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Le contraire de un d’Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un recueil de nouvelles qui donne toute la mesure du talent d’Erri DE LUCA

  

L’auteur :

 

Erri DE LUCA est un écrivain italien contemporain. Il est aujourd’hui un des romanciers italiens le plus lu dans le monde.

 

L’histoire :

 

Ces nouvelles abordent des thèmes variés, chers à Erri DE LUCA : les groupuscules révolutionnaires italiens, l’alpinisme, la solitude, la multitude. Le caractère autobiographique de ces courts récits est indéniable.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La vision révolutionnaire de ces hommes et femmes qui s’engagent parce qu’ils estiment qu’ils n’ont guère le choix, et peut-être aussi pour être moins murés dans leur solitude :

 

« Ce n’était pas nous les révolutionnaires, mais le temps et le monde tout autour. Nous, nous aidions le mouvement qui dégondait colonies et empires. » (p.32)

 

 « Le degré de rupture à l’intérieur de l’ordre social d’alors ne se mesurait pas à des personnes prêtes à partir pour un front, mais à des citoyens comme elle qui se mettaient à saboter des pouvoirs dans les endroits les plus étranges et les plus difficiles. Le degré de fièvre de cette  Italie n’était pas donné par les surexcités, mais par le pouls des doux, des pacifiques qui collaboraient aux révoltes. Quand ce sont les pensionnaires qui vont à l’aventure, un pays est proche de l’incandescence. » (p. 33)

 

-          Erri DE LUCA parlent aux âmes esseulées qui trompent leur solitude en créant des accords numériques

 

« Nous sommes deux, le contraire de un de sa solitude suffisante. »(p. 118)

 

« Celui qui choisit d’être du côté de la multitude peut-il donc rester éclopé par la perte d’intimité avec une seule personne ? Faire couple avec la multitude ne lui suffit-il pas ? » (p. 134)

 

-          Les nouvelles sur l’alpinisme s’inscrivent dans la même grâce du moment vécu à deux. Elles parlent aux âmes montagnardes…

 

-          La poésie de ces phrases est comme incandescente, elle éclaire les pages d’une aura magique :

 

« Tous nos pas ont suivi un désir. Pour l’exaucer, il a fallu mettre nos pieds dessus et le piétiner. » (p. 119)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« En toi j’ai été albumen, œuf, poisson,

Les ères sans limites de la terre

J’ai traversé dans ton placenta

Hors de toi je suis compté en jours. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Requiem pour l’alpiniste en guerre de Mario RIGONI STERN

 

Le contraire de un, Erri DE LUCA, Traduit de l’italien par Danièle VALIN, Gallimard, nouvelles, janvier 2004, 138 p., 14.50 euros

POCHE : Le contraire de un, Erri DE LUCA, Traduit de l’italien par Danièle VALIN, Folio, mai 2005, 181 p.,  5.60 euros

 

 

Publié dans Littérature Europe

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Drôle de temps pour un mariage de Julia STRACHEY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

Un court récit placé sous l’égide de Virginia WOOLF

 

L’auteur :

 

Julia Strachey était la nièce d’un grand ami de Virginia Woolf. Cette dernière et son mari ont publié son court roman en 1932. Elle fut auparavant mannequin chez Poiret, lectrice pour un éditeur, photographe et auteur de nouvelles…

 

L’histoire :

 

Le 5 mars Madame Thatcham, une veuve de la bourgeoisie, maria sa fille aînée Dolly, 23 ans, à Owen Bigham, 31 ans. Ce court récit raconte cette journée agitée…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La joyeuse agitation désorganisée de cette maison : entre Tom qui insiste pour que son frère change de chaussettes, un abat-jour qui fera beaucoup parler, les domestiques qui reçoivent ordres et contrordres, la tortue qui voyage puis ne voyage plus… L’ensemble crée un tableau tonitruant dans lequel se noient les deux protagonistes Dolly et Joseph.

-          Ces deux-là sont en effet destinés à se manquer, et le gâchis affectif se profilant minute après minute sous l’œil du lecteur évolue vers une autre dimension quand on en apprend davantage sur les personnages et leur passé. La construction dévoile peu à peu des vérités jusqu’ici tapies derrière l’effervescence de cette journée si particulière.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’étourdissement guette le lecteur qui doit persévérer pour ne pas fuir cette maison en folie. La fin justifiera sa constance…

 

Premières phrases :

 

« Le 5 mars, Mrs Thatcham, veuve de la bourgeoisie, mariait sa fille aînée, Dolly, âgée de vingt-trois ans, à l’honorable Owen Bigham. Il avait huit ans de plus qu’elle, et appartenait au corps diplomatique.

Les fiançailles avaient été brèves, comme sont censées l’être des fiançailles, seulement un mois, mais Owen étant attendu en Amérique du Sud fin mars, pour y rester en poste plusieurs années, Dolly avait accepté de l’épouser et de partir là-bas avec lui. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mrs Dalloway de Virginia WOOLF

 

Drôle de temps pour un mariage, Julia STRACHEY, Traduit de l’anglais par Anouk NEUHOFF, Quai Voltaire, mai 2008, 16.50 euros

POCHE : Drôle de temps pour un mariage, Julia STRACHEY, Traduit de l’anglais par Anouk NEUHOFF , La petite vermillon, juin 2009, 117 p., 7 euros

 

 

Merci à Caroline CHABOT des Editions La table Ronde pour ce judicieux choix.

 

D’autres avis chez Laurent, qui a moins aimé, Manu, Lilly ou encore Cathulu, plus enthousiastes.

Publié dans Littérature Europe

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Persépolis de Marjane SATRAPI

Publié le par Hélène

persepolis

♥ ♥ ♥ ♥

Une bande dessinée  devenue indispensable...

 

L’auteur :

Marjane Satrapi est une auteur de bandes dessinées française d'origine iranienne. Elle publie les quatre tomes de Persépolis entre 2000 et 2003 et obtient un beau succés et qu'elle adaptera au cinéma en 2007 avec l'aide de Vincent PARONNAUD.

 

L’histoire :

 

Persepolis est une jeune enfant que nous rencontrons pour la première fois en 1978, à Téhéran, où elle vit. Nous allons la regarder grandir, portée par les évènements politiques (la chute du Chah, la République islamique, la guerre contre l'Irak...). En grandissant, sa verve va poser quelques problèmes dans ce régime dictatorial, aussi, ses parents vont-ils l'envoyer pour quelque temps en Autriche.

 

Ce que j’ai aimé :

-       Marjane Satrapi se sert des dessins de bandes dessinées en noir et blanc pour peindre l'horreur d'un régime dictatorial. Heureusement, la verve et l'humour du texte permettent d'alléger cette œuvre grave si réelle. Souvent, le spectateur rit aux réflexions de l'enfant ou de la jeune femme. Il fallait cela pour supporter la réalité décrite et pour écouter cette histoire jusqu'au bout. Tout est dit subtilement et sans pathos inutile. C'est une bande dessinée marquante, inoubliable.

-       La jeune Persepolis est très attachante : enfant qui n'a pas sa langue dans sa poche, elle est douée d'une intelligence qui lui fait comprendre intensément ce qui se passe autour d'elle. C'est un personnage grave et drôle à la fois et qui connaîtra des années noires lors de son éloignement en Autriche.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Rien

 

Vous aimerez aussi :

 

Le photographe de Emmanuel GUIBERT

 

 

Persépolis, Marjane SATRAPI, L’Association, 14 euros

 

D'autres avis chez Papillon, Théoma, Sylde

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Coyote attend de Tony HILLERMAN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Une passionnante plongée au cœur de la tribu des Navajos

 

 

L’auteur :

Tony Hillerman est un auteur américain qui a publié des romans policiers ethnologiques et des essais. Il nous a quittés en 2008. La plupart de ses romans se passent dans la région des « Four Corners » à la frontière du Nouveau-Mexique et de l’Arizona. Les protagonistes en sont Joe Leaphorn et Jim Chee de la police tribale Navajo.

L’histoire :

Un homme s'amuse à répandre de la peinture blanche sur une montagne proche de la Grande Réserve des Navajos. Delbert Nez, collègue de Jim Chee, cherchait à interpeler le suspect. Malheureusement pour lui, sa mission s'est arrêtée là, puisque ce soir-là, Jim Chee retrouve son collègue mort dans sa voiture en feu. Joe Leaphorn va alors rejoindre Jim Chee et ensemble, ils vont chercher à démasquer le coupable.

Ce que j’ai aimé :

-          L’aspect ethnologique : les romans de Tony Hillerman sont situés sur les territoires des Navajos et des Hopis. Ainsi, les intrigues policières plongent au cœur de données ethnologiques puisque Jim Chee et Joe Leaphorn doivent prendre en compte les mœurs des deux peuples pour comprendre les protagonistes et résoudre les énigmes. Ces romans nous instruisent sur ces peuples avec une vision « de l'intérieur ».

-          Les personnages principaux, Jim Chee et Joe Leaphorn sont attachants et évoluent au fur et à mesure des enquêtes.

-          L’intrigue policière est originale et passionnante.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Un peu abrupt au premier abord, insistez…

-          Il faut quand même s’intéresser un minimum à l’histoire et aux croyances des peuples…

Premières phrases :

« Jim Chee en était à se dire que soit le pneu avant droit était dégonflé, soit il y avait un problème d’amortisseur de ce côté-là. A moins, bien sûr, que le conducteur de la niveleuse n’ait pas vérifié le réglage de sa lame et qu’il n’ait rendu le revêtement de la chaussée incliné. Le fait était que la voiture de police tirait légèrement sur la droite. »

Vous aimerez aussi :

Les romans d’Arthur UPFIELD (non lus)

POCHE : Coyote attend, Tony HILLERMAN, Rivages poche, juin 1992, 272 p., 9 euros

TAGS : Littérature américaine, Indiens 

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La danseuse d’Izu de Yasunari KAWABATA

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

Par le Prix Nobel de Littérature 1968.

  

L’auteur :

 

Yasunari KAWABATA est un écrivain japonais décédé en 1972. Il est un écrivain majeur du XXème siècle. Il sera le premier japonais à recevoir le prix Nobel de littérature. Ses œuvres les plus connues sont « Pays de neige », « Les belles endormies » et « Le grondement de la montagne ». Elles ont en commun d’aborder des thèmes tels que la quête du beau, la solitude et la mort.

 

L’histoire :

 

Ce petit recueil de cinq nouvelles abordent des thèmes variés : dans « La danseuse d’Izu », le narrateur suit fasciné une jeune danseuse et sa troupe, dans « Elégie » il est question de bouddhisme , dans « Bestiaire » d’un homme aimant s’entourer d’animaux divers et variés, dans « Retrouvailles » du passé qui rejoint le présent et enfin « La lune dans l’eau » narre l’histoire d’un couple dont l’homme est mourant.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La poésie qui irradie ces pages, particulièrement dans la première et dernière nouvelle étincèle encore longtemps après avoir refermé le livre. Dans « La danseuse d’Izu » la poésie est comme impressionniste, elle est instillée par petites touches subtiles qui subliment cet homme seul charmé par une jeune danseuse. Il suit les méandres de sa petite troupe, attiré par l’harmonie émanant des forains.

-          La philosophie : « Elegie » peint le portrait émouvant d’une femme qui, après la mort de l’être qu’elle aimait, puise un réconfort dans les textes sacrés du bouddhisme et dans la métempsycose :

 

« Aussi, lorsque je vous invoque, vous qui êtes mort, j’aime infiniment mieux m’adresser à ce prunier vermeil, déjà chargé de boutons et placé devant moi dans le tokonoma, que de vous prêter, dans l’autre monde, l’aspect que vous empruntiez dans celui-ci. » (p.39)

 

-          La dernière nouvelle célèbre l’amour pur d’une femme pour son mari malade. Cette nouvelle brille d’un éclat diamantaire tant elle est somptueuse…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- La nouvelle « Bestiaire » : je n’ai pas bien saisi où voulait en venir l’auteur…

 

Premières phrases :

 

« Le sentier décrivait tant de lacets que je pensais atteindre bientôt le col du mont Amagi. Je voyais approcher l’averse qui blanchissait le bois épais de cryptomérias et qui me pourchassait depuis le pied de la montagne avec une vitesse terrifiante. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le fusil de chasse de Yasushi INOUE

 

 

La danseuse d’Izu, Yasunari KAWABATA, traduit du japonais par S. Regnault-Gatier, S. Susuki et H. Suematsu, Le livre de poche Biblio, octobre 1984, 124 p., 3.33 euros

 

Loumina a moins aimé, Choco davantage...

 

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Publié dans Littérature Asie

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Blues pour Elise de Léonora MIANO

Publié le par Hélène

                      

  

♥ ♥ ♥

Un roman original et vivifiant.

L’auteur :

 Léonora Miano est une romancière d’origine camerounaise. Elle réside en France depuis 1991. Elle publie son premier roman « L’intérieur de la nuit » en 2005 et rencontre aussitôt un vif succès.

 

L’histoire :

 Quatre femmes d’origine africaine évoluent dans Paris. Elles sont en proie à des émois amoureux qui ont tendance à leur compliquer le quotidien. Akasha se remet très difficilement d’une peine de cœur, Amahoro voit son compagnon s’éloigner, Shale est éprise d’un homme peu avenant et Malaïka est décontenancée par la demande en mariage de son conjoint.

 

Ce que j’ai aimé :

 -         La légèreté de ton : cette comédie sociale dresse un portrait coloré de ces femmes appartenant à la France noire. Le rythme est vif, le récit et dynamique, et je me suis laissée emportée avec délice dans cet univers chamaré. Sous l'apparente frivolité de ces "Bigger than life", comme elles ont plaisir à se nommer, se dissimulent des fissures discrètes quelquefois difficiles à assumer. Les hommes quant à eux semblent perplexes, perdus entre des repères liés à l'image traditionnelle de la femme africaine et ces nouvelles personnalités qui émergent.

-         Chaque fin de chapitre est agrémenté d’une ambiance sonore idéale pour la lecture. Sur Facebook, en devenant fan de la page « Blues pour Elise » il nous est possible d’écouter quelques uns des morceaux en question. Cet interface sur des réseaux sociaux est originale et enrichissante.

- Le sous titre du roman "Figures afropéenne. Saison 1" laisse présager une suite qui approfondira je l'espère le destin de ces personnages si attachants.

  

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je pense que c’est avant tout un roman qui plaira aux femmes.

 

Premières phrases :

 « Akasha s’était levée du bon pied : le plus résolu. Elle avait allumé son ordinateur, ouvert la liste de lecture compilant les plus belles chansons de Millie Jackson. C’était sa soul therapy.   Une musique chaude. Sensuelle. Tout allait changer. C’était décidé. »

 

Vous aimerez aussi :

Aya de Yopougon de Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE tome 1

 

 

Blues pour Elise, Léonora MIANO, Plon, octobre 2010, 199 p., 18 euros

 

Site de l’auteur : http://www.leonoramiano.com/

 

Merci à Elizabeth KOVACS pour cette belle découverte. 

 

1pourcent

Publié dans Littérature Afrique

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A quand les bonnes nouvelles de Kate ATKINSON

Publié le par Hélène

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♥ 

 Ce roman n’est ni un roman policier, ni un essai philosophique, mais  simplement un roman bien construit, drôle et profond à la fois, dans lequel chacun peut trouver les réponses à certaines des questions qu’il se pose .

 

L’auteur :

 

Kate Atkinson est une écrivaine américaine installée à Edimbourg. Son premier roman Dans les coulisses du musée publié en 1996 a connu un très beau succès.

 

L’histoire :

 

Alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, Joanna assiste à l’assassinat sanglant de sa mère, de sa sœur et de son petit frère. Encouragée par sa mère mourante elle parvient à s’enfuir et échappe au massacre. L’auteur du crime est arrêté et jeté en prison.

Trente ans plus tard Joanna est une femme qui semble comblée : médecin, elle est mariée à Neil, un mari attentionné, et est maman d’un petit garçon, Gabriel. Elle a la chance de rencontrer de surcroît une « nounou » idéale en la personne de Reggie.

Reggie quant à elle a une vie plutôt chaotique, elle vient de perdre sa mère et est dotée d’un frère fréquentant des milieux peu recommandables… Cet emploi chez Joanna est pour elle une seconde chance, elle trouve là comme une seconde famille.

Aussi, quand, peu de temps après la sortie de raison de l’assassin de sa famille Joanna disparaît, Reggie va remuer ciel et terre pour la retrouver. Elle fera appel pour ce faire à Louise Monroe, inspecteur en chef  et à Jackson Brodie, détective privé rencontré par hasard.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Si cette disparition semble être au centre du roman - sans doute pour appâter le lecteur avide de romans à la trame policière - elle n’est pourtant que prétexte pour aborder des sujets bien plus profonds. Dans ce monde loufoque à la Kate Atkinson, il ne faut pas se fier aux apparences. Les personnages sont beaucoup plus denses qu’ils n’y paraissent, comme la vie beaucoup plus complexe qu’elle ne le semble. Comme le dit un des personnages :

 

« Tout resterait un mystère. Ce qui signifiait, si on y réfléchissait bien, qu’on devait essayer de clarifier les choses au maximum pendant qu’on était encore en vie. Trouver les réponses, résoudre les mystères, être un bon détective. Un croisé. »

 

-         La question du hasard est au cœur du roman, en filigrane. Le train tranquille d’une vie peut dérailler à chaque seconde - plusieurs des personnages outre Joanna en feront l’expérience - l’être humain devant alors puiser assez de force pour continuer à avancer vers la lumière.

 

-         Cette force, Joanna la trouve dans l’amour : « L’important c’est l’amour » répète-t-elle souvent. Amour d’un enfant, amour du prochain, amour dans le couple, amour de la vie tout simplement pour celle et ceux qui sont des rescapés. Et au fond nous sommes tous de cette espèce, puisque la vie est un risque permanent. Si nous sommes encore là, vivants, heureux, c’est sans aucun doute parce que la grande faucheuse nous a épargnés … « Trouver les réponses » pour tenter l’aventure, ce serait lutter contre le hasard en rectifiant sans cesse les trajectoires…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Je n’ai rien à redire

 

Premières phrases :

 

« La chaleur qui s’élevait du macadam semblait emprisonnée par les hautes haies qui les dominaient comme des remparts.

« Accablante », dit leur mère. Elles se sentaient emprisonnées aussi. « On se croirez dans le labyrinthe de Hampton Court, dit leur mère. Vous vous souvenez ?

-         Oui, dit Jessica.

-         Non, dit Joanna.

-         Tu n’étais qu’un bébé, dit leur mère à Joanna. Comme Joseph aujourd’hui. » Jessica avait huit ans, Joanna six. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina MAZETTI

 

A quand les bonnes nouvelles, Kate ATKINSON, Editions de Fallois, août 2008, 366 p., 20 euros

POCHE : A quand les bonnes nouvelles, Kate ATKINSON, Livre de poche, octobre 2009, 466 p., 6.95 euros

 

D'autres avis chez : Keisha, Aifelle, Clara.

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Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

Publié le par Hélène

                                                             Les-annees-douces
♥ ♥ ♥ ♥

Un roman au charme aérien.

 

L’auteur :

Hiromi Kawakami est une romancière japonaise. Elle a reçu en 2000 le prix Tanizaki pour ce roman.

 

L’histoire :

 

Tsukiko, jeune femme trentenaire célibataire, retrouve par hasard son ancien professeur de japonais. Ensemble, régulièrement, ils vont se rencontrer pour boire un verre, tissant ainsi une relation douce et complice.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le charme de ces rencontres placées sous le signe du présent. Le maître est plus âgé que la jeune femme, il est marqué par la mort de sa femme qu’il n’a jamais tout à fait oubliée, si bien que la frêle relation qui s’instaure entre ces deux êtres esseulés semble vouée à rester amicale.  Les brefs instants qu’ils passent ensemble à déguster des mets savoureux en buvant du saké sont exempts de tous projets ou considérations personnelles. Ils profitent seulement de ces douces minutes qui s’écoulent, côte à côte, dans un bar, au marché, à la cueillette des champignons…

 

 

«  Nous avons continué de marcher lentement, dans l’air nocturne qui commençait doucement à sentir le printemps. La lune brillait avec un reflet d’or. » (p. 97)

 

-          La solitude de ces êtres perdus dans leur réalité est touchante. La jeune Tsukiko, sous ses allures de célibataire endurcie, recherche la tendresse et la douceur que lui procurent ses rencontres avec le maître. Loin de lui, elle est comme désoeuvrée, errant dans un monde qui n’est plus nimbé du même halo de poésie.

-          La simplicité limpide de ce texte poétique est un pur régal

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Rien.

 

Vous aimerez aussi :

 

Park life de Shuichi YOSHIDA

  

Premières phrases :

 

 

«          En bonne et due forme, c’est le professeur Matsumoto Harutsuna, mais moi, je  l’appelle seulement « le maître ». Et encore sans majuscule, le maître, tout simplement.

 

            Je l’avais eu comme prof de japonais au lycée. Ce n’était pas le professeur principal, moi en plus je ne suivais pas les cours de japonais avec une assiduité particulière, si bien qu’il ne m’était pas resté de lui d’impression notable. Après ma sortie du lycée, j’étais restée très longtemps sans le voir. »

 

 

Les années douces, Hiromi KAWAKAMI, Traduit du japonais par Elisabeth SUETSUGU, Picquier, mars 2003, 228 p., 19 euros

 

POCHE : Les années douces, Hiromi KAWAKAMI, Picquier poche, février 2005, 283 pages, 7.50 euros

VERSION BD : Les années douces, Hiromi KAWAKAMI et Jiro TANIGUCHI, Casterman, août 2010, 200 p., 15 euros

 

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Le pays de la cannelle de William OSPINA

Publié le par Hélène

pays de la cannelle

 Un roman très documenté sur l'empire des Incas.

  

L'auteur :

 

William Ospina est un écrivian colombien. Il a connu un franc succès en Amérique du Sud avec son premier roman Ursua.

 

L'histoire :

 

En 1540, dans une île sèche des CaraÎbes, le narrateur  reçoit la dernière lettre de son père, un aventurier parti tenter la fortune dans l'empire des Incas. Des années plus tard, il décide de partir sur les traces de son père, à la recherche du pays de la cannelle.

 

Mon avis :

 

Je me suis franchement ennuyée en lisant de récit. Dans la première partie, le narrateur revient sur l'histoire des Incas et des conquistadors avec force détails qui auraient pu être passionnants, mais qui se sont révélés soporifiques sur moi. Puis, aux environs de la page 100, enfin, le narrateur part à l'aventure. Les débuts sont longs et laborieux, et quand finalement les péripéties s'enchaînent, l'auteur m'avait définitivement perdue...

Les quelques réflexions pseudo-philosophiquesqui jalonnent les derniers chapitres ne m'ont pas plus convaincue :

 

"On croit savoir ce que l'on cherche, mais ce n'est qu'à la fin, quand on trouve, que l'on a réellement compris ce qu'on cherchait." (p. 295)

 

"En dépit de leur atrocité, ces quêtes ont eu leur part de beauté, et si on me demandait quel est le plus beau pays que j'aie connu , je dirais que c'est celui dont nous rêvons, celui que nous cherchons aux confins du froid et de la douleur, de la faim et de l'effroi, au-delà de falaises presque infranchissables,.." (p.298)

 

Je pense qu'il manque à ce roman un souffle romanesque, des personnages réellement attachants dotés d'une histoire digne de ce nom. Ce récit s'apparente plus à un récit de voyage, voire à un documentaire, qu'à un roman.

 

Premières phrases :

 

"La première ville dont je me souvienne vint à moi par la mer. C'était la description que dans sa lettre mon père nous donnait de la capitale de l'empire des Incas. j'avais douze ans quand Amaney, ma nourrice indienne, me la remit, accompagné du tracé d'une cité de légende que mon imagination enrichit de détails, adossée aux cimes de la cordillère, tissée de pierres géantes qui la ceignaient d'une triple muraille laminée d'or."

 

 

Le pays de la cannelle, William OSPINA, JC Lattès, août 2010, 304 p., 20 euros

 

Merci à Babélio et aux Editions JC Lattès pour cet envoi.

   

 

 

1pourcent

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Le cœur à rire et à pleurer, contes vrais de mon enfance de Maryse CONDE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 Des contes qui éclairent l’œuvre de Maryse Condé ainsi que sa personnalité.  

 

 L’auteur :

Maryse CONDE est une écrivaine guadeloupéenne. Elle est enseignante et journaliste. Son roman le plus connu est Ségou. Elle a obtenu de nombreux prix pour ses romans qui souvent traitent des thèmes liés à l’Afrique, et à la question de l’identité noire.

L’histoire :

Maryse Condé nous livre ici quelques scènes marquantes de son enfance en Guadeloupe dans les années 50. C’est une enfant rebelle qui se dessine, une enfant qui essaie de comprendre le monde qui l’entoure mais ne possède pas encore toutes les clés.

Aussi, elle cherche souvent des réponses auprès de son frère Sandrino qui lui délivre un jour cette phrase énigmatique « Papa et Maman sont une paire d’aliénés ». Ces parents sont en effet bien plus empreints de culture occidentale que antillaise, et c’est cette culture uniquement qui est inculquée aux enfants si bien que quelques années plus tard, quand un professeur demande à Maryse un exposé sur un écrivain de son pays, elle doit encore une fois se tourner vers Sandrino pour découvrir l’écrivain en question.

Ce que j’ai aimé :

-          La question raciale qui est au cœur de ces contes : l’enfant Maryse à peine consciente de sa couleur de peau, semble perdue face à ces subtilités d’adulte. Mille petits détails lui feront comprendre son erreur. Cette éclosion de sa lucidité est décrite par touches subtiles et évocatrices.

-          Le deuxième aspect principal de ces contes concerne la famille de Maryse, et surtout ses rapports passionnels avec cette mère qu’elle aime tant, mais qui ne sait être à la hauteur de l’affection que son enfant lui porte. Cette mère qui aime répéter que Maryse n’est bonne à rien mais dont Maryse veut garder un souvenir heureux, comme celui de cette nuit qui les aura réuni pour quelques instants :

« Je glissai la main entre ses seins qui avaient allaité huit enfants, à présent inutiles, flétris, et je passai toute la nuit, elle agrippée à moi, moi roulée en boule contre son flanc, dans son odeur d’âge et d’arnica, dans sa chaleur. C’est cette étreinte-là dont je veux garde le souvenir. »

-          Enfin Maryse évoque brièvement son rapport à l’écriture, son amour pour l’imaginaire, ses « rêveries éveillées » qui l’amèneront vers le roman.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Certains chapitres m’ont moins plu que d’autres, mais l’ensemble sauve les détails…

Premières phrases :

« Si quelqu’un avait demandé à mes parents leur opinion sur la Deuxième Guerre mondiale, ils auraient répondu sans hésiter que c’était la période la plus sombre qu’ils aient jamais connue. Non pas à cause de la France coupée en deux, des camps de Drancy ou d’Auschwitz, de l’extermination de six millions de Juifs, ni de tous ces crimes contre l’humanité qui n’ont pas fini d’être payés, mais parce que pendant sept interminables années, ils avaient été privés de ce qui comptait le plus pour eux : leurs voyages en France. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Peau noire, masques blancs de Frantz FANON

 

POCHE : Le cœur à rire et à pleurer, Maryse CONDE, Pocket, juin 2002, 154 p.

  

Publié dans Littérature Antilles

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