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L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet de Reif LARSEN

Publié le par Hélène

extravagant voyage

♥ ♥ ♥ ♥

  

L’auteur :

 Reif Larsen a étudie à Brown University et enseigne actuellement à Columbia University, où il termine sa maîtrise en Fiction.

Il est également cinéaste et a réalisé de documentaires aux États-Unis, Royaume-Uni et en Afrique subsaharienne sur les étudiants qui travaillent dans le domaine des arts.
Il vit à Brooklyn.

 

L’histoire :

 T.S. Spivet est un enfant prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, il reçoit un appel inattendu du musée Smithsonian lui annonçant qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird et qu'il est invité à venir faire un discours. A l'insu de tous, il décide alors de traverser les Etats-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T.S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

       extravagant-voyage-1.jpg

        La première particularité de ce roman tient dans sa présentation : en parallèle du texte du jeune TS qui narre ses aventures rocambolesques, de multiples illustrations, réflexions, notes dignes des meilleurs carnets de scientifique…

 

 -          Cette famille est totalement atypique : en son centre TS qui passe son temps à tracer des cartes, des schémas, pour ordonner l’univers et brider sans doute des sentiments qu’il ne souhaite pas mettre à nu.

 

 « Qu’est ce qui faisait un adulte ? On est un vrai adulte si :

  1. On est toujours fatigué.
  2. On n’a pas hâte que ce soit Noël.
  3. On a très peur de perdre la mémoire.
  4. On travaille dur toute la semaine.
  5. On porte des lunettes de vue autour du cou et on oublie toujours qu’on porte des lunettes de vue autour du cou.
  6. On prononce les mots : « Je me rappelle quand tu étais grand comme ça » et on secoue la tête en faisant une UA-1, UA-24, UA-41, qu’on peut traduire grossièrement par « je suis très triste parce que je suis déjà vieux et que je ne suis toujours pas heureux. »
  7. On paie des impôts et on aime bien s’énerver avec d’autres adultes en se demandant « ce qu’ils peuvent bien faire avec tout le fric qu’on leur file. »
  8. On aime boire de l’alcool tous les soirs seul devant la télévision.
  9. On se méfie des enfants et de ce qu’ils peuvent avoir derrière la tête.
  10. On ne se réjouit de rien. » (p. 325)
  11.  

 Sa jeune sœur Gracie « une femme formidable » est liée très tendrement à TS, la mère est  « une entomologiste saugrenue qui cherchait depuis vingt ans une espèce fantôme de coléoptère –la cicindèle vampire, Cicindela nosferatie – dont elle-même doutait qu’elle existât vraiment » (p. 21), une mère aux conseils d’ailleurs souvent très judicieux…

 

 « « La prochaine fois qu’Angela Ashworth te dit quelque chose comme ça, réponds-lui que ce n’est pas parce que sa condition de petite fille dans une société qui fait peser sur ses semblables une pression démesurée afin qu’elles se conforment à certains critères physiques, émotionnels et idéologiques – pour la plupart injustifiés, malsains et tenaces – lui ôte toute confiance en elle qu’elle doit reporter sa haine injustifiée d’elle-même sur un gentil garçon comme toi. Tu fais peut-être intrinséquement partie du problème, mais ça ne veut pas dire que tu n’es pas un gentil garçon avec de bonnes manières, et ça ne veut absolument pas dire que tu as le sida.

-          Je suis pas sûr de pouvoir tout me rappeler, avait répondu Layton.

-          Alors, dis à Angela que sa mère est une grosse plouc alcoolique de Butte.

-          OK. » Avait dit Layton. » (p. 49)

 

Le père quant à lui est un  « dresseur silencieux et maussade de jeunes mustangs fougueux, c’était le genre d’homme à entrer dans une pièce et à marmonner quelque chose comme : « On peut pas couillonner une sauterelle » puis à partir sans autre explication, un cow-boy dans l’âme, visiblement né cent ans trop tard. » (p. 21)

 

 Et au-dessus de ce joyeux petit monde plane Layton, le frère disparu dont la perte marque profondément le jeune TS.  Ils sont tous farfelus, drôles et émouvants, marqués par cet univers scientifique sans doute hérité d’Emma, l’arrière-arrière-grand-mère de TS, l’une des premières femmes géologue de tout le pays.

 

Le jeune TS découvre son histoire dans un des carnets de sa mère et ce récit enchâssé rythme son voyage vers la capitale. 

 

 Ce roman fourmille de surcroît de réflexions éclairées sur divers sujets rythmées par les rencontres du jeune TS :

 

 « « Mais ce que je voudrais savoir, c’est comment on peut mettre toute sa foi dans un seul texte qui n’a jamais été révisé ni amélioré. Un texte est évolutif par nature. (…) Mais à mes yeux, on ne peut faire plus grand honneur à un texte qu’en le reprenant, en réexaminant son contenu et en se demandant : « Ceci est-il toujours vrai ? » Lire un livre puis l’oublier n’a aucun intérêt. Mais lire un livre et le relire, ce qu’on ne fait qu’avec les grands livres, c’est montrer qu’on a foi dans le processus d’évolution. » (p. 213)

 

 L’arrivée à Washington nous plonge dans un tout autre monde, bien loin du Montana et du ranch protecteur, le jeune TS est aux prises avec des adultes attirés par l’argent et le pouvoir bien plus que par l’avancée de la science.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien

 

Premières phrases :

 

« Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, alors que ma sœur Gracie et moi étions sur lavéranda en train d’éplucher le maïs doux dans les grands seaux en fer-blanc. Les seaux étaient criblés de petites marques de crocs qui dataient du printemps dernier, quand Merveilleux, notre chien de ranch, avait fait une dépression et s’était mis à manger du métal. »

 

blogoclub

 

Lu dans le cadre du Blogoclub que je remercie vivement pour m'avoir permis de découvrir ce livre que je n'aurais jamais ouvert sans elles...

 

Blog : karine , Cuné , Cathulu ,Keisha

 

Presse : Le point , Les Inrocks  

 

Il semblerait qu’une adaptation se prépare  

 

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, Reif Larsen, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hannah Pascal, Nils Edition - avril 2010 -374 pages, 21 euros

POCHE :  L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, Reif Larsen, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hannah Pascal, Le livre de poche, juin 2011, 7.50 euros

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Africa Dreams tome 1 L’ombre du roi de Frédéric BIHEL, Jean-Charles CHARLES et Maryse CHARLES

Publié le par Hélène

                                                       africa dreams 

   

  

Les auteurs :

 

Jean-François Charles est un scénariste et dessinateur belge de bande dessinée. Il étudie à l’Académie des Beaux-arts de Bruxelles et débute sa carrière en 1971 dans le dessin de presse ; il est publié dans La Libre Belgique et La Nouvelle Gazette. Sa première grande série, Les Pionniers du Nouveau Monde, paraît chez Deligne à partir de 1982. Après le rachat du catalogue de cet éditeur par Glénat, il poursuit Les Pionniers et développe de nouvelles séries chez Glénat, et plus tard chez Casterman. En 2004, Jean-François Charles a illustré des romans sur Alix, certains adaptant des histoires parues en bande dessinée, d’autres étant inédits (Le Sortilège de Khorsabad, L’Ombre de César). Il a épousé la scénariste belge Maryse Nouwens, avec laquelle il co-écrit India Dreams et War and Dreams.

Maryse Charles, après avoir collaboré aux scénarios des Pionniers Du Nouveau Monde et de Sagamore Pilgrimage, scénarise deux séries chez Glénat pour le dessinateur Ersel : Claymore (1999), et Les derniers jours de la Géhenne (2001). Les séries India Dreams, War and Dreams et Africa Dreams prolongent et subliment son étroite collaboration avec J.-F. Charles. 

Frédéric Bihel est un dessinateur et illustrateur normand, également coloriste et scénariste. Après avoir été remarqué par Didier Convard chez Glénat, il réalise de nouveaux albums avec les époux Charles chez Casterman et avec Makyo chez Futuropolis.

 

L’histoire :

 

Fin du 19e siècle, Congo, province du Kivu.
Un jeune séminariste, Paul Delisle, rejoint l’une des missions des « pères blancs », dans la région des Grands Lacs, pour y participer à l’effort d’évangélisation des populations. Mais son arrivée a un autre motif, plus secret : tenter de retrouver son père Augustin, un ancien chirurgien devenu planteur, colon prospère mais farouche misanthrope, volontairement reclus dans un isolement presque total. 
Paul rejoint bientôt l’immense domaine d’Augustin Delisle. 
Son arrivée coïncide avec un drame : le planteur est gravement blessé, une flèche plantée dans le dos.

  

Ce que j’ai aimé :

 

L'ancrage historique apporte de l'originalité à cet album : cette partie de l'histoire de la Belgique et de la colonisation est peu communément traitée et le lecteur découvre effaré les dessous d'une pression coloniale nuisible. Les premières pages se déroulent en 1960 : un jeune élève visitant un musée est fasciné par la statue du roi Leopold II. Le professeur qui accompagne la classe résume la situation en quelques lignes biographiques "officielles" :

africa-dreams-1.jpg

"C'est notre grand roi Leopold II, dit le roi bâtisseur, qui a donné la Congo à la Belgique... Il l'avait d'abord acheté, de ses propres deniers, pour apporter la civilisation à ceux qui étaient alors des sauvages... et aussi pour entreprendre chez nous des travaux colossaux qui allaient embellir notre petite patrie. En nous offrant ce pays 80 fois plus grand que le nôtre, Léopold II a légué à la Belgique un nouvel essor économique et une véritable prospérité."

 

La véritable histoire commence alors en mettant en scène le jeune séminariste Paul, à la recherche de son père en plein Congo placé sous la domination de Léopold II. La petite histoire de cet homme permet d'aborder la grande Histoire et ses acteurs tapis dans l'ombre du palais royal belge.Quelques retours en arrière introduisent Stanley, dirigé de main de maître par le roi et ses ambitions dévastatrices. Car ce que découvre Paul, c'est une toute autre version que celle délivrée par ce professeur d'histoire des années plus tard : un pays terrorisé par ce roi tout-puissant qui n'hésite pas à anéantir les villages et villageois qui ne sont pas assez productifs à ses yeux. Choqué par tant de violence gratuite, Paul va alors oeuvrer aux côtés de ceux qui refusent cette domination cruelle.

 

Ce premier volume est de surcroît enrichi d'un dossier documentaire rédigé par Colette Braekman, journaliste spécialisée dans l'Afrique centrale, dossier qui éclaire l'intrigue et apporte encore davantage de crédit à cette bande dessinée.

   

Les aquarelles sont magnifiques, les couleurs pastels se fondent parfaitement dans ce récit historique en terre africaine.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Je retrouve les mêmes défauts que dans India Dreams : une incompréhension qui s’installe peu à peu en raison de multiples retours en arrière introduisant de nouveaux personnages, si bien que toutes les pistes se brouillent, et que l’on ne sait plus bien qui est qui et qui est responsable de quoi… Il m'a fallu une deuxième lecture pour comprendre tous les tenants et aboutissants.

 

Vous aimerez aussi :

 

Des mêmes auteurs : India Dreams

 

Africa Dreams, Tome 1, Frédéric BIHEL, Jean-François CHARLES, Maryse CHARLES, Casterman, mars 2010, 56 p., 12.95 euros

 

 BD du mercredi de Mango 1 

 

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La dernière séance de Larry McMURTRY

Publié le par Hélène

                                                                  dernière séance

♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

LARRY McMURTRY est né en 1936, au Texas. Il publie son premier roman à l’âge de 25 ans. Suivront plusieurs best-sellers dont six ont été adaptés à l’écran – notamment La dernière séance réalisé par Peter Bogdanovich et Tendres passions de James L. Brooks. Auteur de nombreux scénarios, il a reçu un Oscar pour Brokeback Mountain. Son roman Lonesome Dove a obtenu le prix Pulitzer en 1986 avant d’être adapté pour la télévision. Larry McMurtry vit à Archer City, au Texas, où il a ouvert une des plus grandes librairies indépendantes des États-Unis.

 

L’histoire :

 

En 1951, la petite ville texane de Thalia, aux confins du désert, hésite entre un puritanisme de bon ton et la quête d'un plaisir encore tabou. Du cinéma à la salle de billard, les jeunes gens du coin jouent aux amoureux éperdus et feraient tout pour être le sujet des derniers ragots. Livrés à eux-mêmes, Duane et Sonny gagnent après le lycée de quoi animer leurs samedis soir grâce à de petits jobs sur la plate-forme pétrolière. Ils s'ennuient sec et rêvent de filles belles comme le jour qu’ils enlèveraient à leurs riches parents pour les épouser dans une épopée romanesque. Reste pour cette petite bande à découvrir que la vie n'a finalement rien d'un scénario hollywoodien.

 

Ce que j’ai aimé :

 

De la même façon que j’avais développé une addiction aux cow-boys avec Lonesome Dove, j’ai été conquise par ces jeunes gens désoeuvrés errant dans la ville comme dans leur vie sans réellement savoir que faire de leur grand corps de jeune adulte. Les personnages sont tellement attachants, leur univers tellement prenant qu’ils installent littéralement le lecteur au cœur de la ville. Larry McMurtry nous offre une peinture très juste de ces êtres qui doucement basculent dans l’âge adulte et se lassent des activités habituelles des jeunes de leurs villes. Ils sont prêts à vivre de nouvelles expériences, et même si leur audace ne les mènent pas plus loin que le Mexique, ils reviendront grandis de leur périple, comme ils mûrissent durant cette année-frontière entre l’adolescence et l’âge adulte. Grâce à leurs aînés, comme Sam Le Lion ou Geneviève,  ils apprennent les vraies valeurs et deviennent, pas après pas, des gars biens…

 

« Une fois qu’on est riche, il faut passer tout son temps à le rester, et c’est un boulot dur et ingrat. » (p. 81)

 

La suite intitulée Texasville devrait paraître en janvier 2012, c’est avec plaisir et impatience que je l’attends…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

  

Premières phrases :

 

« Sonny avait l’impression d’être parfois la seule créature vivante de la ville. C’était une sensation désagréable qu’il ressentait le matin de bonne heure, quand les rues sont complètement vides, comme c’était le cas par un certain samedi vers le afin du mois de novembre. La veille au soir, Sonny avait participé au dernier match de football en date du lycée de Thalia, mais ce n’était pas pour cela qu’il se sentait si bizarre et si seul. Ca venait seulement de l’atmosphère de la ville. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Lonesome Dove de Larry McMURTRY

 

D’autres avis :

 

Blog : Keisha , Jostein

Presse : Télérama  

 

Merci à Marie-Anne LACOMA des Editions Gallmeister.

 

 La dernière séance, Larry McMURTRY, Traduit de l’américain par Simone HILLING, Gallmeister, Totem, 2011, 321 p., 9.50 euros

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Brèves de comptoir Tome I de Jean-Marie GOURIO

Publié le par Hélène

brèves de comptoir 1

 

 ♥ ♥ ♥ ♥

 

Mon avis :

 

Qu’on se le dise le pilier de bistrots est un homme plein de surprises, drôle à son insu, dont l’esprit imbibé devient soudain inspiré :

 

« Bientôt t’auras plus de paysans.

-Tant mieux, c’est chiant à doubler les tracteurs. » (p. 68)

 

Il sait être poétique :

 

« Quand tu mets l’oreille contre l’escargot, t’entends le cœur qui bat.

Surtout si l’escargot il a couru ! » (p. 96)

 

Il s’intéresse à la politique :

 

« Si le communisme existe plus, va falloir inventer une autre connerie, mais laquelle ? » (p96)

 

Il a des rêves mais sait être pragmatique :

 

« Moi j’aimerais bien être chanteur à l’opéra, mais le malheur c’est le bordel pour se garer. » (p.105)

 

Il est écolo :

 

« A force de détruire les forêts, eh ben on mangera plus de champignons, voilà ce qu’on va gagner ! » (p.111)

 

Et même quelquefois devient philosophe :

 

«L’immortalité ça fait combien de dimanches ? » (p.111)

 « Tout peut arriver dans la vie, mais en général c’est les trains. » (p. 119)

 

Bref c’est un homme plein de bon sens qu’on aimerait rencontrer, et pour cela on se surprendrait presque à hanter le bistro du coin… :

 

« « Chaise » est dans le dictionnaire, comme si on savait pas ce que c’est ! » (p.149)

« Moi si un jour je prends l’avion, je monte dans la boîte noire ! » (p.196)

 

Il existe de nombreuses éditions de ces brèves, et ceci à tous les prix…

 

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Inconnu à cette adresse de Katherine KRESSMANN TAYLOR

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Née en 1903 à Portland (Oregon), Katherine Kressmann Taylor est issue d’une famille d’origine allemande. Elle suit des études de lettres et de journalisme, puis travaille dans le domaine de la publicité. C’est en 1938 qu’elle publie, sous le pseudonyme de Kressmann Taylor, son premier roman, Inconnu à cette adresse. Celui-ci connaît un grand retentissement. Ce succès lui permet de vivre de sa plume. Première femme nommée professeur titulaire à l’université de Gettysburg (Pennsylvanie), elle a également enseigné l’écriture romanesque, le journalisme et la littérature anglaise. Katherine Kressmann Taylor est décédée en 1997. (Source : Le livre de poche)


L’histoire :

Max et Martin vivent tous les deux en Californie et sont amis de cœur ainsi qu'associés autour du commerce de tableaux. Martin décide de revenir dans son pays d'origine, l'Allemagne, tandis que Max, juif américain, demeure en Amérique. Ils vont alors s'écrire régulièrement pour garder contact. Cette correspondance commence le 12 novembre 1932 et s'achèvera le 3 mars 1934.

 

Ce que j’ai aimé :

Inconnu à cette adresse est un petit livre court et puissant, un roman essentiel dans la littérature de cette période. Totalement accessible à tous âges, à partir de l'adolescence, il traite intelligemment de la montée du nazisme en Europe.

Le genre épistolaire apporte beaucoup à l'intérêt et à l'originalité du roman. Les lettres sont courtes, concises et plantent rapidement le décor et les interrogations des protagonistes dans ces années trente qui voient peu à peu le nazisme s'installer dans une atmosphère lourde de suspicions et de non-dits.

Un roman vivant qui économise ses mots et met admirablement en scène la stupidité inhérente au nazisme...

  

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien.

 

Premières phrases :

« Mon cher Martin,

Te voilà de retour en Allemagne. Comme je t’envie… je n’ai pas revu ce pays depuis mes années d’étudiant, mais le charme d’Unter den Linden agit encore sur moi, tout comme la largeur de vues, la liberté intellectuelle, les discussions, la musique, la camaraderie enjouée que j’ai connues là-bas. »

 

Vous aimerez aussi :

Maus d’Art SPIEGELMAN  

 

D’autres avis :

Babélio

 

 Inconnu à cette adresse, Kressmann TAYLOR, traduit de l’anglais (américain) par Michèle LEVY-BRAM, Editions Autrement,

POCHE : Inconnu à cette adresse, Kressmann TAYLOR, traduit de l’anglais (américain) par Michèle LEVY-BRAM, Livre de poche.  

 

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Des vies d’oiseaux de Véronique OVALDE

Publié le par Hélène

                                           Des-vies-d-oiseaux-Veronique-Ovalde-copie-1.jpg

♥ ♥

« Si tu voulais des garanties, ma douce, il fallait acheter un toasteur. » (p. 235)

 

L’auteur :

 

Véronique Ovaldé est un écrivain français né en 1972. Ses ouvrages connaissent un succès grandissant et depuis le début de sa carrière littéraire elle bénéficie d’une reconnaissance de la librairie et de la critique. En 2008, son cinquième roman Et mon cœur transparent est récompensé par le prix France Culture/Télérama. En 2009, son septième roman Ce que je sais de Vera Candida, reçoit le 18e prix Renaudot des lycéens2, le prix France Télévisions 20093 et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010. (source Wikipédia)

 

L’histoire :

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo » Car c’est lui, Gustavo Izzara, qui, revenant de vacances un soir d’octobre 1997, appelle la police pour qu’elle vienne constater que sa somptueuse villa de Villanueva avait été cambriolée. Un vol pour le moins étrange puisqu’aucun objet n’a été dérobé et que les intrus, apparemment familiers des lieux, se sont contentés d’habiter la maison en l’absence du couple. Vida Izzara va peu à peu sortir de son silence et dévoiler au lieutenant Taïbo la vérité : Paloma, sa fille unique de 18 ans, s’est évaporée du jour au lendemain avec Adolfo, un mystérieux (dangereux?) jardinier, et elle la soupçonne d’être revenue, par effronterie, insolence, nostalgie, hanter la demeure familiale. Les vies d’oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est conduit à se défaire de ses anciens liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d’exister. Sans plus se soucier d’où il vient ni de là où la vie le mène. Avec Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé continue à explorer les rapports qui lient les hommes et les femmes.  (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

Ce n’est pas le sujet, somme toute assez insignifiant, qui retient le lecteur, mais plutôt cette atmosphère si particulière que sait créer Véronique Ovaldé, ce monde teinté de mélancolie et de douceur, un univers dans lequel rien n’est vraiment grave, comme dans les romans sud-américains teintés de réalisme magique.

Les personnages évoluent comme dans un songe, et c’est presque malgré eux qu’ils accomplissent leur destin, poussés par des sentiments qui tombent du ciel et restent relativement inexplicables et mystérieux. Hypnotisés alors par cette force nouvelle qu’ils puisent en eux, ils trouvent le courage de s’abstraire d’un monde qui ne leur convient plus pour, enfin, devenir eux-mêmes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

     C’est un roman à l’atmosphère et à l’histoire tellement aériennes que je me demande si le vent de l’oubli ne va pas l’emporter rapidement loin de moi…


Premières phrases :

 

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo. Monsieur Izarra avait tenu à appeler le poste de police, un soir d’octobre 1997, malgré l’heure tardive et le caractère sans urgence de son appel, afin de déclarer qu’il leur semblait avoir été cambriolés mais que rien, et il avait insisté étrangement sur ce point, ne leur avait été dérobé. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Toutes choses scintillant

Autre :  Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

 

D’autres avis :

 

Théoma, Clara , Cuné , Amanda

PRESSE : Babélio recense les articles presse

 

Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé, Editions de l’Olivier, 2011, 235 p., 19 euros

 

challenge 1% littéraire  

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L’amant de Marguerite DURAS

Publié le par Hélène

amant.jpg

♥ ♥ ♥

  "Très vite dans ma vie il a été trop tard. "

 

L’auteur :

 Marguerite Donnadieu - alias Marguerite Duras - est née et a grandi en Indochine, élevée par sa mère dans une concession incultivable. Ce séjour en Asie a profondément marqué sa vie. Le spectacle quotidien de la misère, l'image de l'océan qui déferle sur la concession que sa mère possède, les paysages écrasés par la chaleur constitueront des thèmes récurrents dans son oeuvre romanesque. Le baccalauréat en poche, elle se rend à Paris, poursuit ses études et entre un temps au ministère des Colonies. Journaliste, dramaturge, scénariste, elle reçoit le Grand prix du théâtre de l'Académie française en 1983 et le prix Goncourt en 1984 pour 'L' Amant', adapté par Jean-Jacques Annaud au cinéma. Son oeuvre est à rattacher au courant du Nouveau Roman. Les textes de Marguerite Duras, concis, chargés d'ellipses et de silences, se disloquent jusqu'à l'énigme. Les écrits, les paroles sont à la fois insuffisants et superflus. Parmi ses romans, on peut citer 'Un barrage contre le Pacifique' (1950), 'Le Marin de Gibraltar' (1952), 'Moderato cantabile' (1958). (source : Evene)

 

L’histoire :

Évoquant sa liaison, au début des années 1930, à l’âge de 15 ans, avec un jeune et riche Chinois, Duras reprend les thèmes qui traversent son oeuvre : l’enfance, l’Indochine, la transgression sociale… Derrière la trame de cet amour inachevé, elle offre un récit à plusieurs niveaux de lecture que berce une écriture à la formidable efficacité. D’une portée universelle, ce roman autobiographique valut à l’écrivain la consécration du prix Goncourt et la reconnaissance du public : traduit dans trente-cinq pays, il s’est vendu à 2 400 000 exemplaires. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

J'ai cherché dans la liste des Goncourt, quelle était la lecture qui m'avait le plus marquée et il se trouve qu'il s'agissait de L'amant.

Des années après sa lecture, je me souviens encore de la magie de ce texte, la magie du style qui donne littéralement à voir grâce à sa musicalité qui parle directement aux sens :

« Que je vous dise, j’ai quinze ans et demi.

C’est le passage d’un bac sur le Mékong.

L’image dure pendant toute la traversée du fleuve.

J’ai quinze ans et demi, il n’y a pas de saisons dans ce pays-là, nous sommes dans une saison unique, chaude, monotone, nous sommes dans la longue zone chaude de la terre, pas de printemps, pas de renouveau. » (p. 11)

Je l’ai lu adolescente et cette initiation amoureuse et érotique  tout en moiteur fut aussi la mienne.

« Il est sur moi, il s’engouffre encore. Nous restons ainsi, cloués, à gémir dans la clameur de la ville encore extérieure. Nous l’entendons encore. Et puis nous ne l’entendons plus. » (p. 58)

Plus tard, j’ai compris que « L’amant », c’était aussi autre chose,  une douleur portée par les mots et irrémédiablement liée à la  vie familiale  de Marguerite Duras : la mère dont on attend trop et qui n’est jamais à la hauteur, le frère aîné violent, le petit frère idolâtré dont la mort prématurée laisse des stigmates prégnants…

Roman autobiographique, « L’amant » est ce roman hypnotique ,  éveil à la sensualité,  éveil à la littérature.

Premières phrases :

« Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s’est fait connaître et il m’a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu pour vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j’aimais moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Un barrage contre le Pacifique

 

D’autres avis :

Blogs : Vilvirt ; Keisha Ys 

Presse : Les Editions de minuit 

 

L’amant, Marguerite Duras, Les Editions de Minuit, 1984, 146  p., 11.50 euros

POCHE : Nombreuses éditions en poche.

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Tag du portrait chinois

Publié le par Hélène

Première version : le tag de Kathel :

 

Si j'étais :

 

1) une odeur


      L'odeur de la terre après la pluie.


2) un dictionnaire

 

Un dictionnaire de poésie parce que

 

"Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement."
Cocteau (1889-1963), Le Secret professionnel


dictionnaire-poesie.gif

3) une montagne


Le Néouvielle pour les souvenirs heureux qui s'y rapportent.


Neouvielle_and_lac_d-_aumar.png

4) un panneau

 

signals-panneau-sens-interdit-alu-panneau-sens-interdit-alu.jpg

 pour être tranquille...

 

5) une habitation

 

Un château pour pouvoir loger qui je veux, quand je veux, aussi longtemps que nécessaire...

 

6) un pays d’Europe

 

Aucune idée...

 

 7) un prédateur

 

Un ours

 

ours.jpg

 

8) une série télé

 

Desperate Housewives car je me reconnais en elles... (mettez-moi une robe rouge et vous verrez...)

 

desperate-housewives.jpg

 

9) une ville des Etats-Unis

 

Missoula, la ville des écrivains du Montana


10) magicienne ?

 

Je ferais en sorte que "Liberté, Egalité, Fraternité" ne soient pas que des mots..

 

declaration-droits-de-l-homme.jpg

 

2ème version : Le tag de Juliette :

 

Si tu étais :

 

1. Moi :

 

Je choisirais Hélène pour m'assister quand je serai maître du monde...

 

       2. Fashion :

 

Qui donc ?

 

3. amoureuse :

 

Je ne vous ai pas dit ? Je vis avec l'homme le plus intelligent, le plus sage, le plus beau, le plus sexy, le plus gentil, le plus... Bref comment ne pas être amoureuse ? 

 

4. anglaise :

 

Je déménagerais.

 

5. écrivain :

 

J'écrirais un bouquin drôle et intelligent sans hémoglobine, sans dépression, sans pathos, sans auto-apitoiement, sans raconter ma vie, sans parler de ma grand-mère ou de mon arrière grand-oncle, sans bons sentiments, sans banalités... Et tout cela dans un style digne de Proust bien sûr...

 

6. en colère :

 

J'apprendrais à me battre...

 

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7. d'humeur joueuse :

 

Je savourerais ...

 

8. un rideau

 

Un rideau de douche (bah oui...)

 

9. une pandémie

 

Une pandémie d'intelligence, ça changerait...

 

10. un assureur  

 

Je changerais de métier, parce que franchement...

 

 

Je ne passe la main à personne car je dois être une des dernières à avoir répondu à ce tag sur la blogosphère...

 

Publié dans Tags - challenges...

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Désolations de David VANN

Publié le par Hélène

                                           

 ♥ ♥

 « On peut choisir ceux avec qui l’on va passer sa vie, mais on ne peut choisir ce qu’ils deviendront. » (p. 109)

  

L’auteur :

 

DAVID VANN est né sur l'île Adak, en Alaska. Après avoir parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il travaille actuellement à la construction d’un catamaran avec lequel il s'apprête à effectuer un tour du monde à la voile en solitaire. Auteur de plusieurs livres, il vit en Californie où il enseigne également à l'Université de San Francisco. Sukkwan Island fut son premier roman traduit en français. Site de l'auteur

 

L’histoire :

 

Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Désolations nous offre tout un faisceau de réflexions sur le couple : la question du mariage, sa durée, la fidélité, l’engagement, les concessions nécessaires et aliénantes…

 

« L’attention devait être la suite logique de l’amour. Cela paraissait pourtant évident. » (p. 205)

 

Irène et Gary sont mariés depuis trente ans et les fissures commencent à devenir des gouffres entre eux, Rhoda et Jim envisagent le mariage, même si cette perspective semble effrayer Jim, quant à Mark et Karen ils vivent des expériences extrêmes peut-être pour combler un vide sous-jacent. Vient se greffer sur cette famille particulière un couple électron : Monique et Carl, deux êtres qui se laissent porter par le vent de la vie. Les choix que chacun de ces couples doit faire bouleverseront l'ordre pré-établi de leurs vies bien réglée.

 

« Nous vivons pour bâtir. C’est ce qui nous définit. C’était vrai, pensa-t-il. Imaginer quelque chose, le tourner en tous sens dans son esprit, l’arpenter encore et encore dans ses rêves, puis le rendre réel dans la vraie vie. Rien de plus satisfaisant que cela. » (p. 73)

 

 « La vraie question concernait sa vie et son but ultime. Il ne croyait pas en Dieu, il n’avait pas choisi le bon domaine pour devenir célèbre ou puissant. C’était pourtant les trois éléments indispensables : la foi, la célébrité et le pouvoir. Ils justifiaient une existence tout entière, ou du moins vous donnaient l’illusion que votre vie avait un sens. Toutes ces conneries, être un bon gars, traiter les gens correctement, passer du temps en famille, c’était de la merde parce que ce n’était pas ancré dans quelque chose de solide. Il n’existait aucune échelle de valeur universelle. Avoir des enfants semblait fonctionner pour certains, mais pas complètement. Ils mentaient parce qu’ils avaient perdu leur vie d’antan et qu’il était trop tard. Et l’argent à lui seul n’avait aucun sens. Il ne restait donc que le sexe, et l’argent pouvait y être d’un grand secours. » (p. 169)

 

 - L’expérience de Carl sommé de travailler pour gagner de quoi manger et optant pour une usine de poissons est désarmante de réalité et assez glaçante...

 

« Pour Carl, toutes les leçons de la vie s’illustraient là. (…) :

  1. Ne travaille pas avec d’autres personnes.
  2. N’exerce pas un travail manuel.
  3. Sois content de ne pas être une femme que le marché du travail.
  4. Le contrôle de qualité n’existe pas. Tous les autres termes du monde des affaires sont aussi des conneries. Le monde des affaires est le cimetière de la pensée et de la parole.
  5. Le travail ne sert qu’à gagner de l’argent. Alors trouve-toi un boulot qui aille au-delà, un boulot qui, dans l’idéal, ne te donne pas la sensation d’en être un. » (p. 190)

- Les éléments sont omni-présents dans ce roman, mais la nature est elle aussi en proie à une tempête qui rend peu accueillante cette île perdue au milieu du lac Skilak. Cette nature sauvage qui avait tant attiré Gary se révèle menaçante, déprimante, mettant à mal ses projets de construction. La pluie incessante joue aussi sur le moral vacillant d'Irène qui suit mécaniquement son mari jusqu'à ce qu'un trop plein de non-dits et de déceptions les terrassent... Loin du monde, coupé de leur entourage inquiet, isolés sur cette île, ils seront face à eux-mêmes et à leurs démons.

 

Caribou_island.jpg 

@Dominic Ryan, Caribou island 

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

- Pendant toute ma lecture, j’ai redouté le phénomène de la page 113 (ceux qui ont lu Sukkwan island comprendront) et plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais soulagée  de ne pas la rencontrer…

 

Jusqu’à ce que la fin du roman bouleverse toute l’histoire  et fasse éclater en mille morceaux les vies désolantes des protagonistes. D’un sens cette fin sauve le roman de l’ordinaire en frappant un grand coup, mais de l’autre, elle laisse un goût amer proprement désespéré au lecteur, une sensation de gâchis immense. Aucune once d’espoir dans ce roman qui entremêle dépression, vacuité des vies vouées à l’échec, mort, infidélité… Je dirais juste que pour se confronter à ce « Caribou island », il faut être prêt à affronter ses propres démons…

 

Premières phrases :

 

« Ma mère n’était pas réelle. Elle était un rêve ancien, un espoir. Elle était un lieu. Neigeux, comme ici, et froid. Une maison en bois sur une colline au-dessus d’une rivière. Une journée couverte, la vieille peinture blanche des bâtiments rendue étrangement brillante par la lumière emprisonnée, et je rentrais de l’école. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Sukkwan island 

 

D’autres avis :

 

Babélio 

 

 

Désolations, David Vann, Traduit de l’américain par Laura Derajinski, Gallmeister, 2011, 296 p., 23 euros

 

challenge 1% littéraire

 

challenge nature writing

 

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Loin d’être parfait de Adrian TOMINE

Publié le par Hélène

                                          loin-d-etre-parfait_couv.jpg

 

L’auteur :

 

Adrian Tomine est un dessinateur américain né en 1974 à Sacramento, Californie.

 

L’histoire :

 

Ben Tanaka a des problèmes.
Non seulement il est cynique, sarcastique et insensible, mais en plus sa relation avec sa copine se passe mal. Miko Hayashi lui reproche d’être attiré par les femmes blanches. Tous les deux sont d’origine asiatique.
Elle fuit à New York, il reste en Californie. Leur histoire s’inscrit dans l’Amérique multiraciale et borderline d’aujourd’hui. Un pays imparfait, tout comme eux.

 

Mon avis :

 

Sur la quatrième de couverture qui présente quelques passages des articles de presse concernant l’album, l’un des critiques compare l’auteur à Eric Rohmer. J’ai effectivement capté cette même hésitation  ressentie devant les films de Rohmer : cette oscillation entre ennui et envie d’être charmée.

 

Il ne se passe pas grand-chose dans cet album, il s’agit juste du délitement d’un couple, des interoogations multiples et variées de deux personnes qui ne savent pas encore bien cerner leur identité ni leur attente de la vie. Ben Tanaka est désarmant de mauvaise foi, Miko trop bêcheuse  pour être honnête et la meilleure amie lesbienne de Ben semble finalement la seule à se sentir équilibrée et prête à assumer ses choix.

 

Si l’on sent quelquefois la vie et sa vérité s’immiscer entre les lignes et les images,  la lassitude des personnages et leurs interrogations nombrilistes ont été tellement communicatives qu'elles ont fini par m'ennuyer. Les questions sur les origines et les attirances sexuelles des protagonistes m’ont semblé assez simplistes et sans grand intérêt. Je ne suis pas tombée sous le charme...

 

tomine_film.jpg

 

 

Loin d’être parfait, Adrian Tomine, Delcourt, novembre 2008, 108 p., 14,95 euros

 

 BD du mercredi de Mango 1

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