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Eau sauvage de Valérie MREJEN

Publié le par Hélène

                                                             eau-sauvage.jpg

♥ ♥

« On revient toujours vers ses origines. (…) Si l’on me coupe de mes racines, je dépéris. Je ne peux plus marcher. » (p. 67)

 

L’auteur :

Valérie Mréjen, née en 1969 est une romancière, une plasticienne et une vidéaste française. Connue pour ses courts métrages et ses vidéos, Valérie Mréjen expose aussi dans les galeries et les musées d'art contemporain. Elle interroge le langage, ses multiples facettes et sa vacuité, dans des productions courtes inspirées du quotidien comme Au revoir, merci, bonne journée ou Chamonix. Parmi ces autres courts figurent French courvoisier (2009) et Valvert (2010). Également auteur, la réalisatrice française prolonge sa réflexion dans plusieurs romans remarqués : Mon grand-père en 1999, L' Agrume en 2001 et Eau sauvage en 2004, publiés chez Allia.

En ville, son premier long-métrage (coréalisé avec Bertrand Schefer), a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2011. (Source : France Inter)

 

L’histoire :

 Un père adresse à sa fille, déjà adulte, des reproches, des demandes, des propositions. Dans le silence qui lui répond, on entend tout : l'exaspération, la culpabilité, le désir d'être ailleurs. Un discours à sens unique, une litanie qui pourrait lasser, mais qui apparaît peu à peu comme un écho familier. (Source : Evene)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Mréjen peint avec beaucoup de justesse et de sincérité une relation entre un père et sa fille.

 Le portait de ce père est émouvant : homme seul, il parle du fond de sa solitude à sa fille, à ses enfants qui, adultes, ont quitté le domicile parental et ont laissé un vide que rien ne comble.  Les maigres conversations qui s’échafaudent alors ensuite ne parviennent pas à rassasier ce père qui rêverait d’une famille plus unie formant bloc contre le monde extérieur.  Il soliloque, raconte ses journées, ses joies, ses peines, posent des questions pour s’intéresser à la vie de sa fille, la conseille, et répète « on ne se voit jamais… » comme une litanie qui pourrait éradiquer la distance entre les êtres… La voix des enfants ne parvient pas jusqu’à nous, flétrie par le monologue du vieil homme.

 « Non, pas très bien. J’ai beaucoup de problèmes au bureau, avec Rosine on est en froid. Elle se plaint du matin au soir. Je vais vers elle et elle m’accueille par des soupirs. Vous, vous avez vos vies, chacun fait de qu’il a à faire. » (p.56)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 La facilité a tendance à frôler la simplicité et il faut un éclairage particulier pour voir dans ce dialogue quotidien autre chose… La profondeur du texte ne se laisse pas facilement apprivoisée…

 

Premières phrases :

« Je crois que je vais prendre une décision très grave parce que maintenant ça commence à bien faire. A partir de demain, c’est terminé, je n’entendrai plus parler de vous. 

Ca n’a pas l’air d’aller ? Tu peux te confier, j’aimerais t’être utile bien que je sois maladroit. Souvent, je n’ose pas demander, j’ai peur de poser des questions. Pourtant, je sens que tu n’es pas à l’aise.»

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : L’agrume

Autre : Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

 

Eau sauvage, Valérie Mréjen, Editions Allia, janvier 2004, 92 p., 6.20 euros

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Les oranges ne sont pas les seuls fruits de Jeanette WINTERSON

Publié le par Hélène

  oranges ne sont pas le seul fruit

♥ ♥ ♥ ♥

L’auteur :

 Jeanette Winterson est une romancière britannique.
Connue pour ses romans surtout Les Oranges ne sont pas les seuls fruits, cette romancière est née à Manchester et fut élevée à Accrington dans le Lancashire, au nord de l'Angleterre. 
Oranges est en partie autobiographique : elle raconte son enfance dans une famille très religieuse et ses premières relations homosexuelles. Le ton du roman est parfois surréaliste, souvent acidement humoristique. Adapté pour la télévision, il a eu un réel succès au Royaume-Uni. Il a été traduit en français et en plusieurs autres langues.
Elle est l'auteure de nombreux romans dont certains sont sortis en France notamment: "Arts et mensonges", "Ecrit sur le corps", "Les oranges ne sont pas les seuls fruits", "Le sexe des cerises", "Le roi de Capri", "Garder la flamme" et "Pourquoi être heureux quand on peut être normal"... (Source : babélio)

L’histoire :

"Ma mère n'avait pas d'opinions nuancées. II y avait ses amis et ses ennemis. Ses ennemis étaient : le Diable (sous toutes ses formes), les Voisins d'à côté, le sexe (sous toutes ses formes), les limaces. Ses amis étaient : Dieu, notre chienne, tante Madge, les romans de Charlotte Brontë, les granulés antilimaces, et moi, au début." Les oranges ne sont pas les seuls fruits recrée sur le mode de la fable l'enfance de Jeanette, double fictionnel de l'auteur. A la maison, les livres sont interdits, le bonheur est suspect. Seul Dieu bénéficie d'un traitement de faveur. Ce premier roman nourri par les légendes arthuriennes ou la Bible célèbre la puissance de l'imaginaire. Tout semble vrai dans ce récit personnel mais tout est inventé, réécrit, passé au tamis de la poésie et de l'humour. Publié en 1985 en Angleterre, Les oranges ne sont pas les seuls fruits a connu un immense succès, devenant rapidement un classique de la littérature contemporaine et un symbole du mouvement féministe. (Présentation de l’éditeur)

Ce que j’ai aimé :

Dès les  premières pages, le ton est donné : Jeanette Winterson nous plonge dans sa vie de famille pentecôtiste avec un humour et un ton décalé entraînant... Elle évoque sa mère, religieuse jusqu'au bout des ongles, personnage un peu fantasque prête à croire le premier pasteur qui passe et interprétant les épisodes de la Bible à sa façon... Les autres êtres croisés en ces pages sont tout aussi surréalistes, comme par ce pasteur Finch et son vieux van :  

« Sur les portes arrières et le capot, il avait inscrit en lettres vertes : ME PARADIS OU L'ENFER ?  AVOUS DE CHOISIR. (…) A l’intérieur, il y avait six sièges, pour que la chorale puisse voyager avec lui, avec suffisamment d’espace pour transporter les instruments d emusique et une volumineuse trousse de matériel de premier secours au cas où le démon tenterait de consumer quelqu’un.

« Qu’est ce que vous faites quand il y a des flammes ? avons-nous demandé.

J’ai un extincteur » a-t-il expliqué.

On a été très impressionnés. » (p. 116)

Parallèlement à ses souvenirs, le talent de conteuse de l'auteur, très prégnant dans son recueil "Garder la flamme", s'épanouit aussi ici : elle nous conte des légendes qui éclairent le roman d'une aura philosophique extraordinaire.  

« Elle était parfaite, parce que, en elle, ses qualités et ses forces s’équilibraient parfaitement. Elle était symétrique en tous points. La quête de la perfection, lui avait-elle dit, était en réalité une quête de l’équilibre, de l’harmonie. (…) « C’est la clé du secret, avait-elle dit. Tout est là, dans cet équilibre premier et intime. » » (p. 92)

Derrière l'humour, se cache une critique virulente du fanatisme et de l'errance de la religion qui conduit cette mère adoptive à renier sa fille habitée par Satan parce qu’elle préfère les femmes aux hommes…

Face à tant d'épreuves, la force de cette jeune fille est admirable, l'auteur trouve le ton juste, tout en retenu, intelligent, clairvoyant, faisant mouche à chaque page...

Cette réécriture d'un passage clé de son enfance met en valeur le grand art de l'auteur qui, par l'écriture, nous conte une émancipation physique et intellectuelle prodigieuse...

Jeanette Winterson a réécrit récemment ce pan de son histoire dans Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? : 

Les oranges ne sont pas les seuls fruits, aujourd'hui réédité, est la version romanesque de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Le second a plus de force, une ampleur chronologique plus grande — il inclut notamment le récit des retrouvailles de l'auteur avec sa mère biologique, il y a tout juste quatre ans. Mais surtout la dimension médi­tative y est omniprésente. C'est cette réflexion protéiforme sur l'enfance, sur les origines, sur l'amour et le temps, qui, au-delà de l'énoncé des faits biographiques, donne au récit son épaisseur, sa belle et universelle valeur. Un prix qui a trait à la sincérité, au pardon, à la confiance. Osons le mot : à la foi en une possible rédemption. « On peut revenir en arrière. On peut reprendre les choses là où on les a laissées. On peut réparer ce que d'autres ont brisé. On peut parler avec les morts. »" — Nathalie Crom, Télérama

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien, je vais lire dans la foulée "Pourquoi être normal" tant j'ai aimé cette lecture !!

Premières phrases :

« Comme la plupart des gens, j’ai longtemps vécu avec ma mère et mon père. Mon père aimait regarder les combats de catch, ma mère, elle, aimait catcher : peu importe contre qui ou quoi. Elle était toujours prête à monter sur le ring. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?

D’autres avis :

Lire 

 

Les oranges ne sont pas les seuls fruits, Jeanette Winterson, traduit de l’anglais par Kim Tran, édition révisée par Hélène Cohen, Editions de l’Olivier, mai 2012, 234 p., 18 euros

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Publié dans Littérature Europe

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L'horizon de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 "Des souvenirs en forme de nuages flottants." (p. 156)

  

L'auteur :

   Patrick Modiano est né en 1945 à Boulogne-Billancourt. Il a publié son premier roman, La place de l'étoile, en 1968. Il a reçu le prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures. Auteur d'une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, il a aussi écrit des entretiens avec Emmanuel Berl et, en collaboration avec Louis Malle, le scénario de Lacombe Lucien. Patrick Modiano a reçu le Grand Prix national des Lettres (1996), le Grand Prix de littérature Paul-Morand (2000) et le Prix mondial Cino Del Luca pour l'ensemble de son oeuvre. (Préserntation : Amazon)

 

L'histoire :

  Jean Bosmans, le personnage principal de L’horizon, a l’habitude de noter sur un carnet les bribes de souvenirs qui lui reviennent de sa jeunesse. À partir du nom de Mérové, il fait ressurgir sa rencontre, vers la fin des années 60, avec Margaret Le Coz, une jeune femme qu’il a fréquentée pendant quelques mois et avec laquelle il partageait le sentiment d’être traqué. Elle, par un certain Boyaval. Lui, par sa mère et son amant.

 

Ce que j'ai aimé :

 Se plonger dans un roman de Modiano, c’est un peu comme s’installer devant un café en compagnie d’un ami et l’écouter captivée raconter son histoire, notre histoire, l’Histoire.

 Il a une telle facilité d’écriture qu’il nous emporte sans effort dans son monde, et le temps file à ses côtés, comme arrêté, comme suspendu. Et tout à coup on relève les yeux et on ne voit plus le monde du même œil, ce qui nous entoure est nimbé d’un halo poétique, nostalgique qu’on ne lui connaissait pas auparavant. Paris, ville bruyante et stressante, ressemble désormais à un village douillet et accueillant, les personnes croisées deviennent de potentielles belles rencontres et nos sentiments eux-mêmes sont sublimés par la magie de l’art.

 L’horizon ne fait pas exception à la règle.

 Alors quand les dernières pages se profilent, on devient fébrile, déçu, sachant qu’il faudra attendre quelque temps avant la prochaine rencontre. Qu’à cela ne tienne, relisons avec délectation les anciens écrits… Rendez-vous « Place de l’Etoile »…

 

Premières phrases :

"Depuis quelque temps Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n'étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel."

  

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rue des boutiques obscures

Autre : Les solidarités mystérieuses de Pascal QUIGNARD

 

 D'autres avis :

Télérama ; ; Le magazine Littéraire  ; Le figaro ; Libération 

 

   L'horizon, Patrick MODIANO, Gallimard, mars 2010, 174 p., 16.50 euros

 

12 d'Ys 

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Idées cadeaux de Marie-Anne LACOMA

Publié le par Hélène

 

Présentation :

 

Après plusieurs années aux Editions Les Allusifs, Marie-Anne Lacoma a rejoint les Editions Gallmeister en 2009. Elle s’occupe du livre à partir du moment où il est présentable en le faisant découvrir en avant première aux professionnels intéressés. Elle est donc en relation avec les libraires et la presse. Elle organise la venue des auteurs en France, leur participation à des festivals et salons ainsi que la tournée dans des librairies.

 

Les questions :

 

 

Pourquoi offrir un livre ?

 

Parce que la vie gagne en profondeur quand on est un lecteur, qu’il existe des livres pour toutes les circonstances, pour toutes les occasions.

J’ai aussi appris dernièrement que les neurologues avaient prouvés qu’à la lecture d’un passage évoquant des odeurs, des couleurs ou autres sensations, notre cerveau réagit exactement de la même manière que si nous sentions, voyions ou éprouvions réellement ces sensations. Seule la lecture a ce pouvoir. Fascinant n’est-ce pas…  

 

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ;

 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper LEE

 

 

Un livre pour donner envie de voyager :

 

Désert solitaire, Edward ABBEY

 

 

Un livre pour donner envie de rire :

 

La grosse femme d’à côté, Michel TREMBLAY

 

 

Un livre pour donner envie de philosopher :

 

Féroce infirme retour des pays chauds, Tom ROBBINS (pour philosopher et rire en même temps)

 

 

Un livre pour donner envie d’aimer :

 

Loin de Chandigarh, TEJPAL

 

 

Un livre pour donner envie de rêver :

 

Le magicien d’Oz, Robert SABUDA et Lyman Franck BAUM (superbe pop-up)

 

 

Un livre pour donner envie de savourer :

 

Ginette MATHIOT ! La seule, la vraie…

 

 

Un livre pour donner envie de se révolter :

 

La fenêtre panoramique, Richard YATES

 

 

Un livre pour donner envie de se cultiver :

 

Honte et dignité, Dag SOLSTAD

 

 

Un livre pour donner envie de cuisiner :

 

Cinq ciels, Ron CARLSON (Le livre sortira en septembre et je viens de le lire. Il ya un passage où trois types prépare,t une dinde rôtie et depuis je rêve de tester leur technique.)

 

 

Un livre pour donner envie de lire :

 

69 tiroirs, Goran PETROVIC

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Abécédaire des belles choses à faire... de Géraldine COLLET et Nicolas GOUNY

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Zigzaguer entre les idées noires et les jours de cafard... Leur dire "zut!" et avancer...

 

Les auteurs :

 

Géraldine Collet grandit à Cachan. Enseignante de lettres-histoire en lycée professionnel, elle a parcouru la Seine Saint-Denis avant d’atterrir à Pantin. Elle est auteure et auteure pour la jeunesse.

VISITER LE SITE DE L'AUTEURE

Nicolas Gouny est titulaire du DESS Édition de Villetaneuse, après avoir passé dix ans dans l’édition pédagogique publique, il s'est installé, depuis septembre 2008,dans un petit hameau de la Creuse perché sur le haut d'une vallée, au milieu des vaches et des arbres, pour se livrer à plein temps à l’illustration pour la jeunesse.

 

http://petitefamillegouny.blogspot.fr/2012/02/labecedaire-des-belles-choses-faire.html

 

L'histoire :

 

A chaque lettre de l'alphabet, l'enfant découvre une phrase poétique qui peut colorer son quotidien.

 

Ce que j'ai aimé :

 

Un vrai coup de coeur pour cet album qui colore le quotidien et l'illumine de merveilleux mots poétiques et philosophiques !!Il parle directement à nos âmes d'enfants et allège les heures en leur insufflant bonheur et joie de vivre !

 

abecedaire-e.jpg

 

Lézarder au soleil et saluer les hirondelles

Papoter avec un papillon qu'on a presque attrapé.

Taquiner les truites un petit matin d'été

 

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Ce que j'ai moins aimé :

 

- Rien !

 

Vous aimerez aussi :

 

Jeunesse

 

Merci à Emmyne d'avoir attiré mon attention sur ce magnifique album !

 

Abécédaire des belles choses à faire, Géraldine COLLET, Nicolas GOUNY, Escabelle, février 2012, à partir de 3 ans, 14,10 euros

Publié dans Jeunesse Album

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A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

Publié le par Hélène

a la lueur d'une étoile distante

♥ ♥ ♥ 

 « Les gens n’admettraient pas que les apparences sont parfois trompeuses. A l’image des meilleures prises de combat, les mots peuvent être retournés contre vous et une fois que vous êtes à terre, ils sont à même de vous tuer. » (p. 364)

 

L’auteur :

 Mary McGarry Morris est née en 1943 dans le Connecticut. Disparue (Flammarion, 1989), son premier roman, a été sélectionné pour le National Book Award et le Pen Faulkner Award. Elle a depuis publié Une femme dangereuse (Julliard, 1991), Mélodie du temps ordinaire et Un abri en ce monde (Belfond, 2005). Mary McGarry Morris vit aujourd'hui à Andover, dans le Massachusetts.

 L’histoire :

Ces derniers temps, Nellie Peck, treize ans, a enfin trouvé de quoi combler son désoeuvrement : espionner la nouvelle locataire de sa mère dans le petit studio attenant à leur maison.

Activité d'autant plus excitante que l'arrivée de la jeune et jolie Dolly, danseuse de cabaret à la sensualité débordante, n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Et rapidement, c'est à un véritable défilé de prétendants qu'assiste Nellie, cachée dans les arbres. (Début de la quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Le point de vue adopté est celui de la petite Nellie, qui observe le monde à son niveau, se fiant à son innocence, à son instinct naïf pour interpréter ce qu'elle entend et voit. Or elle ignore encore que la vérité est insaisissable, fuyante, réinterpréable à l'infini.  

 « Nellie commençait à voir combien la vie pouvait être compliquée. Aucun fait n’était isolé. Chaque action entraînait une réaction, qui elle-même en entraînait d’autres, et ainsi de suite, en une série de combustions insidieuses qu’ils ne pouvaient pas cerner précisément, ni a fortiori prévenir, et qui se répandait désormais partout. Ils assistaient à leur propre désastre nucléaire, assis là, au centre de la zone dévastée par l’explosion, essayant toujours de paraître normaux, son père et elle, face au bureau de l’avocat au teint terreux. » (p.229)

 « Peut-être en allait-il de même pour tout le monde en grandissant. Petit à petit le vérité perdait de sa force, jusqu’à ce que, comme les particules en suspension dans l’air, elle devienne invisible. Et si c’était ça aussi, être un adulte ? Rationaliser une expérience, la transformer jusqu’à oublier la plupart des choses importantes, celles que personne n’avait besoin d’expliquer à certains enfants, parce que, eux, ils savaient, voilà tout. Et ils n’oubliaient pas. » (p. 428) 

 Les éléments se mettent en place petit à petit pour former un tout cohérent dans l'esprit de Nellie, mais inadéquat à sa vie familiale, à cet univers confortable, connu qui est le sien.

Le suspens est savamment dosé, tenant en haleine le lecteur partagé entre vérité et illusions, le ton naturel de la jeune Nellie allégeant un propos profondément plus grave.

 A la lueur d'une étoile distante est un roman prenant, intelligent, bien construit, une agréable découverte... 

 Ce que j’ai moins aimé :

Le début est un peu long par rapport à la fin beaucoup plus dense… Au point que j’ai trouvé certaines réactions des personnages peu crédibles à la fin, comme s’il fallait effacer rapidement les problèmes pour conclure… 

La question du résumé de la quatrième de couverture mérite d’être posée : fallait-il parler de l’évènement majeur ou laisser le lecteur le découvrir par lui-même ? Le fait de savoir éclaire-t-il finalement le récit d’un point de vue différent qui densifie le roman ? Je n’ai pas tranché… 

Le titre me semble difficile à retenir pour qui veut en conseiller la lecture au débotté…

 

Premières phrases :

 « A quoi voit-on parfois que l’on connaît bien une personne ? Elle n’a même pas besoin de vous fixer dans les yeux ou de dire un mot, et vous savez. Bon, ce que vous savez au juste n’est peut-être pas très clair, mais vous le savez, c’est tout. »

 

Vous aimerez aussi :

   Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

   D’autres avis :

Lire

 

  A la lueur d’une étoile distante, Mary McGarry Morris, traduit de l’américain par Valérie Bourgeois, Belfond, mai 2012, 444 p., 21.50 euros

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Idées cadeaux de Jean-Marc Laherrère

Publié le par Hélène

Présentation :

Jean-Marc Laherrère, fan de polar, débordé par les polars même s'il m'arrive de m'échapper pour lire autre chose (SF, fantazy, littérature générale ou jeunesse avec mes enfants).
Membre de l'association 813 (des amis des littératures policières), j'ai la chance d'être depuis des années voisin et ami de Claude Mesplède Le connaisseur du genre en France. Il m'a tout appris, et m'a ouvert toutes les portes qui me permettent aujourd'hui d'écrire dans des revues, d'animer des rencontres et de connaître une bonne partie du monde du polar en France et même parfois à l'étranger.
Un défaut, très gros défaut, je ne sais pas respecter les consignes, et je suis incapable, quand on me demande de conseiller un livre, de n'en conseiller qu'un, comme vous allez pouvoir le constater.

Son blog : http://actu-du-noir.over-blog.com/

Les questions :

Pourquoi offrir un livre ?

Premièrement, parce que je n'offre des cadeaux qu'aux gens que j'aime et que je connais bien. Et quand je connais quelqu'un, je sais forcément ce qu'il lit, et donc ce qu'il aime. Ce qui m'assure de ne pas trop me tromper. Aussi parce que j'aime par dessus tout faire partager mes enthousiasmes, mes coups de cœur, et faire découvrir un auteur à quelqu'un.

  Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

Il n'y en a pas ... mais si je ne veux pas trop me tromper j'offre une vieille série noire, assez rare "Chapeau" de Michèle Rozenfarb, ou un livre de la série des racontars de Jon Riel, à quelqu'un qui veut découvrir le polar un James Lee Burke, "Dans la brume électrique avec les morts confédérés" (rivages).

 Un livre pour donner envie de voyager :

Ceux qui me donnent à moi l'envie de voyager. A commencer par les polars des grands espace de chez Gallmeister, "Little bird" (et la suite de la série) de Craig Johnson, ou "Dérive sanglante" de William Taply, mais aussi "Patagonia Tchou Tchou" de Raul Argemi (rivages) qui donne des fourmis dans les jambes. 

 Un livre pour donner envie de rire :

S'il n'y avait qu'un seul nom ce serait Donald Westlake, avec soit le génial "Aztèques dansants", soit "Pierre qui roule" le premier de la série John Dortmunder (rivages). Mais il faudrait ajouter absolument le grand classique "fantasia chez les ploucs" de Charles Williams (folio), et quelques autres déjantés américains, Christopher Moore et son "Blues de coyote" (folio), les polars écolos hilarants de Carl Hiaasen (à commencer par "Miami park") ... En Europe le conseillerai Andrea Camilleri et son commissaire Montalbano, de plus en plus drôle, et un auteur français qui ne publie plus en ce moment, et c'est bien dommage, le marseillais Philippe Carrese, au hasard "les veuves gigognes" (fleuve noir)

Terry Pratchett et ses Annales du Disque Monde et son chef-d’œuvre écrit à quatre mains avec Neil Gaiman : De bons présages.

Un livre pour donner envie de philosopher :

Là une référence s'impose "la caverne aux idées" de José Carlos Somoza, polar philosophique à la construction absolument géniale (actes sud)

Un livre pour donner envie d'aimer :

Là aussi une référence s'impose à moi : Marcus Malte avec "Les harmoniques" (série noire) ou Carnage constellation (folio).

Un livre pour donner envie de rêver :

Pour rêver, rien, je lis des romans qui ont tendance à faire faire de cauchemars plutôt que des rêves !!
Ceci dit, côté SF un auteur comme Ian Banks et son cycle de la culture, "Etoiles mourantes" écrit par Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal ou en fin "la horde du contrevent" d'Alain Damasio ont titillé mon imagination éveillée ... Ce qui est une façon de faire rêver.

Un livre pour donner envie de savourer :

Deux références immédiates et évidentes : la série Pepe Carvalho , le gourmet de Barcelone créé par Manuel Vazquez Montalban et (de nouveau) celle du commissaire Montalbano du sicilien Andrea Camilleri. Mais aussi "Saturne" et "la disparition des ouvrières" de Serge Quadruppani (traducteur de Camilleri en français, il n'y a pas de hasard) et pour sortir de la cuisine méditerranéenne, chez Piquier, la série consacrée au mandarin Tân qui se déroule au Vietnam du XVII sous la plume de Tan Van Tran Nuth.

Un livre pour donner envie de se révolter :

Il y en a tant !!
Pour ceux qui voudraient se révolter dans la bonne humeur une adresse  : le mexicain Paco Ignacio Taibo II et pour commencer ses deux chef-d'oeuvre : "Ombre de l'ombre" et "A quatre mains".
Pour se révolter encore dans la bonne humeur "le gang de la clé à molette" d'Edward Abbey.Pour ceux qui n'ont pas peur de se rendre malade devant l'injustice et la douleur du monde, quelques titres très durs : "La griffe du chien" de Don Winslow, "Raphael derniers jours" (aussi publié sous le titre de "The brave" de Gregory McDonald, "La frontière" de Patrick Bard.
Pour décortiquer les injustices de ce monde de façon moins traumatisante, mais non moins talentueuse, "Sombre sentier" ou "Lorraine connection" de Dominique Manotti, ou "les derniers jours d'un homme" de Pascal Dessaint, ou très proche de nous "Le bloc" de Jérôme Leroy

Un livre pour donner envie de se cultiver :

L'auteur qui a toujours réussi à me faire sentir mon inculture  sans que ce soit gênant pour apprécier ses romans était le cubain Alejo Carpentier, et en particulier dans "la danse sacrale". Mais ce n'est pas un polar ...

Un livre pour donner envie de cuisiner :

Une référence, déjà citée , la série Pepe Carvalho de Manuel Vazquez Montalban (on peut commencer par "La solitude du manager" ou "meurtre au comité central").

Un livre pour donner envie de lire :

On peut  des dictionnaires ? "le dictionnaire des littératures policières" de Claude Mesplède ? Ou "une brève histoire du roman noir" de Jean-Bernard Pouy ?

La série Jack Taylor de l'irlandais Ken Bruen qui multiplie les citations et donne vraiment envie de découvrir d'autres auteurs.

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Grandeur des îles de Odette de PUIGAUDEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Issue d'une famille de la bourgeoisie, fille du peintre de l’école de Pont-Aven Ferdinand-Auguste-Marie Loyen du Puigaudeau (cousin germain de l'écrivain Alphonse de Châteaubriant), et de Blanche-Henriette-Idalie Vandenbrouke (ou van den Brouke), Odette du Puigaudeau réside à partir de 1908 au Croisic (Loire-Atlantique) dans le manoir de Kervaudu. Enfant unique, elle est instruite à la maison par ses parents.

En 1920 elle monte à Paris pour s'inscrire à la Sorbonne au cours d'océanographie du professeur Jourdin dans l'espoir d'être engagée au laboratoire marin de Carthage en Tunisie, sans succès.

Elle est ensuite dessinatrice dans les laboratoires du Collège de France, styliste chez Jeanne Lanvin, journaliste à L’Intransigeant et dans des revues féminines, et enfin ethnologue.

En 1929, elle devient l'une des premières femmes à s’embarquer sur des thoniers bretons.

Elle a décrit d’une façon remarquable la vie dans les îles bretonnes de l’entre deux guerres dans son livre Grandeur des îles.

Réfusée par le commandant Charcot pour une expédition au Groenland, car il n'acceptait pas les femmes, elle découvre par la suite d’autres grands espaces dans le désert du Sahara à partir de janvier 1934, avec son amie Marion Sénones.

Fondatrice en août 1940 à Paris du Service féminin français, elle assure à partir de cette date des missions de préhistoire et d'ethnographie pour divers ministères et sociétés savantes.

Elle s'établit à Rabat en 1961, où elle réalisa pour la radio des émissions culturelles de 1961 à 1962, devint documentaliste au ministère de l'Information en 1963, et chef du bureau de préhistoire au Musée des antiquités de Rabat de 1970 à 1977. Elle eut pour compagne l'artiste peintre Marion Sénones, (1886-1977), qui partagea sa vie de 1932 jusqu'à son décès à Rabat en octobre 1977.

Odette du Puigaudeau a écrit huit livres, de nombreux articles et un traité sur le peuple maure. Son travail ethnographique, scientifique et littéraire est un hommage aux peuples du Sahara occidental.

(Source : Wikipédia)

 

L’histoire :


Le nom d'Odette du Puigaudeau évoque encore bien des souvenirs dans les anciennes villes caravanières de Mauritanie. Cette grande voyageuse née en 1894 a consacré sa vie au Sahara occidental mais c'est en Bretagne, parmi les marins et la population des îles, que l'aventure avait commencé pour la fille de Ferdinand du Puigaudeau, peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin. En 1944 elle décide de rassembler dans Grandeur des îles ses notes et articles rédigés douze ans plus tôt sur les îles de Bretagne, Ouessant, Groix, l'archipel de Molène et Sein, autant de «fragments d'humanité amenés là par quelque rude et mystérieux hasard.». (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Odette de Puigaudeau était une bretonne qui faisait partie de ces femmes artistes pour qui l’aventure et ses multiples découvertes constituent le sel de la vie. Ces artistes pour qui Vivre importe davantage que survivre. Aussi elle s’embarque dans les années 30 à bord de plusieurs bateaux pour flirter avec le quotidien des pêcheurs de crevettes. Ce n’est que le prélude à sa grande aventure : un voyage en Mauritanie qui viendra quelques années plus tard.

Odette de Puigaudeau rend ici hommage aux hommes et aux femmes demeurant sur ces îles bretonnes au nom évocateur et magique : Sein, Ouessant, Groix, Molène… Ces îles qui ne sont pas si loin de la côte, et qui, pourtant, semblent au bout du monde.
Elle partage et décrit le quotidien particulier de ces êtres retirés du monde, élaborant un monde à eux, si différents de celui de continentaux.

« Et ils bénissent cet isolement, cette pauvreté qui ont protégé la pureté  e leurs mœurs, la simplicité de leurs âmes et la droiture de leur courage. »

 

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Philip Plisson

Elle s’attache surtout à transcrire son admiration pour les îliennes, celles qui restent :

« N’y a-t-il pas assez à dire du labeur des îliennes, reines de leurs foyers mais servantes de leur île, et sur l’angoisse qui les étreint lorsque retentit la sirène des naufrages, ou que la brume enveloppe la flotille langoustière éparpillée parmi les récifs de la chaussée. »

Ce monde résonne comme un idéal de paix et de bonté pour cette bretonne qui ne saura se détacher tout à fait de cette vision idéale de ces peuples îliens, comme ancrés dans un âge d’or utopique. Sa passion pour eux sait néanmoins nous convaincre à notre tour et nous nous embarquons bien volontiers pour ces îles magiques qui parlent directement au cœur…

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien.

 

Extrait :


 « Archipel de Molène — Mme Floc'h est entrée dans la vie sous l'aile noire du malheur. Une tempête lui vola père et mère, entre le Conquet et Quéménez, et son destin amer s'ouvrit d'un coup devant ses quinze ans. Elle reprit la ferme ; son frère cadet et sa jeune sœur quittèrent l'école pour venir l'aider. Trois enfants, face à quarante-cinq ivrognes, sur une île perdue !

Elle se maria jeune, et pour peu de temps. Successivement, elle tint aux îles trois fermes sur quatre : Quéménez, Balanec où une poutre de fer, en tombant, lui tua une petite fille, Triélen que tient à présent son fils aîné, où elle a retrouvé un cimetière familial : une tante, ses enfants et ses domestiques emportés par le choléra en 1893.

Maintenant, veuve depuis longtemps, elle est revenue avec ses deux plus jeunes fils à la Quéménez de son enfance.

Pourtant, au Conquet, elle pourrait avoir une existence plus douce, près d'une fille et d'un petit-fils, un repos bien gagné après quarante ans d'épreuves. Ici, il n'y a que travail sans fin, l'écœurement des saouleries hebdomadaires, la gêne des courriers et du ravitaillement livrés au hasard des bateaux, chance bien rare pendant les tempêtes d'hiver. Le seul secours, c'est elle qui le donne, au dénuement des pigouyers et des pêcheurs, aux loques humaines qu'elle retient de sombrer tout à fait, à tous ceux qui frappent à sa porte. C'est une femme du bon Dieu.

Mme Floc'h ne quittera pas Quéménez. Les îles ont cette étrange puissance du tuer chez leurs proies le désir d'évasion. » (p. 146-147)

 

Grandeur des îles, Odette de Puigaudeau, Payot, avril 2004, 8.65 euros

 

Publié dans Récits de voyage

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Lectures de l'été

Publié le par Hélène

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Quelques idées de lectures estivales de livres lus avant le blog et beaucoup appréciés :

 

Wilkie COLLINS Armadale : Huit cents pages de frissons et d'égarements garantis.

 

Franck CONROY Corps et âme : La musique au coeur du roman...

 

Jim FERGUS 1000 femmes blanches : En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire

présent de 1000 femmes blanches à marier à 1000 de ses guerriers afin de favoriser l'intégration.

 

Ken FOLLETT Les piliers de la terre : Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre.

 

Arthur GOLDEN Geisha : À neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir à Kyoto.

 

Barbara KINGSOLVER Un été prodigue : de beaux portraits de femmes

 

Sharon MAAS Noces indiennes : un beau roman indien

 

Kenizé MOURAD De la part de la princesse morte : Ceci est l'histoire de ma mère, la princesse Selma, née dans un palais d'Istamboul." Ce pourrait être le début d'un conte ; c'est une histoire authentique qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l'Empire ottoman. Selma a sept ans quand elle voit s'écrouler cet empire.

 

Eden ROBINSON Les esprits de l'océan : Perdue parmi les ombres froides des côtes de Colombie britannique, Kitamaat est la principale localité de la réserve indienne des Haislas. C'est dans ce village du bout du monde, là où la terre glisse à la rencontre de l'océan Pacifique, qu'est ancré le roman d'Eden Robinson.

 

Zadie SMITH De la beauté

 

 

Guy VANDERHAEGHE La dernière traversée : En 1871,deux frères Anglais Charles et Addington Gaunt quitte l'Angleterre pour s'embarquer vers l'inconnu,c'est à dire vers des terres hostiles au fin fond du Montana

 

Policiers :

 

Rennie AIRTH Un fleuve de ténébres

 

 

Patrick BARD La frontière

 

Georges CHESBRO Bone

 

Robert CRAIS L'homme sans passé

 

Joseph FINDER Paranoïa

 

Karin FOSSUM Celui qui a peur du loup

 

  Elisabeth GEORGES Un nid de mensonges

 

Steve HAMILTON Ciel de sang

 

Kirk MITCHELL La morsure du lézard

 

Deon MEYER L'âme du chasseur

 

  

Peter ROBINSON Froid comme la tombe 

 

Ian RANKIN La colline des chagrins

 

Charles WILLIAMS Fantasia chez les ploucs

 

Fred VARGAS L'homme à l'envers

 

Et aussi :

 

 

   

Idées cadeaux

 

Si vous voyagez

 

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Chaque geste que tu fais de David MALOUF

Publié le par Hélène

chaque geste que tu fais

  L’auteur :

Considéré comme l'un des plus grands auteurs australiens et l'un des écrivains anglo-saxons contemporains les plus importants, David Malouf (77 ans) se distingue autant par ses qualités de styliste que par son talent de conteur. Son œuvre, où alternent romans et nouvelles, a été publiée chez Albin Michel : Harland et son domaine, Ce vaste monde (Prix Fémina étranger 1991), Je me souviens de Babylone, Dernière conversation dans la nuit et L'Etoffe des rêves. Une œuvre couronnée par de nombreux prix à travers le monde.                                              

Rançon, son nouveau roman, paraîtra chez Albin Michel en 2013. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Un jeune homme partant à la guerre tente de comprendre quelle est sa véritable place dans le monde qu’il s’apprête à quitter ;  une partie de chasse met à nu les secrets de chacun ; un compositeur voit sa vie prendre des allures de cantate complexe ; une femme se souvient de son bonheur passé au bord d’une piscine italienne ; une veuve essaye de garder le contrôle de sa vie … 

Dans les sept nouvelles bouleversantes qui composent ce recueil, David Malouf, l’un des plus grands auteurs australiens contemporains, nous laisse entendre des hommes et des femmes étrangement seuls, face à un passé enfoui et un présent à décrypter. 
Puissamment enraciné dans les paysages et les réalités d’une Australie magnifiée, ce livre poignant résonne comme une exploration de ces mondes intérieurs qui nous séparent et nous relient les uns aux autres. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

Le rythme lent et presque aérien de ces nouvelles provoque deux réactions contradictoires : ou le lecteur tombe sous le charme, comme pour la première nouvelle, ou il décroche totalement, comme pour les dernières nouvelles. Une aura magique affleure à la lecture de certaines nouvelles comme « La vallée des Lagons », « Enfant soldat », textes s’attachant à traquer le moment diffus où un homme bascule vers un autre lui-même. Les hommes et les femmes peuplant le monde de David Malouf sont des êtres tangents, indistincts, diffus, qu’une brume suffit à effacer. Je ne pense pas qu’ils habiteront longtemps mon esprit…

 Premières phrases :

« En cours élémentaire à l’école primaire, la seule magie de son nom m’attirait.

C’est là, juste à cinq heures au sud par une bonne route de terre, que toutes les rivières de notre coin du Queensland prennent leur source : tous les courants grossis d’eau de pluie et de cascades dans les forêts pluviales du Great Divide avant de plonger et de se réunir pour écouler leur large flot bourbeux jusqu’ à la côte ; tous les cours d’eau paisibles qui serpentent vers l’intérieur des terres à travers les plaines truffées de termitières puis roulent nord, nord-ouest jusqu’au Channel Country où ils se divisent pour aller se perdre dans les laisses de vase et de marécages de mangrove du golfe de Carpentarie. »

 Vous aimerez aussi :

Le lanceur de couteaux de Steven MILLHAUSER 

 D’autres avis :

Jostein Yves Mélopée  

Chaque geste que tu fais, David Malouf, traduit de l’anglais (Australie) par Nadine Gassie, Albin Michel, mai 2012, 317 p., 22 euros

  Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Océanie

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