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Propos sur le bonheur d'ALAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le tronc de la sagesse commune et dorés à cette autre lumière des idées. Ils en reprennent leur saveur d'origine, qui est le goût de l'existence. Saveur oubliée en nos pensées ; car on voudrait s'assurer que l'existence est bonne et on ne le peut ; on en déçoit donc l'espérance par précaution, prononçant qu'elle est mauvaise. De là s'étend l'empire de l'imagination déréglée, en quoi Alain, se confiant à la sagesse du corps, restaure la souveraineté claire de l'homme heureux et qui n'attend pas pour l'être, ici et non ailleurs, que l'événement lui donne raison, acteur enfin et non spectateur de soi-même." (présentation de l'éditeur)

Au travers de propos simples, de chapitres courts ponctués d'exemples didactiques tirés de la vie courante, Alain nous convie vers le bonheur, en nous prouvant que cette perle rare dépend de notre disposition intime et non d'évènements extérieurs. Il s'intéresse principalement à tous ceux qui se plaignent et font de la tristesse leur étendard. Ces gens-là selon devraient chercher l'aiguille dans leur chaussure, la cause véritable de leur mauvaise humeur avant de chercher à réguler leurs passions. Ils n'auront aucune puissance sur lesdites passions tant qu'ils ne connaitront pas leurs vraies causes. Quelquefois la cause est prosaïquement corporelle et l'éclairer permet alors de retrouver le chemin vers la quiétude. 

"Chaque mouvement d'humeur naît d'un événement physiologique passager ; mais nous l'étendons, nous lui donnons un sens oraculaire ; une telle suite d'humeurs fait le malheur, je dis en ceux qui n'ont pas de graves raisons d'être malheureux, car c'est ceux-là qui sont malheureux par leur faute."

Quant à ceux qui se plaignent d'un destin malheureux, un examen de leur parcours mettra facilement en valeur leurs motivations profondes. 

"Ce colonel, qui va planter ses choux, aurait bien voulu être général ; mais, si je pouvais chercher dans sa vie, j'apercevrais quelque petite chose qu'il fallait faire, et qu'il n'a point faite, qu'il n'a point voulu faire. Je lui prouverai qu'il ne voulait pas être général. 

Je vois des gens, qui, avec assez de moyens, ne sont arrivés qu'à une maigre et petite place. Mais que voulaient-ils ? Leur franc-parler ? Ils l'ont. Ne point flatter ? Ils n'ont point flatter et ne flattent point. Pouvoir par le jugement, par le conseil, par le refus ? Ils peuvent. Il n'a point d'argent ? Mais n'a-t-il pas toujours méprisé l'argent ?" p. 76

Pour s'abstraire des pensées négatives, Alain insiste sur le bienfait de l'action, du travail libre. L'ennui est rapidement source de malheur, et plutôt que de subir, mieux vaut agir. Peu importe les difficultés alors rencontrées, elle n'apporteront que plus de valeur au but atteint.  

Ainsi, une bonne humeur générale pourra se répandre, marque de la politesse élémentaire, et le bonheur s'épanouira : "On peut le semer le long des rues, dans les tramways, dans les kiosques à journaux ; il ne s'en perdra pas un atome. Elle poussera et fleurira partout où vous l'aurez jetée."

Un court essai résolument optimiste.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

Article de Sciences Humaines 

 

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Prix BD Fnac 2016

Publié le par Hélène

Et le gagnant est ...
 

Il était mon préféré, j'en parle ICI 

 

L'an dernier Un océan d'amour de LUPANO et PANACCIONE  remportait le prix. 

Publié dans Sélection BD

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L'homme qui savait la langue des serpents de Andrus KIVIRÄHK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En des temps lointains, les hommes habitaient les forêts et conversaient avec les serpents. Les animaux n'avaient pas de secrets pour les hommes et tous vivaient en harmonie. Puis les hommes ont commencé à quitter la forêt pour fonder des villages, et peu à peu, ils ont perdu ce don millénaire. Leemet est un des derniers à connaître la langue des serpents, un des derniers survivants à refuser de gagner le village. Il vit encore dans la forêt avec sa mère, son oncle, et sa soeur qui s'amourache d'un ours. A ses côtés, ses meilleurs amis, Ints, un serpent, et deux australopithèques qui élèvent deux pous géants, qui cohabitent également avec Ülgas respectueux des génies et des rituels archaïques, Tambet enfermé dans ses croyances et ses délires identitaires et  Meeme, qui ne semble plus avoir toute sa tête. Ces chasseurs cueilleurs sylvestres refusent de céder aux sirènes de la modernité incarnées par le village régi par des chevaliers teutons qui cherchent à les christianiser. 

Dans une époque médievale réinventée, Leemet est le dernier homme qui voit la vie de ses ancêtres disparaître peu à peu vers la modernité de la civilisation. Il rêve encore des temps anciens durant lesquels la salamandre, poisson titanesque, veillait sur le monde. Toutefois l'auteur n'idéalise pas ce monde sauvage, il mène davantage une réflexion sur ce que signifie être le dernier homme, celui qui résiste envers et contre tout, fidèle à ses valeurs. Mais seul. Désespérément seul. Il montre que "nous sommes toujours les modernes de quelqu'un, car toute tradition a un jour été une innovation" (postface de Jean-Pierre Minaudier). Ainsi il permet d'élargir la réflexion sur l'avenir des petits peuples, des minorités souvent opprimées par leurs voisins.

"Mais face au temps qui passe et à un monde qui change à un rythme de plus en plus vertigineux, nous sommes tous (ou nous serons tous un jour) des Indiens, des Bretons, des Leemet : vivre en faisant le moins de dégâts possible autour de soi, c'est accepter l'inévitable tristesse de tout cela, sans se vautrer dans le conformisme et la bêtise qui triompheront toujours, sans pour autant verser dans la haine ni se réfugier dans l'idéalisation d'un passé fantasmé, qui est une autre forme d'hérésie." postface 

Ce roman a connu un immense succés en Estonie, sans doute en raison de son humour et de sa dimension pamphlétaire qui offre un regard acéré sur l'époque et sur l'histoire de l'Estonie,  de son peuple. 

Un roman original à recommander. 

 

Présentation de l'éditeur : Le tripode 

D'autres avis : Le Monde ; Babélio 

 

Merci à Phili pour le conseil ! 

 

L'homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk, traduit de l'estonien par Jean-Pierre Minaudier, Editions Attila, 2013, 421 p., 

 

Lire le monde avec Sandrine pour l'Estonie

Publié dans Littérature Europe

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Les ingratitudes de l'amour de Barbara PYM

Publié le par Hélène

♥ ♥

Dans les années 60 Dulcie une femme de 31 ans vient de rompre ses fiancailles avec Maurice, parce que ce dernier ne pensait pas qu'ils étaient accordés. Elle se rend à un colloque et rencontre Viola, et Aylwin Forbes, directeur d'une revue. Elle sera amenée à revoir l'un et l'autre, menant même une enquête sur le séduisant Aylwin.

Mes réticences : Depuis quand est-on une vieille fille à 31 ans ???!!! Oui je sais, à autre époque autres moeurs (nous sommes dans les années 60), mais voilà pour moi le défaut de ce roman : il a mal vieilli. 

De plus j'ai trouvé les personnages falots et ternes, Viola m'a profondément exaspérée et quant à Dulcie, je n'ai guère apprécié son personnage tout aussi terne qui subit sa vie et la rêve en courant après un inconnu dans l'espoir de la remplir. Pour ces êtres esseulés, le mariage est un moyen de pallier à ce manque quitte à faire des mauvais choix, ou des choix surprenants.  

Une atmosphère qui ne m'a pas interpellée...

 

D'autres avis : Papillon  ; Keisha  ; Urgonthe  (beaucoup plus enthousiastes que moi ) (et je sens qu'elles vont monter au créneau en me lisant...) (à noter que je suis prête à faire un effort et à tenter un autre titre plus attrayant de l'auteur sur vos conseils...) 

Vous aimerez aussi : Natasha Solomons Le manoir de Tyneford ; Sucré, salé, poivré de Mary Wesley ; Molly Keane Chasse au trésor  

 

Les ingratitudes de l'amour, Barbara Pym, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, 10-18, 1988

Publié dans Littérature Europe

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Maison des autres de Silvio D'Arzo

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il vous vient de drôles d'idées, parfois." p.67

Un vieux prêtre officie dans un petit village dans les montagnes de l'Apennin. Ses jours s'écoulent  dans la lenteur des tâches quotidiennes. Un jour, une vieille lavandière pauvre et seule cherche à lui poser une question cruciale. 

Ce texte est fait de trois fois rien. Juste la vie qui s'écoule dans ce village, la vie de la montagne dans toute sa rudesse avec le travail, la solitude, le climat ardu. Une vie de labeur qui rapproche  quelquefois les hommes des animaux. Une succession absurde des jours et des nuits, une vie figée dans la répétition d'un quotidien lassant. Les saisons se succèdent sans rompre ce cercle de la vie :

"Ici en haut, il y a une certaine heure. Les ravines et les bois, les sentiers et les pâturages deviennent d'une couleur vieille rouille, puis violette, puis bleue : dans le soir naissant, les femmes soufflent sur leurs réchauds, penchées au-dessus des marches, et le bruit des clarines de bronze arrive clairement jusqu'au village. Les chèvres se montrent aux portes avec des yeux qui semblent les nôtres." p. 72

Ainsi, page après page, jour après jour, la question de la vieille prend tout son sens...

Silvio d'Arzo offre un récit tout en délicatesse et retenue porté par une prose poétique qui finit néanmoins par sublimer le quotidien. Un très beau texte. 

 

Présentation de l'éditeur : Editions Verdier 

D'autres avis : Dominique 

 

Merci à Dominique pour le conseil.

 

Maison des autres suivi de Un moment comme ça, Silvio d'Arzo, traduit par Philippe Renard et Bernard Siemone, Verdier collection "Terra d'altri", 1980, 10.96 euros

Publié dans Littérature Europe

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La dernière frontière de Howard FAST

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

1878. Les indiens cheyennes parqués en territoire indien en Oklahoma ne supportent plus leurs conditions de vie âpres, passés dans cette "étendue poussiéreuse, brûlante et cuite au soleil, de terre sèche, d'herbes jaunies, de pins rabougris et de rivières asséchées." Malades, affamés, désespérés, ils décident de regagner leur terre sacrée des Black Hills.  Trois cent d'entre eux partent, avec à leur trousse des soldats et des civils qui refusent que ces hommes fiers bafouent les traités que les blancs ont mis en place, traités qui ont spolié les indiens de leurs terres et les ont parqués dans des réserves. La dernière frontière conte l'odyssée de ceux qui n'avaient que le tort de penser que le sol sur lequel ils avaient vécu était le leur, le voyage tourmenté d'hommes et de femmes qui voulaient juste rentrer chez eux ! 

"Le mot freedom -liberté-, savez-vous d'où il vient ? Du vieux saxon, free (libre), et doom (mort). Alors songeons à ce qu'il a signifié : le droit pour tout homme de choisir la mort plutôt que la servitude." p. 120

Alors même si 1600 km les séparent de leur terre promise, les cheyennes ont décidé de se battre pour leur dignité, Leur chef Little Wolf estimant que la mort est toujours  préférable au statut d'esclave.

Little Wolf @http://www.digitalhistoryproject.com/

C'est la fin d'un monde qui s'ouvre sous nos yeux. Une page se tourne, laissant derrière elle une époque révolue où les bisons peuplaient les plaines et les indiens cheyennes étaient des êtres arrogants, fiers et beaux. A présent, ils ne sont plus que des ombres décharnées et traquées par l'administration américaine. La cavalerie qui les piste est étonnée de rencontrer des êtres qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, des êtres glaçants, déjà des fantômes de l'histoire. 

La question centrale du roman apparaît rapidement : "pourquoi un groupe minoritaire dans notre République ne peut-il légalement occuper le pays qu'il a habité pendant des siècles ?" L'égalité n'est qu'un leurre, la démocratie américaine a ses revers meurtriers pointés brillamment du doigt par Howard Fast dans ce roman poignant de 1941, roman inspiré de faits historiques et réédité ici en français dans une nouvelle traduction par les éditions Gallmeister. 

Un grand roman sur l'anéantissement d'un peuple.

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

D'autres avis :  Babélio

 

La dernière frontière, Howard Fast, traduit par Catherine de Palaminy, Gallmeister, mai 2014, 320 p., 10.20 euros

 

 

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Les dix ans de Gallmeister...

Publié le par Hélène

ça se fête !

Avant il y avait les 10/18, la collection "Terres d'Amérique" chez Albin Michel. La claque de "Là où se trouvait la mer", le serrement de coeur à la lecture de "Dalva", l'univers indien vu de l'intérieur avec Sherman Alexie...  Des grands espaces, des hommes aux valeurs fortes, une nature-refuge.

Puis en 2006, miracle, une maison d'édition se crée, entièrement consacré à ces récits de "L'Amérique grandeur nature" 

Depuis 2006, les éditions Gallmeister se consacrent à la découverte des multiples facettes de la littérature américaine, devenant ainsi l'unique éditeur français à se spécialiser exclusivement dans ce domaine. D’est en ouest, les auteurs américains décrivent et interrogent les beautés et les contradictions de leur immense territoire et de ses habitants. Détectives privés de la côte ouest ou guides de pêches de la côte est, traders new-yorkais ou cow-boys mélancoliques sont autant de représentations d'une Amérique plurielle. Ces icônes mythiques, sous la plume d’auteurs rompus à l’observation d’un monde en perpétuelle mutation, deviennent des compagnons de choix pour la découverte de ce fascinant continent. 

Dans la lignée de Thoreau ou d'Emerson, des auteurs comme Edward AbbeyRick Bass ou Pete Fromm se font les observateurs subtils du monde naturel. Leurs écrits ne prennent pas simplement la nature pour cadre : ils en font un élément central de la narration, qui marque profondément le destin des hommes. D’autres auteurs comme Craig Johnson, Trevanian ouBenjamin Whitmer représentent la part d’ombre de cette littérature et nous guident dans les dédales obscurs de la société américaine à travers leurs romans policiers. Dignes héritiers de Kerouac ou de Vonnegut, certains écrivains comme Tom Robbins ou William Wharton portent quant à eux un regard frondeur et critique sur l’american way of life, pointant les failles du rêve américain."

Mes premières lectures fébriles  Ma famille et autres animaux Petit traité de philosophie naturelle  ; Indian creek ; L'or des fous  Toutes des coups de foudre...

La claque de Sukkwan island et de sa page 113, roman qui m'a permis de rencontré Oliver Gallmerister en 2010 dans le cadre du Prix des lecteurs de l'Express. Un homme bienveillant, accueillant, accessible qui m'a conseillé de lire Le gang de la clé à mollette, un de ses préférés de son catalogue. A noter que c'est aussi après cette soirée que j'ai décidé d'ouvrir mon propre blog. 

Plus tard Lonesome dove  qui a marqué le début de ma passion pour les Cow-boys partagée par Keisha. 

Les débats passionnés avec Juliette the first pour savoir qui de Stoney (Dérive sanglante et Casco bay)  ou de Dahlgren (La rivière de sang) était le plus sexy (Dahlgren for ever)

Les fous rire avec d'autres blogueurs-lecteurs à la lecture du Le signal  parce qu'on ne comprenait rien à cette histoire de balise

Les cow-boys encore et toujours avec les excellents  Contrée indienne ; Le tireur ;  Homesman ; La colline des potences 

La découverte de Johnson après plusieurs essais infructueux  (Dark horse)

Les autres McMurtry en espérant retrouver le frisson de Lonesome Dove : La dernière séance ; Texasville ; Et tous mes amis seront des inconnus de Larry McMURTRY ; Saloon des derniers mots doux 

Les Ross McDonald et leur univers surranné : La côte barbare ; Cible mouvante ; Noyade en eau douce

Et les autres aimés :  Alaska ;Montana 1948 ;Avant la nuit de Pete Fromm ; moins aimés : Désolations ; Animaux solitaires ; Même les truites ont le vague à l'âme Totally killer de Greg Olear 

 

Y revenir comme on revient au port, pour se ressourcer, retrouver les siens et un monde connu avec des valeurs auxquelles on s'identifie comme avec  Lettres pour le monde sauvage

 

Et j'ai quand même fini par suivre de conseil du grand chef et découvert l'univers déjanté du 

Le gang de la clé à mollette 

 

Au total 31 titres lus, il était donc simple pour moi de m'inscrire au challenge de Lea Touch Book, d'autant plus que ma PAL regorge bien sûr de titres qui m'attendent sagement :

La dernière frontière (Lu, billet prévu demain) ;

Sortilèges de l'ouest de Schultheis ;

L'homme qui marchait sur la lune ;

Testament d'un pêcheur à la mouche ;

Rencontres avec l'archidruide  ;

Rêves arctiques ;

En vol de Tennant ;

Le livre de yaak de Rick Bass ;

Truites de cie de Gierach ;

Le camp des morts de Johnson

 

Pour conclure je n'aurai qu'un seul mot : merci Oliver ! et merci à son équipe, Marie-Anne, Ekaterina toujours à l'écoute !

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Patagonia Tchou-tchou de Raul ARGEMI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Deux hommes embarquent à bord de "La Trochita " un train qui parcourt la patagonie argentine. Leur but est d'intercepter le frère d'Haroldo, "Beto" prisonnier en transit. Pour cela ils se proposent de prendre en otage les passagers du train. Mais rien ne se passe exactement comme prévu, les évènements cocasses s'enchaînent... La situation échappe rapidement aux deux pseudo-brigands : ils sont déconcertés face à deux femmes très attirantes à côté desquelles il est difficile de se concentrer, ils doivent faire face à un accouchement impromptu, ils se trouvent obligés de séquestrer un sénateur véreux, et pour couronner le tout, Beto ne semble plus avoir toute sa raison, ce que réfutent les touristes allemands qui voient en lui un leader charismatique. 

Vous l'aurez compris, Haroldo et Genaro sont deux dingues au grand coeur qui vont se heurter à plus dingue qu'eux... Haroldo a beau être le petit fils de Butch Cassidy "du côté de sa mère, ou de sa tante, ce n'était pas très clair", il ne possède pas son talent et sa férocité. Il doit s'adapter au rythme lancinant du tortillard qui parcourt inlassablement la pampa et au flegme légendaire des argentins. 

Patagonia tchou tchou est un roman d'aventures tonitruant, une fable qui propose discrètement en filigrane une satire sociale et politique. 

 

La trochita

 

Présentation de l'éditeur : Payot et rivages 

D'autres avis : sur Babelio 

 

Patagonia tchou-tchou de Raul Argemi, traduit de l'espagnol (Argentine) par Jean-François Gérault, Rivages noir, 2010, 272 p., 8.65 euros

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Les pirates ! dans une aventure avec les baleines de Gidéon DEFOE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ 

Déjanté, décalé, un bol d'air frais qui sent bon les embruns !

Les pirates constatent quelques fuites sur leur vieux rafiot, et décident alors de s'adresser à Cutlass Liz, "La Bouchère de la Barbade" pour acquérir un nouveau bateau. Ils choisissent un des plus beaux et performants pour ne pas faillir à leur réputation. Mais leurs caisses sont vides et il va leur falloir rapidement trouver une aventure pour les remplir et rembourser la terrible Cutlass Liz sans quoi ils risquent de servir d'appât aux requins. 

Ils tentent une incursion dans le show biz à Las Vegas sans grand succés, suivent une carte au trésor mais le trésor est plus spirituel que réel, envisagent de fabriquer des animaux en coquillages pour les vendre, avant de revenir à leurs premières amours : la piraterie... sauf que quand ils attaquent par mégarde le bateau du capitaine Achab, rien ne va plus, il vont devoir réparer leur erreur. Ils n'ont pas d'autre choix de traquer avec le capitaine sa baleine blanche insaississable...


Un capitaine qui prend les poissons pour des sirènes, des plans pour attirer la baleine plus loufoques les uns que les autres, des shanty à tout va, des citrons en guise de boulets de canon, des pirates sentimentaux et finalement follement attachants, de quoi passer un excellent moment ! Les aventures des joyeux trublions nous délivre quelques enseignements au passage : de l'intérêt de payer ses dettes, de ne pas chercher à impressionner les jolies filles, et de l'intelligence de savoir se limiter à ce que l'on sait faire...

Vivifiant ! 

 

Présentation de l'éditeur : Le dilettante 

D'autres avis : YvesYs 

Vous aimerez aussi : Les pirates, une aventure avec les savants ! 

 

Les pirates ! dans une aventure avec les baleines, Gidéon Defoe, traduit de l'anglais par Thierry Beauchamp, J'ai lu, 6.20 euros

Publié dans Littérature Europe

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Trois chambres à Manhattan de Georges SIMENON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Deux êtres esseulés se rencontrent un soir de désoeuvrement. Ils passent la nuit à marcher dans New York, fuyant leur quotidien, comme deux inconnus qui se raccrochent l'un à l'autre par peur de retrouver leur solitude.

Combe est un acteur cinquantenaire sur le retour après avoir connu le succés en France. Sa femme, elle aussi actrice, vient de le quitter pour un homme bien plus jeune. Il  vit depuis six mois à New York tentant d'apprivoiser sa solitude. Kay est une trentenaire entre deux vies, entre deux portes, logeant chez une amie et se retrouvant sans toit temporairement. Elle décide de jeter son dévolu sur le premier venu. Ce sera Combe. 

Au fil de leurs pérégrinations nocturnes, les deux êtres comprennent "la valeur inestimable d'un contact humain"

"Il était seul, avec sa chair triste. Et il avait rencontré Kay. Et ils avaient plongé tout de suite aussi loin dans l'intimité de leurs êtres que la nature humaine le permet.

Parce qu'ils avaient faim d'humain." 

Peu à peu des liens se tissent, une relation s'esquisse la chambre d'hôtel ils passent à la chambre de Combe puis à la chambre dans laquelle logeait Kay avec son amie. Mais peut on s'abstraire du passé et recommencer à faire confiance ? Recommencer sa vie ? Avec au fond du coeur la peur de perdre l'autre ? Avec cette jalousie rivée au corps ? 

Dans cette ville fantôme, Simenon offre un roman rès cinématographique marqué par la finesse de l'analyse psychologique. Il s'inspire de sa propre expérience puisque à  42 ans Simenon rencontre à New-York une jeune canadienne de 25 ans avec qui il aura trois enfants et vivra une liaison tumultueuse pendant 15 ans.

Pas d intrigue policière à la Maigret dans cet opus, juste la solitude de deux êtres qui se frôlent... 

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche 

Vous aimerez aussi

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Simenon organisée par Sandrine l'initiatrice du voyage littéraire Lire le monde 

Publié dans Littérature Europe

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