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Les visages de Jesse KELLERMAN

Publié le par Hélène

VISAGES

♥ ♥

 Grand prix des lectrices de Elle 2010

  

L’auteur :

 

Jesse Kellerman est né en 1978. Il est le fils des écrivains Jonathan et Faye Kellerman. Les Visages est son premier roman publié en France.

 

L’histoire :

 

Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai aimé l’alliance subtile entre le roman policier psychologique et les réflexions sur l’art et son marché. Malheureusement, au fil du roman, cet aspect s’efface pour laisser la place à des questions familiales, plus classiques et attendues.

 « Le fait est que, en créant ces objets, le Wireman n’avait réalisé qu’une partie de son travail, et je dirais même une petite partie. Il avait fabriqué des choses. Il fallait ensuite des marchands pour transformer ces choses en art. Une fois consacrées comme tel, il n’y a plus de retour en arrière possible : on peut détruire, mais pas dé-créer. » (p. 46)

 -          L’histoire nous embarque assez facilement et permet de passer un agréable moment de lecture.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Des longueurs, surtout dans les passages concernant l’histoire de Victor.

-          La bluette amoureuse et les dialogues entre les deux concernés frôlent quelquefois la mièvrerie. 

-          Il s’agit avant tout d’un roman psychologique, le suspens aurait toutefois pu être plus accentué pour happer davantage le lecteur.

 

Premières phrases :

« Au début, je me suis mal comporté. Je ne vais pas vous mentir, alors autant jouer cartes sur table dès maintenant : si j’aimerais croire que je me suis racheté par la suite, il ne fait aucun doute que mes intentions, du moins au début, ont manqué quelque peu de noblesse. »

 

Vous aimerez aussi :

  Les leçons du mal de Thomas H. COOK

 

D’autres avis :

 Amanda, Dasola, Ys

 

Les visages, Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (EU) par Julie Sibony, Sonatine, 2009, 473 p., 22 euros

Les visages, Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (EU) par Julie Sibony, Points, 2009, 473 p., janvier 2011, 7.80 euros

 

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Les années douces de TANIGUCHI ET KAWAKAMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Une très belle adaptation du roman.

   

 Les auteurs :

 

Jiro TANIGUCHI est un auteur de mangas et Hiromi KAWAKAMI est une romancière japonaise. Elle a reçu le prix Tanizaki en 2000 pour son roman Les années douces.

 

L’histoire :

 

Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai retrouvé le plaisir éprouvé à la lecture du roman (j’en parle ici) : ce bonheur seulement esquissé par petites touches au travers de scènes simples et lumineuses comme la cueillette aux champignons, une ballade sous les étoiles, une soirée au bar… La solitude de Tsukiko transparaît en filigrane, intimement liée à son attachement pour le professeur.

 « Nous avons continué à siroter ainsi pendant une bonne heure. Rien de particulier ne s’est produit. Sur le chemin du retour, j’avais envie de rire, et de pleurer aussi. Sans doute parce que j’étais ivre. » (p.114)

 -          La simplicité des dessins de Taniguchi rendent merveilleusement hommage à l’histoire : ils suggèrent plus qu’ils ne dévoilent, l’absence de couleurs offrant un tremplin pour notre imagination.

 

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-          Taniguchi nous offre quelques pages supplémentaires non présentes dans le roman Les années douces avec l’évocation de souvenirs d’enfance de Tsukiko, publiés indépendamment dans un livre illustré.

 -          Un entretien entre Hiromi KAWAKAMI et Jirô TANIGUCHI placé en fin du tome 2 prouve leur grande complicité et l’harmonie existant entre leurs deux façons d’aborder cette histoire.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Vous aimerez aussi :

 Le roman Les années douces d’Hiromi TANIGUCHI

 Les mangas de Jirô TANIGUCHI : L’homme qui marcheD’autres avis : Kathel, Cachou

 

 

Les années douces, TANIGUCHI et KAWAKAMi, 2 tomes, Casterman Ecritures, 2011, 230 p., 15 euros pour un tome.

 

Publié dans Manga - Manhwa

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Le poids du papillon de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Erri De Luca est un écrivain italien qui vit à la campagne près de Rome. Il est aujourd’hui l’un des écrivains italiens les plus lus dans le monde.

L’histoire :

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. Il est d'une taille et d'une puissance exceptionnelles, mais il pressent que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie étant désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier, revenu vivre en haute montagne ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. A soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d'abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé, malgré son extrême agilité d'alpiniste : ce chamois à l'allure majestueuse… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le poids du papillon est un texte atypique, oscillant  entre  fable philosophique et poésie en prose, il nous place au cœur du conflit opposant un vieux braconnier et un chamois las de son statut royal. Le sujet original permet de mettre l’accent sur la complexité souvent inexpliquée des hommes et d’aborder ainsi avec virtuosité des sujets nébuleux comme la mort, l’amour, la solitude : 

« L’homme savait prévoir, croiser l’avenir en conjuguant sens et hypothèses, son jeu  préféré. Mais l’homme ne comprend rien au présent. Le présent était le roi au-dessus de lui. » (p. 62)

Quand il serait si facile de se rendre présent et réceptible  au monde et à sa poésie, l’homme préfère se créer des entrelacs complexes qui l’éloigne imperceptiblement du monde naturel et simple. Erri de Luca nous conduit vers le monde poétique au travers d’un texte court et dense et nous aprend ainsi à devenir plus attentif aux signes qui nous entourent :

« Les arbres de montagne écrivent dans l’air des histoires qui se lisent quand on est allongé dessous. »

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Premières phrases :

« Sa mère avait été abattue par un chasseur. Dans ses narines de petit animal se grava l’odeur de l’homme et de la poudre à fusil. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le contraire de un d’Erri DE LUCA ; Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA ; Trois chevaux de Erri DE LUCA

Autres : Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

 

Le poids du papillon, Erri DE LUCA, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, avril 2011, 81p., 9.50 euros

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Publié dans Littérature Europe

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La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

Grand Prix des Lectrices de Elle 2011.

 

L’auteur :

 

Kathryn Stockett a grandi à jackson. Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et sa fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

 

L’histoire :

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La couleur des sentiments est un roman qui se lit très facilement avec sa juste dose de mystères (la disparition de Constantine, la léthargie de Célia…), d’injustices (envers les Noirs bien sûr, mais aussi envers les enfants), une violence sous-jacente qui n’éclate qu’à peine comme pour épargner le lecteur sensible, une histoire sentimentale compliquée … Ainsi l’ensemble fonctionne à merveille et nous emporte facilement dans cette lecture colorée.

 

-          Ce roman constitue de surcoit une bonne approche de la question raciale aux Etats-Unis à cette période :

 

«  Je lis rapidement quatre pages, stupéfaite par le nombre de lois qui n’existent que pour nous séparer. Les Noirs et les Blancs n’ont pas le droit de boire aux mêmes fontaines, de fréquenter les mêmes salles de cinéma, les mêmes toilettes publiques, les mêmes terrains de jeux, les mêmes cabines téléphoniques, les mêmes spectacles de cirque. Les Noirs n’ont pas le droit d’entrer dans la même pharmacie que moi ou d’acheter des timbres au même guichet. » (p. 208)

 

-          L’auteur nous offre de beaux portraits de femmes dans ces pages, en effet :

 

« N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. » (p. 526)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai rencontré quelques clichés en ces pages « Tout ce que je dis, c’est que la bonté, c’est sans limite. » (p. 369) Tout le roman reste en retenue dans la volonté de contenter tout le monde pour se cantonner dans le bien-pensant : on y croise des Blanches cruelles, mais aussi des Blanches tolérantes, des mères indignes, mais aussi des mères exemplaires, des hommes mufles et violents, puis des hommes compréhensifs…

 

-          Je n’ai pas appris grand-chose en ces pages : l’histoire est bien romancée, bien construite, mais je m’attendais à un roman plus puissant que cela sur cette question cruciale du racisme encore prégnant même aujourd'hui. Peut-être a-t-il souffert du fait que j’en ai beaucoup entendu parler en termes plus qu’élogieux si bien que je m’attendais à un véritable chef d’œuvre. Ma lecture s’est sans doute révélé être plus exigeante que d’ordinaire…

 

Premières phrases :

 

«  Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio, vous trouverez de nombreux avis positifs.

 

 

Ys est plus réservée et ClaudiaLucia nous conseille de relire Faulkner et Caldwell …

 

La couleur des sentiments, Kathryn STOCKETT, Traduit de l’anglais (EU) par Pierre Girard, Editions Jacqueline Chambon, 2010, 525 p., 23.80 euros

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Tag des 7

Publié le par Hélène

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H ier c'était mon premier Bloganniversaire... Je n'ai pas voulu détourner les chers papas si souvent délaissés dont c'était la fête, donc je n'en parle qu'aujourd'hui... Et à cette occasion, je réponds au tag de Juliette :

 

Il me faut révéler 7 choses que vous ne savez pas sur moi :

 

1. Je  hais les chiffres, surtout quand ils servent les dates, et c’est réciproque…

 

 

2. J’adore la photo mais comme le point 1 le laisse supposer je ne suis pas une scientifique, loin s’en faut,  la profondeur de champ, le diaphragme, la vitesse, tout cela me dépasse. Donc dans ce domaine, je stagne...

 

 

3. J’adore les bons films et mes films préférés en vrac sont :  « Volver » d’ALMODOVAR, « Vous ne l’emporterez pas avec vous » de CAPRA, « O brother » des frères Coen, « L’impossible Monsieur bébé » de Howard HAWKS, « Le goût des autres » de JAOUI et BACRI, « Le goût de la cerise » de KIAROSTAMI, Tous les KIESLOWSKI, « Certains l’aiment chaud » de WILDER, « In the mood for love » de Wong KAE WAI, les films de Sofia COPPOLA, « Journal intime » de MORETTI, « Le procés » de CAPRA, « The last show » de Robert ALTMAN, « Manhattan » de Woody ALLEN, et enfin « Be happy » de Mike Leigh , parce que je suis une fan de "la Poppy attitude"…

 

 

1.      

 

     4. Je fais partie d’une association nommée MOYOLO qui aide un centre de nutrition au Mexique.  Et je suis chargée de créer et animer le blog… Et je traîne…  (l'adresse du futur blog : moyolo.over-blog.com)

   

5. J’ai une dizaine d’écrits tous hautement  potentiellement talentueux en cours. Un jour viendra où je les mènerai au bout de leur destinée lumineuse...

 

    6. Je n’aime pas le sport et il ne m’aime pas : je suis tombée deux fois de vélo, la première fois cela m’a valu un traumatisme crânien, je n’ai pas parlé pendant une semaine... (à l'époque il n'y avait pas le casque, accessoire over-tendance selon Juliette...)

 

     Mais j’ai l’explication pseudo-psychologique psychanalytique : quand j’étais petite mes parents étaient fans de rando en montagne et m’obligeaient à grimper des pentes à 90° (oui, c'est possible, si vous avez un doute, référez-vous au point n°1)... J’ai dû faire mon premier 3000 à sept ans…

 

    Alors le côté je me surpasse dans la douleur, j’ai donné… (ça se tient non ? je suis excusable dites ?) Si vous n'êtes toujours pas convaincus voici la preuve par l'image :

 

SCN 0003

 

 

     (Ce qui ne m'empêchait pas, soit dit en passant, de faire ma crâneuse une fois arrivée en haut...) :

 

SCN 0004

 

     Néanmoins j’ai quand même fait de l’escalade pendant 5 ans (parce que la montagne ça vous gagne…)

 

Photos-LN-005---Copie.jpg

 


               7. La devise qui m'est restée de ces années d'escalade est le mantra que nous répétait notre prof, Guy :  "Where there's a will, there's a way" Yeahhhh baby !!!

             Photos-LN-008.jpg

 

 

    

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Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Une petite merveille pour souhaiter une

bonne fête à tous les pères !!!

  

L’auteur :

 

Hubert Mingarelli est un écrivain français. Il est lauréat du Prix Médicis en 2003 pour son roman Quatre Soldats. Il vit aujourd'hui dans un hameau de montagne de Matheysine dans les Alpes françaises.

 

L’histoire :

 

Un petit garçon, Primo, vit seul avec son père, ouvrier au chômage. Pauvreté matérielle et dénuement psychologique marquent ce récit. Le père et l'enfant imaginent faire fortune en cultivant des rosiers. On leur coupe l'électricité. Ils vont manger dans un bistrot où une femme chante des chansons grivoises. Ils volent des cierges dans une église pour s'éclairer. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une rivière verte et silencieuse est un texte court et lumineux serti comme une pierre précieuse. Chaque scène est parfaite, s’insérant à merveille dans l’ensemble.

 

-          L’amour du père et du fils est au coeur du roman : ce père attendrissant est considéré comme un raté par tous mais l’amour de son fils va réussir à le sauver. Ils ont besoin l'un de l'autre, quoi qu'il arrive, Primo  veut désespérément croire en cet homme, son seul repère dans une vie solitaire, comme le père a besoin de choyer son fils pour se sentir exister :

 

« Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.

Je fermai les yeux.

Une rivière verte et des truites bleues. » (p. 52)

 

  - C'est un roman très visuel, la brieveté et la pureté des scènes leur apporte une intensité miraculeuse. Il est difficile de trouver les mots pour décrire cette merveille, je n'aurais qu'un seul mot "lisez-le"...

       

   « C'est vraiment pas grand-chose que ce livre, mais un premier roman capable de faire naître autant d'émotions, si on croyait en Dieu, on dirait qu'aujourd'hui c'est presque un miracle. » (Thierry Guichard, Matricule des Anges)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien…

 

Premières phrases :

 

« Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain. Elle commençait derrière les maisons et, me semblait-il, s’étendait aussi loin que la vue portait depuis le sommet du château d’eau. Mais je ne pouvais pas l’affirmer, car je n’étais jamais monté sur le château d’eau. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

 

Le Matricule des Anges

 

Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Editions du Seuil, 1999, 123 p., 11.43 euros

POCHE : Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Points, 2001, 128 p., 5 euros

 

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Un silence de clairière de David THOMAS

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

Prix orange du livre 2011

  

 L’auteur :

 

Après avoir été journaliste pendant une quinzaine d'années, David Thomas se consacre aujourd'hui à l'écriture. Il a publié plusieurs pièces de théâtre et un recueil de nouvelles, La patience des buffles sous la pluie (prix de la Découverte 2009 de la Fondation Prince Pierre de Monaco). Il signe ici son premier roman.

 

L’histoire :

 

Adrien Lipnitsky n'est pas en grande forme. Il finit par comprendre que derrière ce malaise existentiel se cache l'absence de son frère, voyageur insatiable, dont il est sans nouvelle depuis un an. Il décide alors de partir à sa recherche. Son périple le mènera au coeur de la Suède. C'est là, dans le silence d'une clairière perdue dans une immense forêt, qu'il va être au plus près de son frère. Mais peut-on jamais atteindre ceux qui vous manquent ? (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’attendais avec fébrilité la sortie de ce roman de David Thomas auteur que j’ai découvert avec sa Patience des buffles sous la pluie, un petit bijou que j’affectionne tellement qu'il eût l'immense privilège de constituer le premier billet de ce blog, il y a un an de cela. J’en possède même deux exemplaires au cas où j’en perdrais un, sait-on jamais…

  

-          J’ai retrouvé avec joie la façon désinvolte et  ironique qu’il a de considérer le couple et les relations amoureuses :

 

 « Moi aussi je l’ai aimée, mais je l’ai sans doute aimée en déformant à mon avantage ce qu’elle était. Elle marchait vite, je prenais cela pour de al vivacité alors que c’était de l’impatience. Elle s’emportait, je prenais ça pour de la passion alors que c’était de l’intransigeance. Elle m’encourageait à écrire, je prenais ça pour du soutien alors que c’était du calcul. Elle disait la plus crasse des idioties, je prenais ça pour une charmante naïveté alors que c’était bien la plus crasse des idioties. C’est dire à quel point je l’aimais. » (p. 61)

 

-          J’ai admiré là encore son sens de la formule :

 

« Cette fille-là fouettait le temps et le dressait comme on dompte un tigre, sans craindre les dangereux coups de patte que peuvent vous assener les lendemains qui déchantent. »

 

-          J’ai découvert une belle réflexion sur l’écriture et la création, tout à fait en adéquation avec le personnage créé :

 

« J’avais fait ce choix, je m’y tenais, voilà tout. Pour le plaisir de réussir une phrase comme on réussit une sauce et pour donner un sens à ma vie. » (p. 57)

 

« L’écriture est le meilleur moyen de se souvenir de ce que l’on n’a pas vécu.  C’est le désir qui tend les cœurs et les arcs. C’est à lui que l’on doit tout.  Et un désir qui ne se transforme pas en obsession n’a pas plus d’intérêt qu’une pluie en novembre. Il fallait ne rien céder afin d’affirmer, dans un hurlement de muet, qui on était. Il fallait aller au bout de soi et marcher jusqu’à ses propres soleils en restant sourd à ses propres craintes. » (p. 171)

 

-          Bref j’ai adoré cet Adrien Lipnitsky, un homme perdu dans un monde fou, et qui par son humour et sa dérision, parvient à donner du relief à son univers.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Mais (et c’est là que je verse une larme tant je suis déçue qu’il y ait ce « mais »…)  mais à mes yeux ce roman manque d’envergure (premier sanglot). Il aurait pu être tellement plus dense, tellement plus drôle, tellement plus inventif (deuxième sanglot) tant cet auteur est doué. Mais je me suis sentie comme « ces entraîneurs qui reviennent de Deauville avec un yearling sur lequel ils avaient mis tous leurs espoirs et qui, après plusieurs années d’entraînement intensif, de soins méticuleux, d’attention affectueuse et de projections égotiques, sont confrontés à l’implacable réalité des tiercés. » (p. 57) (ultime sanglot)

 

Premières phrases :

 

« J’ai couru après quelqu’un ou quelque chose. J’ai passé ma vie à ça. Ce jour-là, j’avais couru après un chevreuil. Quelqu’un peut me dire ce que je faisais dans cette campagne à courir après un chevreuil ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

 La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

 

Un silence de clairière, David Thomas, Albin Michel, mars 2011, 174 p., 15 euros

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Disgrâce de J.M. COETZEE

Publié le par Hélène

disgrace

 

 

♥ ♥ ♥

 Booker Prize, 1999

Commonwealth Prize

National Book Critics Circle Award

Prix du meilleur livre étranger, 2002


L’auteur :

 

John Maxwell Coetzee est un romancier et professeur en littérature sud-africain. Il est lauréat de nombreux prix littéraires dont le prix Nobel de littérature en 2003.

 

L’histoire :

 

David Lurie, 52 ans, deux fois divorcé, enseigne à l’université du Cap. Une jeune étudiante, parmi ses nombreuses conquêtes, finit par l’accuser de harcèlement sexuel. Contraint à la démission, David se réfugie auprès de sa fille, Lucy, qui vit dans une ferme isolée. Mais les temps ont changé et sa retraite vire au drame. La bourgeoisie sud-africaine doit payer pour les crimes de l’apartheid…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         JM Coetzee peint avec subtilité le portrait d’un homme déchu, placé en statut de « disgrâce ». David Lurie n’est pas un héros classique doté de toutes les qualités requises pour que le lecteur puisse d’identifier à lui ou rêver d’atteindre sa perfection. C’est un être humain, contradictoire, borné quelquefois, intelligent souvent, lâche à l’occasion, tendre si besoin est. Comme le Lucifer de Byron, il se laisse mener par les forces obscures du désir :

 

 «  Bien ou  Mal, il fait ce qu’il a envie de faire. Il n’agit pas selon un principe, il obéit à des impulsions, et l’origine de ses impulsions lui est obscure. (…) Et Byron, en fin de compte, nous donne à penser qu’il sera impossible de l’aimer, au sens le plus profond, le plus humain du terme. Il sera condamné à la solitude. » (p. 44)

 

Il plaide coupable quand on l’accuse, s’affichant alors là où on ne l’attend pas :

 

« Nous vivons une époque de puritanisme. La vie privée des uns est l’affaire de tous. La luxure est respectable, la luxure et la sentimentalité. Ils voulaient du spectacle : que je batte ma coulpe, des remords, des larmes si possible. Un programme de télé, en somme. Je ne leur ai pas donné ce plaisir. » (p. 84)

 

Un être désespérement seul malgré ses efforts pour se rapprocher de sa fille.  

 

-         Là est la puissance des romans de JM Coetzee : savoir nous offrir une vision du monde et des humains qui n’est pas manichéenne. Ses personnages sont comme jetés, désoeuvrés, dans un monde qu’ils tentent d’habiter au mieux, dotés de qualités et de défauts profondément humains.

 

« Mais moi, je dis que tous autant que nous sommes nous regrettons ce que nous avons fait quand nous nous faisons prendre. C’est alors qu’on regrette. Mais la question n’est pas de savoir si l’on regrette. La question est de savoir ce qu’on a appris. La question est de savoir ce qu’on va faire maintenant qu’on regrette. » (p. 207)

 

- Sa réflexion sur l’Afrique du Sud, pays meurtri, est tout aussi nuancée.  Il évoque les séquelles de l’apartheid sans aucun parti pris.

 

 « Ce qu’il y a  doit circuler pour que tout un chacun ait l’occasion de connaître le bonheur le temps d’une journée. (…) c’est ainsi qu’il faut voir la vie dans ce pays : sous son aspect schématique. Sinon on pourrait devenir fou. » (p. 120)

 

-         Par touches, il laisse planer cette insécurité permanente des afrikaners condamnés à souffrir pour expier crimes du passé

 

« - C’est l’histoire qui s’exprimait à travers eux, offre-t-il enfin comme explication. Une histoire de torts longuement subis. (…)

-         Ca ne rend pas les choses plus faciles. Je reste en état de choc, je ne reprends pas le dessus, je veux dire le choc d’être objet de haine, dans l’acte même. » (P. 188)

 

-         Un grand roman qu’il faut lire pour découvrir cet auteur sud-africain hors du commun.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien.

 

Premières phrases :

 

« Pour un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, lui semble-t-il, résolu la question de sa vie sexuelle de façon plutôt satisfaisante. Le jeudi après-midi il prend sa voiture pour se rendre à Green Point. A deux heures pile il appuie sur le bouton de la porte d’entrée de Windsor Mansions, il donne son nom et il entre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’été de la vie de John Maxwell COETZEE

 Autre : Cette vie de Karel SCHOEMAN

 

 D’autres avis :

 

Lecture commune avec Zarline et Keisha

 Ys

 

Disgrâce, JM COETZEE, Traduit de l’Anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis, Seuil, août 2001, 256 p., 19 euros

Disgrâce, JM COETZEE, Traduit de l’Anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis, Points, octobre 2002, 274 p., 7 euros

 

defi Afrika Choupynette 

Publié dans Littérature Afrique

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Le policier qui rit de M. SJOWALL et P. WAHLOO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Par les fondateurs du roman policier suédois...

 

Les auteurs :

 

Maj Sjöwall et Per Wahlöö sont un couple de romanciers suédois, auteurs de roman policier mettant en scène un héros récurrent : l'inspecteur Martin Beck. De 1965 à 1975 ils ont écrit une dizaine de romans mettant en scène cet inspecteur et ont fortement influencé la génération suivante d'auteurs suédois de romans policiers, dont notamment Henning Mankell.

 

L'histoire :

 

Alors que toute la police de Stockholm est mobilisée pour faire face à une manifestation contre la guerre du Viêt Nam, deux de ses membres découvrent un autobus rempli de passagers arrosés à coup de pistolet mitrailleur. Parmi les victimes se trouve un policier de la brigade criminelle : Åke Stenström.

 

Ce que j'ai aimé :

 

- L'enquête avance pas à pas, menée très minutieusement par l'équipe de Martin beck, et une à une, les interrogations se lèvent. Le mécanisme de l'investigation est parfaitement rôdé.

 

- L'une des originalités des auteurs tient dans l'importance accordée à la vie domestique des enquêteurs : nous les retrouvons chez eux, après leur travail, aux prises avec les difficultés inhérentes à toutes les familles.

 

- La peinture de la société suédoise de l'époque est assez sombre, comme le souligne Jonathan Franzen dans la préface :

 

"La peinture négative de la Suède d'après-guerre, thème commun aux dix ouvrages, atteint son paroxysme dans Le policier qui rit. On n'échappe pas plus à l'atrocité de l'hiver suédois qu'au sensationnalisme des journalistes locaux, au racisme et à la rapacité des propriétaires qu'à l'arrivisme des cadres de la police, à la décadence de la haute société qu'aux persécutions gratuites contre les manifestants anti-guerre, à l'abondance de mégots dans les cendriers qu'aux scènes de sexe sordides à la suédoise ou à l'ambiance cauchemardesque des rues à lapproche de Noël."

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

- Le rythme est très lent,  lancinant, un peu comme dans les romans de Simenon. Ce sont davantage des romans d'atmosphère que des enquêtes policières pures.

 

- Le roman regorge de personnages aux noms suédois (évidemment me direz-vous) difficiles à retenir et à diférencier.

 

Premières phrases :

 

"C'était le 13 novembre. Ce soir-là, il pleuvait à verse que Stockholm. martin beck et Kollberg étaient plongés dans une partie d'échecs. Ils étaient chez ce dernier, qui habitait un appartement de la banlieue sud, pas bien loin de la station de métro Skärmarbrink. les derniers jours avaient été plutôt calmes et les deux hommes n'étaient pas de service."

 

Vous aimerez aussi :

 

Des mêmes auteurs : Roseanna

 

Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH,22 euros

POCHE : Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH, Rivages noir, 8 euros

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La bicyclette rouge tome 1 Yahuwari de Kim DONG HWA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Kim Dong Hwa est un auteur de manhwa coréen. Célèbre dans son pays, ses premières oeuvres traduites sont arrivées récemment en France.

 

L’histoire :

 

Isolés dans la campagne coréenne, les habitants du petit village de Yahwari vivent paisiblement, chaque journée apportant son lot de peine... et de courrier !

Cette série suit le facteur local dans sa tournée quotidienne. Véritable pont entre le Monde et le village, celui-ci est l'ami de tous. Chacune des histoires courtes qui composent cette série rend compte des rapports entre le facteur et les villageois, du poète qui laisse chaque jour un poème dans sa boite aux lettres, au paysan qui surprend notre ami facteur en train de planter des fleurs au bord de la rivière...

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié le charme de cette petite BD. Le rythme est lent, en harmonie avec la vie de ce facteur si souriant, toujours heureux et prêt à égayer la vie des habitants du village. Il les écoute, leur fait un signe de la main, leur apporte des fleurs quand ils n’ont pas de courrier, les conseille… Il ne se passe rien de particulier, simplement la vie qui file entre les heures et dont la substance se laisse à peine saisir. Et pourtant, ici, nous la sentons qui palpite, l’auteur réussit à capter quelques flagrances au travers de scènes simples et lumineuses.

 

«  Qu’est-ce que vous faites là ? Vous ne travaillez pas aujourd’hui ?

-          Je sème des fleurs. J’ai pensé que ça serait bien qu’il y ait des fleurs près du pont. Plus tard, ces fleurs me diront bonjour. Aujourd’hui une première pousse est sortie. La prochaine fois que je la verrai, elle aura grandi de deux pouces. Et un papillon  viendra jouer avec elle. La nuit, elle discutera d’astronomie avec une étoile. (…) A l’automne, elles donneront de jolies fleurs rouges, et elles m’enverront une lettre timbrée de parfum. En me remerciant de les avoir invitées dans un monde si beau. » (p. 34)

 

-          Les dessins simples et colorés s’accordent bien à l’histoire.

 

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Vous aimerez aussi : L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

 

D’autres avis : Cathe, Laure, Hérisson, Papillon

 

La bicyclette rouge, tome 1 Yahuwari, Kim DONG HWA, Paquet, septembre 2005, 13 euros

 

Merci à Keisha qui m'a conseillé cette belle lecture...

Publié dans Manga - Manhwa

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