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True Grit de Charles PORTIS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Charles Portis est un auteur américain connu surtout pour son premier roman Norwood (1966) et son roman western True Grit (1968), adaptés tous deux au cinéma (True Grit est adapté au cinéma d'abord par Henry Hathaway : Cent dollars pour un shérif en 1969, puis par les frères Coen : True Grit en 2010).

 

L’histoire :

 

Une adolescente très têtue venge la mort de son père. Elle se fait aider d'un marshal borgne et d'un texas ranger assoiffé d'argent.
 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La jeune  Mattie Ross est un personnage surprenant : bien décidée à venger elle-même la mort de son père, elle fera tout pour accompagner les hommes qu’elle a recrutés, malgré leurs réticences. Petit à petit elle réussira à gagner leur confiance et à forcer leur admiration. C’est une femme de l’ouest, rompue à la violence et à la mort, une femme forte digne héroïne de ce western mené tambour battant.

 

-         L’autre intérêt non négligeable de ce roman tient bien sûr en la personne des cow-boys, personnages troubles, bourrus, peu sympathiques au premier abord, mais qui se révèleront être finalement des hommes au grand cœur ... LaBoeuf court après la prime que la capture de Tom Chaney lui permettrait de gagner, et Rooster Cogburn est un marshall bien décidé à faire régner la justice, quelques soient ses méthodes…

 

-         La traque de ces trois personnages hors du commun va les mener sur les territoires indiens, au cœur d’un rude hiver.  

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Je n’ai pas été emportée comme à la lecture de Lonesome Dove, j’ai été gênée par la froideur du style. L’histoire est contée de façon brute, sans fioritures, et il m’a manqué un élan lyrique ou psychologique…

 

Premières phrases :

 

« Les gens ne croient pas qu’une fille de quatorze ans puisse quitter sa maison pour aller venger la  mort de son père en plein hiver. Cela ne semblait pas si étrange, alors, mais j’admets que cela n’arrivait pas tous les jours. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

 

Keisha, Sylire, Folfaerie 

 

True Grit, Charles PORTIS, Traduit de l’anglais (EU) par Thierry Beauchamp, Le

serpent à plumes, janvier 2011, 216 p., 19 euros

 

Merci à Keisha qui a fort bien compris mon addiction aux cow-boys…

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Le mardi c'est permis

Publié le par Hélène

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Sous l’égide de Stéphie de Mille et une pages , le premier mardi de chaque mois nous consacrerons  un article à une lecture "inavouable". J’en profiterai pour me lancer dans des domaines inconnus (hum…) tels que la chick-lit, les romans érotiques, les best-sellers dont je dis pourtant qu’ils ne passeront pas par moi, bref toute lecture qui sort des sentiers battus sur ce blog…

 

sexe diamants

 

J’ai commencé par Sexe, diamants et plus si affinités de Lauren WEISBERGER, selon Juliette, qui semble être spécialiste ès sexe, diamants  chick lit, ce n’était pas le meilleur de l’auteure. C’était en tous cas mon premier pas dans le genre et je dois dire que ce fut plutôt divertissant.

 

Soit trois femmes belles, sexys, qui aiment les endroits tendances de Manhattan. L’une est une « bomba latina » frivole et volage, bien résolue à ne s’attacher à aucun homme pour ne pas risquer de passer à côté d’un bel étalon sous prétexte qu’elle est mariée, l’autre est une future jeune mariée bizarrement peu enthousiaste et la dernière , Emmy, vient de se faire larguer par son petit ami. Un soir de désarroi, elles se lancent un défi : s’extraire de leur image pour épouser celle de l’autre : ainsi Adriana s’engage à assumer une relation monogame, quand Emmy décide de tester le libertinage.

 

La frivolité est bien sûr de mise :

 

« La robe était en effet très belle – comme si elle était capable de penser, la soie savait quelle courbe épouser étroitement, quelle autre draper gracieusement – mais il va sans dire que même attifée dans une nappe à carreaux, Adriana aurait été superbe. » (p. 54)

 

Ce sont des femmes pour qui tout est facile : séduire un homme, quitter un travail, trouver un travail, briller en société, gérer les crises familiales… Elles nous emportent dans un univers édulcoré, cotonneux, confortable, tout en nous apprenant –ou apprenant pour ma part (quoi, c’est la base non ? ne pas se dévaloriser…)-  les bases  de la séduction :

 

« Un homme ne se désintéresse pas de vous une fois qu’il a couché avec vous, reprit-elle. Ca, c’est un mythe. En fait, ce devrait même être le contraire : si vous faites bien votre boulot, ça lui donnera envie d’en avoir davantage. Tout réside dans l’équilibre à trouver entre le mystère, l’indisponibilité, et le défi en se montrant sensuelle, séduisante, mystérieuse. Ils doivent bosser pour vous obtenir – et pas juste la première fois, mais encore et encore et encore – et là, ils vous aiment à jamais. » (p. 306)

 

Ce qui est appréciable dans ce genre de lecture, est que l’on sait à quoi s’attendre et aucune déception ne germe donc à la lecture. Vous voulez du léger, de la superficialité, de la sentimentalité, vous serez servis... Par contre pour le sexe, attendez le mois prochain que je teste un roman érotique car dans celui-ci, malheureusement, point de scène sulfureuse.

 

Quoi qu'il en soit, détail non négligeable, la conclusion est parfaite pour les femmes de 30 ans : nous sommes des expertes messieurs, rien à voir avec les jeunettes de 20 ans inexpérimentées, qu’on se le dise !! YeahHH baby !!!

 

 

Sexe, diamants et plus si affinités…, Lauren WEISBERGER, Traduit de l’américain par Christine Barbaste, Fleuve Noir, Pocket, 2009, 439 p., 7.95 euros

Publié dans Chick-lit

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Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki MURAKAMI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 « Se consumer au mieux à l’intérieur de ses limites individuelles, voilà le principe fondamental de la course, et c’est aussi une métaphore de la vie –et, pour moi, une métaphore de l’écriture. » (p. 106)

 

L’auteur :

 

Haruki Murakami est un écrivain japonais. Il dirige un club de jazz, avant d'enseigner à Princeton durant quatre années. Son premier livre - non traduit - Ecoute le chant du vent, en 1979, lui vaut le prix Gunzo. Expatrié en Grèce, en Italie puis aux Etats-Unis, il rédige Chroniques de l'oiseau à ressort' en 2001 et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil en 2002. Suite au séisme de Kobe et à l'attentat de Tokyo en 1995, il décide de revenir s'installer au Japon. Il y écrit un recueil de nouvelles Après le tremblement de terre, puis Les Amants du Spoutnik en 2003. Son roman initiatique Kafka sur le rivage, sorti en 2006, l'inscrit définitivement parmi les grands de la littérature internationale. L'oeuvre d'Haruki Murakami oscille entre la pensée bouddhiste qui voit des répercussions à nos actions sur une échelle plus large et la chronique sociale dans un cadre fantastique.

 

L’histoire :

 

Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied.
Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain.

Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés.

Murakami court. Dix kilomètres par jour, six jours par semaine, un marathon par an. Il court en écoutant du rock, pour faire le vide, sans penser à la ligne d'arrivée. Comme la vie, la course ne tire pas son sens de la fin inéluctable qui lui est fixée…

 

Ce que j’ai aimé :

 

Haruki Murakami réussit le tour de force de convaincre en quelques mots le plus réticent des non-sportifs des bienfaits de la course à pied. Décrivant ceux qui aiment courir comme des personnes souhaitant  vivre leur vie « le plus pleinement possible » (p.105), il permet au plus commun des mortels de rejoindre une communauté qui semblait jusqu’ici fermée à ceux qui ne pratiquent pas ou très peu de sport… Il décrit très adroitement les processus psychiques, psychologiques qui régissent l’esprit durant l’épreuve, la tension omniprésente durant la course, l’effort constant nécessaire, les limites si prégnantes, puis le relâchement, le soulagement libérateur :

 

« A peu près à ce moment-là est née et a grossi en moi une nouvelle impression. Quelque chose que je décrirais ainsi : « J’ai accepté un défi risqué et j’ai trouvé en moi la force de m’y confronter. » Un bonheur personnel, mêlé de soulagement. Le soulagement plus fort sans doute que le bonheur. Comme si un nœud serré très fort, à l’intérieur de moi, se relâchait, peu à peu, un nœud dont je n’avais pas su, jusqu’alors, qu’il se trouvait là, en moi. » (p. 146)

 

 

-          Filant sa métaphore qui consiste à comparer la course à pied et l’écriture, il crée un parallèle lumineux entre les deux activités :

 

 « Pour moi, écrire des romans est fondamentalement un travail physique. L’écriture en soi est peut-être un travail mental. Mais mettre en forme un livre entier, le terminer, ressemble plus au travail manuel, physique. (…) Le processus tout entier –s’asseoir à sa table, focaliser son esprit à la manière d’un rayon laser, imaginer quelque chose qui surgisse d’un horizon vide, créer une histoire, choisir des mots justes, l’un après l’autre, conserver le flux de l’histoire sur les bons rails -, tout cela exige beaucoup plus d’énergie, durant une longue période, que la majorité des gens ne l’imaginent. » (p. 101)

 

« En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j’ai appris en courant chaque matin. Tout naturellement, il s’agit de choses pratiques, physiques. Jusqu’où puis-je me pousser ? Jusqu’à quel point est-il bon de s’accorder du repos et à partir de quand ce repos devient –il trop important ? Jusqu’où une chose reste-t-elle pertinente et cohérente et à partir d’où devient-elle étriquée, bornée ? Jusqu’à quel degré dois-je prendre conscience du monde extérieur et jusqu’à quel degré est-il bon que je me concentre profondément sur mon monde intérieur ? Jusqu’à quel point dois-je être confiant en mes capacités ou douter de moi-même ? Je suis sûr que lorsque je suis devenu romancier, si je n’avais pas décidé de courir de longues distances, les livres que j’ai écrits auraient été extrêmement différents. » (p. 105)

 

-          C’est une profonde et belle réflexion sur la vie, sur sa vie que nous offre Haruki Murakami dans ce texte court très accessible à découvrir sans tarder.

 

« Rien dans le monde réel n’est aussi beau que les illusions d’un homme sur le point de perdre conscience. » (p. 86)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien, ce titre m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur…

 

Premières phrases :

 

« Un aphorisme prétend qu’un vrai gentleman ne dit pas un mot des femmes avec qui il a rompu ou des impôts qu’il doit payer. Faux, archifaux ! Parce que moi, désolé, je ne suis pas comme ça. Il faudrait en tout cas ajouter une condition pour qu’il y ait un peu de vérité dans cette phrase : « Ne racontez à personne ce que vous faites pour rester en bonne santé. » J’ai le sentiment qu’un homme de qualité ne devrait pas se répandre en public sur les moyens qu’il utilise pour se maintenir en forme. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le temps qui va, le temps qui vient de Hiromi KAWAKAMI

 

D’autres avis :

 

Blogs : Fred, Yueyin, Mango

Presse : Télérama

 

 

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki MURAKAMI, traduit du japonais par Hélène Morita, Belfond, avril 2009, 180 p., 19.50 euros

 POCHE : Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki MURAKAMI, traduit du japonais par Hélène Morita, 10/18, février 2011, 220 p., 7.40 euros

 

Merci à Marie-Laure PASCAUD des Editions 10/18 pour m'avoir permis de découvrir cet auteur.

Publié dans Littérature Asie

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Le signal de Ron CARLSON

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

Ron Carlson RON CARLSON est né en 1947, en Utah. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l'Université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. Le Signal, publié en 2009 aux États-Unis est son dernier roman.

 

L’histoire :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié la première partie du roman consacrée à la randonnée des deux protagonistes dans un décor à couper le souffle. Le récit est émaillé d’allusions au passé de Mack qui, subtilement, évoquent les raisons qui l’ont mené à divorcer et à accepter cette mission aléatoire commanditée par les hommes louches. Ses relations avec son père et avec la belle Vonnie qui n'appartient pas à son milieu sont appréhendées par touches successives qui forment au final un portrait vivant et émouvant de cet homme.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais, et c’est là à mon avis où le bas blesse, j’ai trouvé factice la façon dont tout à coup le récit tourne au cauchemar, comme s’il fallait à tout prix une pseudo-intrigue policière pour agrémenter le récit. La course poursuite m’a ennuyée, et j’ai regretté que tout le roman ne soit pas à l’aune des premières pages…

 

Premières phrases :

 

« Il enchaîna les grandes boucles que dessinait la piste à travers la haute forêt de trembles, puis traversa la vaste prairie jusqu’à la lisière des pins, au point de départ du sentier de Cold Creek, et gara le vieux pick-up Chevrolet bleu de son père à côté de la pancarte déglinguée, dans la douce lumière crépusculaire de septembre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière de sang de Jim TENUTO  

 

D’autres avis (nombreux) :

 

Juliette, Cuné, Brize, Aifelle, Keisha, La ruelle bleue, Midola, Cathulu , Clara

 

Le signal, Ron Carlson, Traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister, Nature Writing, 2011, 222 p., 22 euros

 

challenge nature writing

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Au cœur du cœur d’Andrée CHEDID

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 « Oser encore recourir à l’espoir

Oser encore

 

Porter l’instant et le rendre à lui-même

Répondre quel qu’il soit

Au baiser de la terre,

Vouloir ce Plus loin dont on ne sait le nom. » (p. 39)

 

L’auteur :

 

Andrée Chédid est une femme de lettres et poétesse française d'origine libanaise décédée en février dernier. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid, de la peintre Michèle Chedid-Koltz et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid.

 

L’histoire :

 

Figure de proue de la poésie et du métissage culturel, Andrée Chedid fait l'objet d'un hommage lors de l'édition 2010 du Printemps des poètes. L'occasion rêvée de redécouvrir l'oeuvre d'un auteur prolifique avec des textes qui s'étalent de 1949 à nos jours.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          En transparence, derrière les mots lumineux de ses poèmes, se dessinent le portrait d’une femme admirable, attentive aux autres, débordante d’amour, de rebellion  contre ceux qui dérangent le monde, une femme intelligente qui distille par ses écrits l’espoir.

 

« La peine est de ce monde, ô mes amis que j’aime,

Mais chaque fleur d’orage porte la graine de demain. » (p. 33)

 

 « Elisons encore la vie

Au sommet du jour blessé. » (p. 40)

 

  -          Elle place la poésie au cœur du monde, la rendant accessible à tout un chacun, puisque pour elle, il s’agit seulement de regarder et d’aimer le monde.

« Vivre en poésie, ce n’est pas renoncer ; c’est se garder à la lisière de l’apparent et du réel, sachant qu’on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire. » (p. 26)

 

«  La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe. » (p. 27)

 

«  Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui –sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la vois d’un ami. » (p. 27)

 

«  Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie. » (p. 28)

 

-          Elle questionne la vie humaine et nous offre une formidable leçon d’humanité.

 

« La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité : lien universel et éternel entre les hommes, elle nous invite à sortir de notre étroite peau » pour que l’intimité de chacun s’ouvre à la résonance du monde et que nous donnions sens à l’aventure humaine par la partage. » (Préface)

 

-          Savourons les poèmes de cette grande dame en écoutant son mot d’ordre :

 

« Sacre l’éphémère. » (p. 49)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court.

 

 

Au cœur du cœur, poèmes choisis et préfacés par Matthieu CHEDID et Jean-Pierre SIMEON, Andrée CHEDID, Librio poésie, 94 p., 3 euros

 

blogoclub

Publié dans Poésie étrangère

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Le sang des pierres de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

SangDesPierres

 

 

♥ ♥

  Un roman policier peuplé d'elfes et de trolls...

 

 

L’auteur :

 

Johan Théorin est un écrivain suédois dont le roman L’heure trouble a reçu le prix du meilleur roman policier suédois.

 

L’histoire :

 

À la fonte des neiges, les gens du continent réinvestissent l’île. Peter Mörner s’est installé dans une vieille maison dont il a hérité pour trouver la paix, loin de son père. De sa villa flambant neuve, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Quant à Gerloff, vieux loup de mer de 85 ans, il a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance… Mais pour eux, le printemps ne sera pas comme les autres. La mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l’hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère envoutante est la clé de voûte de ce roman placé sous l’égide des  légendes  de l’île d’Oland en Suède. Elfes et farfadets hantent les lieux et certains des personnages élevés sur cette île du bout du monde à l’atmosphère nébuleuse propice au surnaturel. Vendela reste fascinée par ces Elfes et ces Trolls auxquels elle attribue des pouvoirs fascinants. Elle leur offre des bijoux tout en formulant des vœux qu’elle espère voir exaucer.

 

-          Le personnage de cette femme perdue dans la lande est celui qui m’a semblé le plus intéressant. C’est une femme tourmentée, habitée aussi sans doute, mais une femme qui se veut libre, loin de son mari Max, un être lunatique et égocentrique. Les autres personnages sont aussi bien campés, mais ils ont toutefois moins de consistance à mes yeux.

 

-          Le rythme de ce roman est très lent, il agit comme un conte davantage que comme un thriller palpitant. Il berce le lecteur en l’invitant sur cette île mystérieuse et pourtant comme familière.

 

« Le soleil de mai fait disparaître Trolls et Elfes, songea-t-il. Ils se volatilisent comme des bulles de savon. Ne restent que les hommes, un court instant. Nous sommes un chant bref sous le ciel, un rire dans le vent qui s’achève en soupir. Puis nous disparaissons à notre tour. » (p. 426)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- L’intrigue policière aurait peut-être mérité d’être un peu plus captivante

 

Premières phrases :

 

« La main gauche grièvement brûlée, des côtes cassées, le regard humide et flou, Peter Mörmer était pourtant encore bien conscient. Il sentait l’essence qu’on versait sur lui, si tiède. Dans l’air froid du soir, le liquide semblait presque chaud, il coulait sur ses cheveux, brûlait les plaies sanglantes de son visage. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’heure trouble de Johan THEORIN

Autre : Ultimes rituels de Yrsa SIGURDARDOTTIR

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio. Marie, La Ruelle Bleue 

  

Le sang des pierres, Johan THEORIN, Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, mars 2011, 425 p., 20 euros

 

Merci à Carol Menville des Editions Albin Michel pour cette rencontre avec les Elfes…

 

challenge voisins voisines

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Le livre de ma mère de Albert COHEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 « Ce que je sais c’est que ma mère était un génie de l’amour. Comme la tienne, toi qui me lis. » (p. 102)

« Eh bien, moi, je t’envoie, les yeux ennoblis par toi, je t’envoie à travers les espaces et les silences, ce même acte de foi, et je te dis gravement : ma Maman. » ( p. 106)

 

L’auteur :

 

Albert Cohen, écrivain suisse d'origine juive, est né en 1895 à Corfou et décédé en 1981 à Genève. Il publia Le livre de ma mère en 1954. Pendant sa carrière d'écrivain, il publia également Solal (1930), Mangeclous (1938); en 1968, le grand prix du roman de l'Académie française lui est décerné pour Belle du Seigneur.

 

L’histoire :

 

 Albert Cohen se dévoile à nous peu après la mort de sa mère, en mettant à nu ses sentiments et ses regrets. Il livre des détails qui lui viennent en mémoire ou des moments-clés de la vie de celle qui lui était si chère.

Le livre de ma mère reste une oeuvre majeure des écrits de l'écrivain. Plus qu'une autobiographie, c'est le portrait d'une mère qui atteint une portée universelle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le magnifique hommage rendu à sa mère et aux mères en général. C’est un roman émouvant que chaque enfant aurait aimé écrire pour sa propre mère. Un roman que vous devez lire…

 

« Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d'amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu. »(p. 171)

 

 « Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort est plus doux avec sa mère, un soir, à cause de moi et de ma mère. Soyez doux chaque jour avec votre mère. Aimez-la mieux que je n’ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c’est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil. Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes, sont les seules condoléances qu’à moi-même je puisse m’offrir. Pendant qu’il est temps, fils, pendant qu’elle est encore là. Hâtez-vous, car bientôt l’immobilité sera sur sa face imperceptiblement souriante virginalement ». (p. 169)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table, se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’âge d’homme de Michel LEIRIS

 

Le livre de ma mère, Albert COHEN, Gallimard, avril 1954, 221 p., 19.50 euros

POCHE : Le livre de ma mère, Albert COHEN, Folio, janvier 2007, 175 p., 4.60 euros

 

Théoma l'a également lu et apprécié.

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Trop n’est pas assez de Ulli LUST

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  Prix Révélation du festival d’Angoulême 2011

  

L’auteur :

 

Ulli Lust est une auteure de bande dessinée autrichienne. Trop n’est pas assez est un album autobiographique.

 

L’histoire :

 

Au cours de l’été 1984, deux jeunes punks autrichiennes, Ulli et Edi, décident sur un coup de tête de partir pour l’Italie, sans papiers d’identité, avec pour seul bagage leur sac de couchage et les vêtements qu’elles ont sur le dos. Leur périple durera deux mois, et les mènera de Vienne à Naples, en passant par Vérone et Rome, pour terminer en Sicile.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Qui n’a pas rêvé de tout plaquer l’espace de quelques mois pour partir à l’aventure et découvrir la VRAIE vie comme Ulli…

 

« - Je suis ravie d’être enfin dehors ! Dans la vraie vie !

Longtemps j’ai eu l’impression que je ne la connaissais que par les livres ! Enfin je la vis ! Je fais ce que je veux, et personne ne me donne d’ordres. Voilà !

-          Et tu veux quoi ? Picoler, fumer et glander ?

-          Ces dernières semaines, dans la rue, j’ai plus appris que dans tous les ce que j’ai pu lire ces dernières années. Je veux voyager ! je veux tout essayer ! Si je devais rester immobile, j’exploserais d’impatience ! » (p. 214)

 

Ulli Lust nous offre son expérience brute, sans fioritures, elle ne nous épargne ni le froid, ni la faim, ni les hommes toujours plus insistants, ni la drogue, ni le sexe, ni le sordide. Si bien que finalement, on est bien heureux de ne pas avoir tenté cette expérience… Derrière les scènes de sexe et de drogue se cache une grande solitude parfaitement rendue par l’auteur. Les personnages sont  à la recherche d’une liberté qu’ils paient très chère et qui souvent se trouve mâtinée de tristesse et d’ennui. Si cette expérience aura permis à Ulli de mûrir, elle laissera aussi des traces violentes et irréversibles en elle.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Ce sont de remarques sur l’objet en lui-même : les dessins en noir et blanc et la police minuscules fatiguent les yeux. L'album dégage une odeur très forte dûe sans doute à l'encre.

 

 

D’autres avis :

 

Blogs : Choco

Presse : Télérama

 

Trop n’est pas assez, Ulli LUST, Traduit de l’allemand par Jörg Stickan, Editions Ca et Là, novembre 2010, 463 p., 26 euros

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Mary Ann en automne, Chroniques de San Francisco, tome 8 de Armistead MAUPIN

Publié le par Hélène

mary ann en automne

 

 

 L’auteur :

 

Armistead Maupin est un écrivain américain rendu célèbre par le feuilleton qu'il écrivit pour le journal The San Francisco Chronicle, publié sous la forme de romans sous le titre Les Chroniques de San Francisco.

 

L’histoire :

 

Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d’un cancer, elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael « Mouse » Tolliver, et retrouve la légende du 28, Barbary Lane, Anna Madrigal, qui n’a perdu ni sa vivacité d’esprit ni son énergie malgré ses 80 ans.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai retrouvé avec plaisir le charme de ces Chroniques de San Francisco que j’avais dévorées à leur sortie en 1998. Parues initialement sous forme de feuilleton, elles ont tout l’attrait des séries télévisées : dépaysantes, rapidement consommées, dotées de personnages attachants que l’on suit avec intérêt au fil des épisodes, drôles et légères, quelquefois plus graves, bref un divertissement pur et toujours bienvenu…

 

-          Ce dernier opus campe des personnages plus âgés (Mary Ann a désormais 57 ans) confrontés à une nouvelle phase de leur vie qu'ils n'aborderont pas de la même façon.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le personnage de Mary Ann est un des moins sympathiques de ces chroniques et je n’ai toujours pas réussi à m’intéresser à elle…

 

-          La légèreté du ton, de l’écriture en font un roman contournable. Je vous conseillerais plutôt de commencer par les premiers tomes des Chroniques, si vous ne les connaissez pas encore.

 

Premières phrases :

 

« Si seulement il y avait un terrier de lapin, se disait-elle. Si seulement il y avait un truc avec cette colline, un souvenir sensoriel – la vue sur l’île d’Alcatraz, par exemple, les cornes de brume ou l’odeur des planches moussues sous ses pieds – qui lui permettrait de renouer avec son paradis perdu. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les chroniques de San Francisco

Autres : Le Gay Savoir, série de cinq romans de Michel TREMBLAY :

La Nuit des princes charmants (1995) ;

Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes (1997) ;

Le Cœur découvert (1986) ;

Le Cœur éclaté (1993) ;

Hôtel Bristol New York, N.Y (1999) ;

 

D'autres avis :

 

In cold blog

 

Mary Ann en automne, Armistead MAUPIN, traduit de l’anglais (EU) par Michèle Albaret-Maatsch, Editions de l’Olivier, mai 2011, 316 p.,

 

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Le mec de la tombe d'à côté de Katarina MAZETTI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Réparer des bulles de savon éclatées et faire sourire des poupées de chiffon ça peut prendre du temps » (p. 243)

 

L’auteur :

 

Katarina Mazetti est journaliste à la radio suédoise et a écrit plusieurs livres, certains pour la jeunesse et d'autres pour adultes. Le roman Le mec de la tombe d'à côté  a notamment été traduit en plusieurs langues.

 

L’histoire :

 

Une jeune bibliothécaire qui vient de perdre son mari rencontre au cimetière en fleurissant la tombe dudit mari, un jeune agriculteur. Coup de foudre, puis relation suivie... Mais tout n'est pas aussi simple...

Ce que j’ai aimé :

 

-          Si le thème n'a rien de nouveau, ce qui différencie ce roman des autres est l'impasse dans laquelle se trouvent rapidement les protagonistes : Désirée est une fille de la ville, son « mec de la tombe d'à côté », un gars de la campagne. Qui doit faire des sacrifices, qui doit aller vers l'autre, un juste milieu est-il possible ? Le mec de la tombe d'à côté est un roman tendre et juste sur le couple. Devant les difficultés liées au fait de rencontrer son idéal masculin ou féminin, force nous est de jongler avec les différences et divergences d'opinion quand, par bonheur, une rencontre bouleverse notre vie. Est-ce que le temps passé à s'harmoniser au mieux en vaut la peine, ou vaut-il mieux ne pas se faire de mal et rester seul avec ses confortables habitudes de célibataire ? 

 

« Nous n’avons absolument pas essayé de jeter des passerelles au-dessus des ravins, nous avons cherché à nous y précipiter mutuellement. Peut-être espérions-nous tous les deux des miracles. J’attendais de le voir admettre qu’il avait une âme, lui attendait sans doute qu’un tablier me pousse sur le ventre pendant la nuit. Et nous luttions vaillamment, parce que la force d’attraction entre nous était toujours tellement forte que nous avions l’impression de pouvoir basculer à tout moment dans un trou noir. » (p. 227)

 

-          Le ton est drôle et juste, ce qui donne à l'ensemble une tendresse touchante.

 

« J’aurais pu mouliner tout doucement pour l’avoir

j’aurais pu utiliser l’épuisette

l’écailler et lever soigneusement les filets

puis manger de bon appétit

mais il a réussi à se libérer

ce putain d’amour. »

 

«  D’accord

C’est toi qui as le seau et la pelle

Mais moi j’ai tous les jolis moules à pâtés »

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Un style parlé pas toujours très fin.

 

- Un thème plutôt banal (l'amour, toujours l’amour...)

 

- Une fin énigmatique (et pour cause, l’auteur pensait déjà écrire la suite...)

 

Premières phrases :

 

« Méfiez-vous de moi !

Seule et déçue, je suis une femme dont la vie sentimentale n’est aps très orthodoxe, de toute évidence. Qui sait ce qui pourrait me passer pas la tête à la prochaine lune ?

Vous avez quand même lu Stephen King ?

Juste là, je suis devant la tombe de mon mari, assise sur un banc de cimetière vert bouteille lustré par des générations de fesses, en train de ma monter la tête contre sa dalle funéraire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : la suite : Le caveau de la famille

Autre : Quand souffle le vent du nord de Daniel GLATTAUER

  

D’autres avis :

 

 Pimprenelle, Papillon, Dasola

 

Le mec de la tombe d’à côté, Katarina MAZETTI, Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, Gaïa, JUIN 2006, 253 p.

  Le mec de la tombe d’à côté, Katarina MAZETTI, Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, Babel, mars 2009, 253 p., 7.50 euros

 

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Publié dans Littérature Europe

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