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Déceptions et abandons de 2010

Publié le par Hélène

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Paradis conjugal de Alice FERNEY

 

Un roman qui reprend le célèbre film de MANKIEWICZ "Chaînes conjugales" scène par scène, avec quelques incursions dans la vie sentimentale de la spectatrice. Sans grand intérêt à mes yeux.

Allez plutôt voir le film...  

 

  

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Rencontre sous X de Didier VAN CAUWELAERT

 

La rencontre entre une star du X et un joueur de foot professionnel.

Que dire ? Facile, sans profondeur, aux allures de romans-photos.

Passez votre chemin...    

 

 

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Bonjour Anne de Pierrette FLEUTIAUX

 

Un beau portrait d'Anne PHILIPPE mais qui ne m'a absolument pas touchée.

brocante-nakano.jpgLa brocante Nakano de Hiromi KAWAKAMI

 

Une déception, pourtant, du même auteur j’avais adoré Les années douces.

Ce roman décrit le petit monde qui gravite autour de la brocante de M. Nakano, il ne se passe rien de particulier, mais je n’ai pas retrouvé la magie du quotidien à laquelle je tiens tant. Dommage.

  

albergAlberg de Jacques TALLOTE

 

Un roman étrange, très étrange, auquel je n’ai pas adhéré.

Il raconte l’histoire d’un homme qui vit sur les traces de cet Alberg, disparu en Argentine a priori.

 

 

elle par bonheur et tjrs nueElle par bonheur et toujours nue de Guy GOFFETTE

 

Un roman qui a du charme, sur le peintre Pierre Bonnard et sa femme Marthe. Il lui a manqué un petit quelque chose pour avoir droit à son billet, une impulsion infime…

  

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Le quai de Ouistreham de Florence AUBENAS

 

Il s’agit ici d’un témoignage de Florence Aubenas, journaliste, qui s’est faite passée pour une femme de ménage à la recherche d’un CDI pendant plusieurs mois. Trop peu littéraire pour moi.  C’est un livre touchant quoique assez déprimant quand on n’est pas soi-même en CDI…

 

 

face-a-face.jpgFace à face de Jacques DRILLON (non fini)

 

Là, je plaide en ma défaveur, tout est de ma faute : je suis incapable de lire un récit quand un des protagonistes va mourir dans d’atroces souffrances ce qui va faire souffrir son entourage pendant de nombreuses pages.

Jacques Drillon évoque ici son beau-fils et parle avec beaucoup de subtilité de leur relation, mais en filigrane, dans chaque page, dans chaque mot, est contenue la fin, le cancer, la mort. Je n’ai pas pu…

Pour les mêmes raisons, j’ai été dérangée par Lily et Braine de Christian GAILLY et D’autres vies que la mienne d’Emmanuel CARRERE, même si ceux-là, je les ai finis.

Mea culpa…

   

 

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Le portrait de Pierre ASSOULINE (non fini)

Un roman sur la baronne de Rotschild. Trop historique et trop religieux à mon goût.

 

 

 jm-erre-serie-z-L-4Série Z de Jean-Marcel ERRE :

 

« Roman décalé », « Humour déjanté » dit la quatrième de couverture.

Effectivement, mais je n’ai pas du tout adhéré à ce type d’humour. Rendez-vous manqué, et pourtant ce petit livre a un succès fou dans la blogosphère littéraire.

 

 

Merci à Marie pour le prêt.

 

Morceau choisi :

 

« Il vivait cette douloureuse sensation d’incertitude intestinale qui vous fait prendre conscience que l’homme est d’abord un amas d’organes, n’en déplaise à Merleau Ponty (nous parlons à ceux qui ont fait moins de 80% d’impasses au bac philo, pour les autres, disons que Félix [le héros du roman] faisait caca mou. » (p.93)

 

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Bamako Climax de Elizabeth TCHOUNGUI

 

Céleste, jeune métisse belle et intelligente laisse osciller son coeur entre  Elliott, antillais tentant de creuser sa place dans les arcanes du pouvoir, et Elio, bel italien blanc.

Je me suis ennuyée en lisant ce roman, raison pour laquelle je ne lui consacre pas plus que quelques lignes... Je n'ai trouvé aucun intérêt au triangle amoureux, les quelques remarques sur la couleur de peau m'ont semblé banales, l'intrigue ne m'a pas captivée (même si Céleste disparaît soudainement en Afrique), bref, j'ai lu ce roman en diagonale.

Alex est un peu plus indulgente que moi...

 

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Salaam London de Tarquin HALL

  

L'histoire : Après avoir voyagé en tant que journaliste plusieurs années dans le monde entier, Tarquin Hall rentre à Londres. Sans ressources, il s'installe dans l'East End, le Londres des bas-fonds. Il nous décrit avec humour les personnages cocasses qui peuplent ce quartier désoeuvré.

 

Ce que je n'ai pas aimé : Trop documentaire à mon goût. Tarquin Hall décrit avec force détails cette société de l'East End, s'appuyant également sur des données historiques, et laissant de côté toute autre intrigue qui aurait peut-être pu aiguiser ma curiosité. Je dois avouer avoir lâchement abandonné cette lecture qui ravira sans doute les amateurs de documentaires journalistiques, ou ceux qui connaissent bien Londres, mais qui ne m'a guère convaincue...

J'avais nettement préféré du même auteur "Vers le cimetière des éléphants".

 

Salaam London, Tarquin HALL, Folio, mai 2010, 477 p., 7.70 euros

 

Merci à Lise CHASTELOUX de m'avoir permis de me faire une idée sur ce roman.

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La centrale de Elisabeth FILHOL

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  Une très belle découverte.

 

L’auteur :

La centrale est le premier roman d’Elisabeth FILHOL qui travaille en entreprise dans le milieu industriel. 

  L’histoire :

Le narrateur est un intérimaire qui traverse la France pour accomplir des missions ponctuelles dans les centrales nucléaires. Il nous conte ses expériences, ses rencontres, et cette impression perpétuelle de marcher sur un fil.

  Ce que j’ai aimé :

  -          L’originalité du thème : le roman nous plonge dans un univers aux dangers pernicieux parce qu’invisibles, dans un monde froid et déconcertant, dans l’intimité de celles qui tentent de se fondre en vain dans le paysage,  les centrales nucléaires.

 

« Donc oui, les dangers du nucléaire. Derrière les murs. Une cocotte-minute. Et en attendant d’en sortir, dix-neuf centrales alimentent le réseau afin que tout un chacun puisse consommer, sans rationnement, sans même y penser, d’un simple geste. » (p. 32)

-          L’opposition si bien rendue entre cet « employeur » aux actions et aux mots glacés et techniques, et ces employés si sensibles, si faillibles…

-          Le style de l’auteur épouse parfaitement cette oscillation incessante : des phrases courtes pour coller à cette atmosphère scientifique, mais tapis au cœur de ces phrases, des éclats d’humanité irradient cette blancheur immaculée…  

« On s‘est assis côte à côte sur des pliants, devant la caravane de location. Il ne disait rien. Il avait résumé les faits en trois phrases avant de conclure, j’arrête, et depuis silence sur les ondes, et une expression du visage qui n’encourageait personne. On est restés là, il fumait, j’échangeais avec ceux qui passaient de temps à autre et nous donnaient le bonsoir, la lumière déclinait au-dessus de la Loire, j’avais fini par m’habituer (…) » (p. 136)

   Ce que j’ai moins aimé :

-          La déconstruction temporelle du récit fait de retours en arrière pas franchement balisés. L’effet était sans doute voulu, pour insister sur le destin de ces hommes, haché, laminé, mais il peut gêner la lecture.

Premières phrases :

    «  Trois salariés sont morts au cours des six derniers mois, trois agents statutaires ayant eu chacun une fonction d’encadrement ou de contrôle, qu’il a bien fallu prendre au mot par leur geste, et d’eux qui se connaissaient à peine on parle désormais comme de trois frères d’armes, tous trois victimes de la centrale et tombés sur le même front. » 

Vous aimerez aussi :

 Cour nord d’Antoine CHOPLIN

   La centrale, Elisabeth FILHOL, POL, janvier 2010, 144 p., 14.50 euros    

  

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Le traducteur amoureux de Jacques GELAT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un vrai plaisir de lecture.

 

L’auteur :

 Jacques GELAT est un écrivain français contemporain. Il s’est surtout consacré à l’écriture de scénarios, s’essayant au genre du roman en 1991 avec Le tableau, puis revenant à ses premières amours. Ce ne sera qu’en 2000 qu’il publiera à nouveau des romans.

   L’histoire :

 Le narrateur est un traducteur de romans japonais aux prises soudain avec les souffrances dues à une rupture amoureuse. Son travail va s’en trouver bouleversé puisque lors de la traduction de son dernier roman, il transforme un point virgule en un point. Et ce ne sera que le début de subtiles transformations dans son travail, mais aussi dans sa vie.

 Ce que j’ai aimé :

 -          La fluidité de la narration : le style est si coulant que l’on se laisse porter par le flot des mots avec délectation.

-          La légèreté du ton : le narrateur ne se perd jamais dans l’auto-apitoiement ou le pathétique, même quand il frôle la dépression, il est doté d’une force tranquille qui lui permet de rebondir.

-          La vision romantique de l’amour : le narrateur a plaisir, malgré ses dires, à tomber amoureux et sa joie est communicative.

-          Les belles réflexions amorcées sur la création et ses affres…

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          L’impression que ce n’est pas un livre marquant, que je l’aurai vite oublié. Puis, ce matin je me suis souvenue que j’avais eu la même impression en lisant Le plaisir du diable il y a un an de cela, or aujourd’hui j’en garde un souvenir prégnant. Réponse dans un an donc…

 Premières phrases :

« Je suis un traducteur. Au départ c’est un plaisir qui ressemble un peu au métier de comédien. On doit se faire à l’autre, l’écouter, le comprendre, s’en imprégner, avec cette différence qu’au lieu d’un personnage, c’est un roman qu’il va falloir traduire. »

Vous aimerez aussi :

 L’horizon de Patrick MODIANO

   

Le traducteur amoureux, Jacques GELAT, José Corti, mars 2010, 193 p., 15.50 euros  

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Un jour avant Pâques de Zoyâ PIRZAD

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un court roman subtil et intelligent sur une famille iranienne hésitant entre tradition et modernité.

   

  L'auteur :

Zoyâ PIRZAD est une romancière iranienne, également nouvelliste et traductrice. Elle a été traduite pour la première fois par les Editions Zulma en 2007, et a obtenu en 2009 le Prix Courrier International du meilleur livre étranger pour son recueil de nouvelles le Goût âpre des kakis. 
 

L’histoire :

En Iran, au bord de la mer caspienne, un jeune garçon s’amuse avec son amie Tahereh, fille du concierge musulman de l’école. Lui est arménien et ne devrait pas fréquenter Tahereh. Ainsi, il apprend à vivre dans cette communauté arménienne aux codes particuliers, en attendant Pâques.

Dans le deuxième chapitre, le jeune garçon est devenu père de famille, il s’est installé à Téhéran et sa fille lui annonce qu’elle va se marier.

Enfin, dans le dernier chapitre il est devenu un vieil homme qui a perdu sa femme et sa raison de vivre, et petit à  petit il doit apprendre à évoluer vers la paix.

Ce que j’ai aimé :

-       La construction : le récit est divisé en trois chapitres qui se déroulent à des époques différentes de la vie du garçon qui conte son histoire, et cela nous permet de balayer une vie entière avec ses changements internes à la famille, et externes.

-       Le talent de conteuse de l’auteur qui réussit en mentionnant deux trois détails à créer une atmosphère et à y plonger le lecteur.

-       La façon subtile avec laquelle sont évoqués des problématiques graves tournant autour de la religion, du couple, de l’interdit, et finalement de la modernité.

-       Une vision intelligente du conflit entre la religion et la modernité.

Ce que j’ai moins aimé :

-        J’aurais peut-être apprécié que le récit soit plus long, mais sa force est aussi dans cet aspect court, bien ciselé qui est un choix judicieux.

Les premières phrases :

« La maison de mon enfance était mitoyenne avec l’église et l’école.

La cour, comme dans toutes les maisons des petites villes côtières, était remplie d’orangers sauvages. »

Vous aimerez aussi :

Persépolis de Marjane SATRAPI (BD)

 

Un jour avant Pâques, Zoya PIRZAD, Zulma, août 2008, 144 p., 16,50 euros

POCHE Un jour avant Pâques, Zoya PIRZAD, LDP, mai 2010, 147 p., 6 euros           

 

TAGS : Littérature iranienne - Femmes - Couples - Famille

Kathel en parle aussi.

 

Publié dans Littérature Asie

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Ténèbres, prenez-moi par la main de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥ 

 

Un roman policier prenant et enrichissant.

 

 

 

 

L'auteur :

 

Dennis Lehane est un écrivain américain contemporain d'origine irlandaise. Ses cinq premiers romans (de Un premier verre avant la guerre à Prières pour la pluie) mettent en scène un couple de détective Patrick KENZIE et Angela GENNARO. Ténèbres prenez-moi par la main est le deuxième opus de la série, les romans les plus connus de l'auteur étant Mystic River et Shutter Island, (dotés d'autres héros) adaptés au cinéma.

  

L’histoire :  

 

A Boston, aux Etats-Unis la psychiatre Diandra Warren fait appel à Patrick Kenzie et Angela Gennaro : après avoir reçu un appel anonyme, elle reçoit une photo inquiétante de son fils Jason. Les deux détectives acceptent de l'aider à retrouver le mystérieux expéditeur, sans savoir que cela les mènera vers une enquête difficile et dangereuse.

 

Ce que j’ai aimé :  

 

-          Une intrigue passionnante.

-          Une réflexion enrichissante sur l’enfance, ses répercussions, et surtout sur le mal lové en chaque individu. Loin d’être manichéen, Dennis Lehane dépeint avec beaucoup de subtilité la psychologie des personnages.

-          Des héros attachants : la relation ambivalente qu’entretiennent Patrick et Angela apporte du piquant au roman…

-          Les multiples ramifications : sociologiques, psychologiques, philosophiques, politiques…

 

« Nous avons replongé le nez dans nos tasses en écoutant le présentateur rapporter l’appel du maire à des lois plus sévères sur la vente des armes à feu, l’appel du gouverneur à une application plus stricte des contrôles judiciaires. Pour qu’un autre Eddie Brower n’entre pas dans la mauvaise supérette au mauvais moment. Pour qu’une autre Laura Stiles puisse rompre avec un petit ami trop brutal sans craindre la mort. Pour que tous les James Fahey de ce monde cessent enfin de distiller la terreur en nous. » (p. 489)

 

Ce que j’ai moins aimé :  

 

-          Le prologue qui laisse supposer une fin tragique, alors que rien n’est aussi simple chez cet auteur…

 

Premières phrases :  

 

« Quand j’étais gosse, mon père m’a emmené un jour sur le toit d’un immeuble qui venait de brûler. Il me faisait visiter la caserne lorsque l’alerte avait été donnée, et du coup, je m’étais retrouvé à côté de lui dans la cabine de camion, tout excité de sentir l’arrière du véhicule chasser dans les virages, tandis que les sirènes hurlaient et que la fumée jaillissait devant nous en gros nuages bleus, noirs, épais. »

 

 

Vous aimerez aussi : 

 

De chair et de sang de John HARVEY

 

 

Ténèbres prenez-moi par la main, Dennis LEHANE, Payot et Rivages, fév. 2000, 395 p., 20.50 euros

POCHE : Ténèbres prenez-moi par la main, Dennis LEHANE, Payot et Rivages, Rivages Noir, mars 2002, 489 p., 9.45 euros  

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Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥  

Un bon roman d’aventures au coeur des Rocheuses.

 

 

L'auteur :

 

Pete Fromm est un écrivain américain contemporain. Lors de l'hiver 1978, il accepte un travail pour l'office de réglementation de la chasse et de la pêche dans l'Idaho, et c'est ensuite cette expérience qu'il relate plusieurs années plus tard dans Indian Creek. A part ce roman-là et un recueil de nouvelles Avant la nuit, ses romans ne sont pas encore traduits en français.

 

L’histoire :

 

Le narrateur Pete Fromm lui-même, décide de se transformer en aventurier en acceptant un travail au cœur des Rocheuses durant les sept mois d’hiver. Il est ainsi chargé de surveiller des œufs de saumon implantés dans une rivière. Il dormira donc dans une tente à proximité de ladite rivière et devra apprendre à composer avec la dure loi de la vie sauvage…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La fluidité du récit : je ne me suis pas ennuyée une seule seconde (contrairement au narrateur) tant le rythme est enlevé et le style vivant et drôle.

-          Les aventures s’enchaînent judicieusement, entre tentatives de chasse, rencontre avec un lynx ou un puma, visite de chasseurs…

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Peut-être l’absence de réflexions philosophiques ou écologiques ou…, bref, l’absence de réflexions. Le texte nous livre les aventures de façon brute, sans fioritures, et personnellement, j’en aurais bien appréciées quelques unes…

 

Premières phrases :

 

  "Après le départ des gardes, la tente que nous avions dressée me parut encore plus petite. Je me tenais devant elle, et un frisson que je croyais dû à une bourrasque me parcourut le cou. Allais-je vraiment vivre là-dedans désormais ? Serait-ce là mon foyer pour les sept mois à venir ? Seul, durant tout un hiver ?"

 

Vous aimerez aussi :

 

Là où se trouvait la mer, Rick BASS

 

Indian creek, Pete FROMM, Editions Gallmeister, Nature Writing, sept. 2006, 266 p., 22.90 euros

POCHE : Indian creek, Pete FROMM, Editions Gallmeister, Totem, avril 2010, 237 p., 9 euros

 

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Les ruines du ciel de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

 les ruines du ciel

♥ ♥ ♥ 

Un petit bijou poétique concentré autour de la destruction de Port Royal. 

 

L'auteur :

 Christian BOBIN est un écrivain français contemporain, auteur de "fragments", des textes en prose poétiques. Il a connu le succés à partir de 1991 avec Une petite robe de fête.

 L'histoire :

Les livres de Christian BOBIN n’ont pas d’histoire… Il préfère la contemplation à l’action, aussi choisit-il un fil conducteur, ici la destruction de Port Royal par Louis XIV, puis, serpente-t-il sur des sentiers vagabonds semés d’aphorismes, de réflexions, de fragments… 

   « Qu’est-ce que Port-Royal ? » explique-t-il, « C’est une poignée d’hommes et de femmes qui ne se laissent pas éblouir par le roi soleil, qui préfèrent la course des nuages à celle des honneurs. Ils pensent qu’il y a autre chose dans la vie que l’argent, la gloire ou la puissance. Ils parient sur cette autre chose. » 

 Ce que j’ai aimé :

-          Sa poésie en général, présente à toutes les pages :

« La pluie, si belle avec son insouci de plaire et la fièvre de ses longs yeux gris. » (p.174)

-          Plus spécifiquement, la poésie du quotidien, ou l’art de transformer le détail quotidien en un miracle :

« Les ablutions musicales des oiseaux sont toute ma religion. » (p. 72)

« L’art de vivre consiste à garder intact le sentiment de la vie et à ne jamais déserter le point d’émerveillement et de sidération qui seul permet à l’âme de voir. 

Le monde ne devient réel que pour qui le regarde avec l’attention qui sert à extraire d’un poème le soleil qu’il contient. » (p. 28)

-          Sa façon d’appréhender l’écriture et le livre :

« L’écriture est le doigt qui montre le miracle. » (p. 175)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je suis une inconditionnelle de Christian BOBIN, vous ne pourrez pas me faire dire du mal de lui…

 Premières phrases :

« Angélique Arnaud, abbesse de Port-Royal, morte le 6 août 1661, passe devant la fenêtre du bureau où j’écris. »

 Vous aimerez aussi :

Lambeaux de Charles JULIET

 

Les ruines du ciel, Christian BOBIN, Gallimard, octobre 2009, 182 pages, 15.50 euros

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La colère des aubergines de Bulbul SHARMA

Publié le par Hélène

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♥ ♥  

 

Un petit livre à s'offrir ou à offrir sans hésiter. Il conjugue des histoires divertissantes et drôles sur les femmes indiennes, et des recettes indiennes savoureuses qui en raviront plus d'un...

 

 

 

 

 

  L'auteur :

 

  Bulbul SHARMA est peintre et écrivain. Elle réside à Dehli en Inde. Elle est     l'auteur de recueils de nouvelles dont seulement deux sont traduits en français : La colère des aubergines et Mes sacrées tantes.

 

L’histoire :

 

Il s’agit d’un recueil de nouvelles indiennes. Les femmes sont au coeur de ces histoires, on y découvre leurs façons de vivre, leurs conflits, leurs statuts dans la famille, et surtout leur cuisine. En effet la cuisine est le centre de l'univers de ces femmes, et chaque nouvelle se termine par une nouvelle recette.
 

Ce que j’ai aimé :

 

-       Ces nouvelles nous entraînent vers des univers peu connus.

-       Les propos sont drôles et légers, même si sous-jacentes, nous sentons des tensions plus graves, comme chez cette femme qui, chaque année, cherche un prêtre pour un rite funéraire en l’honneur de son mari et qui n’est jamais satisfaite, cachant là sans doute une peine incommensurable :

 

« Elle suspectait certains d’entre eux de n’être pas d’authentiques brahmanes, en leur voyant l’air négligé et les pieds crevassés, terreux. « Un vrai prêtre a des pieds de bébé, doux et propres, parce qu’il se les lave régulièrement. » affirmait-elle. » (p. 146)

 

-       Ces récits sont un véritable régal pour nos sens puisqu'au coeur de leurs propos bouillonnent les marmites qui nourriront les protagonistes.

 

« Elle savourerait le goût relevé et légèrement aigre des pois, mordrait dans la pâte croustillante du samosa et laisserait fondre lentement dans sa bouche le mélange de pommes de terre et d’épices qu’il contenait » (p. 125)

 

-       Les recettes originales, insérées en fin de nouvelle sont de très bonnes surprises. Elles sont faciles à réaliser et toujours savoureuses, du « Biryani vert » au « Pickle de mangue » en passant par le « Chutney à la menthe ». Un lexique détaille en fin de livre les ingrédients typiquement indiens inconnus à la cuisinière européenne.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Le manque de profondeur : l’auteur donne l’impression que la seule préoccupation des femmes indiennes est de bien nourrir et de rendre heureux leurs maris.

 

Premières phrases :

 

« Buaji comptait sur le bout de ses doigts tout en mesurant le ghî. Chaque cuillerée tombait lourdement comme une motte de terre mouillée lors d’un glissement de terrain, pour atterrir exactement au centre du bol tenu d’une main ferme par le cuisinier.»

 

 

Vous aimerez aussi :

 

Le Dieu des petits riens de Arundhati ROY

 

La colère des aubergines, Bulbul SHARMA, Philippe PICQUIER, mai 1999, 189 p., 17.53 euros

POCHE : La colère des aubergines, Bulbul SHARMA, Picquier poche, oct. 2002, 201 p., 6.50 euros

 

 TAGS : Littérature indienne - Femmes - Couple - Cuisine

 

Elles l'ont aussi lu :Ys, Leiloona et Keisha.

Publié dans Littérature Asie

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La joueuse d’échecs de Bertina HENRICHS

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Une petite merveille à découvrir. Un trés beau portrait de femme.

 

 

L'auteur : 

Bertina Henrichs est une romancière et scénariste allemande qui réside en France. La joueuse d'échecs fut son premier roman publié en 2005, That's all right mama l'a suivi en 2008.

L’histoire :

Eleni et sa famille vivent sur l’île de Naxos en Grèce. Eleni est femme de chambre, elle se laisse porter par le cours du temps, convaincue de l’inutilité de toute résistance. Jusqu’au jour où, en faisant le ménage dans la chambre d’un couple de français, elle ramasse une pièce d’échecs tombée d’un jeu d’échecs. Un fou. Animée par une fascination pour Paris et son univers, elle s’approprie alors cette passion pour les échecs, ayant ainsi l’impression de devenir un peu parisienne. Elle demande à son vieux professeur Kouros de l’initier aux règles particulières du jeu. « Folie »  se dit-elle.

Ce que j’ai aimé :

-       La construction : La joueuse d’échecs ressemble par sa construction à un conte de Perrault, formé sur le même schéma classique du récit : situation initiale, élément perturbateur, péripéties… Et comme pour les contes, cela fonctionne merveilleusement bien.

-       La psychologie très fine des personnages : Eleni s’étoffe au fur et à mesure de son apprentissage du jeu d’échecs, ses réflexions gagnent en consistance. De simple pion qui se laissait porter par les évènements, elle devient reine de son île, basculant dans un autre univers. Les autres personnages vont évoluer favorablement à son contact, tel son mari Panis, qui derrière ses allures de mâle dur et fier, cache des trésors de bonté de d’intelligence, ou son professeur, adepte convaincu de la solitude qui découvrira les bienfaits de l’amitié.

-       L’humour caché derrière les propos plus profonds. Comme quand Eleni Eleni doit dissimuler son jeu d’échecs dans le congélateur « bien au froid » si elle ne veut pas être la risée de l’île.

Cette passion doit en effet rester secrète, car Eleni connaît Naxos, un petit monde fermé, avec « ses lois implicites », ses règles, son « code d’honneur » : une femme de chambre qui joue aux échecs est une « excentrique » qui délire.

Ce que j’ai moins aimé :

-       Là encore, j’ai tout aimé.

Premières phrases :

« C’était le début de l’été. Comme tous les jours, Eleni gravit la petite colline qui séparait l’hôtel Dionysos du centre de la ville à l’heure où le soleil apparaissait à l’horizon. »

Vous aimerez aussi :

 

 

Battement d’ailes de Milena AGUS

 

 

La joueuse d’échecs, Bertina HENRICHS, Liana Levi, sept 2005, 151 pages, 15 euros

POCHE : La joueuse d’échecs, Bertina HENRICHS, LDP, janvier 2008, 5 euros 

Publié dans Littérature Europe

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Park life de Shuichi YOSHIDA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

Un roman magique, statique et poétique centré sur les visiteurs d'un parc.

 

 

 

 

L'auteur :

 

Yoshida Schuichi est un écrivain japonais. Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, l'équivalent du Goncourt au Japon. Il a également publié Parade, toujours aux Editions Picquier.

 

L’histoire :

 

Le narrateur est un jeune employé qui vit près du parc de Komazawa, et travaille non loin du parc Hibiya, et va rencontrer dans le métro qui relie ces deux axes, une femme avec qui il va partager quelques instants, au hasard des rencontres ou des rendez-vous.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Sa poésie aérienne : comme dans de nombreux romans japonais, rien de particulier ne se passe, et ce rien crée la poésie. Le lecteur se laisse juste bercer par un rythme lancinant qui l’emporte dans les airs et lui laisse tout le loisir d’observer le monde en prenant de la hauteur.

- Sa poésie terrienne : le monde est ainsi transfiguré, le quotidien devient magique, tout est sujet à émerveillement :

 

« Sous nos yeux, le jet d’eau a pris de la hauteur. A ce moment précis, la brise de printemps a soufflé sur le square, et une poussière de gouttelettes a jailli tout autour. » (p. 16)

 

 « Un jour, j’ai demandé à M. Kondô : « Mais pourquoi est-ce que tout ce monde vient au parc ? » Il a médité très sérieusement, chose rare chez lui, avant de me dire nettement : « Ils se sentent soulagés. » Comme ce n’était pas une réponse en l’air, je n’ai pas voulu insister, mais il a ajouté : « Même si tu ne fais rien dans un parc, personne ne viendra te le reprocher. Au contraire si tu veux faire quelque chose, comme du racolage ou un discours, on te chassera.» » (p.80)

 

- Ses pistes de réflexion multiples : sur l’identité, la solitude, la connaissance, les liens ténus qui se tissent entre les êtres…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je ne vois rien à redire, j’ai tout aimé

 

Premières phrases :

 

 « Dans le carrefour souterrain de Hibiya circulent trois lignes. Si l’on compare par exemple le bâtiment Marion de Yûrakuchô à la partie décorative d’un gâteau d’anniversaire, et qu’on découpe ce quartier de haut en bas en deux parties tranchées, sur la partie biscuit moelleux les stations et les couloirs du métro doivent être alvéolées comme une fourmilière. Même si la décoration de surface est brillante, un gâteau au corps spongieux n’a rien d’affriolant. »

 

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Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

 

Park Life, Shuichi YOSHIDA, Philippe PICQUIER, sept 2007, 128 p., 12.50 euros

POCHE : Park Life, Shuichi YOSHIDA, Picquier poche, janvier 2010, 128 p., 6 euros 

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TAGS : Littérature japonaise - Poésie du quotidien

 

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