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Agnès Grey de Anne BRONTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Agnès vit dans le nord de l'Angleterre dans une famille de pasteur. Ses parents ayant connu des revers de fortune, elle leur propose de s'engager comme gouvernante dans des familles des environs pour les aider financièrement. Confrontée à des enfants turbulents, gâtés, sa première famille les Bloomfield la déçoit cruellement. Puis, elle entre chez les Murray, ayant cette fois en charge des enfants plus âgés.

Agnès Grey est le premier des deux romans édités par la plus jeune des soeurs Brontë. Elle s'est inspirée de sa propre expérience de gouvernante pour nourrir ses pages et souligne ainsi les difficultés rencontrées à cette époque victorienne par les gouvernantes aux situations précaires, soumises aux caprices des enfants et au laxisme des parents. Mais en souhaitant donner un versant didactique avant tout à son roman, en instruisant son lecteur sur les grandes maisons à l’époque victorienne, la jeune Anne s’excuse quasiment d’y insérer une romance…

Anne Brontë est moins connue que ses soeurs, et pour cause, son roman est moins dans la finesse, moins "gothique", moins romantique, moins passionné que ceux de ses sœurs. Ses personnages sont plutôt stéréotypés : la jeune frivole, le garçon manqué, le méchant pasteur… Son Agnès elle-même, personnage principal, apparaît assez fade, effacée, elle se présente comme un modèle de vertu et semble s’excuser constamment de penser à des sentiments aussi prosaïques que l’amour…

Une lecture agréable mais qui ne vaut pas les chefs-d'oeuvre des autres soeurs Brontë !

Présentation de l'éditeur :

Imaginaire Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Les hauts de Hurlevent de Emily Brontë

D'autres avis :

Claudia Lucia 

Babelio

 

Agnès Grey, Anne Brontë, traduit de l'anglais par Dominique Jean, L'imaginaire Gallimard, Première parution en 1933 ; Trad. de l'anglais par Dominique JeanTraduction nouvelle en 2001; Collection L'Imaginaire (n° 449), Gallimard, 2011, 308 p., 

 

Publié dans Littérature Europe

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Les comptines du monde de Didier Jeunesse

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Présentation de la collection :

Didier Jeunesse 

Ces livres-CD allient des illustrations colorées et des musiques envoûtantes venues des quatre coins du monde. La collection offre un éventail très large des cultures d'ailleurs : basques, tsiganes, d'Afrique noire, arméniennes grecques turques et kurdes (miel et pistache), Brésil et Portugal (papagaio), créoles, juives, slaves, asiatiques, corses, bretonnes, Inde Pakistan, Maghreb, ces albums permettent à nos enfants de s'immerger dans un autre univers, de voyager par l'imagination, et de s'ouvrir au monde et à la tolérance. 

Les paroles et la traduction des comptines ou berceuses sont proposées de façon à rendre encore plus accessible l'ailleurs...

A vivement conseiller !! 

Mon préféré (et celui de mes enfants) :

Comptines et berceuses tsignanes 

 

Publié dans Jeunesse Album

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Le principe de Jérôme FERRARI

Publié le par Hélène

Mon avis :

Jérôme Ferrari s'intéresse ici à un physicien allemand Werner Heisenberg qui a élaboré le fameux - pour les spécialistes- "principe d'incertitude". Vous ne connaissez pas ? Moi non plus. Mais nombre de lecteurs de ce roman m'avaient assuré que le fait de ne RIEN connaître en maths ne gênait nullement la lecture. J'aurais peut-être dû précisé que question physique j'étais aussi restée au niveau CP... 

Donc le principe d'incertitude...

"Depuis que Max Planck avait découvert le quantum universel d'action, cette funeste constante h qui avait, en quelques années, contaminé les équations de la physique avec la célérité maligne d'un virus impossible à éradiquer, la nature semblait prise de folie : des brisures discrètes fissuraient l'antique continuité des flux d'énergie, la lumière grouillait d'étranges entités granuleuses et, dans le même temps, comme si ce n'était pas suffisant, la matière se mettait à rayonner sauvagement dans un halo fantomatique d'interférences."

Voilà voilà. Je me suis demandée si Ferrari n'avait pas volontairement cherché dans le dictionnaire de la physique les termes les plus compliqués pour les adjoindre sans réel sens, j'avoue avoir eu un doute que pourra peut-être dissiper Phili, spécialiste es maths et physique !

Je me suis accrochée pourtant, par respect pour mes acolytes Jérôme, Béa et Phili avec qui nous avions prévu cette lecture commune. 

J'ai donc tenté de passer outre le sens pour m'intéresser à la poésie de la phrase. Et je n'ai plus rien compris au roman. Evidemment. De nombreux personnages apparaissaient, disparaissaient, la guerre a fait son entrée, et là je suis revenue en terrain connu -parce que l'histoire, quand même je maîtrise plus que les maths- Le roman s'est centré sur le problème moral du développement de la bombe atomique.  Je n'ai rien appris de neuf, je n'ai pas tremblé, je n'ai pas pleuré, je n'ai pas hurlé "eurêka" dans ma salle de bains avec l'impression d'avoir découvert le secret de l'humanité ou d'avoir enfin compris quelque chose au monde qui nous entoure et à ses étranges habitants. J'ai alors à nouveau douté du talent de Ferrari. N'endort-il pas son lecteur avec de belles phrases pour cacher le vide de son propos ? 

Lire la critique de Télérama m'a quelque peu orienté vers le sens -ou le non sens- de ce roman : "En brossant le portrait du physicien qui inventa le principe d'incertitude, Jérôme Ferrari dit l'incapacité des êtres à tout comprendre du monde." De fait Ferrari aurait écrit un roman incompréhensible pour que le lecteur se prenne soudain pour Socrate ? L'article précise aussi que l'un des thèmes du livre est la transmission, ironique non ? 

Bref, dans ce sens, cela a fonctionné, j'ai refermé cet ovni en philosophant : "Je sais que je ne sais rien."...

Présentation de l'éditeur :

Actes sud 

Vous aimerez aussi :

J'ai aimé de cet auteur Un Dieu un animal, lu avant le blog. Mais détesté Le sermon de la chute de Rome. Je pense que je ne vais pas persévérer avec lui, nos relations vont s'arrêter là...

D'autres avis :

Lecture commune avec Jérôme (pour qui c'est un gros coup de coeur), Béatrice et Phili qui a également adoré !

Sur Babélio j'ai trouvé de nombreux acolytes qui comme moi sont restés sur le bord de la route scientifique...

D'autres comme ClaraDominique ; Alex ont aimé.

A vous de voir !

 

Le principe, Jérôme Ferrari, Actes sud, 2015, 16.50 euros

 

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Lignes de fuite de John HARVEY

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Karen Shields, inspectrice d'origine jamaïcaine enquête sur le meurtre d'un jeune moldave découvert gelé sous la surface d'un étang gelé dans le parc de Hampstead Heath. Parallèlement, Trevor Cordon, policier mis au placard dans une petite ville de Cornouailles, recherche une jeune femme qu'il a connue quinze ans plus tôt, et qui s'est dangereusement rapprochée de gangsters ukrainiens. Les deux histoires vont évidemment se croiser, à Londres. Les deux enquêteurs se ressemblent dans leur acharnement : ni l'un ni l'autre n'abandonne, malgré la violence de leur quotidien, malgré la tristesse de découvrir ces destins brisés, malgré le risque. Le travail est au centre de la vie des deux personnages, laissant peu de place à d'autres considérations. 

"Vous avez beaucoup de travail, en ce moment... Vous vous en sortez ?

Karen soupira. On faisait ce qu'on pouvait. Consciencieusement. En s'efforçant d'éviter les erreurs. Et à la fin de la journée, on rentrait à la maison. sans jamais parvenir à tout laisser derrière soi, au bureau. 

Comme si c'était possible." p. 168

Les chapitres courts donnent une impression de fluidité dans la lecture. Pas de fioritures, l'essentiel seulement, pour aller droit au but. 

Un roman très juste, efficace.

Ce que j'ai moins aimé :

- Peu marquant, il n'est pas mon préféré de l'auteur. 

Présentation de l'éditeur :

Payot rivages 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : De chair et de sang Traquer les ombres  ; Le deuil et l'oubli   ; Cold in hand 

D'autres avis :

Télérama

Jean-Marc 

 

Lignes de fuite, John Harvey, traduit de l'anglais par Karine Lalechère, Payot-rivages, 363 p.,  21 euros 

 

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Cryssilda, Lou et Titine

C'est aujourd'hui la journée du polar anglais.

 

 

Publié dans Roman policier Europe

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Les forestiers de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la campagne ? 

A travers de beaux portaits simples et sincères, Thomas Hardy nous mène vers une réflexion profonde sur les fondements de l'être, sur le mariage et ses vicissitudes, et sur les valeurs que l'on porte en soi. 

Un très beau roman.

« Hardy n’a rien écrit de plus intelligent, de plus ému, de plus parfait. C’est une perle sans défaut, d’un orient incomparable », écrit André Gide dans son Journal, à propos du roman le plus injustement méconnu de l’auteur anglais.

Ce que j'ai moins aimé :

- J'avoue que la fin, un peut trop pathétique à mon goût, m'a déçue ... Mais cela n''enlève rien à mon plaisir de lecture.

Présentation de l'éditeur :

Libretto 

Vous aimerez aussi :

Les romans de Wilkie Collins

D'autres avis :

Dominique 

Lecture commune autour de Thomas Hardy dans le cadre du mois anglais.

 

Les forestiers, Thomas Hardy, traduit de l'anglais par Antoinette Six, Phébus, 2009, 416 p., 10.8 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le liseur de Bernhard SCHLINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le jeune Michaël fait la connaissance de Hanna alors qu'il n'a que quinze ans. Il est fasciné par cette femme plus âgée qui lui ouvre rapidement l'espace de ses bras. Durant six mois, ils vivent une relation harmonieuse, relation cimentée par la lecture à haute voix que le jeune Michaël fait tous les jours. Puis Hanna disparaît du jour au lendemain. 

Sept ans plus tard, Michaël étudiant en droit assiste au procés de cinq criminelles gardiennes de camps de concentration. Parmi elles, Hanna. Il suit alors jour après jour les avancées du procés en tentant de comprendre la femme qu'il a aimée, et en s'interrogeant sur les dérives de son époque qui l'ont menée sur le banc des accusés. Né après guerre le jeune Michaël adopte un point de vue unique sur la Shoah, porté par ce qui fut son grand amour pour Hanna, il analyse sa honte avec recul et intelligence.

"Quelque consistance que puisse avoir, ou ne pas avoir, moralement et juridiquement, la culpabilité collective, pour  ma génération d'étudiants ce fut  une réalité vécue.Elle ne concernait pas uniquement ce qui s'était passé sous le Troisième Reich. Que des tombes juives soient barbouillées de croix gammées, que tant d'anciens nazis fassent carrière dans les tribunaux, l'administration et les universités, que la République fédérale ne reconnaisse pas l'Etat d'Israël, que l'émigration et la résistance tiennent moins de place dans les livres que la collaboration  et la soumission : tout cela nous remplissait de honte, même quand nous pouvions montrer du doigt les coupables." p. 190

Le rapport entre comprendre et juger s'avère ténu,  la peur d'avoir honte d'être jugé plaçant chacun face à ses responsabilités. En cela, Hanna demeure un personnage relativement énigmatique, ne faisant preuve d'aucun remords, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle a accompli. Ainsi, l'importance des mots, de la littérature, de la connaissance rédemptrice qu'ils apportent est au centre du roman, ces mots qui auraient pu la sauver, ces mots qui, peut-être pourront encore l'aider, si ce n'est pas trop tard...

Un très gros succés pour ce roman traduit en 39 langues et inclus aux programmes scolaires de littérature de la Shoah.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé l'ensemble assez froid. 

Présentation de l'éditeur :

Folio 

Vous aimerez aussi :

Le film

D'autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub : les avis de Sylire-  Titine - Lisa - Claudia lucia

 

 

Le liseur, Bernhard Schlink, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Folio, 1999, 256 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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Fête des mères

Publié le par Hélène

@Fabienne Vincent 

 

"Ode à sa mère, ode à toutes les mères qui nous ont aimés et que nous n'avons pas assez aimées en retour."

(Albert Cohen)

 

Publié dans Divers

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Déception et abandon du mois de mai

Publié le par Hélène

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Il fut un temps, quand j'avais 20 ans, où je lisais ce type de roman policier haletant avec des détails sordides TREES précis et un serial killer rampant dans l'ombre. J'ai lu Chattam, Grangé et quelques autres. Puis j'ai eu mes enfants et j'ai fait l'impasse dans un premier temps sur les enlèvements et meurtres d'enfants -ce qui réduisait le choix-, puis sur les policiers trop sanglants qui me rappelaient que j'avais donné la vie dans un monde âpre et peu accueillant avec le Mal qui rôderait inexorablement autour de nous (concept qu'aiment beaucoup ce type de romans) ... Je me suis alors tournée vers les romans plus ethnologiques comme les Tony Hillerman, plus sociologiques comme les scandinaves ou les Lehane, Harvey, Burke, Indridason. 

Puis récemment mon collègue a décidé de se lancer dans la lecture des policiers. Il a commencé gentiment avec les Agatha Christie, puis Connely, et la semaine dernière il est revenu enthousiaste en me disant que je devais absolument lire ce "chuchoteur". 

Pitch : 

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis le début de l’enquête, le criminologue Goran Gavilla et son équipe ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre les oriente vers un assassin différent. Lorsqu’ils découvrent un sixième bras, appartenant à une victime inconnue, ils appellent en renfort Milla Vasquez, experte en affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire…
Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

(je l'ai mis en violet pour édulcorer un peu l'horreur. Ca marche ?)

Donc disparition d'enfants (5 quand même...) et inspiré de faits réels. Mazette quel challenge !! 

J'ai commencé parce que quand même c'est mon collègue, je lui fais confiance et puis il avait aimé les Agatha Christie. Au début j'ai été ferrée même si les détails sanglants et l'atmosphère glauque et poisseuse m'était assez désagréable. La moindre blessure, le moindre cadavre est décrit avec des détails chirurgicaux assez déplaisants pour moi. Puis hier soir un détenu s'est suicidé dans sa cellule, en s'arrachant la peau des poignets et les veines avec les dents. 

J'aime beaucoup mon collègue hein, entendons-nous bien, mais là... Non. 

D'autres avis :

Violette SophieLiliba 

Publié dans Roman policier Europe

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Voyage vers le nord de Karel CAPEK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Croyez-moi, le monde est beau."

Ce que j'ai aimé :

En 1936 Karel Capek met le cap vers le nord, destination le Danemark, la Suède et la Norvège. En train ou en bateau, il admire les forêts à perte de vue, s'arrête fasciné dans les fjords "c'est une chose qui ne fait plus partie de ce monde, une chose indescriptible", salue les vaches noires et blanches, et rêve devant les fermes rouges qui semblent si accueillantes :

"Ce n'est rien qu'un petit pont de pierre qui enjambe une rivière paisible ; et pourtant ce pont semble mener de l'autre côté, vous savez, de l'autre côté, là où les soucis et la hâte n'existent plus, et où, probablement, on ne meurt jamais. Ce n'est rien qu'une maisonnette rouge et blanc entre des arbres verts ; mais, ma foi, on se dit qu'on serait heureux si on y vivait ; je sais bien que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas si facile d'être heureux, et que cela ne s'apprend pas, même au paradis ; mais ce pays est ainsi fait que le voyageur y est immédiatement enclin à croire à la paix, à la tranquillité, au calme et aux vertus cardinales." p. 265

Il se laisse peu à peu gagner par la magie de ces lieux en sursis.

"Et j'ai vu des arcs-en-ciel de minuit tendus de rivage en rivage, un coucher de soleil doré et humide se refléter dans la mer par une aube glacée ; j'ai vu les lueurs de l'aurore et du couchant se fondre en un rayonnement palpitant des eaux, le peigne d'argent du soleil caresser la surface étincelante de la mer. Les sentiers brillants des dieux marins se mirent à scintiller furieusement sur les eaux et le jour fut. Bonne nuit, bonne nuit, car c'est le jour, la première heure ; les montagnes se dissimulent derrière un  voile de soleil ; au nord, le vaste sund luit d'une blanche clarté, la mer clapote froidement et le dernier passager du bord plonge frileusement dans un nouveau livre." (p. 185)

"Je sais que tout cela ne mérite pas d'être raconté, et que d'autres que moi en ont vu cent fois plus : mais je suis patriote européen et si je ne devais plus jamais rien voir, je dirais jusqu'à ma mort : "J'ai vu la grandeur du monde." Peut-être que notre planète refroidira un jour - ou que nous nous en chargerons, nous les hommes ; nous mettrons alors une telle pagaille qu'il n'y aura même plus de mouettes pour crier au-dessus des mers. Mais, quand bien même nous découperions les uns les autres en petits morceaux nous ne pourrions pas entamer la grandeur du monde. Je sais, ce n'est pas d'un grand réconfort ; nous vivons des heures sombres, et notre coeur est empli d'inquiétude ; mais le monde est grand." p. 199

Son humour illumine le récit, comme dans ces scènes durant lesquels il se retrouve sur un bateau avec un groupe de représentants d'une quelconque Eglise américaine, "cargaison spirituelle" bruyante et omniprésente :

"Ils pratiquent avec ferveur l'amour du prochain et s'exercent notamment sur les gens ouffrant d mal de mer, les chiens, les jeunes mariés, les enfants, les amrins, les autochtones, et les étrangers, en les accostant et en les encourageant, en les apostraophant chaudement, en les saluant, en leur souriant et, d'une façon générale, en les accablant de toutes sortes de prévenances ; ainsi, il ne nous restait plus qu'à nous barricader dans nos cabines pour y balsphémer tout bas, avec acharnement. Que le Dieu de miséricorde prenne nos âmes en pitié !" p. 107

Et pas une goutte d'alcool pour supporter cela, on ne vend pas d'alcool à bord des bateaux norvégiens ! Ses portraits sont toujours savoureux, il apprécie ses rencontres, telle ce capitaine de bateau débonnaire qui garde le cap et sa bonne humeur quoi qu'il arrive !

Karel Capek ne se contente pas d'écrire, il dessine et nous enchante de ses esquisses qui célèbre la beauté du monde...

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Editions du Sonneur 

Pour le feuilleter 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'année du jardinier

Autre : Récits de voyage

 

Merci à Clémentine pour ce beau voyage !

 

Voyage vers le nord, Karel Capek, illustrations de Karel Capek, traduit du tchèque par Benoît Meunier, Préface de Cees Nooteboom, Les Editions du Sonneur, 2010, 288 p., 17.30 euros

 

Message personnel : aujourd'hui c'est mon anniversaire, et le talent indéniable de Karel Capek m'a donné envie de découvrir ces contrées ... Je dis ça...

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Swan peak de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Pendant toute notre vie, la violence et le sang versé avaient été notre addiction et notre fléau. Nous avions dilapidé notre jeunesse au Vietnam et en avions rapporté un héritage d'amertume et de vinaigre dont nous parvenions pas à rincer nos rêves." p. 366

Ce que j'ai aimé :

Dave Robicheaux, son épouse Molly et leur Clete Purcel ont décidé de prendre le large après l'ouragan Katrina qui a détruit la Nouelle Orléans. Ils tentent de se ressourcer dans les paysages grandioses du Montana : "La campagne était magnifique, les falaises abruptes, les sommets des tertres couverts de pins jaunes, et les pentes de fleurs sauvages précoces. Sur le bord du ruisseau, les seules traces qu'il y eut dans le gravier moelleux étaient celles de cerfs et des élans. L'air sentait le bois, la fougère humide, la pierre froide, l'humus qui reste toujours à l'ombre et la vapeur irisée dérivant sur les rochers au mileu du courant. L'odeur d'un air qui n'avait jamais été pollué par les produits chimiques de l'ère industrielle. Il sentait comme sentait la terre, sans doute, le premier jour de la Création, pensa Clete." Mais un homme va émerger soudaineement dans ce paradis terrestre et ébranler l'ordre du jour : Ridley Wellstone. Ses hommes de main semblent en avoir après Clete, puis les meurtres qui secouent la région sonnent le glas de la tranquillité bucolique des deux amis. 

"Mais un meurtre aux airs d'exécution avait été commis à portée de vue du bungalow où Molly et moi habitions, et prétendre qu'un acte aussi  monstrueux n'avait aucun lien avec nos propres vies, attendre que les autorités, avec leurs moyens limités, assurent la sécurité de notre environnement, ça rappelle la conduite de quelqu'un qui se repose sur l'homme de la météo pour le protéger des astéroïdes." p. 92

Clete a alors rendez-vous avec un fantôme issu de son passé, Sally Dio, et Dave seconde le shérif du comté de Missoula. Ils se heurtent ainsi aux frères Wellstone, à Jamie Sue, chanteuse de talent, un musicien métis en fuite, un gardien de prison qui le suit à la trace,  un prêtre peu orthodoxe. Les démons de James Lee Burke ne manquent pas à l'appel : l'alcool comme anésthésiant, la violence incontrôlée, le passé trouble qui hante les nuits, le paradis définitivement perdu... Les hommes combattent leurs propres fantômes, si bien qu'à l'orée des chemins, ils ignorent encore quels chemins ils vont prendre : celui de la violence ou celui de la rédemption ? 

"Quel genre d'homme étais-je ? avait-il demandé. La réponse que je lui avais donnée était à la fois facile et cynique. Le fait est que, dans des moments pareils, je n'avais aucune idée de qui vivait dans mon corps." p. 419

Un roman profondément lyrique dans lequel sentiments et mort s'entremêlent pour enchanter le lecteur !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Payot et rivages 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La rose du cimarron   

La série de Dave Robicheaux dans l'ordre : 

La Pluie de néon,

Prisonniers du ciel,

Black Cherry Blues

Une saison pour la peur

Une tache sur l'éternité

Dans la brume électrique avec les morts confédérés

Dixie City

Le Brasier de l'ange

Cadillac Jukebox

Sunset Limited

Purple Cane Road

Jolie Blon's Bounce

Dernier tramway pour les Champs-Elysées

L'Emblème du croisé

 La descente de Pégase

La nuit la plus longue

Swan Peak

L'Arc-en-ciel de verre

Créole belle

D'autres avis :

Lecture commune avec Electra

Pourquoi Swan Peak est le meilleur des derniers James Lee Burke ? 

Télérama

 

Swan Peak, James Lee Burke, traduit de l'anglais par Christophe Mercier, Rivages noir, 2014, 555 p., 

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