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Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis SEPULVEDA

Publié le par Hélène

                                               vieux qui lisait romans d'amour

 

 ♥ ♥ ♥ ♥ 

Un magnifique conte au coeur de la forêt amazonienne.

  

L’auteur :

 

Luis Sépulvéda est un écrivain chilien. Le vieux qui lisait son roman d’amour est son premier roman, il lui a valu une renommée internationale.

 

L’histoire :

 

Antonio José Bolivar est un homme qui connait parfaitement la forêt amazonienne et ses habitants : il a vécu avec les Indiens Shuars et a appris à respecter les animaux de la forêt également. Ayant dû quitter les Shuars, il vit désormais dans un petit village et tente d’oublier sa souffrance en se plongeant dans des romans d’amour.  

 

Ce que j’ai aimé :

 

- L’histoire de cet homme est émouvante : déchiré entre son statut et ses habitudes d’homme blanc, il aimerait pourtant se fondre dans la forêt amazonienne comme les Indiens Shuars. Il tente d’œuvrer pour cet idéal harmonieux, mais se heurte sans cesse à des difficultés liées aux hommes et au progrès.

 ocelot.jpg« Tu es le chasseur des Blancs, tu as un fusil, tu violes la mort en l’entourant de douleur. » (p. 118)

 

- Pour oublier cette difficile adaptation, notre vieil homme se plonge dans la lecture de romans d’amour, qui le coupent du monde et lui font entrevoir un univers enchanteur.

 

 « Antonio José Bolivar ôta son dentier, le rangea dans son mouchoir et sans cesser de maudire le gringo, responsable de la tragédie, le maire, les chercheurs d’or, tous ceux qui souillaient la virginité de son Amazonie, il coupa une grosse branche d’un coup de machette, s’y appuya, et prit la direction d’El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d’amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes. » (p. 130)

 

-          Ce conte aux allures philosophiques est admirablement bien construit, parfaitement équilibré. Il est dédié à Chico Mendès, devenu le symbole de la lutte ouvrière pour la préservation de la forêt amazonienne et de ses ressources naturelles face aux grands propriétaires.   

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Par-dessus bord de Kenneth COOK

 

Lecture commune avec : Hérisson 08, Hathaway et Anne

 

Le vieux qui lisait les romans d’amour, luis SEPULVEDA, traduit de l’espagnol (Chili) par François MASPERO, Metailié, 1992, 130 p., 13.57 euros

POCHE : Le vieux qui lisait les romans d’amour, luis SEPULVEDA, traduit de l’espagnol (Chili) par François MASPERO, Points, 1997, 327 p., 5 euros

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Challenge Rire et Humour

Publié le par Hélène

J'organise mon premier challenge :

 

rire-copie.jpg

 

 Voici le challenge qui égaiera vos blogs !!

 

Le principe : Partager des romans, bandes dessinées ou même essais qui vous ont fait rire ou sourire.

 

Date limite : février 2012

 

3 niveaux Rire sous cape : 3 livres

                Eclat de rire : 5 livres

                    Mort de rire : 7 ou plus

 

En sachant que vous pouvez piocher dans vos articles déjà publiés les deux titres qui répondent le mieux à ce challenge.

 

Rejoignez-moi et rions ensemble...

Publié dans Tags - challenges...

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Winter de Rick BASS

Publié le par Hélène

                              

 ♥ ♥ ♥

 "Je n'ai pas l'intention de quitter cette vallée." (p. 261) 

 

L’auteur :

 

Rick Bass est un écrivain américain. Il vit dans la vallée du Yaak depuis 1987, vallée qu’il défend ardemment contre l’exploitation forestière notamment. Il appartient au groupe que l’on nomme « Les écrivains du Montana ».

 

 

L’histoire :

 

Winter est le récit de l’installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans ces lieux isolés et désolés est décrite avec tellement de tendresse et  d’engouement, que j’avais sorti ma valise du placard... Puis sont venus les mois d’hiver, et à l’évocation des -35 mon petit cœur frileux a bondi et j’ai rangé bien sagement ma valise…

  

fix ranch

Fix Ranch

 

-          C’est un récit très similaire à « Indian creek » : rédigé sous forme de journal il nous offre le quotidien de ces hommes qui ont fait le choix de tenter la grande aventure… J’avais reproché à Pete Fromm l’absence de réflexions, et j’ai donc été très heureuse de les  trouver chez Rick Bass :

 

«  Il y a des forces dans les bois, des forces dans le monde, qui vous revendiquent, qui posent une main sur votre épaule si doucement que voue ne la sentez même pas ; en tout cas, pas au début. Tous les éléments les plus infimes – la direction de la brise un jour, l’unique petite phrase qu’un ami peut vous lâcher, un corbeau volant au-dessus de la prairie et décrivant un arc de cercle pour revenir – vous revendiquent, pour finir, avec une puissance cumulative. » (p. 114)

  

«  En fin d’après-midi, il y a un moment où la lumière devient si étrange, où elle prend de tels reflets de bronze et une si parfaite immobilité qu’on jurerait un ferrotype – on dirait qu’elle essaie de retenir cet angle particulier des rayons solaires le plus longtemps possible, afin de nous permettre de contempler les champs, les bois, les prairies sous cet éclairage contrasté une dernière fois avant de s’estomper. Une dernière fois…

Et nous contemplons. Nous restons plantés là, en l’honneur de la lumière, à regarder, sans rien faire d’autre. Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j’ai l’impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d’attente, de promesse est puissant. » (p. 120)

 

Pour ceux qui, comme moi,  à la lecture de ce passage auraient déjà pris leur billet d’avion :

 hiver.jpg

« Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l’époque où il a passé l’hiver du côté du Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l’est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres – si bien qu’ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s’était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi, je peux imaginer qu’il fasse aussi froid. » (p. 230)

  

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pendant cette lecture mon esprit a eu tendance à musarder, s’accrochant difficilement à certaines descriptions statiques. Etait-ce dû à un manque de concentration ou bien à quelques longueurs du récit… Je vous laisse seuls juges…

 

 

Premières phrases :

 

« J’avais déjà vécu dans les montagnes. J’avais même fréquenté une université bâtie à flanc de montagne, l’Utah State University, et jamais je n’avais été aussi heureux – non pas heureux d’être jeune, ou d’être étudiant, ou d’être libre, mais heureux tout simplement de faire partie du paysage, de me déplacer à travers une contrée aussi étrange et merveilleuse (je suis originaire du Texas et, après l’université, j’ai travaillé pendant plusieurs années dans le Mississippi.) Avec mon amie Elizabeth, j’allais souvent camper dans l’ouest. Nous aimions l’odeur que dégageaient les bois, le soir, et le lendemain matin, à notre réveil. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le livre du Yaak

Autre : Indian creek de Pete FROMM

 

Lecture commune avec Vilvirt, Anne, Somaja, Syl, Juliette, Emeralda 

D’autres avis : Pickwick

 

Winter, Rick Bass, traduit de l’américain par Béatrice Vierne, Gallimard, Folio, avril 2010,

 

Quelques liens : les écrivains du Montana, Le site de Yaak Valley

  

challenge nature writing 

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Petite sélection de romans d'amour pour la Saint Valentin

Publié le par Hélène

galets-coeur.jpg

 

 

La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS : de petites pépites très drôles sur le vie de couple.

 

La tournée d'automne de Jacques POULIN : une tendre histoire d'amour à l'aube de la retraite.

 

La double vie d’Anna Song de Minh Tran HUY  : un magnifique chant d'amour.

 

Le scandale de la saison de Sophie GEE : un décor historique pour un roman sentimental bien mené.

 

Les années douces de Hiromi KAWAKAMI : la relation particulière d'une jeune femme avec son ancien professeur.

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA : le récit d'une passion dévastatrice...

 

et une BD : Broderies de Marjane SATRAPI pour avoir une autre vision de la vie de couple...

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Wendy et Lucy de Jon RAYMOND

Publié le par Hélène

 

wendy et lucy

 ♥ ♥ ♥

  

L’auteur :

 

Jonathan Raymond est un romancier américain qui a publié de nombreuses nouvelles et en a adapté deux pour le grand écran : Wendy et Lucy et Old Joy.

  

L’histoire :

 

Les nouvelles de Jon Raymond, qui publie son premier recueil mais dont deux récits ont déjà été adaptés à l’écran, sont des fulgurances chargées de vie et d’émotion. Rien n’est aussi simple qu’il y paraît et le hasard entraîne le lecteur sur des chemins insoupçonnés. Vers l’Alaska, où Wendy, accompagnée de sa chienne Lucy, pense repartir de zéro. Dans les montagnes de l’Oregon, où deux amis, au cours d’une marche, tentent maladroitement de recréer une intimité autrefois partagée. Dans une banlieue de Portland où, pour tromper sa solitude, un homme invite à dîner les deux ouvriers mexicains qu’il a embauchés…

Directe et sensible, l’écriture de Jon Raymond saisit la profondeur d’une situation, la grâce d’un geste ou d’un regard, au-delà des apparences. Mais aussi la détermination secrète d’hommes et de femmes qui ne veulent pas céder à la fatalité.

Et c’est là toute la force de ce livre, à l’image de ses héros dérisoires et bouleversants. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les personnages mis en scène par Jon Raymond ont tous en eux une fêlure admirablement mise à nu par la magie du récit. Ce sont des êtres à fleur de peau qu’un rien pourrait faire basculer et qui pourtant portent en eux une force salvatrice qui les retient au bord du gouffre.

 

« J’étais incapable de dire si nous étions en train de filer vers l’horizon ou de plonger droit dans le vide. » dit un des personnages de « Old Joy »

 

-          Le temps est comme suspendu entre les personnages et leurs paroles, leurs actions, comme s’ils n’étaient que des marionnettes soumises aux aléas des décisions divines ou créatrices. Ils sont souvent dans des périodes de transition, venues après ou pendant un grand changement dans leur vie et cela leur confère un halo de grâce magique.

 

- Un auteur à suivre sans nul doute... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’aimerais beaucoup lire un roman écrit par Jon Raymond, je pense que le potentiel est là pour l’écriture d’un grand roman…

 

Premières phrases :

 

« Le son d’une cloche.

Les vibrations s’échappaient du bol martelé pour aller s’éteindre en douceur sur les murs de la pièce. Attentif à l’amplitude des sons entrelacés, qui frémissaient et qui chantaient comme pour eux –mêmes, j’ai écouté jusqu‘à ce que le dernier tintement s’amenuise et meure, et que se taise le flot de mes pensées. Une fois le silence revenu, j’ai levé de nouveau le maillet. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

D’autres avis chez Cathulu

 

Merci à Carol MENVILLE des Editions Albin Michel pour cette heureuse découverte.

 

Wendy et Lucy, Jon Raymond, traduit de l’américain  par Nathalie BRU, Albin Michel, Terres d’Amérique, octobre 2010, 284 p., 22 euros

  

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L'écriture sur le mur de Gunnar STAALESEN

Publié le par Hélène

                                 ecriture sur le mur

 ♥ ♥ ♥ ♥

« Que sait-on réellement de ses enfants ? » (p.61)

  

L’auteur :

 

Gunnar Staalesen est un romancier norvégien. Il crée en 1975 le personnage du privé Varg Veum, qu’il suivra dans une douzaine de romans, rencontrant un vif succès puisqu’ils se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires en Norvège.

 

L’histoire :

 

Un juge d’instance est retrouvé mort dans un hôtel de Bergen, affublé de dessous féminins. Peu de temps après, le détective privé Varg Veum est chargé d’enquêter sur la disparition d’une jeune fille, Thorild. Simultanément il reçoit des lettres anonymes qui contiennent un avis de décès : le sien…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         C’est un récit qui entraîne le lecteur dans un rythme effréné, sans aucun temps mort. Pas de fioritures, tout est voué à l’enquête et à son enquêteur. L’efficacité est garantie !

 

-         Varg Veum va plonger dans les affres de la période adolescente, période propice aux changements inexpliqués et aux rencontres quelquefois dangereuses… Quelles responsabilités portent les parents et l’entourage des enfants dans leur devenir ? Si le roman ne répond pas à cette problématique, il pose néanmoins intelligemment les bonnes questions sur une inquiétude récurrente chez les parents…

 

« Les enfants vont et viennent. Avant que vous ayez eu le temps de vous en rendre compte, ils sont grands et disparaissent. Certains sur la durée, d’autres en un clin d’œil. D’aucuns prennent le train pour Oslo, d’autres se cantonnent au bus pour descendre en centre-ville. Mais la direction est la même. Ils s’en vont, loin, très loin, pendant que leurs parents restent plantés là à se demander ce qui a bien pu se passer. Ou bien ils prennent contact avec quelqu’un comme moi pour chercher une raison. » (p.30)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-         Rien.

 

Premières phrases :

 

« Quand le juge H.C. Brandt, soixante-deux ans, fut retrouvé mort un vendredi de février dans l’un des meilleurs hôtels de la ville, uniquement vêtu d’un ensemble de sous-vêtements des plus raffinés, les rumeurs ne tardèrent guère. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Roman policier scandinave  

 

D’autres avis : Cathe

 

L’écriture sur le mur, Gunnar STAALESEN, Traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa Polar, février 2011, 352 p., 22 euros

 

 

challenge voisins voisines

 

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L’iguifou, Nouvelles rwandaises de Scholastique MUKASONGA

Publié le par Hélène

iguifou.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

 "La mort est partout en embuscade." (p.50)

 

L’auteur :

 

Scholastique Mukasonga est née au Rwanda et vit actuellement en Basse-Normandie où elle travaille. Ses deux premiers ouvrages, Inyenzi ou les cafards et La femme aux pieds nus, ont obtenu la reconnaissance de la critique et touché un large public.

 

L’histoire :

 

L’Iguifou (« igifu » selon la graphie rwandaise), c’est le ventre insatiable, la faim, qui tenaille les déplacés tutsi de Nyamata en proie à la famine et conduit Colomba aux portes lumineuses de la mort... Mais à Nyamata, il y a aussi la peur qui accompagne les enfants jusque sur les bancs de l’école et qui, bien loin du Rwanda, s’attache encore aux pas de l’exilée comme une ombre maléfique... Kalisa, lui, conduit ses fantômes de vaches dans les prairies du souvenir et des regrets, là où autrefois les bergers poètes célébraient la gloire des généreux mammifères... Or, en ces temps de malheur, il n’y avait pas de plus grand malheur pour une jeune fille tutsi que d’être belle, c’est sa beauté qui vouera Helena à son tragique destin... Après le génocide, ne reste que la quête du deuil impossible, deuil désiré et refusé, car c’est auprès des morts qu’il faut puiser la force de survivre.

L’écriture sereine de Scholastique Mukasonga, empreinte de poésie et d’humour, gravite inlassablement autour de l’indicible, l’astre noir du génocide. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Dans ses nouvelles, Scholastique Mukasonga donne la parole aux enfants de l’avant-génocide, quand la peur s’échafaudait lentement, pas à pas, semant ses grains insidieusement. Elle décrit un monde qui décline dans un quotidien grevée par la faim, la peur, l’appât du gain, l’exil à Nyamata...   

 

 « J’ignorais qu’au bout de l’exil s’ouvraient les portes de l’enfer. » (p. 46)

 

 Elle aborde le sujet de façon très pudique, par touches subtiles, en peignant la vie de ces enfants, hommes et femmes qui subissent une lutte qui n’a aucun sens pour eux. Elle suggère le massacre, mais jamais elle ne l’aborde de front, permettant ainsi au lecteur d’apprécier cette lecture pure et solaire qui cache une réalité sombre et sanguinaire.

 

-          Seule la dernière nouvelle « Le deuil » parle - mais toujours très délicatement - des années des génocides au travers le vécu d’une jeune exilée qui apprend à vivre avec la mort de tous ses proches :

 

« Ce n’est pas sur les tombes ou près des ossements ou dans la fosse des latrines que tu retrouveras tes Morts. Ce n’est pas là qu’ils t’attendent, ils sont en toi. Ils ne survivent qu’en toi, tu ne survis que par eux. Mais c’est en eux désormais que tu puiseras ta force, tu n’as plus d’autre choix, et cette force-là, personne ne pourra te l’enlever, elle te rendra capable de faire ce que peut-être aujourd’hui il t’est impossible de prévoir. La mort des nôtres, et nous n’y pouvons rien, nous a nourris, non pas de rancœur, non pas de haine, mais d’une énergie que rien ne pourra briser. » (p. 120)

 

 Cette jeune fille, c’est sans doute l’auteur elle-même qui a perdu les siens lors du génocide de 1994. Elle est l’une des rares rescapées de sa famille et par ces récits discrets, elle offre une digne sépulture à ses proches. Grâce à elle, nous n’oublions pas l’horreur afin de mieux lutter contre son retour…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court.

 

Premières phrases :

 

« Puisque, comme moi, parce que tu étais tutsi, tu as été déplacée à Nyamata, tu as conuu toi aussi cet ennemi implacable qui gîtait au plus profond de nous-mêmes, ce maître impitoyable auquel nous devions payer un tribut que, dans notre pauvreté, nous étions incapables d’acquitter, ce bourreau inlassable qui tenaillait sans répit nos ventres et brouillait notre vue, tu l’as reconnu, c’est l’Iguifou, la Faim, que nous avions reçu à notre naissance comme un mauvais ange gardien… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une saison de machettes de Jean HATZFELD

 

L’iguifou, Nouvelles rwandaises, Scholastique MUKASONGA, Gallimard, Continents noirs, 2010, 120 p., 13.50 euros

 

Je remercie Frédérique ROMAIN des Editions Gallimard.

Publié dans Littérature Afrique

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Le club Jane Austen de Karen Joy FOWLER

Publié le par Hélène

                                                club jane austen

♥ ♥ 

"Ce qui compte, c'est la simple habitude d'apprendre à aimer." (Jane Austen)

 

L’auteur :

 

Karen Joy Fowler est une écrivain américaine.

 

L’histoire :

 

La Californie, par un été caniculaire. Les grandes et les petites histoires d'un club singulier qui compte six membres. Soit un pour chaque livre de Jane Austen. Car, comme d'autres jouent au bridge, cinq femmes et un homme se rencontrent régulièrement autour de l'oeuvre de la plus grande romancière anglaise.  

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le prétexte du club de lecture offre une structure au roman : une réunion a lieu tour à tour chez un membre du comité de lecture pour parler d’un roman précis de Jane Austen. Ce chapitre est alors l’occasion de découvrir le passé de celui qui accueille les autres, par des flashbacks sur certaines parties de sa vie.

 

-          L’étude des sentiments des personnages est fine, ils sont tous attachants et leurs histoires banales sont tout aussi passionnantes que les intrigues créées par Jane Austen.

 

« Chacun était un monde en soi, minuscule mais complet » dit un des personnages en parlant des petites nappes d’eau (p.273), mais cette réflexion pourrait aussi s’appliquer aux personnages de ce roman.

 

Ils sont tous confrontés à la difficulté d'aimer et à ses corollaires.

 

-          C’est un roman plutôt optimiste, au ton gai, denrée rare de nos jours. Une clarté crépusculaire émane de ces pages, et éclaire ensuite notre quotidien d’un halo romanesque…

 

-          La fin est agrémentée d’un « guide du lecteur » : l’auteur répertorie d’abord les romans de Jane Austen en y adjoignant un bref résumé, puis elle retranscrit les réactions de la famille et des critiques littéraires ou écrivains et personnalités célèbres à la lecture des romans de Jane Austen, et enfin elle propose des questions pouvant être posées dans une discussion ayant pour objet son propre roman. Parmi celles-ci :

 

« Vous arrive-t-il de souhaiter que votre partenaire ait été écrit par un autre écrivain, que son dialogue soit meilleur, et sa manière de souffrir plus attrayante ? Quel écrivain choisiriez-vous ? » (p.333)

 

A méditer…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les personnages sont seulement croqués  dans un instant de leur vie, on aimerait en connaître quelquefois davantage sur eux.

 

Premières phrases :

 

« Chacun de nous possède sa propre Jane Austen.

Celle de Jocelyn a écrit de merveilleux romans sur l’amour et l’art de faire la cour, mais ne s’est jamais mariée. C’est elle qui a eu l’idée du club et c’est elle qui a choisi les membres. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le goût des pépins de pomme de Katharina HAGENA

 

Le club Jane Austen, Karen Joy FOWLER, traduit de l’anglais (EU) par Sylvie DOIZELET, Quai Voltaire,

 

Je remercie Caoline CHABOT des éditions de la Table Ronde pour cetet charmante immersion dans l'univers des sentiments...

 

D'autres avis chez : Allie, Karine,Manu...

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Nouvel an chinois

Publié le par Hélène

nouvelan_banniere.png

 

NOUVEL AN CHINOIS 2011
L'année chinoise du LAPIN DE METAL BLANC débute le 3 février 2011.

Le Nouvel An Chinois  农历新年 (nónglì xinnián) aussi appelé Fête du printemps 节(chunjié) ou Fête du Têt au Vietnam est la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier.

 

 

Voici quelques romans chinois que j'ai lus et appréciés :

 

Lao Che Les tambours : Dans la ville de Chongqing, livrée à la merci des bombardements japonais, le chanteur Baoqing tente de subvenir aux besoins des siens tout en surveillant le destin de Grace, sa fille adoptive. Mais si la jeune femme est déterminée à lutter contre la fidélité à un système qui la dégrade, c'est compter sans les réticences d'une société désespérément conservatrice. ¨Présentation de l'éditeur)

Chi Li Les sentinelles des blés : Contre l'avis de son mari, Mingli part pour Pékin à la recherche de sa fille adoptive, dont elle est sans nouvelles depuis trois mois.
A Pékin, cette quadragénaire rencontre ceux qui ont croisé Rongrong et découvre le vrai visage de sa fille, une personnalité qu'elle ne soupçonnait pas et qui correspond tellement à la Chine aventurière et affairiste d'aujourd'hui. Cet étonnant voyage à travers lequel Mingli tente de faire parler des inconnus, de les mettre en confiance en se livrant elle-même à quelques confidences, la renvoie peu à peu au socle de mémoire sur lequel s'est construite sa vie, et plus particulièrement à son enfance partagée avec Ruifang, la mère biologique de Rongrong, aujourd'hui perdue dans la folie.
Une mémoire au cours de laquelle brille l'icône des sentinelles des blés, ces graminées que le père de Mingli, un éminent agronome, leur avait appris à reconnaître et qui accompagnent cette histoire comme un leitmotiv poétique. Une très belle méditation sur le sens de la vie. Sans abandonner tout à fait le ton incisif qui a fait sa réputation, Chi Li parle ici avec mélancolie des destins qui divergent, de ce qui sépare les gens et des expériences communes qui les rapprochent. (Présentation de l'éditeur)

 

Qiu XIAOLONG : La danseuse de Mao

 

Dai Sijie Balzac et la petite tailleuse chinoise : En 1971, comme des millions d'autres jeunes citadins chinois, le narrateur et son ami Luo sont envoyés sur une haute montagne isolée voisine du Tibet, où ils seront "éduqués" par les paysans. Les adolescents ont trois chances sur mille de revenir un jour dans leur ville natale. Dans le village voisin, un autre jeune de la ville cache scrupuleusement une valise remplie de livres interdits : Balzac, Flaubert, Hugo, Kipling, Emily Brontë, Rousseau, Dostoïevski... Grâce à ces trésors, la ravissante petite tailleuse, jeune fille convoitée par tous, ne sera plus jamais la même. Écrit avec un accent de vérité confondant, un roman fort qui, tout en nous plongeant dans la Chine communiste, raconte une belle histoire d'amitié et d'amour, auréolée de la magie de la littérature. (Présentation de l'éditeur)

 

François CHENG Le dit de Tianyi : Alors qu'il se trouve en Chine, un énigmatique voyageur rencontre le peintre Tianyi, qu'il connaissait autrefois, et reçoit ses confessions écrites, celles d'un homme proche de la mort, vivant dans un hospice. Son récit s'ouvre sur une drôle d'histoire d'âmes errantes : Tianyi, est dans les années trente, un enfant de 5 ans qui décide de vouer sa vie à la quête de la beauté. Sa recherche esthétique l'amènera à découvrir la culture occidentale en même temps que la tradition picturale chinoise. Le récit se poursuit. Il embrasse un demi-siècle d'histoire. En arrière-plan défilent la guerre sino-japonaise, Paris dans les années cinquante où Tianyi part en exil, puis la révolution culturelle au moment du retour en Chine. Le Dit de Tyanyi est un livre bouleversant qui a connu un succès mondial. (Présentation de l'éditeur)

 

Gao XINGJIAN La montagne de l'âme : Dans les années quatrevingts, un homme s’embarque dans un long voyage pour fuir les troubles du Pékin communiste. Il suit la piste d’une mystérieuse montagne et traverse une Chine méconnue, infiniment riche, qu’il n’imaginait pas… À la recherche de luimême, son voyage est aussi spirituel et philosophique. Un roman poétique, teinté d’autobiographie, considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de la littérature du XXe siècle. (Présentation de l'éditeur)

Publié dans Littérature Asie

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La danseuse de Mao de Qiu XIAOLONG

Publié le par Hélène

danseuse-de-mao.jpg
 
♥ ♥ ♥
Un roman policier chinois très original
 
L’auteur :
Qiu Xiaolong est un auteur chinois de romans policicers. Il est également poète, comme son personnage principal, l’inspecteur Chen.
L’histoire :

L'inspecteur principal Chen est contacté par une amie qui lui demande son aide. La petite fille de son amie est soupçonnée de détenir un document sur Mao, document que veut récupérer le secrétaire du Parti. En effet, les documents sur le « grand timonier » sont légion à cette période, l'image de Mao ayant souvent flétri par leur lecture.
Son enquête va mener Chen vers la révolution culturelle, et plus délicat, vers la vie privée de Mao lui-même.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le personnage de l’inspecteur Chen : fin gastronome et poète doué,  ce personnage donne à la fois de la profondeur et de la légèreté au genre policier.


- L’environnement dépaysant et un fond historique intéressant : le roman se déroule dans la Chine actuelle, mais il fait ici référence à la Chine des années 30, et également à la Révolution culturelle. Si la quatrième de couverture laisse supposer que nous sommes en présence d'un livre historique, voire politique, avec la mention de Mao, la lecture du roman nous détrompe bien vite. L'ensemble est léger, facile à comprendre, simplifié pour le lecteur lambda.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-      Un peu léger.

-      Une intrigue policière peu haletante..

 

Premières phrases :

 

  "L'inspecteur Chen Cao ne se sentait pas d'humeur à prendre la parole à la réunion d'études politiques du Comité du Parti. L'ordre du jour, l'urgence de bâtir la civilisation spirituelle en Chine, le laissait perplexe..."

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : De soie et de sang

Autre : Meurtres à Pékin de Peter MAY

 

La danseuse de Mao, Qiu XIAOLONG, Liana Levi, mai 2008, 368 p., 19 euros

POCHE : La danseuse de Mao, Qiu XIAOLONG, Points policier, avril 2009, 315 p., 7 euros

 

D'autres avis : Cathe,

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