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Lectures de l'été

Publié le par Hélène

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Quelques idées de lectures estivales de livres lus avant le blog et beaucoup appréciés :

 

Wilkie COLLINS Armadale : Huit cents pages de frissons et d'égarements garantis.

 

Franck CONROY Corps et âme : La musique au coeur du roman...

 

Jim FERGUS 1000 femmes blanches : En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire

présent de 1000 femmes blanches à marier à 1000 de ses guerriers afin de favoriser l'intégration.

 

Ken FOLLETT Les piliers de la terre : Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre.

 

Arthur GOLDEN Geisha : À neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir à Kyoto.

 

Barbara KINGSOLVER Un été prodigue : de beaux portraits de femmes

 

Sharon MAAS Noces indiennes : un beau roman indien

 

Kenizé MOURAD De la part de la princesse morte : Ceci est l'histoire de ma mère, la princesse Selma, née dans un palais d'Istamboul." Ce pourrait être le début d'un conte ; c'est une histoire authentique qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l'Empire ottoman. Selma a sept ans quand elle voit s'écrouler cet empire.

 

Eden ROBINSON Les esprits de l'océan : Perdue parmi les ombres froides des côtes de Colombie britannique, Kitamaat est la principale localité de la réserve indienne des Haislas. C'est dans ce village du bout du monde, là où la terre glisse à la rencontre de l'océan Pacifique, qu'est ancré le roman d'Eden Robinson.

 

Zadie SMITH De la beauté

 

 

Guy VANDERHAEGHE La dernière traversée : En 1871,deux frères Anglais Charles et Addington Gaunt quitte l'Angleterre pour s'embarquer vers l'inconnu,c'est à dire vers des terres hostiles au fin fond du Montana

 

Policiers :

 

Rennie AIRTH Un fleuve de ténébres

 

 

Patrick BARD La frontière

 

Georges CHESBRO Bone

 

Robert CRAIS L'homme sans passé

 

Joseph FINDER Paranoïa

 

Karin FOSSUM Celui qui a peur du loup

 

  Elisabeth GEORGES Un nid de mensonges

 

Steve HAMILTON Ciel de sang

 

Kirk MITCHELL La morsure du lézard

 

Deon MEYER L'âme du chasseur

 

  

Peter ROBINSON Froid comme la tombe 

 

Ian RANKIN La colline des chagrins

 

Charles WILLIAMS Fantasia chez les ploucs

 

Fred VARGAS L'homme à l'envers

 

Et aussi :

 

 

   

Idées cadeaux

 

Si vous voyagez

 

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Chaque geste que tu fais de David MALOUF

Publié le par Hélène

chaque geste que tu fais

  L’auteur :

Considéré comme l'un des plus grands auteurs australiens et l'un des écrivains anglo-saxons contemporains les plus importants, David Malouf (77 ans) se distingue autant par ses qualités de styliste que par son talent de conteur. Son œuvre, où alternent romans et nouvelles, a été publiée chez Albin Michel : Harland et son domaine, Ce vaste monde (Prix Fémina étranger 1991), Je me souviens de Babylone, Dernière conversation dans la nuit et L'Etoffe des rêves. Une œuvre couronnée par de nombreux prix à travers le monde.                                              

Rançon, son nouveau roman, paraîtra chez Albin Michel en 2013. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Un jeune homme partant à la guerre tente de comprendre quelle est sa véritable place dans le monde qu’il s’apprête à quitter ;  une partie de chasse met à nu les secrets de chacun ; un compositeur voit sa vie prendre des allures de cantate complexe ; une femme se souvient de son bonheur passé au bord d’une piscine italienne ; une veuve essaye de garder le contrôle de sa vie … 

Dans les sept nouvelles bouleversantes qui composent ce recueil, David Malouf, l’un des plus grands auteurs australiens contemporains, nous laisse entendre des hommes et des femmes étrangement seuls, face à un passé enfoui et un présent à décrypter. 
Puissamment enraciné dans les paysages et les réalités d’une Australie magnifiée, ce livre poignant résonne comme une exploration de ces mondes intérieurs qui nous séparent et nous relient les uns aux autres. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

Le rythme lent et presque aérien de ces nouvelles provoque deux réactions contradictoires : ou le lecteur tombe sous le charme, comme pour la première nouvelle, ou il décroche totalement, comme pour les dernières nouvelles. Une aura magique affleure à la lecture de certaines nouvelles comme « La vallée des Lagons », « Enfant soldat », textes s’attachant à traquer le moment diffus où un homme bascule vers un autre lui-même. Les hommes et les femmes peuplant le monde de David Malouf sont des êtres tangents, indistincts, diffus, qu’une brume suffit à effacer. Je ne pense pas qu’ils habiteront longtemps mon esprit…

 Premières phrases :

« En cours élémentaire à l’école primaire, la seule magie de son nom m’attirait.

C’est là, juste à cinq heures au sud par une bonne route de terre, que toutes les rivières de notre coin du Queensland prennent leur source : tous les courants grossis d’eau de pluie et de cascades dans les forêts pluviales du Great Divide avant de plonger et de se réunir pour écouler leur large flot bourbeux jusqu’ à la côte ; tous les cours d’eau paisibles qui serpentent vers l’intérieur des terres à travers les plaines truffées de termitières puis roulent nord, nord-ouest jusqu’au Channel Country où ils se divisent pour aller se perdre dans les laisses de vase et de marécages de mangrove du golfe de Carpentarie. »

 Vous aimerez aussi :

Le lanceur de couteaux de Steven MILLHAUSER 

 D’autres avis :

Jostein Yves Mélopée  

Chaque geste que tu fais, David Malouf, traduit de l’anglais (Australie) par Nadine Gassie, Albin Michel, mai 2012, 317 p., 22 euros

  Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Océanie

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L’appel des origines de CALLEDE et SEJOURNE tome 2

Publié le par Hélène

                                          appel-des-origines_2.jpg

  ♥ ♥

"Nous sommes si peu de choses... poussières devant l'éternité..." 

 

 Les auteurs :

Callède Joël

Auteur vivant à Bayonne, Joël Callède a suivi des études d’histoire avant d’entrer à l’IUFM. Mais son amour de la BD est plus fort qu'une carrière dans l'éducation nationale et il décide de se lancer. Il signe le scénario de Comptine d’Halloween chez Delcourt, série dessinée par Denys. Il fait ensuite la rencontre de Gihef et en 2004 ils signent Enchaînés chez Vents d’Ouest, dont la deuxième saison a repris en 2010. Suivront plusieurs séries : Tatanka et Dans la Nuit chez Delcourt, Haute Sécurité, Damoclès et Asthénie chez Dupuis. Il participe également à l'aventure XIII Mystery parrainée par Van Hamme. Son album paraîtra en 2013. En 2011, il lance avec Gaël Séjourné au dessin la série L'Appel des Origines.

Séjourné Gael

Gaël Séjourné est né en 1966 à Saint-Nazaire. Après des études d'Arts Plastiques, il se lance comme graphiste dans une maison d’édition spécialisée dans la sécurité routière, où il travaille toujours. Après sa rencontre avec Serge Perrotin et grâce aux conseils de Crisse, il publie Lance Crow Dog en 1998 (5 tomes). Il publie ensuite la série Tatanka (5 tomes) avec Joël Callède. En 2010 il signe le tome 2 du Jour J, avec Pécau et Duval.

(Présentations de l’éditeur)

 

L’histoire :

La vie d'Anna a radicalement changé : exit la petite serveuse de Harlem, place à la belle comédienne sur le pont d'un paquebot à destination de l'Afrique ! L'amour infini qu'elle ressent pour Simon, son rôle de vedette de cinéma, les discussions passionnantes avec le professeur Bradley : Anna est emportée dans un tourbillon de sensations nouvelles et exaltantes. Elle se laisse surtout bercer par l'espoir immense de retrouver son père, tandis que les autres membres de l'expédition découvrent des images d'un autre genre de père : l'un des premiers hommes de l'humanité… Mais ce retour aux origines ne sera pas sans blessures. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

Le premier tome regorgeait de promesses que déçoit quelque peu de deuxième opus. Il nous emmène sur les terres africaines où les paysages grandioses cachent aussi une violence sauvage surprenante.

 Mais l’histoire de cœur entre l’héroïne et le fade Simon est devenue lassante et banale, entre jalousie et intérêt pécuniaire, et elle a tendance à grever un scénario pouvant s’échapper vers d’autres sphères plus originales et enrichissantes.

"Je n'arrive plus à parler à Simon, et n'attends plus grand-chose de notre histoire... Il m'a terriblement déçue... profondément blessée... Je le soupçonne de s'être joué de moi, de mes sentiments, depuis le début... Et je ne peux empêcher cette terrible question de ma hanter... M'a-t-il véritablement aimée ?..." (p. 50)

Anna croise pourtant la route de personnages bien plus hauts en couleurs, comme Karen Blixen et Denys Finch-Hatton, avec qui Karen Blixen vivra une romance passionnée racontée dans son roman "Out of Africa". Elle est surtout campée sur un territoire berceau de l'humanité qui méritait à mes yeux une profondeur toute autre... 

Il faudra attendre le tome 3 pas encore paru pour se faire une idée définitive sur cette BD…

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 Vous aimerez aussi :

 L'appel des origines tome 1 de CALLEDE ET SEJOURNE

Africa Dreams tome 1 L’ombre du roi de Frédéric BIHEL, Jean-Charles CHARLES et Maryse CHARLES

 D’autres avis :

Brize 

 

L'Appel des origines,  Tome 2, Nairobi, Scénariste Joël Callède , Dessinateur Gael Séjourné , Vents d’ouest, janvier 2012, 56 p., 13.90 euros

 

BD Mango bleu

 

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Idées cadeaux de Pierre Frémaux

Publié le par Hélène

Présentation :

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Pierre Frémaux est le co-fondateur de Babelio.com le premier réseau social culturel dédié exclusivement aux livres et aux lecteurs, qui réunit 50 000 membres et plus de 1 000 000 de visites par mois ...
Pierre est titulaire d’une maîtrise de philosophie, diplômé d’HEC et du Mastère Droit et Administration de l’Audiovisuel de la Sorbonne. 

  

Mes questions :

 

 Pourquoi offrir un livre ?

 

Cela pourrait sembler être une stratégie de l’évitement mais je dirais en toute sincérité qu’il y a probablement autant de livres que de raisons d’offrir un livre. Votre questionnaire n’en est il pas la preuve ?

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

 

L’invention de Paris de Eric Hazan

 

Un livre qui donne envie de légèreté ?

 

La nouvelle pornographie de Trondheim

 

Un livre pour donner envie d'égalité ?

 

LTI, la langue du troisième Reich

 

Un livre pour donner envie de liberté ?

 

L’éloge de la fuite de Henri Laborit

 

Un livre pour donner envie de fraternité ?

 

Le mort qu’il faut de Semprun

 

Un livre pour donner envie de festivité ?

 

Paris est une fête de Hemingway

 

Un livre pour donner envie de beauté ?

 

Le parti pris des choses de Francis Ponge

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

 

Budapest de Chico Buarque

 

Un livre pour donner envie de vérité ?

 

Mensonge romantique et vérité romanesque de René Girard

 

Un livre pour donner envie de volupté ?

 

Les belles endormies de Kawabata

 

Un livre pour donner envie de lucidité ?

 

 Le livre de l’intranquillité de Pessoa

 

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Publié dans Idées cadeaux

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Hiver de Mons KALLENTOFT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

  L’auteur :

Mons Kallentoft est né en 1968 en Suède. Journaliste et auteur, il a déjà publié cinq romans qui ont reçu de nombreux prix. Vendus à 50 000 exemplaires en France et traduits en plusieurs langues, Hiver, Été et Automne ont connu un succès retentissant dès leur parution.

 L’histoire :

Mardi 31 janvier, 7 h 22. Il fait encore nuit à Ôstergôtland. Cet hiver est l'un des plus froids que l'on ait connus en Suède. Ce matin-là, Malin Fors et ses collègues de la criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, pendu à une branche d'arbre. Mais comment diable cet homme a-t-il atterri ici ? Meurtre ? Suicide ? Et d'où viennent ces étranges blessures qui recouvrent son corps ? D'indice en indice, de nouveaux personnages apparaissent : les trois frères d'une certaine Maria, suspectés de viol ; Joakim et Markus, deux adolescents pas très nets ; Valkyria et Rickard Skoglôf, deux marginaux adeptes de cultes vikings. Les policiers sont perplexes. Pour la première fois en France, le public est invité à faire la connaissance de la célèbre Malin Fors, qui compte déjà des millions de fans en Scandinavie.

 

Ce que j’ai aimé :

 « La célèbre Malin Fors » est effectivement une femme attachante, à fleur de peau, affublée de fêlures savamment dosées. Elle flirte avec l’alcool quand sa solitude et ses angoisses se font trop insistantes, mais réussit néanmoins à assumer son rôle de mère divorcée. Aux prises avec les émois amoureux de sa fille adolescente, elle parvient à garder le cap tout en menant l’enquête sur cet homme retrouvé pendu pour d’obscures raisons.

Le dit-homme pendu nous adresse la parole d’outre-tombe, procédé original qui agrémente les pages d'une aura surnaturelle...

 L'enquête nous emmène sur diverses pistes et se joue du lecteur avec délices.

Et enfin, la résolution de l'intrigue explore les côtés sombres de l'âme humaine...

En conclusion, un roman policier qui ne déçoit pas, bien ficelé...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 Premières phrases :

« Ne me frappez pas.

Vous entendez ?

Laissez-moi tranquille.

Non, non, ouvrez-moi la porte. les pommes, l'odeur des pommes. Je la sens."

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Eté

Autre : Roman policier nordique  

 

D’autres avis :

 Cuné ; Stephie ; Pimprenelle ; Mimi Pinson 

 

Hiver, Mons Kallentoft, Le serpent à plumes, novembre 2009, 483 p., 24.40 euros

POCHE : Hiver, Mons Kallentoft, Points, septembre 2011, 7.90 euros

 challengeQuatreSaisons

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Rhinocéros de Eugène IONESCO

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

« Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas ! » (p.246)

 

L’auteur :

Né à Slatina (Roumanie), le 13 novembre 1909. Né d'un père roumain et d'un mère française, Eugène Ionesco passa sa petite enfance en France. Il y écrivit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie et un « drame patriotique ». En 1925, le divorce de ses parents devait le conduire à retourner en Roumanie avec son père. Il fit là-bas des études de lettres françaises à l'université de Bucarest, participant à la vie de diverses revues avant-gardistes.
En 1938 il regagnait la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre qui l'obligea à regagner la Roumanie. C'est en 1942 qu'il devait se fixer définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.
En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Échec lors de sa création, cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces du dramaturge. Citons, entre autres, La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance. Viendront ensuite Le Roi se meurt (1962), La Soif et la Faim (1964), Macbeth (1972).
Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes, Eugène Ionesco connut à la fin de sa vie cette consécration d'être le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade.
Eugène Ionesco fut élu à l'Académie française le 22 janvier 1970, par 18 voix contre 9 à Jules Roy, au fauteuil de Jean Paulhan. Il fut reçu par le professeur Jean Delay, le 25 février 1971.
Mort le 28 mars 1994. (Source : Académie française)

 L’histoire :

 Rhinocéros est la pièce la plus riche de Ionesco. Elle ne perd rien de l'esprit d'innovation, de provocation, des premières pièces. Comme elles, celle-ci mélange les genres et les tons, le comique et le tragique. Mais l'innovation principale qui s'introduit ici est la réflexion sur l'Histoire, à travers le mythe. La pièce est une condamnation de toute dictature (en 1958, on pense au stalinisme). Ionesco condamne autant le fascisme que le communisme. C'est donc une pièce engagée : « Je ne capitule pas », s'écrie le héros.

Le rhinocéros incarne le fanatisme qui « défigure les gens, les déshumanise ». On sent l'influence de La Métamorphose de Kafka. Dans une petite ville, un rhinocéros fait irruption. Par rapport à lui, les personnages prennent diverses attitudes. Certains se transforment en rhinocéros ; un troupeau défile. Seul Bérenger résiste à la marée des bêtes féroces, symboles du totalitarisme. (Source : éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 Les situations du début de la pièce et les conversations sont totalement absurdes, pointant également du doigt les errements liés au langage et les quiproquos que cela peut induire. Les scènes sont alors comiques, mais annoncent en filigrane le tragique à venir.

 « JEAN : Vous rêvez debout !

BERENGER : Je suis assis.

JEAN : Assis ou debout, c’est la même chose.

BERENGER : Il y a tout de même une différence.

JEAN : Il ne s’agit pas de cela. » (p. 35)

 Le langage stéréotypé ne peut rendre fidèlement compte des pensées des personnages, piégé, il n’est souvent qu’automatisme :

 « Autre syllogisme : tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. » (p. 46)

 Le débat qui sévit sur scène est le reflet de celui qui hante ceux qui ont connu la montée des idéologies totalitaires en Europe : confrontés à un débat idéologique grave, ils peuvent ou suivre la masse et devenir tous rhinocéros, ou résister comme Bérenger en prenant le risque d’être les seuls…

 « Peut-on savoir où s'arrête le normal, où commence l'anormal ? Vous pouvez définir ces notions, vous, normalité, anormalité ? Philosophiquement et médicalement, personne n'a pu résoudre le problème. » (p. 195)

 « Vous ne pouvez nier que le racisme est une des grandes erreurs du siècle. » (p. 95)

 L’absurde au sens large nous poussent à réfléchir sur le sens de l’existence et sur l'attitude à adopter face à l'hostilité du monde et à la mort inéluctable... Comme Bérenger, il faut apprendre à se révolter contre la rhinocérite, contre l'absurde d'une existence qui nous ailéne.

  « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c'est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l'échelle des valeurs devient inutile... Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c'est l'idéal de l'homme absurde » (Camus)

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

Premières répliques :

 « L’EPICIERE
Ah ! celle-là ! (A son mari qui est dans la boutique.) Ah ! celle-là, elle est fière. Elle ne veut plus acheter chez nous. »

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La cantatrice chauve

Autre : En attendant Godot de Samuel BECKETT

 D’autres avis :

 Canel

 Rhinocéros, pièce en trois actes et quatre tableaux, Eugène Ionesco, Folio, 6.95 euros 

 

Publié dans Théâtre

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Aventures en Loire de Bernard OLLIVIER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 « L’aventure est au coin de la rue. Ce n’est pas une question de kilomètres mais de regard. » (p.215)

 

L’auteur :

 Terrassé à 51 ans par la mort de sa femme, suivie d’un licenciement, Bernard Ollivier s’abîmait dans le travail pour gagner sa vie comme journaliste indépendant.

Lors de son départ en retraite, ce Normand de souche suit le chemin de Compostelle afin de réfléchir, et décider, du sens qu’il va donner à cette nouvelle période de vie. C’est pendant ces trois mois qu’il entend parler d’Oïkoten et de la réinsertion par la marche à pied.
De 1999 à 2000, sa volonté d’aller à la rencontre d’autres cultures se concrétise en nouveau projet de marche ; il suit à pied la Route de la Soie, par étapes de quatre mois et 3000 km par an entre Istanbul et Xi’an en Chine.
Pendant les mois où il ne marche pas, il écrit le récit de son voyage et la satisfaction de dépasser les limites de l’effort physique et la peur de l’inconnu.
Longue Marche devient best-seller et avec les droits d’auteur, Bernard Ollivier met en place une structure d’accueil pour faire marcher les jeunes en difficulté : Seuil. (Présentation : Babélio)

 

L’histoire :

 Des chemins intimes aux vignobles prestigieux, des châteaux dans la brume au silence des matins sur l’eau calme, Bernard Ollivier retrace une odyssée hors du commun de 1 000 kilomètres sur les bords de Loire, du mont Gerbier-de-Jonc jusqu’à Nantes. Il dessine au fil des rencontres le portrait d’un fleuve majestueux, mais aussi celui des gens qui lui ont ouvert leur porte et leur coeur. L’aventure a le goût du bonheur, même si le fleuve, comme la vie, n’est pas toujours tranquille… (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 L’aventure de Bernard Ollivier est un exemple éloquent de renouveau et de renaissance, un modèle à suivre pour ceux qui s’enferrent dans leurs soucis quotidiens et leurs maux.

  « A 70 ans, le risque est grand de considérer que c’est le bout de la route, que le trajet de vie va prendre fin. C’’est absurde. La mort nous menace autant à 10 ou à 30 ans qu’à 70 ans. Là encore, c’est une question de statistique, mais il ne faut pas s’y fier, la mort, depuis la naissance, nous attend au coin de chaque rue, même s’il lui arrive de rater son mauvais coup. Attendre l’heure, son heure ? Non, il faut vivre. » (p. 215)

 Car vivre une aventure ne signifie pas nécessairement partir à l’autre bout du monde, ce qui nous entoure mérite d’être redécouvert et contempler avec un œil neuf et poétique comme l’est le regard de l’aventurier.

 « Nul besoin, pour se dépayser, de s’envoler au bout du monde. L’important pour le voyage est de perdre volontairement ses repères pour mieux se retrouver. C’est d’aller vers de nouveaux horizons, et ils ne manquent pas dans notre environnement immédiat.» (p. 215)

 L’une des motivations de l’auteur est l’envie de partir au -devant de nouvelles rencontres enrichissantes. Chaque soir il écoute une nouvelle histoire contée par des personnes  qui lui ont ouvert leur porte bien volontiers, des hommes et des femmes accueillants, offerts à la rencontre.

  « Pour moi, le voyage, c’est d’abord la rencontre. Un voyage sans nouvelles amitiés, c’est du tourisme, et je n’en ai pas le goût. » (p. 29)

 « Mes musées à moi, ce sont les hauts fûts des arbres centenaires ou les à-pics vertigineux des montagnes, mon cinéma, le vol anarchique d’un papillon au-dessus de la prairie ou les ondulations lascives d’une truite dans l’attente patiente d’une proie. » (p.29)

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 « Nomade en Loire, je veux m’ouvrir au monde, à ses bonnes et à ses mauvaises surprises. Je prends tout. Je veux embrasser la terre entière, les arbres comme les hommes, retrouver mon humanité loin du réveille-matin ou du « 20 heures » télévisé. »  (p. 48)

  Une expérience enrichissante aussi bien pour l’aventurier qu’est l’auteur que pour son lecteur…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 L’écriture est plus journalistique que littéraire, serrant au plus près les évènements et les rencontres, sans leur laisser la place de s’épanouir en objets poétiques.

 

Premières phrases :

 « Pour une fois, il faisait beau. L’eau du fleuve était limpide. Un ragondin avait bien percé un gros trou dans le sac caché au fond du canoë, à la recherche de la nourriture que je conservais au cas où… »

  

D’autres avis :

Folfaerie, Dominique

  

Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Bernard Ollivier, Phébus Libretto, 2012 pour la version poche, 8.70 euros

  Aventures en Loire : 1.000 kilomètres à pied et en canoë par Bernard Ollivier

Publié dans Récits de voyage

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Idées cadeaux de Sophie Adriansen

Publié le par Hélène

photo sophie

 

Présentation :

 

Sophie Adriansen est écrivain, membre de la Société des Gens de Lettres. Elle participe à des jurys littéraires et tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit.

Elle a publié Je vous emmène au bout de la ligne (Max Milo 2010), Santé ! (Six façons de le dire, Editions du Moteur 2011), Trois années avec la SLA (Editions de l’Officine 2012), Un meeting (Editions StoryLab 2012), Seules les mères et les chanteuses de pop (Temps additionnel, Antidata 2012) ainsi que des nouvelles et textes dans les revues littéraires Dissonances, Pr’Ose, L’Ampoule, Bordel…

www.sophieadriansen.fr

 

  Mes questions :

 


Pourquoi offrir un livre ?

Pour dire à quelqu’un qu’on le connaît bien ; pour le faire se sentir important et unique. Un livre bien choisi, il n’y a guère de cadeau plus personnel…

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

Vous pouvez être ce que vous voulez être, de Paul Arden ; L’erreur est humaine, de Woody Allen

 

Un livre qui donne envie de légèreté ?

Les témoins de la mariée, de Didier van Cauwelaert ; Bifteck, de Martin Provost

 

Un livre pour donner envie d'égalité ?

Un écart de conduite, de Michèle Halberstadt ; Droit du sol, de Charles Masson (roman graphique)

 

Un livre pour donner envie de liberté ?

Tangente vers l’est, de Maylis de Kerangal

 

Un livre pour donner envie de fraternité ?

Les Averses d’automne, de Tuna Kiremitçi ; Les saisons de la solitude, Joseph Boyden

 

Un livre pour donner envie de festivité ?

A la folle jeunesse, Anne Scott

 

Un livre pour donner envie de beauté ?

Le musée de la sirène, Cypora Petitjean-Cerf ; Mille jours à Venise, Marlena da Blasi,

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

Les albums de la BD Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (la série compte 6 tomes) ; Cabine commune de Delphine Bertholon

 

Un livre pour donner envie de vérité ?

La ballade de Lila K, de Blandine Le Callet

 

Un livre pour donner envie de volupté ?

La Comtesse de Ricotta, Milena Agus ; La mariée mise à nu, de Nikki Gemmell

 

Un livre pour donner envie de lucidité ?

Pertes humaines, de Marc Molk ; La Part de l’autre, d’Eric-Emmanuel Schmitt

 



 

Publié dans Idées cadeaux

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Traquer les ombres de John HARVEY

Publié le par Hélène

traquer les ombres

♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 John Harvey, auteur des cycles Reznick et Elder, est l'un des écrivains britanniques les plus importants et les plus prolifiques, et l'un des meilleurs auteurs de romans de procédure policière. Son écriture sobre et lumineuse, ses personnages fouillés et attachants, la critique sociale subtile qu'il distille au fil des pages lui ont valu le Diamond Dagger Award pour l'ensemble de son oeuvre. (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

Stephen Bryan, jeune universitaire homosexuel plutôt discret, est retrouvé sauvagement assassiné dans sa salle de bains. Simple crime homophobe, comme l'Angleterre en voit hélas de plus en plus souvent ? Les inspecteurs Will Grayson et Helen Walker croient tout d'abord que Stephen a dragué la mauvaise personne, et que les choses ont mal tourné. Ou peut-être Mark, son ex-petit ami, a-t-il voulu se venger d'une rupture qui l'a laissé inconsolable ? Mais pourquoi, dans ce cas, avoir volé son ordinateur ?

Au fur et à mesure qu'ils explorent la vie de Stephen, Will, Helen et Lesley, la soeur journaliste de la victime, s'intéressent de plus en plus à cet ordinateur. Stephen écrivait la biographie de Stella Leonard, une actrice oubliée des années cinquante disparue dans des circonstances troublantes. Or la famille de Stella, riche et puissante, voyait d'un très mauvais oeil ses recherches. Jusqu'où peut-on aller pour protéger un secret ? (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Une nouvelle série de John Harvey avec deux nouveaux personnages est toujours une nouvelle réjouissante. Ainsi nous faisons la connaissance avec un nouveau couple d’inspecteurs : Will Grayson et Helen Walker, ici dévolus à résoudre le meurtre violent d’un jeune homosexuel, Stephen Bryan. En parallèle la jeune sœur de Stephen mène sa propre enquête autour du livre que préparait le jeune homme sur Stella Leonard, actrice au destin tragique. Les fines liaisons qui s’établissent entre eux créent un faisceau qui happe le lecteur incidemment.

 La violence monte crescendo pour clouer au sol le lecteur innocent dans une fin aux allures de feu d’artifice. Ames sensibles, s’abstenir…

 

Ce que j’ai moins aimé :

La vie quotidienne de Will Grayson entre son nouveau-né qui ne fait pas ses nuits, sa femme qui souhaite retravailler alors qu’il aimerait qu’elle se consacre à l’éducation de leurs enfants, leurs disputes banales et leurs réconciliations sur l’oreiller, a un côté caricatural relativement désagréable…

 « Ce soir-là, Will était une fois de plus rentré à la maison en râlant, une heure plus tard que promis, tandis que le dîner attendait dans le four, dur comme de la pierre. » (p.55)

 « Elle lui donna un coup de coude brusque dans les côtes, et Will cria plus fort qu’il n’avait réellement mal. Il roula sur le lit, l’entraînant avec lui. Leurs bouches s’unirent, et les cheveux bruns de Lorraine tombèrent sur leurs deux visages. » (p. 28)

 « Jake était à la crèche tandis que Susie s’amusait joyeusement avec cinq gobelets de couleurs vives et de différentes tailles. Elle les frappait les uns contre les autres, réussissant parfois à les encastrer, par hasard plutôt qu’intentionnellement. » (p. 422)

 Mais ce brave Will semble éprouver des sentiments ambigus pour sa belle coéquipière Helen, ce qui laisse penser que dans des prochains épisodes, son bonheur domestique risque d’être menacé (quel suspens…). Ce schéma de deux co-équipiers sur la tangente des sentiments n’est toutefois pas très original…

 

Premières phrases :

 « Will Grayson s’était réveillé peu après 5 heures, la lumière laiteuse du jour filtrant à travers les rideaux. Une heure plus tôt, peut-être davantage, Jake s’était mis à pleurer au beau milieu d’un rêve, et même si Lorraine avait gigoté à côté de lui, c’était Will qui avait repoussé les couvertures et s’était rendu à pieds nus dans la chambre attenante. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  De chair et de sang ; Cold in hand ; Le deuil et l’oubli

Autre :  Gone, Baby, Gone 

  

D’autres avis :

Blogs : Jean-Marc Laherrère ; Miss Alfie ; Dominique ; Athalie , Cynic 63  

Presse : “Subtil, puissant et imprévu.” Marie-France Rémond, Nouvel Observateur

 « Harvey excelle une fois de plus dans la conduite d’une enquête complexe. » Bruno Corty, Le Figaro Littéraire

 

Traquer les ombres, John HARVEY, traduit de l’anglais par Mathilde Martin, Rivages thriller, mai 2009, 384 p., 22 euros

POCHE : Traquer les ombres, John HARVEY, traduit de l’anglais par Mathilde Martin, Rivages poche,  512 p., 10.50 euros  

Publié dans Roman policier Europe

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Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Éric Faye, né en décembre 1963 à Limoges, est un écrivain français.

Eric Faye a publié sa première fiction, Le Général Solitude, une nouvelle, dans la revue Le Serpent à Plumes en 1992. Trois ans plus tard, il a développé cette nouvelle en un premier roman, éponyme. Ses premiers livres, parus tous deux en 1991, sont un essai sur Ismail Kadaré et un recueil d'entretiens avec cet écrivain. En 1998, son recueil de nouvelles fantastiques Je suis le gardien du phare obtient le Prix des Deux Magots. Son œuvre se partage entre des nouvelles, le plus souvent à caractère absurde ou teintées de fantastique, des romans (dont le roman d'anticipation Croisière en mer des pluies, en 1999 - prix Unesco-Françoise-Gallimard), des essais et des récits, parmi lesquels Mes trains de nuit, puisés dans des voyages à travers l'Asie et l'Europe de 1982 à 2005. Il a dirigé un numéro sur Kafka (Autrement, 1996) et pris part à l'édition des œuvres d'Ismail Kadaré aux éditions Fayard.

(Source: Wikipédia)

 

L’histoire :

Le titre est emprunté au film Casablanca : c’est en se souvenant de leur idylle dans le Paris d’avant l’occupation allemande que les deux amants réussissent à continuer à vivre, à se séparer s’il le faut et à suivre chacun son propre chemin. En puisant dans ce trou de lumière. 

Avec ce livre entièrement dédié à un sentiment, celui du « merveilleux », à sa naissance et son cours à travers la vie d’un homme – la sienne –, l’auteur nous invite à le suivre dans son propre puits de lumière. 

Nous aurons toujours Paris est conçu sous forme de boucle, on passe de l’enfance avec les premières apparitions du merveilleux – que ce soit des mots « magiques », des animaux « fabuleux », des objets magnétiques ou des situations nouvelles – à ses prolongements directs à l’âge d’homme. 

Il n’est donc pas, ou très peu, question de Paris dans ces pages. 
Mais plutôt de pérégrinations et de rencontres : du Japon à l’Afrique, et de Julien Gracq à Ismail Kadaré ou Albert Cossery, quand ce n’est pas l’ombre du toujours énigmatique B. Traven. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Trouver dans l’enfance l’écho d’une émotion adulte, tel est le fil conducteur de ce roman. Conçu comme un retour aux sources il entremêle subtilement les fils d’aujourd’hui et d’hier pour que de ces combinaisons dorés naissent ou renaissent les raisons d’une attirance particulière. Quelquefois le sentiment de merveilleux connu hier « pose des lapins », d’autres fois il est au rendez-vous, si différent tant le temps a passé qu’une seconde de pause est nécessaire avant de le reconnaître. 

« Le merveilleux, l’enchantement qui renaissent chaque matin sont les neiges éternelles de l’existence. Il faut avancer dans le temps en gardant un œil obstiné sur elles, là-haut, espérant qu’elles ne disparaîtront pas dans les brumes de chaleur et qui, contrairement à celles du Kilimandjaro, elles ne fondront jamais. » (p. 97)

Entre souvenirs d’enfance, évocations de voyages, ou rencontres marquantes, Eric Faye nous plonge dans un univers proustien au charme indéniable. 

« Des nappes profondes de l’enfance, le merveilleux refait quelquefois surface un instant, par un jeu de sources et de puits cachés. L’âge d’homme, au fond, n’est souvent rien d’autre que la quête d’une explication à ces fulgurances, à ces tout petits satori qui zèbrent notre nuit et l’enchantent. » (p. 107)

« Entre le quai fantomatique et Francfort-sur-l’Oder (la frontière), l’express n’a plus jamais ralenti. Le voudrais-je, je ne pourrais pas effacer ces deux minutes de ma mémoire. En des moments rares, le temps nous surprend à glisser, par une porte dérobée, des minutes inexplicables et pourtant capitales, lesquelles, mises bout à bout, ne doivent pas totaliser plus d’une heure ou deux dans une vie entière : collier d’instants dérisoires pour tout autre sue soi mais qui donnent et redonnent envie, comme les prières récitées en suivant les grains du chapelet, de se hisser à la hauteur de soi-même. Quelques mots singuliers entendus enfant dans la conversation des grands, quelques cartes figurant les monuments d’une cité mythique, un livre qui tombe d’un rebord de table et s’ouvre à la page du 2 mai 1950, une villa blanche qui vous rappelle l’Afrique, et un vieux poste de radio, et revoilà la légende du Rosebud, le souvenir qui imprègne le présent et dont le parfum ne se dissipe jamais, et qui aide, transforme l’avenir en un jardin vivable, comme Bogart trouve al force de quitter Ingrid Bergman en lui disant, pendant que l’avion mouline du brouillard sur la piste, We’ll always have Paris. »

 

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

Rien

 

Premières phrases :

« C’était au cœur d’un automne qui ne voulait pas devenir automne, à la fin d’un été inextinguible. C’était de nouveau dans un train. A trop vouloir deviner qui va s’asseoir à côté de vous en gare, au petit matin, vous vous trompez avec obstination. »

 

D’autres avis :

Télérama

Blogs : Mango Yves  

 

Nous aurons toujours Paris, Eric Faye, Stock, février 2009, 14.50 euros

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