Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

Publié le par Hélène

                                                             Les-annees-douces
♥ ♥ ♥ ♥

Un roman au charme aérien.

 

L’auteur :

Hiromi Kawakami est une romancière japonaise. Elle a reçu en 2000 le prix Tanizaki pour ce roman.

 

L’histoire :

 

Tsukiko, jeune femme trentenaire célibataire, retrouve par hasard son ancien professeur de japonais. Ensemble, régulièrement, ils vont se rencontrer pour boire un verre, tissant ainsi une relation douce et complice.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le charme de ces rencontres placées sous le signe du présent. Le maître est plus âgé que la jeune femme, il est marqué par la mort de sa femme qu’il n’a jamais tout à fait oubliée, si bien que la frêle relation qui s’instaure entre ces deux êtres esseulés semble vouée à rester amicale.  Les brefs instants qu’ils passent ensemble à déguster des mets savoureux en buvant du saké sont exempts de tous projets ou considérations personnelles. Ils profitent seulement de ces douces minutes qui s’écoulent, côte à côte, dans un bar, au marché, à la cueillette des champignons…

 

 

«  Nous avons continué de marcher lentement, dans l’air nocturne qui commençait doucement à sentir le printemps. La lune brillait avec un reflet d’or. » (p. 97)

 

-          La solitude de ces êtres perdus dans leur réalité est touchante. La jeune Tsukiko, sous ses allures de célibataire endurcie, recherche la tendresse et la douceur que lui procurent ses rencontres avec le maître. Loin de lui, elle est comme désoeuvrée, errant dans un monde qui n’est plus nimbé du même halo de poésie.

-          La simplicité limpide de ce texte poétique est un pur régal

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Rien.

 

Vous aimerez aussi :

 

Park life de Shuichi YOSHIDA

  

Premières phrases :

 

 

«          En bonne et due forme, c’est le professeur Matsumoto Harutsuna, mais moi, je  l’appelle seulement « le maître ». Et encore sans majuscule, le maître, tout simplement.

 

            Je l’avais eu comme prof de japonais au lycée. Ce n’était pas le professeur principal, moi en plus je ne suivais pas les cours de japonais avec une assiduité particulière, si bien qu’il ne m’était pas resté de lui d’impression notable. Après ma sortie du lycée, j’étais restée très longtemps sans le voir. »

 

 

Les années douces, Hiromi KAWAKAMI, Traduit du japonais par Elisabeth SUETSUGU, Picquier, mars 2003, 228 p., 19 euros

 

POCHE : Les années douces, Hiromi KAWAKAMI, Picquier poche, février 2005, 283 pages, 7.50 euros

VERSION BD : Les années douces, Hiromi KAWAKAMI et Jiro TANIGUCHI, Casterman, août 2010, 200 p., 15 euros

 

challenge-In-the-mood-for-Japan 

 

Partager cet article
Repost0

Le pays de la cannelle de William OSPINA

Publié le par Hélène

pays de la cannelle

 Un roman très documenté sur l'empire des Incas.

  

L'auteur :

 

William Ospina est un écrivian colombien. Il a connu un franc succès en Amérique du Sud avec son premier roman Ursua.

 

L'histoire :

 

En 1540, dans une île sèche des CaraÎbes, le narrateur  reçoit la dernière lettre de son père, un aventurier parti tenter la fortune dans l'empire des Incas. Des années plus tard, il décide de partir sur les traces de son père, à la recherche du pays de la cannelle.

 

Mon avis :

 

Je me suis franchement ennuyée en lisant de récit. Dans la première partie, le narrateur revient sur l'histoire des Incas et des conquistadors avec force détails qui auraient pu être passionnants, mais qui se sont révélés soporifiques sur moi. Puis, aux environs de la page 100, enfin, le narrateur part à l'aventure. Les débuts sont longs et laborieux, et quand finalement les péripéties s'enchaînent, l'auteur m'avait définitivement perdue...

Les quelques réflexions pseudo-philosophiquesqui jalonnent les derniers chapitres ne m'ont pas plus convaincue :

 

"On croit savoir ce que l'on cherche, mais ce n'est qu'à la fin, quand on trouve, que l'on a réellement compris ce qu'on cherchait." (p. 295)

 

"En dépit de leur atrocité, ces quêtes ont eu leur part de beauté, et si on me demandait quel est le plus beau pays que j'aie connu , je dirais que c'est celui dont nous rêvons, celui que nous cherchons aux confins du froid et de la douleur, de la faim et de l'effroi, au-delà de falaises presque infranchissables,.." (p.298)

 

Je pense qu'il manque à ce roman un souffle romanesque, des personnages réellement attachants dotés d'une histoire digne de ce nom. Ce récit s'apparente plus à un récit de voyage, voire à un documentaire, qu'à un roman.

 

Premières phrases :

 

"La première ville dont je me souvienne vint à moi par la mer. C'était la description que dans sa lettre mon père nous donnait de la capitale de l'empire des Incas. j'avais douze ans quand Amaney, ma nourrice indienne, me la remit, accompagné du tracé d'une cité de légende que mon imagination enrichit de détails, adossée aux cimes de la cordillère, tissée de pierres géantes qui la ceignaient d'une triple muraille laminée d'or."

 

 

Le pays de la cannelle, William OSPINA, JC Lattès, août 2010, 304 p., 20 euros

 

Merci à Babélio et aux Editions JC Lattès pour cet envoi.

   

 

 

1pourcent

Partager cet article
Repost0

Le cœur à rire et à pleurer, contes vrais de mon enfance de Maryse CONDE

Publié le par Hélène

le-ceour-a-rire-et-a-pleurer.jpg

♥ ♥ ♥

 Des contes qui éclairent l’œuvre de Maryse Condé ainsi que sa personnalité.  

 

 L’auteur :

Maryse CONDE est une écrivaine guadeloupéenne. Elle est enseignante et journaliste. Son roman le plus connu est Ségou. Elle a obtenu de nombreux prix pour ses romans qui souvent traitent des thèmes liés à l’Afrique, et à la question de l’identité noire.

L’histoire :

Maryse Condé nous livre ici quelques scènes marquantes de son enfance en Guadeloupe dans les années 50. C’est une enfant rebelle qui se dessine, une enfant qui essaie de comprendre le monde qui l’entoure mais ne possède pas encore toutes les clés.

Aussi, elle cherche souvent des réponses auprès de son frère Sandrino qui lui délivre un jour cette phrase énigmatique « Papa et Maman sont une paire d’aliénés ». Ces parents sont en effet bien plus empreints de culture occidentale que antillaise, et c’est cette culture uniquement qui est inculquée aux enfants si bien que quelques années plus tard, quand un professeur demande à Maryse un exposé sur un écrivain de son pays, elle doit encore une fois se tourner vers Sandrino pour découvrir l’écrivain en question.

Ce que j’ai aimé :

-          La question raciale qui est au cœur de ces contes : l’enfant Maryse à peine consciente de sa couleur de peau, semble perdue face à ces subtilités d’adulte. Mille petits détails lui feront comprendre son erreur. Cette éclosion de sa lucidité est décrite par touches subtiles et évocatrices.

-          Le deuxième aspect principal de ces contes concerne la famille de Maryse, et surtout ses rapports passionnels avec cette mère qu’elle aime tant, mais qui ne sait être à la hauteur de l’affection que son enfant lui porte. Cette mère qui aime répéter que Maryse n’est bonne à rien mais dont Maryse veut garder un souvenir heureux, comme celui de cette nuit qui les aura réuni pour quelques instants :

« Je glissai la main entre ses seins qui avaient allaité huit enfants, à présent inutiles, flétris, et je passai toute la nuit, elle agrippée à moi, moi roulée en boule contre son flanc, dans son odeur d’âge et d’arnica, dans sa chaleur. C’est cette étreinte-là dont je veux garde le souvenir. »

-          Enfin Maryse évoque brièvement son rapport à l’écriture, son amour pour l’imaginaire, ses « rêveries éveillées » qui l’amèneront vers le roman.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Certains chapitres m’ont moins plu que d’autres, mais l’ensemble sauve les détails…

Premières phrases :

« Si quelqu’un avait demandé à mes parents leur opinion sur la Deuxième Guerre mondiale, ils auraient répondu sans hésiter que c’était la période la plus sombre qu’ils aient jamais connue. Non pas à cause de la France coupée en deux, des camps de Drancy ou d’Auschwitz, de l’extermination de six millions de Juifs, ni de tous ces crimes contre l’humanité qui n’ont pas fini d’être payés, mais parce que pendant sept interminables années, ils avaient été privés de ce qui comptait le plus pour eux : leurs voyages en France. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Peau noire, masques blancs de Frantz FANON

 

POCHE : Le cœur à rire et à pleurer, Maryse CONDE, Pocket, juin 2002, 154 p.

  

Publié dans Littérature Antilles

Partager cet article
Repost0

‘Ta mère de Bernardo CARVALHO

Publié le par Hélène

ta mère

 ♥ ♥ ♥ 

  Un magnifique chant d’amour.

 

L’auteur :

 

Bernardo CARVALHO est un auteur brésilien, également journaliste et traducteur. Son roman « Mongolia » a reçu en 2003 le prix Jabuti du meilleur roman au Brésil.

 

L’histoire :

 

Le comité des mères de soldats à Saint Pétersbourg  rassemblent des femmes qui tentent de sauver leurs fils de la guerre. Marina  a une part active au sein de ce comité, et quand Ioulia, ancienne camarade du lycée, lui rend visite pour le fils d’une amie, Marina va lui raconter l’histoire tragique d’Andreï et de Rouslan, deux fils perdus dans la guerre.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Si certaines mères dans ce roman sont prêtes à de nombreux sacrifices pour leur enfant, comme celles appartenant au comité des mères de soldats, d’autres sont loin d’être ces êtres irréprochables, pures dans leur amour. Elles ont abandonné leur fils, ou bien elles ne savent pas écouter les cris désabusés de leur progéniture pourtant encore présente à leurs côtés, l’une d’elles, Anna ment à sa famille par omission…

Le rapport entre une mère et son fils n’est donc pas exempt de complexité :

 

« Nous sommes capables de tuer pour un fils. Et nous finissons par être payées dans la même monnaie quand la guerre emporte un fils. Nous sommes prêtes à défendre notre progéniture et notre clan envers et contre tous. Sans vouloir comprendre que c’est de là que naissent les guerres. » (p.196)

 

Quand l’on parle de « mère-patrie », les termes ne sont pas innocents et l’auteur met en avant la violence à laquelle sont soumis ces fils perdus dans un pays qui ne leur offre comme choix que la guerre (celle qui sévit entre la Russie et la Tchétchénie), l’engagement,  ou le sexe et l’oubli qu’il procure.

 

 « Il y aura toujours quelqu’un prêt à reconnaître et à attaquer la vulnérabilité où que celle-ci se manifeste –et surtout dans cette ville. Il a envie de dire au soldat (mais ne le fait pas, car il ne l’a pas encore compris entièrement) qu’il ne cessera d’être vulnérable que lorsqu’il n’aura plus rien à perdre. Tant qu’il aura quelque chose, n’importe quoi, il continuera à être persécuté.» (p. 130)

 

Les mères sont des êtres humains vulnérables par essence, sans cesse sur la brèche. Il leur faut un courage exemplaire pour accepter ce défi dans un pays en proie à une violence latente incessante…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Il est quelquefois difficile de démêler les liens subtils tissés entre les nombreux personnages.

 

Premières phrases :

 

« - Je ne peux pas avoir d’enfants. J’ai mis plus de vingt ans à l’avouer sans devoir d’explications. J’ai attendu que les femmes de notre génération arrivent à l’âge où elles ne peuvent plus en avoir.

-          Alors, pourquoi es-tu venue ?

Toutes deux étaient assises dans un café de la rue Rubinstein. Cela faisaient quarante ans qu’elles ne s’étaient pas vues. Elles avaient été camarades de classe. Elles sont encore sous le choc du hasard et de leurs retrouvailles, bien qu’elles n’aient pas été vraiment très proches à l’école. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Luz ou le temps sauvage d’Elsa OSORIO

 

 

Ta mère, Bernardo CARVALHO, traduit du brésilien par Geneviève LEIBRICH, Métailié, Bibliothèque brésilienne, août 2010, 216 p., 17 euros

 

Merci à Valérie GUITER des Editions Métailié pour ce choix.

 

1pourcent

Partager cet article
Repost0

La fille dans le verre de Jeffrey FORD

Publié le par Hélène

La fille dans le verre

♥ ♥ ♥

 Un bon roman policier aux accents occultes.

  

L’auteur :

 

Jeffrey Ford est un auteur américain de fantasy et science fiction. Il a reçu le prix Edgar Allan Poe pour « La fille dans le verre ».

 

L’histoire :

 

Schell, Antony et Diego sont trois illusionnistes qui, profitant de la crédulité de certains nantis, organisent des séances de spiritisme parfaitement mise en scène. Or, lors de l’une de ces séances, Schell voit apparaître le fantôme d’une petite fille portée disparue. Cet hommes sceptique qui ne croit pas au surnaturel va alors partir à la recherche de l’enfant, aidée de ses acolytes Antony, et Diego, immigré mexicain de dix-sept ans. 

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les séances de spiritisme très cocasses et qui tendent à prouver que :

 

« Le phénomène spirite n’est qu’une affaire de dextérité entièrement basée sur la crédulité. Je suppose qu’on peut en dire autant de la religion, de l’amour romantique et de la chance. » (p.60)

 

La mise en scène de ces drôles de spirites ne laisse rien au hasard, et encore moins aux esprits : déguisements appropriés, phrasés ampoulés, yeux révulsés,  quelques flashs, des papillons, et le tour est joué...

-          Les personnages sont bien campés, particulièrement toute la clique de personnages hors normes qui tournent autour de Schell.

-          L’arrière-fond historique (l’Amérique des années 30, la Prohibition, le Ku Klux Klan) est suffisamment présent pour apporter une touche didactique au roman, sans pour autant être pesant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’épilogue n’était pas indispensable à mes yeux, j’aurais préféré ne pas savoir ce que devenaient les protagonistes.

 

Premières phrases :

 

« Il y a quelques jours, installé dans un siège à proximité de la fenêtre de ma chambre, je comptais le nombre de pilules calmantes que j’ai escamotées au cours des trois derniers mois. J’ai beau avoir les doigts qui tremblent, je me suis aperçu que le manque de maîtrise peut se révéler une aubaine pour les tours nécessitant de la dextérité. »

 

 

La fille dans le verre, Jeffrey FORD, Denoël, avril 2007, 342 p., 22 euros

POCHE : La fille dans le verre, Jeffrey FORD, Folio policier, mai 2010, 379 p., 7.10 euros

 

Merci à Lise CHASTELOUX des Editions Folio pour ce choix bien ciblé.

Partager cet article
Repost0

Novecento : pianiste d’Alessandro BARICCO

Publié le par Hélène

novecento.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

« Un truc à y laisser ton âme » (p.53)

 

L’auteur :

Alessando Baricco  est un écrivain italien contemporain, également critique musical. Son premier roman fut publié en 1995 et s’intitule « Châteaux de la colère ». Il a reçu le prix Médicis étranger la même année. Depuis son succès ne se démentit pas.

 

L’histoire :

C’est l’histoire de Novecento, né probablement né sur un bateau, peut-être même sur un piano. Novecento, pianiste de génie,  et qui va refuser de descendre de son bateau.

 

Ce que j’ai aimé :

-          C’est un récit court qui donne envie de fermer les yeux et d’emprisonner à jamais en soi la beauté du texte, pour ne jamais l’oublier. Devenir cet être de fiction et sentir le génie nous fixer sur le papier. Croire à nouveau à la réalité, mère d’un tel poète. Redevenir alors être de chair et se dire « bande de cocus, la vie c’est quelque chose d’immense, vous allez comprendre ça oui ou non ? Immense ! » (p. 63)

 

Premières phrases :

« Ca arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un qui levait la tête… et qui la voyait. C’est difficile à expliquer. Je veux dire…on y était plus d’un millier, sur ce bateau, entre les rupins en voyage, et les émigrants, et d’autres gens bizarres, et nous… Et pourtant, il y en avait toujours un, un seul sur tous ceux-là, un seul qui, le premier…la voyait. »

 

Vous aimerez aussi :

Neige de Maxence FERMINE

 

POCHE : Novecento : pianiste, Alessandro BARRICO, traduction de françoise BRUN, folio, février 2002, 4 euros

  

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

La géométrie des variables de Mamadou Mahmoud N’DONGO

Publié le par Hélène

géométrie des variables

♥ ♥

 « La vérité historique c’est quand un mensonge est accepté par le plus grand nombre » (p. 99)

 

L’auteur :

Mamadou Mahmoud N’DONGO est un écrivain, cinéaste et photographe né au Sénégal. La géométrie des variables est son cinquième roman.

L’histoire :

Pierre-Alexis de Bainville et Daour Tembely, métis d’origine peule,  sont deux « communicants  politiques », hommes de l’ombre qui secondent les hommes politiques dans leurs quêtes du pouvoir. Ils se rendent tous deux aux Pays-Bas pour recevoir un prix. Ce sera l’occasion pour Pierre-Alexis de faire rapidement un point sur sa carrière pour donner quelques conseils à son poulain qui va se lancer seul dans ce monde aux entre fils compliqués.

 

Ce que j’ai aimé :

-          La simplicité du récit : les paroles prédominent dans ce récit comme dans le monde de ces deux hommes pour qui  tout passe par le discours. Leurs échanges sont mesurés, concis,  ils ont le sens de la formule exacte.

La mise en page épouse leur rythme de réflexion : quelques lignes seulement peuvent orner une page, afin de laisser le temps au locuteur et au lecteur de méditer, respirer, avant de comprendre, puis d’être convaincu.

-          Ces personnages placés dans l’orbite des hommes politiques publics sont désarçonnés quand leur vie privée envahit leur monde. Dans leur univers tout est tellement lissé, que les sentiments semblent les effrayer, trop incontrôlables à leurs yeux. Leur personnalité émerge peu à peu, au fil des pages, ils prennent vie par les mots et sortent de l’ombre comme en s’excusant, désabusés, pas encore tout à fait désespérés…

-          L’analyse neutre que fait l’auteur de la politique et de ses emblèmes est très fine : ces communicants ne sont pas des politiques, si bien que finalement les discours et les idées des hommes politiques deviennent atones, dénués du bel idéal qui devrait être le leur.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          L’impression que ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable.

 

Premières phrases :

« « L’antisémitisme est la réponse à la xénophobie juive ». Les Noces de Wolkenstein, acte II, Didascalie, Yaya Cissé, bonjour…

Indéniablement, l’évènement théâtral de cette rentrée hivernale 2008, nous le devons aux Noces de Wolkenstein de Lionel Seligmann, dans unemise en scène de Christopher Adams, que j’ai le plaisir de recevoir : Christopher Adams, bonjour… »

 

Merci à Frédérique ROMAIN des Editions Gallimard pour cette découverte qui sort de l’ordinaire…

 

La géométrie des variables de Mamadou Mahmoud N’DONGO, Gallimard, Continents noirs, septembre 2010, 320 p., 19.50 euros

1pourcent

Publié dans Littérature Afrique

Partager cet article
Repost0

Le scandale de la saison de Sophie GEE

Publié le par Hélène

scandale de la saison

 ♥ ♥ ♥ 

« Œillades de jour et chuchotements de nuit »

  

L’auteur :

 

Sophie GEE est australienne, elle enseigne à Princeton la littérature anglaise. Le scandale de la saison est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Au XVIIIème siècle, trois provinciaux s’installent pour quelques temps à Londres : Alexander Pope, poète aspirant au succès, et Martha et Térésa, attirée par l’éclat londonien et par la perspective d’y trouver un mari. Elles retrouvent là-bas leur cousine, la belle Arabella Fermor.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans cette société du XVIIIème siècle : les joutes oratoires sont jubilatoires, les jalousies féminines subtilement menées… L’oisiveté de ces femmes et de ces hommes constamment à la recherche d’une union qui leur permettrait d’asseoir leur fortune trouve finalement dans l’anecdote liée à la belle Arabella un écho désillusionné… A force de courir les bals masqués et d’user de faux semblants pour briller en société, ils en oublient la puissance des sentiments véritables.

-          Les personnages ont réellement existé : Alexander Pope s’est inspiré de la malheureuse histoire d’Arabella et de Lord Petre pour écrire son célèbre poème satirique « La boucle dérobée ». Nous nous trouvons donc dans l’antichambre de la création aux côtés de ce cher Alexander. Nous y rencontrerons également entre autres Jonathan Swift, le célèbre auteur des « Voyages de Gulliver », Charles Jervas, portraitiste en vogue à l’époque, la belle Mary Pierrepont…

-          Enfin - et surtout -  la relation passionnée qu’Arabella va nouer peu à peu avec Lord Petre ravira les amateurs de frivolité.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’aspect politique lié aux luttes entre catholiques et jacobites reste en toile de fond, effacé derrière l’aspect sentimental du roman. J’aurais aimé que l’auteur lui confère davantage d’importance.

-          Alexander Pope étant un poète qui a réellement existé, peut-être aurions-nous pu lire davantage de ses écrits disséminés dans le roman. Par exemple :

 

"Au soleil, déployant leurs ailes transparentes d'insectes, Elles glissent sur le vent ou plongent dans les nuages d'or, Silhouettes translucides, trop menues pour l'œil humain, Leurs corps fluides se fondent à demi dans la lumière."

 

Premières phrases :

 

« On entendait le vacarme dans tout le quartier. Les tourbillons de musique, les bribes de rires et de conversations résonnaient plus fort lorsque les convives sortaient dans la cour. Régulièrement, des échos de cris joyeux rebondissaient dans l’air nocturne : l’ambassadeur français donnait un bal masqué. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Orgueils et préjugés de Jane Austen

 

Le scandale de la saison, Sophie GEE, traduction de Bernard TURLE, P. Rey, janvier 2009, 19 euros

POCHE : Le scandale de la saison, Sophie GEE, traduit de l’anglais par Bernard TURLE, Points, juin 2010, 7.50 euros

 

Merci à Jérôme LAMBERT des Editions Points pour cet excellent moment de lecture.

 

D'autres avis chez Caroline, Mazel.

Publié dans Littérature Océanie

Partager cet article
Repost0

Sukkwan island de David VANN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Un roman marquant…

 

L’auteur :

David Vann est un jeune auteur américain (je rajouterai pour avoir eu le privilège de le rencontrer « très sympathique ») né en Alaska. Sukkwan island est son premier roman traduit en français.

L’histoire :

Un père demande à son fils de l’accompagner durant un an sur une île coupée du monde, au sud de l’Alaska, peut-être pour resserrer des liens distendus par un divorce, peut-être pour ne pas être seul dans cette épopée surréaliste. Le fils accepte à contrecoeur, parce que refuser signifierait accepter une culpabilité qui pourrait devenir fatale.

Ce que j’ai aimé :

-          Les relations entre le fils et le père sont très finement évoquées : si les toutes premières pages du roman laissent supposer que les retrouvailles viriles auront effectivement lieu, la suite nous détrompe rapidement. Le fils est perdu et indécis face à ce père rapidement dépassé par les évènements et surtout rattrapé par de vieux démons. Aussi, si, au final, l’amour d’un père et d’un fils est bien au centre du roman, ce ne sera pas tout à fait de la façon prévue au départ…

-          Sukkwan Island est un roman noir, qui ne tombe néanmoins jamais dans le pathos : il reste juste, évoquant avec beaucoup de subtilité les difficultés des rapports humains

Un grand roman.

 

Ce que je n’ai pas aimé :

 

-          Ce qui constitue l’originalité et la puissance de ce roman est susceptible aussi de choquer certains lecteurs qui pourraient trouver sordide cette histoire improbable.

Premières phrases :

« On avait une Morris Mini, avec ta maman. C’était une voiture minuscule comme un wagonnet de montagnes russes et un essuie-glaces était bousillé, alors je passais tout le temps mon bras par la fenêtre pour l’actionner. Ta maman était folle des champs de moutarde à l’époque, elle voulait toujours qu’on y passe quand il faisait beau, autour de Davis. Il y avait plus de champs alors, moins de gens. C’était le cas partout dans le monde. Ainsi commence ton éducation à domicile. »

Vous aimerez aussi :

Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM  

Sukkwan island, David VANN, Editions Gallmeister, 2010, 192 p., 21.70 euros  

Partager cet article
Repost0

Le dernier mousse de Francisco COLOANE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Nous sommes comme la glace, la vie nous fait parfois chavirer et nous changeons de forme. » (p. 114)

 

L’auteur :

Francisco COLOANE est un écrivain chilien décédé en 2002. Le dernier mousse fait partie de ses premiers ouvrages publiés.

 

L’histoire :

Alejandro, jeune homme de 15 ans s’embarque clandestinement sur la corvette Le Baquedano. Il part à la recherche de son frère et souhaite ainsi tenter sa chance en tant que mousse. Découvert par un officier, il est finalement accepté légitimement et c’est en tant que dernier mousse qu’il s’achemine vers le cap Horn.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Les aventures palpitantes que rencontre ce dernier mousse qui va apprendre les duretés de la vie en mer.

« Les flots redoublaient de furie ; ce n’était plus l’océan mais un univers de folles montagnes liquides qui dansaient en se fracassant les unes contre les autres. Le vent hurlait, mugissait, des torrents de pluie s’abattaient comme une mer se déversant d’en haut. De temps en temps on entendait des cris lacérants, plaintifs, des appels retentissants jaillissaient des flots et du vent. C’était la voix de la tempête. » (p. 26)

-          La richesse des sujets abordés : fantômes revenus se venger, tempête déchaînée, chasse à la baleine, rencontre avec des Indiens, découverte des glaces aux abords du cap Horn…

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          J’aurais aimé un récit moins condensé, plus détaillé, surtout que les sujets abordés sont nombreux et donc seulement survolés.

 

Premières phrases :

« -Vingt degrés à bâbord ! lança le lieutenant de quart sur la passerelle de la corvette Général Baquedano.

-          Vingt degrés à bâbord ! répéta en écho le timonier tandis que ses mains calleuses faisaient tourner la barre d’un geste vigoureux. »

 

Vous aimerez aussi :

Cap sur la gloire d’Alexander KENT

 

Le dernier mousse, Francisco COLOANE, Phébus, mai 1996, 144 p., 12 euros

POCHE : Le dernier mousse, Francisco COLOANE, Points, mars 1998, 118 p., 3.95 euros

 

Partager cet article
Repost0