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Le signal de Ron CARLSON

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

Ron Carlson RON CARLSON est né en 1947, en Utah. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l'Université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. Le Signal, publié en 2009 aux États-Unis est son dernier roman.

 

L’histoire :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié la première partie du roman consacrée à la randonnée des deux protagonistes dans un décor à couper le souffle. Le récit est émaillé d’allusions au passé de Mack qui, subtilement, évoquent les raisons qui l’ont mené à divorcer et à accepter cette mission aléatoire commanditée par les hommes louches. Ses relations avec son père et avec la belle Vonnie qui n'appartient pas à son milieu sont appréhendées par touches successives qui forment au final un portrait vivant et émouvant de cet homme.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais, et c’est là à mon avis où le bas blesse, j’ai trouvé factice la façon dont tout à coup le récit tourne au cauchemar, comme s’il fallait à tout prix une pseudo-intrigue policière pour agrémenter le récit. La course poursuite m’a ennuyée, et j’ai regretté que tout le roman ne soit pas à l’aune des premières pages…

 

Premières phrases :

 

« Il enchaîna les grandes boucles que dessinait la piste à travers la haute forêt de trembles, puis traversa la vaste prairie jusqu’à la lisière des pins, au point de départ du sentier de Cold Creek, et gara le vieux pick-up Chevrolet bleu de son père à côté de la pancarte déglinguée, dans la douce lumière crépusculaire de septembre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière de sang de Jim TENUTO  

 

D’autres avis (nombreux) :

 

Juliette, Cuné, Brize, Aifelle, Keisha, La ruelle bleue, Midola, Cathulu , Clara

 

Le signal, Ron Carlson, Traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister, Nature Writing, 2011, 222 p., 22 euros

 

challenge nature writing

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Au cœur du cœur d’Andrée CHEDID

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 « Oser encore recourir à l’espoir

Oser encore

 

Porter l’instant et le rendre à lui-même

Répondre quel qu’il soit

Au baiser de la terre,

Vouloir ce Plus loin dont on ne sait le nom. » (p. 39)

 

L’auteur :

 

Andrée Chédid est une femme de lettres et poétesse française d'origine libanaise décédée en février dernier. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid, de la peintre Michèle Chedid-Koltz et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid.

 

L’histoire :

 

Figure de proue de la poésie et du métissage culturel, Andrée Chedid fait l'objet d'un hommage lors de l'édition 2010 du Printemps des poètes. L'occasion rêvée de redécouvrir l'oeuvre d'un auteur prolifique avec des textes qui s'étalent de 1949 à nos jours.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          En transparence, derrière les mots lumineux de ses poèmes, se dessinent le portrait d’une femme admirable, attentive aux autres, débordante d’amour, de rebellion  contre ceux qui dérangent le monde, une femme intelligente qui distille par ses écrits l’espoir.

 

« La peine est de ce monde, ô mes amis que j’aime,

Mais chaque fleur d’orage porte la graine de demain. » (p. 33)

 

 « Elisons encore la vie

Au sommet du jour blessé. » (p. 40)

 

  -          Elle place la poésie au cœur du monde, la rendant accessible à tout un chacun, puisque pour elle, il s’agit seulement de regarder et d’aimer le monde.

« Vivre en poésie, ce n’est pas renoncer ; c’est se garder à la lisière de l’apparent et du réel, sachant qu’on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire. » (p. 26)

 

«  La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe. » (p. 27)

 

«  Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui –sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la vois d’un ami. » (p. 27)

 

«  Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie. » (p. 28)

 

-          Elle questionne la vie humaine et nous offre une formidable leçon d’humanité.

 

« La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité : lien universel et éternel entre les hommes, elle nous invite à sortir de notre étroite peau » pour que l’intimité de chacun s’ouvre à la résonance du monde et que nous donnions sens à l’aventure humaine par la partage. » (Préface)

 

-          Savourons les poèmes de cette grande dame en écoutant son mot d’ordre :

 

« Sacre l’éphémère. » (p. 49)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court.

 

 

Au cœur du cœur, poèmes choisis et préfacés par Matthieu CHEDID et Jean-Pierre SIMEON, Andrée CHEDID, Librio poésie, 94 p., 3 euros

 

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Publié dans Poésie étrangère

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Le sang des pierres de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

SangDesPierres

 

 

♥ ♥

  Un roman policier peuplé d'elfes et de trolls...

 

 

L’auteur :

 

Johan Théorin est un écrivain suédois dont le roman L’heure trouble a reçu le prix du meilleur roman policier suédois.

 

L’histoire :

 

À la fonte des neiges, les gens du continent réinvestissent l’île. Peter Mörner s’est installé dans une vieille maison dont il a hérité pour trouver la paix, loin de son père. De sa villa flambant neuve, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Quant à Gerloff, vieux loup de mer de 85 ans, il a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance… Mais pour eux, le printemps ne sera pas comme les autres. La mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l’hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère envoutante est la clé de voûte de ce roman placé sous l’égide des  légendes  de l’île d’Oland en Suède. Elfes et farfadets hantent les lieux et certains des personnages élevés sur cette île du bout du monde à l’atmosphère nébuleuse propice au surnaturel. Vendela reste fascinée par ces Elfes et ces Trolls auxquels elle attribue des pouvoirs fascinants. Elle leur offre des bijoux tout en formulant des vœux qu’elle espère voir exaucer.

 

-          Le personnage de cette femme perdue dans la lande est celui qui m’a semblé le plus intéressant. C’est une femme tourmentée, habitée aussi sans doute, mais une femme qui se veut libre, loin de son mari Max, un être lunatique et égocentrique. Les autres personnages sont aussi bien campés, mais ils ont toutefois moins de consistance à mes yeux.

 

-          Le rythme de ce roman est très lent, il agit comme un conte davantage que comme un thriller palpitant. Il berce le lecteur en l’invitant sur cette île mystérieuse et pourtant comme familière.

 

« Le soleil de mai fait disparaître Trolls et Elfes, songea-t-il. Ils se volatilisent comme des bulles de savon. Ne restent que les hommes, un court instant. Nous sommes un chant bref sous le ciel, un rire dans le vent qui s’achève en soupir. Puis nous disparaissons à notre tour. » (p. 426)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- L’intrigue policière aurait peut-être mérité d’être un peu plus captivante

 

Premières phrases :

 

« La main gauche grièvement brûlée, des côtes cassées, le regard humide et flou, Peter Mörmer était pourtant encore bien conscient. Il sentait l’essence qu’on versait sur lui, si tiède. Dans l’air froid du soir, le liquide semblait presque chaud, il coulait sur ses cheveux, brûlait les plaies sanglantes de son visage. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’heure trouble de Johan THEORIN

Autre : Ultimes rituels de Yrsa SIGURDARDOTTIR

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio. Marie, La Ruelle Bleue 

  

Le sang des pierres, Johan THEORIN, Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, mars 2011, 425 p., 20 euros

 

Merci à Carol Menville des Editions Albin Michel pour cette rencontre avec les Elfes…

 

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Le livre de ma mère de Albert COHEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 « Ce que je sais c’est que ma mère était un génie de l’amour. Comme la tienne, toi qui me lis. » (p. 102)

« Eh bien, moi, je t’envoie, les yeux ennoblis par toi, je t’envoie à travers les espaces et les silences, ce même acte de foi, et je te dis gravement : ma Maman. » ( p. 106)

 

L’auteur :

 

Albert Cohen, écrivain suisse d'origine juive, est né en 1895 à Corfou et décédé en 1981 à Genève. Il publia Le livre de ma mère en 1954. Pendant sa carrière d'écrivain, il publia également Solal (1930), Mangeclous (1938); en 1968, le grand prix du roman de l'Académie française lui est décerné pour Belle du Seigneur.

 

L’histoire :

 

 Albert Cohen se dévoile à nous peu après la mort de sa mère, en mettant à nu ses sentiments et ses regrets. Il livre des détails qui lui viennent en mémoire ou des moments-clés de la vie de celle qui lui était si chère.

Le livre de ma mère reste une oeuvre majeure des écrits de l'écrivain. Plus qu'une autobiographie, c'est le portrait d'une mère qui atteint une portée universelle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le magnifique hommage rendu à sa mère et aux mères en général. C’est un roman émouvant que chaque enfant aurait aimé écrire pour sa propre mère. Un roman que vous devez lire…

 

« Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d'amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu. »(p. 171)

 

 « Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort est plus doux avec sa mère, un soir, à cause de moi et de ma mère. Soyez doux chaque jour avec votre mère. Aimez-la mieux que je n’ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c’est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil. Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes, sont les seules condoléances qu’à moi-même je puisse m’offrir. Pendant qu’il est temps, fils, pendant qu’elle est encore là. Hâtez-vous, car bientôt l’immobilité sera sur sa face imperceptiblement souriante virginalement ». (p. 169)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table, se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’âge d’homme de Michel LEIRIS

 

Le livre de ma mère, Albert COHEN, Gallimard, avril 1954, 221 p., 19.50 euros

POCHE : Le livre de ma mère, Albert COHEN, Folio, janvier 2007, 175 p., 4.60 euros

 

Théoma l'a également lu et apprécié.

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Trop n’est pas assez de Ulli LUST

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  Prix Révélation du festival d’Angoulême 2011

  

L’auteur :

 

Ulli Lust est une auteure de bande dessinée autrichienne. Trop n’est pas assez est un album autobiographique.

 

L’histoire :

 

Au cours de l’été 1984, deux jeunes punks autrichiennes, Ulli et Edi, décident sur un coup de tête de partir pour l’Italie, sans papiers d’identité, avec pour seul bagage leur sac de couchage et les vêtements qu’elles ont sur le dos. Leur périple durera deux mois, et les mènera de Vienne à Naples, en passant par Vérone et Rome, pour terminer en Sicile.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Qui n’a pas rêvé de tout plaquer l’espace de quelques mois pour partir à l’aventure et découvrir la VRAIE vie comme Ulli…

 

« - Je suis ravie d’être enfin dehors ! Dans la vraie vie !

Longtemps j’ai eu l’impression que je ne la connaissais que par les livres ! Enfin je la vis ! Je fais ce que je veux, et personne ne me donne d’ordres. Voilà !

-          Et tu veux quoi ? Picoler, fumer et glander ?

-          Ces dernières semaines, dans la rue, j’ai plus appris que dans tous les ce que j’ai pu lire ces dernières années. Je veux voyager ! je veux tout essayer ! Si je devais rester immobile, j’exploserais d’impatience ! » (p. 214)

 

Ulli Lust nous offre son expérience brute, sans fioritures, elle ne nous épargne ni le froid, ni la faim, ni les hommes toujours plus insistants, ni la drogue, ni le sexe, ni le sordide. Si bien que finalement, on est bien heureux de ne pas avoir tenté cette expérience… Derrière les scènes de sexe et de drogue se cache une grande solitude parfaitement rendue par l’auteur. Les personnages sont  à la recherche d’une liberté qu’ils paient très chère et qui souvent se trouve mâtinée de tristesse et d’ennui. Si cette expérience aura permis à Ulli de mûrir, elle laissera aussi des traces violentes et irréversibles en elle.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Ce sont de remarques sur l’objet en lui-même : les dessins en noir et blanc et la police minuscules fatiguent les yeux. L'album dégage une odeur très forte dûe sans doute à l'encre.

 

 

D’autres avis :

 

Blogs : Choco

Presse : Télérama

 

Trop n’est pas assez, Ulli LUST, Traduit de l’allemand par Jörg Stickan, Editions Ca et Là, novembre 2010, 463 p., 26 euros

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Mary Ann en automne, Chroniques de San Francisco, tome 8 de Armistead MAUPIN

Publié le par Hélène

mary ann en automne

 

 

 L’auteur :

 

Armistead Maupin est un écrivain américain rendu célèbre par le feuilleton qu'il écrivit pour le journal The San Francisco Chronicle, publié sous la forme de romans sous le titre Les Chroniques de San Francisco.

 

L’histoire :

 

Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d’un cancer, elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael « Mouse » Tolliver, et retrouve la légende du 28, Barbary Lane, Anna Madrigal, qui n’a perdu ni sa vivacité d’esprit ni son énergie malgré ses 80 ans.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai retrouvé avec plaisir le charme de ces Chroniques de San Francisco que j’avais dévorées à leur sortie en 1998. Parues initialement sous forme de feuilleton, elles ont tout l’attrait des séries télévisées : dépaysantes, rapidement consommées, dotées de personnages attachants que l’on suit avec intérêt au fil des épisodes, drôles et légères, quelquefois plus graves, bref un divertissement pur et toujours bienvenu…

 

-          Ce dernier opus campe des personnages plus âgés (Mary Ann a désormais 57 ans) confrontés à une nouvelle phase de leur vie qu'ils n'aborderont pas de la même façon.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le personnage de Mary Ann est un des moins sympathiques de ces chroniques et je n’ai toujours pas réussi à m’intéresser à elle…

 

-          La légèreté du ton, de l’écriture en font un roman contournable. Je vous conseillerais plutôt de commencer par les premiers tomes des Chroniques, si vous ne les connaissez pas encore.

 

Premières phrases :

 

« Si seulement il y avait un terrier de lapin, se disait-elle. Si seulement il y avait un truc avec cette colline, un souvenir sensoriel – la vue sur l’île d’Alcatraz, par exemple, les cornes de brume ou l’odeur des planches moussues sous ses pieds – qui lui permettrait de renouer avec son paradis perdu. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les chroniques de San Francisco

Autres : Le Gay Savoir, série de cinq romans de Michel TREMBLAY :

La Nuit des princes charmants (1995) ;

Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes (1997) ;

Le Cœur découvert (1986) ;

Le Cœur éclaté (1993) ;

Hôtel Bristol New York, N.Y (1999) ;

 

D'autres avis :

 

In cold blog

 

Mary Ann en automne, Armistead MAUPIN, traduit de l’anglais (EU) par Michèle Albaret-Maatsch, Editions de l’Olivier, mai 2011, 316 p.,

 

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Le mec de la tombe d'à côté de Katarina MAZETTI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Réparer des bulles de savon éclatées et faire sourire des poupées de chiffon ça peut prendre du temps » (p. 243)

 

L’auteur :

 

Katarina Mazetti est journaliste à la radio suédoise et a écrit plusieurs livres, certains pour la jeunesse et d'autres pour adultes. Le roman Le mec de la tombe d'à côté  a notamment été traduit en plusieurs langues.

 

L’histoire :

 

Une jeune bibliothécaire qui vient de perdre son mari rencontre au cimetière en fleurissant la tombe dudit mari, un jeune agriculteur. Coup de foudre, puis relation suivie... Mais tout n'est pas aussi simple...

Ce que j’ai aimé :

 

-          Si le thème n'a rien de nouveau, ce qui différencie ce roman des autres est l'impasse dans laquelle se trouvent rapidement les protagonistes : Désirée est une fille de la ville, son « mec de la tombe d'à côté », un gars de la campagne. Qui doit faire des sacrifices, qui doit aller vers l'autre, un juste milieu est-il possible ? Le mec de la tombe d'à côté est un roman tendre et juste sur le couple. Devant les difficultés liées au fait de rencontrer son idéal masculin ou féminin, force nous est de jongler avec les différences et divergences d'opinion quand, par bonheur, une rencontre bouleverse notre vie. Est-ce que le temps passé à s'harmoniser au mieux en vaut la peine, ou vaut-il mieux ne pas se faire de mal et rester seul avec ses confortables habitudes de célibataire ? 

 

« Nous n’avons absolument pas essayé de jeter des passerelles au-dessus des ravins, nous avons cherché à nous y précipiter mutuellement. Peut-être espérions-nous tous les deux des miracles. J’attendais de le voir admettre qu’il avait une âme, lui attendait sans doute qu’un tablier me pousse sur le ventre pendant la nuit. Et nous luttions vaillamment, parce que la force d’attraction entre nous était toujours tellement forte que nous avions l’impression de pouvoir basculer à tout moment dans un trou noir. » (p. 227)

 

-          Le ton est drôle et juste, ce qui donne à l'ensemble une tendresse touchante.

 

« J’aurais pu mouliner tout doucement pour l’avoir

j’aurais pu utiliser l’épuisette

l’écailler et lever soigneusement les filets

puis manger de bon appétit

mais il a réussi à se libérer

ce putain d’amour. »

 

«  D’accord

C’est toi qui as le seau et la pelle

Mais moi j’ai tous les jolis moules à pâtés »

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Un style parlé pas toujours très fin.

 

- Un thème plutôt banal (l'amour, toujours l’amour...)

 

- Une fin énigmatique (et pour cause, l’auteur pensait déjà écrire la suite...)

 

Premières phrases :

 

« Méfiez-vous de moi !

Seule et déçue, je suis une femme dont la vie sentimentale n’est aps très orthodoxe, de toute évidence. Qui sait ce qui pourrait me passer pas la tête à la prochaine lune ?

Vous avez quand même lu Stephen King ?

Juste là, je suis devant la tombe de mon mari, assise sur un banc de cimetière vert bouteille lustré par des générations de fesses, en train de ma monter la tête contre sa dalle funéraire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : la suite : Le caveau de la famille

Autre : Quand souffle le vent du nord de Daniel GLATTAUER

  

D’autres avis :

 

 Pimprenelle, Papillon, Dasola

 

Le mec de la tombe d’à côté, Katarina MAZETTI, Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, Gaïa, JUIN 2006, 253 p.

  Le mec de la tombe d’à côté, Katarina MAZETTI, Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, Babel, mars 2009, 253 p., 7.50 euros

 

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Publié dans Littérature Europe

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Lonesome Dove de Larry McMURTRY

Publié le par Hélène

Lonesome-Dove1

Lonesome-Dove 2

 

♥ ♥ ♥ ♥

  « Si vous ne devez lire qu’un seul western dans votre vie, lisez celui-ci. » (James CRUMLEY)

 

L’auteur :

 

Larry McMurtry est un romancier, essayiste et scénariste américain. Il est surtout connu pour son prix Pulitzer pour le roman Lonesome Dove qui a été adapté en un feuilleton télé.

Depuis 1992, il travaille ses scénarios avec Diana Ossana avec laquelle il a écrit le scénario de Brokeback Mountain pour lequel il a remporté en 2006, l'Oscar du meilleur scénario adapté.

 

L’histoire :

 

Volume 1 :
A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs
armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes tempêtes, des bandes de tueurs et d'Indiens rebelles... et laissera de nombreux hommes derrière lui.

Volume 2 :
La première partie de Lonesome Dove nous a entrai
̂nés à la suite de Augustus McCrae et Woodrow Call, ex-Texas rangers de légende, sur la route dangereuse du Montana, là où, dit-on, les terres sont encore à qui les prend. De nombreuses épreuves attendent encore le convoi lors de cet extraordinaire périple à travers l'Ouest. Les hommes devront tour à tour affronter des éléments déchaînés, des pillards et leurs propres démons. Quand, au bout d'une piste longue et périlleuse, ils arriveront enfin dans le Montana, beaucoup manqueront à l'appel.

Ce que j’ai aimé :

 

-          Alors ? alors ? Ces cow-boys vous demandez-vous avidement…  

 

Eh bien j’ai le regret de vous dire que Keisha avait raison et que dans ce roman, point vous n’apercevrez de cow-boys virils et séduisants (ni d’indiens avec les mêmes qualités d’ailleurs…) Ceci dit ils sont tellement attachants que je me suis sentie comme abandonnée à la fin de la lecture, comme s’ils continuaient leur vie sans moi, loin de moi (lâches…).

 

Là est la puissance de ce western : réussir à nous abstraire totalement de notre monde pour nous transporter au cœur du Texas et du Montana, aux côtés de Call, si taciturne, Gus, si exubérant, Lorena, femme meurtrie, Newt, jeune cow-boy à la recherche de ses origines, et de tous les autres aux contours tellement précis qu’ils deviennent vivants…

 

-          J’ai eu quelquefois tendance à trouver que 1200 pages pour un roman, c’était trop, mais finalement je me demande si ce n’est pas justement ce grand nombre de pages qui permet une immersion absolue dans leur univers. Rester autant de temps avec des cow-boys crée des liens, forcément… (non Choco, je n’en dirai pas plus…)

 

"Ne fallait-il pas être fou pour s'aventurer seul le long de la Canadian, cible facile pour une bande de hors-la-loi, et affamé par-dessus le marché ? (...) Rien de tout cela n'était sensé, et il était pourtant bien obligé d'admettre qu'il avait un certain penchant pour ce genre de folie. Vivre de façon raisonnable -expérience qu'il avait tentée à une ou deux reprises dans sa vie- s'était avéré ennuyeux, le plus souvent après quelques jours seulement. Une vie sensée ne lui avait jamais rien apporté qui vaille, à part des beuveries et des parties de cartes où il jouait jusqu'à sa dernière chemise. La folie était parfois plus stimulante.

Le soleil du matin faisait étinceler l'herbe de la prairie lorsqu'il prit la direction de l'est  le long de la route des os de bisons." (p. 34)

 

- Je ne peux que vous encourager à vous lancer dans l'aventure...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien, sauf peut-être que j'ai développé une addiction aux cow-boys…

 

Premières phrases :

 

" Lorsque Augustus sortit sous le porche, les cochons bleus étaient en train de manger un serpent à sonnette - un spécimen de taille modeste. le serpent devait ramper à la recherche d'un peu d'ombre quand il était tombé sur les cochons. Ils se le disputaient âprement et il était clair que le crotale ne sonnerait plus jamais. La truie le tenait par le cou et le verrat par la queue."

 

 

Vous aimerez aussi :

 

Le secret de Brockeback Mountain, nouvelle de Annie PROULX et film de Ang LEE.

 

D’autres avis :

 

Keisha, Lili 

  

Lonesome Dove, Larry McMURTRY, Tome 1 et 2, traduit de l’américain par Richard Crevier, Gallmeister, Totem, février 2011, 600 p. chaque tome, 11 euros chaque tome.

 

Merci aux éditions Gallmeister.

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babélio :

 

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Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

                                            Gone-Baby-gone

♥ ♥ ♥ ♥

Un grand roman policier et social à passer de mains en mains pour le faire connaître. 

 

L’auteur :

Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L’histoire :

 

 Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont les héros récurrents de Dennis Lehane. Enquêteurs privés, ils recherchent dans « Gone, Baby, Gone » une enfant de quatre ans disparue mystérieusement. Ils vont peu à peu se plonger dans la vie de la maman de la petite fille, vie déréglée, peu propice à l'éducation d'un enfant...

Ce que j’ai aimé :

-      - Ce quatrième opus des aventures de Kenzie et Gennaro est, paraît-il, le préféré de Dennis Lehane. Il est aussi le mien, bien qu'il soit difficile de comparer, chaque roman de Dennis Lehane ayant ses spécificités.

 

-      C’est un roman policier qui ne se contente pas de suivre une trame policière classique, la psychologie des personnages est très dense et l'intrigue touche des questions morales et sociales importantes, concernant ici l'éducation donnée aux enfants. Tous les romans de Dennis Lehane sont de la même veine, avec une intrigue captivante et en filigrane une réflexion sur le Mal loin d'être manichéenne.

 

-      L'originalité du livre tient en effet dans ces questions morales qu'il pose. Beaucoup de romans policiers restent manichéens : d'un côté, les bons (les policiers, enquêteurs...), et de l'autre, les méchants à poursuivre et condamner. Cette vision s'estompe dans les romans de Dennis Lehane, et le monde prend soudain de l'épaisseur.

          

Ce que j’ai moins aimé :

 

-      C’est un roman violent quelquefois, à l'image du monde décrit.

-      Si vous voulez les lire dans l'ordre, commencez par Un dernier verre avant la guerre.

 

Premières phrases :

 

"Port Mesa, Texas
Octobre 1998
Bien avant que le soleil n’atteigne le Golfe, les chalutiers s’éloignent dans les ténèbres. Ce sont surtout des crevettiers, auxquels se joint parfois un bateau en quête de makaires ou de tarpons, et il n’y a pratiquement que des hommes à bord. Les rares femmes embarquées avec eux restent les plus souvent entre elles. Sur le littoral texan, ils sont si nombreux à avoir connu une mort terrible en deux siècles de pêche que leurs descendants et amis survivants estiment fondés leurs préjugés, leur haine des concurrents vietnamiens, leur méfiance envers toute représentante du sexe opposé prête à accomplir ce travail repoussant, à manipuler dans le noir des câbles épais et des crochets capables de déchirer la chair."

Vous aimerez aussi :

A noter qu'une suite de cette opus arrive en librairie, je vous en reparle prochainement...

Gone, Baby, Gone, Dennis LEHANE, traduit de l’américain par isabelle MAILLET, Rivages Thriller, mars 2003, 387 p., 20,99 euros
POCHE : Gone, Baby, Gone, Dennis LEHANE, traduit de l’américain par isabelle MAILLET, Rivages poche, novembre 2007, 533 p., 9.50 euros
 
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Une si longue lettre de Mariama BA

Publié le par Hélène

 

 

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  ♥ ♥ ♥

Un très beau destin de femme.

  

L’auteur :

 Mariama Bâ est née en 1929 au Sénégal. Diplômée de l'Ecole normale en 1947, elle enseigne douze ans durant avant d'être affectée à l'inspection régionale. Militante des droits de la femme, mère de neuf enfants, elle écrit en 1979 "Une si longue lettre". Elle est morte en 1981, ayant achevé son second roman.

 

L’histoire :

 L'auteur fait parler une femme du Sénégal, Ramatoulaye Fall qui écrit à une amie de jeunesse, Aïssatou Ba. A travers le quotidien qu'elle lui conte, c'est toute l'existence des femmes africaines qui se trouve dévoilée. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Mariama Bâ nous offre avec cette longue lettre le portait vivant d'une femme africaine qui prend sa vie en mains.

 « Pour vaincre la détresse quand elle vous assiège, il faut de la volonté. Quand on pense que chaque seconde écoulée abrège la vie, on doit profiter intensément de cette seconde, c’est la somme de toutes les secondes perdues ou cueillies qui fait les vies ratées ou réussies. Se muscler pour endiguer les désespoirs et les réduite à leurs justes proportions ! » (p.81)

 -         La polygamie est au centre des préoccupations de ces femmes pour qui ce mode de fonctionnement ancestral n'est pas sans difficultés :

 «  Tu oublies que j’ai un cœur, une raison, que je ne suis pas un objet que l’on se passe de main en main. Tu ignores ce que se marier signifie pour moi : c’est un acte de foi et d’amour, un don total de soi à l’être que l’on a choisi et qui vous choisi. (J’insistais sur le mot choisi.) (p. 110)

 -          Mais au-delà de cette tradition avilissante pour la femme, c'est le statut global de la femme africaine, et de la femme en général qui est ici évoqué :

 «  La femme ne doit plus être l’accessoire qui orne. (…) la femme est la racine première, fondamentale de la nation où se greffe tout apport, d’où part aussi toute floraison. Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays. » (p. 116)

 -          Une si longue lettre est un court récit magnifiquement bien mené, un roman qui pose les bonne questions et les laissent planer lumineusement en notre esprit. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien.

 

Premières phrases :

« Aïssatou,

J’ai reçu ton mot. En guise de réponse, j’ouvre ce cahier, point d’appui dans mon désarroi : notre longue pratique m’a enseigné que la confidence noie la douleur.

Ton existence dans ma vie n’est point hasard. »

 

Vous aimerez aussi :

Celles qui attendent de Fatou DIOME

 

Une si longue lettre, Mariama BA, Le serpent à plumes, 2001, 164 p., 7 euros

 

 defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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