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Comme ton père de Guillaume LE TOUZE

Publié le par Hélène

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♥ 

  

L’auteur :

 

Guillaume Le Touze est un écrivain français né au Havre en 1968. Après avoir exercé différents métiers, il est recruté comme maquettiste par la maison d'édition L'Ecole des loisirs, qui publie ses premiers textes pour la jeunesse en 1991. Son premier roman pour adultes suivra en 1992. Il reçoit le Prix Renaudot 1994 pour Comme ton père. Il se consacre aujourd'hui à l'écriture.

 

L’histoire :

 

Avant d'être agrandies et taillées par la main de l'homme, les grottes de Massitissi formaient de simples cavités, nichées dans la montagne d'une région d'Afrique australe. Rien ne les destinait à abriter des rites, à conserver l'écho de conversations humaines.
En 1867, des missionnaires en butte à l'hostilité des Boers y ont trouvé refuge.
A la fin du XXe siècle, un voyageur venu de France choisit, à leur suite, de s'y installer. Son fils le rejoint, quelques années plus tard. Et ces deux êtres retrouvent, en présence l'un de l'autre, des gestes d'apaisement et de vie. Ils ne se sont pas vu vieillir ; mais il importe peu, parfois, de se connaître. L'histoire qui débute avec eux appartient à notre époque.

 

Mon avis :

 

Je me souviens avoir été marquée par ce livre lors de ma première lecture il y a 10 ans environ. J’avais trouvé le rapport père-fils très finement évoqué, de façon touchante et vraie.

Malheureusement je n’ai pas retrouvé mon enthousiasme à la deuxième lecture. Les différents chapitres, l’un consacré à Paul, puis le deuxième à ses ancêtres, puis à son fils, puis à sa femme, tout cela m’a semblé trop éclaté, trop décousu pour former un ensemble cohérent. La simplicité des sentiments m’a bien sûr touchée, mais pas de façon durable, pas en profondeur, peut-être parce que justement les récits sont trop disparates pour s’imprimer concrètement dans nos âmes de lecteurs.

 

Premières phrases :

 

« Jacques,

Ecrire ton nom est un plaisir que je me suis longtemps interdit. Avant d’en tracer les lettres, je l’ai dit à haute voix et il a résonné contre la paroi rocheuse. Ici, très loin de toi, ma bouche a fait vibrer l’air des sonorités de ton nom. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

‘Ta mère de Bernardo CARVALHO

 

 

Comme ton père, Guillaume LE TOUZE, Editions de L’Olivier, septembre 1994, 218 p.,

POCHE : Comme ton père, Guillaume LE TOUZE, Points, septembre 1995, 218 p., 5.34 euros

 

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Presque mort de Ake EDWARDSON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Åke Edwardson est né en 1953. Les aventures d’Erik Winter ont été traduites dans plus de vingt langues ; elles ont reçu des distinctions dans le monde entier, dont une nomination pour le Los Angeles Times Book Prize, et ont été adaptées pour la télévision.

 

L’histoire :

Un gangster, un écrivain, un politicien et un citoyen ordinaire – sans compter ce commissaire rongé par le doute et par un mal de tête persistant. L’automne est exceptionnellement beau mais tous sont rattrapés par un sombre événement. Leurs destins se rejoignent autour de la disparition d’une jeune fille, trente ans auparavant. Tous seront confrontés à cette mort et réunis autour de cette mort.

 Presque mort est le neuvième et avant-dernier roman de la série des enquêtes du commissaire Erik Winter et de ses collègues de la brigade criminelle de Göteborg.

 

Ce que j’ai aimé :

 Ake Edwardson est un homme qui prend son temps : il parsème le chemin du lecteur de divers éléments sans rapports apparents, les laissent dériver, un à un, indépendamment, comme des particules isolées, puis, peu à peu, comme dans un puzzle, un élément s’insère dans un autre, un deuxième dans les deux autres… Un à un les éléments disparaissent, s’évaporent dans la nature ou dans la mort, et le mystère s’épaissit en même temps qu’une trame se dessine. Tout le talent de l’auteur est de réussir à rester sur le mince fil qui court entre mystère et lucidité. L’ensemble finit par créer un puzzle cohérent, très sombre, à l’image de cette Suède errant entre chien et loup.

 Erik Winter subit l’assaut de migraines infernales qui gangrènent son esprit et ses actes, comme si elles étaient le signe d’un délitement généralisé : délitement des couples aux sentiments fluctuants et incertains, délitement des mœurs, du physique en proie au temps qui passe, de la vie, qui, de fil en aiguille roule vers la mort et fait de nous, êtres humains encore vivants, des « presque morts »…

 Du grand art…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Il vaut mieux lire les épisodes dans l’ordre de façon à mieux appréhender l’histoire personnelle des protagonistes que l’on retrouve tout au long de la série…

 

Premières phrases :

 « La voiture était stationnée là, portières grandes ouverte, moteur en marche, les phares trouant la nuit jusqu’à la forteresse sur la rive du fleuve. La scène avait quelque chose d’irréel. Les chaussées de bronze étaient vides. Le ciel s’élargissait à l’ouest, rougeoyant encore de la veille, comme si le crépuscule n’avait pas voulu lâcher prise. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :

Série Erik Winter

  1. Dans med en ängel, 1997 (*) / Danse avec l'ange, 2002/ Death Angels, 2009
  2. Rop från långt avstånd, 1998 / Un cri si lointain, 2003 / The Shadow Woman, 2010
  3. Sol och skugga, 1999 / Ombre et soleil, 2004 / Sun and Shadow, 2005
  4. Låt det aldrig ta slut, 2000 /   Je voudrais que cela ne finisse jamais , 2005 / Never End, 2006
  5. Himlen är en plats på jorden, 2001 (*) / Le ciel se trouve sur Terre, 2011 / Frozen Tracks, 2007
  6. Segel av sten, 2002 / Voile de pierre, 2006 / Sail of Stone, 2011
  7. Rum nummer 10, 2005 / Chambre numéro 10, 2007
  8. Vänaste land, 2006 / Ce doux pays, 2007
  9. Nästan död man, 2007 / Presque mort, 2009
  10. Den sista vintern, 2008 / Le dernier hiver, 2010

 

Autre :

Roman policier nordique

 

D’autres avis :

Télérama ; Le magazine littéraire   

  

Presque mort, Ake Edwardson, traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeaud, JC Lattès, 2009, 476 p., 22.50 euros

 POCHE : Presque mort, Ake Edwardson, traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeaud, 10/18, 2009, 430 p.,  8.60 euros

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Premières fois de SIBYLLINE et 10 auteurs

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ 

10 récits érotiques réservés aux adultes

 

Les auteurs  :

Scénario : SIBYLLINE

Dessin : CAPUCINE "Sex shop" Olivier VATINE "Club" Cyril PEDROSA "Soumission" Jérôme d' AVIAU "Fantasme" Dave McKEAN " X-rated" Dominique BERTAIL " Sodomie" RICA " Nulle" Virginie AUGUSTIN "1+1"  ALFRED" Première fois" VINCE " 2+1" 

   

L'histoire :

Dix nouvelles racontant dix premières fois. Pas la première relation sexuelle, mais la première expérience d'un fantasme jamais réalisé. De la première relation au premier godemichet, de la première sodomie à la première poupée gonflable, dix expériences racontées du point de vue féminin. 

Les dessinateurs de ces dix récits sont Alfred, Capucine, Jérôme d'Aviau, Virginie Augustin, Vince, Rica, Olivier Vatine, Cyril Pedrosa, Dominique Bertail et Dave McKean

 

Ce que j'ai aimé :

Les premières fois permettent d'aborder des sujets divers : la première fois qu'une femme achète un gode-michet (Sex-shop), la première fois d'une relation lesbienne (1+1), première fois dans un club échangiste (Club), première fois avec un inconnu (Fantasme)... Les lieux sont eux aussi variés :hôtels, bars, sex shop, chambre à coucher... 

Sibylline nous offre une évocation assumée et intelligente de la sexualité à travers des personnages profondément humains, qui connaissent joies, solitude, séparations... Ces êtres sont touchants car ils sont vrais, simples et beaux dans leur façon libre d'assumer leurs désirs et leurs plaisirs. L'écriture féminine accouplée aux dessins masculins crée une harmonie jouissive...

 A la fois charnel, sensuel, érotique, pornographique, cet album fait montre d'une grande originalité. 

Les dessins sont eux aussi recherchés, comme dans la dernière histoire Xrated de Dave McKean une pure merveille dans lequel les frontières entre spectateur d'un film érotique et acteurs deviennent de plus en plus floues.

Un incontournable de la littérature érotique à s'offrir absolument...

"Le sexe est avant tout un échange, un moment ultime d'abandon où il faut savoir ranger sa pudeur et ses angoisses. On baise parce qu'on aime ça, que l'on se découvre et que l'on s'apprend. J'avais envie de raconter des histoires qui rappellent que le cul c'est beau, et de dire que les excés de certains sont pour d'autres une normalité tendre." (Sibylline, postface)

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien...

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Vous aimerez aussi :

Littérature érotique

 

Conseillé par Yaneck dans ses idées cadeaux  

Premières fois, Delcourt, avril 2008, 14,95 euros

 BD Mango bleu

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Publié dans Littérature érotique

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Idées cadeaux de Yaneck Chareyre

Publié le par Hélène

Présentation :

  Je m'appelle Yaneck Chareyre, j'ai trente ans, et je vis à Grenoble.

Je suis blogueur depuis presque 6 ans, et chroniqueur bd depuis 4 ans et demi. Après avoir mené un skyblog fourre-tout, un over-blog de critiques de cinéma (une carte illimitée, ça donnait envie d'aller voir des films), j'ai monté ce qui s'est d'abord appelé Mes BD à moi, et qui est devenu depuis Les Chroniques de l'Invisible (si si, il y a un sens dans ce nom, un rapport à la bd). Je mets en ligne une chronique par jour, que j'écris le plus souvent. Un contributeur a rejoint le blog il y a quelques mois, pour deux articles par mois en moyenne.

J'essaye de proposer des lectures variées, qui puissent toucher tous les publics. J'essaye de ne pas proposer de chroniques tièdes. Je veux que ça chahute, que ça donne envie de lire, ou de passer son chemin. Une critique négative bien construite me conviendra toujours mieux qu'une pataude chronique moyennement convaincu.
Il y a de la bd pour toutes les circonstances, comme ce questionnaire va vous le démontrer. Merci à Hélène pour son invitation, j'ai beaucoup aimé l'exercice."
 

Mes questions :



Pourquoi offrir un livre ?

Pour ma part j’ai deux idées : soir je veux faire connaître le media bande dessinée, en assurer la promotion, soit je veux transmettre un message particulier. Et mes connaissances hors Bd étant restreintes…

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

Je ne peux me tenir à une seule bande dessinée. Il y a trop de potentialité pour cela. Au-delà des sujets traités, il y a la partie graphique qui entre en jeu, et qui pourra braquer le lecteur si l’on fait le mauvais choix. Je m’adapte à chaque fois. Et surtout, j’évite ces daubes insultantes que sont les « guides en bande dessinée ». Mauvais dessins, histoires pathétiques, ces ouvrages-là ne méritent qu’un seul usage : alimenter le feu.

 

Un livre pour donner envie de voyager :

Voyage aux îles de la désolation par Emmanuel LEPAGE, aux éditions Futuropolis

C’est un superbe ouvrage, reportage sur un voyage réalisé par l’auteur dans les îles du pôle Sud. Il mélange aquarelles réalisées sur place, à des planches de BD écrites par l’auteur à son retour. C’est superbe, c’est intéressant, et l’on se sent vraiment partie prenante de ce voyage.

 

Un livre pour donner envie de rire :

Les Dingodossiers par René GOSCINNY et Marcel GOTLIB, aux éditions Dargaud.

Il n’est jamais évident de proposer une référence de l’humour. On pleure plus facilement des meples choses que l’on en rit. Pour ma part, ma référence, ce sont les Dingodossiers de Goscinny et Gotlib. Des gags en deux planches maximum, pleine de non-sens, frappant par la justesse du regard sur les travers de notre société d’il y a trente ans.

 

Un livre pour donner envie de philosopher :

Maus par Art SPIEGELMANN aux éditions Flammarion.

Par philosopher ; j’entends moi réfléchir. Et à ce titre, il n’y a rien en bande dessinée au-dessus de Maus. C’est LA référence. Cet ouvrage présente le regard d’un fils sur la vie de son père, survivant des camps de la mort. Tout en tenant le lecteur à bonne distance, il nous plonge dans les camps, dans l’esprit de ceux qui ont vécu ces atrocités. Sans occulter les conséquences de ces crimes sur les survivants. De la première comme de la seconde génération.

 

Un livre pour donner envie d’aimer :

Doomboy par Tony SANDOVAL aux éditions Paquet.

Une histoire d’amour, comment vivre après la mort de celle qu’on a aimé. C’est extrêmement touchant, très bien écrit, très poétique. Cette tristesse, cette passion, est vraiment bien illustrée. Les effets d’aquarelle contribuent bien à cela.

 

Un livre pour donner envie de rêver :

Petit Pierrot par Alberto VARANDA aux éditions Soleil.

Un petit bonhomme qui parle à un escargot, rejoint la lune à bord d’un livre volant… Petit Pierrot est une invitation  au rêve, à croire en eux. Ce sont des scènes ou de courtes bandes, et l’auteur développe un univers qui plaira tant aux petits qu’aux grands.

 

Un livre pour donner envie de savourer :

Les gouttes de Dieu par TADASHI AGI et SHU OKIMOTO aux éditions Glénat.

Pour tous ceux qui n’aiment pas boire du vin, ce mange est une véritable invitation à la dégustation. Les auteurs insistent sur les images que peuvent inspirer les vins, sur la profondeur de cet univers à découvrir. J’ai eu envie de déguster du vin grâce à cette série alors que je n’en buvais jamais avant.

 

Un livre pour donner envie de se révolter :

En chemin elle rencontre aux éditions des Ronds dans l’o, dirigé par Marie Moinard

Deux tomes ont été publiés, deux ouvrages collectifs sur les violences faites aux femmes. Ce sont des albums durs à lire, je n’ai pour ma part pas réussi à les terminer. Ils touchent à des sujets forts, nous mettent le nez dans la misère et la violence. Des ouvrages essentiels, nécessaires.

 

Un livre pour donner envie de se cultiver :

De cape et de crocs par Alain AYROLES et Jean-Luc MASBOU aux éditions Delcourt.

Cette série, maintenant terminée, est un hommage au théâtre, aux grands auteurs français. Cette série de cape et d’épée saura charmer le plus grand nombre avec ses références à Molière, à Racine, subtilement insérées dans une aventure trépidante et passionnante. La grande culture littéraire française, rendue abordable pour tous, voilà ce qu’est cette série.

 

Un livre pour donner envie de cuisiner :

En cuisine avec Alain Passard par Christophe BLAIN aux éditions

Voici un mélange savourant de reportage bd et de recettes de cuisine. L’auteur suit le grand cuisinier Alain Passard, le met en scène, et accompagne la présentation des recettes. Blain met en avant une tarte aux pommes qui vous donnera immédiatement l’envie de cuisiner. C’est beau, c’est bon. Et il y a toute l’énergie propre à Christophe Blain.

 

Un livre pour donner envie de lire :

Lou le loup par Murielle SZAC et Catherine PROTEAUX –ZUBER aux éditions Bayard

A cet intitulé, j’ai choisi de répondre par un titre qui s’adresse aux jeunes enfants, à partir de un an et demi, ou deux ans. Je ne choisis donc pas un titre qui donnerait aux adultes l’envie de lire. Pour donner envie de lire de la bande dessinée à nos bouts de choux, les aventures de Lou le loup, généralement en quatre et huit cases, sont une excellente première approche. L’exercice particulier que demande la bd, passer la bande blanche (qu’on appelle gouttière) entre deux cases, et y associer un temps de mouvement, d’action que l’on ne perçoit pas, peut s’appréhender très jeune. Mon propre fils de trois ans aime qu’on lui dise ces histoires. Ce n’est pas tout à fait de la bd, mais ça y ressemble grandement.

 

Un livre qui donne envie de légèreté :

Les petits ruisseaux par Pascal RABATE aux éditions Futuropolis

C’est un album qui propose aux « seniors » de vivre avec un peu plus de légèreté, de profiter de la vie, malgré toutes leurs difficultés. De continuer à aimer, de continuer à kiffer, de continuer à vivre, tout simplement. Rabaté cherché à alléger une période qui peut faire peur à beaucoup de monde, celle où l’on estime qu’on va perdre, qu’on va être diminué. Il nous invite à nous prendre en main pour qu’il n’en soit rien.

 

Un livre qui donne envie de liberté :

Yossel 19 avril 1943 par Joe KUBERT aux éditions Delcourt.

Je dirai moi, qui donne envie de se battre, pour sa liberté. La liberté n’est pas une vertu cardinale pour moi, ce n’est pas la valeur qui guide ma pensée. Mais Joe Kubert, dans ce récit qu’il fait du ghetto de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale et de la façon dont les nazis ont détruit cet endroit et massacré ses occupants, donne vraiment envie de se battre pour être libre, lorsqu’on est opprimé. C’est un récit poignant dont la technique graphique vous plonge au plus près de ces hommes et femmes.

 

Un livre pour donner envie de fraternité :

Droit du sol par Charles MASSON aux éditions Casterman.

L’auteur a vécu à Mayotte, et il décrit le mode de vie sur l’île des migrants qui quittent l’Afrique et surtout Madagascar, pour essayer de rejoindre ce paradis mythique que représente la France. Leurs conditions de vie déplorable là-bas soulèveront tous les cœurs. Je vous mets au défi de considérer ces gens comme des parasites venus manger le pain des français, après cette lecture.

 

Un livre pour donner envie de vérité :

Le complot- L’histoire secrète des protocoles des sages de Sion par Will EISNER aux éditions Grasset.

Cet ouvrage démonte un vieux fantasme de l’extrême-droite, un ouvrage qui serait censé prouver le complot des juifs contre le reste du monde. Le nazisme et l’anti-sémitisme désormais, se basent beaucoup dur ce livre. Will Eisner déconstruit ce mythe, montre comment il a été fabriqué de toute pièce à partir  d’écrits de … Napoléon III.

 

Un livre pour donner envie de volupté :

Premières fois, ouvrage collectif aux éditions Delcourt.

Cet album est un recueil de nouvelles érotiques très bien écrites, intelligentes et très éloignées de la pornographie brutale et lobotomisante que l’on trouve sur Internet. C’est un livre qui sonne juste, qui sonne vrai. Les auteurs sont variés, proposent des dessins différents ? Si l’on veut s’offrir un album érotique, je recommande vraiment celui-ci.

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Eau sauvage de Valérie MREJEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« On revient toujours vers ses origines. (…) Si l’on me coupe de mes racines, je dépéris. Je ne peux plus marcher. » (p. 67)

 

L’auteur :

Valérie Mréjen, née en 1969 est une romancière, une plasticienne et une vidéaste française. Connue pour ses courts métrages et ses vidéos, Valérie Mréjen expose aussi dans les galeries et les musées d'art contemporain. Elle interroge le langage, ses multiples facettes et sa vacuité, dans des productions courtes inspirées du quotidien comme Au revoir, merci, bonne journée ou Chamonix. Parmi ces autres courts figurent French courvoisier (2009) et Valvert (2010). Également auteur, la réalisatrice française prolonge sa réflexion dans plusieurs romans remarqués : Mon grand-père en 1999, L' Agrume en 2001 et Eau sauvage en 2004, publiés chez Allia.

En ville, son premier long-métrage (coréalisé avec Bertrand Schefer), a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2011. (Source : France Inter)

 

L’histoire :

 Un père adresse à sa fille, déjà adulte, des reproches, des demandes, des propositions. Dans le silence qui lui répond, on entend tout : l'exaspération, la culpabilité, le désir d'être ailleurs. Un discours à sens unique, une litanie qui pourrait lasser, mais qui apparaît peu à peu comme un écho familier. (Source : Evene)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Mréjen peint avec beaucoup de justesse et de sincérité une relation entre un père et sa fille.

 Le portait de ce père est émouvant : homme seul, il parle du fond de sa solitude à sa fille, à ses enfants qui, adultes, ont quitté le domicile parental et ont laissé un vide que rien ne comble.  Les maigres conversations qui s’échafaudent alors ensuite ne parviennent pas à rassasier ce père qui rêverait d’une famille plus unie formant bloc contre le monde extérieur.  Il soliloque, raconte ses journées, ses joies, ses peines, posent des questions pour s’intéresser à la vie de sa fille, la conseille, et répète « on ne se voit jamais… » comme une litanie qui pourrait éradiquer la distance entre les êtres… La voix des enfants ne parvient pas jusqu’à nous, flétrie par le monologue du vieil homme.

 « Non, pas très bien. J’ai beaucoup de problèmes au bureau, avec Rosine on est en froid. Elle se plaint du matin au soir. Je vais vers elle et elle m’accueille par des soupirs. Vous, vous avez vos vies, chacun fait de qu’il a à faire. » (p.56)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 La facilité a tendance à frôler la simplicité et il faut un éclairage particulier pour voir dans ce dialogue quotidien autre chose… La profondeur du texte ne se laisse pas facilement apprivoisée…

 

Premières phrases :

« Je crois que je vais prendre une décision très grave parce que maintenant ça commence à bien faire. A partir de demain, c’est terminé, je n’entendrai plus parler de vous. 

Ca n’a pas l’air d’aller ? Tu peux te confier, j’aimerais t’être utile bien que je sois maladroit. Souvent, je n’ose pas demander, j’ai peur de poser des questions. Pourtant, je sens que tu n’es pas à l’aise.»

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : L’agrume

Autre : Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

 

Eau sauvage, Valérie Mréjen, Editions Allia, janvier 2004, 92 p., 6.20 euros

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Les oranges ne sont pas les seuls fruits de Jeanette WINTERSON

Publié le par Hélène

  oranges ne sont pas le seul fruit

♥ ♥ ♥ ♥

L’auteur :

 Jeanette Winterson est une romancière britannique.
Connue pour ses romans surtout Les Oranges ne sont pas les seuls fruits, cette romancière est née à Manchester et fut élevée à Accrington dans le Lancashire, au nord de l'Angleterre. 
Oranges est en partie autobiographique : elle raconte son enfance dans une famille très religieuse et ses premières relations homosexuelles. Le ton du roman est parfois surréaliste, souvent acidement humoristique. Adapté pour la télévision, il a eu un réel succès au Royaume-Uni. Il a été traduit en français et en plusieurs autres langues.
Elle est l'auteure de nombreux romans dont certains sont sortis en France notamment: "Arts et mensonges", "Ecrit sur le corps", "Les oranges ne sont pas les seuls fruits", "Le sexe des cerises", "Le roi de Capri", "Garder la flamme" et "Pourquoi être heureux quand on peut être normal"... (Source : babélio)

L’histoire :

"Ma mère n'avait pas d'opinions nuancées. II y avait ses amis et ses ennemis. Ses ennemis étaient : le Diable (sous toutes ses formes), les Voisins d'à côté, le sexe (sous toutes ses formes), les limaces. Ses amis étaient : Dieu, notre chienne, tante Madge, les romans de Charlotte Brontë, les granulés antilimaces, et moi, au début." Les oranges ne sont pas les seuls fruits recrée sur le mode de la fable l'enfance de Jeanette, double fictionnel de l'auteur. A la maison, les livres sont interdits, le bonheur est suspect. Seul Dieu bénéficie d'un traitement de faveur. Ce premier roman nourri par les légendes arthuriennes ou la Bible célèbre la puissance de l'imaginaire. Tout semble vrai dans ce récit personnel mais tout est inventé, réécrit, passé au tamis de la poésie et de l'humour. Publié en 1985 en Angleterre, Les oranges ne sont pas les seuls fruits a connu un immense succès, devenant rapidement un classique de la littérature contemporaine et un symbole du mouvement féministe. (Présentation de l’éditeur)

Ce que j’ai aimé :

Dès les  premières pages, le ton est donné : Jeanette Winterson nous plonge dans sa vie de famille pentecôtiste avec un humour et un ton décalé entraînant... Elle évoque sa mère, religieuse jusqu'au bout des ongles, personnage un peu fantasque prête à croire le premier pasteur qui passe et interprétant les épisodes de la Bible à sa façon... Les autres êtres croisés en ces pages sont tout aussi surréalistes, comme par ce pasteur Finch et son vieux van :  

« Sur les portes arrières et le capot, il avait inscrit en lettres vertes : ME PARADIS OU L'ENFER ?  AVOUS DE CHOISIR. (…) A l’intérieur, il y avait six sièges, pour que la chorale puisse voyager avec lui, avec suffisamment d’espace pour transporter les instruments d emusique et une volumineuse trousse de matériel de premier secours au cas où le démon tenterait de consumer quelqu’un.

« Qu’est ce que vous faites quand il y a des flammes ? avons-nous demandé.

J’ai un extincteur » a-t-il expliqué.

On a été très impressionnés. » (p. 116)

Parallèlement à ses souvenirs, le talent de conteuse de l'auteur, très prégnant dans son recueil "Garder la flamme", s'épanouit aussi ici : elle nous conte des légendes qui éclairent le roman d'une aura philosophique extraordinaire.  

« Elle était parfaite, parce que, en elle, ses qualités et ses forces s’équilibraient parfaitement. Elle était symétrique en tous points. La quête de la perfection, lui avait-elle dit, était en réalité une quête de l’équilibre, de l’harmonie. (…) « C’est la clé du secret, avait-elle dit. Tout est là, dans cet équilibre premier et intime. » » (p. 92)

Derrière l'humour, se cache une critique virulente du fanatisme et de l'errance de la religion qui conduit cette mère adoptive à renier sa fille habitée par Satan parce qu’elle préfère les femmes aux hommes…

Face à tant d'épreuves, la force de cette jeune fille est admirable, l'auteur trouve le ton juste, tout en retenu, intelligent, clairvoyant, faisant mouche à chaque page...

Cette réécriture d'un passage clé de son enfance met en valeur le grand art de l'auteur qui, par l'écriture, nous conte une émancipation physique et intellectuelle prodigieuse...

Jeanette Winterson a réécrit récemment ce pan de son histoire dans Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? : 

Les oranges ne sont pas les seuls fruits, aujourd'hui réédité, est la version romanesque de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Le second a plus de force, une ampleur chronologique plus grande — il inclut notamment le récit des retrouvailles de l'auteur avec sa mère biologique, il y a tout juste quatre ans. Mais surtout la dimension médi­tative y est omniprésente. C'est cette réflexion protéiforme sur l'enfance, sur les origines, sur l'amour et le temps, qui, au-delà de l'énoncé des faits biographiques, donne au récit son épaisseur, sa belle et universelle valeur. Un prix qui a trait à la sincérité, au pardon, à la confiance. Osons le mot : à la foi en une possible rédemption. « On peut revenir en arrière. On peut reprendre les choses là où on les a laissées. On peut réparer ce que d'autres ont brisé. On peut parler avec les morts. »" — Nathalie Crom, Télérama

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien, je vais lire dans la foulée "Pourquoi être normal" tant j'ai aimé cette lecture !!

Premières phrases :

« Comme la plupart des gens, j’ai longtemps vécu avec ma mère et mon père. Mon père aimait regarder les combats de catch, ma mère, elle, aimait catcher : peu importe contre qui ou quoi. Elle était toujours prête à monter sur le ring. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?

D’autres avis :

Lire 

 

Les oranges ne sont pas les seuls fruits, Jeanette Winterson, traduit de l’anglais par Kim Tran, édition révisée par Hélène Cohen, Editions de l’Olivier, mai 2012, 234 p., 18 euros

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Publié dans Littérature Europe

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L'horizon de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 "Des souvenirs en forme de nuages flottants." (p. 156)

  

L'auteur :

   Patrick Modiano est né en 1945 à Boulogne-Billancourt. Il a publié son premier roman, La place de l'étoile, en 1968. Il a reçu le prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures. Auteur d'une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, il a aussi écrit des entretiens avec Emmanuel Berl et, en collaboration avec Louis Malle, le scénario de Lacombe Lucien. Patrick Modiano a reçu le Grand Prix national des Lettres (1996), le Grand Prix de littérature Paul-Morand (2000) et le Prix mondial Cino Del Luca pour l'ensemble de son oeuvre. (Préserntation : Amazon)

 

L'histoire :

  Jean Bosmans, le personnage principal de L’horizon, a l’habitude de noter sur un carnet les bribes de souvenirs qui lui reviennent de sa jeunesse. À partir du nom de Mérové, il fait ressurgir sa rencontre, vers la fin des années 60, avec Margaret Le Coz, une jeune femme qu’il a fréquentée pendant quelques mois et avec laquelle il partageait le sentiment d’être traqué. Elle, par un certain Boyaval. Lui, par sa mère et son amant.

 

Ce que j'ai aimé :

 Se plonger dans un roman de Modiano, c’est un peu comme s’installer devant un café en compagnie d’un ami et l’écouter captivée raconter son histoire, notre histoire, l’Histoire.

 Il a une telle facilité d’écriture qu’il nous emporte sans effort dans son monde, et le temps file à ses côtés, comme arrêté, comme suspendu. Et tout à coup on relève les yeux et on ne voit plus le monde du même œil, ce qui nous entoure est nimbé d’un halo poétique, nostalgique qu’on ne lui connaissait pas auparavant. Paris, ville bruyante et stressante, ressemble désormais à un village douillet et accueillant, les personnes croisées deviennent de potentielles belles rencontres et nos sentiments eux-mêmes sont sublimés par la magie de l’art.

 L’horizon ne fait pas exception à la règle.

 Alors quand les dernières pages se profilent, on devient fébrile, déçu, sachant qu’il faudra attendre quelque temps avant la prochaine rencontre. Qu’à cela ne tienne, relisons avec délectation les anciens écrits… Rendez-vous « Place de l’Etoile »…

 

Premières phrases :

"Depuis quelque temps Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n'étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel."

  

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rue des boutiques obscures

Autre : Les solidarités mystérieuses de Pascal QUIGNARD

 

 D'autres avis :

Télérama ; ; Le magazine Littéraire  ; Le figaro ; Libération 

 

   L'horizon, Patrick MODIANO, Gallimard, mars 2010, 174 p., 16.50 euros

 

12 d'Ys 

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Idées cadeaux de Marie-Anne LACOMA

Publié le par Hélène

 

Présentation :

 

Après plusieurs années aux Editions Les Allusifs, Marie-Anne Lacoma a rejoint les Editions Gallmeister en 2009. Elle s’occupe du livre à partir du moment où il est présentable en le faisant découvrir en avant première aux professionnels intéressés. Elle est donc en relation avec les libraires et la presse. Elle organise la venue des auteurs en France, leur participation à des festivals et salons ainsi que la tournée dans des librairies.

 

Les questions :

 

 

Pourquoi offrir un livre ?

 

Parce que la vie gagne en profondeur quand on est un lecteur, qu’il existe des livres pour toutes les circonstances, pour toutes les occasions.

J’ai aussi appris dernièrement que les neurologues avaient prouvés qu’à la lecture d’un passage évoquant des odeurs, des couleurs ou autres sensations, notre cerveau réagit exactement de la même manière que si nous sentions, voyions ou éprouvions réellement ces sensations. Seule la lecture a ce pouvoir. Fascinant n’est-ce pas…  

 

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ;

 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper LEE

 

 

Un livre pour donner envie de voyager :

 

Désert solitaire, Edward ABBEY

 

 

Un livre pour donner envie de rire :

 

La grosse femme d’à côté, Michel TREMBLAY

 

 

Un livre pour donner envie de philosopher :

 

Féroce infirme retour des pays chauds, Tom ROBBINS (pour philosopher et rire en même temps)

 

 

Un livre pour donner envie d’aimer :

 

Loin de Chandigarh, TEJPAL

 

 

Un livre pour donner envie de rêver :

 

Le magicien d’Oz, Robert SABUDA et Lyman Franck BAUM (superbe pop-up)

 

 

Un livre pour donner envie de savourer :

 

Ginette MATHIOT ! La seule, la vraie…

 

 

Un livre pour donner envie de se révolter :

 

La fenêtre panoramique, Richard YATES

 

 

Un livre pour donner envie de se cultiver :

 

Honte et dignité, Dag SOLSTAD

 

 

Un livre pour donner envie de cuisiner :

 

Cinq ciels, Ron CARLSON (Le livre sortira en septembre et je viens de le lire. Il ya un passage où trois types prépare,t une dinde rôtie et depuis je rêve de tester leur technique.)

 

 

Un livre pour donner envie de lire :

 

69 tiroirs, Goran PETROVIC

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Abécédaire des belles choses à faire... de Géraldine COLLET et Nicolas GOUNY

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Zigzaguer entre les idées noires et les jours de cafard... Leur dire "zut!" et avancer...

 

Les auteurs :

 

Géraldine Collet grandit à Cachan. Enseignante de lettres-histoire en lycée professionnel, elle a parcouru la Seine Saint-Denis avant d’atterrir à Pantin. Elle est auteure et auteure pour la jeunesse.

VISITER LE SITE DE L'AUTEURE

Nicolas Gouny est titulaire du DESS Édition de Villetaneuse, après avoir passé dix ans dans l’édition pédagogique publique, il s'est installé, depuis septembre 2008,dans un petit hameau de la Creuse perché sur le haut d'une vallée, au milieu des vaches et des arbres, pour se livrer à plein temps à l’illustration pour la jeunesse.

 

http://petitefamillegouny.blogspot.fr/2012/02/labecedaire-des-belles-choses-faire.html

 

L'histoire :

 

A chaque lettre de l'alphabet, l'enfant découvre une phrase poétique qui peut colorer son quotidien.

 

Ce que j'ai aimé :

 

Un vrai coup de coeur pour cet album qui colore le quotidien et l'illumine de merveilleux mots poétiques et philosophiques !!Il parle directement à nos âmes d'enfants et allège les heures en leur insufflant bonheur et joie de vivre !

 

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Lézarder au soleil et saluer les hirondelles

Papoter avec un papillon qu'on a presque attrapé.

Taquiner les truites un petit matin d'été

 

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Ce que j'ai moins aimé :

 

- Rien !

 

Vous aimerez aussi :

 

Jeunesse

 

Merci à Emmyne d'avoir attiré mon attention sur ce magnifique album !

 

Abécédaire des belles choses à faire, Géraldine COLLET, Nicolas GOUNY, Escabelle, février 2012, à partir de 3 ans, 14,10 euros

Publié dans Jeunesse Album

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A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

Publié le par Hélène

a la lueur d'une étoile distante

♥ ♥ ♥ 

 « Les gens n’admettraient pas que les apparences sont parfois trompeuses. A l’image des meilleures prises de combat, les mots peuvent être retournés contre vous et une fois que vous êtes à terre, ils sont à même de vous tuer. » (p. 364)

 

L’auteur :

 Mary McGarry Morris est née en 1943 dans le Connecticut. Disparue (Flammarion, 1989), son premier roman, a été sélectionné pour le National Book Award et le Pen Faulkner Award. Elle a depuis publié Une femme dangereuse (Julliard, 1991), Mélodie du temps ordinaire et Un abri en ce monde (Belfond, 2005). Mary McGarry Morris vit aujourd'hui à Andover, dans le Massachusetts.

 L’histoire :

Ces derniers temps, Nellie Peck, treize ans, a enfin trouvé de quoi combler son désoeuvrement : espionner la nouvelle locataire de sa mère dans le petit studio attenant à leur maison.

Activité d'autant plus excitante que l'arrivée de la jeune et jolie Dolly, danseuse de cabaret à la sensualité débordante, n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Et rapidement, c'est à un véritable défilé de prétendants qu'assiste Nellie, cachée dans les arbres. (Début de la quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Le point de vue adopté est celui de la petite Nellie, qui observe le monde à son niveau, se fiant à son innocence, à son instinct naïf pour interpréter ce qu'elle entend et voit. Or elle ignore encore que la vérité est insaisissable, fuyante, réinterpréable à l'infini.  

 « Nellie commençait à voir combien la vie pouvait être compliquée. Aucun fait n’était isolé. Chaque action entraînait une réaction, qui elle-même en entraînait d’autres, et ainsi de suite, en une série de combustions insidieuses qu’ils ne pouvaient pas cerner précisément, ni a fortiori prévenir, et qui se répandait désormais partout. Ils assistaient à leur propre désastre nucléaire, assis là, au centre de la zone dévastée par l’explosion, essayant toujours de paraître normaux, son père et elle, face au bureau de l’avocat au teint terreux. » (p.229)

 « Peut-être en allait-il de même pour tout le monde en grandissant. Petit à petit le vérité perdait de sa force, jusqu’à ce que, comme les particules en suspension dans l’air, elle devienne invisible. Et si c’était ça aussi, être un adulte ? Rationaliser une expérience, la transformer jusqu’à oublier la plupart des choses importantes, celles que personne n’avait besoin d’expliquer à certains enfants, parce que, eux, ils savaient, voilà tout. Et ils n’oubliaient pas. » (p. 428) 

 Les éléments se mettent en place petit à petit pour former un tout cohérent dans l'esprit de Nellie, mais inadéquat à sa vie familiale, à cet univers confortable, connu qui est le sien.

Le suspens est savamment dosé, tenant en haleine le lecteur partagé entre vérité et illusions, le ton naturel de la jeune Nellie allégeant un propos profondément plus grave.

 A la lueur d'une étoile distante est un roman prenant, intelligent, bien construit, une agréable découverte... 

 Ce que j’ai moins aimé :

Le début est un peu long par rapport à la fin beaucoup plus dense… Au point que j’ai trouvé certaines réactions des personnages peu crédibles à la fin, comme s’il fallait effacer rapidement les problèmes pour conclure… 

La question du résumé de la quatrième de couverture mérite d’être posée : fallait-il parler de l’évènement majeur ou laisser le lecteur le découvrir par lui-même ? Le fait de savoir éclaire-t-il finalement le récit d’un point de vue différent qui densifie le roman ? Je n’ai pas tranché… 

Le titre me semble difficile à retenir pour qui veut en conseiller la lecture au débotté…

 

Premières phrases :

 « A quoi voit-on parfois que l’on connaît bien une personne ? Elle n’a même pas besoin de vous fixer dans les yeux ou de dire un mot, et vous savez. Bon, ce que vous savez au juste n’est peut-être pas très clair, mais vous le savez, c’est tout. »

 

Vous aimerez aussi :

   Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

   D’autres avis :

Lire

 

  A la lueur d’une étoile distante, Mary McGarry Morris, traduit de l’américain par Valérie Bourgeois, Belfond, mai 2012, 444 p., 21.50 euros

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