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La fille sur le coffre à bagages de John O’HARA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

L’auteur :

Ami d'Ernest Hemingway et de Francis Scott Fitzgerald, John Henry O'Hara a écrit de nombreux feuilletons et nouvelles pour le magazine américain The New Yorker. Ses scénarios et ses romans ont été très bien accueillis par la critique au point qu'on le surnomma le "Balzac américain".

Une des œuvres majeures de John O'Hara est Rendez-vous à Samarra, qu'il publia en 1934 et dont Hemingway disait : « Si vous rêvez d'un roman magnifique, écrit par un auteur qui maîtrise parfaitement son sujet, lisez Rendez-vous à Samarra ». 

Citons aussi son roman Gloria (BUtterfield 8) (1935), qui fut adapté au cinéma par Daniel Mann en 1960, le rôle de Gloria Wandrous est incarné par Elizabeth Taylor. 

L’histoire :

 A New York, pendant la Prohibition, James Malloy, attaché de presse pour une société de production cinématographique, accompagne Charlotte Sears, actrice sur le déclin et maîtresse d'un riche homme d'affaires lié à la pègre. Au retour d'une réception, la star et son amant ont un accident de voiture. Ami d'Hemingway et de Fitzgerald, John O'Hara, qui fut surnommé par la critique « le Balzac américain », excelle dans le portrait désenchanté d'une société où l'on promène ses chagrins en limousine et en vison, en buvant du champagne.

 Ce que j’ai aimé :

 John O'hara peint les portraits désenchantés d'une génération aspirée par la spirale du cinéma, aliéné par l'or factice de la gloire et de l'argent. Ses personnages évoluent dans le monde du cinéma, monde dans lequel les rôles se font et se défont, et où les carrières peuvent sombrer dans l'oubli en quelques minutes, au gré des accointances du moment. Ainsi Charlotte Pears artiste que le déclin cherche encore dans les yeux de ses spectateurs la lumière qui lui permettrait d'exister. James Malloy ne sera qu'un miroir pour son égocentrisme exacerbé...

La description de ces personnages se fait tout en finesse, l'auteur passant au crible une société, usant pour ce faire de dialogues fluides et très cinématographiques. Surnommé «  Le Balzac américain », il brille dans l’art de la short story, de la novella, sorte de court roman.

Ce que j’ai moins aimé :

 Je n'ai pas bien compris la relation entre le titre traduit et le titre original "Sermons and soda-water »

Il s'agit là d'un roman d’atmosphère pas inoubliable.

Premières phrases :

 « Au début de ma carrière, à New York,, j’écrivis de nombreuses nécrologies d’hommes vraisemblablement en bonne santé, mais qui n’étaient plus tout jeunes. Dans le quotidien pour lequel je travaillais, la coutume voulait qu’un journaliste sans rubrique spécifique se vît confier cette tâche, considérée par la plupart comme une corvée, mais qui, moi, me plaisait assez. »

Vous aimerez aussi :

Les nouvelles de Raymond CARVER

 

La fille sur le coffre à bagages, John O’Hara  Le livre de poche, 2012, 128 p.,  5.10 euros

 

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Les évaporés de Thomas B. REVERDY

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« L’imaginaire façonne notre monde. Sans lui une forêt, ce ne serait jamais que des arbres. » (note de l’auteur)

 

L’auteur :

 Thomas B. Reverdy est un romancier français né en 1974, auteur de trois romans publiés aux éditions du Seuil.

Au cours de ses études de lettres à l'université, il travaille sur Antonin Artaud, Roger Gilbert-Lecomte et Henri Michaux. Il participe aussi à cette époque à la revue La Femelle du Requin, dont il dirige la publication du numéro 4 au numéro 12. Il obtient l'agrégation de lettres modernes en 2000. Il enseigne depuis dans un lycée de Seine-Saint-Denis, le lycée Jean Renoir.
Ses trois premiers romans, La Montée des eaux (Seuil, 2003), Le Ciel pour mémoire (Seuil, 2005) et Les Derniers Feux (Seuil, 2008), constituent une sorte de cycle poétique. Ils abordent les thèmes du deuil, de l'amitié et de l'écriture. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu’il n’y a pas de crime, ni la famille parce qu’elle est déshonorée. 
Partir sans donner d’explication, c’est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s’évaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? 

C’est ce qu’aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu’il aime encore, il mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?
Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman d’amour. D’une façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que l’on est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Dans ce roman, l'atmosphère est comme en apesanteur autour de la disparition de Kaze, « évaporé ». Parallèlement deux récits s’entrelacent : l’enquête de Yukiko, la fille de Kaze, accompagnée de Richard, détective privé et accessoirement amoureux transi de la jeune femme, et de l’autre côté Kaze qui rencontre le jeune Akainu, garçon perdu dans un Japon déstabilisé par le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. 

Les deux récits nous offrent en contrepoint une peinture de la société japonaise entre yakusas, corruption des élites, conséquences du tsunami...

« La société japonaise est comme le pays, on est perché sur un volcan au milieu de l’océan, sur une île parcourue par des milliers de lignes de failles, et ça tremble, et ça craque de partout. »

Avec poésie et retenue l'auteur évoque des destins troublés, des hommes perdus dans une société qu'ils ne comprennent plus, englués dans des relations humaines complexes, dépassés par des enjeux incommensurables dans leur milieu professionnel.

« Ce qu’il aimait c’était rêver. Passer des journées à pêcher la truite en rivière, assister à des rodéos, partir dans le désert ou à la montagne, tout ce qu’on peut faire sans être vraiment là, tout ce qui se déroule, quand on le fait, un peu en dehors de nous, comme écrire un poème sans raison, juste par goût du miracle. »

Mais il nous parle aussi de renaissance, même si  « La vie est complètement hors de contrôle », l'optimisme peut prendre le pas et triompher des vicissitudes de la vie...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Les sentiments amoureux de Richard frôlant la mièvrerie m’ont semblé superflus et ridicules.

J'ai ressenti un problème diffus de construction, plus on avance et plus le tsunami et  Fukushima prennent de l’importance, l'ensemble n'est pas assez fondu à mes yeux.

 

Premières phrases :

 « Il est assis à son bureau, face au mur,, la tête dans les mains, penché sur les feuilles de papier à lettres couvertes de son écriture fine, au feutre noir. Il ne les voit plus cependant. Il a fermé les yeux qu’il avait flous, sans savoir si c’étaient des larmes ou de la fatigue. »

 

Vous aimerez aussi :

 Fukushima, récit d’un désastre de Michaël FERRIER

 

D’autres avis :

 Lecture Commune avec A girl

TéléramaClaraJosteinMarilyne ; Jérôme 

 

Les évaporés, Thomas B . Reverdy, Flammarion, 2013, 302 p., 19 euros

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Le matériel du tueur de Gianni BIONDILLO

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥
 

L’auteur :

 Gianni Biondillo est né à Milan, où il vit, en 1966. Architecte, a publié des essais sur Figini et Pollini, Giovanni Michelucci, Pier Paolo Pasolini, Carlo Levi, Elio Vittorini. Il est rédacteur en chef du pays indien. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Pourquoi un détenu, petit délinquant apparemment sans histoire, est-il libéré dans des conditions particulièrement sanglantes par un commando mafieux ? La commissaire d’une unité d’élite, Elena Rinaldi, se lance à ses trousses, assistée de mauvaise grâce par l’inspecteur Ferraro, un de ses ex. Avec l’aide de Lanza, hurluberlu génial de l’Agence européenne, ils découvrent qu’ils pourchassent en réalité un tueur redoutable, échappé des brûlantes brousses d’Afrique et des camions du trafic d’esclaves. Il poursuit seul une vengeance implacable et toute personnelle. Haile l’Érythréen a tout pour inquiéter : l’anonymat, la cruauté, l’intelligence et une volonté de fer, spartiate, militaire. Le matériel du tueur.

Gianni Biondillo, maître du roman noir, nous emmène dans un road-movie haletant, d’un bout à l’autre d’une Italie violente, nerveuse, divisée, pétrie de peurs anciennes et nouvelles, accablée par un ciel de plomb, où défile toute une humanité improbable mais bien réelle.
Le lecteur se laisse emporter, étourdi et reconnaissant. . (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Comment Haile, détenu érythréen a-t-il réussi à s’évader de sa prison ? Qui sont ses complices alors qu’il avait été arrêté pour une raison anodine, ne semblant pas faire partie d’une organisation quelconque ? Fait-il partie d’une mafia plus large ? L’inspecteur Ferraro devra enquêter aux côtés de Elena Rinaldi, commissaire d’une unité d’élite, et accessoirement son ex maîtresse.

« De toute façon, il n’y avait rien à faire, avec la vie. Qu’elle te plaise ou non, il fallait la vivre. Arrivés là, mieux valait arrêter de jouer les déprimés existentialistes. Nous ne pouvons que proposer notre bonne volonté et notre sourire, ce qui ne fait jamais de mal face aux précipices. » (p. 48)

C’est avec talent que Gianni Biondillo campe ses personnages. Talent dans la psychologie de ses personnages avec cet inspecteur désœuvré entre son ex-femme, sa fille qui grandit et cette maîtresse sous les ordres de qui il doit collaborer, si possible avec brio , avec aussi Elena, commissaire qui doit diriger des hommes pas toujours enclin à écouter une femme, et enfin Haile, homme perdu dans la jungle italienne dont on découvre l’histoire page après page.

Talent dans l’intrigue également, en multipliant les points de vue le lecteur s’attache non seulement à l’enquête mais aussi au présent et au passé de Haile avec en toile de fond l’immigration clandestine, les trafics de haut vol, la violence, et ces hommes sanguinaires, perdus, aux codes d’honneur facilement transigés.

Talent dans l’observation de la société italienne et des mœurs contemporaines.

Talent dans le style enfin avec des pages au lyrisme brûlant comme ce dernier passage qui fait écho  aux premières lignes :

   "Il la vit. Ce n'était certes pas celle de son enfance, épaisse comme une couverture, blanche comme le lait, mais c'en était ; elle s'insinuait timidement, on aurait dit qu'elle rentrait à la maison, après une longue absence, on aurait dit un nuage qui avait perdu son troupeau, qui cherchait le repos dans cette vieille cour d'immeubles milanais, mince, fragile, mais c'en était ; elle était là, elle s'étendait, prenait les mesures du bassin de pierre et de crépi, faisait pâlir l'obscurité, lui donnait un air fantastique, se gonflait, humidifiait l'air, la peau, adoucissait les douleurs, émouvait, rappelait la mort et pourtant la fuyait, suspendait le temps, paralysait les choses, les personnes, le monde, interrompait les peurs, les amplifiait, fantasmatique, consolait, racontait et faisait taire, apeurait quand elle se raréfiait, trompait quand elle devenait dense, sculptait avec le givre, se dissolvait avec l'air, effaçait, remémorait, perdait les choses lointaines, les gardait avec elle, éclairait, annulait, blanchissait. Il la vit, étreignant sa fille, et cela lui suffisait. La brume, la brume."

Du grand art !

 Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien.

 Première phrase :

   "La brume, la brume, cristaux de glace suspendus, nuage pédestre, la brume qui monte, petite pluie fine, orgeat opalin qui cache les choses lointaines, halo blanchâtre, pâle, diffuseur laiteux d'abstraites réminiscences lunaires, la brume dure, presque, solide, trempée, des millions de gouttelettes dansantes, qui estompent, émoussent, amortissent l'ouïe, la brume qui presse, qui étouffe les chuchotements, capitonne les pas, fait taire les chiens, se couche sur la plaine, la brume, drap de coton  étendu, voûte de voile, coupole de fumée, vapeur, brouillard, la brume, celle des contes de fées, mystérieuse, menteuse, domestique, la brume des rêves, celle que les enfants de Milan n'ont jamais vue, mur d'ouate, rideau de théâtre, haleine de la terre, la brume qui presse dans le cadre en damier de la fenêtre, qui voudrait se précipiter, gicler, entrer dans l'obscurité de la cellule, se répandre, glace sèche, fumigène, la brume qui enfin se retient, pudique, effrayée par les hurlements de détresse qui résonnent dans le noir profond, la brume qui se fait vague lueur, verre gravé, qui se retire, retourne dans le monde, et, vaincue, quitte les cris et les gargouillis de sang éructés par les mâchoires épuisées de l'homme, écroulé sur la civière, à un pas de la mort. Peut-être." 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Pourquoi tuons-nous ?

Autre : les romans de Gilda PIERSANTI

 D’autres avis :

  Jean-Marc

 

Le matériel du tueur, Gianni  Biondillo, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, mai 2013, 352 p., 20 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Les nourritures terrestres de André GIDE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée. »

 L’auteur :

 André Gide est un écrivain français, né le 22 novembre 1869 à Paris où il est mort le 19 février 1951. Il a notamment reçu le prix Nobel de littérature en 1947.

Volonté de liberté et d'affranchissement à l'égard des contraintes morales et puritaines, son œuvre s'articule autour de la recherche permanente de l'honnêteté intellectuelle : comment être pleinement soi, jusqu'à assumer sa pédérastie et son homosexualité, sans jamais démériter à l'égard de ses valeurs ? 

 L’histoire :

 Les Nourritures terrestres (1897), parfois appelé plus simplement Les Nourritures, sont une oeuvre littéraire d' André Gide (1869 - 1951), sur le désir et l'éveil des sens. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un roman, mais plutôt d'un long poème en prose, où s'exprime une sensualité teintée de ferveur, de contact avec la nature. La question du genre des Nourritures terrestres trouve sa réponse dans une esthétique de la diversité. Gide propose des structures hybrides, faites de formes poétiques désuètes (ballades, rondes), de fragments de journal intime, de cahiers de bord, de notes vagabondes. Malgré les éditions actuelles, il faut savoir que le manuscrit original prenait de grandes libertés sur le plan de la typographie, allant même jusqu'à ressembler au futur vers modernistes et autres calligrammes en vogue au début du XX e siècle. D'autre part, les éditeurs ont eu tendance à ramasser le texte et certains épisodes en vers sont aujourd'hui présentés en bloc comme de la prose. (Source L’express)

 

Ce que j’ai aimé :

Le poète, disciple de Ménalque veut transmettre à Nathanaël ses leçons de vie : être disponible au monde, le regarder et le vivre dans sa plénitude, sentir l’instant nous pénétrer, nous emplir.

« Ne me dites pas trop que je dois aux évènements mon bonheur, évidement ils me furent propices, mais je ne me suis pas servi d’eux. Ne croyez pas que mon bonheur soit fait à l’aide de richesses mon cœur sans nulle attache sur la terre est resté pauvre, et je mourrai facilement. Mon bonheur est fait de ferveur. A travers indistinctement toute chose, j’ai éperdument adoré. »

Pour lui, la transmission est essentielle, à un disciple qui s'émancipera du message pour mieux devenir lui-même.  

« Nathanaël, jette mon livre, ne t’y satisfais point. Ne crois pas que ta vérité puisse être trouvée par quelque autre, plus que tout, aie honte de cela. (…) Jette mon livre ; dis-toi bien que ce n’est là qu’une des mille postures possibles en face de la vie. Cherche la tienne. Ce qu’un autre aurait aussi bien fait que toi, ne le fais pas. Ce qu’un autre aurait aussi bien dit que toi, ne le dis pas – aussi bien écrit que toi, ne l’écris pas.  Ne t’attache en toi qu’à ce que tu sens qui n’est nulle part ailleurs qu’en toi-même, et crée de toi, impatiemment  ou patiemment, ah ! le plus irremplaçable des êtres. »

Ce texte est un hymne à la joie, une aspiration profonde de communion avec la nature. André Gide disait qu'il s'agissait d'un livre de convalescent, écrit après une grave crise. Il y prône l'éloignement de la famille, le dénuement, la liberté absolue et exalte le plaisir des sens. Résultat de trois ans de voyages, Gide ayant goûté ces nourritures terrestres en Afrique, en Italie ou encore dans le Sahel.

« Camarade, n’accepte pas la vie telle que te la proposent les hommes. Ne cesse point de te persuader qu’elle pourrait être plus belle, la vie, la tienne et celle des autres hommes… Ne sacrifie pas aux idoles. »

 

Ce que j’ai moins aimé :

  - Quelquefois un peu répétitif ou hermétique.

 

Premières phrases :

 « Ne te méprends pas, Nathanaël, au titre brutal qu’il m’a plu de donner à ce livre ; j’eusse pu l’appeler Ménalque, mais Ménalque n’a jamais, non plus que toi-même, existé. Le seul nom d’homme est le mien propre, dont ce titre eût pu se couvrir ; mais alors comment eussé-je osé le signer ? »

 

Vous aimerez aussi :

  Du même auteur : La porte étroite

Autre : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria RILKE

 

Les nourritures terrestres, André GIDE, folio, 1972, 6 euros

Publié dans Poésie française

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Apprendre autrement avec la pédagogie positive de Audrey AKOUN et Isabelle PAILLEAU

Publié le par Hélène

 

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♥ ♥

« Un bon fou rire et une bonne nuit sont les deux meilleurs remèdes. »

 

Les auteurs :

Audrey Akoun est thérapeute cognitivo-comportementaliste et Isabelle Pailleau est psychologue clinicienne du travail et des apprentissages. Thérapeutes familiales et formatrices certifiées en Min Mapping et gestion mentale, elles sont très actives sur les réseaux sociaux : www.lafabriqueabonheurs.com et la page Facebook associée. A elles deux elles ont sept enfants.

 

Présentation :

Votre enfant a des difficultés pour se concentrer et retenir ses leçons ? Vous en avez assez des "crises de tête" qui finissent en pleurs ? Vous rêvez de faire rimer travail scolaire avec plaisir, découverte et réussite ? La Pédagogie positive est faite pour vous. Facile à mettre en oeuvre, cette pédagogie offre une démarche pour apprendre à apprendre, mémoriser, comprendre et structurer... Elle aide les enfants à retrouver le goût de faire leurs devoirs et les ados à adopter une méthode de travail efficace grâce à des outils innovants et simples tels que le Mind Mapping, la gestion mentale... Dans cet ouvrage gaiement illustré, les auteures, psychologues spécialistes de l'éducation, réhabilitent le questionnement et la curiosité des enfants de la maternelle à la fin de leurs études et redonnent confiance aux adultes qui les accompagnent. Leur mission est de révolutionner les méthodes d'apprentissage pour permettre à chacun de réveiller son profond désir d'apprendre, dans la joie et la bonne humeur !

 

Mon avis :

Le constat de départ est évident : la pression liée à l'apprentissage est de mise dans notre société, la réussite scolaire apparaissant comme une priorité dans les préoccupations parentales. Cette course à la réussite laisse de côté le plaisir de découvrir, le plaisir d'apprendre et de s'enrichir et le désir tout court.

De fait ces dames vont nous proposer d'apprendre avec notre tête, notre cœur et notre corps. Ainsi avant d'opter pour une méthodologie d'apprentissage il est essentiel de savoir quel type de mémoire nous privilégions : visuelle, verbale ou kinesthésique. Ainsi recopier un texte dix fois ne servira à rien à un enfant qui a plutôt une mémoire verbale tout comme réciter à haute voix ne sera d'aucune utilité à un autre bénéficiant d'une mémoire visuelle.

« Profil visuel : je vois des images dans ma tête comme des photos ou comme un film.

« Profil auditif ouverbal » : je réentends des sons ou des paroles avec al voix des autres ou je me parle dans ma tête.

« Profil kinesthésique » : je ressens les mouvements, les sensations, les odeurs, les goûts...

Un autre point essentiel est de pouvoir développer attention et concentration, et pour entraîner les enfants à la concentration, elles nous proposent entre autres solutions des mandalas qui semblent en ce moment avoir toutes les vertus de la terre...

Les émotions ont bien sûr un rôle essentiel dans l'apprentissage et les conseils prodigués pour apprendre à gérer les émotions de nos enfants sont des lapalissades : ne pas s'énerver, prêter plus d'attention aux comportements positifs qu'aux comportements négatifs, leur apporter attention écoute et amour pour donner à l'enfant confiance en soi et assurance.

« L'important est de toujours juger les actes et non la personne ».

Autre évidence, faire en sorte d'avoir un esprit sain dans un corps sain... 

Puis vient l'aspect le plus intéressant de ce petit livre : une présentation du mind mapping « cartographie du cerveau qui réfléchit », une technique d'apprentissage que j'ai personnellement vite adopté... 

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Un petit guide qui a son importance en rappelant des principes de base et en éveillant aux cartes heuristiques. 

 

Apprendre autrement avec la pédagogie positive. A la maison et à l'école, (re)donnez à vos enfants le goût d'apprendre. de Audrey AKOUN et Isabelle PAILLEAU, Eyrolles, mars 2013, 18,90 euros

 

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Ciseaux de Stéphane MICHAKA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Les braves gens courent les rues, mais l’alcool les rattrape.

L’alcool et les jolies filles. »

 

L’auteur :

 Après des études de lettres à l'Université de Cambridge (Royaume-Uni), Stéphane Michaka enseigne le français en Afrique du Sud. De retour en France, il travaille comme script-editor pour la télévision et écrit ses premiers textes pour la scène.
Ses pièces Le Cinquième archet, La Fille de Carnegie (lauréate du concours Beaumarchais/France Culture en 2005) sont publiées par l’Avant-Scène Théâtre (collection des "Quatre-Vents"). Il est l’auteur de plusieurs pièces jeunesse dont Les Enfants du docteur Mistletoe (Éditions Espaces 34). Il a écrit des fictions radiophoniques pour France Culture, dont une adaptation remarquée du Château de Kafka diffusée en 2010.
Sur la suggestion de François Guérif, il adapte sa propre pièce La Fille de Carnegie et en tire un roman publié chez Rivages/Noir sous le numéro 700 de la collection. La Fille de Carnegie a été sélectionné pour plusieurs prix littéraires : Prix du Polar SNCF, Prix BibliObs du roman noir, Grand prix des lectrices de Elle, Grand Prix du roman noir au festival de Beaune, Prix Senghor du premier roman francophone, Grand Prix de littérature policière.
Stéphane Michaka est également traducteur : Pour toujours... jusqu’à demain de Sarah Dessen chez Pocket Jeunesse, Je suis le dernier Juif debout de Michael Simon chez Rivages/Noir.
Stéphane Michaka reçoit le prix Révélation 2012 pour Ciseaux dans le cadre des Prix Les Lauriers Verts de La Forêt des Livres organisée par Gonzague Saint-Bris. (Babélio)

 L’histoire :

À quinze ans, Raymond décide qu'il sera Hemingway ou rien. Et la nouvelle, avec ses silences têtus et ses fins en lame de rasoir, son genre de prédilection. Il a des envies d'ailleurs et la vie devant lui. On est à Yakima, dans le nord-ouest des États-Unis. Autant dire nulle part. Son ambition donne le tournis à Marianne, la petite serveuse de la boutique de donuts. « C'était le truc le plus excitant que j'avais jamais entendu. Pleine d'assurance, je lui ai dit : Tu peux compter sur moi, Ray. » 

Les deux adolescents se marient quelques mois plus tard. Marianne est enceinte. Raymond n'a pas commencé à boire. 

Douglas, lui, vient d'obtenir le job de ses rêves : directeur littéraire d'un magazine prestigieux. Les nouvelles qu'il reçoit l'irritent comme un vilain psoriasis. Pour calmer ses démangeaisons, il coupe, réécrit, sculpte avec ses ciseaux.
« C’est leur voix. Leur voix, tu m’entends ? Mais c’est ma signature. » 

Quand il le rencontre, Ray peaufine son art dans l'alcool depuis près de dix ans et Marianne subvient aux besoins du ménage. Douglas va changer leur vie. Raymond Carver, Maryann Burk-Carver, Gordon Lish et la poétesse Tess Gallagher qui attend son heure en coulisses... 
Ciseaux raconte leur histoire : dans l'Amérique des années soixante à quatre-vingt, l'accomplissement de deux hommes en proie à une dépendance réciproque, un écrivain et son éditeur qui coupe ses textes au point de les dénaturer. (Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

Ciseaux est une œuvre de fiction librement inspirée de la relation entre Raymod Carver et son éditeur Gordon Lish. Pour Raymond Carver, vivre c’est écrire, et son écriture est sa vie, sa vie est dans son écriture. Les êtres qui gravitent autour de lui deviennent des êtres de fiction qui lui permettent d’aborder les thèmes chers à son âme : la passion, l’alcool, son autre amour, ses difficultés à créer, puis les femmes, la tentation de dévier du droit chemin… Il est ici à son tout mis en scène, par l'entremise du talentueux Stéphane Michaka.

Il est au centre du roman, bien sûr, écrivain émérite, mais il partage la vedette avec son éditeur surnommé Ciseaux en raison des coupes excessives qu’il effectue dans les nouvelles de ses poulains. A ses côtés gravitent également sa femme Marianne, ses enfants, puis sa deuxième femme, Joanne.

 

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Par un subtil agencement des points de vue des différents protagonistes, un portait en creux se dessine. Ces différentes voix densifient les personnages, leur apportant épaisseur et profondeur. De plus, cela permet de densifier également les thèmes : le couple, sa déliquescence, l'alcool, le manque d'argent sui devient chronophage et empêche à la création de pleinement se libérer, la rédemption, l'honneur...

Ciseaux est un roman plaisant qui nous rappelle que tout n’est que littérature…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Je ne saurais pas dire précisément pourquoi, mais je ne suis pas plus enthousiasmée que cela… Question de goût probablement .

 

Premières phrases :

 « C’est un peu effrayant, cette chose qui nous arrive. Elle s’empare de nous sans crier gare. Même quand rien ne se passe, elle est là. Elle attend. Une attaque, c’est précisément cela : une bombe à retardement. 

L’horloge interne des alcooliques, on est tous ici pour s’en débarrasser. »

 

D’autres avis :

Lu sur les conseils de Marilyne

Babélio

 

Ciseaux, Stéphane Michaka, Pocket, septembre 2013, 6.70 euros

 

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La vieille qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien de ZIDROU

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

Les auteurs :

Zidrou, scénariste : Né le 12 avril 1962 à Anderlecht (commune de Bruxelles), Benoît Drousie, dit Zidrou, effectue des études d'instituteur et exercera la profession durant quelque six ans, ce qui ne sera pas sans influence sur ses écrits futurs. Son premier scénario publié est illustré par De Brab dans le numéro de Noël 1991 de SPIROU ("La triste fin du Père Noël"). L'année suivante, il fonde une sorte de studio de scénario avec son ami Falzar et commence à assiéger les éditeurs pour placer ses innombrables projets sous le pseudonyme des Potaches.

Dès 1993, ses productions commencent à envahir les pages d'animation et les récits complets du journal de SPIROU. Par ordre chronologique d'apparition de ses illustrateurs, il fournit ainsi de la matière brillante et bien pesée à Wasterlain, Dan, Godi, Ernst, Clarke, Deliège, Evrard, Blatte, Fournier, Darasse, Bercovici, Glem, Jannin, Saive, Lemaître, Midam, Gazzotti, Mandryka, Éric Maltaite, Borrini, Will, Deth, Arenas, Thiriet, Gauthier, E411, Guilhem, Duclozeau, Piroton, Mazel, Bodart, Bosschaert, Wozniak, Plessix, etc.

Rien d'étonnant à ce que certains de ses complices pour quelques pages exceptionnelles s'engagent ensuite sur de plus longs parcours et créent une série en sa compagnie. En 1992, il lance "Margot et Oscar Pluche" avec l'ami Falzar et la dessinatrice De Brab chez Casterman, où la petite fille et son drôle de chien aligneront six albums jusqu'en 1997. Le sympathique duo et toute sa famille en régulière augmentation ! déménageront l'année suivante chez Dupuis et ouvriront une nouvelle série de beaux albums intitulée "Sac à Puces".

En 1995, il propose à Jean-Claude Fournier d'animer une suite de gags gastronomiques, "Les Crannibales", chronique fortement assaisonnée d'humour noir.

Dans le registre de la parodie iconoclaste, il s'en prend peu après au respectable rédacteur en chef de SPIROU et à ses oeuvres. Le dessinateur se trouvera tellement gêné par tant d'impertinence qu'il signera longtemps du pseudonyme de Thelonius ses grossières caricatures du "Boss". Mais c'est son véritable nom que Bercovici signera les albums, assumant la responsabilité de ses compositions graphiques.

Aux Éditions du Lombard, Godi illustre les albums de son "Élève Ducobu", fruits de souvenirs tant personnels que professionnels.

Zidrou est également l'auteur d'une vingtaine de livres pour enfants publiés par Casterman, Nathan et Hachette, dont la série du "Petit Dagobert", illustrée par Godi, dans la "Bibliothèque Rose".

Les dessinateurs : Collectif - Colombo - Cordoba - Gili - Homs - Hureau - Lafebre - Sempere - Siri - Van Beughen

 

L'histoire :

"Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses." affirmait Raymond Devos.

Comme tous les gens qui savent nous faire rire de nous-même, Benoît Zidrou connaît le poids des choses, la gravité de la vie.

En 1997, Philippe Delerm rencontrait un immense succès avec "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules". L'évocation simple de petits plaisirs suffisait à lui ouvrir le coeur de milliers de lecteurs.

Benoît Zidrou nous invite à un voyage similaire avec les gens qui nous entourent. Qui ose faire connaissance avec la vieille dame d'en face ? Sait-on qu'elle rêve de jouer sur le court central de Roland Garros ? Qui peut dire que cet homme gris et triste, qui a laissé un fossé se creuser entre lui et ses enfants, sera le premier qui prendra dans ses bras ce petit bout d'homme au corps déformé par la maladie ?

Pour mettre en scène ses quinze nouvelles, Benoît Zidrou a cherché des auteurs sachant manier la bonne dose de réalisme et l'expressivité requise pour être toujours juste : un talent qu'on retrouvait chez tous les auteurs de l'école de Marcinelle (Franquin, Morris, Will...). Les neuf dessinatrices et dessinateurs rassemblés ici (Colombo, Cordoba, Gili, Homs, Hureau, Lafebre, Sempere, Siri, Van Beughen) ont tous cette qualité propre aux grands auteurs de BD : leurs histoires prennent vie sous nos yeux. On les lit la larme à l'oeil et le sourire aux lèvres.
On connaissait Benoît Zidrou pour son talent de gagman, on peut désormais savourer son sens de la vie.

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Mon avis :

"Des nouvelles qui font du bien", même si elles s'inscrivent dans une réalité sociale peu encline au sourire, comme la vieille dame du titre qui vit seule avec ses animaux en ne sortant jamais de chez elle. Les personnages sont denses, à l'image de ce jeune homme qui sort de prison et vient tenir compagnie à son grand-père pour se réinsérer, dans une bulle de bonheur et de tolérance bercée par la musique de son saxophone. Ou encore cette nageuse qui ne veut pas lâcher prise même si le bonheur lui tend les bras. Tous ces personnages ont en commun une humanité lumineuse, débordante qui les pousse quelquefois à des extrémités délirantes, comme de manger des poulets rôtis à tous les repas ou à retrourner en enfance pour ne pas tournebouler une maman atteinte d'Alzheimer.

Beaucoup de poésie également dans ces pages qui nous rappellent que la vie n'est pas gaie, la maladie, la vieillesse, les erreurs nous tendent des pièges, mais que la résilience est possible, qu'il est possible de rebondir, de repartir, porté par l'amour des autres. Une belle leçon de vie.

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D'autres avis :

Babélio

 

La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, Zidrou et collectif, Dupuis, 2009, 20.50 euros

 

BD Mango bleu

 

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La vieille qui voulait tuer le bon dieu de Nadine MONFILS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La vie appartient à tous les vivants. » (JCVD)

 

L’auteure :

 

Nadine Monfils est belge et vit à Montmartre. Elle est l'auteur de plusieurs livres chez Belfond, dont Les Vacances d'un serial killer (2011), et La Petite Fêlée aux allumettes (2012), grands succès de librairie. En 2003, elle a adapté et réalisé au cinéma Madame Édouard, avec Michel Blanc dans le rôle du commissaire Léon. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

 Attention, Mémé Cornemuse est de retour ! Au programme : des meurtres sanglants, un casse dans une bijouterie, une enquête olé olé, le retour d'un fils pas vraiment progigue, le braquage d'une banque – ou presque... en compagnie de Ginette, de Micheline Martini, et de l'indispensable Jean-Claude Van Damme...

Mémé Cornemuse, fan d'Annie Cordy et de Jean-Claude Van Damme, est une vieille bique, entre Ma Dalton et Carmen Cru, à la sauce belge. Elle a trouvé un emploi de concierge dans un immeuble foutraque... où son arrivée va déclencher des horreurs rocambolesques. 
Ce soir-là, Ginette, une des locataires, gaga de Lady Di, s'envoie en l'air dans un parking et trompe son mari pour la première fois. L'extase est de courte durée ! De retour chez elle, elle découvre le cocu en kit dans son plumard. Ses mains ont été coupées et son zizi est rangé au frigidaire. Panique à bord ! Ginette va mener son enquête tandis que mémé Cornemuse prépare un casse dans la bijouterie d'à côté, avec un ancien braqueur qu'elle héberge dans la cave. Elle fait les repérages et lui, il creuse... Un événement imprévu – l'arrivée d'une criminelle hébergée au couvent d'en face – va bouleverser leurs plans... (Présentation de l’éditeur)

  

Ce que j’ai aimé :

 

 Mémé Cornemuse ne fait pas dans la dentelle. Fan de Jean-Claude Vandamne et de ses répliques respirant l’intelligence, fan d’Annie Cordy, elle prépare le casse du siècle tout en s’acquittant selon son humeur de ses devoirs de concierge dans un immeuble. Les habitants dudit immeuble sont otut aussi déjantés que leur gardienne : entre Ginette qui se prend pour Lady Di et trompe pour la première fois son mari avant de le retrovuer mort assassiné dans son lit, le Picasso ddu fond de la cour au talent particulier, la Susan Boyle du 3ème

« Elle ce qu’elle voulait, c’était de l’aventure ! Elle était l’Indiana Jonesdes charentaises, la James Bond des bas de contention. »

Des personnages truculents, des évènements fracassants, une écriture inventive, attendez-vous à des surprises étonnantes avec Nadine Monfils ! Aussi crue soit Mémé Cornemuse, on finit par l’apprécier et même si elle est méchante, arriviste et vénale, cette belge fait des étincelles !

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Il faut quand même aimer le ton, comme le dit la quatrième de couverture « âmes sensibles, s’abstenir ».

 

Premières phrases :

 

 « Ce jour-là, le soleil avait dénoué son écharpe et inondait Pandore de ses rayons dorés. L’après-midi touchait à sa fin et il faisait une chaleur à cuire un œuf sur le dos d’un pitbull. Ginette Plouf (elle avait tenu à conserver son nom de jeune fille) s’arrêta pour souffler et déposer son sac rempli de canettes de bière. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les vacances d’un serial killer

 

D’autres avis :

 Presse ; Lecteurs Babélio 

 

  La vieille qui voulait tuer le bon dieu, Nadine Monfils, Belfond, mars 2013, 256 p., 19 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Déception et abandon du mois de novembre

Publié le par Hélène

Le sommeil des poissons de Véronique OVALDE

 

Pitch :


Tout en haut du mont Tonnerre, dans un drôle de village peuplé de femmes, l'une d'entre elles, la mano triste, attend patiemment dans sa maison à courants d'air. Elle attend les hommes qui remontent du fleuve à chaque saison douce, et surtout Jo géant, avec son cœur tout miel… Ses élans passionnés vont faire peur à Jo, qui se retrouve enfermé chez elle. Un voyage aux airs de conte, doux et inquiétant. (Source : Babélio)

 

Mon avis :


J'ai tenté par deux fois de rentrer dans cet univers si particulier, me disant la première fois que je restais hermétique parce que je n'étais pas dans la bonne période, pas assez concentrée, mais il se trouve que la deuxième fois j'ai aussi décroché rapidement... 

Il s'agit là du premier roman de Véronique Ovaldé qui nous plonge dans une fable à la fantaisie exacerbée. Je suis souvent peu réceptive aux récits qui mêlent surnaturel et réalité, peut-être que là réside l'explication, mais il est certain que je n'ai pas du tout été réceptive à ce récit...

 

D'autres avis :

 

Babélio


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Exit wounds de de Rutu MODAN

 

Pitch : 

 

Drôle de rencontre entre Koby, le modeste chauffeur de taxi et, Numique tous à la caserne où elle fait son service militaire, surnomment la girafeet qui surgit dans la vie de Koby pour lui apprendre que son père (l’amant de Numi) a sans doute été la victime non identifiée d’un attentat kamikaze.
À travers la quête incertaine mais opiniâtre dans laquelle se lancent, chacun à sa façon, les deux jeunes gens, c'est toute la nouvelle société israélienne, iconoclaste, abandonnée désormais par ses pères fondateurs qui est passée en revue.
Une quête effrénée contre la disparition inadmissible, contre la fatalité. En creux, la double figure d'un père déchu. Ce récit de Rutu Modan, commele portrait intime et symbolique d’'un pays fragile, tiraillé entre deux réalitésqui s'affrontent, que tout oppose et qui pourtant, au-delà de ses clivages interne fait toujours le choix en dernier lieu de l'espoir. Où pour chacun, malgré tout, la vraie vie n'est que ce saut dans le vide ou dans les bras qu'on choisit pour amortir sa chute. (présentation de l'éditeur)

 

Mon avis : 

 

Je ne suis pas rentrée dans l'univers de Rutu Modan. J'ai trouvé l'histoire trop linéaire à mon goût. Si Rutu Modan réussit à rendre le malaise palpable qui sévit au quotidien en Israël en suivant la trajectoire de deux jeunes gens à la recherche du père de l'un d'eux, l'intérêt pour moi de ce roman graphique s'est arrêté là.

Je suis restée insensible aux dessins comme à l'histoire. 

 

D'autres avis : Babélio ; Télérama


 

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Les insurrections singulières de Jeanne BENAMEUR

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

On n’a pas l’éternité devant nous. Juste la vie”.

 

L’auteur :

 

Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Elle vit à La Rochelle et consacre l'essentiel de son temps à l'écriture.


Elle est l'auteur de sept romans parmi lesquels : Les Demeurées (Denoël, 2001), Les Mains libres (Denoël, 2004), et Présent ? (Denoël, 2006), tous repris en poche en Folio. En 2008, elle rejoint Actes Sud avec Laver les ombres (Babel n° 1021).Elle a aussi publié pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier. Chez Actes Sud : Les Insurrections singulières (2011) et Profanes (2013)

 

L’histoire :

 

Décalé à l’usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d’une place dans le monde. Entre vertiges d’une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il devra se risquer au plus profond de lui-même pour reprendre les commandes de sa vie.


Parcours de lutte et de rébellion, plongée au coeur de l’héritage familial, aventure politique intime et chronique d’une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu’au Brésil.
Jeanne Benameur signe une ode à l’élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d’abord intérieures. Et parce que “on n’a pas l’éternité devant nous. Juste la vie”.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Antoine est un être qui ne trouve pas sa place, un homme décalé, obligé de retourner vivre chez ses parents après une rupture amoureuse et des RTT forcés de son usine.

Ce retour aux sources lui permet de faire le point sur ses velléités de rébellion, sur son incapacité à trouver les mots justes dans sa vie personnelle.

Il rencontre une autre vie, Marcel, l’ami des vieux livres, Fatou, la mystérieuse cuisinière du marché et découvre tout un univers différent du sien.

Jeanne Benameur s’est inspirée de la vie des ouvriers d’Arcelor Mittal à Montataire et de ceux de Godin à Guise. Elle les a écoutés, les a aimés, et a  souhaité leur consacrer un écrit.

 

« A l’usine, l’idée de travailler moins, c’est le malheur, la peur de la misère. C’est ancré profond. Finir par tout accepter pour juste pouvoir travailler. C’est ça que je trouve fou. Travailler. Dans n’importe quelles conditions. Elle est là, la misère. Pas dans un portefeuille à plat à la moitié du mois seulement. » (p. 53)

 

« Ce n’est pas parce qu’on fait tous les jours des gestes simples, toujours les mêmes, que dans la tête, il ne se passe pas des choses complexes. Les rêves ; c’est complexe. Ça vous envoie là où vous ne devriez jamais mettre les pieds. Les ouvriers, on a tort de croire qu’ils ne rêvent que du dernier écran de télé ou du barbecue sur la terrasse du pavillon. J’ai côtoyé ici des gens qui avaient des rêves de fou, ils n’en parlaient pas, c’est tout. J’en suis sûr. » (p. 71)

 

La première partie de son roman est admirable de simplicité et de maîtrise, Jeanne Benameur nous embarquant avec ses mots dans l'univers bouillonnant d'Antoine, son mal-être nous prend aux tripes et nous revient comme un  boomerang en nous poussant à nous interroger sur nos vies bien rangées. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

La deuxième  partie est beaucoup plus faible, plus banale. Antoine part au Brésil, comme la réponse ultime aux questions qu’il se pose, et tout à coup tout semble résolu ; tout s’accorde, tout concorde dans une fraternité idéale, comme s’il fallait trouver une solution immédiate et rapide à ce mal être ouvrier. La rencontre avec une jeune femme couronnera cette nouvelle vie plongée tout à coup dans la banalité.

 

Antoine était un être atypique, émouvant au début du roman, il devient un être banal au fil des pages, entré dans le moule d’une vie bien réglée. Il lui manque de l’ampleur, comme s’il avait perdu son ardeur dans sa relation amoureuse.

De fait la mièvrerie frôle les pages, qui s’engluent peu à peu dans les lieux communs.

 

Un bilan en demi-teinte balançant entre l'emportement enthousiaste du début et la déception liée à la deuxième partie de l'histoire et à sa conclusion...

 

Premières phrases :

 

« Il y a longtemps, j’ai voulu partir.

Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d’une girouette en forme de voilier, a seule originalité de la rue.

Je regarde la nuit venir. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Profane

 

D'autres avis :

 

Babélio 

 

Les insurrections singulières, Jeanne Benameur, Actes Sud, 2011, 197 p., 18 euros

 

 

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