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Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Un conte merveilleux dans tous les sens du terme…

 

L’auteur :

 Ancienne comédienne, Carole Martinez se recycle dans l'enseignement et devient professeur de français dans un collège d'Issy-les-Moulineaux. Elle profite d'un congé parental en 2005 pour se lancer dans l'écriture. Elle désire écrire 'quelque chose qui soit entre le conte et le roman.' Puisant dans les légendes de sa tradition familiale espagnole, elle brode 'Le coeur cousu' à partir des histoires que sa grand-mère lui racontait. Ce premier roman est un succès et Carole Martinez reçoit le prix Renaudot des lycéens en 2007, le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2007 (jury de jeunes lecteurs), Prix Ulysse de la première oeuvre 2007. Au début de l'année 2011, elle publie un roman policier pour la jeunesse, 'L' Oeil du témoin', après un premier essai publié à la fin des années 90, 'Le Cri du livre'. Lors de la rentrée littéraire en septembre de la même année, 'Le domaine des murmures' vient combler l'attente de ses lecteurs adultes.

 L’histoire :

 Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

 -Le monde de Frasquita est empreint de magie et ce merveilleux auréole sa vie d’un halo presque divin. Son don de couturière la lie irrémédiablement avec le monde et quoi qu’il arrive, elle continue d’avancer sur un chemin chaotique, illuminée par ses enfants aux dons tout aussi singuliers. Carole Martinez a réussi à créer un univers inimitable :

 « Le fil. La broderie. Des enfants comme des perles taillées dans sa chair, des sourires brodés et tant de couleurs sur les tissus pour exprimer sa joie ou sa douleur. Toutes ces couleurs ! Alors pourquoi le blanc la fascinait-il tant ? 

Elle devait comprendre et, pour comprendre, broder de nouveau, se remettre à l’ouvrage… Recoudre les bords du monde, empêcher qu’il ne s’effilochât, qu’il ne se défît. (p. 135)

 - Cette auteur a un talent indéniable de conteuse, le lecteur ne peut que l’écouter, envoûté par ces récits venus d’un autre temps, du temps où l’on croyait encore aux fables et aux légendes et où le monde n’était pas aussi désespérément rationnel :

 « A l’heure où le soleil occupe le centre du ciel dardant le monde de rayons verticaux, à cette heure sans ombre, l’homme à l’oliveraie traversait l’espace des hommes dans une solitude que ne venait dissiper aucun double. Il avait égaré son ombre sans que personne ne s’en aperçût et elle errait seule, comptant les oliviers depuis ce triste soir où l’enfant était rentré sans réponse.

Seuls les damnés errent ainsi sans compagnie de par le monde, seuls les damnés connaissent cette solitude.

Un de ces après-midi, au plus fort de l’été, alors qu’il marchait la bride de son cheval à la main dans les rues étroites inondées de soleil, à cette heure où les choses les plus profondes donnent prise à la lumière, une grille en fer forgé arrêta son habit. » (p. 145)

 -Un premier roman envoûtant...

  Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien

 Premières phrases :

 « Mon nom est Soledad.

Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d’enlacer et de grandes mains inutiles.

Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu’il m’est passé dans le sang.

Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.

Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence l’écoulement sableux qui me traverse.

LA TRAVERSEE 

Il faudra bien que tout ce sable retourne un jour au désert. »

 Vous aimerez aussi :

 Chocolat amer de Laura ESQUIVEL

Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

 D’autres avis :

Papillon , Liliba,  Leiloona, Antigone ,  Hélène,  Kathel, Sylire,  Jostein, Clara, Théoma 

  

Le cœur cousu, Carole Martinez, Gallimard, février 2007, 430 p., 23 euros

POCHE : Le cœur cousu, Carole Martinez, Folio, mars 2009, 442 p., 8.40 euros

 

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Je me souviens de Zeina ABIRACHED

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

   

L’auteur :

 

Libanaise, Zeina Abirached est née à Beyrouth en 1981. Elle vit actuellement entre Beyrouth et Paris. Après des études à l’Académie Libanaise des Beaux arts (ALBA), elle a suivi un cursus spécialisé en animation à l’ Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris. Elle est l’auteur de [Beyrouth] Catharsis, 1er prix du festival de bande dessinée de Beyrouth en 2002 et du « livre-objet » 38 rue Youssef Semaani.

 

L’histoire :

 

A la manière du Je me souviens de Perec, Zeina Abirached évoque des scènes de son enfance et de son adolescence à Beyrouth, dans un Liban en guerre, jusqu'à son départ pour Paris en 2006.

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’alliance subtile entre un monde extérieur déchiré  par la guerre et un univers familial uni, confortable et protecteur est admirablement rendue au travers de ces diverses scènes du quotidien d’une enfant dans le Beyrouth des années 70. L’auteur manie avec humour ces deux antagonismes notamment au travers du jeune frère de la narratrice qui collectionne les éclats d’obus. Si les scènes sont légères, certains  détails comme le sac à dos toujours près du lit de la narratrice prouvent combien la guerre finissait par entrer dans les maisons avec ses corollaires, la peur, la disparition, les séparations…

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien

 

Vous aimerez aussi :

 

Persépolis

 

 

Je me souviens, Beyrouth, Zeina Abirached, Editions Cambourakis, 2008, 12.90 euros

 

Il s'agit de ma première participation pour Les Bd du Mercredi chez Mango

 

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Intrusion de Natsuo KIRINO

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 

Natsuo Kirino a soixante et un ans et vit à Tokyo. Elle est l’un des talents les plus reconnus et les plus salués de sa génération. Lauréate de très nombreux prix au Japon, elle a été finaliste du prestigieux prix Edgar avec Out (Seuil, 2006).

 

L’histoire :

 

Jeune romancière, Tamaki a vécu une histoire d’amour intense et prolongée avec Seiji, son éditeur. Leur séparation un an plus tôt a été très douloureuse, mettant en péril leurs familles respectives, et Tamaki se plonge dans le travail sans pouvoir vraiment effacer sa présence.   Elle s’attèle à un nouveau roman : une enquête littéraire sur un auteur de best-sellers et sur son roman autobiographique, Innocent, où il raconte une histoire d’amour passionnée qui a failli détruire sa famille.   Mêlant enquête et quête de soi, dans une ultime tentative de démêler les fils de sa propre histoire, Tamaki se lance à la recherche d’Oko, cette maîtresse aussi célèbre que mystérieuse.  

 

Mon avis :

 

J’étais enthousiaste à l’idée de découvrir un roman policier japonais car ils ne sont pas monnaie courante, et ce fut donc avec joie que j’ai commencé ma lecture. Et ça commençait plutôt bien avec cette jeune écrivaine qui part sur les traces d’un autre auteur et cherchent à démêler le vrai du faux. Mais le problème est que 20 pages, puis 30 pages plus loin, nous en étions toujours au même point, avec en sus des histoires de couples et d’adultère banales à pleurer… J’ai persévéré, pensant qu’à un moment où un autre le genre « policier » allait s’exhiber fièrement et nous sortir de ce vaudeville presque burlesque. Que nenni !

 Les récits enchâssés ne finissent pas de s’enchâsser, les amants de se tromper, la jeune écrivaine d’enquêter sur la création et son lien ténu avec la réalité (vaste projet !), et j’ai fini par m’endormir, bercée par tant de platitudes…

Et le Japon dans tout ça ? L’action aurait pu se passer en France ou à Tombouctou, je n’aurais pas vu la différence, à part peut-être grâce aux noms et prénoms des protagonistes, seul point dépaysant…

Une déception !

 

Premières phrases :

 

« Un samedi matin, Tamaki Suzuki fit un cauchemar qui la réveilla, épouvantée, le cœur prêt à lâcher. Malgré un temps magnifique, elle fut prise d’un pressentiment sinistre et se sentit affreusement mal. Par déformation professionnelle – elle était écrivain -, elle essaya de se remémorer son rêve avec précision, mais le souvenir se dissipa aussitôt, tel un bateau qui sombre à une vitesse terrifiante. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Les leçons du mal de Thomas H. COOK

 

D’autres avis :

 

Chez babélio

 

 

Intrusion, Natsuo Kirino, Traduit du japonais par Claude Martin, Seuil Policiers, septembre 2011, 275 p., 20.50 euros

 

Lu dans le cadre du jury Babélio Seuil Policiers

 

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Mr.Peanut d’Adam ROSS

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 « Le mariage peut-il nous sauver la vie ou n’est-ce que le début d’un long double homicide ? » (p. 467)

  

L’auteur :

 

Adam Ross est né et a grandi à New York. Comme tout enfant acteur, il a fait des apparitions dans des films, des publicités et des émissions de télévision. Il a obtenu un M.A. en creative writing de l'Université Hollins et un M.F.A. en creative writing de l'Université de Washington, ou il a étudié avec Richard Dillard, Stanley Elkin et William Gass. Son premier roman, Mr. Peanut, a été acclamé par la critique et s'est vendu dans 13 pays. Son nouveau livre, Ladies and Gentlemen, vient de paraître aux Editions Knopf, aux Etats-Unis. Adam Ross vit à Nashville, dans le Tennessee, avec sa femme et ses deux filles.

Site officiel : adam-ross.com

 

L’histoire :

 

David Pepin a toujours aimé sa femme, Alice. Pourtant, parfois, il rêve de sa mort. Mais peut-on être coupable des rêves que l'on fait ? Le problème, c'est qu'Alice est morte. Réellement. Pour les deux policiers en charge de l'enquête, David apparaît aussi suspect qu'il est désemparé. Mesurant sa culpabilité à l'aune de leur propre histoire conjugale, il leur devient clair que son rôle ne se limite pas à celui du mari inconsolable... (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ce roman est une véritable autopsie du mariage : l’auteur dissèque méticuleusement les corps et les âmes fatigués des mariés blasés et nous livre brillamment son analyse. Chacun pourra se reconnaître dans ces scènes tirées de la vie quotidienne des couples : comme quand David annonce à sa femme qu’il a invité 40 personnes pour un  barbecue seulement quelques jours avant : « Une brique, se dit Marilyn, me serait bien utile, à cet instant. » (…) « La fête était, bien entendu, une annonce, pas une requête, pourtant, peu de temps auparavant, elle avait exigé, sous peine de divorce, que cela ne se reproduisît plus jamais. Ce qui n’avait apparemment rien changé, et la poussa à s’interroger : s’il n’y avait aucun moyen de corriger les petites choses dans le comportement de son mari, quels espoirs cela lui laissait-il pour les grandes. » (p. 225)

 

En choisissant d’examiner trois couples, l’auteur nous livre un  récit varié, passionnant en nous plongeant dans l’intimité des couples, tels des voyeurs qui n’osent croire ce qu’ils découvrent sur leurs voisins qui, pourtant « semblaient tellement unis.. ; » Adam Ross se joue des faux-semblants :

 

« Et maintenant, nous ne savons d’elle que ce que nous imaginons.

Sheppard alluma sa pipe et souffla un nuage de fumée agréablement parfumée.

-          C’est vrai pour nous tous, conclut-il. » (p. 378)

 

« Je ne crois pas au diable, répliqua Sheppard.

- A qui croyez-vous ?

- A la conscience. » (p. 269)

 

Adam Ross nous parle de cette force destructrice contre laquelle chaque conjoint doit lutter, ces habitudes, ces lassitudes qui nous transforment et nous rendent haïssables, ces libertés que l’on laisse de côté pour un être qui nous déçoit trop souvent, de ces messages non entendus, non écoutés, de cette vie qui file avec nos rêves sans que nous n’y prenions garde.

 

« Tu as tué  ma joie, dit-elle doucement. » (p. 504)

 

Les récits imbriqués apportent densité et cohésion à l’ensemble

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Quelques longueurs, notamment dans l’histoire du Dr Sheppard.

 

Premières phrases :

 

« La première fois que David Pepin rêva de tuer sa femme, ce n’était pas lui qui la tuait. Il imagina une intervention divine providentielle. Ils pique-niquaient sur la plage lorsqu’un orage approcha. Tandis qu’ils rangeaient pliants, couvertures et alcool, un éclair jaillit. David vit Alice prendre feu et se transformer, comme dans les dessins animés, en un squelette avant de s’écrouler, réduite à un tas de cendres fumant. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Les femmes du braconnier de Claude PUJADE-RENAUD

 

D’autres avis :

 

Charlotte  

 

Mr. Peanut, Adam Ross, Traduit de l’anglais (EU) par Jean-Baptiste Dupin, 10/18, septembre 2011, 507 p., 19.9 euros

 

challenge 1% littéraire

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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Finalement la liste est longue des superbes insignifiances qui me tiennent debout. » (p. 57)

 

L’auteur :

Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est son premier roman.
Son blog : http://etc-iste.blogspot.com

 

L’histoire :

Le voyage géographique et intime d’un jeune homme qui devient père. Walther quitte la femme qu’il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu’à l’Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener, presque par hasard à l’essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d’instantanés d’une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d’errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l’art des petits riens.

 

Ce que j’ai aimé :

En quelques mots, se souvenir qu’on est vivant. Que la vie est là, maintenant, tout de suite, et pas dans nos souvenirs malheureux ou dans nos espoirs insensés. « Ne regarde pas devant. Ne regarde pas derrière. Reste là. » (p. 67) nous dit l’auteur, et ces quelques mots épicuriens résonnent en moi et flottent, insouciants, comme évidents au dessus de mon âme empesée. Je ne peux qu’aimer un auteur qui me susurre ce que je sais intimement au fond de moi mais que j’oublie trop souvent happée par le quotidien. Alors j’écoute, religieusement, admirativement, amoureusement :

« Il y a toutes ces choses qui nous remplissent. Tous ces gens croisés, tous ces paysages. Ils infusent tout doucement en nous comme un sachet de thé dans un verre d’eau tiède. Nous ne nous rendons compte de rien. » (p. 30)

 « Je m’occuperai de vous en essayant de ne pas trop penser à Billie. En essayant de ne pas trop penser à ce monde dans lequel des femmes belles et tristes doivent chanter des chansons d’amour tout en prenant des poings dans la gueule. En essayant de ne pas trop penser aux nègres pendus qui se balancent dans l’air des soirs de juin. On se serrera tous les trois. Je respirerai dans son cou. Je me dirai qu’il y a des matins où es magnolias sentent bon, qu’il y a des musiques, qu’il y a des Billie, qu’il y a des demains. » (p. 47)

 « J’écris à ras de terre. Je ne parle que de ce que je  vis. C’est pour ça que c’est peu.  C’est pour ça que c’est tout. Je ne parle pas d’Iran, je n’y ai jamais foutu les pieds. Je parle du vieux qui siffle le générique d’Indiana Johns un matin à huit heures en jetant ses bouteilles dans le récupérateur de verre. (…) » (p. 60)

  « Ces heures de rien-

Ces jours de rien qui passent sans faire de bruit. Ces heures comme des courants d’air dans la pièce  entrouverte. La lumière sur le carrelage propre. L’inclinaison de l’ombre du tilleul sur l’herbe. Ces heures de paix à regarder les premières abeilles butiner les pissenlits. A montrer les fleurs qui poussent à un nourrisson ? Les escargots. A lui dire des bêtises du genre : « Tu vois, on peut survivre en butinant. » A finir presque par s’en convaincre. A se demander lequel de ces instants anodins restera gravé dans sa mémoire d’enfant. La langue du chien. Le lézard. Mes bisous mal rasés. Le goût d’une fraise. Peut être rien. Peut être la laideur de mon visage quand je crie. Qu’en retiendra –t-il de tout ce qu’il m’a appris à apprendre. De ces heures d’avril à semer des radis. De ces heures de rien qui remplissent ma vie. Qui me débordent. Qui me sauvent. » (p. 71)

Pour prolonger le délice, le site de l’éditeur propose une play-list de l’auteur : http://www.alma-editeur.fr/images/stories/Alma/Catalogue/la-playlist-de-nos-cheveux-blanchiront-avec-nos-yeux.pdf

Conclusion : je suis aussi amoureuse de l’éditeur maintenant !

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Premières phrases :

« L’idée-

L’idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. AU bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s’éteindraient pas d’elles-mêmes. »

 

Vous aimerez aussi :

Christian Bobin

Le retour à la terre de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri (BD)

 

D’autres avis :

Revue de presse  

 

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau, Alma, août 2011,  111 p., 12.8 euros ou 8.96 en livre numérique

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Rébétiko de David PRUDHOMME

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix « Regards sur le monde » au festival d’ Angoulême 2010

 

L’auteur :

David Prudhomme est un auteur de bande dessinée français.

 

L’histoire :

Athènes, fin des années 1930. Dans les bouges de la ville soumise à la dictature militaire, quelques copains partagent leur vie entre les femmes, le bouzouki et le narghilé en rêvant de refaire le monde. David Prudhomme signe un récit attachant et bercé par la mélopée envoûtante du rébétiko, cette musique populaire née en Grèce au début du siècle passé.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Dans ce magnifique album, David Prudhomme rend hommage aux  rébètes, « déracinés de Turquie et des îles grecques survivant dans les bidonvilles aux portes des grande ville. » Ces hommes déclassés se réunissent pour chanter leur mal-être, le Rébétiko, appelé aussi quelquefois « le blues grec ». David Prudhomme erre aux côtés de ces hommes désoeuvrés, souvent anesthésiés par le haschich qu’ils fument, et nous convie à leur rencontre dans une atmosphère nostalgique et comme suspendue. La violence est tapie dans l’ombre, à chaque instant une esclandre peut éclater, des policiers chargés peuvent surgir pour les arrêter et casser leurs instruments de musique, les bouzoukis, parce qu’ils sont devenus les bêtes noires du gouvernement en place :

 

«  Tu sais qui est le général Métaxas ? Il a décrété la loi martiale à la suite des grandes grèves communistes du 4 août. Il a pris le pouvoir, fait de ce pays une dictature. C’est un fasciste, tu sais, un de ces hommes qui apprécient ce qui est en train de faire Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne… Métaxas condamne un amollissement moral de notre société, supposée décadente… Sa propagande déisgne les coupables de cette prétendue immoralité… et l’impute à cette part d’Orient qui habite en nous. Il dit qu’il va laver la Grèce de toute influence turque. Tu saisis de que ça signifie ? Non, moi non plus, nous sommes mêlés à l’Orient depuis toujours. Nos origines se confondent… Mais tu le sais bien, rébète, vous servirez de symboles, (…) coupables d’unir Orient et Occident en un chant hypnitique.» (p. 18)

 

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Leur vie n’est que course poursuite, coups, blessures, prison pour certains. Ils tentent de noyer leur malheur dans l’alcool et la drogue, et dans l’amitié surtout qui les réunit autour de leur passion pour la musique. Le soir, ils se racontent en chantant leur journée, dans un chant teinté de mélancolie. Et, un instant, la musique les sauve…

 

« Quelques fumeurs de haschich ont rencontré la mort,

Lui demandent si aux Enfers les gars s’amusent encore.

Dis, la Mort, c’est comment, la vie au fond de la nuit ?

Y’a du fric dans l’Hadès ? On y boit du raki ?

Y’a des chansons ? Du bouzouki ? Des fêtes ?

Des coups fumants ? Des coins sympas pour les Rébètes ?

Dis-nous, y’a des poupées chez toi, des bonnes frangines

Qui prennent leur pied, soufflant le hasch par les narines ?

Dis-nous, la Mort, sois bonne : les clodos, pauvres mecs,

Ils picolent aux Enfers, ou sont au régime sec ?

Ceux qui arrivent chez toi dans la plus noire déprime,

Ils guérissent, dans l’Hadès, ou plongent au fond de l’abîme ?

Prends cette poignée de kif, du fort, du parfumé :

C’est pour nos potes en bas, qu’ils puissent un peu fumer. » (p. 102)

 

 

Concert dessiné Rébétiko : David Prudhomme, Dimitri Katséris, Panos Mentjos - wideo
Concert dessiné, sur le thème de l'album Rébétiko de David Prudhomme "Prix essentiel regard sur le monde".
Dessins : David Prudhomme
Accompagnement musical : Dimitri Katséris, Panos Mentjos, Thomas Gossely
Ce film reprend les dessins réalisé pendant le concert, le titre du morceau est "Pergamé".Video de asso9-33

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Vous aimerez aussi :

Chico et Rita de Javier MARISCAL et Fernando TRUEBA

 

Le blog consacré à la BD : http://bderebetiko.blogspot.com/ sur lequel vous entendrez desmorceaux de ce chant hypnotique.

D’autres avis :

Télérama, Midola 

 

Rébétiko, (La mauvaise herbe), David Prudhomme, Futuropolis, 2009, 101 p., 20 euros

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L’équation africaine de Yasmina KHADRA

Publié le par Hélène

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  « Le poisson rouge ne peut ramener la complexité des océans à la quiétude de son bocal. » (p. 185)

  

L’auteur :

 

Yasmina Khadra est né en 1955 dans le Sahara algérien. Il est aujourd'hui connu et salué dans le monde entier ou ses romans, notamment À quoi rêvent les loups, L'Écrivain, L'Imposture des mots, Cousine K sont traduits dans 40 pays. L'Attentat a reçu, entre autres, le prix des libraires 2006, le prix Tropiques 2006, le grand prix des lectrices Côté Femme et est actuellement en cours d'adaptation cinématographique. Ce que le jour doit à la nuit - Meilleur livre de l'année 2008 (Lire), prix France Télévisions 2008, prix des lecteurs de Corse - sera également porté à l'écran par Alexandre Arcady.

 

L’histoire :

 

Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu'au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l'aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d'affaires versé dans l'humanitaire, lui propose de l'emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d'une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. (présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Yasmina Khadra a le mérite de s’intéresser à des problématiques actuelles complexes. Ici, il nous plonge dans une Afrique en proie à la violence, une Afrique désertique et appauvrie par des luttes de pouvoir. Il place face à cette réalité un européen issu d’un milieu aisé, médecin, un homme qui évolue dans des sphères totalement étrangères et qui va se heurter de plein fouet à un monde inconnu.

 « - Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. De mon plein gré ou à mon insu, peu importe. Chacun fait avec ce qu'il a. Je n'en veux à personne en particulier et, par conséquent, je ne vois pas comment ne pas loger tout le monde à la même enseigne. Pour moi, Blanc ou Noir, innocent ou coupable, victime ou bourreau, c'est du pareil au même. Je suis trop daltonien pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Et puis, c'est quoi le bon grain, et c'est quoi l'ivraie ? Ce qui est bon pour les uns est mauvais pour les autres. Tout dépend de quel côté on se trouve. Nul besoin d'éprouver du regret ou du remords. Qu'est-ce que ça change lorsque le mal est fait ? Petit, j'avais peut-être un coeur, aujourd'hui il est calcifié. Quand je porte ma main à ma poitrine, je ne perçois que la colère en train de sourdre en moi. Je ne sais pas m'émouvoir puisque personne n'a eut pitié de moi. Je ne suis que le support de mon fusil, et j'ignore qui, de moi ou de mon fusil, commande l'autre. » (p. 142)

 Si vous avez lu ce passage, vous comprendrez tout de suite ce qui ne peut pas fonctionner dans ce roman :

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Yasmina Khadra, comme dans L’olympe des Infortunes, s’échine à nous administrer une  morale, des phrases et des idées toutes faites :

 « Il n’y a pas d’enfer sur terre, docteur Krausmann, seulement des démons, et ils ne sont pas invincibles. » ( p. 214)

 « L’Afrique ne se voit pas, elle se sent. » (p. 217)

 Le désir de vivre des Africains, est, bien sûr, plus fort que tout :

 « J’ai vu des gens qui n’avaient que la peau sur les os, et d’autres qui avaient perdu le goût de la nourriture, et d’autres jetés en pâture aux chiens et aux vauriens, pas un n’était prêt à céder. Ils meurent la nuit, et au matin ils ressuscitent, nullement dissuadés par la galère qui les guette. » (p. 217)

 Conclusion lumineuse :

  « L’Africain sait que sa vie est son bien le plus précieux. Le chagrin, les joies, la maladie ne sont que pédagogie. L’Africain prend les choses comme elles viennent sans leur accorder plus d’opportunité qu’elles ne le méritent. Et s’il est convaincu que les miracles existent, il ne les exige pas pour autant. Il s’autosuffit, vous comprenez ? Sa sagesse amortit ses déconvenues. » (p. 218)

 «  Si je devais mettre un visage sur la générosité, ce serait le visage d’un Africain. Si je devais mettre un éclat sur la fraternité, il aurait celui d’un rire africain. » (p 219)

 Le ton de ces leçons est proprement lassant, trop sentencieux, trop attendu, tout comme la fin, parfaitement prévisible…

 Son style ampoulé et convenu enlise définitivement cette « Equation africaine »…

 

Premières phrases :

 

«  Lorsque j’ai rencontré l’amour, je m’étais dit, ça y est, je passe de l’existence à la vie et je m’étais promis de veiller à ce que ma joie demeure à jamais. Ma présence sur terre se découvrit un sens et une vocation, et moi une singularité … Avant, j’étais un médecin ordinaire entamant une carrière ordinaire. Je grignotais ma part d’actualité sans réel appétit, négociant par-ci de rares conquêtes féminines aussi dénuées de passion que de traces, me contentant par-là de copains de passage que je retrouvais certains soirs au pub et le week-end en forêt pour une gentille randonnée – bref, de la routine à perte de vue avec de temps à autre un événement aussi fugace et flou qu’une impression de déjà-vu qui ne m’apportait rien de plus qu’un banal fait divers dans un journal… En rencontrant Jessica, j’ai rencontré le monde, je dirais même que j’ai accédé à la quintessence du monde. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

 

D’autres avis :

 

Charlotte ; Jostein

Le masque et la plume  parle de « non assistance à auteur en danger » de la part de l’éditeur…

 

 

L’équation africaine, Yasmina Khadra, Julliard, août 2011, 336 p., 19 euros

 

Merci aux Editions Julliard.

 

 

challenge 1% littéraire 

 

defi Afrika Choupynette 

 

Publié dans Littérature Afrique

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Une bonne épouse indienne de Anne CHERIAN

Publié le par Hélène

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L’auteur :

Anne Cherian est née en Inde et a étudié aux universités de Bombay, de Bangalore et, finalement, de Berkeley en Californie. Elle vit aujourd’hui à Los Angeles. Elle signe là son premier roman.

 

L’histoire :

A la base de la vie de famille en Inde, il y a les mariages arrangés. C’est une des traditions à peu près immuables encore aujourd’hui maintenue par les mères, les grand-mères, les tantes et les belles-mères, très soigneusement à l’insu ou presque des principaux intéressés.

     Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans le plus grand hôpital de San Francisco, il n’y échappera pas — malgré son passeport américain et sa pétulante maîtresse californienne. Au cours d’un bref voyage en Inde, le piège se referme sur lui et le voilà marié à Leila qu’il n’a vue qu’une fois.
Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente — bien plus qu’il ne l’imagine — mais il n’en veut pas. Obligé de la ramener avec lui à San Francisco, il va lui mener la vie dure, avec comme seule idée de s’en débarrasser.

 

Ce que j’ai aimé :

-          C’est une lecture facile, relativement dépaysante, qui  porte un regard neuf sur les mariages arrangés.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Je dois avouer que j’ai lu de nombreux passages en diagonale tant ils débordaient de clichés. J’ai trouvé ce roman terriblement attendu, tout est calibré, aucune surprise ne se dévoile au hasard d’une page, et les états d’âme de Neel et de sa belle épouse indienne ont fini par me lasser.

La conclusion de cette cruche chère Leila est de plus très discutable : il vaut mieux faire confiance à sa famille qui nous connait bien pour nous choisir un mari, plutôt que d’opter pour quelqu’un qui ne partage ni notre culture, ni notre situation  sociale, ni notre éducation… Terriblement réducteur et appauvrissant à mon avis (et dangereux quand on sait qu'à une époque Jean-Luc Delarue était considéré comme le gendre idéal pour la ménagère de moins de 50 ans...)

 

Premières phrases :

« Le billet d’avion et l’aérogramme arrivèrent le même jour. L’équipe de nettoyage avait déposé le courrier en une pile bien nette sur le plan de travail de la cuisine. Comme toujours, l’appartement était impeccable, et l’odeur âcre et tenace du produit désinfectant rappelait à Neel l’hôpital. »

 

Vous aimerez aussi :

Quand viennent les cyclones de Anita NAIR

 

Une bonne épouse indienne, Anne Cherian, Traduit de l’anglais par Josette Chicheportiche, Mercure de France, 26,50 €

POCHE : Une bonne épouse indienne, Anne Cherian, Traduit de l’anglais par Josette Chicheportiche, Folio, 7.80 euros

Publié dans Littérature Asie

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Le mardi c'est permis

Publié le par Hélène

sans-un-adieu.jpgCette semaine je me suis intéressée aux  meilleures ventes de romans policiers et notamment au maître du genre : Harlan Coben. J’ai donc opté pour le dernier sorti en poche « Sans un adieu ».

Ca commençait mal car dans l’avant propos  l’auteur a devancé mes critiques en soulignant qu’il s’agissait d’une « œuvre de jeunesse », écrite quand il était encore je cite « ingénu » (non ce n’est pas une blague, il n’est plus ingénu…) :

« Je suis sans doute trop sévère, mais ne le sommes-nous pas tous avec nos œuvres de jeunesse ? Rappelez-vous cette dissertation que vous avez commise au lycée : vous avez eu la meilleure note de la classe, le prof a parlé d’ « inspiration », et puis, un jour, vous tombez dessus en fouillant dans un tiroir, vous la relisez et vous vous dites, atterré : « Bon sang, mais qu’est-ce qui m’a pris ? » » dit-il.

Du coup maintenant il a trouvé la solution : il ne relit pas ses romans, parce qu’on a beau dire les bonnes notes comme les bonnes ventes, on s’y habitue très vite…

Bref je me souviens d’avoir lu dans ma prime jeunesse quelques romans de lui, et sincèrement, je n’ai pas vu de différences entre ces œuvres plus « matures », et ce "jeune" roman…

L’histoire est on ne peut plus alléchante : prenez un couple béni des dieux tous les deux beaux et …c’est tout, beaux quoi. Ah non riches aussi, ça c’est important, très riches même. Quand même Laura « n’était ni aveugle ni stupide. Elle n’avait qu’à se regarder dans une glace pour comprendre ce que les autres lui trouvaient. Peu à peu, elle finit par accepter sa beauté. Par l’un de ces étranges retournement du destin, l’écolière ordinaire et boulotte était devenir top model. Tout le monde voulait l’approcher, lui ressembler… voilà que soudain elle avait des amis partout. Elle en vint à se méfier des gens, à douter de leurs motivations réelles. » (p. 28) Donc nous dirons beaux, riches et un peu intelligents... (un peu)

Enfin bref Laura a trouvé David –ou l’inverse je ne sais plus- et ils passent tout le début du roman à se dire des choses très intelligentes et profondes :

David :  « Je t’aime, laura. Plus que tu ne saurais l’imaginer. » (p.63) « Tu crois que ta beauté m’aveugle, qu’on ne peut t’aimer que pour ton physique ? Conneries tout ça. » (p.108)

Laura :  « Je te promets de prendre bien soin de toi » (p.21)

David « Vieillissons ensemble, Laura, et je te promets de te rendre heureuse jusqu’à la fin des temps. » (p.22)

Laura : « Je ne laisserai pas mon mari ne serait-ce qu’une seconde. » (p.19)

David : « T’ai-je dit que tu avais des jambes superbes ? » (p.19)

Laura : « J’ai peur de ce que je ressens, hoqueta-t-elle, la poitrine secouée de sanglots. Je t’aime tellement. » (p.109)

David : « Bas noirs et porte-jarretelles sont sur le lit. Mets-les et attends-moi, ma petite coquine. » (p.31)

David : « Je t’aimerai toujours, ne l’oublie pas. » (p.32)

Avez-vous bien compris ? Je pense que c’est essentiel de comprendre combien l’amour de David pour Laura et de Laura pour David est profond, sinon vous ne pourrez pas suivre la suite de l’histoire, donc est-ce bien clair ou vous en voulez encore ??? Allez pour le plaisir :Laure : "Ne me quitte plus jamais, murmura-t-elle.

David : -Jamais. je te le jure." (...) "Je t'en prie, dit-il d'une voix douce, jure-moi que ce n'est pas un rêve."

Mais bababoum, malheur : David va mystérieusement disparaitre  (vous me direz face à tant de mièvreries, moi aussi je serais tentée de disparaitre...)

Bref, c’est là que commencent le « Suspense magistral, intrigue machiavélique à souhait, tension psychologique à son comble. » annoncés par l’éditeur.

Suspense magistral :

 « Comment aurait-elle pu savoir qu’elle ne les reverrait jamais ensemble ? » (p. 481)

"Puis elle le regarda repartir en emportant son bien le plus intime, sans savoir qu'elle ne le reverrait jamais." (p. 330)Mais que va-t-il bien pouvoir se passer ??? Suspense...

Tension psychologique à son comble :

« Comment as-tu pu faire une chose pareille à papa ? Comment  as-tu pu lui mentir ainsi ? » oui, comment ????

«  A situation désespérée, solution désespérée. Dans ce cas, ça signifiait tuer. Il ne reculerait pas devant l’horreur de la tâche. Ses sentiments personnels devaient être mis de côté. » (p. 531) Oui vas-y tue-le...

Intrigue machiavélique à souhait :

« Son cœur cognait dans sa poitrine. La vérité se révélait encore plus tragique que tout ce qu’elle avait jamais pu imaginer. » (p. 513) Ah ça ! Si vous saviez ! Du grand art ....

Et la conclusion nous éclaire brillamment sur le monde et ses mystère : « Comme Judy le reconnaissait elle-même, l’amour rendait aveugle ; méchant et égoïste. Poussait à faire des choses dont on ne se serait jamais cru capable. » (p. 496)

Je vais vous dire, quand je sais que ce roman fait partie des meilleures ventes, moi ce qui me fait peur, ce n'est pas la disparition de David, mais l'existence de lecteurs capables de supporter ces pages...

 mardi tout est permis

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L’estivant de Kazimierz ORLOS

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 « Est-ce Dieu qui veut ça, ou est-ce l’homme qui fait lui-même sa vie ? Comment la vie se déroule-t-elle ? » (p. 120)

 

L’auteur :

Kazimierz Orlos est un écrivain, scénariste, dramaturge, journaliste et animateur de radio polonais. Il est également connu sous le pseudonyme de Maciel Jordan.

Censuré en Pologne à l'époque du communisme, il coopère avec Radio Free Europe et écrit pour Kultura, magazine littéraire et politique de l'émigration polonaise, ainsi que pour Puls. Après la chute du communisme, il travaille pour différents journaux.

 En 1970, il reçoit le prix de la Fondation Koscielski pour son ouvrage "Ciemne drzewe" (Les arbres sombres). En 2006, il reçoit deux autres prix pour un recueil de nouvelles "Dziewczyna z ganku".
En 2007, le président Lech Kaczynski lui remet la distinction de "Krzyż Komandorski Orderu Odrodzenia Polski", deuxième plus haute distinction honorifique polonaise qui récompense les mérites éminents dans le domaine des sciences, du sport, de la culture, de l'art, de l'économie, ou du service rendu au pays ainsi qu'au développement de relations avec les pays étrangers. (source babélio)

 

L’histoire :

 Un vieil homme retrouve avec émotion deux lettres écrites cinquante ans plus tôt. Comment a-t-il pu oublier Mirka, son premier amour, rencontrée pendant les vacances d'été des années 1951 et 1952 ? La jeune fille de la baie de Gdansk lui annonçait être enceinte. Il ne lui a jamais répondu.

Bouleversé par cette paternité qui resurgit dans ses vieux jours, l'homme prend la plume pour raconter son histoire à son fils et part à la recherche de son passé. Il retourne dans la maison sous les pins, au bord de la mer Baltique. Au cours de longues promenades sur la plage et dans les dunes, il s'interroge sur ses choix, sur sa lâcheté vis-à-vis de ses proches, sur ses compromissions avec le système communiste. Au fil de rencontres avec les habitants des lieux, il s'approche pas à pas de la vérité.
Son récit simple et brut, teinté de nostalgie, sonne comme une confession qui vient trop tard, une manière d'empoigner son existence pour lui donner un sens. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Premier atout de ce roman très touchant : sa couverture. Elle représente une reproduction d’un tableau de  Joseph CZAPSKI « Au bord de la mer » et nous plonge déjà dans l’atmosphère nostalgique du roman.

-          Ce vieil homme décide finalement de flirter à nouveau avec son adolescence,  non pas pour justifier ou excuser ses choix, mais plus par curiosité, il repart vers son passé comme s’il sentait qu’il lui fallait à présent boucler sa vie. Il ne remet pas en doute ses choix, peut-être parce qu’il s’adresse à son fils, et que celui-ci n’aurait sans doute pas existé s’il avait choisi de rester auprès de cette amour de jeunesse. Son errance est plus une interrogation sur le hasard, sur le poids d’une époque durant laquelle la survie importait avant tout, sur la lâcheté dont on est capable… Puis, malgré tout, la vie continue, avec ses heurts et ses joies, et il n’est pas certain qu’elle aurait été plus belle autrement.

-          Peut-être que ce qui compte avant tout est de réussir à capter la beauté des moments suspendus au-dessus du bonheur, et d’oublier ou de passer outre les scènes plus déplaisantes. Profiter de promenades sur la plage pour observer des deltaplanes, pour écouter le ressac de la mer qui rappelle que tout passe et que ne reste que l’instant présent.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Je comprends que l’on puisse être désarçonné par le rythme très lent de la narration, par la manque d’action, mais l’essentiel est ailleurs…

 

 Premières phrases :

 « J’ai mis bout à bout cette histoire de notes éparses, de feuilles de cahier arrachées, de griffonnages sur des bouts de serviettes en papier du restaurant La Frégate. Et même de coupures de journaux. J’ai commencé à rédiger en novembre et fini en décembre 2003. J’ai tout mis en ordre. Rajouté par ici, enlevé par là. Aligné les jours, les semaines. Qu’après ma mort, le destinataire reçoive un texte clair. Simple, même si l’histoire elle-même, évidemment, n’est pas simple.

Voici le texte que je destine à mon fils. »

 

Vous aimerez aussi :

 Dans les veines ce fleuve d’argent de Dario FRANCESCHINI 

 

D’autres avis :

Kathel, Delphine

 

L’estivant, Kazimierz Orlos, traduit du polonais par Erik Veaux, Les Editions Noir sur Blanc, août 2011, 120 p., 14 euros

 

Merci à Denis LEFEBVRE du groupe Libella

  

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Publié dans Littérature Europe

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