :

Cette série présente le quotidien de Picasso à Montmartre de 1900 à 1912.

Le point de vue proposé est celui de Fernande, celle qui sera le premier amour de Picasso et dont il réalisera une centaine de portraits. Nous suivons tout d'abord parallèlement les histoires du jeune Pablo fraîchement arrivé l'Espagne, et de Fernande qui vient de se marier et va vite vivre un enfer conjugal. Le premier tome se terminera par leur rencontre au Bateau Lavoir, quand Fernande sera devenue modèle pour les peintres.

                            

Puis l'hiver 1904-1905 arrive et Picasso rencontre Apollinaire, le poète ami des peintres. Une amitié sincère naîtra entre les deux hommes. Le troisième salon d'automne consacrera le succés des fauves quand Picasso est lui fasciné par Ingres et de son "Bain turc". Gertrude et Léo Stein achètent des toiles à Picasso et le convient à des soirées que fréquentent déjà de nombreux artistes. Le CM, cher Maître Matisse à la vie si bien rangée fait de l'ombre à Picasso.

Le troisième tome commence en Espagne en mai 1906 où Picasso a emmené Fernande. De plus en plus jamoux, il s'exile dans un petit village perdu dans la sierra pour préserver Fernande des mauvaises rencontres. Picasso est habité par un génie créateur, mais ils doivent rentrer à Paris précipitamment. Picasso travaille à "son grand bordel" et est obsédé par l'art des fangs, par les têtes ibériques, les femmes nues. Sa folie créatrice et sa personnalité torturée le place aux antipodes de la vie posée et harmonieuse de Matisse son grand rival qui triomphe avec son "Nu bleu". Apollinaire quant à lui tombe fou amoureux de Marie Laurencin ce qui apporte de l'équilibre dans l'âme de cet artiste habité.

La gloire arrivera dans le tome 4 porté par la naissance du cubisme et du "bordel" devenu le célèbre "Les demoiselles d'Avignon".

                          

"C'est une bombe, un concentré de tout ce qui n'a pas encore été peint : la peinture de l'avenir."

L'histoire de Picasso est aussi prétexte pour peindre cette époque virevoltante, cette émulation intellectuelle et culturelle des artistes, cette bohème enivrante. 

Une réussite !

Présentation de l'éditeur :

Dargaud 

                   

Vous aimerez aussi :

D'autres albums de Oubrerie :  Aya de Yopougon ;   Zazie dans le métro 

Blog de Oubrerie 

Présentation Julie Birmant

D'autres avis :

Jérôme 

 

 

Pablo, Max Jacob, Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud, environ 17 euros le tome

 

Chez Noukette cette semaine.

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Les temps sauvages de Ian MANOOK

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"Les choses ne sont jamais ce qu'elles sont vraiment si tu les regardes de trop près, petite soeur. La steppe est immense, mais ton regard doit l'envelopper et la parcourir d'en haut comme le vent. Comme la vie." p. 387

Ce que j'ai aimé :

Yeruldelgger revient ! Bon il n'est pas en grande forme dans cet opus, un brin désabusé, l'enseignement des moines s'éloignant à grand pas de son esprit rattrapé par la violence extérieure. Etat d'esprit qui est relativement monnaie courante chez les enquêteurs du nord il faut bien le dire, que l'on parle de Wallander, Varg Veum, Erlendur, Harry Hole...- Heureusement, pour contrebalancer cette morosité Yeruldeggerienne, la jeune Oyun, sa collègue tombe dans les bras d'un beau militaire qui sent bon le sable chaud et ses sens -et son bon sens- vont être malmenés par ce bel hidalgo.

Pendant que Oyun se concentre sur une découverte macabre, Yeruldelgger enquête sur le meurtre d'une ancienne associée et sur la disparition de son fils d'adoption et de Gantulka rencontré dans le premier tome. Les chapitres s'enchaînent, dynamiques, fluides, beaucoup moins violents que dans l'opus précédent. L'enquêteur désabusé traque ses vieux démons et la piste le mène jusqu'en Russie, et même en France, dans le port du Havre. 

Si Yeruldegger est en petite forme, ce n'est pas le cas de Ian Manook dont l'humour et la bonhomie illuminent chaque page. Ses dialogues sont dignes de Audiard :

"- Et qui te dit que j'ai envie de t'entendre, chinetoque ? Les fouille-merde, je les mets pas sur écoute, moi, je les fracasse. Je vais te mettre sur la feuille de match, et pas pour réchauffer le blanc ! Je vais te montrer qui c'est, Rebroff. Aux quatre coins de la toundra qu'on va te retrouver, congelé par petits bouts, façon glace pilée. Moi quand on cherche le brassage, je cogne plus : je slap shot, je drop le puck, je pète la rondelle !

- C'est quoi, ce numéro de hockeyeux à deux kopecks ? Tu ne peux pas lui fracasser un genou sans faire ton cirque ?

- Désolé, monsieur Orlov, s'excusa le géant en triturant sa crosse. C'était juste pour le psychologique. Je veux dire pour la préparation, quoi. La préparation psychologique, vous savez..." p.294

Il nous fait partager sa joie de vivre et nous invite à savourer tous les plaisirs, qu'ils soient culinaires, nous donnant envie de découvrir les spécialités de Mongolie comme les kuushuurs ou les buzz, des raviolis de mouton "Ses raviolis avaient juste la bone taille pour être engloutis d'une seule généreuse bouchée gourmande, et la pâte avait la bonne consistance pour rester en bouche chaude et fumante et ne gicler son gras bouillant qu'au premier coup de dents et ainsi libérer la farce de viande." p. 105 ou encore les spécialités de nos régions normandes -plus accessibles - (brandon à la crème patissière parfumée au vieux calva, galette au sucre, tripes), ou qu'ils soient plus sensuels, agrémentés de dentelle...

En résumé dans ces temps sauvages, vous trouverez des militaires qui sentent bon le sable chaud, des professeurs lettrés, des inspecteurs en sous-vêtements, des méchants, des loups, des yacks qui tombent du ciel, un rapace prénommé Voltaire, des dzüüds glacials, et vous rugirez de plaisir dans cette atmosphère si jubilatoire !

A consommer san modération !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien ! 

Présentation de l'éditeur :

Albin Michel 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Yeruldelgger 

Autre : Le dernier lapon de Olivier Truc 

Sur la Mongolie : Ciel bleu de Galsan TSCHINAG ; Chaman de Galsan TSCHINAG 

D'autres avis :

sur Babélio

 

Les temps sauvages, Ian Manook, Albin Michel, février 2015, 528 p., 22 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Je m'ennuie de Michael Ian BLACK et Debbie RIDPATH OHI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Mon avis :

Une petite fille s'ennuie.

               

Quand elle rencontre une patate elle pense alors avoir trouvé là une solution à son ennui. Mais la patate s'ennuie aussi, elle aimerait s'amuser avec un flamant rose. La petite fille va alors lui prouver qu'une petite fille est bien plus amusante qu'un flamant rose !

Les illustrations sont punchy, à l'image de cette petite fille imaginative - comme tous les enfants -, capable de s'amuser d'un rien si tant elle qu'elle veut bien s'en donner la peine !

A conseiller pour les p'tits bouts râleur !

Présentation de l'éditeur :

Seuil 

Vous aimerez aussi :

Album jeunesse

D'autres avis :

Sur Babélio

 

Je m'ennuie, Michael Ian Black Debbie Ridpath Ohi, Seuil jeunesse, 2013, 40 p., 13.50 euros

 

Lu dans le cadre du Challenge je lis aussi des albums, le thème du mois était "Les sentiments"

Publié dans Jeunesse Album

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