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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥ 

«Le courage, c’est savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. » (p. 171)

 L’auteur :

Harper LEE est une romancière américaine. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est son unique roman, publié en 1960.

L’histoire :

A Maycomb, dans une petite ville de l’Alabama, vit la petite Scout aux côtés de son père Atticus FINCH, de son frère Jem et de leur cuisinière Calpurnia. Ils ont perdu leur mère jeune et sont élevés de façon plutôt libérale par leur père avocat. Scout va raconter comment leur vie bien rangée a basculé le jour où Atticus a choisi de défendre un noir accusé du viol d’une blanche.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Le portrait d’un homme exceptionnel : Atticus élève seul ses enfants et tente de leur inculquer une humanité qui pour lui devrait être inhérente au genre humain. C’est un homme droit qui n’hésite pas à défendre un noir dans un contexte tourmenté, même s’il se doute que ce ne sera pas sans retombées sur sa vie et sur sa famille. Mais il voit en Tom Robinson un être humain qui mérite autant qu’un blanc son soutien.

« Tu ne comprendras jamais aucune personne tant que tu n’envisageras pas la situation de son point de vue… » (p.51)

- Un superbe roman d'initiation : Scout et son frère vont mûrir au cours de ces années, et leur passage vers l'adolescence est subtilement orchestré par ces évènements si forts.

-          Le portrait d’une époque :

L'ambiguité de ces hommes et de ces femmes qui condamnent Tom est prégnante : ils réprouvent le comportement d’Hitler envers les Juifs mais n’hésitent pas à agir de même envers les Noirs.

« Comment peut-on tellement détester Hitler si c’est pour se montrer odieux avec les gens de son pays ? » demande Scout désarmée devant le comportement de son institutrice. (p.367)

monsieur-smith-au-senat.jpg-          Un magnifique plaidoyer  pour la tolérance et la justice qui n’est pas sans rappeler le film de Franck CAPRA « Monsieur Smith au Sénat » 

 « Nous savons que tous les hommes  ne naissent pas égaux au sens où certains voudraient nous le faire croire – certains sont plus intelligents que d’autres, certains ont plus de chances parce qu’ils sont nés ainsi, certains hommes gagnent plus d’argent que d’autres, certaines femmes font de meilleurs gâteaux que d’autres-, certains sont plus doués que la moyenne.

Mais ce pays met en application l’idée que tous les hommes naissent égaux dans une institution qui fait du pauvre l’égale d’un Rockefeller, du crétin l’égal d’un Einstein, et de l’ignorant l’égal de n’importe quel directeur de lycée. Cette institution, messieurs les jurés, c’est le tribunal. » (p. 306)

Ce que j’ai moins aimé :

- C’est un roman parfait devenu à juste titre un classique…

- Mais pourquoi Harper Lee n'a-t-elle écrit qu'un seul roman ?????

 

Premières phrases :

« Mon frère Jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisées ses craintes dde na jamais pouvoir jouer au football, il ne s’en préoccupa plus guère. »

 

Vous aimerez aussi :

  Jim Glass de Tony EARLEY

 

 Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper LEE, Editions de Fallois, janvier 2005, 345 p., 19.80 euros

POCHE : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper LEE, Le livre de poche, août 2006, 447 p., 6.50 euros

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Purge de Sofi OKSANEN

Publié le par Hélène

                                                        purge

 ♥ ♥ ♥ ♥

 Prix fémina étranger 2010 et Prix roman Fnac 2010

LE roman à lire dans cette rentrée littéraire foisonnante…

  

L’auteur :

 

Sofi Oksanen est née en Finlande d’une mère estonienne et d’un père finlandais. Purge est son troisième roman et est devenu un best-seller dans le Nord de l’Europe où il a obtenu tous les prix littéraires avant de conquérir le cœur d’une trentaine de pays, dont l’Estonie et les Etats-Unis.

 

L’histoire :

 

En 1992, l’Union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.

Mais ce sera finalement une jeune femme terrorisée qui frappera à sa porte, Zara. Les deux femmes vont faire connaissance et un lourd secret de famille se révèlera, en lien avec le temps de l’occupation soviétique.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai tout aimé. C’est un roman fort, mené d’une main de maître, un roman marquant, un roman complet, bref Le roman à lire dans cette rentrée littéraire.

 

-          Les informations sont distillées avec parcimonie, au fur et à mesure de la lecture et des époques. L’auteur entremêlent subtilement les récits : elle amorce d’abord l’histoire de Zara, jeune femme vivant en Russie et attirée par les lumières scintillantes des pays de l’ouest comme l’Allemagne. Puis elle dévoile lentement le passé d’Aliide, malheureusement amoureuse pendant la guerre du beau Hans, un résistant qui ne semble pas sensible à ses charmes… Les récits se succèdent, le présent s’intercale entre les passés des deux femmes, enrichi par la profondeur instillé dans ces récits rétrospectifs.

 

-          Au-delà des deux magnifiques portraits de femmes que nous offre l’auteur, c’est aussi une vision juste et abrupte des pays de l’Est après la guerre qui se profile en ces pages :

 

« Tout se répétait. Même si le rouble avait été remplacé par des couronnes, si les avions militaires lui volaient moins au-dessus de la tête et si les voix des femmes d’officiers avaient baissé d’un ton, même si les hauts-parleurs sur la tour du Grand Hermann jouaient tous les jours le chant d’indépendance, il venait toujours de nouvelles bottes de cuir chromé, toujours de nouvelles bottes, semblables ou différentes, mais qui avaient la même façon de marcher sur la gorge. Dans la forêt, les tranchées s’étaient refermées, les douilles ternies, les blockhaus écroulés, les morts à la guerre s’étaient décomposés, mais les évènements déjà vus se répétaient. » (p. 336)

 

- Un grand roman qu'il est impossible de poser avant de l'avoir terminé, je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir toutes ses subtilités...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« mai 1949

Pour une Estonie libre !

Il faut que j’essaye d’écrire quelques mots, pour ne pas perdre la raison, pour garder l’esprit d’aplomb. Je cache mon cahier ici, sous le sol du cagibi. Afin que personne ne le trouve, quand bien même on me trouverait, moi. Ce n’est pas une vie. L’être humain a besoin de ses semblables et de quelqu’un à qui parler. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Féroces de Robert GOOLRICK

 

Purge, Sofi OKSANEN, Stock, La cosmopolite, août 2010, 390 p., 21.50 euros

 

Je remercie vivement Fransoaz pour le prêt.

 

Vous trouverez des billets chez La Ruelle Bleue, Cathe, Leiloona, Dominique...

 

  1pourcent

   

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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Requiem pour un thon de Romain CHABROL

Publié le par Hélène

                                                            requiem pour un thon

 ♥ ♥

 Un premier roman prometteur.

  

L’auteur :

 

Romain Chabrol travaille comme consultant pour des ONG écologistes et pacifistes. Il a auparavant été enquêteur en généalogie successorale et journaliste. Requiem pour un thon est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Alexandre Ambaz est membre d’une organisation écologiste dans laquelle il est cantonné au dossier des baleines. Il décide de s’éloigner de ce dossier de prédilection en partant à Malte à la chasse au scoop sur la trace des pêcheurs de thon rouge. A l’origine de profits considérables, la capture de ce poisson fait l’objet de nombreuses pratiques illégales, comme le repérage aérien des bancs…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’arrière-plan écologiquefait toute l’originalité de ce roman.  Ayant lui-même travaillé pour Greenpeace, Romain Chabrol maîtrise bien son sujet et sait s’en servir intelligemment pour camper un Alexandre Ambaz pourfendeur des nobles causes écologiques. Il est ici uniquement question de la pêche illégale du thon rouge, mais j'espère que d’autres romans suivront sur d’autres thèmes.

-          L’humour : le personnage d’Alexandre est attachant : faux looser, peu sûr de lui, il porte un regard  ironique sur son milieu. Ses aventures rocambolesques nous font souvent sourire.

-      L'écriture est limpide, bien maîtrisée.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’intrigue policière proprement dite est un peu longue à se mettre en place. J’aurais personnellement aimé que l’auteur ose davantage : davantage d’actions, explosions, enlèvements, meurtres, que sais-je…

-          Je pense également que l’humour qui perce timidement aurait pu être davantage exploité de façon à offrir davantage de personnalité à ce petit roman déjà très prometteur…

 

Premières phrases :

 

«  17 novembre

Caché par le boudin de la cage, j’ai jeté un œil vers la côte. A bord du supply du vigile, une lanterne se balançait tranquillement. Le type semblait avoir disparu dans la cabine. Après avoir rincé mon masque, je me suis remis à l’œuvre, la tête à moitié immergée. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Carl HIAASEN Queue de poisson

 

Requiem pour un thon, Romain CHABROL, Les petits matins, octobre 2010, 223 p., 15 euros

 

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Désirer de Richard FLANAGAN

Publié le par Hélène

 

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L’auteur :

 

Richard Flanagan est un écrivain australien également journaliste.

 

L’histoire :

 

Dans une colonie anglaise de Tasmanie, un peintre fait le portrait d’une petite Aborigène. Elle se prénomme Mathinna, elle est la fille adoptive de sir John Franklin et de lady Jane. En quelques mois elle devient la coqueluche de la colonie…

Quelques années plus tard, Londres bruit du scandale entourant la disparition de sir John Franklin, accusé de cannibalisme lors de se dernière expédition. Désireuse de laver la mémoire de sn mari, lady Jane se tourne vers Charles Dickens, alors au sommet de sa gloire.

De cette rencontre naît une pièce de théâtre qui va avoir une singulière résonnance sur l’existence du grand écrivain, en proie à une grave crise conjugale…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le portrait de Charles Dickens sonne plutôt juste et c’est avec intérêt que l’on suit son parcours, ses relations et discussions avec Wilkie Collins, ses difficultés conjugales, ses hésitations devant les affres de la création…

-          L’idée de départ était louable : montrer combien la frontière entre sauvagerie et civilisation est ténue...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le postulat de départ se perd dans des entrelacs de généralités :

 

« Mais la marque de la civilisation et de la sagesse, c’était de vaincre le désir, de le nier et de l’écraser. Faute de qui on ne valait pas mieux que Michel l’Iroquois ou qu’un Esquimau » (p. 65)

 

-          Le résumé peu clair entremêlant époques et personnages est assez représentatif du roman. Le lecteur se perd facilement entre les différentes époques, avançant laborieusement dans sa lecture, qui, pourtant, semblait prometteuse…

 

-          Pour moi, ce fut une déception

 

Premières phrases :

 

« C’était de manière inattendue, comme il arrive parfois, que la guerre s’tait terminée. Un homme que personne n’aimait particulièrement – un petit individu excité, à la fois charpentier et prédicateur presbytérien – avait parcouru sans armes mais en compagnie de Noirs dociles les vastes terres vierges de l’île, et il était rentré avec une bande hétéroclite d’indigènes. »

 

Désirer, Richard FLANAGAN, Traduit de l'anglais (Australie) par Pierre Furlan, Belfond, septembre 2010, 309 p., 19 euros

 

Merci à Brigitte Semler des éditions Belfond.

 

D’autres avis chez Ys, Cuné qui, comme moi, n'ont pas été franchement convaincues...

 

1pourcent

Publié dans Littérature Océanie

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Ouragan de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

 "Je suis là, au milieu des jacinthes fanées, oublieux de ma vie, seul pour la première fois, libéré du monde et apaisé." (p.176) 

 

L’auteur :

 

Laurent Gaudé est un écrivain français lauréat du prix Goncourt en 2004 pour Le soleil des Scorta.

  

L’histoire :

 

A la Nouvelle-Orléans, alors qu’une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Dans ce décor d’apocalypse, Laurent Gaudé suit une dizaine de personnages demeurés sur place, et qui vont se croiser dans la ville soumise au chaos.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les envolées lyriques de Laurent Gaudé ont trouvé dans ce sujet tournoyant une belle matière pour s'exprimer et s'exhaler...

 -          Ce sont des personnages fêlés qui se présentent à nus en s'exprimant tour à tour au fil des pages, et la tempête va permettre de balayer les angoisses de certains, et d’apaiser les âmes des autres. Josephine est l'une des plus attachantes :

 

« Moi, Josephine Linc. Steelson, pauvre négresse au milieu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule, mais j’ai hâte, car il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu’un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d’une petite existence. » (p. 52)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les alligators…

-          Le prêtre qui ne parvient pas à bien saisir le message que lui envoie Dieu est assez déroutant dans sa psychologie.

- Une certaine tendance à en faire trop peut néanmoins rapidement énerver le lecteur s'il ne se laisse pas emporter par la verve lyrique...

  

Premières phrases :

 

« Moi, Josephine linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j’ai ouvert la fenêtre ce matin, à l’heure où les autres dorment encore, j’ai humé l’air et j’ai dit : « Ca sent la chienne. » Dieu sait que j’en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j’ai dit, elle dépasse toutes les autres, c’est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d’eau à l’approche du train. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le soleil des Scorta

Autre : Zola Jackson de Gilles LEROY

 

Lu par Clara, Choco, Midola, AmandaFransoaz... 

 

Ouragan, Laurent GAUDE, Actes Sud, août 2010, 189 p., 18 euros

 

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L’été de la vie de John Maxwell COETZEE

Publié le par Hélène

                                             été de la vie

 ♥ ♥ ♥

 « Un livre devrait être un outil pour fendre la glace que nous portons en nous. » (p.78)

 

L’auteur :

 

J. M. Coetzee, de son nom complet John Maxwell Coetzee (né le 9 février 1940 au Cap en Afrique du Sud) est un romancier  et professeur en littérature sud-africain  d'expression anglaise, descendant de colons afrikaners. Il est lauréat de nombreux  prix littéraires de premier ordre dont le prix Nobel de littérature en 2003.

 

L’histoire :

 

Il s’agit d’une autobiographie fictive de l’auteur. Un jeune universitaire anglais recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain Coetzee en gestation dans les années 70.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le procédé est original : en faisant parler des personnes qui ont connu Coetzee, un portrait en creux se dessine, encadré par des notes et fragments extraits des carnets de l’écrivain. Cette construction multiplie les points de vue et les perspectives, agissant comme un prisme dans lequel apparaît une image déformée de l'homme dont il est question. 

 

-          C’est en effet un homme ordinaire qui se dessine, un homme plutôt maladroit avec les femmes, mal à l’aise en société, pataud, loin de l’image de grand homme à laquelle on s’attend quand on parle d’un écrivain connu. Le talent dans l’écriture est-il vraiment un gage de grandeur ?  L'auteur joue autour de ces questions en créant ce double qui n'est pas tout à fait lui...

 

-          La réflexion sur l’entreprise autobiographique nous éclaire sur la part de fiction et de réel qui hante chaque écrit et chaque vie :

 

« Et si tous, tant que nous sommes, nous faisions dans la fiction, comme vous le dites de Coetzee ? Si nous ne cessions d’inventer l’histoire de notre vie ? Pourquoi ce que je vous dis de Coetzee serait-il plus digne de foi que ce qu’il vous dit de lui-même ? » (p.271)

 

- J. M. Coetzee nous offre un roman original très complet 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

«  Dans le Sunday Times d’hier, un reportage sur Francistown au Botswana. La semaine dernière, en pleine nuit, une voiture, modèle américain de couleur blanche, s’est arrêtée devant une maison dans un quartier résidentiel. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Disgrâce

Autre : Indépendances de Richard FORD

 

 

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L’Été de la vie, J. M. Coetzee, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis, éd. du Seuil, août 2010, 324 p., 22 euros.

Publié dans Littérature Afrique

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Passage du désir de Dominique SYLVAIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Roman atypique, « Passage du désir » brille par son humour et son originalité. Et les romans policiers drôles sont assez rares pour être mentionnés...

Grand prix des lectrices de Elle 2005, catégorie policier.

 

L’auteur :

 

Dominique Sylvain est une écrivain française. Elle travaille pendant une douzaine d’années à Paris, d’abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor. Pendant six ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé trois ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Sœurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour. 

Elle habite actuellement à Tokyo et se consacre exclusivement à l’écriture.

 

 L’histoire :

 

Lola Jost et Ingrid Diesel ne sont pas des enquêtrices comme les autres. La première est une ex-commissaire, et la deuxième est une kiné américaine amoureuse de Paris. Elles vont unir leurs efforts pour la première fois dans ce roman pour découvrir l'assassin d'une jeune fille travaillant dans un petit restaurant de Paris. Leur gouaille et leur dynamisme mènent joyeusement cette enquête peu évidente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Un duo d'enquêtrices de charme et de choc. Les deux enquêtrices sont attachantes, vives et drôles.

- L’atmosphère : il s'agit d'un roman policier, mais l'atmosphère du roman est au premier plan, supplantant l'intérêt de l'intrigue. Comme chez Fred Vargas, on retourne vers cet auteur, non pour le suspens lié à l'intrigue, mais plus par amour des personnages phares de la série, pour l'atmosphère, les dialogues...

- Véritable déclaration d'amour à Paris et ses quartiers, « Passage du désir » se situe dans le 10e arrondissement de Paris. On rencontre sa faune particulière et on s'attache immanquablement à ce quartier vivant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le suspens n'est pas haletant.

 

Premières phrases :

 

 "Je rencontrai pour la première fois Etienne Le Blais (alias Monky) au Café Noir, à deux pas de chez moi. "

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La fille du samouraï

Autre : Pars vite et reviens tard de Fred VARGAS

 

Passage du désir, Dominique SYLVAIN, Viviane HAMY, mars 2004, 285 p., 15.20 euros

POCHE : Passage du désir, Dominique SYLVAIN, Points, janvier 2009, 7 euros

 

  Le site de l'auteur : http://www.dominiquesylvain.com/index.php

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Parade De YOSHIDA Shuichi

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

« Everyman is an island » (John DONNE)

 

L’auteur :

 

Yoshida Schuichi est un écrivain japonais. Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, l'équivalent du Goncourt au Japon.

 

L’histoire :

 

Quatre jeunes gens vivent en colocation dans un appartement dans Tokyo. Tour à tour ils vont se raconter : quelle est leur vie, quelles sont leurs folies, leurs manies, leurs secrets, leurs amours… Un cinquième personnage va rapidement les rejoindre, apportant un éclairage nouveau sur cette cohabitation…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance de points de vue permet de mieux connaître chacun des protagonistes. Chacun se cache derrière un masque dans cet appartement, se cantonnant à l’image qu’il souhaite renvoyer aux autres, mais sans se dévoiler plus avant.

 

« Pour bien vivre ici, il n’y a rien d’autre à faire que d’adopter le moi qui paraît le mieux adapté au lieu. (…) Le moi qui s’entend bien avec les autres colocataires (…) » dira Mirai.

 

Satoru, le cinquième locataire qui s’est greffé on ne sait comment dans cette petite communauté, est l’exemple – type de ce processus :

 

« Au fond, koto et Ryösuke projettent sur Satoru l’image de la personne avec laquelle ils veulent être. ( …) Je ne peux m’empêcher de comparer son existence à une flaque d’eau qui se formerait au sein de l’eau elle-même. » (p. 150)

 

-          Les relations que les colocataires ont instaurées presque naturellement restent superficielles, chacun respectant l’espace de liberté et d’opacité de l’autre. L’une des protagonistes compare leur colocation aux relations nouées sur Internet par l’intermédiaire de forums. Les internautes ont l’impression de se connaître, mais cela reste un leurre confortable pour chacun d’eux.

 

Dans la postface Gérard SIARY exprime brillamment ces ambivalences :

 

« La petite musique de Yoshida Shuichi, qui s’entend si bien à orchestrer le drame latent jusque dans la répétition stylistique appuyée et quasi formulaire du monde comme il va, nous ramène constamment au mystère de l’autre, celui que nous côtoyons et pensons connaître, celui que nous jouons vis-à-vis d’autrui et de nous-mêmes et qui s’impose à nous, comme si nous nous attachions à démultiplier nos sphères d’existence au sein d’une monde désarticulé. » (p.261)

 

Une analyse très fine des rapports humains... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Je n’ai pas l’impression que ce roman me marquera durablement, malgré son charme indéniable.

 

Premières phrases :

 

« Quel étrange spectacle, vraiment ! Le balcon de notre troisième étage donne sur l’ancienne route de Kôshû ; il a beau y passer des milliers de voitures par jour, il n’y a jamais le moindre accident. Juste en bas, un passage piéton. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Park life de Shuichi YOSHIDA

  Autre : Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

 

 

Parade, YOSHIDA Shuichi, Editions Philippe Picquier, traduit du japonais par Gérard SIARY et Mieko NAKAJIMA-SIARY, 2010, 19.50 euros

 

Je remercie Manu pour le prêt.

D’autres avis chez Manu, Ankya

 

 

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Publié dans Littérature Asie

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Tag des 15 auteurs

Publié le par Hélène

Taguée par La Ruelle Bleue sur le jeu des 15 auteurs qui consiste à citer le plus rapidement possible quinze auteurs qui vous ont marqués,

spontanément, je dirais :

 

 

Jorn RIEL pour le rire

Galsaan TSCHINAG pour le dépaysement

Marcel PROUST pour la perfection

Louis ARAGON pour son amour pour Elsa et pour son engagement

Christian BOBIN pour sa lumière

Jacques POULIN pour sa douceur

Milan KUNDERA pour réfléchir

Mario RIGONI STERN pour sa force

Virginia WOOLF pour sa promenade

Jane AUSTEN pour mon cœur de midinette

Dennis LEHANE pour frissonner

Rick BASS pour se perdre dans les grands espaces américains

Wilkie COLLINS pour me captiver

Charlotte BRONTE pour les souvenirs

Barbara KINGSOLVER pour me divertir

Et tous les autres pour le plaisir de la découverte

 

 

Publié dans Tags - challenges...

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Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

Publié le par Hélène

 

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman ensorcelant. Susan Fletcher est une grande magicienne…

  

L’auteur :

 

Susan FLETCHER est une écrivain anglaise. Un bûcher sous la neige est son troisième roman, après  Avis de tempête et  La fille de l'Irlandais (Plon 2006) qui a connu un immense succès en Angleterre (sélectionné par le célèbre talk-show " Richard and Judy "). 

 L’histoire :

 

Dans l’Ecosse du XVIIème siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie et de trahison envers le roi Guillaume, attend le bûcher. Le révérend Charles Leslie vient d’Irlande pour tenter de comprendre qui a été l’instigateur du massacre de Glencoe. Il va alors rencontrer la jeune fille qui en fut témoin, et qui va accepter de lui raconter ce qu’elle sait, à condition qu’il écoute l’histoire de sa vie. Chaque jour, ce récit continue, comme une longue confession.

 Ce que j’ai aimé :

 

-         Le portrait de Corrag, archétype des êtres rejetés pour leur étrangeté, est subtilement peint : la jeune fille se livre à la première personne avec toute sa naïveté, sa jeunesse, et sa beauté, et parallèlement, dans les lettres qu’il écrit à sa femme Jane,  la voix de Charles donne un point de vue externe sur elle, point de vue qui va évoluer au fil du récit de cet étrange personnage.

Charles est finalement admiratif et fasciné par cette femme lumineuse :

 

« Jamais je ne me suis tenu immobile dans un marécage, ni n’ai entendu une chouette hululer. » (p. 308) dira-t-il, soudain ébranlé dans ses certitudes. Ce qu’il croyait vrai et juste n’était que l’ombre de préjugés insufflé par d’autres.

 

Mais Corrag ne sera plus la même après ce récit, elle qui a pourtant appris à se méfier des hommes :

 

« Tellement de haine dans le monde. Tellement de tristesse.

Ma mère disait toujours il n’y a pas de diable. Rien que les coutumes diaboliques de l’homme. Et elle allait là où étaient le vent, les hauteurs et l’herbe, car ces endroits-là ne pouvaient pas lui faire du mal, pas comme les gens. » (p. 306)

 

Elle aura rencontré quelques hommes irradiant la même lumière qu’elle, quelques hommes qu’elle s’autorisera à aimer, malgré l’avertissement désabusé de sa mère.

 

« Mais il y a aussi de la lumière. Elle est partout. Elle inonde ce monde, le monde en est rempli. Un jour, assise au bord de la Coe, je regardais des rayons de lumière tomber à travers les arbres, à travers leurs feuilles, et je me suis demandé s’il y avait quelque chose de plus beau que ça, ou de plus simple. Il y a maintes beautés. Mais toutes –depuis la neige jusqu’aux cheveux d’Alasdair, roux comme les fougères, jusqu’au ciel reflété dans l’œil de ma jument quand elle humait l’air sur la lande de Rannoch -, toutes ont de la lumière en elles, et elles valent la peine. Elles valent la peine de ce qui est sombre. » (p. 385)

 

-         Le souffle lyrique aère ces pages et leur offre une dimension supérieure. Jeune femme sauvage, Corrag vit en harmonie avec les éléments, et nous offre une vision pure de cette nature souvent ignorée au bénéfice des hommes et de leurs tourments. Nous parcourons les High lands à ses côtés, et comme pour Charles, c’est tout à coup une autre vision du monde qui s’offre à nous.

 

« Je pense ça, et je lève les yeux.

C’est le soir. La lune est à son premier croissant. Il y a des étoiles, et le bruit d’un ruisseau, et dans l’obscurité j’entends même des ailes d’insectes. Je me dis quels présents nous recevons. Quels présents, chaque jour.

Je m’enveloppe dans votre manteau, je respire. Je souris.

Je vais devant moi sous le ciel, à travers la lande. » (p. 388)

 

    Ce que j’ai moins aimé :

-         Rien.

 

 Premières phrases :

 

« Jane,

Je ne me souviens d’aucun hiver qui fût aussi cruel ou me mît à si rude épreuve. Tempêtes de neige et gel sévissent depuis des semaines. Un féroce vent du nord s’infiltre dans ma chambre et tourmente la bougie à la lumière de laquelle j’écris. Par deux fois, elle s’est éteinte. Ce qui va m’obliger à être concis. »

 

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Du même auteur : La fille de l’irlandais

 

Un bûcher sous la neige, Susan FLETCHER, traduit de l’anglais par Suzanne MAYOUX, Plon, Feux croisés, août 2010, 400 p., 22 euros

 

Merci à Jennyfer SOULAT des Editions Plon pour cette découverte ensorcelante.

 

D’autres avis chez Ys, Cathulu, Papillon, Fashion, Liliba, Clara...

 1pourcent

Publié dans Littérature Europe

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