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Les trois saisons de la rage de Victor COHEN HADRIA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Un roman plaisant qui nous emporte sur les traces d'un médecin de campagne au XIXème siècle.

  

L’auteur :

 

Victor COHEN HADRIA est producteur et réalisateur de fictions et de documentaires et romancier.

 

L’histoire :

 

La première partie du roman est constitué d’un échange épistolaire entre le docteur Le Cœur, médecin de campagne en Normandie, et le docteur Rochambaud, médecin militaire. L’action se passe en 1859 sous le règne de Napoléon III. La deuxième partie du roman s’attache au docteur Le Cœur en nous livrant son journal intime. Dans cette partie, il raconte son quotidien de médecin, mais aussi ses aventures galantes…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La construction originale, en creux, le prologue trouvant écho en l’épilogue. L’échange épistolaire de la première partie suscite l’intérêt et permet de se lancer facilement dans la lecture. De plus, la fin est cohérente et relie l’ensemble.

-          L’évocation de ces paysans et bourgeois du XIXème siècle : le docteur Le Cœur plonge dans leur intimité et nous offre des portraits très fins et vivants de ces hommes et ces femmes reflets d’une époque. Il aborde des sujets très variés les concernant : les mariages arrangés, la religion et les superstitions omniprésentes, les tromperies nombreuses et variées…

- Les réflexions des médecins : la confrontation entre la science –encore lapidaire- de ces hommes et la réalité qu’ils rencontrent est l’objet de réflexions qui ont finalement un caractère universel. La science aura beau progresser, resteront des zones d’ombre inhérentes à la vie.

 

 « Je me reproche de n’avoir pas vu la détresse de Pierre Daubois, j’espérais qu’il trouverait la ressource de surmonter son état. Mais il en est des conformations humaines comme des mystères de la Nature, les mêmes causes ne donnent pas toujours les mêmes effets. Il nous manque la science pleine des choses pour déchiffrer pourquoi elles surviennent. Nous sommes des aveugles qui n’éprouvons le monde que lorsqu’ils s’y cognent, tout le reste n’est que le fruit de notre imaginaire. » (p.227)

 

- Le personnage de Le Cœur, pris soudain dans des tourments érotiques qui lui permettent d’oublier un instant les duretés qu’ils côtoient.

-          Le talent de conteur de l’auteur pour finir : pas un instant il n’ennuie le lecteur tant sa verve est communicative…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai trouvé quelques longueurs dans le journal de Le Cœur (le roman fait quand même 458 pages…) Certains passages auraient mérités d’être allégés. Néanmoins, c’est une lecture agréable qui file.

 

Première phrases :

 

« Elle a demandé à Madame Maurasse d’ouvrir les volets et les fenêtres de façon à chasser les miasmes de l’hiver. La demeure paraît vivante, comme ressuscitée, tout juste si elle ne perçoit pas les parfums de rôtis et de confitures flottant dans le couloir. Le carrelage en damier du vestibule est légèrement terni, abrasé par les pieds des malades qui l’ont piétiné pendant trois générations pour rejoindre l’antichambre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La maladie de Sachs de Martin WINCKLER

 

Merci à Judith OTT des Editions Albin Michel pour cette belle découverte.

 

Les trois saisons de la rage, Victor COHEN HADRIA, Albin Michel, août 2010, 458 p., 22 euros

 

1pourcent

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Terre et cendres d’Atiq RAHIMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un roman fort, concis, allant à l'essentiel et remuant en nous des sentiments tristes et profonds.

 

L’auteur :

 

Atiq RAHIMI est un romancier et réalisateur qui a la double nationalité afghane-française. Il fuit l’Afghanistan en 1984 et demande l’asile politique à la France. Il a obtenu le prix Goncourt en 2008 pour Syngué Sabour, pierre de patience.

 

L’histoire :

 

Nous sommes en Afghanistan durant le conflit qui oppose le pays à l'Union Soviétique.

Un vieil homme attend en compagnie de son petit fils qu'on lui libère le passage pour se rendre vers son fils travaillant à la mine. Il doit lui annoncer que tous les siens sont morts dans un bombardement du village.

En attendant, il parle, divague, pense, suivant les entrelacs de ces pensées. A ses côtés son petit-fils ne comprend pas encore toutes les implications de cette guerre qui est pourtant son quotidien et lui a ravi ses proches.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La façon très subtile dont est évoquée la guerre : roman poétique, fort et dense il suggère cette horreur sans réellement la décrire, mais ici, les suggestions sont plus fortes que les descriptions.

-         Le style : Les phrases sont courtes, comme si le narrateur, ce vieillard qui a vu la mort de près, manquait de souffle pour raconter. Il cherche ses mots, il ne sait pas encore comment il va dire à son fils qu'il a tout perdu, il a peur, parler le rassure. Les mots couvrent le désespoir qui l'habite, ils ont le pouvoir d'extraire de lui l'horreur vécue.

L'enfant lui, a décidé de se taire, devenu muet pour mieux garder en lui peut-être le souvenir des gens qu'il a aimé et qui ont péri dans le bombardement du village.

-         L’atmosphère : c'est un roman très statique puisque la majorité de l'action se passe devant cette barrière, à ce poste, puis dans la mine dans laquelle travaille le fils. Le décor est un pont auprès duquel attendent le grand-père et son petit-fils. Ils sont cernés par la poussière de la route, abrutis par la chaleur. L'atmosphère est prégnante, le lecteur lui-même est au bord de ce pont, ou dans la guérite du gardien, observateur impuissant de cette tristesse profonde née d'une guerre absurde.

-         Il s'agit du premier roman d'Atiq Rahimi, et il reste mon préféré. Très poétique, il dit l'essentiel sans fioritures, et marque ainsi plus fortement l'esprit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Evidemment, c’est triste…

 

 Premières phrases :

 

« -J’ai faim

Tu sors une pomme du baluchon rouge go-e-reb, et tu la frotte contre ton vêtement poussiéreux. La pomme n’en est que plus sale. Tu la remets dans le baluchon, en sors une autre, plus propre. Tu la tends à ton petit-fils, Yassin, qui est assis près de toit, la tête contre ton bras fatigué. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Un Dieu, un animal de Jérôme FERRARI (qui me fut conseillé par Atiq Rahimi lui-même rencontré lors d’une vente signature…)

 

Terre et cendres, Atiq RAHIMI, POL, Janvier 2005, 92 p., 9.50 euros

POCHE : Terre et cendres, Atiq RAHIMI, Folio, mars 2010, 90 p., 4 euros

Publié dans Littérature Asie

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Que tous nous veuille absoudre de Stéphanie JANICOT

Publié le par Hélène

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 ♥

Un roman très actuel…

 

L'auteur :

 Stéphanie JANICOT est une romancière  française. Elle travaille dans le journalisme tout en publiant parallèlement des romans sur la société contemporaine.

L’histoire :

Place de la Contrescarpe un petit garçon borgne scande plusieurs fois par jour ses prophéties. Les habitants de la place sont troublés par cet être venu d’ailleurs. Parmi eux Saar, ancienne journaliste de guerre se remet doucement de l’attentat qui a coûté la vie à son mari Solel et l’a laissée estropiée. Elle va tenter d’approcher l’étrange Immanouel tout en reconstruisant pierre après pierre les ruines de sa vie.

Ce que j’ai aimé :

-          La facilité avec laquelle Stéphanie Janicot campe des histoires si proches de nous. Le lecteur devient le temps de ce roman un habitant de la place de la Contrescarpe, mû par les mêmes questionnements, les mêmes doutes devant la vie et la même fascination pour ce petit prophète.

-          Les rapports humains sont très subtilement décrits. Stéphanie évoque notamment la culpabilité qui se terre au sein des familles : celle des parents qui ne parviennent que peu à influer sur la vie de leurs enfants, celle des enfants qui regrettent parfois de na pas être en adéquation avec les attentes de leurs parents.

-          Les contradictions de ce métier particulier qu’est le journalisme de guerre hantent la jeune Saar qui a le sentiment de s’être « rassasier au grand festin de la rage et du ressentiment. » (p. 71).

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je n’ai pas vraiment adhéré à ce roman auquel pourtant je reconnais des qualités. Sans doute parce qu’il ne répond pas à ce que j’attends d’une lecture : l’évasion. Je suis restée à Paris, dans une famille qui ressemble à la mienne, engluée dans des questions qui sont sans doute les miennes mais qui n’ont pas trouvé de réponses en ces pages, bref je n’ai pas décollé.

Premières phrases :

« Un rayon de soleil se glisse par ma fenêtre entrouverte. Assise sur mon vieux canapé en velours, je m’étire pour le sentir caresser ma jambe morte, il me semble émerger d’un interminable hiver. »

 

Que tous nous veuille absoudre, Stéphanie JANICOT, Albin Michel, août 2010, 265 p., 19 euros

Merci à Judith OTT des Editions Albin Michel pour cette découverte.

TAGS : Littérature française - Famille - Journalisme de guerre - Prophète- Deuil

 

1pourcent

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La double vie d’Anna Song de Minh Tran HUY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

« La vie, c’est passer son temps à se préparer à quelque chose qui n’arrive jamais »

 

L’auteur :

 

Minh Tran Huy est une journaliste et romancière d’origine vietnamienne. Elle a publié son premier roman La princesse et le pêcheur en 2007.

 

L’histoire :

 

L’histoire est inspirée d’une histoire vraie : celle de la pianiste Joyce HATTO, connue pour avoir défrayé la chronique en 2007.

Lors du décès de sa femme Anne Song, pianiste, son mari et producteur Paul Desroches se plonge dans ses souvenirs pour la faire revivre dans son cœur.  Par son intermédiaire le lecteur va découvrir le destin particulier de la jeune pianiste : de leur rencontre aux confins de l’enfance à leur union maritale et artistique, en passant par une période d’éloignement source de souffrances pour Paul. Pendant qu’il raconte, le scandale éclate : Anna Song n’aurait pas enregistré une seule note de sa discographie, son mari aillant « emprunté » ailleurs ses morceaux…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les personnages : ce sont des êtres de fiction dans toute leur splendeur, ils revendiquent le droit de s’inventer une vie sur mesure, loin des contingences liées au destin qui quelquefois brise ou éloigne les êtres.

-          La structure du récit : entre les chapitres consacrés au récit de Paul, s’intercalent des articles de presse chantant les louanges de la jeune pianiste décédée, puis dévoilant au fil du temps l’imposture découverte par hasard par un ordinateur…

-          L’histoire elle-même, si surprenante, romancée bien sûr par l’auteur qui nous offre une chute vertigineuse… C'est un véritable hymne à l'amour qu'offre Paul à Anna pour prolonger le souvenir pur de celle qu'il n'a jamais cessé d'aimer...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

 

Premières phrases :

 

« Anna Song, une vie un point d’orgue

 

Par Alexis Cambrel, Classique Magazine,

Le 16 juin 2008

 

« La vie, c’est passer son temps à se préparer à quelque chose qui n’arrive jamais » a écrit Yeats. Une phrase qui illustre à la perfection le destin de la pianiste Anna Song, décédée il y a six jours à son domicile, à l’âge de quarante neuf ans. »



Vous aimerez aussi :

 

Corps et âme de Franck CONROY

 

La double vie d’Anna Song, Minh Tran HUY, Actes Sud, août 2009, 192 p., 18 euros

 

Clara en parle aussi.

Publié dans Littérature Asie

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La fortune de Sila de Fabrice HUMBERT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman captivant avec en toile de fond les redoutables milieux financiers.

 

L’auteur :

 

Fabrice Humbert est un écrivain français. Il est professeur agrégé de français et a publié son premier roman en 2001. Son précédent roman L’origine de la violence a été salué par la critique et les lecteurs.

 

L’histoire :

 

Plusieurs destins s’entrecroisent dans ce roman captivant : Sila est un jeune africain émigré en Europe, Mark Ruffle un américain qui s’investit dans l’immobilier, Simon Judal est chercheur dans un laboratoire de mathématiques, son ami Matthieu Brunel est employé dans un établissement de nuit, et enfin Lev Kratchenko est un ancien conseiller de Boris Eltsine, et marié à la belle Elena, professeure.

Tous ces personnages ont en commun d’évoluer dans des mondes dominés par le culte de l’argent et la violence inhérente à ce domaine. Trouveront-ils leur place dans ce monde ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Fabrice Humbert réussit à nous captiver si facilement, que cela en est déconcertant…

-          Les personnages sont attachants, et comme ils sont nombreux, le lecteur peut facilement s’identifier à l’un d’eux.

-          La peinture des milieux financiers et de la mafia russe sonne juste.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’aspect didactique un peu trop marqué : les thèmes de prédilection de Fabrice Humbert sont clairement affichés : la césure ténue entre le bien et le mal, le choix de basculer ou pas, l'argent ne fait pas le bonheur… J’aurais aimé plus de suggestions, de sous-entendus.

 

Premières phrases :

 

« Sila se tenait en équilibre fragile sur l’angle d’un mur de pierre, le pied gauche surélevé par rapport au droit. Là, debout dans le soleil, un grand sourire aux lèvres, il pissait. Et à cette époque, personne n’aurait pu songer qu’il se retrouverait un jour serveur à l’autre bout du monde, attendant dans les cuisines, le nez cassé, qu’on l’emmène aux urgences. »

 

 

Un grand merci à Vincent EUDELINE des Editions Le Passage.

 

La fortune de Sila, Editions Le Passage, août 2010, 320 p., 18 euros.

 

1pourcentPremier billet pour le challenge du 1% de la rentrée littéraire...

 

 

 Sophie est beaucoup plus enthousiaste... 

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La rivière de sang de Jim TENUTO

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

Un nouvel héros est né : Dahlgren Wallace va vous étonner…

 

  L’auteur :

Jim Tenuto est un écrivain américain dont La rivière de sang est le premier roman. Il a servi dans le corps des Marines et a exercé divers métiers. Il écrirait actuellement le deuxième opus des aventures de Dahlgren Wallace.

L’histoire :

Dahlgren Wallace a mené sa vie comme il mène son bateau : aux rythmes du courant. Il a d’abord voulu épouser une carrière de footballeur avant de devoir abandonner, blessé, puis il est devenu soldat dans la guerre du Golfe, et aujourd’hui il est guide de pêche pour Fred Lather. Ce dernier lui demande d’accompagner un couple de milliardaires mormons californiens. Or le mari meurt assassiné à quelques mètres de Dahlgren. Dahlgren va alors se transformer en détective, pour se disculper d’une part, et par goût sans doute aussi…

Ce que j’ai aimé :

-          Le cadre : évidemment qui dit Gallmeister dit grands espaces, nature et pêche pour cet opus-ci. Le lecteur devient peu à peu un pro des mouches sans en avoir jamais vu une de sa vie, c’est un beau tour de force…

-          L’intrigue : de nombreux groupuscules nébuleux s’agitent autour du ranch de Fred Lather : Les Hutterites, colonie pacifiste anabaptiste, les Montana Patriots milice néo-nazie, La Guilde des éleveurs du comté de Gallatin, le PETEM groupe écologiste aux méthodes violentes, ou encore le Club des frères Africains. Qui a intérêt à discréditer le ranch de Fred ? Presque tous. Alors qui est coupable du meurtre du client de Fred ? Le suspens s'installe...

-          L’humour : Dahlgren Wallace n’a pas la langue dans sa poche, il ne semble pas prendre très au sérieux les miliciens qui le menacent et se plaisent à l’enlever. Il cogne quand c’est nécessaire (et il semble que ce soit souvent nécessaire dans ces régions…) Il faut dire pour le défendre que les agents fédéraux censés enquêter ont une fâcheuse tendance à s’endormir ici et là…

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          La facilité avec laquelle Dahlgren se débarrasse de toutes les milices que Fred a sur le dos… Quel talent ce Dahlgren !

Premières phrases :

« Le moment de perfection était proche.

Ma définition de la perfection inclut une rivière, de la solitude, une mouche sèche et une truite. Fabrication de nouveaux souvenirs pour remplacer les vieux. L’eau lente du ruisseau était glacée, d’un vert tourbeux. Aucun autre pêcheur ne troublait le calme des lieux. J’utilisais une de mes cannes favorites, une Granger Victory en bambou refendu âgée d’un demi-siècle, que son précédent propriétaire avait trouvée, enfant, pour cinq dollars dans le fond d’un magasin de bricolage. J’avais monté la mouche moi-même. Une Adams. La mouche à avoir si l’on doit en n’avoir qu’une. »

Vous aimerez aussi :

Dérive sanglante de William G. TAPPLY

 

La rivière de sang, Jim TENUTO, Gallmeister, juin 2006, 320 p., 23.90 euros

 

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Melnitz de Charles LEWINSKY

Publié le par Hélène

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                                                  ♥ ♥ ♥

L’histoire passionnante d’une famille juive suisse sur plusieurs décennies.

  

L’auteur :

 

Charles LEWINSKY est un écrivain suisse, également metteur en scène et dramaturge.

 

L’histoire :

 

Nous suivons l'histoire de la famille Meijer, famille juive suisse, de 1871 à 1945. Le roman s'ouvre sur Salomon, boucher, sa femme Golda et leurs deux filles Mimi et Hannele, fille adoptive du couple. Les jeunes filles sont en âge de se marier et elles vont user de tous leurs charmes pour séduire ce mystérieux cousin, Janki arrivé un soir à l'improviste. C'est ainsi que s'ouvre cette grande saga passionnante qui balaie la fin du XIXe siècle et la moitié du XXe, avec au centre des décennies la guerre franco-prussienne, la guerre de 14-18, et la Seconde Guerre mondiale. Chacune des parties est basée sur une décennie et par conséquent sur une génération de la famille différente à chaque fois. Les personnages évoluent au fil de l'actualité des époques, observée par l'oncle Melnitz, fantôme qui se charge de les rappeler à l'ordre quand la nécessité se présente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le côté « saga familiale » : à la fois comédie par ses chapitres légers quand il s'agit de mariages ou de naissances, mais aussi drame quand les guerres s'introduisent au cœur de la petite histoire pour la bouleverser.

-          Le fait qu'il s'agisse d'une famille juive qui ressent les évènements du début du siècle, famille juive suisse de surcroît donne un éclairage sur l’Histoire très original

-          Le découpage en décennies fait qu'on ne colle pas entièrement à chaque destin, on retrouve quelquefois le personnage qui était le héros d'une partie des années plus tard, et ce n'est plus lui qui est au centre de l'histoire. Cet aspect gigogne rend le roman passionnant et enrichissant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La prolifération des personnages au fil des époques peut faire perdre le fil.

 

Premières phrases :

 

" Après sa mort, il revenait. Toujours.

Le dernier jour de la semaine de deuil, lorsque la perte s'était fondue dans le quotidien, que la douleur, il fallait déjà la chercher, telle une piqûre d'insecte hier encore urticante et aujourd'hui devenue à peine perceptible, quand on avait mal au dos à force de rester assis sur les sièges bas imposés aux survivants, pour ces sept jours, par l'antique coutume, il revint, avec le plus grand naturel, pénétra dans la pièce au milieu des autres visiteurs, dont rien en apparence ne le distinguait."

 

Vous aimerez aussi :

 

La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

 

 Melnitz, Charles LEWINSKY, Grasset, septembre 2008, 22.90 euros

POCHE : Melnitz, Charles LEWINSKY, Livre de poche, mai 2010, 9 euros

 

TAGS : Littérature suisse - Famille - Saga - Guerre -Antisémitisme

Publié dans Littérature Europe

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Par-dessus bord de Kenneth COOK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L’histoire émouvante d’un pêcheur qui aimait un peu trop les bateaux…

 

L’auteur :

Kenneth COOK est un écrivain australien décédé en 1987. Par-dessus bord fut publié en 1967, traduit et édité en France en 2007.

 

L’histoire :

Jack Forster, pêcheur dans un petit port australien, secourt le Santa Maria, un thonier appartenant à des Italiens. L’un d’eux se noie accidentellement, aussi les propriétaires du bateau qui leur a porté malheur décident-ils de le vendre. Jack se porte alors acquéreur, même s’il doit se ruiner pour rassembler l’argent nécessaire. Il pense néanmoins qu’il remboursera rapidement ses dettes puisque la saison du thon commence…

 

Ce que j’ai aimé :

-          Le portrait émouvant de cet homme aveuglé par son attirance pour le bateau : il voit danser devant ses yeux optimistes les tonnes de thons qu’il pourrait rapporter et l’argent qu’il gagnerait ainsi. Oubliant toute prudence, il va s’accrocher à ce rêve et le mener jusqu’au bout…

-          Les scènes qui se déroulent en mer, dignes des plus grands écrivains de romans maritimes.

-          La spirale de l’endettement minutieusement décrite.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Les calculs pécuniers très détaillés.

Premières phrases :

« Alors qu’il mouillait une ancre de soixante-quinze kilos, l’Italien s’empêtra la jambe dans la chaîne et plongea directement par-dessus bord : deux « plouf » successifs, un bouillonnement blanc sur l’eau verte, puis rien que l’eau verte. »

Vous aimerez aussi :

Le dernier mousse de Francisco COLOANE

 

Par-dessus bord, Kenneth COOK, Editions Autrement, janvier 2008, 175 p., 14 euros

TAGS : Littérature australienne - Mer- Dettes- Racisme

Publié dans Littérature Océanie

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Les invités de l’île de Vonne Van DER MEER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥  

Des nouvelles au charme doux et cotonneux…

 

L’auteur :

Vonne Van Der MEER est née aux Pays- Bas, elle travaille en tant que metteur en scène mais écrit également des nouvelles.

 

L’histoire :

La Rose des Dunes est une maison située sur une île aux larges des côtes hollandaises. Elle accueille chaque été de nouveaux locataires. Des familles avec des enfants, des personnes seules venues faire le point, des femmes trahies…

Ce que j’ai aimé :

-          Le fil conducteur donné par la maison : les histoires ne sont pas isolées les unes des autres puisque La Rose des Dunes forme un mince lien qui le réunit. C’est une idée originale qui fonctionne bien.

-          L’atmosphère nébuleuse, le calme que communique comme par magie l’environnement, comme si la mer murmurait des réponses secrètes aux êtres qui la questionne.

 

« Ce coup d’éclat éclaira le ciel et, peu après, elle put lui dire qu’il n’avait plus à se racheter de quoi que ce soit. Que ça s’arrangerait, un jour. Que le temps ferait le reste, le temps, le vent et le sel. » (p. 43)

 

« Tandis qu’elle regardait par la fenêtre le ciel qui s’assombrissait, où ne perçaient plus que quelques traînées de lumière, elle eut l’impression que quelqu’un venait derrière elle et posait une main sur sa tête. Regardait par-dessus son épaule et tendait le doigt vers les premières étoiles, vers quelque chose qui était plus vieux que la douleur qu’elle ressentait. » (p.156)

 

-          L’évocation pleine de charme de ces tranches de vie prises sur le vif.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Le charme diffus de ce roman ne laisse percer aucune réticence…

Premières phrases :

« Il est grand temps que je termine. S’ils ont pris le bateau de midi, ils peuvent être ici dans une demi-heure. Ca m’est arrivé une fois : en nage, contente de mon travail, je ferme la maison , glisse la clef sous le paillasson et les découvre là, plantés à côté d’une carriole de plage où trônent bagages et enfants, au bord du sentier de coquillages. »

Vous aimerez aussi :

Une suite existe intitulée Le bateau du soir.

Battements d’ailes de Milena AGUS

La maison dans les dunes, Vonne Van DER MEER, Editions Héloïse d’Ormesson, avril 2005, 284 p., 20 euros

POCHE : Les invités de l’île, Vonne Van DER MEER, 10/18, juin 2007, 300 p., 7.40 euros

TAGS : Littérature néerlandaise - Nouvelles-   Mer-

 

EmiLit n'a pas été enthousiasmée, Papillon davantage.

Publié dans Littérature Europe

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Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps de Koffi KWAHULE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un magnifique chant aux accents jazzy

  

L’auteur :

 

Koffi KWAHULE est un écrivain ivoirien qui a obtenu en 2006 le prix Ahmadou KOUROUMA pour son roman Babyface.  Il a beaucoup écrit pour le théâtre.

  

L’histoire :

 

Le narrateur s’installe dans une chambre de bonne, rue Saint Maur à Paris.  Il y trouve une bande magnétique visiblement laissée là par le précédent locataire qui s’est jeté sous un train. Sur cette bande ce dernier s’adresse à un mystérieux Monsieur Ki et raconte des histoires qui se déroulent dans un village africain, Djimi, village voisin de celui du narrateur lui-même. Il va alors retranscrire les histoires que raconte cet étrange locataire pour essayer d’éclaircir cette coïncidence…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style : il épouse les rythmes de la rhapsodie, à la fois décousu et unitaire. Chaque personnage a droit à l’improvisation, et si chacun semble rivé dans sa solitude, l’ensemble s’assemble et devient soudain cohérent.

-          Les contes magiques et envoûtants : la sorcellerie tient une place importante et loin d’être tournée en dérision, elle est porteuse d’enseignements philosophiques éclairés :

 

« Les gens croient qu’on meurt parce qu’on est atteint du cancer ou du sida, ou parce qu’on a ceci ou parce qu’on a cela ; on meurt simplement pour la même raison que le soleil brille, que la mer fait des vagues ou que le nouveau-né sourit. On n’a rien fait pour mériter de naître et on ne fera rien pour démériter de mourir. Ne pas tricher avec elle. De toute façon, tôt ou tard, elle aura le dernier mot. Alors que nous coûte-t-il d’être honnêtes avec elle. Ceux qui se suicident sont de mauvais perdants, et on devrait les pendre ! Point à la ligne. » (p. 79)

 

- L’évocation de l’Afrique par ces africains exilés : la nostalgie les émeut et les enserre à la fois :

 

« Comme ça, de but en blanc, un matin un masque entre chez toi, rue Saint-Maur, en plein paris, et te somme de retourner au village au motif que c’est toi que les Anciens et la Confrérie de l’Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale ont choisi pour perpétuer la tradition. Au nom de quel mérite ? Au nom de quel parjure ? Au nom de quoi bon Dieu ? Personne ne sait. C’est ainsi. Ca a toujours été ainsi. Non, mais, où se croient-ils ? C’est fini, ces conneries-là ! » (p. 120)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

  

Premières phrases :

  

"Ki, l'autre signe, le premier, ç'a été cela, la mort de l'oncle Koui Gaspard. parce qu'il désirait être à ma place. Je t'en ai encore parlé l'autre jour, mais ces histoires-là, c'est comme une obsession, une bande magnétique qui se déclence toute seule dans ta tête... Mon destin. Par rapport à l'Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale."

  

Vous aimerez aussi :

 

Verre cassé d’Alain MABANCKOU

 

Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le tempsde Koffi KWAHULE, Editions Gallimard, Continents noirs, janvier 2010, 146 p., 16 euros

 

TAGS : Littérature ivoirienne- Emigration-Sorcellerie-Solitude

Publié dans Littérature Afrique

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