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Meurtre au sommet de José GIOVANNI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

  L’auteur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Giovanni entre dans la Résistance Française. La Libération venue, il est accusé de racket. Emprisonné en 1945, il est condamné à mort. Son père, certain de son innocence, oeuvre corps et âme pour le réhabiliter. Après onze années de lutte, José Giovanni obtient la grâce présidentielle. A trente-trois ans, l'homme est enfin libre. Il prend la plume pour se soulager de cette mauvaise expérience, 'Le Trou' paraît en 1957. Deux années plus tard, Jacques Becker l'adapte au cinéma. Ecrivain, il devient aussi scénariste et dialoguiste pour différents grands noms du cinéma : Becker, Sautet… Dans les années soixante, Giovanni se place, à son tour, derrière la caméra : 'Le Rapace', 'Deux hommes dans la ville'... Il devient un fidèle du film noir, et tourne avec les meilleurs acteurs de l'époque : Belmondo, Delon, Gabin, Ventura… Réalisateur pour le cinéma, il l'est également pour la télévision à partir des années quatre-vingts. La décennie suivante, Giovanni délaisse la réalisation au profit de la plume. Auteur de nombreux ouvrages, il tire de son récit autobiographique, 'Il avait dans le coeur des jardins introuvables', le film 'Mon père', dirigé par Bertrand Tavernier. Il décède d'une hémorragie cérébrale, laissant derrière lui une oeuvre très riche. (Source : Evene)

 

L’histoire :

  En cet été 1962, le riche industriel Jean Réno [ça ne s’invente pas !], 45 ans, célibataire, beau gosse, est brutalement rattrapé par son passé trouble. Une raison suffisante pour aller se changer les idées en haute montagne. Au programme : la face nord des Drus, le bivouac au pied du grand névé conique, l'attaque du granit et de ses cheminées étroites et enfin l'ivresse du sommet atteint. La dernière ascension pour Jean Réno, dont le corps s'écrabouille dans une crevasse, huit cents mètres plus bas. Accident ou meurtre ? L'aiguille du Dru pourrait-elle être le terrain idéal du crime parfait ? Chargé de l'enquête par une compagnie d'assurances, Georges, jeune détective parisien, peine à démêler l'écheveau. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

  Jean Réno est un riche industriel au passé peu reluisant qui va subir le chantage d’un de ses anciens acolytes. Pour échapper à cette pression, il décide de s’aérer à Chamonix et de s’adonner à son activité favorite : l’alpinisme. Malheureusement, il chute en escaladant la face nord des Drus et se tue. Accident, suicide, meurtre ? La compagnie d’assurances décide d’enquêter. Georges, enquêteur de pacotilles est dépêché sur place, mais il pense davantage à courser les jolies filles qu’à découvrir la vérité…

 

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En plantant le décor de son roman à Chamonix, José Giovanni navigue en terrain connu puisqu’il est lui-même alpiniste passionné par la haute montagne. Il nous invite donc dans un univers connu, aux côtés de personnages emblématiques du lieu et de l’époque comme les alpinistes Louis Lachenal, Lionel Terray et Gaston Rébuffat, le grand reporter à Paris-Match Gérard Géry, ou encore Louis Janin le patron de l’hôtel de Paris.

L’auteur s’attache également aux valeurs véhiculées par la montagne :

 « La montagne ne lui avait encore jamais menti. Avec elle, il avait toujours su à quoi s’en tenir. Elle siplifiait tous les problèmes, les ramenait à l’essentiel : la vie ou la mort.

Si dans la société des Vallées il existait mille manières de vivre (à plat ventre, à genoux, à quatre pattes, mi-tortue mi-reptile), en haute montagne ceux qui vivaient vivaient debout. Même ceux que la foudre surprenait, on les retrouvait debout.

C’était ça la réponse de la montagne, cette réponse que Réno faisait sienne : vivre debout ou mourir. » (p. 56)

 Les dangers de la montagne et ses morts sont bien présents, mais l'aspect tragique de la destinée de certains est contrebalancé par le ton humoristique donné par le personnage de Georges, dragueur léger et sympathique.

La résolution de l’intrigue est machiavélique, surprenant le lecteur déjà conquis par cette atmosphère hautement fascinante.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Le mystère que le passé trouble de Jean Réno n’est pas levé, alors que ledit mystère est au cœur du chantage exercé sur l’industriel…


Premières phrases :

 « Jean Réno s’approcha d’une fenêtre de son bureau ? De là, il avait une vue d’ensemble sur les laboratoires de produits pharmaceutiques. Il voyait même les grandes lettres noires : LABORATOIRES J. RENO. »

 

Meurtre au sommet, José Giovanni, Hoëbeke, 1997, 213 p., 15 euros

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Concerto pour la main morte d’Olivier BLEYS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

" Je jouerai pour les arbres debout, pour le fleuve aux longs méandres,

pour le premier brin d'herbe qui percera la neige au sortir de l'hiver. "

 

L’auteur :

http://monvolubilis.canalblog.com/

L’histoire :

À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n’a qu’un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s’offrir un billet, c’est un étranger qu’il voit débarquer dans sa vie : Colin, un pianiste français raté dont la main droite refuse d’obéir dès qu’il se met à jouer le concerto n°2 de Rachmaninov. À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys crée ici un univers poétique où le tragique côtoie l’absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique et d’amitié entre les hommes, ce livre nous invite à cultiver la joie.(Source : Editeur)

Ce que j’ai aimé :

Mourava est un petit village de Sibérie Centrale, aux habitants simples dont  la vie se déroulait « dans un décor de conte populaire, sombre et élégiaque » (p. 10) Vladimir Goloukine est l’un d’eux, éboueur de son état, rêvant de quitter  « ce village pourri et les crétins qui l’infestent ». Ce tableau planté en quelques pages plonge le lecteur au cœur d’un monde âpre et hostile, maisaux habitants décalés, drôles et réjouissants. Pétris de passion ou d’alcool, ils s’agitent dans cette destinée ennuyeuse pour s’arracher tant bien que mal à ce paysage frileux…

« Il n’y a que deux façons de passer le temps, ici, c’est l’alcool et les histoires. » (p.68)

Arrive alors un français, un pianiste un peu triste, qui justement va leur raconter une histoire étonnante. Ce pianiste perd en effet l’usage de sa main quand il essaie d’interpréter le concerto n°2 de Rachmaninov. Cet amoureux des notes souffre de ne pouvoir maîtriser son corps et de ne plus être en mesure de partager son art.

 « Mettre son piano dans un camion, partir sur les routes, offrir la musique aux gens qu’on rencontre, puis s’en aller  ailleurs. C’est ainsi qu’on doit vivre lorsqu’on est pianiste. «  (p. 232)

La quête du pianiste aidé par son acolyte atypique Vladimir s'avère épique, ils rencontreront des ours, des cousins alcooliques, et surtout un drôle de sorcier... Une galerie de personnages drôles et profondément humains, qui n'hésiteront pas à porter secours au malheureux pianiste, même si a priori tout les séparait.

« On ne pouvait tout prévoir ni tout réparer. La vie n’était qu’un tissu d’à peu près, de décisions hâtives sur lesquelles pourtant l’on bâtissait, comme on laisserait aux fondations d’un édifice des pierres qui tombent en poudre. «  (p. 234)

Olivier Bleys peint une Russie hantée par des êtres perdus, errant dans un univers pauvres, des hommes du bout du monde ancrés à la solitude. Mais leur capacité à rebondir, à aimer leur prochain, à croire au surnaturel et à apprécier les belles histoires les sauvent d'une destinée tragique en les rendant malgré eux heureux de vivre... En sortant du cadre bien établi d'une vie linéaire, ils accueillent en leur pensée la beauté du monde.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Le ton truculent des premières pages s’essouffle un peu au fil des pages, pour plus de gravité, mais Concerto pour la main morte n’en reste pas moins un roman agréable à lire et à découvrir.

 

Premières phrases :

"Le petit village se nommait Mourava, ce qui traduit de l'ancien russe donne à peu près "la jeune herbe". Encore ne l'appelait-on "village" que par commodité, ou pour le distinguer d'autres plus frustes encore, parfois de simples campements qui s'échelonnaient sur de grandes distances le long du fleuve Ienisseï, région de Touroukhansk, Sibérie centrale."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le fantôme de la Tour Eiffel

Autre : Amazone de Maxence FERMINE

 

D’autres avis :

http://www.babelio.com/livres/Bleys-Concerto-pour-la-main-morte/495381/critiques

 

Concerto pour la main morte, Olivier Bleys, Albin Michel, août 2013, 234 p., 18 euros

 

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Radeau d’Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Pour les amoureux d’art et des silences qui en disent long. »

 

L’auteur :

 Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne. Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006). Antoine Choplin reçoit le Prix France Télévisions 2012 pour "La nuit tombée". (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

 1940 En pleine débâcle, Louis, au volant d'un camion, fuit devant l'arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu'il faut mettre à l'abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan "Hirondelle" sont strictes. Il ne doit pas s'arrêter. Et pourtant... (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

1940. Un camion au chargement précieux sur une route déserte. Sur cette même route, une femme marche. Ils vont se rencontrer. SI Louis le conducteur hésite tout d’abord à s’arrêter, à cause de sa mission, le plan « Hirondelle », il va finalement passer outre les consignes et inviter la jeune femme à ses côtés.

De non-dits en paroles sibyllines, ils se découvrent, s’apprivoisent, se lient…

En peu de mots, Antoine Choplin dit l’essentiel. Il fait entendre aussi bien les sentiments que les silences, il dessine des silhouettes qui peu à peu prennent vie sous nos yeux émerveillés.

 « Il n’y a qu’à vivre, passer par ces instants. Rencontrer une femme sur la route, lui donner un bout de pain, sentir sans savoir les méandres d’un destin, partager la suite avec elle. Une nuit de guerre. Une nuit comme ça, entre un homme et une femme dans un camion, sur la banquette d’un camion, avec juste  la promesse des heures sombres à traverser ensemble.

Il est exalté par cette chose simple, aussi humaine. » (p. 13)

 

 L’histoire de Louis et Sarah est effectivement simple et lumineuse, ensemble ils vont construire un cocon d’art et d’amour en marge de la guerre.

 

 « C’est une drôle de chose les musées. En fait, une sorte de trahison. Quand on pense à toutes ces œuvres façonnées dans la solitude, souvent créées dans le dénuement, sans souci les unes des autres, et qu’on retrouve là, les unes à côté des autres, accrochées dans ces salons d’apparat à haut plafond, au parquet bien lustré, les musées, ce devrait être les ateliers d’artistes, avec leur vraie lumière, avec les chiffons salis et les odeurs de vernis. Alors là. » (p. 53)

 « Un roman charnel et incandescent. » (Télérama)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 

 Premières phrases :

 

 « Il franchirait la Loire à Saumur. Emprunterait le même pont chargé d’enfance. C’était cette route-là aussi, vers le Berry de ses grands-parents, des premières vacances, des cousins éloignés et des courses de brouette, des cerises trop mûres bouffées par les oiseaux.

Quand il y pense, Louis. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN ; Le héron de Guernica de Antoine CHOPLIN 

 

Radeau, Antoine Choplin, Points, septembre 2013, 128 p., 5.50 euros

 

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Faillir être flingué de Céline MINARD

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Elle leur dit qu’un être n’appartenait pas à un autre être et que personne, personne, n’était chez soi. » (p. 237)

 

L’auteure :

 Céline Minard est l'auteur de plusieurs romans dont Le Dernier Monde (2007), Bastard Battle (2008), et So long, Luise (2011). Elle est considérée aujourd'hui comme l'une des voix les plus originales de la littérature contemporaine. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

 Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot tiré par deux boeufs opiniâtres ; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote ; Elie poursuivi par Bird Boisverd ; Arcadia Craig, la contrebassiste. Et tant d'autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l'Ouest américain, revisité avec audace et brio, s'offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d'abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l'imaginaire. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Céline Minard nous emporte dès les premières pages dans une équipée sauvage aux confins du Far West, aux côtés de cow-boys endiablés et d’indiens fascinants.

Eau-qui-court-sur-la-plaine est une jeune indienne qui se déplace comme le vent sur les prairies, prodiguant au passage ses talents de guérisseuse au gré de ses rencontres. Elle est comme le fil conducteur qui nous permet de rencontrer les nombreux personnages de cette épopée : les frères McPherson et leur mère mourante, Elie, Bird, Arcadia et sa contrebasse, Sally, la barmaid au grand cœur, Zébulon…

Les uns courent après les autres, volent des chevaux aux autres, les reperdent au jeu, les regagnent, dans une danse endiablée portée par un souffle lyrique étonnant :

« Elle empoigna sa contrebasse et joua pour lui seul le morceau de sauvagerie qu’il lui avait comme transmis. Il reconnut la pluie que le poitrail des bêtes, le balancement grinçant des grands pins, l’éclatement de l’eau et du bois, la longue phrases du trajet plein de détours, les boules de moucherons dans les coins d’ombre, la fuite des poissons dans l’eau plate, le départ de la balle, la fuite des chevaux, la fuite des jours dans le temps, la fuite en elle-même et à ce moment, il éclata en sanglots. » (p. 218)

 Ces êtres vont se côtoyer, s’effleurer, se détester, se battre pour finir par former une grande famille unie, salvatrice.

 Un grand western au souffle épique indéniable...

 

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Ce que j’ai moins aimé :

- Rien

 

Premières phrases :

« Le chariot n’en finissait plus d’avancer. La grand-mère à l’arrière criait de toutes ses forces contre la terre et les cahots, contre l’air qui remplissait encore ses poumons.

Quand elle ne dormait pas profondément, insensible au monde, sourde, aveugle et enfin muette, elle criait furieusement dans le tunnel de toile qu’elle avait désigné comme so « premier cercueil » en s’y asseyant, au début du voyage. »

 

Vous aimerez aussi :

 Lonesome Dove de Larry McMURTRY

 

D’autres avis :

 Télérama ; Le Monde

Interview de l'auteure

 

  
 Faillir être flingué, Céline Minard, Rivages, août 2013, 36 p., 20 euros

 

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Chroniques de l’Occident nomade de Aude SEIGNE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix Nicolas Bouvier 2011

 

L’auteure :

 

Site de l'auteur.

 

L’histoire :

 

Lectrice du monde et d'elle-même, Aude Seigne, bourlingueuse du 21ème siècle,écrit avec une acuité et une souplesse inédites sur le voyage et ses amours lointaines. (Editeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

« L’arbre. C’est là que je suis, que j’étais, que je serai toujours, comme tous les instants qu’on a tellement habités qu’on y sera toujours, que le corps, qu’un de nos corps y restera à jamais. (…) Je suis allongée sous un arbre dans le désert. Je ne dors pas, je ne fais pas évasion de conscience. J’entends le silence. Les arbustes bougent, le souffle chaud fait tanguer le paysage. De gros insectes bourdonnent à quelques mètres du sol, les scarabées noirs poussent leur boule. Les ombres tournent. Le sable grise toutes les formes, les enlace, les façonne. Ma vue est trouble, le ciel blanc. Sur la plaine, dans la poussière, un troupeau passe. Et parfois tout se tait. S’allonger dans le désert sans dormir et se taire. » ( p. 56)

 

Portée par un ton personnel et contemporain, Aude Seigne s’attache à son ressenti pour nous offrir ces récits de voyage. Elle nous donne un aperçu de son nomadisme et des bonheurs ressentis dans cette façon de vivre et d’avancer.

Elle n’omet pas toutefois de nous livrer les limites, le burn out, le fait d’être comme déconnectée de la « vraie » vie, de la famille, des amis, d’un amour stable et durable… Mais pour elle voyager est un besoin, qu’elle assouvit pour ne pas sombrer.


Ce sont donc des éclats de vie nomades, des divagations, des rencontres, sans chronologie ni géographie précises, un état nomade aussi bien dans ses voyages que dans son écriture.

 

« Qui comprendrait alors l’exaltation d’un matin froid, un sac sur le dos, quelques pas dans le rues qui ne veroont jamais de retour, un billet dans la ppche pour un nouvel ailleurs. » (p.139)

 

Une agréable découverte que ce voyage intérieur.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien

 

Premières phrases :

 

« Comment cela a-t-il commencé au juste ? Pourquoi ce mouvement tout à coup, ces ailleurs, ces hommes ? Est-ce que j’écris sur les voyages, est-ce que j’écris sur l’amour ? Difficile à dire. AU début du mouvement, je vois un ferry qui arrive sur le Grèce un matin de juillet. J’ai quinze ans. Je me couche sur le pont à Brindisi. J’ai quinze ans. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Récits de voyage

 

D’autres avis :

 

Daniel ; Choco 

 

Chroniques de l’Occident nomade, Aude Seigne, Zoé poche, 2013, 144 p., 8.55 euros

 

 

Publié dans Récits de voyage

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Misere-sexuelle.com. Le livre noir des sites de rencontres de Stéphane ROSE

Publié le par Hélène

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     ♥ ♥ ♥

« J’attent toujours le miracle, et il se montre récalcitrant il est vrai mais j’insiste il est bien quelque part. »

 

L’auteur :

Connu pour être un des auteurs et présentateurs de la cérémonie des Gérard sur Paris Première, Stéphane Rose est aussi journaliste dans la presse magazine et sur le web, auteur pour Nicolas Canteloup, auteur de plusieurs livres en littérature jeunesse, humour ou sexualité. Après s’être attaqué à l’épilation intime à travers un vibrant plaidoyer, Défense du poil (La Musardine, 2010), il s’en prend cette fois aux sites de rencontres avec l’ironie et la sincérité qui sont ses marques de fabrique.

http://stephanerose.com/

 

Présentation :

Les publicités pour les sites de rencontres sont unanimes : qui que vous soyez, vous  rencontrerez l’amoureux ou le sexfriend de vos rêves. Relayée par des médias souvent complaisants, cette contre-vérité ne rend que plus pénible l’expérience que s’en fera le quidam qui s’y sera laissé piégé : prix élevés voire exorbitants (qui excluent de fait les moins riches), offre sexuelle masculine démesurée par rapport à la demande féminine, zapping relationnel, communautarisme amoureux et autres joyeusetés attendent souvent les clients, dont beaucoup repartent bredouilles ou désabusés. 

Ancien utilisateur de Meetic (et autres sites), Stéphane Rose se base sur ses nombreuses rencontres « en ligne » et un important stock de témoignages pour brosser ce petit livre noir de l’internet rose. Sans nier les possibilités réelles des sites de rencontres ni émettre le moindre jugement moral à l’égard de ceux qui les fréquentent (et pour cause, il en fut longtemps le premier client !), il se contente de pointer du doigt avec humour les nombreux vices cachés qu’il y a découvert et que les publicités oublient de montrer. Passant en revue les différentes typologies d'utilisateurs des sites, multipliant les exemples et déclarations plus vraies que nature, il nous entraîne dans les méandres des très nombreux sites de rencontres. Qui, non, n'offrent pas toujours l'amour au bout du chemin... Assorti d'un lexique, d'un inventaire comparatif des multiples sites de rencontres et d'un bêtisier édifiant des messages qu'on peut y trouver, ce livre-enquête est le premier à dénoncer l'un des grands mythes amoureux du 21e siècle. 

Révolution ou misère sexuelle ? Il appartient donc à chacun d’en juger. Stéphane Rose, lui, s’est définitivement désinscrit de Meetic… et drague désormais sur Facebook. (Présentation de l'éditeur)

 

Mon avis :

Stéphane Rose se base sur sa propre expérience pour écrire ces pages puisqu'il a lui-même « pratiqué » les sites de rencontres et a également recueilli le témoignage de nombreux témoins qui lui ont raconté « anecdotes, instants glauques, moments de déprime, petites ou grosses hontes et autres pétages de plomb en tous genres vécus sur des sites de rencontres. » (p. 11)

 Son objectif est clair : tirer à vue sur les idées reçues sur les sites de rencontres, à savoir :

- On y rencontre l’amour

- On y trouve facilement des partenaires sexuels

- Avec les sites de rencontres tout le monde a sa chance

- Les sites de rencontres sont rentrés dans les mœurs

 - Les sites de rencontres élargissent le champ de nos rencontres.

Il s’attarde dans un premier temps sur l’aspect faussement démocratique des sites de rencontres et la misère sexuelle qu’on y rencontre, puis à la tradition et à l’art du mensonge qui y règnent, à l’approche consommatrice, j’menfoutiste et déshumanisée de la relation amoureuse qu’ils induisent, et enfin aux dérives névrotiques qu’ils provoquent sur nos habitudes amoureuses. En bonus il nous offre un tour d’horizon  des différents sites avec comparatif à l’appui, et quelques annonces assez cocasses :

« Je te prends le Q mais ne me prend pas la tête, t’es OK pétasse ? »

« J’attent toujours le miracle, et il se montre récalcitrant il est vrai mais j’insiste il est bien quelque part. »

Stéphane Rose dénonce « l’un des plus grands mythes amoureux du XXIème siècle » Ceux qui s’inscrivent doivent développer selon lui un goût pour « l’éthologie humaine » dans le sens où "une diversité large, exotique, inattendue, fascinante, effrayante d’êtres humains" se présentera et qu'il faudra avoir le temps de se perdre pour slalomer entre tous les profils.

Il nous démontre également que le choix par affinités est loin d'être pertinent en effet :

« L’amour, disait Lautréamont est la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » (p. 151)

« Des personnes qui n’ont a priori aucun point commun vont s’entendre à merveille car elles ont des univers fantasmatiques inconscients similaires ou complémentaires. » (p.151) explique Sarah Chiche psychanalyste et psychologue clinicienne.

Un bilan intéressant pour ce nouveau mode de drague. Un seul bémol, nul chapitre ne semble être consacré aux bénéfices -il doit bien y en avoir- des sites, l'ensemble demeurant résolument critique. Un point de vue assumé et expliqué. Au lecteur ensuite de se faire une idée...

 

Vous aimerez aussi :

Littérature érotique

 

D’autres avis :

Interview de l'auteur 

 

Misere-sexuelle.com. Le livre noir des sites de rencontres, Stéphane Rose, La musardine, 2013, 15 euros

 

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L'envol du héron de Katharina HAGENA

Publié le par Hélène

 

envol du héron

♥  ♥

« Peut-être que ce que nous appelons vie est un rêve et ce que nous appelons rêve est la vie, et qu'en réalité la caverne de Platon est une station de métro. » (p. 257)

 

L'auteure :

Katharina Hagena est spécialiste de l’œuvre de Joyce, elle enseigne la littérature anglaise et allemande à l’université de Hambourg.

Son premier roman «Der Geschmack von Apfelkernen», qui vient de paraître en France sous le même titre de «Le goût des pépins de pomme» (Éditions Anne Carrière, janvier 2010), a remporté un triomphe outre-Rhin. Deux cent cinquante mille exemplaires vendus. (Source : Babelio)

 

L'histoire :

Trois personnages sont liés sans le savoir par un secret tragique. Marthe recherche son fils mystérieusement disparu depuis des années. Ellen ne parvient pas à se remettre de la fuite de son amant qui l'a laissée enceinter. Andreas, l'ami d'enfance d'Ellen, hante les rues du bourgs de Grund sans prononcer la moindre parole... (Source : Babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

Ellen veille. Souffrant d'insomnies récurrentes, elle qui est pourtant une médecin spécialiste du sommeil, elle veille, laisse ses pensées l'envahir, les souvenirs émerger, l'immerger. Ellen nous raconte. Sa fille, ses amants, son passé, Andréas, l'ami d'enfance, Lutz, le séducteur de l'adolescence, disparu mystérieusement, et les autres, ceux contre qui elle a cherché réconfort, amour et paix. Elle nous confie également les arcanes de son mal rongeur :

« Le sommeil est un antidote. Les patients n'ont aucune idée de tous les ravages et les loupés qui se produisent dans le corps pendant la journée : hormones, métabolisme, cœur. Le sommeil en guérit la plupart au cours de la nuit. Ce même cortisol qui, chaque nuit, m'éveille entre trois et quatre heures du matin et me contraint à me souvenir fait que mes souvenirs s'effacent et que je peux me rendormir. C'est aussi contradictoire que merveilleux et , lorsque j'y réfléchis, il me faut presque me dissoudre pour pouvoir complètement l'appréhender. » (p. 262)

Parallèlement, Marthe confie ses pensées et ses rancoeurs dans un journal intime, guettant dans l'ombre Ellen et sa fille...

L'atmosphère de ce roman, entre rêve et réalité, sommeil et veille est hypnotique. Elle rive le lecteur au pages et le tient éveillé, captivé, sommé de connaître le fin mot de cette histoire nostalgique. Le charme agit...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Je m'interroge sur le manque d'originalité dans cette histoire (souvenirs, secrets enfuis dans l'enfance...) je ne pense pas qu'il m'en restera grand chose dans quelques mois... Je pense que cela est dû aussi à un aspect brouillon, déjà ressenti dans le Goût des pépins de pomme, l'impression que l'auteure ne sait pas bien où elle va, qu'elle avance dans un brouillard nébuleux opaque.

Bref un roman qui est certes agréable à lire, mais qui manque substanciellement de corps, d'intensité, trop flou encore pour retenir et l'attention, et la mémoire... 

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Premières phrases :

« Les signes sont partout, déjà, les signes postaux, timbres, tampons et codes-barres, l'écriture de l'expéditeur – imprimée ou manuscrite, avec imprimante laser, encre, stylo bille ou feutre.

L'emploi de machine à écrire est assez rare, plus fréquents sont les caractères derrière des fenêtres crissantes de papier transparent. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Le goût des pépins de pomme de Katharina HAGENA

Autre : La chambre aux échos de Richard POWERS

 

D'autres avis :

Clara ; Mélo Aifelle

 

L'envol du héron, Katharine Hagena, roman traduit de l'allemand par Corinna Gepner, Anne Carrière Editions, août 2013, 292 p., 22 euros

 

rentrée littéraire2013 2

Publié dans Littérature Europe

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Les harmoniques de Marcus MALTE

Publié le par Hélène

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Une somptueuse ballade aux accents de jazz

 L’auteur :

 http://marcusmalte.wix.com/marcusmalte#!biographie

 L’histoire :

 Souviens-toi, on rêvait d’un monde de justice… Vera Nad, vingt-six ans, jeune femme au visage d’ange. Morte. Son corps, ou ce qu’il en reste, est retrouvé un matin dans un entrepôt désaffecté. La police conclut à un règlement de comptes entre dealers. Les coupables sont rapidement arrêtés. Affaire classée. Pas pour tous. Mister, le pianiste au grand cœur, et Bob, son acolyte, chauffeur de taxi érudit, ne croient pas à cette version des faits. Vera était leur amie, ils se doivent de mettre au jour la vérité. Une quête qui les conduira des hautes sphères de la politique française jusqu’aux rives lointaines du Danube. De Paris à Vukovar. Des riches demeures des princes aux charniers des Balkans. Du présent au passé. Car en tout temps règnent le mal et la corruption, en tout lieu les plus bas instincts de l’homme se déchaînent. Et seul l’écho des cris des victimes ne meurt jamais. Quatre ans après le phénoménal Garden of love, Marcus Malte renoue avec son duo de personnages fétiches pour composer cette fois une somptueuse ballade aux accents jazz. Un chant d’amour, poignant, dans lequel ces « voix chères qui se sont tues » n’en finissent pas de résonner. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 « - Harmeûniques ? C’est quoi les harmeûniques ?

- Les notes derrière les notes, dit Mister. Les notes secrètes. Les ondes fantômes qui se multiplient et se propagent à l’infini, ou presque. Comme des ronds dans l’eau. Comme un écho qui ne meurt jamais. (…° Ce qu’il resta quand il ne reste rien. C’est ça les harmoniques. Pratiquement imperceptibles à l’oreille humaine, et pourtant elles sont là, quelque part, elles existent. (…) Il n’y a pas que la musique qui produit des harmoniques. Le bruit des canons aussi. « (p. 294)

 Mister est pianiste, Bob conducteur de taxis et en enquêtant sur le meurtre d'une jeune femme qu'a connue Mister, ils vont rencontrer une galerie de personnages atypiques : un chanteur à la tire, un accordéoniste aveugle,  un sculpteur manchot, tous des êtres qui connaissent la cruauté du monde et qui croient en la beauté de l’art, en sa capacité qu’il a de transcender la douleur et d’éterniser les sentiments. Qu’il soit musique ou sculpture, il permet d’établir une maigre paroi contre la violence, et de graver dans l’éternité l’innocence et la pureté.

 « C’est alors qu’il faut faire appel à ces chants. Les laisser remonter. D’abord pour que s’apaisent le tremblement des mains et l’entrechoquement des os et pour éviter que l’âme ne se désagrège, qu’elle ne se liquéfie, qu’elle ne se répande comme cette flaque fétide sous la robe en coton. Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en note, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodie, les sanglots longs en violons – la vie en harmonie. 

Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. » (p. 51)

 A la recherche des meurtriers de Vera Nad, une jeune femme sans doute idéalisée par le pianiste romantique, assassinée dans conditions tragiques. ils vont se heurter au lourd passé de la guerre des Balkans puis vont aussi découvrir les arcanes des hautes sphères de la politique porté par un style époustouflant, à la fois drôle, puissant, marquant.

Qui se souviendra de nos morts ? qui se souviendra des massacres, des violences ?

Qui sinon aussi les écrivains ?

Un roman jazzy très puissant !

 Ce que j’ai moins aimé :

 Le long développement sur la résolution de l’intrigue.

 

Premières phrases :

 « En d’autres temps, d’autres lieux, elle aurait été la jeune femme accoudée au demi-queue qui ne le quittait pas des yeux pendant qu’il jouait. Où qu’elle fût toujours en exil, toujours funambule sur le fil de la musique – qui sait où il conduit ? Le bout incandescent de sa cigarette se reflétant sur la laque noire du piano comme un phare au milieu de l’océan. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Garden of love

Autre : Mapuche

 

D’autres avis :

 Libération  ; Kathel ; Jean-Marc  

 

  Les harmoniques, Marcus Malte, folio, janvier 2013, 7.70 euros

 

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Compartiment n°6 de Rosa LIKSOM

Publié le par Hélène

                                     compartiment-n°6

  

 "Il y a des milliers et des milliers de vérités. Chacun a la sienne. J'ai maudit ce pays je ne sais combien de fois, mais je ne serai rien sans lui. Je l'aime." (p.112)

 

L'auteure :

 

Rosa Liksom est une écrivaine finlandaise née en 1958 dans un petit village situé près de Tornio en Laponie, sous le nom d’Anni Tylävaara. Liksom est un pseudonyme (signifiant « comme » en suédois). Rosa Liksom parcours l’Europe à partir de l’âge de 15 ans, commençant par la Scandinavie, la France, l’URSS où elle s’installe un temps. Serveuse dans des cafés pour « hippies-punk », dans les années 1980, Rosa Liksom profite des temps morts pour écrire des livres qui posent des questions : le refus du monde, l’exclusion sociale, l’espoir et l'amour dans un argot (celui des jeunes d’Helsinki) poétique. Son premier livre date de 1985 (Arrêt de nuit). Elle écrit surtout des nouvelles traduites dans une quinzaine de langues, mais elle a aussi publié un roman, Kreisland, non traduit en français. En parallèle à l’écriture, Rosa Liksom est également peintre. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

 

En gare de Moscou, une jeune Finlandaise s’installe dans le train qui la mènera à travers la Sibérie, puis la Mongolie, jusqu’à la ville mythique d’Oulan-Bator. C’est avec Mitka qu’elle aurait dû réaliser son rêve, mais la voici seule dans ce compartiment n° 6, prête à traverser l’Union soviétique pour rallier les portes de l’Asie. Quelques instants avant le départ, un homme la rejoint et s’installe finalement face à elle. Vadim Nikolaïevitch Ivanov est une véritable brute qui s’épanche sur les pires détails de sa vie, sans jamais cesser de boire.


La jeune femme regarde défiler les paysages enneigés qui se répètent et se déclinent à l’infini. Alors que les villes ouvrières se succèdent, l’atmosphère du compartiment n° 6 s’alourdit à mesure que l’intimité disparaît. Les repas se partagent, de même que les angoisses et les violentes pulsions du grand Russe. Si la jeune femme se réfugie dans ses souvenirs pour ne pas céder à la peur, ces deux êtres que tout oppose rentreront à jamais changés de ce long voyage. (Source : éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 

 

Le train brinquebale lentement à travers les paysages de la Russie, entraînant la jeune finlandaise vers le nord, vers la ville d'Outan-Bator. L'atmosphère se fait lente, comme suspendue entre deux décisions, entre deux amours, entre deux vies possibles. Le train est le symbole du passage, d'un temps et d'un monde à part, à l'orée du monde pour la jeune femme indécise. Les phrases sporadiques épousent les mouvements lancinants du train :

 

"Tout est en mouvement, la neige, l'eau, l'air, les arbres, les nuages, le vent, les villes, les villages, les gens et les pensées." (p. 158)

 

« La forêt jaillit, ce n'est plus Novossibirsk : une colline, une vallée, des broussailles. Le train se rue vers la toundra, vers l'inconnu, et Novossibirsk s'écroule au loin en un tas de pierres. Le train fonce dans la nature, gronde à travers le pays enneigé, désert. » (p. 93)

 

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Ce trajet est le prétexte de rencontres improbables possibles, comme cette confrontation avec l'homme qui partage le compartiment de la jeune femme, un alcoolique, désabusé, qui voit en la jeune fille fragile et discrète une oreille attentive. Le contraste est saississant entre ce russe, amoureux de la vodka, des prostituées, symbole du pays en déliquescence, et cette jeune femme diaphane, qui essaie de rester transparente et qui fuit dés qu'elle le peut pour découvrir les villes où le train fait des haltes. 

 

Rosa Liksom signe là un roman au charme nordique indéniable, cotonneux, typique des romans du nord...

 

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

 - L'action est réduite au minimum, il s'agit davantage d'un roman contemplatif. 

 

 

Premières phrases :

 

« Moscou se recroquevillait dans le froid sec d'un soir de mars, se protégeant du contacte du soleil couchant, rouge et glacé. La jeune femme monta dans le dernier wagon, en queue du train, chercha son compartiment, le n°6, et respira profondément. Il y avait quatre couchettes, dont les deux du haut étaient repliées, avec entre elles une petite table ornée d'une nappe blanche et d'un vase en plastique contenant un œillet en papier rose décoloré par le temps ; le porte-bagages, à la tête des lits, débordait de gros ballots noués à la va-vite. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le creux de l'oubli

Autre :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN

 

 

 

 

Compartiment n°6, Rosa Liksom, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, Gallimard Du monde entier, septembre 2013, 212 p., 19.50 euros

 

 

 

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Publié dans Littérature Europe

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Le vent dans les saules tome 1 Le bois sauvage de Michel PLESSIX d'après le roman de Kenneth GRAHAME

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

L'auteur :

Né en 1959 à Saint-Malo, Michel Plessix reste fidèle à sa région. Ses premiers   travaux sont des affiches de festnoz et une plaquette de communication sur les   nouvelles technologies pour la ville de Rennes. Il participe également à un   collectif sur l’histoire de la Bretagne pour le Crédit Agricole (1983). En 1984,   après sa collaboration au journal Frilouz, il publie Mark-Jones : pas de bananes   pour Miss Blanquette aux Éditions Souny avec Jean-Luc Hiettre. S’ensuit un   album, La Déesse aux yeux de jade, chez Milan en 1988 (réédité en 1993   aux Éditions Delcourt). Il collabore avec Dieter au scénario et Isabelle Rabarot   aux couleurs et le trio signe en 1989 les aventures en quatre volets de Julien Boisvert (Éditions Delcourt). Michel Plessix scénarise par   ailleurs la série Les Forell (Dargaud), dessinée par Bazile. En 1996,   il se lance dans l’adaptation du Vent dans les Saules, le roman de   Kenneth Grahame et c’est un succès. La série vend à plus de 200 000 exemplaires   et reçoit une dizaine de prix. En 2005, il lui compose une suite flamboyante : Le Vent dans les Sables.

(Source : Delcourt)

 

L'histoire :

Le printemps est enfin là, tout en couleurs et en saveurs. Taupe ne peut résister à son appel et abandonne ses tâches ménagères pour une promenade pastorale. Il rencontre Rat, et les deux nouveaux amis rendent visite au vaniteux Crapaud, spécialiste des lubies catastrophiques. Succulente adaptation d'un classique de la littérature anglaise, signé Kenneth Grahame. (Source : Delcourt)

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Mon avis :

Un album merveilleux pour une brillante adaptation !

Taupe préfère répondre à l'appel de la nature et aller fôlatrer dans les prés et au bord de la rivière que d'accomplir des tâches ménagères rébarbatives. C'est là qu'il fait la connaissance de Rat qu'il va accompagner au fil de l'eau et des pages dans ses pérégrinations. Tous deux vont s'abandonner à la beauté de ce lumineux jour de printemps. Mais en voulant rendre visite à Crapaud, ils traversent le bois sauvage qui leur réserve bien des surprises.

Beauté du jour, contemplation, mystère, amitié, tout est là. Et le lecteur entend alors lui aussi le vent vibrer dans les saules et part à l'aventure aux côtés des compères.

Les dessins mis en couleurs à l'aquarelles sont magnifiques, lumineux pour une promenade bucolique inoubliable !

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L'avis de Romain, 7 ans :

"J'ai aimé cette bd notamment quand Taupe et Rat rencontre la Loutre. L'histoire est bien parce qu'elle raconte un grand voyage. J'ai préféré le personnage de Rat parce qu' il a décidé de faire le voyage. Crapaud est drôle aussi. Les dessins sont beaux avec les étangs. Cela m'a donné envie de partir en voyage en bateau. "

 

Vous aimerez aussi :

https://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/julien_boisvert_integrale_t_1_a_4 

 

Le vent dans les saules, Michel Plessix, Delcourt, novembre 2009, 9.40 euros

 

BD Mango bleu

 

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