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Chance de Kem Nunn

Publié le par Hélène

Eldon Chance est neuropsychiatre expert auprès des tribunaux. Il est en instance de divorce et rencontre alors Jaclyn dans le cadre de son travail. La belle jeune femme souffre de troubles de la personnalité mais Eldon est tellement fascinée par elle qu'il décide de jouer le preux chevalier et de la sortir des griffes de son mari violent. Il rencontre alors D., un colosse bricoleur qui lui donne des conseils dans l'art de se battre et de résister à l'adversité.

Ce que j'ai moins aimé : Ce roman est bien trop long, trop lent, l'action ne démarre pas, les tergiversations de Eldon finissent par lasser. Le lecteur ne sait pas vraiment à quoi s'attendre : aura-t-il droit à un thriller ? A un roman psychologique ? Au milieu du roman, il tremble tout à coup pour la fille de Eldon qui risque de se faire enlever, et là, à défaut d'un roman de qualité, il pourrait peut-être avoir un bon thriller - ce qui n'est déjà pas si mal -. Mais non. Le manque de rythme prégnant refait surface, et l'intrigue s'embourbe à nouveau dans des chemins torturés, compliqués, qui mènent le lecteur au bord du ravin de l'abandon.

Bilan : Après l'excellent Surf City , consacré au monde du surf, cette exploration des profondeurs du cerveau humain se révèle un échec.

 

Présentation de l'éditeur : Sonatine éditions

D'autres avis : J'aurais du me méfier car les critiques étaient effectivement mitigées sur Babélio et ailleurs : Encore du noir ; Jean -Marc Laherrère ; Pierre Darracq

Du même auteur : Surf City

 

Chance, Kem Nunn, traduit de l'anglais (EU) par Clément Baude, Sonatine éditions, janvier 2017, 384 p., 21 euros

 

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Rencontre avec Paolo Cognetti

Publié le par Hélène

De passage à Paris pour quelques jours, j'ai eu la chance de partager un déjeuner avec Paolo Cognetti, l'auteur du beau roman Les Huit montagnes. Accompagné de sa charmante compagne, sa première lectrice, il a évoqué son parcours, ses passions, ses déceptions avec humanité.

Son parcours

S'il a décidé de partager son amour de la montagne à travers ce roman, il aime aussi la ville, étant lui-même né à Milan. Il a d'ailleurs consacré un guide littéraire à New-York en 2010, sur les traces des écrivains qu'il admire comme Ernest Hemingway, Raymond Carver. Il a également rédigé des nouvelles non traduites en français, principalement des portraits de femmes, écrites du point de vue féminin. Ce furent des étapes, avant son immersion dans le roman, comme un aboutissement de ces esquisses.

Son inspiration :

Les huit montagnes est un récit à résonance autobiographique dans lequel se rencontre la trajectoire de deux garçons : l'un rivé à la montagne comme un aimant, l'autre oscillant entre la ville et la campagne. Une belle amitié naît entre les deux garçons, amitié qui perdurera avec les années. Pour ces deux personnages, Paolo Cognetti s'est inspiré de sa propre vie, s'identifiant à Pietro, Bruno incarnant un très bon ami à lui. La mère de cet ami, est, comme la mère de Bruno, une taiseuse, qui ne quitte pas son village, et reste accrochée à ses montagnes, été comme hiver.

Paolo Cognetti  et sa compagne vivent eux-mêmes à la montagne six mois par an, dans un petit village du val D'Aoste. Ils repartent dans la vallée quand la neige arrive.

@www.panoramio.com

Si leur village ne compte que six habitants, il a connu une activité inahabituelle récemment puisque Paolo Cognetti y a organisé un festival dans la forêt, près de chez lui, alliant musique et livres. A cette occasion, le village a alors reçu la visite de plus de 3000 personnes ... http://www.ilrichiamodellaforesta.it/

Dans les Huit montagnes, l'auteur évoque ainsi cette lente désertion des montagnes, ces hommes et ces femmes qui partent vers la ville, ces villages qui se dépeuplent petit à petit, devenant des villages fantômes.

Ses lectures :

Souvent son roman est comparé à celui de Marcel Pagnol, La gloire de mon père, mais Paolo Cognetti ne l'a pas lu. Il apprécie Sylvain Tesson, et se reconnait dans son expérience contée dans "Dans les forêts de Sibérie". Son coeur penche évidemment aussi vers les écrivains montagnards, comme Ramuz, Mario Rigoni Stern, comme une évidence, mais aussi vers le magnifique roman Une vie entière de Robert Seethaler, ou l'écrivain norvégien Per Petterson.

Ses projets :

Malgré le fait qu'il souffre réellement du mal des montagnes, il projette de partir marcher trois semaines dans l'Himalaya. Suite à ce voyage, il écrira dans un premier temps un récit de voyage pour un magazine, et peut-être ensuite un roman si l'inspiration vient.

A suivre...

 

Je vous invite à visiter son blog http://paolocognetti.blogspot.fr/

 

Je remercie Valentine des éditions Stock pour l'invitation, qui m'a aussi permis de découvrir un restaurant atypique : le Niebé dans le 6ème arrondissement qui a l'avantage d'allier culture africaine et brésilienne et de proposer des plats vegan. Nous avons savouré le tofu sauté à la crème de manioc, curcuma, coriandre et riz noir, et en dessert, la mousse de fruits de la passion était divine, tout comme le bissap.

J'ai eu le plaisir également de croiser Audrey du blog Booksnjoy ainsi que des libraires comme Olivier Gallais de la Librairie Idéale dans le 7ème, Philippe de la librairie Le livre écarlate dans le 14ème, et la libraire de La belle lurette dans le 4ème

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Les huit montagnes de Paolo COGNETTI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"C'est dans le souvenir que se trouve le plus beau refuge"

Pietro est un enfant de la ville qui passe chaque été à la montagne. Il arpente les sentiers aux côtés de son père, un de ces êtres taiseux qui se livrent parfois au détour d'une promenade. Ses parents décident de s'établir chaque été à Grana, un petit village de la vallée d'Aoste.  Dans ce cocon naturel, à onze ans, Pietro rencontre Bruno, un montagnard de souche qui l'initie aux secrets de sa montagne. Les deux enfants deviennent amis, reliés par cet amour inconditionnel pour les torrents, les alpages et les glaciers.

Plusieurs années plus tard, les liens entre le père et le fils se sont distendus, Pietro a erré entre ville et voyage, et c'est auprès de Bruno qu'il vient se ressourcer pour, peut-être, se réconcilier avec le souvenir de ce père disparu, car "Il n'y a rien de mieux que la montagne pour se souvenir."

Il marche alors littéralement sur les traces de son père, arpentant une montagne que déserte un par un les hommes, descendant dans la vallée pour s'établir. Dans cette atmosphère aérienne, les montagnes apparaissent comme une évidence pour certains.

Avec humanité et bienveillance, Paolo Cognetti nous parle de la vie comme elle va, cahin caha, il évoque les choix quelquefois aléatoires, et derrière la façade qui se fissure, la vie, la passion, l'identité. Bruno le souligne à plusieurs reprises il n'aurait pas pu être quelqu'un d'autre qu'un montagnard, il ne pouvait pas aller à l'encontre de ce qu'il était, profondément. En cet être de la montagne, une once d'absolu irradie, en lui rayonne la pureté et l'intégrité inhérente à ces paysages qui ne trichent pas. La montagne se révèle alors comme un apprentissage, à chacun de trouver sa hauteur, l'endroit précis où il souhaite s'établir et vivre, pleinement, tranquillement.

 

Présentation de l'éditeur : Stock

Du même auteur : Le garçon sauvage

D'autres avis : Nicole ; Télérama ; Audrey

Vous aimerez aussi : Ma rencontre avec l'auteur

 

Les huit montagnes, Paolo Cognetti, traduit de l'italien par Anita Rochedy, Stock, 298 p., 21.50 euros

Merci à l'éditeur.

 

Publié dans Littérature Europe

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Linea Nigra de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Dans Le syndrome de la vitre étoilée, nous rencontrions Stéphanie qui essayait désespérément d'avoir un enfant avec Guillaume, avant de mettre fin à son couple pour une renaissance aux côtés de Luc. Dans Linea Nigra -  qui peut se lire indépendamment du précédent - nous retrouvons la jeune femme et son parcours de vie de la conception à l'accouchement, avec toutes les interrogations inhérentes sur le couple, l'amour maternel, mais surtout sur l'accompagnement de la femme enceinte et sa prise en charge par les professionnels de santé.

La jeune Stéphanie ressent une angoisse et les échos du monde médical ne la rassurent guère :

"La césarienne permet aux hommes d'avoir encore un peu de domination sur le corps des femmes, ces femmes si puissantes, ces femmes qui pourraient se passer d'eux bien souvent." p. 121

"Réfréner les ardeurs chirurgicales de mâles en manque de domination. La corporation des gynécologues-obstétriciens compte bien plus d'hommes que de femmes." p. 155

"Les femmes parfois disent non. Mais on leur demande alors de revenir à la raison. On ne les écoute pas. On ne cherche pas à les comprendre. On systématise." p. 155

Elles donnent même quelquefois des scènes délirantes : "Les femmes se laissent exercer une pression sur l'abdomen, au niveau de l'utérus, dans l'idée supposée que cela accélèrera la naissance. Certains soignants grimpent sur le ventre des femmes afin d'utiliser leur poids pour exercer cette pression. Cela arrive en France à un tiers de femmes qui accouchent pour la première fois." p. 145

La liste de tous les risques des nouvelles pratiques comme l'épisiotomie, le recours à l'ocytocine de synthèse font froid dans le dos...

Ainsi, la future mère choisit de s'orienter vers les maisons de naissance, pour un accompagnement plus en harmonie avec ce qu'elle recherche.

La personnalité humble et bienveillante de l'auteure transparait au fur et à mesure, et surtout, quand, avec une sincérité sans fard, elle reconnait certains de ses torts, de ces idées reçues qui ne passent pas l'épreuve de l'expérience. Elle avoue n'avoir rencontré ni bourreaux ni bouchers parmi le personnel médical mais des personnes compréhensives, et elle admet la médicalisation nécessaire. Ce roman est intéressant en ce sens : après avoir peint le pire, puis l'idéal avec les maisons de naissance, pour finir l'auteure propose sa propre réalité avec un aspect plus nuancé, entre compréhension et hyper technologie de l'accouchement.

Ce roman aux allures de documentaire offre ainsi une vision juste et touchante de ce moment si particulier de la vie d'une femme.

 

Présentation de l'éditeur : Fleuve Editions

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ 

D'autres avis : Lili Galipette

 

Linea Nigra, Sophie Adriansen, Fleuve éditions, septembre 2017, 19.90 euros

 

Merci à l'éditeur et à l'auteure...

 

Sur le même sujet : Nouvelobs

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Forum Fnac et Rencontre avec Lola Lafon

Publié le par Hélène

Du 15 au 17 septembre, ce sont plus de 10.000 personnes qui se sont donné rendez-vous en plein centre de Paris à la Halle des Blancs Manteaux, réaménagée pour l'occasion en un lieu convivial et chaleureux.

Je n'ai malheureusement pu me rendre au forum que le vendredi pour l'inauguration et pour une rencontre avec Lola Lafon, n'étant pas disponible les autres jours (de l'inconvénient d'avoir des vies parallèles au blog...)

Mais ce court moment lors de l'inauguration fut un vrai plaisir, j'ai retrouvé Caroline et sa robe rouge éclatante (blog Cultur'elle), Benoit ( à l'ombre du noyer), Eva et son sourire éclatant (Tu vas t'abîmer les yeux), Miss Léo (Me, Darcy and I), Nicole (Mots pour mots), Caroline ( Carobookine), Valentine Layet et sa bonne humeur (Stock), des serveurs serviables, des petits fours addictifs, du champagne à volonté (grâce aux serveurs aimables), des anecdotes cocasses entre l'agonie de l'Iphone de Caroline et les doubles vie follement romanesques de certains collègues de Eva et Caro, bref j'ai passé un excellent moment de joie et de complicité !

 

Après Gaël Faye et son Petit pays de l'an dernier, le prix du roman Fnac a été décerné à Véronique Olmi pour son roman Bakhita dont j'espère vous parler prochainement (et retenez le conseil de Benoit : aller au-delà des dix premières pages assez poignantes pour ensuite admirer la profondeur du roman)

 

 

Lola Lafon, auteure de Merry, Mary, Patty, nous attendait ensuite pour une rencontre entre blogueurs.

Elle nous a raconté comment le sujet était venu à sa rencontre par le biais de cette célèbre photo dérangeante de Patricia Hearst :

"Mais je ne voulais pas raconter l'histoire de Tania/ Patricia. Personne ne sait réellement ce qui a bien pu se passer dans la tête de Patricia pour rallier la cause de ses ravisseurs. On ne sait pas l'expliquer et c'est cela qui est intéressant. Elle n'a pas parlé, sinon, elle aurait fini en prison. Adopter son point de vue m'aurait obligé à prendre position, ce que je ne souhaitais pas. Ce n'est pas non plus un roman historique, Geneva et Violaine sont des personnages inventés.

Par contre ce qui m'intéressait était le procès et la réaction des gens face à ce retournement d'opinion. Les gens n'ont pas accepté que cette jeune femme, icône américaine, issue d'une famille riche et médiatique, ait pu tourner le dos à une vie iconique pour adhérer à la cause du SLA. L'ironie de l'histoire étant que son propre père gagne un argent fou en vendant ses journaux avec cette affaire faisant sa une.

C'est intéressant de voir comment en disparaissant, des personnages font apparaitre d'autres personnages.

Patricia, en étant prisonnière a conquis sa liberté, elle a observé son monde de l'extérieur et a compris de quoi le FBI et l'Amérique était capable. Elle a alors ressenti un profond dégout de l'Amérique, et a été profondément blessée par l'indifférence, c'est cela qui la heurte. Pour moi,  elle n'est pas déterminée à faire la révolution, mais elle est déterminée à être libre, cela passe par là car ces gens traversent sa route. Il a suffit d'une torsion de la vie pour changer les choses, elle qui se destinait à une vie bien rangée, à n'être qu'une jeune femme vouée au mariage, le SLA a bouleversé sa vie.

Violaine aussi a son importance. Quand les femmes parlent peu, elles disent beaucoup avec leurs corps, leur corps témoigne de la privation ou du contraire. Violaine parle avec son corps et elle a ainsi le pouvoir d'inquiéter tout le monde. La virginité politique de Violaine est une chance pour Geneva, son propre passé politique lui bloquant la vision. Violaine pressent, ressent l'essentiel parce qu'elle est étrangère à son monde, extérieure. Il y a une nécessité d'être décalée pour comprendre. Cette rencontre la renforce, la muscle, par un effet miroir, elle aussi dira "je suis vivante". Mais je ne voulais pas que ce soit soudain. Je voulais montrer que c'était possible, que changer les choses même après 40 ans est possible. Chacun a cette possibilité dans sa vie, de changer, il se passe toujours quelque chose à un moment, une porte s'ouvre, mais c'est très cinématographique de se dire que pif paf, on change de vie de but en blanc, on largue tout, le changement est souvent long, pas immédiat."

 

Lola Lafon a aussi évoqué son choix de narration, ce "vous" qui peut déranger certains lecteurs :

"Ce "vous" permet au lecteur de prendre position. Comme une lettre, une adresse, il est chargé d'émotion aussi, accusateur. Cette mise en abyme de la notion de procès permet d'impliquer le lecteur."

Quant à la question de savoir si "un message" sous-tend le roman, la réponse est cocasse et profonde à la fois :

"Je n'ai pas de message clair à faire passer, sinon je ne serais pas auteure mais postière -ce n'est pas de moi-. La littérature est un espace qui ouvre des mondes plus vastes, plus de liberté, d'imaginaire.

On peut rester dans le même immeuble toute sa vie et avoir une vie de richesse, il faut faire l'effort de voir le minuscule. En cela, le paysage des Landes était pour moi évocateur car il est assez monotone, des plages, du sable, des forêts de pins, du sable, des plages. On se perd facilement dans ces forêts si on ne prête pas attention aux détails. Tous les chemins ne sont pas les mêmes. C'est à chacun de prêter attention aux détails pour trouver son chemin."

Merci à Lola Lafon pour sa gentillesse et son écoute bienveillante.

 

Pour conclure, ce forum fut une belle réussite, et ceci grâce à la Team chic et choc que je remercie chaleureusement : pour la Fnac, Julie, Audrey, Maurine, pour l'agence Anne et Arnaud, Anne, Arnaud, Anaïs, Vincent.

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Merry, Mary, Patty de Lola LAFON

Publié le par Hélène

  ♥ ♥

"Il m'a appris que ce n'est pas le temps qu'on a qui compte mais la façon dont on existe. Ce qu'on décide de faire de son existence."

Février 1974 Patricia Hearst, la fille d'un célèbre magnat de la presse américaine, est enlevée par un groupuscule révolutionnaire. Les revendications sont particulières : le SLA réclame de la nourriture pour les pauvres du pays. Rapidement, Patricia épouse la cause de ses geôliers, tournant le dos au capitalisme pour rallier la cause de ses ravisseurs marxistes.

Lors de son procès, Gene Neveva est chargée de rédiger une "évaluation psychologique" qui permettrait d'innocenter la jeune femme et les actions révolutionnaires qu'elle a accomplie ensuite aux côtés du SLA. Elle choisit une jeune femme effacée, Violaine pour la seconder dans sa recherche de l'identité de la jeune Patricia / Tania. Qui est-elle ? "Une marxiste terroriste, une étudiante paumée, une authentique révolutionnaire, une pauvre petite fille riche, héritière à la dérive une personnalité banale et vide qui a embrassé une cause au hasard, une zombie manipulée, une jeune fille en colère qui tient l'Amérique dans le viseur ?" (p. 15) Qui vise t elle ? Son pays ? Ses parents ? Ou "Ceux qui ne l'ont pas crue, pas écoutée, ceux qui ne choisissent pas leur camp, coupable d'indifférence aux pauvres" ?

Mais au-delà de ces interrogations, pourquoi s'acharne-t-on contre elle et contre celles qui quittent les routes bien tracées de la civilisation ?

Installées dans les Landes, loin de l'Amérique, Violaine et Geneva observent l'envers de l'Amérique et de son système. Violaine, jeune femme anorexique fragile, évolue peu à peu au contact de Geneva et de Patricia. Lola Lafon peint de très beaux portraits féminins, s'interrogeant avec subtilité sur ce qui forge l'identité et sur ces chemins de traverse que la vie peut prendre quelquefois.

 

J'ai eu la chance de rencontrer Lola Lafon lors du forum Fnac, j'en parle ICI

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Télérama ; Bénédicte ; Claudialucia

Vous aimerez aussi : The girls de Emma CLINE

 

Merry, Mary, Patty, Lola lafon, Actes Sud, août 2017, 240 p., 19.8 euros

 

Merci à l'agence Anne et Arnaud.

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Les mois d'avril sont meurtriers de Robin COOK

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Londres le sergent narrateur travaille aux service des crimes non résolus. Ainsi, il se lance dans la traque d'un psychopathe après la découverte d'un corps bouilli réparti dans des sacs en plastique. Rapidement, il identifie le coupable et un face-à-face musclé s'annonce.

Le sergent est encerclé par la violence, qu'il s'agisse de la folie meurtrière de ces hommes qui semblaient des êtres normaux, sympathiques, mais sont capables de tuer de sans froid, puis de faire bouillir leur victime avant de la découper et de l'enfermer dans des sacs plastiques. Mais dans son passé, il a aussi été confronté au pire, son ex-femme ayant tuée leur petite fille Dahlia à cause du vol d'une tablette de chocolat. L'homme est démuni face à la folie des êtres, face à l'injustice d'un monde violent, il est rongé par les remords et les regrets, ressent des velléités de retour en arrière pour retrouver les êtres qui lui manquent.

Les confrontations entre lui et le coupable, ponctuées de nombreux dialogues, sont ainsi l'occasion de proposer en creux le portrait d'un homme désabusé.

Ce que j'ai moins aimé : une ambiance assez glauque...

 

Présentation de l'éditeur : Folio policier

D'autres avis : Encor du noir

 

Les mois d'avril sont meurtriers, une enquête du Service des décès non éclaircis, Robin Cook, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, un roman présenté par Nathalie Kuperman, Folio Policier, 2015, 318 p., 7.20 euros

 

Publié dans Roman policier Europe

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Pour un oui ou pour un non de Nathalie SARRAUTE

Publié le par Hélène

♥ ♥  ♥ ♥

Deux amis se retrouvent après une longue séparation. Ils s'affrontent alors autour des mots, l'éloignement ayant été provoqué par la phrase malheureuse de l'un d'eux.

Dans cette confrontation entre H1 et H2, si le poids des mots a son importance, les silences jouent un rôle non négligeable aussi, de ces pauses malencontreuses qui ouvrent à des interprétations multiples et variées. Telle intonation pourra être mal perçue, mal interprétée par l'être trouble qui se trouve en face de nous. Car derrière le rêve de transparence inhérent à toute communication, avorte le tropisme, ce quelque chose qui se tient tapi à l'orée de nos conversations.

D'interprétation malheureuse en connotations discordantes, finalement, ce seront deux camps adverses qui finiront par s'affronter : celui des "ratés", des contemplateurs artistes et celui des travailleurs plus matérialistes qui s'agitent. La condescendance souvent déplacée que les autres peuvent ressentir pour nous brouillent les messages.

"H.1 : Maintenant ça me revient : ça doit se savoir...Je l'avais déjà entendu dire. On m'avait dit de toi :《 Vous savez, c'est quelqu'un dont il faut se méfier. Il parait très amical, affectueux...et puis, paf ! Pour un oui ou pour un non...on ne le revoit plus.》 J'étais indigné, j'ai essayé de te défendre... Et voilà que même avec moi...
Si on me l'avait prédit...vraiment, c'est le cas de le dire : pour un oui ou pour un non...parce que j'ai dit : "c'est bien, ça"...oh pardon, je ne l'ai pas prononcé comme il fallait : 《 C'est biiiien...ça..." "

Par le biais de ces discours discordants, l'incommunicabilité entre les êtres qui se manquent "pour un oui ou pour un non" se jouent sous nos yeux.

 

« Cette opposition est celle, somme toute classique, entre l’homme public et la personne privée, celui qui vit dans le siècle et celui qui vit dehors, celui qui accepte la société et celui qui la refuse au profit d’une vie intérieure riche, d’une existence d’artiste pauvre et méconnu. L’originalité de la pièce consiste à confronter dramatiquement ces deux tendances en montrant comment chaque monde aspire aussi à s’approprier l’autre. H1 veut percer le secret de son ami, avoir accès à l’art, aux sensations ; H2 cherche à nommer, à apprivoiser le monde social extérieur, en mettant un peu d’ordre dans son monde intérieur. Mais ni la mondanité superficielle, ni le retrait du monde ne sont satisfaisants ou possibles ; ils sont plutôt – et telle est la leçon de leur combat – complémentaires comme le oui et le non, comme les deux plateaux de la balance ou les deux côtés d’un tourniquet. » Le théâtre contemporain, Patrice Pavis, Armand Colin 2011

 

 

Présentation de l'éditeur : Folio

 

Pour un oui ou pour un non, Nathalie Sarraute, Folio théâtre, 96 p., 1999, 5.90 euros

 

Publié dans Théâtre

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La vie du bon côté de HADA Keisuke

Publié le par Hélène

♥ ♥

A vingt-huit ans, Kento vit chez sa mère avec son grand-père. Il a démissionné de son dernier emploi et erre dans la maison, désoeuvré, tout comme son grand -père. Ce dernier se plaint sans cesse, son leitmotiv se résumant à "Je ferai mieux de mourir". Lassé, et par esprit de bienveillance, Kento décide de l'aider à mourir en limitant ses efforts pour l'affaiblir. C'est en s'intéressant à cet être sur la pente descendante que Kento trouvera lui-même le courage de remonter la pente et de se prendre en mains.

"Malgré tout, ce moment quotidien de la journée qu'il consacrait à son grand-père était davantage une source de sérénité que de stress. Il avait beau échouer à ses entretiens d'embauche et ne pas avoir un sou, il se sentait valorisé. Il dormait sur ses deux oreilles, était capable de marcher, de courir même, et de porter des charges lourdes ; quand il tombait malade il guérissait vite. il avait une belle peau aussi. Côtoyer son grand-père lui avait permis de prendre conscience de tout cela."

Si le vieillissement de la population est une tendance mondiale, le Japon est détenteur de la plus longue longévité des pays membres de l'OMS. A travers cette relation particulière qui s'établit entre ce grand-père et son petit-fils, l'auteur s'interroge sur ces questions inhérentes à sa société.  Comment gérer cette longévité, aussi bien personnellement qu'économiquement parlant ? Les systèmes mis en place ne sont pas nécessairement appropriés, certains établissement bafouant allègrement la dignité des personnes âgées.

Mais en faisant le choix de suivre la trajectoire d'un jeune homme et d'un vieillard, l'auteur rappelle aussi que la dignité humaine n'a pas d'âge et que, quelque soit sa situation, l'être humain est responsable de ce qu'il est.

Ce que j'ai moins aimé : un peu répétitif, l'ensemble manque de peps.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Jérôme ; Virginie

 

La vie du bon côté, Hada Keisuke, roman traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, 2017, 148 p., 16.50 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Album de Gudrun Eva MINERVUDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥

Comment évoquer notre enfance autrement que sous forme d'instantanés, flashs issus de notre mémoire sélective ou souvenirs créés eux-mêmes par les récits ou photographies des parents ? L'enfance ne serait-il qu'une création de notre être ? 

Album nous permet de feuilleter sous forme de textes courts l'enfance et l'adolescence d'une petite fille qui vit en Islande auprès de sa mère divorcée. Son grand-père est en prison et sa mère se met en couple avec un nouvel homme qui lui apporte un demi-frère, puis une petite soeur. Puis, vient l'heure de la séparation, douloureuse puisqu'il faut quitter ce demi-frère à qui la narratrice s'était attachée.

Par touches subtiles, l'enfance et ses sensations millénaires prennent formes : les tactiques pour éviter le pot, les étés à la ferme, les amitiés, l'amour des livres, les cauchemars de spaghettis meurtriers, la fierté du vélo rouge, les chevaux...

Puis l'adolescence se profile, l'esprit qui s'éveille et comprend de mieux en mieux ce qui l'entoure, les implications, perdant peu à peu son insouciance pour une meilleure compréhension du monde.

Un condensé d'enfance sensible et touchant comme elle s'installe dans la mémoire, par touches, flashs diffus, scènes décousues qui marquent on ne sait pas bien pour quelle raison.

L'ensemble crée un être humain de chair et de mots touchant et attachant.

Cet ouvrage a reçu l’Icelandic Literary Prize.

Mes réticences :  Je l'ai trouvé un peu court et rapide pour réellement être conquise par cette évocation de l'enfance.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Tusitala ; Pocket

D'autres avis : Découvert chez Jérôme ; Aifelle

 

Album, Gudrun Eva Minervudottir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, Pocket, 2015, 113 p., 5.40 euros

Publié dans Littérature Europe

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