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Le mois anglais 2017

Publié le par Hélène

Le mois anglais est de retour toujours brillamment organisé par Lou et Cryssilda

Comme le dit cette dernière "C'est le moment de dépoussiérer votre plus belle théière, de sortir vos recettes de scones, vos mugs "England Forever", vos parapluies, votre intégrale de Dickens et vos albums de vacances favoris !"

Au programme, voici "quelques" rendez-vous communs :

Personnellement comme chaque année j'avais un programme ambitieux, puis j'ai commencé par la lecture du Bois du rossignol que j'ai abandonné, puis de Une mercedes blanche avec des ailerons abandonné également. Parallèlement, j'ai entamé la lecture d'un pavé indonésien publié chez Zulma qui a d'autant plus ralenti mon rythme de lecture...

J'avais déjà lu Un jour dont parlera le blogoclub le 1er juin, je passe donc mon tour (d'autant plus que je n'avais pas aimé !)

J'ai tout de même lu un Doris Lessing Le rêve le plus doux (moyen) pour la lecture commune du 3 juin et l'excellent Le dimanche des mères de Graham Swift dont je vous parlerai lundi prochain !

 

Je reste ambitieuse, voici les titres retenus :

Les filles du lion de Jessie Burton

L'amant de Lady Chatterley de Lawrence

La promenade au phare de Woolf pour le 10 juin

Mary Barton de Gaskell pour le 14 juin

A perdre haleine de Aga Lesiewicz pour le polar du 24 juin

 

et (-éventuellement-) :

Un homme de tempérament de Lodge

L'excellence de nos aînés de Compton

Un Agatha Christie

Tess d'Uberville de Hardy

Un certain goût pour la mort de PD James

 

A suivre, au plaisir de vous retrouver pour partager des coups de coeur anglais !!

 

Publié dans Littérature Europe

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Déceptions du mois de mai

Publié le par Hélène

Le saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

Pitch : « La Corse. Boisée. Montagneuse. Désertique. Magnifique. Mer bleue. Minuscules coques blanches des bateaux jetées dans l’eau comme une poignée de graviers. Côtes brunes. Nouvelle palettes de couleurs. »

Le peintre Jérôme Magnier-Moreno a mis dix ans pour écrire une histoire qui ne parle de rien – ou presque ; un jeune homme parti pêcher le long du GR20… Un premier roman initiatique procurant une impression unique de liberté.

Mon avis : Le résumé dit que ça ne parle de rien. C'est bien ça le problème. Parce que le projet de voyage du jeune narrateur tombe plus ou moins à l'eau étant donné que son compagnon d'aventures ne vient pas au rendez-vous. En fait ce récit est inclassable : il n'est ni poétique, ni drôle à mon goût, ni philosophique, ni écologique ou que sais-je encore. Il raconte juste un voyage lambda, voyage que tout un chacun aurait pu vivre et raconter. En effet le style de l'auteur n'est pas non plus très littéraire, plus télégraphique que proustien... Mais ce qui finit par franchement être dérangeant est cette manie d'user et d'abuser des situations scato-sexo, le summum étant tout de même ponctué par la description détaillée de l'issue d'une tourista carabinée. Presque chaque soirée sous les étoiles est animée par une branlette poétique à souhait, bref tout est prétexte "Pour un homme, c'est typiquement le moment de choisir un arbre à sa convenance contre lequel se soulager, ce que je ne tarde pas à faire avec cette nonchalance animale qui caractérise les bipèdes de mon sexe." p. 48

Vous l'aurez compris, je n'ai pas adhéré à ce récit, mais les avis sur la blogo à qui l'auteur a envoyé son livre, sont plutôt positifs...

Présentation de l'éditeur : Editions Phébus 

D'autres avis Jostein ; Nicole ; Nathalie ; Cathulu ; Antigone ; Keisha ;

La loi des sames de Lars Petterson

Pitch : Kautokeino. Localité de Laponie norvégienne où des Sames – un peuple autochtone – continuent à vivre de l’élevage des rennes, et selon des traditions ancestrales.
Anna Magnusson, jeune substitut du procureur à Stockholm, mène une existence à mille lieues de ses origines sames, que sa mère a reniées en venant vivre en Suède… Jusqu’au jour où sa grand-mère l’appelle à l’aide : son cousin Nils Mattis est accusé de viol. Chargée de trouver un arrangement avec la plaignante, Anna accepte de retourner à Kautokeino, qui n’évoque pour elle que de lointains souvenirs d’enfance.
Une fois sur place, rien ne se passe comme prévu. Traitée comme une étrangère, Anna se trouve confrontée aux lois implicites qui règnent dans ces contrées reculées. Entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme se rend compte que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une situation bien plus complexe. Commence pour elle une périlleuse enquête, qui lui fera redécouvrir ses racines et l’univers de ses ancêtres.
Originellement conçu comme un scénario, La loi des Sames est un thriller qui se vit, se voit, se ressent.
Le regard fin et perçant de Lars Pettersson nous plonge au cœur de la société same. En suivant son héroïne courageuse et sensible, incarnation de la tension entre le moderne et le traditionnel, le lecteur saisit en profondeur ce qui pourrait sembler indicible : le poids des attentes familiales, la place des origines dans le façonnement de notre identité, la majesté des paysages polaires…

Mon avis : Je suis surprise en lisant le pitch pour la préparation de ce billet d'apprendre que initialement ce roman était prévu pour être un film car le défaut principal pour moi est qu'il manque de rythme, qu'il n'avance pas suffisamment, et reste répétitif dans ses scènes. L'héroïne passe son temps à errer sans fin dans les paysages glacés. La réflexion de fond est intéressante, entre ceux qui choisissent de rester pour les terres et pour honorer les ancêtres et leur histoire et ceux qui font le choix de partir, mais ladite réflexion tourne en rond. L'ensemble est lonnnngggg...

D'autres avis : Babelio

Sur Babélio les avis se rejoignent effectivement, j'aurais mieux fait de consulter les avis avant de me lancer dans la lecture de ce roman !

Le bois du rossignol de Stella Gibbons

Pitch : Charmante écervelée, Viola Wither se retrouve veuve à vingt et un ans. Frivole et sans le sou, elle n’a qu’une porte de sortie : quitter Londres et emménager chez sa belle-famille. Entre ennui mortel et hystérie, la vie à la campagne est tristement cocasse. Jusqu’au jour où elle s’éprend du plus beau parti de la région, promis à une autre. Et qu’elle flirte avec lui…

Une comédie pétillante et poivrée, dans la lignée d’une Jane Austen qui aurait revisité Cendrillon.

Mon avis : En prévision du mois anglais je l'ai sorti de ma PAL je me souvenais que Keisha avait adoré. Mais... Je n'ai pas trouvé les personnages attachants, je n'ai pas trouvé le fond très profond, et je l'ai finalement abandonné en cours de route...

Présentation de l'éditeur : Points

 

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La vraie gloire est ici de François CHENG

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Dehors un matin de mai

qui s'offre, clair et plein, heureux

D'être reconnu par toi,

d'être simplement là, en soi."

En peu de mots, en quelques vers, en quelques sons, dire l'essence du monde. Chanter sa beauté, chanter sa puissance, chanter l'étonnement de l'humain qui pénètre à pas de velours aux côtés de son incandescence et qui n'en finit pas de s'étonner d'être là. Le poète sait intuitivement être présent au monde et accepter ce qui luit, comme il accepte l'obscurité inhérente à la vie.

Les mots enchantés de François Cheng résonnent puissamment en nos âmes.

"Voici que la sève a gravi les degrés

du haut fût jusqu'à la cime,

Que les branches ont poussé leur effervescence

jusqu'aux confins du désir,

Vois : même réduite en fumée, la saison

garde sa flamme incandescente ;

Viens : réponds oui à l'invite à habiter

corps et âme le lieu vacant.

 

Dans le souffle éternel, tout instant est gloire de la donation totale."

 

"Le diamant de l'instant

taille à vif

Dans les interstices."

 

"Ce quelque chose - ou quelqu'un-

Venu de loin

Qui nous effleure avec douceur,

Dans la vélléité de l'aube,

Pour nous annoncer que toujours

Le monde recommence.

 

Il nous entoure d'une tunique d'herbe

Et de rosée,

Puis s'en va à pas d'écureuil,

Nous laissant inter-dits,

Dans le jour iné-dit

Qui déjà commence."

 

"Don de l'instant,

Quand, au bout du temps vécu,

Après mille perditions, te voilà

Revenue dans l'infini du soir,

Chevelure auréolée d'étoiles,

D'un seul mot aimantant tout,

Tu annonces au guetteur éveillé

Le dès l'origine promis,

Le depuis toujours déjà là

Avènement."

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur : Quand reviennent les âmes errantes ♥ ; Oeil ouvert coeur battant

 

Publié dans Poésie française

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Des lions comme des danseuses de Arno BERTINA

Publié le par Hélène

Le roi de Bangoulap, un village du pays bamiléké au Cameroun, décide d'intenter une procédure contre le Musée du Quai Branly. Il s'indigne en effet de devoir payer 12 euros pour accéder aux oeuvres d'art de son pays, alors que l'accès est gratuit pour d'autres. S'il demande initialement l'accès gratuit aux oeuvres de son pays, mais de fil en aiguille, les revendications se durcissent. D'où l'expression "On lève un lièvre, et c'est un lion"...

Dans cette courte fiction placée dans un futur imaginaire, l'auteur s'interroge sur l'accès à la culture et surtout sur la spoliation des biens culturels africains pratiquée par les pays fondateurs de l’Union européenne durant les années de colonisation et encore aujourd'hui. Plus largement ce sont les rapports entre l'Afrique et l'Europe qui se retrouvent au centre de cette fable dans laquelle le "Dieu Pognon" est en passe d'être destitué...

Ce que j'ai moins aimé : un peu court et expéditif.

 

Présentation de l'éditeur : La contre allée http://www.lacontreallee.com/catalogue/fictions-deurope/des-lions-comme-des-danseuses

Collection Fictions d'Europe : collection née d'une rencontre entre la maison d'édition La Contre Allée et la Maison euopéenne des sciences de l'homme et de la société. Désireuses de réfléchir ensemble au devenir de l'Europe, La Contre Allée et la MESHS proposent des récits de fiction et de prospective sur les fondations et refondations européennes.

 

Des lions comme des danseuses, Arno BERTINA, La contre-allée, 2015, 60 p., 6 euros

Un mois en éditeur

 

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Monsieur Origami de Jean-Marc CECI

Publié le par Hélène

« A quoi sert-il d'avoir si être nous manque. »

Maître Kurogiku vit seul dans une grande maison abandonnée en Italie. Arrivé du Japon 40 ans auparavant, il passe ses heures à s'adonner à l'art du washi, papier papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. L'arrivée d'un jeune homme, Casparo, qui "voudrait construire la montre qui puisse contenir toutes les mesures du temps." va bouleverser son équilibre.

"Je fais sans doute comme vous : je passe mon temps à une activité dont personne ne voit l'utilité. C'est sans doute ce que l'on appelle la passion." p. 56

Entre silences et mots suspendus, les échanges entre les deux hommes s'esquissent avec subtilité, modelant peu à peu leur âme vers le changement.

Autour de l'origami, art ancien populaire venu de Chine et apporté au Japon par des moines bouddhistes, se tisse un roman délicat, placé sous le signe du dénuement.

"L'origami le plus populaire et symbolique au Japon est la grue.

La légende raconte que si l'on parvient à plier mille grues en papier, tous nos voeux se réalisent.

Senbazuru. La légende des mille grues." p. 43

Une belle poésie philosophique se dégage de ces pages;

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : TéléramaBabélio

Vous aimerez aussi : Neige de Maxence Fermine

 

Monsieur Origami, Jean-Marc Ceci, Gallimard, août 2016, 128 p., 15 euros

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Traits d'union de Cécile CHARTRE

Publié le par Hélène

Thibault est issu d'une famille bourgeoise, il vient d'avoir son bac, et a tout pour être heureux. De plus, aussi étrange que cela puisse paraître vu son jeune âge, il se marie avec Tess, une magnifique jeune femme.

Les points de vue alternent pour parler de la fête du mariage : on écoute le meilleur ami prêt à tout pour lever une fille, Lily, amoureuse éconduite, la cousine qui a vu une scène qu'elle n'aurait pas dû voir et qui menace de tout révéler, tata Odette, incontournable, la mère envahissante, le père dépassé...

De fil en aiguille, en creux, se construit un portrait de la famille, qui prouve encore une fois que les apparences sont trompeuses...

L'auteur aborde des questions d'actualité par le biais d'une construction dynamique, propre à intéresser des adolescents.

Ce que j'ai moins aimé : Je me suis doutée assez tôt du secret en question.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Le Muscadier

La Collection Rester vivant : propose des nouvelles et romans qui parlent du monde d'aujourd'hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s'adresse en priorité aux pré-ados, aux ados... et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l'asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d'attiser l'imaginaire du lecteur, d'éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs.

D'autres avis : Noukette ; Jérôme, ; Fanny, Hélène

 

 

Merci à Noukette et Jérôme pour la découverte ! Leurs 13 pépites incontournables sont ICI

 

Traits d'union, Cécile Chartre, Le Muscadier, 2016, 66 pages, 8.50 euros

Publié dans Jeunesse Roman

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Ca nous apprendra à naître dans le nord de Amandine DHEE et Carole FIVES

Publié le par Hélène

"Quand t'es née dans le Nord, t'as forcément des ouvriers qui se raccrochent désespérément aux branches de ton arbre généalogique, un sandwich à l'omelette à la main."

Carole Fives et Amandine Dhée sont en résidence d'écriture "afin de créer du lien social et des espaces de dialogues en développant un travail de questionnement des mémoires et de l'histoire d'un territoire, et contribuer à sa transmission et à la valorisation d'un patrimoine..."  et dans ce cadre, elles enquêtent sur l'histoire ouvrière en berne du quartier de Fives, à Lille. Entre tribulations dans le quartier, interventions des habitants, les deux auteures se retrouvent souvent autour d'un café dans les bistrots du coin pour discuter de l'avancement de leur projet - ou de sa stagnation...

Au final, les deux femmes nous offrent un patchwork désopilant, original au ton humoristique, léger et grave à la fois.

Un supplément audio est disponible sur le site de l'éditeur : Louise Bronx mène l'enquête à sa façon et collecte des sons dans l'environnement sonore du quotidien et les harmonise ensuite en temps réel au contacte de Carole Fives et Amandine Dhée. Un complément très appréciable !

Une belle réussite !

 

Présentation de l'éditeur : La contre allée

D'autres avis : Cathulu ;  Babélio

Des mêmes auteurs : de Carole Fives : Une femme au téléphone ♥ ♥ ♥ ♥ ; Quand nous serons heureux ♥ ♥ ♥; C'est dimanche et je n'y suis pour rien ♥ ♥ ♥ ♥

 

Ma participation pour Un mois un éditeur consacré ce mois-ci aux éditions de la Contre Allée

 

http://yspaddaden.com/

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Parenthèse Patagonie de Aude PICAULT

Publié le par Hélène

La couverture attire tout de suite l'oeil, avec ce style épuré qui dit l'essentiel, la simplicité d'un paysage primitif. En novembre 2014, Aude Picault part pour la Patagonie sur un coup de tête et les paysages sans limites l'inspirent. Les aquarelles qu'elle ramène sont magnifiques mais malheureusement, le texte qui les accompagne est sans aucun intérêt.

Entre le style qui manque de poésie alors que le lieu aurait pu l'inspirer : "Ce paysage me désole et j'attrape un coup de soleil de la mort.", l'emploi systématique du "on", "On croise le phare des Eclaireurs" , les textes se contentent de décrire ce qui arrive sans poésie, même les rencontres ne sont pas mises en valeur.

Restent ces très belles aquarelles ...

Présentation de l'éditeur : Dargaud

La Bd de la semaine est chez Stephie

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Le coeur sauvage de Robin MACARTHUR

Publié le par Hélène

Dans ces courtes nouvelles, les personnages tapis au fin fond du Vermont semblent tous attendre quelque chose qui n'arrive pas.

"On attend l'orage, on le sent venir à travers les arbres. On attend Robbie, le petit copain de ma mère aux dents toutes cariées. On attend l'aube, ou bien demain, ou bien l'année prochaine, c'est selon. Les feuilles bruissent. Des flots de nuages laiteux passent dans le ciel. La rivière appelle à elle l'eau des nuages. Maman dit que ça lui rappelle l'odeur du désir et renverse la tête en arrière, humant l'air."

Etres indécis, ils oscillent sans cesse, à la fois prisonniers de leur enfance et de leur lieu de naissance, rêvant de liberté et de grands espaces, loin de la fibre primitive, et pourtant, quand ils partent, ils reviennent et retrouvent là un petit quelque chose d'eux-mêmes, de profondément humain et émouvant.

"Il y a deux mondes auxquels je n'appartiendrai jamais, ai-je répliqué. Chez moi et ailleurs." Les femmes de chez moi

"Non, je ne déteste pas cet endroit ; je déteste ce qui m'arrive quand je m'y trouve. Je déteste l'attirance qu'il exerce sur moi. Le fait qu'il ne conduise nulle part ailleurs qu'à lui-même. Le fait que tout le monde dépende de tout le monde et qu'un individu ne puisse pas être libre. Cet endroit est trop beau pour qu'on le déteste", dis-je" p. 195 Les femmes de chez moi

Ils sont conscients de ce qui sépare les êtres : la maladie, la guerre, le racisme. Mais, au-delà des drames, la lumière jaillit soudainement. Dans Là où les prés tentent d'exister un homme revient dans la maison de son enfance où un drame s'est produit vingt ans auparavant. Il ressent la lourdeur de l'atmosphère mais soudain un rayon de lumière surgit sous les traits d'une jeune fille qui invite le narrateur à venir voir des petits veaux nouveaux nés.

"Je m'arrête un moment sur cette route, les bras ballants, et je ferme les yeux en me disant que la vie nous offre peut-être plus d'une chance de nous en sortir, ou différentes formes de chance, et je me remets à marcher vers l'endroit où je suis né (...)" p. 144

Dans Silver creek, une mère et sa fille partagent une baignade et dans Avoir des ailes, elles désherbent les petits pois, côte côte, complices pour un instant. Enfin, dans la dernière nouvelle, magnifique, Les femmes de chez moi, une fille revient vers sa mère atteinte du cancer, mais l'une et l'autre refusent de se résigner, et aux côtés de Kirsty la meilleure amie de la fille, elles dansent sous les étoiles, profondément vivantes.

De portraits en portraits, l'auteur a réussi à saisir l'âme du lieu et de ses habitants et si elle nous fait découvrir avec tendresse "les femmes de chez elle", elle nous parle surtout de la vie comme elle va, cahin-caha, mais qui vaut, malgré tout, toujours le risque encouru.

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

D'autres avis : Lecture commune avec Electra.

 

Le coeur sauvage, Robin Macarthur, traduit de l'américain par France Camus-Pichon, Albin Michel  terres d'Amérique, 2017, 213 p., 19 euros

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Tout ce qui est solide se dissout dans l'air de Darragh McKEON

Publié le par Hélène

Prix Lire-L'Express du Premier roman étranger 2015

Plusieurs destins se croisent à l'aube du 26 avril 1986 : Evgueni, un petit pianiste de neuf ans, Maria, sa tante qui travaille à la chaine sur des pièces de voiture, Grigori, un chirurgien dans l'hôpital voisin, et dans la campagne biélorusse, Artiom, un jeune garçon qui observe des phénomènes étranges dans la campagne de cette aube nouvelle. A côté, à Tchernobyl, le réacteur n°4 prend feu... Nul ne sait quelle est la procédure à suivre dans ce cas. Et l'onde de choc s'étend peu à peu...

Ce roman a le mérite de décrire dans les détails les coulisses de la catastrophe de Tchernobyl : les indécisions des uns et des autres, la population ignorante encore, les effets qui se font sentir petit à petit, les médecins démunis face à l'innommable...

Ce que j'ai moins aimé : les personnages ne réussissent pas à être attachants, la description est presque trop documentée, trop chirurgicale à mes yeux. Je n'ai guère été enthousiasmée...

 

Présentation de l'éditeur : 10-18 ;  Belfond

D'autres avis : Télérama

Sur le même thème : le magnifique roman d'Antoine Choplin, La nuit tombée, et la bande dessinée tout aussi belle de Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl

 

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, Darragh McKeon, traduit  de l'anglais (Irlande) par Carine Chichereau, 10-18, 456 p., mars 2017, 8.80 euros

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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