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Coups de coeur 2012

Publié le par Hélène

Romans :

Mes 3 préférés :anima

 

Anima de Wajdi MOUAWAD

 

La nuit tombée de Antoine CHOPLIN

 

Pour seul cortège de Laurent GAUDE

 

Les autres :

 

Rue des voleurs de Mathias ENARD

 

Home de Toni MORRISON

 

Les affligés de Chris WOMERSLEY

 

Dernières nouvelles du Sud de Luis SEPULVEDA et Daniel MORDZINSKI 

 

Les oranges ne sont pas les seuls fruits de Jeanette WINTERSON

 

A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

 

Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia ROSENTHAL

 

 

Roman policier :

 

Mapuche de Caryl FEREY

 

Cousu main de Carl HIAASEN

 

Comme dans un miroir de Gunnar STAALESEN

 

Cible mouvante de Ross MACDONALD

 

Presque mort de Ake EDWARDSON

 

Le roi Lézard de Dominique SYLVAIN

 

Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar STAALESEN

 

Le léopard de Jo NESBO

BD :

 Mes 3 préférés :toutseul

 

Tout seul de Christophe CHABOUTE

 

Les ignorants de Etienne DAVODEAU

 

En route pour le Goncourt de Jean-François KIERZKOWSKI et Mathieu EPHREM

 

Les autres : 

 

Simon’cat de Simon TOFIELD tome 1 Une calamité de chat  

 

Far away de Maryse et Jean-François CHARLES et Gabriele GAMBERINI

 

Petit Pierrot : Décrocher la Lune de Alberto VARANDA

 

De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI

 

Furari de Jirô TANIGUCHI

 

Hokusaï de Shôtarô ISHInoMORI

 

Zazie dans le métro de Clément OUBRERIE

 

Jeunesse :

 

Abécédaire des belles choses à faire... de Géraldine COLLET et Nicolas GOUNYabécédaire couv

 

Dragons et dragon de Marie SELLIER et Catherine LOUIS

 

La grotte de Petit Ours de Martin WADDELL et Barbara FIRTH

 

Théâtre :

 

A mon âge, je me cache encore pour fumer de RAYHANA

 

Essai :

 

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain TESSON

 

L’inquiétude d’être au monde de Camille de TOLEDO

 

La part manquante de Christian BOBIN

 

Poche :

 

La fille du cannibale de Rosa MONTEROfille du cannibale

 

Les plus beaux contes zen de Henri BRUNEL

 

Expiation de Ian McEWAN

 

Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

 

Le vent qui siffle dans les grues de Lidia JORGE

 

L’arrière-saison de Philippe BESSON

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

Imaqa de Flemming JENSEN

 

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Coups de coeur 2012 des blogueurs

Publié le par Hélène

En flânant sur les blog, j'ai glâné quelques tops 10 :

 

Chez Canel 

Kathel 

Noukette 

Théoma

Mango 

Gambadou

Marilyne     

Jérôme

Géraldine

Anne

Anis

  

BD :

Mango 

Noukette

Jérôme

Yaneck

 

Jeunesse :

Noukette 

 

Si vous en avez repérés d'autres, n'hésitez pas à m'en informer, ils sont une source infinie d'idées lmineuses de lectures...

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Tous ensemble, mais sans plus de Georges FLIPO

Publié le par Hélène

tous-ensemble-mais-sans-plus.jpg

♥ ♥

 

L’auteur :

 Georges Flipo est l’auteur de plus de soixante nouvelles pour la radio (Radio France, France Bleu) et a publié huit livres ; son dernier recueil, Qui comme Ulysse, a été applaudi par la critique et dans les blogs littéraires, avant d’être couronné par le jury du Prix Ozoir’Elles, présidé par Régine Deforges. (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

 – Des pingouins ! Vous êtes comme des pingouins sur la banquise, tous à vous renifler, à lustrer votre plumage… Et vous vous serrez l’un contre l’autre, frissonnants, dès que souffle un vent mauvais… Malheur à l’intrus : vous lui souriez, mais vous le regardez les yeux dans les pieds, à guetter sous ses palmes la moindre fissure de la glace, en espérant qu’elle devienne fracture, béante, qu’elle l’entraîne le plus loin possible, et allez, ciao ! Tous ensemble, bien sûr, mais sans plus. Sans les trop vieux, les trop pauvres, les trop colorés, les trop moches. Sans les trop autres.

– Allons, mon ami, ce ne sont que des mots. Words, words, words…

(Extrait de la nouvelle éponyme) (Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

George Flipo nous offre une vision éclairée de la société actuelle : il s'intéresse notamment au sort réservé à nos retraités, aux différences sociales difficilement surmontables, à l'emploi des étrangers, aux luttes de pouvoir pouvant apparaître au sein même s'une relation amicale ou sentimentale … Mais l'auteur ne se cantonne pas à notre société, son sens de l'observation et sa capacité à analyser les situations lui permettent de rejoindre l'universalité de certains thèmes comme la difficulté des relations humaines et du fonctionnement de notre monde en général, le jugement des uns sur les autres sans intelligence, les a priori, l’incommunicabilité entre les êtres...

 Le tout est percutant, servi par un style fluide orné de nombreux dialogues qui rendent le texte vivant et attrayant.

Ce petit recueil de nouvelles, sans être inoubliable, est plaisant à lire, constituant un moment agréable de lecture.

 

Premières phrases :

« Immuables. Les dîners chez les Pontignac étaient immuables jusque dans leur grain de folie. Chaque deuxième samedi du mois. Monsieur et Madame recevaient une vingtaine d’amis, tous gens de bonne compagnie, notables de Nantes dans la cinquantaine avancée, et les répartissaient en trois tables, en imposant la dissociation des couples puisqu’on était à l’âge où le verbe se libère plus volontiers en l’absence du conjoint. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Qui comme Ulysse

Autre : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

 

D’autres avis :

 Babélio 

 

Tous ensemble, mais sans plus, Georges Flipo, Anne Carrière, octobre 2012, 230 p., 18 euros

 Merci à l’auteur d’avoir fait voyager son livre.

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Tag : quelle acheteuse de livres es-tu ? taguée par Mango

Publié le par Hélène

1) Es-tu une acheteuse compulsive de livres?

 

Oui, j'avoue...

 

 2) À quelle fréquence achètes-tu tes livres?

 
Toutes les semaines environ...

3) As-tu une librairie favorite?

La librairie Antipodes à Enghien les Bains

antipodes.jpg
 
Pour ses libraires dont Linda Cassou toujours de bons conseils...

4) Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée ?  
 
Souvent seule pour flâner plus longtemps.

5) Librairie ou achats sur le net?
 
Les deux mon capitaine : librairie pour les livres neufs, net pour les livres d'occasion.

6) Vers quels types de livres te tournes-tu en premier ?
 
Les romans, les policiers, les bd.

7) Préfères-tu les livres neufs, d’occasion ou les deux ?
 
Les deux : dans les livres d'occasion, j'aime l'idée que les livres voyagent plutôt que de rester inertes dans une bibliothèque ou, pire dans des cartons dans une cave ! Pour les livres neufs, j'aime le papier lisse, la couverture impeccable, l'objet-livre lui-même, ce qui me fait penser que je ne suis pas prête à passer à la liseuse ! 
 
8) Qu’aimes-tu dans le shopping livresque?
 
La perspective de dénicher un livre qui me fera changer ma façon de regarder le monde, qui m'enrichira, me rendra meilleure...


9) Te fixes-tu une limite d’achat pas mois?

Moi non, ma carte bancaire oui...

10) À combien s’élève ta wish-list?

Je wish beaucoup il faut le savoir...

11) Cite 3 livres que tu veux TOUT DE SUITE!
 
Trop tard, je les ai déjà achetés 
 

12) Pré-commandes-tu tes livres? 

Non.

13) Pourquoi un tel pseudo/nom de blog?
 
Parce que "Hélène je m'appelle Hélène"
Lecturissime est une trouvaille inspirée de mon cher et tendre et comme je suis pour la paix des ménages, j'ai obtempéré en vantant sa brillantissime idée...

14) Parle-nous de ton prof préféré.

 

Elles sont deux :
Caroline Veltcheff, qui fut ma professeure de français en 1ère. Une femme brillante.  Elle a abordé la littérature non pas dans une logique "Il faut le bac, il faut des bonnes notes", mais elle nous a appris à aimer apprendre, elle nous a montré en quoi la littérature pouvait enrichir et changer nos vies. 
 
  Henriette Levillain ma professeure de littérature comparée en licence de lettres modernes et qui a dirigé mon mémoire en maîtrise. Passionnée, exigeante, droite et intègre, elle m'a brillamment aiguillée. Elle m'a permis de découvrir Saint John Perse, elle m'a ouverte à un autre monde ! 

15) Parle-nous de ton premier concert. 

Quel est le rapport avec les livres ?
 
16) Quel est ton endroit préféré au monde? 

Mon premier réflexe aurait été de dire "mon lit",
 
mais ici ce n'est pas mal non plus :
  
ValgaudemarLacLauzon
ou ici :
 
 ile_de_brehat.jpg 
  

17) Un endroit que tu aimerais visiter?

La région des grands lacs américains 
  
canada11.jpg

18) Parle-nous de quelque chose qui te rend complètement folle en ce moment.
Folle ? La bêtise humaine...

19) Si tu pouvais posséder instantanément quelque chose, rien qu’en claquant des doigts, qu'est-ce que ce serait?

Posséder ? Je n'aime pas du tout ce mot consumériste...
 Toutefois, si vous insistez, une de ces maisons devrait faire l'affaire :
maison-au-bord-du-lac.74650.jpg

20) Qui tagues-tu ?
Qui veut...

Publié dans Tags - challenges...

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Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie OTSUKA

Publié le par Hélène

                                  cetaines-n-avaient-jamais-vu.jpg

 ♥ ♥ ♥

Prix fémina étranger 2012 

 

L’auteur :

 Née en 1962 en Californie, où elle passé toute son enfance, Julie Otsuka, petite-fille d'immigrés japonais, a étudié les beaux-arts à l'Université de Yale et entamé une carrière de peintre. La trentaine venue, elle a décidé de se consacrer pleinement à l'écriture et publié en 2002 un premier roman très remarqué, Quand l'empereur était un dieu, paru deux ans plus tard en France : un livre inspiré par l'histoire de son grand-père, suspecté de trahison après l'attaque de Pearl Harbor en 1941 et interné dans un camp de l'Utah pendant trois ans. Julie Otsuka vit actuellement à New York.

 

L’histoire : 

 L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.

C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

  À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

 PRIX FEMINA ÉTRANGER 2012 (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Julie Otsuka a choisi un mode narratif particulier pour faire parler ces femmes japonaises au destin atypique : elle a opté pour un « nous » qui permet de donner une voix ample et puissante à ces femmes qui chantent en chœur leur douleur :

 « La nuit nous rêvions de nos maris. De nouvelles sandales de bois, d'infinis rouleaux de soie indigo, de vivre dans une maison avec une cheminée. Nous rêvions que nous étions grandes et belles. Que nous étions de retour dans les rizières que nous voulions si désespérément fuir. Ces rêves de rizières étaient toujours des cauchemars. Nous rêvions aussi de nos soeurs, plus âgées, plus jolies, que nos pères avaient vendues comme geishas pour nourrir le reste de la famille, et nous nous réveillions en suffoquant. Pendant un instant, j'ai cru que j'étais à sa place. »

 Le récit fait fi du pathos, et se contente de nous décrire froidement la vie filiforme de ces femmes arrachées à leur pays natal avec des rêves pleins la tête, et finalement vouées à trimer aux champs aux côtés d’un mari bien éloigné des photos et des lettres initiales… Les enfants qu’elles vont mettre au monde ne seront qu’une maigre consolation, élevés dans la pauvreté, ils n’en seront pas moins américains, et s’éloigneront peu à peu de ces mères japonaises si peu intégrées.

 Mais l’horreur de leur destin ne s’arrête pas là puisque Julie Otsuka aborde également ce sujet souvent passé sous silence : le déplacement et l'internement de quelque 120 000 Japonais, en 1942, après l'attaque, le 7 décembre 1941, par l'aéronavale japonaise, de la base américaine de Pearl Harbor. Un à un ces visages japonais disparaîtront, emportés dans un gouffre qui va les broyer et les mener vers l’oubli. 

 « Un garçon de Parlier a emporté une couverture de flanelle bleue qui conservait l’odeur de sa chambre. Une fille aux longues couettes venant de la petite ville de Tulare a emporté une épaisse craie rose. Elle s’est arrêtée un instant pur dire au revoir aux gens immobiles sur le trottoir et, d’une petit geste rapide, elle leur a fait signe de s’en aller et s’est mise à sauter à la corde. Elle est partie en riant. Elle est partie sans se retourner. » (p. 214)

 Heureusement, la littérature est là pour nous rappeler le souvenir de ces destins malheureux et pour offrir à ces femmes un écrin de mémoire…

  

Ce que j’ai moins aimé :

 La froideur du ton et du style fait que quelquefois on reste en dehors du récit, avec l’impression de lire une liste dépourvue d’humanité.

 

Premières phrases :

« Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n’étions pas très grandes. Certaines d’entre nous n’avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n’avaient que quatorze ans et c’étaient encore des petites filles. »

 Vous aimerez aussi : 

Littérature Asie de l'Est  

 

D’autres avis :

Lecture commune avec Valérie , Mirontaine, Jeneen, Monpetitchapitre, Mélo et Sandrine.

Presse : Le Figaro ; Le Monde ; Télérama

Blogs : Canel ; Théoma ; Kathel, Yv, Aproposdelivres, Canel, Jérôme, Philisine Cave,

 

 Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka, traduit de l’anglais (américain) par Carine Chichereau, Phébus,  août 2012, 144 p., 15 euros

 grand prix lectrices de elle

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Le singe de Hartlepool de Wilfrid LUPANO et Jérémie MOREAU

Publié le par Hélène

                                             singe_de_hartlepool_couverture.jpg

  

"La nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres et par la haine commune de ses voisins." (Dean William R. Inge)


 

Les auteurs :

 

Wilfrid Lupano est né le 26 septembre 1971 à Nantes mais a passé une grande partie de sa vie à Pau, et réside maintenant à Toulouse. Après un Bac littéraire et une année de philosophie à la Sorbonne, il passe finalement une licence d'Anglais. La BD a toujours fait partie de sa vie, et ce depuis son enfance où ses parents en consommaient beaucoup. Cela lui a permis de s'immerger très jeune dans les techniques narratives et la construction de scénario inhérentes à la BD. Mais c'est surtout par une pratique assidue du jeu de rôle en tant que maître de jeu qu'il s'est forgé de réelles compétences en matière d'imaginaire et de narration. Dans un des bars où il travaillait pour payer ses études, il a rencontré ses deux associés actuels : Roland Pignault et Fred Campoy. C'est ce dernier, devenu son ami, qui lui a proposé de se lancer dans l'écriture de nouvelles et de scénarios, en développant avec lui un personnage dans l'Amérique de XIX° siècle : ainsi est né Little Big Joe. Il puise son inspiration dans les bars (puisqu'il tient maintenant Le Filochard à Toulouse) et autres lieux de vie nocturne. Ce sont pour lui de formidables laboratoires de la nature humaine, où la réalité dépasse bien souvent la fiction. Ses influences sont nombreuses et vont du cinéma, avec les frères Cohen, Mc Quarrey, Audiard, Blier, à la littérature classique et la science-fiction. Même s'il a une énorme culture BD, il avoue préférer puiser dans un autre univers la matière nécessaire à son travail. Aujourd'hui, excepté la poursuite des aventures de Little Big Joe, il a de nombreux projets en tête et désire changer de registre pour travailler l'aventure, le polar ainsi que d'autres genres moins conventionnels.

 Jérémie Moreau est dessinateur et coloriste de BD.

Son blog http://mor-row.blogspot.fr/

  

L'histoire :

 

 En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant : un chimpanzé, mascotte de l'équipage portant l'uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d'Angleterre, où personne n'a jamais vu de Français, l'animal correspond assez bien à l'idée qu'on se fait de l'ennemi. Aussitôt, le singe est traîné en justice, accusé d'espionnage...

 

Ce que j'ai aimé :

 

Les deux comparses nous content une histoire vraie pourtant invraisemblable traitée sur un ton vivave rapide et efficace !

Cette histoire cocasse illustre avec intelligence les méfaits de la haine ordinaire liés à une appréhension de la différence : ces hommes sont ridicules à tenter de prouver envers et contre tout que le singe est bien un français. Sous prétexte qu'il est vêtu de l'uniforme des troupes napoléoniennes, qu'il mange des  grenouilles et des escargots, ils persévèreront dans leur erreur, trop fiers et idiots pour se rétracter !  

  "Des hommes petits, imbibés de nationalisme, ont pendu un singe ! Ah, elle est encore loin la modernité, c'est moi qui te le dis. On est en pleine préhistoire !" (p. 91)

 singe_patterson-dessin-2.jpg

Les dessins s'accordent parfaitement à cet épisode de l'histoire, les personnages sont croqués avec talent, telles des caricatures de racistes ordinaires.

 Un très bel album pour commencer l'année...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

 singe-de-hartlepool-dessin-1.jpg

D'autres avis :

 Presse : Lire

 Blogs : Mango  Noukette Yvan ; Mango 

singe3.jpg

Le singe de Hartlepool, Lupano et Moreau, Delcourt, septembre 2012, 14.95 euros

 

BD Mango bleu

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Bonne année 2013 !

Publié le par Hélène

Publié dans Divers

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Déception et abandons de 2012

Publié le par Hélène

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La ville des serpents d’eau de Brigitte AUBERT

Brigitte Aubert reprend un thème très couru en littérature policière : la pédophilie, et s’inspire pour ce faire d’un fait divers : séquestration d’une enfant devenue mère. Soit. Encore faudrait-il que les personnages soient crédibles : la séquestrée n’est pas  au quarantième dessous, la jeune Amy semble à peine décontenancée d’être lancée à l’air libre loin de sa mère et de son géniteur, le flic alcoolique –là encore quelle originalité !- enquêtant est grossier et très peu attachant, donc déjà, pour moi cela commençait mal.

Il a suffi de quelques passages pathétiques appuyant sur la corde sensible gratuitement pour que ce polar me tombe des mains. Il m’en reste une impression très désagréable, gluante, collante, lourde, qu’un style basique a définitivement embourbé dans les limbes de mon ennui. Et pourtant je me souviens d’avoir beaucoup aimé « La mort des bois ». C’est dommage.

 D'autres avis : Clara 

grand prix lectrices de elle

plan-table.jpg

 Plan de table deMaggie SHIPSTEAD

Présentation :

Un mariage, le plus beau moment d'une vie...? Plan de table, ou quand une riche famille américaine se retrouve en huis clos sur une île de Nouvelle-Angleterre. Amour, fidélité, réussite et démon de midi, dans la lignée des Sortilèges du cap Cod de Richard Russo ou encore d'American beauty de Sam Mendes, un roman social grinçant et jubilatoire, une analyse au scalpel des vies étriquées et superficielles de l'upper class américaine.

Brillante, impertinente et jubilatoire, une comédie de moeurs grinçante sur une île très select de Nouvelle-Angleterre, le tableau aussi émouvant que désopilant d'une upper class américaine engoncée dans ses codes et ses certitudes.

C'est l'événement de la saison sur l'île de Waskeke : Daphnée, l'aînée des Van Meter, se marie ! Mais alors que famille et amis sont en effervescence, son père, lui, arbore une mine maussade.
Pour Winn, banquier désabusé de cinquante-neuf ans, passe encore de voir sa fille très enceinte s'afficher en robe virginale, de supporter les commentaires gras des cousins de province et les discours éméchés de sa belle-soeur. Passe encore qu'une fuite de homard sème la panique et qu'une baleine choisisse précisément ce week-end pour venir s'échouer sur la plage. Passe enfin que son éducation toute protestante l'empêche de goûter aux appas de la jeune Agatha, demoiselle d'honneur particulièrement accorte.
Non. Le vrai scandale pour Win, cette obsession qui hante ses nuits, se résume à une seule question : pourquoi les portes du Pequod, le club le plus huppé de l'île, ce sanctuaire des âmes bien nées, lui restent-elles désespérément closes ?
Plus que deux jours à tenir et ce mariage sera de l'histoire ancienne...



Mon avis :

 Les problématiques des personnages m'ont semblé creuses et sans intérêt le vieux rombier qui lorgne la jeune damoiselle amie de sa fille, la jeune fille éconduite malheureuse comme la pierre, la mère de famille affairée, la future jeune mariée enceinte et fatiguée... Et le seul souci à l'horizon est la fait que ce brave ... ne puisse pas intégrer le club qu'il convoite ! Pauvres personnages si riches...

 

D'autres avis :

 Le Figaro http://www.lefigaro.fr/livres/2012/09/26/03005-20120926ARTFIG00689--plan-de-table-un-mariage-a-risques.php

Cathulu http://www.cathulu.com/archive/2012/10/29/plan-de-table.html

 

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La réparation de Colombe SCHNECK

 

Quatrième de couverture :

« Je me suis d'abord trompée.

Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La petite Salomé, dont ma fille a hérité du beau prénom, mon arrière grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien. »

 Que s'est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette culpabilité en héritage ?

Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu'à la découverte d'une vérité bouleversante.

  

Mon avis  :

En premier lieu, il y a l'écriture, basique, froide, banale, sans aucun intérêt, peut-être due au fait que l'auteure est journaliste.

Puis le sujet, l'intérêt de ce témoignage qui n'apporte pas grand chose au sujet, si ce n'est de soulager la conscience de l'auteure. Ecrire sur la Shoah pourquoi pas, que l'on aime ou non les bains dans la Méditerrranée, là n'est pas la question. Mais encore faut-il avoir quelque chose à dire, à raconter, et savoir le faire. 

Bref,  pour finir, la construction labyrinthique, faite d'allers-retours, a eu raison de mon intérêt pour ce roman-témoignage.

 

D'autres avis :

Jostein Mimi qui souligne le fait étrange que ce livre soit considéré comme un roman et non comme un témoignage.

Clara

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Les oreilles de Buster de maria ERNESTAM  

Quatrième de couverture :

Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée.

Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime.

Un délicieux mélange de candeur et de perversion.

 

Mon avis :

Trop lent, je pensais rire, mais ce ne fut pas le cas.

Il faudra que l'on m'explique pourquoi l'auteur pense qu'une femme est vieille à 56 ans ? C'est étrange.

Il m'a été difficile de m'identifier aux personnages.  Une impression d'ennui a prévalu sur mon envie de lire ce roman ! 

libellules.jpg

 Quatrième de couverture :

 Il y a, dans Libellules, un enfant qui grandit et sans cesse s’interroge, un père qui aimerait pouvoir lui répondre, il y a cette femme qui, du matin au soir, secoue son linge à sa fenêtre, il y a Kate, là-bas, en Antarctique, et la tragique histoire d’un chapeau à la mer… Avec tendresse et bienveillance, un homme, écrivain, porte un regard sensible et drôle sur le monde qui l’entoure. (Présentation de l’éditeur)

 Mon avis :

 J'ai aimé les chapitres consacrés à l’enfant qui pose des questions philosophiques auxquelles il est difficile de répondre sont frais et intelligents. J'ai trouvé les autres chapitres insignifiants, le narrateur observe le monde qui l’entoure et nous le rend tel quel, sans réel travail de création ou de poésie. A chaque fin de chapitres, je me disais « Oui ? Bon… »

   D’autres avis :

 Clara ; Nina ; Yves  

   deesse_des_petites_victoires_m.jpg 

 

Quatrième de couverture :

Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.


Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.


Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
 

Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

 

Mon avis :

Trop de longueurs, une situation statique pendant plusieurs pages, des considérations scientifiques qui ne m'intéressaient pas du tout, des personnages peu attachants, voire franchement antipathiques, des situations répétitives (les chapitres consacrés aux visites de Adèle à la vieille Anna), bref, j'ai abandonné.

 

D'autres avis :

 

Chez Babélio  

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Remington de Mamadou Mahmoud N'Dongo

 

Quatrième de couverture : « Mon dimanche a commencé comme le début d’un film de Jim Jarmusch par un long plan séquence où le héros devant son verre de pur malt est assis au comptoir, près de lui, une Rita Hayworth éméchée mime une danse lascive devant un juke-box à la prise débranchée, tandis que le barman lit 2666 de Roberto Bolaño, il est minuit passé de cinq minutes, rue Myrha, je regarde mon reflet dans le miroir au-dessus du comptoir, je venais d’avoir quarante et un ans ». Miguel Juan Manuel vit à Paris, il est critique rock pour le magazine Remington, où il tient une chronique dans laquelle il fait entendre sa musique.
Un brin narcissique, un rien insouciant, Miguel Juan Manuel carbure au sexe, à l’alcool et au rock’n’roll… mais, le soir de son anniversaire, il fait son examen de conscience lors de la fête que lui organisent ses amis et ses fantômes. Dans de courts chapitres, comme autant de récits de vie, de récits de soi, Mamadou Mahmoud N’Dongo relate les ambivalences, les incertitudes, les doutes d’une génération.

 

Mon avis : Il faut préciser que Miguel est un être très narcissique et pas seulement "un brin", un être, qui, à mes yeux, brasse du vent, comme, sans doute il est vrai, de nombreux êtres de sa génération. Mais nous parlons là d'une génération de nantis qui peuvent s'offrir drogue, alcool, filles faciles et fêtes débridées, soit une certaine élite.

Le récit est une suite de pensées nées d'un esprit anesthésié qui a fini par endormir mon intérêt pour les frasques de ce cher Miguel. Je le laisse fêter seul son anniversaire... 

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 Un fabuleux menteur de Susann PASZTOR

 

Quatrième de couverture : Lily, seize ans, nous relate une réunion de famille vouée à la mémoire de son grand-père Joschi, grand raconteur d'histoires devant l'Eternel, menteur impénitent, séducteur aux nombreuses épouses et aux nombreux enfants. A trop raconter d'histoires, c'est bien à sa mémoire que Joschi a jeté un sort.
Plus exactement aux bribes de mémoire, si contradictoires, que ses descendants aimeraient bien trier pour leur trouver une cohérence et s'accorder enfin sur le récit de leurs origines. Comédie humaine à l'échelle d'une famille, farce fort peu innocente puisqu'elle s'organise autour du voyage à Buchenwald de quelques Allemands un peu perdus à la recherche d'une confirmation de leur judéité, Un fabuleux menteur est un roman d'une légèreté perspicace, et d'une gravité généreuse.

 

Mon avis : J'ai trouvé ce roman très plat, sans grand intérêt.

La jeune Lily prend la parole du haut de ses seize ans et le style utilisé est tout aussi basique que les histoires qu'elle nous raconte. Peut-être ce roman conviendrait-il davantage à des adolescents...

Je ne suis pas allée au bout...

 

Extrait : "Dans la rue, je remis mes écouteurs et optai pour la musique de Portishezd parce que j'étais déprimée et que je voulais rester encore un peu seule. En fait, je n'avais plus aucune envie de me promener. Indécise, je tournai à gauche puis à droite et continuai un peu tout droit." (p. 141)

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Dernière nuit à Twisted River de John IRVING

 

Quatrième de couverture : A Twisted River circulent des histoires... Celles que les bûcherons racontent dans la chaleur du camp, peuplées d'ours et de sensuelles Indiennes. Et celles qu'ils taisent, comme cette nuit glacée qui a vu la fuite de Dominic et de son fils, après le meurtre accidentel de la maîtresse du shérif. En cavale à travers l'Amérique, ils tentent de semer leur passé. Mais peut- on oublier Twisted River ?

 

Mon avis : J'ai adoré la première partie et je me suis perdue au mitan du roman. Les époques se confondent à ce moment là, l'action fait une pause et le roman m'a laissée sur la route. Dommage...

 

D'autres avis (positifs pour la plupart) : Télérama Babélio

 

nom pour un autre

 

Un nom pour un autre de Jhumpa LAHIRI

 

 

Présentation de l'éditeur : Apparemment, c'est une simple histoire de nom, un caprice d'enfant. Lorsqu'il entre à l'école, près de Boston, Gogol refuse d'être appelé autrement que par ce surnom improvisé par son père à sa naissance. Non, il ne sera pas Nikhil, il ne veut pas se présenter sous ce prénom bengali. Bannissant ces deux syllabes qui le rattachent à la terre natale de ses parents, Gogol grandit comme un jeune Américain sous leur regard à la fois déconcerté et fier. Il joue au base-ball, écoute du rock, fréquente de jolies Américaines... Mais à la mort de son père, quelque chose se rompt en lui, révélant cette identité qu'il avait niée. Les deux syllabes oubliées, Nikhil, résonnent alors avec une profonde familiarité... A travers l'histoire de la réconciliation de Gogol avec son prénom, décrivant les désarrois d'une famille déracinée, Jhumpa Lahiri, révélée par L'Interprète des maladies, lauréat du prix Pulitzer en 2000, offre une évocation subtile et sensible des conflits intimes liés à la double
culture. 

 

Les raisons de mon abandon : c'est long, lent, dense, ça n'en finit pas, et comme j'ai une PAL faramineuse, avec des romans très tentants, j'ai laissé là ce brave Gogol et ses soucis d'identité. malgré tout le sujet de l'émigration est abordée de façon intelligente, le lecteur ressent durement les difficultés liées à une adaptation dans un pays et une culture radicalement différentes de ceux d'origine...

 

D'autres avis : Sassenach Lire

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  Le canyon de Benjamin PERCY

Dès les premières pages, j'ai eu peur de ce roman : un homme étrange, son fils et au milieu d'eux, un fusil, j'ai eu l'impression de revivre Sukkwan Island.

Puis le récit se concentre sur un couple un peu chaotique pour ne pas dire franchement déprimant : on apprend que la jeune femme a perdu un enfant alors qu'elle était enceinte de 5 mois -sic-, depuis elle rejette son mari -deuxième sic-, et comme si cela ne suffisait pas, son deuxième enfant, bien vivant jusqu'ici disparaît -triple sic-... Tout cela en l'espace de quelques pages...

Et ce n'est pas tout  : l'enfant -le deuxième, vivant, vous suivez ?- a été enlevé par l'homme au fusil du début...  Gloups !!!

J'ai eu trop peur de la page 113, j'ai abandonné !

D'autres avis : chez Babélio 

  

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Le livre des visages de Sylvie GRACIA

 

Présentation de l'éditeur : Durant une année, Sylvie Gracia s’astreint à publier régulièrement sur facebook une photo prise avec son téléphone portable, puis écrit la réaction spontanée que cette image fait naître en elle. S'invente alors au jour le jour une nouvelle forme du Journal littéraire où le plus intime surgit d’un étonnement, d’un éclat de colère, d’une peur d’être dévoilée, d’un désir soudain avoué. Ici, c’est le fragment, si consubstantiel à notre modernité, qui dévoile le réel, et la poésie la plus délicate comme la critique la plus féroce peuvent en naître. Ici l’instant est roi. Qu’il s'agisse du regard d’une femme de cinquante ans sur son propre corps, de la tendresse d’une mère pour ses filles, de l’appartement familier, d’un paysage urbain mais aussi d’idéologie ou de politique, l’œil est comme neuf, lavé, et même l’épreuve de la maladie, grâce à ce processus de distanciation, pourra peut-être se vivre autrement.

 

Mon avis : Je n'ai pas trouvé d'intérêt particulier à ce livre : les photos sont tout à fait banales, les textes qui leurs sont adjoints est tout aussi insignifiant, sans style particulier, ni idées révolutionnaires...

Dommage car j'avais beaucoup apprécié le roman de cette auteur : La parenthèse espagnole, lu avant le blog mais j'en parle ici (sous le pseudo de Léna Gari) : http://prix-orange-du-livre.event.orange.fr/livre/Sylvie-Gracia--15.html

 

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La liste de mes envies de Grégoire Delacourt

 

Dans ce monde existent mille raisons de désespérer et je n'attends pas d'un livre qu'il me livre un énième témoignage de désespoir. J'attends au contraire la lumière, l'espoir, le bonheur optimiste. Ceci est la première raison pour laquelle je n'ai pas du tout apprécié ce roman...

 

De plus le style poussé à son strict minimum (sujet - verbe- complément) (mais sans le talent d'une Marguerite Duras...) m'a rapidement lassée ...

 

Si vous rajoutez quelques clichés ( "La convoitise brûle tout sur son passage."

"Je comprends aujourd'hui que je fus riche de sa confiance. Cliché, je sais. Mais vrai." (p. 85) , "Je sais qu'on ne gâte jamais assez ses parents et que lorsqu'on en prend conscience il est déjà trop tard." (p.86)), vous comprendrez pourquoi je n'ai pas été enthousiasmée.

 

Alors pourquoi un tel succès ? Sara  vous l'explique...

 

La liste de mes envies est un roman simple au propos simplet qui n'apporte rien de nouveau...

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Alors Belka, tu n'aboies plus ? de Hideo FURUKAWA

Editions Picquier

 

Présentation : En 1943, l'armée impériale japonaise laisse derrière elle quatre chiens sur une île déserte.
Ils la quitteront, et leurs descendants se répandront sur la terre pour chercher, au fil de leur généalogie chaotique, un lieu où ils puissent se sentir véritablement à leur place. Leur terre promise à eux. Ils participeront à toutes les aventures du XXe siècle, sur terre, sur mer, et même au-delà, pour nous donner à lire, dans un prodigieux renversement de valeurs, une nouvelle histoire du monde et adresser en même temps une déclaration de guerre à notre XXIe siècle.
Un roman polyphonique au rythme trépidant et d'une insolence extravagante qui remet en cause l'autorité naturelle de l'humanité sur le monde. Un livre hors normes dans la littérature japonaise contemporaine qui repousse stylistiquement encore plus loin les frontières du réel et de la fiction. De quoi est fait le monde, selon vous, sinon de fiction ? Car il s'agit bien, dans ce roman, de lâcher les chiens de la fiction !

 

Pourquoi j'ai abandonné : Un livre étrange, à l'atmosphère moderne aux ramifications souterraines inquiétantes. Trop étrange peut-être pour moi ?

 

D'autres avis : Télérama

 

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Journal d'un corps de Daniel PENNAC

Gallimard

 

Présentation : Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l'âge de douze ans, en 1935. Il l'a tenu jusqu'à sa mort, en 2010, à 87 ans.

Son projet était d’observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d'un bout à l'autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l'évolution de son organisme.

Le résultat est le roman d'un corps qui tient moins du précis anatomique que de l’univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l’intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien.

 

Pourquoi j'ai abandonné : Je me suis ennuyée, je n'ai trouvé aucun intérêt, même si je conçois que le projet soit original. Je suis une des rares à ne pas avoir aimé, je vous renvoie donc à toutes les critiques unanimes répertoriées par  Babélio

théorie du panda 

 

La théorie du panda de Pascal GARNIER

 

Je dois dire que cette histoire commençait plutôt bien : un homme mystérieux débarque dans une petite ville bretonne dont l'atmosphère pluvieuse et statique est admirablement bien rendue. L'homme se lie avec quelques habitants, et s'installe dans la ville comme dans leur vie.

 

Bon d'accord, les habitants ne sont pas du genre à chanter à tue-tête comme dans les comédies mais on n'est  pas dans de la chick-lit que diable ! Ah ça non ! Peu à peu les réminiscences de cet étrange Gabriel m'ont mis la puce à l'oreille : l'homme avait dû vivre une expérience traumatisante, c'était certain, mais bon la vie ce n'est pas de la chick lit, nous portons tous nos calvaires non ?

 

Sauf que quand j'ai commencé à comprendre, mon coeur de jeune mère angoissée a fait un bond et j'ai cru que j'allais avoir un malaise, là, tout de suite, dans mon train à gare du nord. J'ai donc hésité : soit je continuais et dans ce cas je risquais le malaise, l'affolement, les pompiers, la foule en délire car le train allait avoir cinq minutes de retard, le lynchage collectif (il ne faut jamais contrarier un parisien qui rentre chez lui, il faut le savoir...)...soit j'arrêtais là ma lecture.

 

Bon les pompiers m'ont tentée un temps, je l'avoue, jusqu'à ce que j'imagine la scène quand je devrais me justifier

 

" - Ce n'est pas ma faute, c'est le panda, là...

- Vous avez vu un panda ?

- Mais non, le panda, là, dans le livre...

- Ah oui... Le panda..."

 

De toute façon depuis que je sais que les pompiers ont une formation militaire, je suis résolument tournée vers les cow-boys comme Dahlgren (que je sais très bien écrire -et prononcer- contrairement à certaines...)

 

Bref (comme dit l'autre), j'ai choisi d'être raisonnable et de poser mon livre.

 

Je ne dis pas, je le garde en réserve pour le jour où je chanterai à tue-tête et que j'aurais besoin dun bon rappel à l'ordre parce que quand même, la vie n'est pas une partie de plaisir et qu'elle est même mortelle (dixit Pascal à la page 30).

 

Si malgré tout le livre vous tente, je dois dire pour sa défense que l'écriture est poétique et profonde et que Pascal Garnier est un maître du roman noir, c'est indéniable. Il faut juste avoir envie de plonger dans sa noirceur...

 

 

"C'est un quai de gare désert où s'enchevêtrent des poutrelles métalliques sur fond d'incertitude..." (p.182)

 

D'autres avis : CryssildaTélérama,

drameordinaire

Un drame ordinaire de Anne Barrovecchio

 

Le drame dont parle l'auteur est la perte de l'être aimé. Un drame "ordinaire" décrit dans un style ordinaire avec des images ordinaires et une émotion compréhensible, bref, rien de bien nouveau sous le soleil...

 

Pas de talent particulier à mes yeux, j'ai laissé  la narratrice se consoler avec ses mots...

 

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  Monsieur Sapiro de Benny BARBASH

 

Quatrième de couverture : Voler au bluff l’identité d’un inconnu dans le lobby d’un hôtel de luxe à la faveur d’un appel téléphonique, c’est la folle aventure dans laquelle s’élance Miki. Pour ce publicitaire mal dans sa peau et dans sa tête, voilà l’occasion ou jamais de changer de vie… et de femme.
On découvre alors dans un même imbroglio la vie de Miki, ses aspirations déçues et le désastre de son couple entre passion et reniement, au moment même où il échafaude, à partir de ces débris, sa nouvelle existence dans la peau de M. Sapiro, génial faussaire disparu semble-t-il dans un crash.  

 

Mon avis : C'est un tel imbroglio dans la vie de ce Miki que je me suis perdue entre les scènes réelles, les scènes fantasmées, les scènes passées dans la peau du faussaire...

C'est dommage car au reste j'ai bien apprécié les réflexions du narrateur, ses élans liés à sa libido, son mal-être, son espoir lié à sa nouvelle vie, puis ses déconvenues, bref je l'ai trouvé très humain et attachant. En tant que narrateur son discours peut ressembler quelquefois à une logorrhée mais le fond reste profond et enrichissant.

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Mapuche de Caryl FEREY

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  « Non la cruauté des hommes n’avait pas de limites… »

L'auteur : 

Caryl Férey a grandi en Bretagne, une terre qu'il aime pour ses côtes déchiquetées, ses concerts dans les bistrots et ses tempêtes. Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.

En 1994, paraît chez Balle d'Argent, petite maison d'édition rennaise, son premier roman "Avec un ange sur les yeux". Il sort la même année son premier polar, puis quatre ans plus tard le très remarqué Haka. Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.


Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2005 pour Utu et le Grand prix de littérature policière 2008 pour Zulu.

2010 : Grand chelem avec "Zulu" - dix prix, neuf traductions, film tourné au cinéma à l'été 2012 par Jérôme Salle. (Source : Babélio)

 L'histoire :

Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire.

Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires...

Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d un des hommes d affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales...

 http://carylferey.net/rubrique_livre.html

 Ce que j'ai aimé : 

Mapuche est un roman fort, d'autant plus fort qu'il s'appuie sur des évènements réels, servis par une documentation précise, notamment l'enlèvement d'environ 500 enfants durant la dictature en Argentine :  

« Parmi les cinq cents bébés volés durant la dictature, beaucoup n’étaient pas répertoriés à la BNDG, la banque génétique.

La plupart de leurs parents n’avaient jamais réapparu, pulvérisés à la dynamite, brûlés dans des centres clandestins, incinérés dans les cimetières, coulés dans le béton, jetés des avions : sans corps exhumés ni recherchés par les familles, ces enfants resteraient à jamais des fantômes.

On confiait les bébés à des couples stériles, proches du pouvoir, officiers, policiers, parfois même aux tortionnaires, faux documents à l’appui.  » (p. 157)

Ces enfants n’ont pas accès à leur histoire, on leur a volée sans espoir de retrouver la vérité et la trace de leurs véritables parents. Caryl Ferey a imaginé qu'un microfilm existait répertoriant tous les renseignements sur ces enlèvements, et permettant enfin aux grands-mères d'espérer que la vérité soit révélée :

"Pas seulement la vérité sur ce qui était arrivé à leurs enfants et leurs maris : la vérité sur le disparition des trente mille personnes enlevées par la dictature, ce qu'on avait fait de leurs dépouilles, cette aprt volée de l'Histoire argentine." (p. 424)

Cela leur permet de commencer le travail de deuil, de combler les vides et d'espérer se reconstruire.

"Un pays sans vérité est un pays sans mémoire." (p. 425)

Jana et Ruben, réunis pour éclaircir la disparition d'un travesti et de la fille d'un des proches du pouvoir, vont rapidement relier ces disparitions à cette affaire des bébés enlevés, et comme les grands-mères, vont lutter pour que la vérité éclate, sans jamais abandonner. Ils iront jusqu’au bout de leur quête, au péril de leur vie souvent ! Les scènes de ce fait très violentes sont atrocement réalistes, comme pour mieux montrer que l'abandon et la demi-mesure n'est guère possible dans ce monde-là. 

« Les Grands-Mères se battraient jusqu’à leur dernier souffle, sans esprit de vengeance mais sans pardon, ni oubli. « Ils ont peut-être réussi à tuer nos maris et nos enfants, mais ils n’ont pas réussi à tuer notre amour. » répétaient-elles. (p. 193)

   

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Ce que j’ai moins aimé :

Ames sensibles, s’abstenir, les scènes de torture sont… des scènes de torture ! Rien n’est édulcoré et c’est aussi ce qui fait la force de  ce roman !

L'entrelacement entre l'histoire de l’Argentine et l'intrigue n'est pas totalement fondu, certains paragraphes arrivent en début de chapitres, comme une introduction quelque peu artificielle.

Le style oscille entre envolées lyriques presque naïves quand il s’agit de l’idylle des protagonistes et  passages plus basiques, sans recherche particulière :

« Jana éparpilla ses lèvres sur sa bouche et se sentit fondre comme un bonbon quand il enroula sa langue à la sienne. » (p. 142) « Il lui avait donné le baiser le plus sensuel de sa vie, avant de la planter comme une conne, devant l’aviateur au sourire déboulonné. » (p. 169)

 Ces petits défauts s'effacent néanmoins devant la puissance du sujet...

Premières phrases :

 « Un vent noir hurlait par la portière de la carlingue. Parise, sanglé, inclina son crâne chauve vers le fleuve. On distinguait à peine l’eau boueuse du Rio de la Plata qui se déversait depuis l’embouchure.

Le pilote avait mis le cap vers le large, en direction du sud-est. Un vol de nuit comme il en avait fait des dizaines dans sa vie, bien des années plus tôt. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Zulu

Autre : Luz ou le temps sauvage de Elsa OSORIO

 D’autres avis :

Presse : L'express ;Télérama

Blogs : Pierre Faverolle  ; Jean-Marc ; Jostein Interview  

 

Mapuche, Caryl Ferey, Gallimard, série noire, 2012, 450 p., 19.90 euros

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Le fond du bocal de Nicolas POUPON

Publié le par Hélène

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♥ ♥  

 Dans l'enfer de Bocalcatraz...

 

  L’auteur :

 

Né en 1972 d'un père et d'une mère, Nicolas Poupon fête dès 1973 son premier anniversaire. Par la suite, il déçoit un peu et ne fait plus rien d'intéressant jusqu'à ses 19 ans. À cet âge, lui vient la grande pensée de sa vie : "Tant qu'à rien faire, autant faire quelque chose". Il choisit le dessin.

Très vite il rêve d'art, mais finit par échouer lamentablement dans le monde des petits éditeurs de Bande Dessinée. Cherchant à sortir de cette galère, le gaillard se met en 1997 à l'accordéon diatonique, où il se montre, il faut le reconnaître, particulièrement mauvais. Il décide donc de ramer encore un peu. En septembre 1999, il crache le feu pour la première fois et s'estime dès lors un homme accompli.

Soucieux de montrer à quel point la vie peut être riche, il étudie de très près les espèces aquatiques, plus particulièrement les poissons rouges, et décidant de faire profiter le monde de ses découvertes, il crée Le Fond du bocal.

Plus de 800 observations sont déjà consignées dans de nombreux carnets, contribuant ainsi à repousser les limites de l'univers connu.

L'encyclopédie du Bocal est désormais publiée sous la bannière politiquement incorrecte de DRUGSTORE, succédant aux courageuses éditions Le Cycliste, qui avaient su, en leur temps, braver les foudres de scientifiques rétrogrades pour soutenir les pertinentes observations de Nicolas Poupon.

Quel dommage que le commandant Cousteau n'ait jamais eu connaissance de cette bible aquatique de proximité, cela lui aurait évité bien des soucis, et des heures de travail inutiles. Malheureusement, la vie n'est pas toujours bien faite, les poissons rouges en savent quelque chose.
Certains en riront. Tant mieux pour eux. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Passer sa vie dans un bocal, y’a vraiment de quoi devenir fou…

 Certains n’ont qu’une issue : s’évader. Oui mais pour aller où ? D’autres refusent de se laisser aller au conformisme ambiant et décident de tourner carré ! De toute façon, les poissons de Nicolas Poupon sont fêlés du bocal et ne tournent plus rond depuis belle lurette. Faut dire : ce n’est pas une vie que celle de poisson rouge ! Quelle idée de les enfermer dans un bocal ?

 Le concept est simple comme bonjour, le trait épuré au possible, le contexte si réduit qu’on en arrive à s’étonner de le voir ainsi décliné. Et le résultat est là. L’humour de Poupon fait mouche !

 C'est drôle, souvent grinçant, laissant transparaître une jolie ironie, voire parfois du cynisme…

 Après une première publication, la série connaît un nouveau départ, dans une nouvelle version augmentée et corrigée, aux éditions Drugstore.

 (Présentation de l’éditeur)

 

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Ce que j’ai aimé :

Le fond du bocal est une série drôle et cynique, centrée sur la vie de poissons coincés dans un bocal et qui cherchent comment s'échapper et retourner à leur élément naturel : la mer. 

« Pour notre future évasion, rassurez-vous, j’ai plein d’idées.

Mais je ne vous cache pas que… Ce sera beaucoup, beaucoup plus facile, si on réussit à convaincre l’eau de venir avec nous. » (p. 8)

 

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Leurs techniques sont  très inventives : utiliser un candair, ou un canard en plastique comme cheval de troie, se faire acheter à nouveau... 

Entre deux évasions, la vie de tous les jours s'écoule avec son lot de surprises (nouvel arrivant, chat qui rôde) et son lot de déceptions -jusqu'à preuve du contraire, ils sont toujours dans le bocal... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien, je suis fan, je veux les autres...

 

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 Vous aimerez aussi :

Simon’cat de Simon TOFIELD tome 1 Une calamité de chat

 

Le fond du bocal, tome 1, 2 et 3, Nicolas POUPON, Drugstore,  avril 2002, 10.50 euros le tome

 BD Mango bleu 

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